It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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kaya & noam - breakout force

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MessageSujet: kaya & noam - breakout force Ven 19 Juin - 3:17

J’étais libre depuis quoi ? Deux heures ? Trois heures ? Peut-être quatre, lorsque le téléphone sonna une première fois. Enfin, officiellement libre, je veux dire, parce que pour l’être dans ma tête, pour l’éprouver réellement, il m’avait fallu plus de temps que ça. Si je comptais bien, ça devait faire plus de treize heures que j’avais été, très officiellement, relevé de mes fonctions. Mes affaires avaient été ramassées, rassemblées, empaquetées. Toutes les pièces avaient été scrupuleusement vidées de ma présence, de tout signe de ma présence. C’était comme si je n’avais pas existé, finalement. Je n’avais pas eu le choix. On ne m’avait pas laissé le choix. Le seul que j’avais eu ça avait été d’être présent, d’assister à cet effacement de moi. J’avais préféré quitter les lieux, et laisser les petites mains du FBI agir sans moi. J’avais prétendu avoir hâte de recouvrer ma liberté, mais la réalité était toute autre. J’avais pas envie de voir ça, de les voir emballer ma vie, la réduire à ce qu’elle avait été, finalement : une farce. Alors, j’étais rentré. Pas chez moi, puisque chez moi, je savais plus trop ce que c’était, ni où c’était. J’avais échoué dans une chambre d’hôtel payé par l’agence. Le temps de me retourner, ou plutôt le temps qu’on me trouve une nouvelle affectation. J’avais cru qu’ils voudraient que je suive le procès mais... Non, je n’avais été que la protection, et la protection prenant fin, je n’avais plus rien à voir avec cette affaire. Alors oui, j’étais libre depuis ce matin, mais il m’avait fallu du temps pour me faire à cette idée. Ma couverture avait été si longue et contraignante que j’avais du mal à réaliser que je pouvais, désormais, faire tout ce dont j’avais envie... Sauf que, je n’avais envie de rien. J’aurais pu aller visiter la Statue de la Liberté, j’aurais pu passer la journée a geeker, j’aurais pu... J’aurais pu tellement de choses. Et je n’avais rien fait de tout ça. J’avais envie d’aller au garage, j’avais même envie de me taper la foule, le midi, pour acheter quelques sandwich qu’on aurait mangé sur le pouce, avant qu’elle ne retourne bosser. Ça avait été mon quotidien pendant tellement longtemps... Me priver de ce quotidien c’était me créer ces envies de choses que j’avais, jusqu’alors, détesté. Syndrome de Stockholm. En attendant, j’avais fixé le plafond jusqu’à ce que d’autres envies jaillissent. Des envies nées de mon égo. J’avais des choses à prouver à moi-même. C’est comme ça que j’avais échoué dans ce bar. Le bar le plus proche, à vrai dire, j’avais pas été chercher plus loin. Un bar plein de verres d’alcool et de filles. Juste ce qu’il me fallait. Ou, du moins, juste ce que mon égo réclamait. J’en étais à combien de mois d’abstinence, déjà ? Je ne comptais plus, et j’oubliais même, je crois, à force de bouche venant dévorer la mienne. C’était quoi son prénom ? Elle me l’avait dit, mais j’avais complètement zappé. Un truc en «y» genre Bethany ou Tiffany. Un prénom de fille facile. Juste ce dont j’avais besoin ce soir. Ce que mes mains s’empressaient de lui faire savoir en remontant le long de ses hanches, soulevant ce haut qui ne cachait pas grand chose. J’avais même pas eu à lui servir un baratin -tant mieux, puisque, je crois, j’avais du perdre la main, depuis le temps-, elle en avait eu envie avant que je percute que j’en avais envie aussi. Bon, pour être tout à fait franc, les yeux clos, j’avais déjà aucun souvenir de son visage, et pour cause, c’était pas vraiment ses traits que je visualisais, mais, hey, aux grands maux les grands remèdes. Et puis, pour ce que j’avais à faire, elle suffirait amplement. Sauf que mon téléphone sonna, donc. Une première fois, puis une deuxième fois, sans que je ne m’alarme. Ça devait être ma soeur, ou ma mère, une des femmes de la famille venant d’apprendre que j’étais enfin libre et joignable, et qui estimait qu’il était grand temps que je donne des nouvelles. À la troisième sonnerie, déconcentré, j’ouvrais un oeil pour entrevoir l’écran, avant de repousser la blonde pour me saisir de mon portable. Le numéro, sur l’écran, c’était pas celui d’une soeur ou d’une mère, c’était celui de mon supérieur direct. Et merde. Les lèvres de la blonde, à présent, dans mon cou, je décrochais pour m’entendre dire que ma nouvelle affectation était tombée. Déjà ? À... Merde, quelle heure il était ? Vingt-trois heures ? J’avais même pas eu une journée complète de permission. Et plus important, j’avais même pas eu une nuit de relâche. Une nuit supposée être réservée à me soulager de mon fardeau. Et j’étais si bien partit ! La blonde et moi, on apprenait tout juste à se connaître. Enfin, surtout elle. C’était quoi cette histoire encore ? Aucune idée, et on ne m’expliquait rien du tout. Il fallait juste que je récupère mon arme, mon badge, quelques effets personnels, et que je me rende à l’adresse que je griffonnais sur une serviette en papier estampillée de l’en-tête du bar. Dix heures, c’est ce qu’il m’avait fallu pour chasser la brune et accepter l’idée de me contenter de la blonde. Trois secondes, c’est le temps que je mis à virer définitivement la blonde de mon cou, payer et partir. Trente minutes plus tard, mon éternel sac de voyage sur l’épaule, la serviette affichant l’adresse dans ma paume, je levais les yeux vers l’immeuble qui s’y trouvait. Un hôtel ? Quoi, on me changeait d’hôtel ? Celui-ci semblait nettement moins miteux que le précédent, donc j’y voyais pas d’objection, mais, dans ce cas, pourquoi m’interrompre en plein échange buccodentaire et me demander de prendre mon arme ? Dans le hall de réception, l’agent en total look men in black n’était pas vraiment discret. Et c’est lui qui me conduisit jusqu’à l’ascenseur, et lui encore qui pressa le bouton du vingtième et dernier étage. Cela dit, mes questions restèrent sans réponse. Soit il était muet, soit il était con, soit il ne savait pas plus que moi ce que je faisais là.  Je penchais pour la dernière hypothèse, bien que la deuxième semble également correcte. Mon supérieur m’attendait sur le seuil du vingtième étage. Il avait l’air tellement fatigué, épuisé même... « Je n’y suis pour rien. » m’informa-t-il en guise de salutation. « Si ça ne tenait qu’à moi, tu serais en train de te prendre une cuite bien méritée, plutôt que de rempiler de la sorte, mais... Elle ne veut rien entendre, et j’en peux plus des cris. » je ne voyais absolument pas où il voulait en venir, ni même de quoi il pouvait me parler, mais j’hochais quand même de la tête en lui emboitant le pas. Peu importe, finalement, je le saurais bien assez tôt et, depuis que j’avais passé les portes de l’ascenseur, j’avais replongé dans le professionnalisme de ma fonction. Je l’écoutais se plaindre, sans comprendre, tout en passant mon badge autour de mon cou, persuadé qu’il me conduisait à une scène de crime. « Y en a juste pour une nuit, après quoi, l’affaire sera bouclée. Mais en attendant. » Une nuit ? Comment ça, une nuit ? « Ou peut-être deux... » Deux quoi ? Deux nuits ? Putain, mais je nageais en plein délire, ou quoi ? Comment on pouvait résoudre une affaire en une nuit ou deux ? Et pourquoi de nuit, d’ailleurs ? Lorsqu’il s’immobilisa devant une porte de chambre, toqua deux fois, lança un « Attention, on entre. » avant de me tapoter l’épaule en me souhaitant un « Bon courage, fiston. », cette histoire prit une dimension encore plus improbable. Mon regard surprit voire interrogateur, ne rencontra que des encouragements, des hochements de tête de soutient de la part de mon supérieur et des cinq ou six agents présents dans le couloir. Mais pas de réponse. Aucune réponse. Pour en avoir une, il allait falloir que je rentre dans cette chambre sans savoir à quoi m’attendre. J’avais imaginé un bain de sang, un ou deux cadavres, ou peut-être une bombe... Mais pas à ça. Oh, il y avait bien une bombe, si, et armée en plus, mais pas celle que j’avais en tête. Cette bombe-là était armée d’une lampe de chevet qu’elle lança de toutes ses forces dans ma direction. J’eus à peine le temps de l’esquiver d’un mouvement sur le côté, avant qu’elle ne vienne s’exploser contre la porte -qui s'était refermée toute seule-, dans mon dos, et se répandre en éclats sur la moquette de la chambre. « Woooh ! » Oui, j’avais beaucoup de répartie, en effet. Cela dit, pour ma défense, j’étais alcoolisé, déboussolé, et je venais d’échapper à un attentat à la lampe de chevet. « T’as voulu me tuer ? » première réaction : l’indignation. Pourquoi elle avait voulu me tuer ? Deuxième réaction : l’éclair de compréhension. «  Attends... C’est toi qui leur fout la trouille, comme ça ? » C’était elle ? C’était ce modèle réduit -mais admirablement proportionné- qui effrayait autant cette demi-douzaine d’agents sur-entrainés ? Tout bien réfléchi, oui, ça se tenait, elle savait être terrifiante. « Tu m’expliques ? » Oui, parce que là, j’étais paumé. Qu’est-ce que je venais faire ici ? Et pourquoi elle balançait des lampes ? Est-ce que quelqu’un lui avait fait du mal ? Est-ce qu’ils avaient cherché à lui faire du mal ? Est-ce que c'est pour ça qu'elle accueillait les gens en leur lançant des trucs à la tronche ? Parce qu'elle avait peur d'eux ? Et pourquoi des agents chargés de sa protection voudrait lui faire du mal ? Aucune idée, c’était pas cohérent, mais je l’étais rarement en sa présence...  
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Sam 20 Juin - 18:16

Elle bouillonnait. Littéralement. Elle était à peu près sûre que si on contrôlait sa température, elle devait bien être dix degrés au dessus de la normale. Voire cinquante. Elle avait fait un effort pourtant. Du moins, au début. Elle s'était montrée coopérante, vraiment. Elle avait laissé son chien à son père, inventant un mensonge au passage, espérant être de retour le lendemain, le jour d'après grand maximum. On l'avait conduit dans cet hôtel. La chambre était plutôt classe. Il y avait une télévision. Elle s'était installée tranquillement. Puis elle avait commencé à poser des questions. Histoire de savoir à quelle heure elle allait passer, combien de temps ça allait durer, si elle pouvait sortir se promener... Une curiosité qu'on pouvait qualifier de parfaitement normale pour quelqu'un qui s'apprêtait à témoigner en tant que principale témoin dans une grosse affaire de drogue et qui n'y connaissait rien à part ce qu'on voyait à la télé sur les procès. Sauf que les réponses ne furent pas celles qu'elle attendait. Pas du tout. Non seulement elle était enfermée dans cette chambre jusqu'à nouvel ordre comme une adolescente qu'on aurait puni après avoir fait le mur, mais en plus elle n'était même pas sûre de témoigner demain. Peut-être qu'elle passerait « en fin de semaine. » En fin de semaine. Une semaine. Elle était supposée attendre sagement qu'arrive son tour. Sans aucun moyen de communication avec l'extérieur et une simple télé pour passer le temps. Noam ne lui avait pas du tout présenté les choses de cette manière quand il lui avait parlé du procès. Peut-être parce qu'il se serait douté que ça ne lui plairait pas. Il n'était même pas là d'ailleurs. Ce qu'il avait omis de préciser aussi. Elle avait bien essayé de demander s'il reviendrait, ses questions étaient restées sans réponses. Elle était seule. Peut-être que c'était ce simple constat ou plutôt la somme de tout, qui déclencha sa colère. Elle n'avait pas envie d'être enfermée. Sans pouvoir parler à personne à part des inconnus en costume au charisme d'une chaussette. Et une télé pourrie. Le ton monta assez vite, puis sans qu'elle sache vraiment pourquoi, elle finit par exiger de voir Noam. Pourquoi ? C'était un peu le dernier de ses problèmes à ce moment là. Elle imaginait le jeune homme en train de faire ce qu'il voulait à l'extérieur et elle, qui demeurait là enfermée, comme si c'était elle la prisonnière dans l'histoire. Pourtant, elle essayait de se contrôler. Non. Pardon, c'était pas crédible. Elle se contrôlait pas du tout et lançait toutes les insultes espagnoles qu'elle connaissait – et il y en avait plus qu'on pourrait le penser. Elle avait perdu tout sang froid, reprochait à tous les hommes en noir leur incapacité et exigeait la seule personne qu'elle connaissait dans cette organisation de – insérer ici une insulte de son cru. Elle ne voulait plus voir personne jusqu'à ce qu'on lui amène Noam. Elle en avait marre d'eux. Marre de ce procès qui avait chamboulé sa vie pendant aussi longtemps et qui continuait à le faire encore maintenant. Alors quand on la prévint une nouvelle fois que quelqu'un allait rentrer, cela semblait logique d'attraper le premier objet qu'elle avait sous la main et de le lancer avec force vers la porte. Sur Noam. « Woooh ! T’as voulu me tuer ? » Pas vraiment non. A vrai dire elle s'était attendue à un énième monsieur en costume. Elle en avait vu plusieurs défilés mais aucun n'avait vraiment réussi à la calmer. Et elle ne l'était pas davantage en voyant Noam. « Attends... C’est toi qui leur fout la trouille, comme ça ? » Ils avaient peur ? Tant mieux. Parce qu'ils avaient encore rien vu. Elle était tellement remontée sur le moment qu'elle n'était même pas contente qu'ils avaient finalement répondu à une de ses exigences. « Tu m’expliques ? » Qu'elle s'explique ? C'était pourtant évident non ? Elle était furax. Ce qu'elle tenta de lui transmettre dans le regard qu'elle lui jeta. « Oh tu veux que je t'explique ? Parce qu'être enfermée dans une chambre pour je ne sais combien de jour c'est pas suffisant ? Il faut en plus que je t'explique qu'on m'a enfermé ici sans rien m'expliquer, sans avoir le droit de sortir, sans aucun moyen de communication, sans même pouvoir me dire quand j'allais témoigner à ce putain de procès, sans... » Toi. Elle fut coupée dans son discours parce qu'il fallait bien reprendre de l'air de temps en temps. Mais elle n'avait pas terminé. « Et toi. » Ouais lui. Si on continuait avec lui. « Tu ne m'avais rien expliqué. Tu te casses sans rien dire et tu me laisses avec cet bande idiot. » Des incapables. Il comprenait rien. Elle ne voulait pas d'eux. Et elle avait dans le fond conscience de se comporter comme une gamine mais elle n'avait vraiment plus aucun contrôle. « Et ne me dis pas que c'est pour ma protection. » Si elle entendait ses mots une nouvelle fois elle risquait de vraiment péter un câble. « C'est pour votre bien Miss Maddox » « On fait notre travail. » « Calmez-vous Miss Maddox. » « Vous avez besoin de notre protection. » « Essayez de nous comprendre... » Ugh. Et eux ils comprenaient qu'elle n'avait aucune envie de rester enfermée dans une chambre ? Elle n'avait même pas le droit d'utiliser son téléphone. « T'étais au courant ? Oui bien sûr que tu l'étais. Et tu n'as même pas pris la peine de me prévenir. T'es un enfoiré. » Elle secoua la tête, poussant un soupir avant de s'exclamer de nouveau : « Tu sais quoi. I'm done. Tu peux repartir profiter de ta liberté. J'ai pas besoin de toi. Casse toi. » Elle croisa les bras pour montrer à quel point elle était décidée et surtout complètement incohérente. Elle serrait les dents, transmettait toute sa haine dans son regard, tous ses muscles contractés de colère. Elle était forte. C'était ce qu'elle voulait montrer. Essayer de montrer. Mais peut-être qu'il n'était pas venu à l'esprit de tous ses hommes en noir, que Kaya, elle, n'était pas franchement rassurée de témoigner à un procès d'une telle importance, peut-être qu'il ne comprenait pas non plus qu'enfermer quelqu'un sans aucun visage familier n'était pas rassurant et peut-être même qu'ils avaient oublié qu'elle n'était pas un animal, qu'on pouvait enfermer, en espérant qu'il resterait sage...
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Sam 20 Juin - 23:24

« Oh tu veux que je t'explique ? Parce qu'être enfermée dans une chambre pour je ne sais combien de jour c'est pas suffisant ? Il faut en plus que je t'explique qu'on m'a enfermé ici sans rien m'expliquer, sans avoir le droit de sortir, sans aucun moyen de communication, sans même pouvoir me dire quand j'allais témoigner à ce putain de procès, sans... » Ok ok, wait ! Est-ce qu’il lui arrivait de respirer de temps en temps ? Non parce que me laisser le temps de comprendre et de répondre, c’était pas une mauvaise idée en soi. Enfin, c’était mon avis, mais définitivement pas le sien. Et déjà que je venais de manquer mourir par assassinat à la lampe, fallait me laisser le temps de reprendre mes esprits avant de m’agresser de la sorte. Et puis elle parlait trop vite et trop fort, j’comprenais pas la moitié de ce qu’elle disait. Surtout qu’en croisant les bras, elle écrasait sa poitrine, et.... Haaaaaa, forcément, ça me déconcentrait, bordel ! Et puis il était où le problème ? Elle savait bien qu’elle devrait passer la nuit à l’hôtel, je le lui avais dit ! Elle faisait la gueule parce qu’elle pouvait pas aller faire le tour du quartier pépouze ? Raaaaah, Kaya-la-chieuse... J’aurais pu dire «l’indomptable» mais c’était pas assez fidèle à ce qu’elle était, finalement. « Et toi. » Quoi moi ? Moi il me fallait un Doliprane. Voire un tube complet de Doliprane. C’était dingue comme sa voix pouvait grimper dans les aiguës lorsqu’elle s’emballait de la sorte. C’était une arme de destruction massive, ce truc. J’voyais pas pourquoi on se faisait chier à inventer des drones de plus en plus sophistiqués pour les zones de guerre, franchement. On dépensait des fortunes, alors qu’il suffisait d’envoyer Kaya en Syrie, de l’énerver un peu, et tous les rebelles auraient le cerveau cramé en deux secondes. On pourrait même créer une dépendance du Daesh envers le Doliprane. Bon plan, non ? « Tu ne m'avais rien expliqué. Tu te casses sans rien dire et tu me laisses avec cette bande idiot. » Mais lui expliquer quoi, bordel ? Il fallait lui expliquer le fonctionnement d’un hôtel ? Elle me cassait tellement les couilles, là, en cet instant, que j’avais presque envie d’ouvrir la porte de la salle de bain pour lui montrer le système eau chaude et eau froide, ainsi que tous les petits échantillons. ‘Voilà, maintenant que je t’ai expliqué, j’rentre chez moi.’ je m’entendais déjà lui répondre. Sauf que cette insolence serait vécue comme une provocation, et j’avais pas envie de me prendre une deuxième lampe de chevet en pleine tronche. Alors je me contentais d’écarquiller les yeux en secouant de la tête, incrédule et surtout incapable d’en placer une. Elle me laissait pas le temps. « Et ne me dis pas que c'est pour ma protection. » Bah non, évidemment, c’était pas pour sa protection, c’était rien que pour la faire chier. Chaque année on choisissait un individu et on lui pourrissait l’existence, parce qu’on avait vraiment rien de mieux à foutre au FBI, c’est bien connu. Et c’était quoi le problème, d’ailleurs ? Je comprenais pas pourquoi elle s’imaginait rester ici plus d’une nuit. Même mon boss m’avait parlé de... Oh merde ! Une nuit ou deux. C’était bien ce qu’il m’avait dit, non ? Ok, je comprenais mieux, mais ça restait qu’une nuit ou deux. Même deux, c’était pas la mort, si ? « T'étais au courant ? Oui bien sûr que tu l'étais. Et tu n'as même pas pris la peine de me prévenir. T'es un enfoiré. » Pardon ? Non, parce que autant c’était amusant cinq minutes, autant les insultes ça n’allait pas du tout me faire kiffer. Alors comme ça j’étais un enfoiré en plus d’être un menteur manipulateur, d’après ce qu’elle sous-entendait ? Ravi de l’apprendre. J’avais un droit de réponse, là ou... Non. Visiblement, non, puisqu’elle reprenait après un soupir bien sonore. « Tu sais quoi. I'm done. Tu peux repartir profiter de ta liberté. J'ai pas besoin de toi. Casse toi. » Great ! « Ok. » C’est absolument tout ce que je répondais, et c’est le seul et unique mot qui sortit de ma bouche depuis l’instant où j’étais entré, jusqu’au moment où je sortais. Parce que oui, je ne me le faisais pas dire deux fois. Je tournais les talons, ouvrais la porte, et la refermais derrière moi. Je la claquais même pas, non, le simple fait de sortir suffisait en soi. Je voulais bien être sympa, mais fallait pas trop pousser non plus. Et, surtout, face à son caractère de merde, il n’y avait d’autres options que celle pour laquelle je venais d’opter. Elle allait paniquer, pas vrai ? En tous cas, mon supérieur, lui, il paniquait, m’observant comme si je venais d’entrer le code d’armement de la bombe nucléaire. Oh, je pouvais comprendre sa réaction, mais il ne connaissait pas Kaya comme je la connaissais. Et je la connaissais bien, trop bien peut-être, mais on va pas revenir là-dessus, hein.  « Relax ! Je lui laisse juste le temps de flipper et regretter sa grosse colère. » je désamorçais mon boss en gardant une main sur la poignée, et en tendant l’autre dans sa direction en signe d’apaisement. « Mais y a un truc que je comprends pas, il débute quand le procès ? Demain, on est d’accord ? » Hochement de tête du supérieur. « Alors pourquoi elle a l’air de croire qu’elle est prisonnière de cette chambre pour l’éternité ? » Parce que c’était réellement l’impression qu’elle m’avait fait, celle d’une captivité de longue durée. « Le procès débute bien demain, mais on ne décide pas de l’ordre de passage des témoins. Le procureur général l'appellera lorsqu’elle aura besoin de son témoignage à la barre. » Plait-il ? « Comment ça ? Attendez, un procès de cette taille ça peut s’étaler sur plusieurs semaines ! Comment on fait si la procureur ne la fait venir que le dernier jour ? On la garde ici, coincée entre quatre murs sans aucun contact avec l’extérieur ? » je me renseignais en ricanant, tant cette idée me semblait complètement improbable. Sauf qu’au regard de mon boss, et aussi son absence de réponse, je comprenais qu’elle n’était pas si improbable que ça... « Sauf votre respect, monsieur, vous êtes complètement dingue ou quoi ? » Ouai, sauf votre respect, hein. « Elle va jamais accepter ça ! » La preuve, d’ailleurs... Elle acceptait pas. « C’est pour ça qu’on t’a fait venir. » « Pour ? Pour que je la convaincs de rester ? Haha. » Oui, j’avais pas le coeur à rire, mais pour témoigner du potentiel hilarant de cette idée, je faisais «haha» quand même. J’marquais le coup. « Non, pour que tu restes avec elle. » Que moi, l’enfoiré, je reste avec elle ? Comme si ça allait changer quelque chose. Enfin si, ça allait changer quelque chose pour moi ! J'allais me retrouver coincé à mon tour avec l'interdiction de sortir, ma tête étant trop connue, désormais, pour qu'on m'autorise à me promener dans le quartier. Suuuuuper ! « Non, j’crois que vous comprenez pas ! Ca fait des mois qu’on l’oblige à mentir à sa famille, qu’on lui impose un connard dans mon genre au quotidien, et alors que la libération arrive enfin, elle se retrouve encore plus captive qu’elle ne l’a jamais été, et sans aucune idée concrète du temps que ça prendra ? Chef, mettez-vous à sa place ! Je la connais, elle restera pas. On va perdre son témoignage. » « On peut l’obliger à témoigner. » Faux. « Vous pouvez l’obliger à se rendre à la barre, mais pas à fournir un témoignage. Et vous aurez l’air classe avec un témoin muet... » « ‘Nous’ pas ‘Vous’. » Hein ? Ha oui... Nous ou vous, c’était du pareil au même. Sauf que... Oui, en effet, face à ce genre d’agissements, j’avais un peu envie de me désolidariser du Bureau. « Moi, j’dis ça pour vous. Enfin pour nous. J’ai passé des mois avec elle, je sais où se trouvent ses limites. Croyez-moi sur parole, j’ai très souvent pris plaisir à jouer avec. Vous l’enfermez-là, elle a même pas son chien... Ça marchera pas. Ça peut pas marcher, et franchement, sur ce coup, j’suis d’accord avec elle. » J’allais me prendre un blâme ? Probablement, mais j’avais pas signé au FBI pour fermer ma gueule. « Et tu proposes quoi ? Parce que, qu’on soit bien clair, tu bouges pas de là. » Ca tombe bien, c’était pas mon intention. « Arrangez-vous pour qu’elle témoigne demain. Après-demain dernier délais. Mais pas au-delà. Dites à la Proc que c’est ça au rien du tout. Moi je me charge du reste. » je concluais en m’adossant au mur, tout en me laissant glisser jusqu’au sol. Oui, c’était comme ça que je me chargeais du reste, assis peinard sur la moquette. Ça avait l’air d’intriguer mon boss, et le reste des agents qui observait en silence, mais le sourire serein que je lui offris sembla le satisfaire, puisqu’il tourna les talons en tirant son portable de sa poche. Je savais qu’il allait appeler le procureur. Il respectait sa part du marché. La mienne était déjà en place, il me suffisait d’attendre. Ça faisait combien de temps que j’étais sortit de cette chambre ? Cinq ? Dix minutes ? Encore un peu de migotage, et ça irait. En attendant, je tirais un ticket de caisse de ma poche, et un stylo, sur lequel je notais une adresse avant de faire signe à l’un des gugus en noir de s’approcher. « Faut que t’ailles chercher le chien. C’est à cette adresse. Mais tu montes pas ! Tu attends qu’on te le descende, t’as compris ? Tu montes sous aucun prétexte. Le frère de Kaya viendra te l’apporter devant... Oh, et enfile un truc moins... Moins... Moins FBI. Tu vas dans le Bronx, faudrait pas que tu te fasses caillasser la caisse. J’y tiens, à ce chien. » Oui, parce que sa caisse et accessoirement sa tronche, je m’en foutais. Mais Rambo... « Bzzzzz... » j’agitais la main pour le faire déguerpir, avant de récupérer mon portable pour texter l’un des frères de Kaya. Lequel ? Travis. J’avais plus de chances d’obtenir ce que je voulais sans avoir à fournir trop d’explication. D’ailleurs, c’est ce que je lui promettais, des explications sous quarante-huit heures -ce qui serait très problématique pour la suite, mais ça, je ne le savais pas encore- en échange du chien dont Kaya avait besoin. Puis je patientais encore quelques minutes, et lorsque je fus en mesure de visualiser la soupape Kaya sur le point d’exploser, je me relevais, ouvrais la porte sa frapper, et entrais sans m’annoncer au préalable. « La ferme ! » ça annonçait la couleur, au moins. C’était à mon tour de parler. Et si elle osait m’interrompre, j’avais la main sur la poignée en guise d’arme de dissuasion. « Pour plus de sécurité, l’agent sous couverture, trop identifiable, ne suit jamais le témoin durant le procès, simplement parce qu’il serait très vite remarqué en sortant et entrant dans l’hôtel. Alors oui, c’est pour ta protection, et oui je l’accepte parce que, bizarrement, j’ai pas trop envie que tu crèves. » Quel égoïste je faisais, franchement ! « Et oui, moi je peux sortir et entrer à ma guise parce que mes employeurs n’ont aucune raison valable d’envisager de te coller un agent dans ta chambre. » Elle était au dernier étage, personne ne pouvait entrer par les fenêtres, et les couloirs de son étage -vidé de ses occupants pour l’occasion- pullulaient d’agents armés jusqu’aux dents. Donc non, ils allaient pas lui mettre un mec à l’intérieur pour la surveiller en train de dormir ou de prendre sa douche. Est-ce qu’elle réalisait la connerie 1/ de ses reproches et 2/ de son gros caprice. « Tu te sens stupide là ? Cool. Ensuite, non j’étais pas au courant pour le reste. J’suis rien, moi. J’suis pas en charge du dossier, j’suis juste le type qu’on a foutu sous couverture le temps que le procès s’ouvre, rien d’autre. Tu crois quoi ? Qu’il y a eu une grande réunion à laquelle on m’a convié pour me demander mon avis ? Bah oui, voyons, c’était avant-hier, lorsque t’étais sous la douche, j’en ai profité pour faire l’aller-retour pépouze ! Putain, ils t’ont retiré un bout de cerveau en plus de ton portable ? » Ouai, c’était à mon tour d’être agacé. Mais bon, c’était moins impressionnant qu’elle. Peut-être parce que je ne balançais pas des trucs, moi. « Alors, maintenant que ça c’est réglé, je fais quoi ? Je retourne profiter de ma liberté, ou bien tu arrêtes tes conneries et tu ravales ta fierté ? » Je penchais pour la seconde option, et c’est pourquoi je lui avais offert un avant-goût de ce que c’était de me voir passer cette porte et me casser. Mais avec elle, je pouvais jamais être sûr de rien.  Elle était insupportable... Irritante... Piquante... Excitante.
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Jeu 25 Juin - 14:28

« Ok. » Ce simple mot, une porte qui se refermait, et une Kaya, toujours prête à exploser, un peu penaude aussi, qui fixait l'endroit où s'était tenu Noam il y a de ça encore quelques secondes. Bon débarras, pensa-t-elle d'abord par pure provocation, comme pour satisfaire sa fierté et se convaincre qu'elle avait eu raison. Elle tourna le dos à la porte, bras toujours fermement croisés sur sa poitrine, sourcils froncés de colère. Il pouvait partir, pensait-elle encore, elle n'avait pas besoin de lui, se rassura-t-elle avec conviction. Puis tout doucement, son visage commença à se détendre et elle se mordilla la lèvre. Peut-être qu'elle avait un peu honte de réagir comme ça. Le long soupir qui s'échappa de ses lèvres était supposé l'aider à relâcher un peu la pression, calmer cette colère qui lui donnait envie de taper dans quelque chose – quelqu'un. Elle aurait aimé être dans une salle de sport pour se défouler. Sauf qu'elle était enfermée dans cet endroit pour un laps de temps indéterminé et c'était justement cette indétermination qui la mettait tant en colère. Ses réactions exagérées y étaient peut-être aussi pour quelque chose. Peut-être qu'elle n'aurait pas du lui dire de partir. Cette pensée s’immisça dans le torrent de colère et de ressenti qui noyait pour le moment toute autre pensée rationnelle. Maintenant, elle n'était plus seulement en colère contre eux, mais contre elle-même aussi. Fuck. Elle s'assit au bord du lit mais resta en place à peu près deux secondes et demi, retrouvant le besoin de se lever et faire les quatre cents pas dans la chambre. Elle s'immobilisa complètement quand la porte se rouvrit et que Noam s'exclama : « La ferme ! » Elle n'avait pas l'intention de dire quoique ce soit. Bon d'accord sa bouche avait bel et bien commencé à s'ouvrir. Mais elle ne contrôlait rien, ce n'était pas de sa faute, vraiment. Ou juste un peu ? « Pour plus de sécurité, l’agent sous couverture, trop identifiable, ne suit jamais le témoin durant le procès, simplement parce qu’il serait très vite remarqué en sortant et entrant dans l’hôtel. Alors oui, c’est pour ta protection, et oui je l’accepte parce que, bizarrement, j’ai pas trop envie que tu crèves. » Ce n'était pas non plus dans ses projets. Si elle était toujours là, c'était parce qu'elle avait conscience dans le fond que c'était dangereux. Tant pour elle que pour sa famille et elle ne voulait pas les mêler à tout ça depuis le début. Même si cela impliquait de mentir et de prétendre sortir avec un inconnu pendant plusieurs mois. « Et oui, moi je peux sortir et entrer à ma guise parce que mes employeurs n’ont aucune raison valable d’envisager de te coller un agent dans ta chambre. » Elle ne lui reprochait pas sa liberté à lui. C'était plus compliqué que ça. Honnêtement elle préférait nettement le voir lui que les autres pitbulls. Mais c'était plus que ça. C'était plus difficile à admettre. Surtout pour Kaya, qui prétendait depuis toujours pouvoir s'en sortir toute seule. Vivre toute seule dans un appartement du Bronx, travailler jusqu'à l'épuisement pour aider son père, gérer toute cette affaire, le procès... Elle pensait pouvoir se débrouiller seule. C'était une des raisons pour laquelle elle n'avait pas impliqué sa famille. Ils n'avaient pas besoin de savoir, elle réglerait ça toute seule, comme une grande. Mais maintenant qu'elle avait bel et bien été seule, enfermée dans cette chambre, avec l'imminence d'un procès aux enjeux importants, elle n'était plus vraiment sûre de pouvoir gérer. Inutile d'être un génie pour le remarquer d'ailleurs, elle ne gérait pas du tout. Parce qu'elle n'avait pas envie d'être seule. Et c'était dur pour cette jeune chilienne qui avait passé plus de la moitié de sa vie dans le Bronx à jouer la fille forte, qu'elle avait besoin de quelqu'un. Elle avait besoin de lui. Et c'était insupportable de devoir l'admettre. « Tu te sens stupide là ? Cool. Ensuite, non j’étais pas au courant pour le reste. J’suis rien, moi. J’suis pas en charge du dossier, j’suis juste le type qu’on a foutu sous couverture le temps que le procès s’ouvre, rien d’autre. Tu crois quoi ? Qu’il y a eu une grande réunion à laquelle on m’a convié pour me demander mon avis ? Bah oui, voyons, c’était avant-hier, lorsque t’étais sous la douche, j’en ai profité pour faire l’aller-retour pépouze ! Putain, ils t’ont retiré un bout de cerveau en plus de ton portable ? » Son regard jeta des éclairs dans sa direction ou du moins c'est ce qui se serait passé dans un dessin animé. Dans la réalité Kaya tentait tant bien que mal de conserver son masque de colère, parce que c'était la seule chose en cet instant qui lui permettait d'avoir une certaine contenance – si on pouvait appeler ça se contenir. « Alors, maintenant que ça c’est réglé, je fais quoi ? Je retourne profiter de ma liberté, ou bien tu arrêtes tes conneries et tu ravales ta fierté ? » Le regard de Kaya s'abaissa sur ses pieds, devenant soudain passionnant. Elle s'attaqua de nouveau à sa lèvre, mordillant, ne parvenant pas à dissimuler sa nervosité. Après un silence elle lâcha finalement un « Non. » A quoi ? Bonne question. Elle osa relever la tête, son visage n'exprimant plus vraiment la colère mais un mélange de tout, ce qui se traduisait par une confusion évidente. « Je ne peux pas rester enfermée ici pendant une semaine. » Voire plus. Un jour ou deux, elle pouvait tenir. Elle stressait mais elle pourrait gérer. Mais plus... Non. Elle se passa une main dans les cheveux – elle ne les avait pas rassemblé dans leur queue de cheval habituelle. « Ou je risque de devenir folle. Peut-être même que je vais finir par tuer quelqu'un et vous aurez alors une raison valable pour me tenir enfermée. » Ce n'était pas une menace – tout le monde faisait bien une tête de plus qu'elle. Elle n'avait pas réellement d'envies meurtrières. Puis elle était de toute manière enfermée dans cette chambre. Elle disait juste un peu n'importe quoi pour faire comprendre qu'elle n'avait pas envie d'être là. Pas toute seule. Peut-être parce qu'elle avait plus peur qu'elle ne voulait l'admettre aussi. Mais parce que Kaya était une femme pleine de logique et très honnête depuis quelques temps – oui il fallait sentir l'ironie, elle ajouta : « Je suis désolée de t'avoir fait venir jusqu'ici. Tu peux partir retrouver ta liberté si tu veux. Je... Je vais... » Son ton se voulait assuré mais sa voix était plus qu'hésitante. Déjà, elle s'était excusée, ce qui était assez bizarre en soi mais en plus elle avait du mal à trouver les mots, elle qui y a encore quelques minutes trouvait à peine le temps de respirer pour dire tout ce qu'elle avait à dire. « Ça va aller. Parvint-elle finalement à formuler. » Elle trouverait un moyen. Son ton s'était même adouci. Sauf qu'elle releva le regard vers lui et explosa de nouveau sans raison : « Arrête de me regarder comme ça ! Ça va aller. » Peut-être qu'elle trouva le besoin de se répéter parce qu'elle était elle-même peu convaincue de ce qu'elle disait. Elle montrait une vulnérabilité qu'elle n'acceptait pas alors se mettre en colère semblait être la meilleure solution pour la cacher.
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Sam 27 Juin - 0:37

J’étais pas vraiment un profiler. J’avais suivi des cours à Quantico dans ce but, mais j’avais jamais été très bon dans cette matière. Trop égocentrique, avait jugé mon professeur. Peut-être, en effet, qu’à trop penser à moi j’avais du mal à penser comme d’autres. Après, je me débrouillais, j’étais pas complètement crétin non plus, mais rentrer dans la tête des gens, c’était pas ma came. Je préférais l’action à la réflexion. Sauf que, voilà, avec Kaya, c’était différent. Je ne prétendais pas lire en elle comme dans un livre ouvert, loin de là, puisque la plus part du temps je ne comprenais absolument rien à ses réactions, mais... Y avait des trucs que je savais deviner. Comme là. Là, je savais d’avance qu’elle n’avait pas du tout envie de me renvoyer chez moi, qu’en bien même elle prétendrait le contraire. Sauf que, bien sûr, avec son caractère de merde, ses envies et ses dires se percutaient, parfois, de plein fouet. Souvent, même. Alors, si je savais qu’elle ne souhaitait pas me renvoyer à ma liberté, je savais qu’il y avait de fortes chances pour qu’elle m’affirme le contraire, et m’enjoigne à partir. « Non. » Voilà, qu’est-ce que je disais ? Quoique... Non ? Comment ça, non ? Non à quoi, surtout ? Non à moi qui retourne profiter de ma liberté, ou bien non au fait d’arrêter ses conneries et ravaler sa fierté ? Parce que ça n’aurait pas du tout le même impact sur moi, ça. « Je ne peux pas rester enfermée ici pendant une semaine. » Ok, mais c’était pas la question, ça. Je voulais juste savoir si elle allait arrêter de me casser les couilles et admettre qu’elle me voulait là et pas ailleurs. « Je sais... » je répondais, quand même, cela dit. Parce que oui, je le savais, je la connaissais assez pour ça. Bien que, honnêtement, ce contexte aurait posé problème à n’importe qui, j’avais conscience que pour Kaya c’était encore pire que ça. « Ou je risque de devenir folle. Peut-être même que je vais finir par tuer quelqu'un et vous aurez alors une raison valable pour me tenir enfermée. » Voilà bien un truc à ne pas dire dans une chambre cernée par des agents du FBI. Qu’importe qu’elle soit minuscule et les-dit agents en surnombre... De toutes façons, ils avaient tous la trouille d’elle. Et ça aussi, ça me dépassait. Comment on pouvait avoir peur d’elle ? Elle inspirait l’instinct de protection, pas la crainte... À moins que... C’était juste moi ? Et merde, c’était certainement juste moi. Et c’est aussi pour ça que je la laissais parler, sans l’interrompre. Autrement, j’aurais été capable de dire une grosse connerie. Et, peut-être qu’à force de silence, elle finirait par me dire ce que j’avais envie d’entendre ? Les bras croisés, le sourire en coin réprimé, j’attendais patiemment. Elle allait bien finir par le dire, non ? « Je suis désolée de t'avoir fait venir jusqu'ici. Tu peux partir retrouver ta liberté si tu veux. Je... Je vais... » Non. Parce que, contre toutes attentes, c’était pas des excuses que j’attendais. Je m’en foutais qu’elle m’ait jeté une lampe à la tronche, traité d’enfoiré ou m’ait ordonné de me casser, c’était pas important, c’était déjà oublié. J’voulais autre chose, j’avais besoin d’autre chose. Mais comme j’étais super doué, aussi, pour m’exprimer et exposer les choses en toutes franchises, bah je fermais ma gueule, et j’attendais que ça lui saute à l’esprit tout seul. Ce qui n’arrivait jamais. Bah non, ce ne serait pas drôle, sinon. « Tu vas quoi ? » A part me titiller les nerfs en voulant jouer les grandes plutôt que d’être franche et admettre l’évidence. « Ça va aller. » Est-ce qu’elle se rendait compte de son très bas level de crédibilité ? Même quelqu’un la croisant pour la première fois aurait compris que ça n’allait pas aller du tout, qu’elle ne tiendrait pas une nuit ici. En tous cas, pas si je décidais de lui obéir et tournais les talons. Bon, la question ne se posait pas, puisque je n’en avais plus l’occasion depuis qu’on m’avait fait venir jusqu’ici, mais ça, elle l’ignorait encore. Alors oui, c’était mignon de l’observer se débattre avec ses propres contradictions. J’avais les mêmes mais, heureusement, il n’était pas question de moi pour l’instant. « Arrête de me regarder comme ça ! Ça va aller. » Et voilà qu’elle s’énervait à nouveau, me faisant remarquer la réapparition de mon sourire en coin -je l’avais oublié, celui-là, mais oui, en effet, il était de nouveau là- et renforçant ce dernier par la même occasion. C’était plus fort que moi, plus je l’agaçais et plus j’aimais ça. Aussi, j’avançais d’un pas. Rien que ça, un pas, les bras toujours croisés. « Dis-le. » Quoi ? Qu’elle voulait que je reste, évidemment, puisque tout le reste, j’m’en foutais royalement. « Dis-le. » je répétais, encore, en m’approchant davantage, réduisant l’écart entre nous à presque rien. « Dis-le... » j’avais même plus besoin d’hausser la voix, un simple souffle bas s’avérant suffisant vu la maigre, très maigre distance. « Dis-le, et je reste... Sinon... » sinon, je reste pas ? Non, c’était pas ce que j’allais dire, puisque ça ne pouvait pas être le cas. Ne pas l’informer tout de suite que je n’avais pas le choix, c’était une chose, lui mentir en était une autre. Et ça, je faisais pas. Je ne mentais pas. Je ne lui mentais pas. Enfin, jamais vraiment, quoi. Sauf que cette phrase, je n’eus pas le temps de l’achever, des coups à la porte m’en empêchèrent. Je reculais d’un pas juste avant qu’elle ne s’ouvre sur mon supérieur pas super rassuré. « Je viens d’avoir une conversation avec le procureur général... » commença-t-il en voulant faire un pas dans la chambre, avant d’y renoncer en lorgnant sur les éclats de lampe au sol. « Elle projette de vous faire témoigner demain si l’audience n’est pas ajournée trop rapidement. Sauf cas de force majeure, vous serez de retour à la vie civile après-demain au plus tard. » ajouta-t-il avant de me faire signe de le suivre, le tout ponctué d’un « Wigderson. » des plus autoritaires. « Un chien ?! » éructa-t-il une fois dans le couloir, la porte refermée dans mon dos. « Vous m’avez ordonné de m’arranger pour qu’elle reste, c’est ce que je fais. » j’avançais dans un haussement d’épaules qu’il jugerait insolent. Tant pis. J’étais là sans être de service pour ma première nuit de liberté depuis des mois. J’avais bien le droit à un peu d’insolence, non ? « Hors de ma vue... » Ca, ça voulait dire que j’avais gagné. « Trois agents vont se relayer cette nuit, à l’étage, deux autres en bas, et il y aura une voiture dans la rue. Plus toi. Tu reprends officiellement du service, félicitations ! » Génial. « Arrange-toi pour qu’elle se repose bien. On est attendu à neuf heures au tribunal. » Conclut-il en en défaisant son noeud de cravate, preuve que, dans son esprit, il n’était déjà plus là. Il ne me restait plus qu’à ramasser mon sac de voyage, et réintégrer la chambre, ce que je fis sans me faire prier, sous l’oeil envieux, je crois, des autres agents. C’était quoi qu’ils jalousaient autant ? La chambre et le lit ? Ou la chambre, le lit et la fille ? « Tu vois que c’était pas la peine de saccager une chambre d’hôtel, suffisait de demander gentiment à passer rapidement à la barre. » je lançais en même temps que mon sac sur le lit. Un sac qui avait de quoi l’intriguer, je m’en rendais compte. « Quoi ? T’as rien écouté de ce que je t’ai expliqué tout à l’heure ? L’agent sous couverture ne suit pas le témoin parce qu’il est devenu tout aussi identifiable et blablablaaaa ? Dès l’instant où j’ai posé le pied ici, je me suis retrouvé coincé avec toi. Tant que tu restes, je reste. Et heureusement que c’est ce que tu voulais, sinon ça aurait été problématique. » Pas plus que quelques mois auparavant, lorsque j’avais fait irruption dans sa vie, mais... On a la mémoire courte. En attendant, je me mettais à mon aise, ôtant mon arme du bas de mon dos pour la déposer sur la table de chevet avec mon badge, avant d’aller attraper le fascicule de l’hôtel sur la table basse, tout en allumant la télé. « Je perds pas au change, cette chambre est tellement moins miteuse que celle qu’ils m’avaient refilé. » Elle était logée dans un quatre étoiles, tandis que j’avais frôlé l’auberge de jeunesse. Le téléphone de la chambre à l’oreille, je commandais tapas et bagel au room-service. Il était presque minuit mais je n’avais pas encore mangé, et puisque c’était le Bureau qui réglerait l’addition, je ne me privais de rien. Je commandais pour quatre avant de m’occuper des débris de lampe au sol. J’avais l’air serviable, comme ça, mais la réalité était toute autre : fallait que je m’occupe. Peut-être parce que j’avais un peu trop conscience de la présence d’un seul lit dans cette chambre -certes grand, mais tout de même-, et de celle des agents juste de l’autre côté du mur. C’était plus le Bronx, c’était plus un canapé dans le salon, c’était plus un jour parmi tant d’autres. Ma mission s’était achevée quelques heures plus tôt et, dans ma tête on était déjà ‘après’. Il allait falloir que je me remette dans le bain, et l’entreprise semblait bien compliquée tant rien ne me semblait familier. On était pas chez nous, enfin chez elle, ce chez elle devenu chez moi malgré moi, on était pas dans une sorte de quotidien, on était pas... On n’était pas nous, je crois. Pas totalement, en tous cas. À moins que ce ne soit les bières ingurgitées qui me fassent voir les choses différemment ? « T’as rien avalé depuis ce matin, je suppose. » je supposais bien, tout en ouvrant, à nouveau, la porte, sur un employé de l’hôtel roulant jusqu’à l’intérieur de la chambre avant de repartir tout aussi rapidement. « Faut que tu manges et que tu dormes. Vraiment, Kaya. Je sais que t’es stressée... » pour ne pas dire ‘effrayée’, elle l’aurait mal pris. « ... Mais t’as rien à craindre. T’as fait trembler une dizaine d’agents du FBI, j’pense que tu peux parfaitement t’en sortir avec un taré menotté. Au pire, si ça peut te rassurer, je demanderais à ce que tu montes à la barre avec une lampe de chevet, tu veux ? » Et revoilà le sourire de connard. C’était facile okay, mais mérité, non ? « Mange ! » je coupais court en lui fourrant un tapas entre ses lèvres entrouvertes. Entrouvertes parce qu’elle allait répliquer, je suppose. « Tu veux m’en parler ? » enfin pas tout de suite, pas avec la bouche pleine, mais... « Demain, la procureur te fera répéter ce que tu devras dire à la barre, mais elle va pas être tendre. » j’expliquais en m’installant en tailleur sur le matelas, le plateau devant moi. « Ca t’aiderait peut-être de m’en parler, de... Je sais pas, de te remémorer les faits, les détails, en me les racontant ? » j’hésitais, pas vraiment pro dans ce registre, celui de la main tendue sans même l’ombre d’un soupçon d’ironie. J’étais sincère, je voulais l’apaiser, l’aider à se préparer à ce qui l’attendrait demain, peut-être parce que... Parce que j’avais peur aussi. Peur qu’elle ait peur, peur qu’elle soit mal, peur qu’on la malmène durant son témoignage, peur qu’on lui fasse du mal. Pas physiquement, mais psychologiquement. C’était pas mon rôle. Mon rôle c’était d’être le garant de son intégrité physique, pas le reste. Mais... Ça faisait longtemps que j’avais renoncé à simplement me contenter des bornes de ma mission initiale. « Viens, raconte-moi. » j’ajoutais en poussant le plateau pour lui aménager une place. L’histoire, je la connaissais déjà, mais seulement dans les grandes lignes. Maintenant, je voulais les détails, et surtout comprendre ses craintes et ses appréhensions pour mieux les apaiser. Oui, je sais, moi aussi j’en revenais de penser des conneries pareilles. Apaiser ses craintes et ses appréhensions ? Et peu plus, et je me transformais en Mickey...
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Dim 13 Sep - 22:01

Convaincre tout en étant pas convaincu soi-même relevait de l'impossible pour quelqu'un d'aussi peu doué que Kaya pour mentir. Peut-être qu'avec un peu de concentration ses efforts auraient été davantage payant mais c'était trop le bordel. Dans sa tête. Dans sa vie. Partout. Elle peinait à mettre de l'ordre et la colère prenait indiscutablement le dessus. C'était le choix de facilité. S'énerver contre lui pour échapper à ce qu'elle ressentait réellement. D'une certaine façon c'était une manière de se protéger. Protéger cette part de vulnérabilité qu'elle ne voulait montrer à personne. Surtout pas à lui. Elle pensait réellement pouvoir s'en sortir toute seule. Elle n'avait pas le choix. Même si c'était la dernière chose dont elle avait envie – et qu'elle n'était bien évidemment pas prête à admettre. « Dis-le. » Elle leva les yeux vers lui. Impassible. « Dis-le. » Elle aurait pu feindre l'ignorance et demander ce qu'il voulait qu'elle dise au juste. Sauf qu'elle savait très bien. Elle n'avait pas fait tout un cinéma à ses collègues pour rien – enfin... « Dis-le... » Pourquoi est ce qu'il devait s'approcher autant ? Elle n'arrivait plus à réfléchir. Ce n'était pas à cause de lui bien sûr. C'était... Tout ce bordel. Ça occupait tout son esprit. Elle fixait obstinément un point sur l'épaule de Noam. Elle se risqua une seule fois à lever son regard vers son visage et le regretta aussitôt. Fuck. Ok. D'accord. Peut-être... « Dis-le, et je reste... Sinon... » Ses lèvres s’entrouvrirent... et elle relâcha tout l'air qu'elle avait emmagasiné dans ses poumons sans s'en rendre compte. On avait frappé à la porte. Ce qui avait coupé tout son élan. Elle fixa le sol pendant un instant, pour se redonner une contenance, les bras toujours fermement contre elle, avant de relever un regard peu impressionné face à l'homme qui était entré. Ils avaient accédé à sa requête, ça ne voulait pas pour autant dire qu'elle ne leur en voulait plus. « Je viens d’avoir une conversation avec le procureur général... Elle projette de vous faire témoigner demain si l’audience n’est pas ajournée trop rapidement. Sauf cas de force majeure, vous serez de retour à la vie civile après-demain au plus tard. » Les paroles de circonstance auraient probablement été un « merci », même sans entrer dans de grandes effusions mais Kaya se contenta d'un petit hochement de tête. Ce n'était pas que par fierté – bon en grande partie – mais aussi parce qu'elle avait peur de toutes les paroles qui pouvaient franchir sa bouche. C'était la faute à Noam évidemment. C'était toujours de sa faute. Elle se faisait d'ailleurs cette réflexion quand Noam entra de nouveau dans la chambre. Elle n'avait pas bougé d'un pouce. Elle n'avait pas même pas fait attention à sa brève absence, trop perdue dans ses propres pensées. Ce qu'elle remarqua en revanche c'était son sac. Un sac ? « Tu vois que c’était pas la peine de saccager une chambre d’hôtel, suffisait de demander gentiment à passer rapidement à la barre. » Kaya lui jeta un regard noir. « Quoi ? T’as rien écouté de ce que je t’ai expliqué tout à l’heure ? L’agent sous couverture ne suit pas le témoin parce qu’il est devenu tout aussi identifiable et blablablaaaa ? Dès l’instant où j’ai posé le pied ici, je me suis retrouvé coincé avec toi. Tant que tu restes, je reste. Et heureusement que c’est ce que tu voulais, sinon ça aurait été problématique. » Son visage la trahit sûrement un instant alors se dépêcha de répliquer, marmonnant d'un air bougon : « Tu ne sais pas ce que je veux. » Plus pour le contredire que pour réellement affirmer quelque chose. A vrai dire elle ne savait pas réellement à quoi elle s'était attendue en faisant venir Noam jusqu'ici. Elle savait juste qu'elle avait eu envie qu'il soit là. Elle n'avait pas pensé au « après ». « Je perds pas au change, cette chambre est tellement moins miteuse que celle qu’ils m’avaient refilé. » Elle était contente de l'apprendre, ça ne se voyait juste pas du tout sur son visage. A vrai dire, si elle gardait son air renfrogné, c'était pour dissimuler – encore et toujours – ce qu'elle ressentait à cet instant là. Un poids s'était enlevé depuis qu'elle savait qu'il restait et elle ne savait pas vraiment comment l'interpréter. Elle vivait seule avant qu'il n'entre dans sa vie. Elle n'aurait pas du avoir de problème à passer quelques jours dans une chambre d'hôtel – tout frais payés. Certes il y avait cette histoire de procès qui jouait une part très importante dans son état actuel. Mais il suffisait qu'il soit là pour qu'une partie de son stress s'envole. Il était là. Ce n'était pas bon du tout. Elle se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas bougé alors que Noam, lui, s'activait. Elle décroisa ses bras mais se rendit rapidement compte qu'elle ne savait pas quoi faire de ses mains, alors elle les recroisa. La chambre lui semblait tout d'un coup... petite. « T’as rien avalé depuis ce matin, je suppose. » Elle releva les yeux vers lui presque dans un sursaut, d'un air coupable, sauf que ce n'était clairement pas pour la raison qu'il supposait à ce moment là. Elle se recula un peu quand un employer de l'hôtel entra pour leur amener à manger. « Faut que tu manges et que tu dormes. Vraiment, Kaya. Je sais que t’es stressée... » Elle n'était pas stressée. « Je vais très bien, protesta-t-elle d'ailleurs, toujours par pure contradiction. » En temps normal, ça l'amusait de le contredire pour l'énerver, mais là, elle ne contrôlait pas vraiment. Elle était juste sur la défensive alors qu'elle n'avait plus vraiment de raison de l'être. « ... Mais t’as rien à craindre. T’as fait trembler une dizaine d’agents du FBI, j’pense que tu peux parfaitement t’en sortir avec un taré menotté. Au pire, si ça peut te rassurer, je demanderais à ce que tu montes à la barre avec une lampe de chevet, tu veux ? » Ah ah ah. Elle avait tout un paquet de réplique en réserve sauf que Noam s'exclama : « Mange ! » et lui fourra quelque chose dans sa bouche, déjà ouverte. Elle n'eut pas d'autres choix que de mâcher mais son regard n'en était pas moins expressif. « Tu veux m’en parler ? » De quoi ? « Demain, la procureur te fera répéter ce que tu devras dire à la barre, mais elle va pas être tendre. Ca t’aiderait peut-être de m’en parler, de... Je sais pas, de te remémorer les faits, les détails, en me les racontant ? » Oh. De ça. Le regard de Kaya s'abaissa. Elle parvint à se retenir cette fois-ci et à ne pas répliquer quelque chose du genre « il n'y a rien à raconter, j'étais simplement au mauvais endroit au mauvais moment. » Mais dans le fond c'était ça. Un malheureux concours de circonstance. Pour le coupable. Mais aussi pour elle dans un sens. Elle n'aurait jamais imaginé atterrir ici en témoignant pour une affaire de drogue. Elle s'était imaginée tout raconter à un policier, peut-être remplir un formulaire, être plus tard appeler pour témoigner, et voilà, débarrassée. Douce naïveté... « Viens, raconte-moi. » Elle hésita une seconde en regardant la place à côté de Noam, puis finalement elle décroisa ses bras et s'avança. Elle s'assit à côté de lui et poussa aussitôt un soupir. Elle attrapa un autre tapas avant de parler. D'une part parce qu'elle se rendait effectivement compte qu'elle avait faim, mais aussi pour mettre de l'ordre dans sa tête – si une telle chose était possible. « Il n'y a rien de bien compliqué, dit-elle finalement. » Elle croisa ses mains sur ses genoux, avant de les décroiser et de passer une main dans ses cheveux. Elle n'était pas stressée, vraiment. C'était juste... le bordel. « Je rentrais du travail. Il était assez tard. Tu connais le chemin, il est plutôt court. Au début je n'ai pas vraiment compris ce que je voyais. Il y avait ces types louches qui traînaient dans un coin de la rue. Mais c'est le Bronx. Il y a toujours des gens louches. » Et une des règles étaient justement d'éviter ces gens louches. Kaya connaissait très bien ces règles. Sauf qu'au lieu de détourner le regard... « Ils échangeaient des sacs. Au début je n'y ai pas vraiment prêté attention, puis je ne sais pas pourquoi j'ai regardé avec plus d'attention et... » La voilà. Ici. Dans cette chambre d'hôtel. Complètement paumée. « C'est tout. » Et elle se laissa tomber sur le lit. Elle remonta ses mains sur son visage qu'elle frotta, comme si elle pouvait effacer toute trace d'émotion sur son visage. Elle était à la fois fatiguée et en même temps pas du tout. Elle savait qu'il lui serait impossible de fermer l'oeil. Et ce qui l'inquiétait un peu c'est que le procès n'en était pas la seule raison. L'autre se trouvait à côté d'elle. Et il ne l'avait pourtant jamais empêché de dormir avant – enfin sauf quand il se mettait à hurler en pleine nuit, mais c'était une autre histoire. Sa proximité, dans cette chambre d'hôtel, lui semblait soudain plus palpable. Encore plus déroutante que d'habitude. Et c'était un peu ça le problème. C'était comment d'habitude ?
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MessageSujet: Re: kaya & noam - breakout force Lun 14 Sep - 2:42

« Tu ne sais pas ce que je veux. » Elle n’avait pas tort. Enfin, pas totalement. Parce qu’il y avait ce que je croyais qu’elle voulait il y a une minute, ce que je croyais qu’elle voulait maintenant, et ce que je croirais qu’elle voudra dans une minute. Je n’étais pas mauvais en profilage, d’ordinaire, mais elle demeurait un mystère. C’était comme tenter de visionner un film en 3D sans lunettes. C’était flou, et ça faisait mal aux yeux et au crâne. Au bout d’un moment, ça collait même la nausée, mais on insistait pour deviner parce que, merde, on l’avait payé cher ce putain de billet d’entrée. Bah voilà, Kaya c’était mon film en 3D, et moi j’avais des lunettes une fois sur mille. Parfois je devinais bien, forcément, mais la seconde d’après, lorsque ça redevenait flou, j’en venais à douter de ce que j’avais cru, et a tenter une interprétation différente. Fallait sérieusement être con, je sais, sachant qu’on s’était déjà plus ou moins exprimé, l’un comme l’autre, sur le sujet. Au mariage de ses potes, je lui avais dit que je ne faisais plus semblant, et elle m’avait répondu qu’elle non plus. C’était plutôt clair, non ? Bah non, parce que si sur le coup j’en avais tiré les conclusions qui s’imposent, le jour suivant j’en étais revenu à m’interroger sur les diverses interprétations que l’on pouvait faire de cette phrase. Peut-être qu’elle ne faisait plus semblant de me supporter, peut-être que ce n’était rien que ça, à présent, elle me supportait. Ou alors... Ou alors rien, c’était déjà suffisamment confus dans ma tête. Je crois que, quelque part, si je m’évertuais à me répéter que je ne savais pas ce qu’elle voulait, ou qu’elle ne savait pas, elle-même, ce qu’elle voulait, c’était pour éviter de m’imputer cette même faute. Je ne savais pas ce que je voulais, parce qu’il y avait de gros risques à vouloir ce que je voulais. Je n’avais pas le droit de vouloir ce que je voulais, et finalement, je ne voulais pas vouloir ce que je voulais. Vous suivez ? Non ? Et après on s’étonne que ce soit le gros bordel dans mon esprit. Alors oui, je savais ce qu’elle voulait, du moins j’en avais une vague idée, mais quelque part, je préférais me convaincre que je ne savais rien. Parce que savoir rendait la tentation plus évidente encore, plus imposante. Mais je savais... Oui, évidemment que je savais... Et elle savait aussi, non ? Je savais tellement de choses sur elle, de ces choses qui ne figuraient pas dans son dossier, de ces informations qu’on ne m’avait pas fournies à l’avance, de ces petits trucs qu’on apprend qu’en côtoyant l’autre de manière assidue, qu’en observant l’autre de manière assidue. Je savais qu’elle s’opposait pour s’opposer, qu’il suffisait que je dise noir pour qu’elle me soutienne que Barack était blanc... Bon, mauvais exemple, puisqu’il était effectivement les deux, mais l’idée était la même. Je savais aussi qu’elle était stressée, qu’elle n’avait sûrement pas mangé depuis ce matin, et que la perte de repère n’arrangeait rien. « Je vais très bien. » Voilà, j’avais confirmation qu’elle n’allait pas bien et qu’elle crevait de faim. C’était simple de la comprendre, en fait, suffisait de traduire par l’exact contraire de ce qu’elle disait. Du coup, je lui fourrais un de ces tapas qu’on venait de nous livrer, entre les lèvres, histoire qu’elle finisse par se rappeler qu’elle avait, effectivement, faim. Puis, à court d’activités -puisque j’avais déjà fait le ménage dans la chambre, allumé la télé, régler la suite avec mon boss, fait livré de la bouffe, et que si je me mettais à faire les carreaux et passer l’aspirateur ça deviendrait suspect, même à mes yeux- j'atterrissais sur le lit, et l’invitais à se remémorer la scène qu’elle devrait raconter pour la énième fois devant un jury, demain. Je savais qu’on la ferait répéter à la première heure de la matinée, mais alors ce serait sans ménagement, avec autorité et brusquerie, on la repousserait dans ses retranchements pour tester sa résistance. On le ferait pour la préparer à l’interrogatoire de la partie adverse. Moi, je voulais la préparer à cette préparation. Ça n’avait aucun sens puisque ce n’était absolument pas mon rôle, mais quelque part, ça avait du sens pour moi. Enfin, du sens, c’était vite dit. Disons que, d’un côté, c’était pas complètement con comme initiative, même si d’un autre ça entrainait pas mal de questions que je n’avais aucune envie de me poser. Donc si, c’était un peu con. Enfin, c’est ce que me hurlait la partie raisonnable, égocentrique et imbuvable de moi-même. Mon vrai moi, quoi. Tandis que Casimir, le gros connard orange et moelleux que j’étais devenu, applaudissait en dodelinant de sa grosse tête de demeuré. J’pensais qu’elle allait refuser l’invitation, s’entêter à faire systématiquement l’inverse de ce que je souhaitais, quitte à rester debout toute la nuit, les bras croisés et la tronche en biais, mais, contre toute attente, elle s’avança jusqu’au lit après une courte hésitation. Quoi ? Sérieux ? On avait dépassé la phase où elle fait la gueule ? D’ordinaire ça durait plus longtemps. Mais d’ordinaire, je l’avais mérité aussi. Pas là. « Il n'y a rien de bien compliqué. » Et hop, un autre tapas. Je me demandais si en prédécoupant un bagel elle finirait par, sans s’en rendre compte, en avaler un complet. Non, c’est pas que je n’écoutais pas ce qu’elle avait dire, juste que je connaissais déjà l’histoire et que j’étais multitâches. « Je rentrais du travail. Il était assez tard. Tu connais le chemin, il est plutôt court. Au début je n'ai pas vraiment compris ce que je voyais. Il y avait ces types louches qui traînaient dans un coin de la rue. Mais c'est le Bronx. Il y a toujours des gens louches. » Ouai, j’vais le prédécouper, c’est pas une mauvaise idée. Au pire, je le mangeais, moi. Mais en déplaçant le tout, légèrement de son côté, il devrait y avoir moyen de lui faire avaler un repas presque complet. « Ils échangeaient des sacs. Au début je n'y ai pas vraiment prêté attention, puis je ne sais pas pourquoi j'ai regardé avec plus d'attention et... » Moi je savais pourquoi elle avait regardé, c’était naturel. Ce que je ne comprenais pas, en revanche, c’est pourquoi elle ne touchait pas au Bagel. « C'est tout. » Non, ce n’était pas tout. Du moins, la procureur serait très loin de se contenter de ça. Elle devrait reconnaitre les individus présents dans la salle d’audience, elle devrait répondre à des accusations concernant sa vue, son état de fatigue, la distance entre elle-même et les accusés, la luminosité de la ruelle. On l’interrogerait sur sa consommation éventuelle d’alcool, de drogue, on utiliserait son passé contre elle, ses origines. On ferait tout pour la déstabiliser, la décrédibiliser aux yeux du jury, et instaurer le doute raisonnable. Et, d’avance, je savais que ça allait me foutre hors de moi. D’ailleurs, j’avais déjà prévu d’attendre à l’extérieur de la salle, histoire de ne pas être tenté de balancer ma chaise à travers la tronche de l’avocat de la défense, ou de me lever pour beugler un « Objection ! » injustifié que je tenterais de justifier d’un « Heu... C’est pas super gentil de dire ça. » avant de me rasseoir. Oui, non, j’allais rester à l’extérieur, c’était plus sûr. Et si j’avais déjà du mal à envisager la partie adverse en train de lui poser ces questions, je me voyais mal le faire moi-même, juste pour la préparer à la préparation. D’autant plus que je connaissais déjà les réponses. Elle avait une excellente vue, même fatiguée, la ruelle étant peu profonde, elle n’avait eu aucun mal à discerner les visages, un lampadaire se trouvant, justement, à l’orée de cette dernière, et quant à sa consommation d’alcool et de drogue, elle était identique à celle d’un enfant de cinq jours. Sauf les jours de mariage, mais ça c’était une autre histoire. Du coup, puisque ce sujet semblait clos, fallait que j’embraye sur autre chose, tant le silence me semblait lourd, façon troisième personne obèse se tenant entre elle et moi. Voyez le genre ? « Tu sais comment tu vas t’habiller ? » Premier truc qui me venait à l’esprit, tandis que je reculais, le plateau en équilibre sur une main, pour venir caler mon dos contre la tête de lit, et me mettre à la hauteur de l'alanguie aveugle. Alanguie parce qu’allongée, et aveugle parce qu’elle avait des mains sur les yeux. Les siennes, de mains, je préfère préciser. « J’ai du mal à t’imaginer avec un tailleur planqué dans ton armoire. » L’ensemble jean-TeeShirt, ça n’allait pas le faire à l’audience, la combinaison de garagiste non plus. Y avait bien la robe du mariage, mais... Non. Oula, non. Enfin, j’supposais que mes supérieurs avaient déjà pris les devants, et inspectés sa tenue. J’étais juste curieux. Et puis ça avait le mérite de repousser, temporairement, l’obèse silencieux. « J’vois vraiment pas pourquoi t’as fait tout un sketch. » je reprenais, d’ailleurs, histoire de le faire fuir un peu plus. « Elle est vraiment cool cette piaule. C’est propre, vaste, tout équipé. La vue est top... » la skyline de nyc, j’connaissais des touristes prêts à tuer pour avoir la même. « ... La bouffe pas dégueu du tout... » Hop, elle reprendrait bien un petit bout de bagel. «... T’as toutes les chaines... » je zappais frénétiquement pour lui en apporter la preuve. « Même celles que tu veux pas... » Oups, porno ! My bad ! Ils sont pas censés foutre un code parental sur ce genre de trucs ? « ... Un mini-bar plein à craquer, une literie confortable... » C’est vrai qu’elle avait l’air au top, cette literie. Mais après des semaines et des semaines passées sur un canapé, je crois que même un clic-clac Ikea me ferait l’effet d’un lit luxueux. « Et... » et j’allais ajouter que tout ceci était gratos, au frais de Barack, mais quelques coups à la porte m’en empêchèrent. À cette heure, soit c’était un problème majeur du genre « on a été repéré, faut décamper ! », soit c’était ma commande spéciale. Et puisque les statistiques allaient dans le sens de l’option B, j’en profitais pour lancer un « Et un ex-fake boyfriend ou un fake ex-boyfriend absolument parfait, puisque... » tout en me levant pour aller ouvrir la porte et laisser passer la tornade de poils qui se dirigea droit sur le lit, et donc sur Kaya. « Merci mon brave. » je gratifiais mon collègue d’une tape sur l’épaule, avant de refermer la porte et la verrouiller, maintenant qu’on était au complet. De retour à ma place, il n’y avait plus trace d’un obèse silencieux, par contre, y avait Rambo désormais. Et c’était rassurant. Dans un sens, c’était comme apporter un peu de quotidien dans cette situation qui n’avait rien d’ordinaire. « Alors, mis à part pour le chien, t’avais besoin de me faire venir pour quoi ? Parce que si c’était pour me punir, c’est raté ! J’suis ravi de jouer les prolongations. » Et je le pensais. Un peu trop peut-être, puisque ce n’était pas exactement ce que j’avais voulu dire. « Enfin, j’parle de la chambre, et du lit, et de la bouffe, hein... Et dire qu’il y a une heure j’étais encore dans ce bar avec la perspective déprimante de ma chambre de trois mètres sur deux à lit une place. » Excellente idée d’évoquer le bar ! Comme ça, si l’espace d’une seconde elle avait pu, éventuellement, m’imaginer regretter la fin de ma mission et mon départ de chez elle -ce qui était effectivement le cas-, maintenant elle devait me visualiser en train de célébrer ça, bière à la main et blonde à portée de bouche -ce qui était effectivement le cas aussi-. C’était quoi, le problème, chez moi, à la fin ? Une forme de schizophrénie ? Finalement, y avait un peu de ça, puisqu’on était deux en moi, le mec avec ses envies, ses instincts, ses besoins, et l’agent avec ses devoirs et interdictions. « Un tapas ? » Allez, plus que vingt-quatre heures. Demain, à la même heure, je serais libre de faire tout ce que je voulais, y compris avec elle. Oui, parce que j’en étais encore à tenter de me convaincre que ce n’était que ça, juste une envie, une frustration. C’était plus acceptable, plus gérable, moins perturbant pour mon cerveau de coureur insensible. J’oubliais sûrement un peu vite le vide ressenti à la simple idée de ne plus la revoir après ça. Et pourtant, ça ne datait que de quelques heures. Sauf que là, maintenant, tout de suite, ce vide-là était comblé. Juste celui-là, et c'était assez pour m'apaiser. Ouai, j'aurais du me douter que ça cachait quelque chose...
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kaya & noam - breakout force

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