It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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meika & islay - A’m tint

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MessageSujet: meika & islay - A’m tint Lun 22 Juin - 4:27

Reste. C’est ce que je lui avais dit, ordonné ou supplié, je ne sais plus, juste avant d’enrouler un bras massif autour de son ventre nu. Je ne sais même pas pourquoi j’avais dit ça. C’était déplacé et sadique. Lui demander de rester alors que cette même demande, émanant d’elle, n’avait trouvé aucune réponse, c’était égoïste et cruel. Pourtant, je ne cherchais pas à l’être, cette demande n’avait pas pour but d’assouvir une quelconque vengeance, c’était pas trop mon style. Je voulais juste qu’elle reste, qu’elle m’offre cette journée complète sans se volatiliser en pleine nuit. Je voulais profiter de la chaleur de son corps jusqu’au bout, m’enivrer de son parfum, me rassasier d’elle avant la pénurie. Je ne réalisais le potentiel cruauté de cette demande qu’en m’extirpant des draps sournoisement. Je ne voulais pas la réveiller, ça n’avait rien de sournois, en toute objectivité, mais c’était l’effet que je me faisais. J’allais lui faire subir ce qu’elle m’avait fait endurer plus d’une fois, et pourtant, ça n’avait jamais été mon but. Au point que, je restais immobile un long moment, debout à côté du lit, l’observant dormir, hésitant à l’éveiller, à lui parler, à la prévenir. Je crois que, quelque part, j’aurais préféré qu’elle s’échappe encore une fois, ça aurait été moins dur ainsi. Mais elle ne l’avait pas fait, elle été restée. J’avais demandé, elle s’était exécutée. Elle avait demandé, et je l’avais ignoré. Enfin non, je n’avais rien ignoré, je n’avais juste pas la liberté de m’exécuter. Les bagages étaient fait depuis la veille, discrètement ça va sans dire, -je voyageais léger-, ma douche était prise, ma veste était passée, il ne me restait plus qu’à partir. Sauf que voilà, c’était plus facile à dire qu’à faire, et me déraciner du pied de ce lit représentait l’effort le plus douloureux que j’eus à fournir. J’aurais sûrement pas du déposer mes lèvres sur les siennes, mais l’envie, le besoin, avaient été trop forts. Sauf qu’elle ne s’était pas réveillée. Ou à peine. Pas assez, du moins, pour prendre conscience de ce qui se passait. Heureusement, je crois, sinon je n’aurais probablement plus été en mesure de partir. Je pouvais revenir, j’allais revenir. Je savais que c’était faux, mais c’est ce qui me permis de tenir, de passer la porte, et de sauter dans le taxi qui m’attendait en bas... J’avais relever le nez le long de la façade, mon regard s’arrêtant à mon étage et fouillant derrière chaque fenêtre. J’avais cru voir quelque chose bouger, mais ce que je ne vis pas en revanche, c’est, dans mon dos, la Toyota noire stationnée à quelques mètres. Si ça avait été le cas, j’aurais su, ou soupçonné, je me serais au moins interrogé. Roddy. Il était arrivé quelques minutes auparavant. Il m’avait vu sortir de l’immeuble et m’engouffrer dans le taxi. Il m’avait même vu observer mes fenêtres tandis que le véhicule jaune démarrait et s’éloignait. Mais il n’avait pas bougé. Ce n’était pas pour moi qu’il était là. A peine le taxi disparu dans un virage, il tira son portable de sa poche et composa mon numéro -enfin, celui de mon téléphone fixe-, qu’il fit sonner à l’infini en quittant sa voiture au profit de mon immeuble. Lorsqu’il fut à la porte, j’imagine que la sonnerie avait du réveiller tout le bâtiment et une Meika qui n’avait, probablement, pas eu besoin de ça. « Il a laissé un mot ? Ou il t’a fait le coup du départ mystérieux ? » Départ mystérieux, je le crains. « Dommage... File ton portable. » ajouta-t-il en tendant la main, avant de checker la liste des derniers appels et d’afficher un grand sourire. « C’est bien ce que je pensais. Il a pris ton numéro, il s’est appelé avec ton portable. C’est un malin... » conclut-il en lui rendant son téléphone avant d’aller jeter un coup d’oeil à mes placards. J’avais tout laissé en place, peut-être pour me créer l’illusion que j’avais une chance de revenir, mais je savais qu’il n’en était rien. Je devrais me faire renvoyer mes affaires jusqu’en Ecosse, et c’est Roddy qui serait chargé de ça. « Bon, on décampe. On a une heure pour passer chez toi chercher quelques affaires et ton passeport, avant que l’avion ne décolle. » Il ne lui avait même pas demandé son avis, c’était comme s’il savait d’avance qu’elle le ferait, qu’elle lâcherait tout, sa vie, son job, sa famille, ses amis, ses projets, pour partir avec moi, pour m’accompagner là où personne ne voudrait d’elle. Est-ce qu’elle savait tout ça ? Est-ce qu’il le lui avait dit ? Ou bien se contentait-il de la manipuler pour obtenir ce qu’il souhaitait ? Mais même ainsi, je ne concevais absolument pas comment il pouvait y parvenir. Quelle femme accepterait ça ? Certainement pas une de celles qui fuyaient à la moindre occasion. Alors non, je ne soupçonnais rien de ce que se tramait, tant tout ceci était surréaliste. « Tiens, j’me suis dit que t’aurais faim. » l’accueillit-il dans la voiture en lui offrant un sachet plein de.... D’absolument tout, du Donuts au Cupcake en passant par des pâtisseries non-identifiables. « Je sais pas ce que ça mange une fille, alors j’t’ai fait un assortiment. Et y a du café aussi. Tu dois être épuisée par ta nuit, hein ? » J’aurais été là, je l’aurais frappé. Mais j’étais pas là, alors il en profitait, souriant en coin comme s’il était en train de visualiser ce que notre nuit avait pu être. « Oh, t’en fais pas, je sais ce que c’est. On a partagé une chambre d’hôtel, puis un appart’ minuscule en débarquant ici. Alors y a aucun aspect d’Islay que j’ignore encore, tu t’en doutes bien. » A part ça, à part l’attrait qu’elle avait pour moi. Ça c’était nouveau, et pour moi, et pour le témoin qu’était Roddy, même s’il semblait avoir compris quelque chose avant moi. Sinon, il ne serait pas là, à se garer en bas de l’appartement de Meika, et allant jusqu’à lui proposer son aide pour ses bagages. Roddy n’aidait personne d’autre que lui-même. Et moi. Ou alors, est-ce la curiosité qui l’avait poussé à monter avec elle dans son appartement ? Quoiqu’il en soit, il la conseilla. Des vêtements chauds pour les nuits fraiches, rien de trop colorés, après tout, la famille était en deuil, et surtout une robe noire. Pas de pantalon, les femmes écossaises étaient traditionnelles. « Qu’est-ce que tu sais sur lui ? » demanda-t-il en redémarrant. « Pas grand chose, j’imagine. » Et il imaginait bien. « Son nom complet c’est Aodhagán Islay MacLean of Duart and Morvern. Il préfère se faire appeler Islay MacLean, mais il en va différemment pour ses parents. Ils sont... Enfin tu verras par toi-même, tenter de les décrire ne leur rendrait pas justice. Son frère s’appelait Amhlaidh. Ça veut dire : celui qui triomphe. Ça te donne un peu une idée du type. L’enfant roi. Il devait hériter de tout, il a été élevé rien que pour ça. Alors que...  Aodhagán, lui... C’est une autre histoire. Ça devait être une fille. » Il laissa échapper un brusque éclat de rire à cette dernière idée. « Ils auraient pas pu plus se planter ! Après sa naissance, ils ont essayé d’avoir une fille, mais ça n’a pas fonctionné, ils n’ont eut que deux garçons. Alors autant te dire qu’Aodhagán a payé le prix fort de leur frustration. Ils s’étaient mis dans la tête qu’il leur était totalement inutile... Enfin, jusqu’à récemment. Maintenant, j’parie qu’ils doivent se réjouir d’en avoir un autre sous la main. Tout ça pour dire que, là-bas, y a vraiment rien pour lui. Sa vie a commencé le jour où il a quitté l’île de Mull. » Ils arrivèrent à JFK près d’une heure après moi. J’avais prévu large, je ne voulais pas me laisser la possibilité de reculer. Alors, j’avais quitté tôt mon futur-ex-domicile, et j’avais enregistré mon bagage tout aussi tôt. J’aurais pu le garder avec moi, en cabine, mais en le sachant en soute, ça m’obligeait un peu plus à prendre ce foutu vol. Ils avaient commencé l’embarquement un quart d’heure plus tôt, et j’étais monté à bord depuis un moment, lorsqu’ils arrivèrent en courant à l’enregistrement. « Tiens... C’est l’adresse de mes parents. » Devant le terminal d’embarquement, alors que l’hôtesse s’impatientait de voir Meika passer le portique de sécurité pour refermer les portes, Roddy lui glissa un papier. Puis il attendit qu’elle passe ce portique, et que plus aucun retour en arrière ne soit possible pour ajouter : « Au cas où les choses tourneraient mal. » tout en secouant la main et lui offrant un large sourire. Hyper rassurant, hein. « Ramène-le ! » hurla-t-il lorsqu’elle s’engouffrait dans le long couloir menant à l’avion. Zéro pression. Dans l’avion, justement, l’excitation du décollage commençait à se faire ressentir. Les gamins s’agitaient, les parents râlaient, les hôtesses circulaient. « Nous allons bientôt décoller, il faut éteindre votre portable. » me glissa, d’ailleurs, l’une d’elle, tandis que, l’iPhone entre mes mains, je tapotais des index sur les côtés avec hésitation. Ça faisait dix minutes, dix longues minutes que j’hésitais. « Oui, dans une minute... » j’éludais. Est-ce qu’elle dormait encore ? Est-ce qu’elle s’était déjà réveillée seule ? Je devais m’expliquer, je devais lui dire aurevoir. Mais j’y arrivais pas. Je ne savais pas quoi dire, je ne savais pas comment m’excuser, ni de quoi je devrais m’excuser. J’étais même pas sûr d’avoir le droit de m’excuser pour quelque chose qui n’existait pas forcément. Elle s’était éclipsée si souvent qu’elle considérait, peut-être, ce comportement comme normal. Peut-être qu’elle n’était pas dans les mêmes dispositions que moi, qu’elle ne l’avait jamais été, et que j’étais le seul a ressentir... ça. Je sais pas trop quoi, au juste, mais c’était là, c’était indéniablement là. J’étais encore en pleine hésitation, le regard fixe sur l’écran noir du téléphone, lorsque passager occupant la place libre à côté de moi, arriva à ma hauteur. Inconsciemment, je soupirais, parce qu’en la voyant libre, cette place, j’avais espéré qu’elle le resterait, me permettant de m’étendre, moi et mes trop grandes jambes, durant le vol. Sauf que non, une ombre venait de se l’approprier, et déjà l’hôtesse la pressait de le faire complètement, profitant de l’occasion pour me répéter, encore une fois, d’éteindre mon portable. Elle le faisait sans agressivité ou impatience, sa fonction le lui interdisait, et sûrement ma tête aussi. J’allais hocher la tête en sa direction, lorsque mon regard s’arrêta en chemin, ou plutôt s’immobilisa sur la personne se trouvant là, faisant obstacle entre l’hôtesse et moi. Meika ? Qu’est-ce que...? « Je... » Je rêvais ? J’avais raté un épisode ? J’étais pas sur le bon vol ? A moins qu’elle ne soit venue pour m’engueuler ? Ça faisait un un peu compliqué pour une simple dispute, mais, sur l’instant, c’était l’explication la plus cohérente à mon esprit. « Qu’est-ce que... ? » fait. « L’avion va... » décoller. « Tu vas être... » coincée. « Tu pourras plus descendre. » je parvenais, enfin, a formuler une phrase complète, le regard paniqué allant et venant d’elle à la lourde porte qu’on refermait. Elle n’allait pas être coincée, elle était coincée, et passeport et billet qu’elle tenait encore en main -que je remarquais seulement maintenant- laissaient entendre que c’est justement ce qu’elle cherchait. « A...a’m tint... Je comprends pas. » Elle allait en Europe ? C’était prévu ? Depuis longtemps ? Pourquoi elle ne m’avait rien dit ? Non, ça n’avait pas de sens, à moins que... « Roddy ! » Une idée aussi stupide ne pouvait émaner que de lui. Pourquoi l’avait-elle suivit dans cette galère ?
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