It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Under the skin ϟ Liam

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MessageSujet: Under the skin ϟ Liam Jeu 18 Juin - 12:11

Elle redressa ses épaules, rejeta ses cheveux en arrière dans le même mouvement et avança d'un pas assuré. Poppy avait toujours eu une démarche assurée. Elle devait avoir confiance. Confiance qu'elle pouvait réussir. Confiance qu'elle pouvait y arriver toute seule. Enfin presque. Tous les employés participaient au succès du club. Mais elle était en charge. Elle qui n'avait jamais été en charge de rien, sinon d'un stand de limonade quand elle était à l'école primaire. Elle ne pouvait pas vraiment s'en vanter sur un CV. Ni de ses études de presque docteur. Encore quelques mois et elle aurait été diplômé. Elle y pensait encore parfois. A ce qui aurait pu, mais n'était plus. Elle ne regrettait rien. C'était ce qui l'aidait à avancer. A garder la tête haute. Avec suffisamment de motivation, tout était possible. Enfin... Presque. Du haut de ses talons elle voyait à peine le bar. Un vendredi soir il ne fallait pas s'attendre à pouvoir voir ne serait-ce que le bout de ses pieds. Qui se faisaient torturer en cet instant par un mec trop bourré pour s'en rendre compte. Elle joua du coude pour forcer le passage. Finalement ce n'était pas si facile de marcher avec assurance et fierté quand on se faisait secouer dans tous les sens. Elle ne savait pas exactement comment mais elle parvint à arriver au bar en un seul morceau. Elle se rappelait que se frayer un chemin dans une bibliothèque était beaucoup moins dangereux. Mais rien n'était comparable à une bibliothèque ici. La musique bourdonnait dans les oreilles, l'alcool coulait à flots, les corps se mélangeaient sur la piste... Il était difficile de poursuivre une conversation à moins de crier. Poppy passa de l'autre côté du bar. Elle échangea quelques mots avec un des barmans puis s'excusa en s'éloignant. Elle avait plus urgent à régler. Elle repéra le jeune homme assez facilement. « Liam. » Elle l'appela une première fois mais il ne sembla pas l'entendre, visiblement trop occupé à discuter avec des jeunes filles de l'autre côté du bar. Poppy poussa un soupir et tapota cette fois-ci l'épaule du jeune homme. Elle croisa les bras pour se donner une contenance, haussant légèrement les sourcils en le regardant. Elle essayait d'avoir l'air assuré. Mais une petite grimace se forma sur son visage sans qu'elle puisse s'en empêcher et son assurance s'évapora. Elle s'approcha pour être sûre qu'il l'attende. « Je sais que tu devais bientôt aller jouer... Mais... Y a un problème avec la sono. » Quelque chose ne fonctionnait pas et Poppy n'y comprenait strictement rien. Elle avait essayé de s'en occuper mais ça dépassait de loin ses capacités. Tout ces fils, ces boutons, c'était comparable à du chinois. « Je crois que tu devrais aller jouer un coup d'oeil... » Elle aurait peut-être carrément du lui dire d'aller s'en occuper. C'était ce qu'une Poppy assurée aurait du faire. Mais elle paniquait facilement dans ce club. Quand elle pensait que tout fonctionnait quelque chose finissait toujours par déconner... « Faut que vous arrêtiez tous les deux. » Poppy fronça les sourcils en se tournant vers la jeune femme qui était derrière eux. C'était une des serveuses, occupée à remplir un grand plateau de plusieurs shots. « Quoi ? » La serveuse s'esclaffa comme si ce que Poppy venait de dire était hilarant. Elle les pointa du doigt tous les deux en s'exclamant. « S'il vous plaît. Ça crève les yeux. » What. Elle n'avait pas le temps pour ça. Elle tourna la tête vers Liam pour voir s'il comprenait avant de secouer la tête d'un air excédé. « Est ce que tu peux t'en occuper ? Demanda-t-elle en décidant d'ignorer la jeune femme qui s'était visiblement servie quelques verres de trop. » De toute manière il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait jouer.
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MessageSujet: Re: Under the skin ϟ Liam Sam 20 Juin - 1:32

C’était l’affluence des grands jours. Forcément puisque le vendredi soir était un grand jour, en soi, et que les températures plus qu’amicales, ne faisaient que renforcer cette tendance. Et plus l’heure avançait, plus le foule se comprimait contre le bar, tendant des billets froissés à bout de bras comme si leur vie en dépendait. Ça va, tu l’auras ta bière, mate, et trois fois plus chère que si tu l’avais acheté dans le commerce pour la boire, au calme, chez toi, plutôt que comprimé entre deux corps inconnus et moites. Oui, c’était un concept qui m’échappait, malgré les apparences, que celui du club. Mais puisque j’étais un plouc de naissance, j’imaginais que ça n’avait rien d’étonnant. Ça devait être un truc des grandes villes, ça. Chez nous, les bars étaient miteux, et la soirée se faisait surtout dans la rue. Cela dit, l’ambiance n’avait rien à envier au club de Poppy, ni même les filles qui étaient, bien souvent, plus jolies qu’ici. Tiens, en parlant de Poppy, elle était passée où encore ? Non pas qu’elle me manque physiquement, de ce côté-là, ça allait, mais un type venait de me faire savoir, à défaut de parvenir à mettre la main sur la big boss, qu’il y avait un dégâts des eaux. J’allais devoir gérer ça aussi ? Non, parce que, déjà que je devais me charger des commandes au bar principal, expliquer mille fois que l’happy hour était terminé, et que non, on ne pouvait pas mettre du David Guetta parce que c’était pas la putain de soirée d’anniversaire de ta grand-tante et parce que, personnellement, je supportais pas la daube musicale. C’est que j’étais un puriste. Alors non, n’ayant pas le don ubiquité, je pouvais pas tout gérer en même temps. Ce serait bien qu’elle revienne, Miss Pops, parce que c’était son job tout ça. Le mien, à la base, c’était de jouer sur scène, pas de sourire à des clientes qui cherchaient à se faire offrir un verre par le barman. Le pire, c’est qu’elles ne se rendaient même pas compte à quel point elles s’adressaient à la mauvaise personne. « Faut défaire deux boutons de plus, là, et aller agiter tout ça du côté du groupe de mecs bruyants, là-bas... » je leur expliquais, d’ailleurs, en tendant le bras pour défaire, moi-même, les boutons de trop sur le chemisier de la brunette, avant de désigner d’un index le fameux groupe. « Ils sont venus fêter les vingt et un ans du maigrichon. Ils ont du fric plein les poches et n’ont croisé des poitrines que sur l’écran de leur iPad... Go ! » J’étais cool, hein ? Surtout qu’il fallait pousser la voix pour se faire entendre par-dessus la musique et le bruit. C’est probablement ce qu’elles pensaient, en cet instant, avec leurs sourires rayonnants, mais en réalité, c’était juste tout bénéf pour le club, des jolies filles poussant des puceaux à dépenser plus que prévu. Et puis, ainsi, je fidélisais la clientèle. « C’est quoi ton prénom ? » me demanda, d’ailleurs, l’une d’elle, preuve qu’elle avait déjà dans l’intention de revenir. « Liam. » je répondis au moment où un tapotage d’épaule vint nous interrompre. Ha tiens, Miss Pops. C’était quoi ce regard qu’elle me lançait, là ? Elle avait fait une connerie ? Oui, dans ma tête c’était plus probable que d’envisager que j’avais pu faire une connerie. Dans un hosto la tendance aurait, évidemment, été inversée, mais dans un bar, elle était autant dans son élément qu’une Kardashian à Harvard. Du coup, je penchais l’oreille dans sa direction, impatient d’entendre la nature du nouveau bordel qui allait me tomber dessus. Rappelez-moi pourquoi j’avais accepté ce job, déjà ? Ha oui... Ma grande bonté, un compte en banque dans le rouge et un joli arrière-train rebondi. Et pas forcément dans cet ordre-là, d’ailleurs. « Je sais que tu devais bientôt aller jouer... Mais... Y a un problème avec la sono. » Rien d’étonnant à ça, c’était presque prévisible, j’avais toujours eu énormément de chance dans la vie. Cela dit, ce n’était pas vraiment très grave vu l’ambiance. Je préférais passer derrière la guitare ou le piano en semaine, lorsqu’il y avait moins de monde, certes, mais surtout moins d’alcool dans les veines des usagers. Ça servait à rien, un vendredi soir, personne n’écoutait la musique, ils se contentaient de se déhancher sur des basses assourdissantes. Sauf que ça, je ne le lui disais pas, à Poppy. Parce que... « Je crois que tu devrais aller jouer un coup d'oeil... » Et à choisir entre un dégâts des eaux et une enceinte à rebrancher, je sais pas pourquoi, mais l’enceinte me semblait plus tentante. J’allais lui répondre par la positive avant qu’une serveuse ne nous interrompe, prétextant qu’il fallait qu’on arrête. « Quoi ? » Ouai, quoi ? « S'il vous plaît. Ça crève les yeux. » Et c’était visiblement hilarant. Sauf que je comprenais pas. Bref, passons. « Est ce que tu peux t'en occuper ? » de quoi ? De la serveuse ? Ha non, du problème de sono... « Ok... » je répondais mollement, tout en observant la serveuse s’éloigner et, du coin de l’oeil, voir réapparaitre le messager du dégât des eaux avec le seau et la serpillère que je lui avais demandé. « Oui, avec plaisir ! » je répétais avec, brusquement, bien plus d’entrain et le sourire, tout en l’attrapant par le bras pour rejoindre Fabio et son seau. « Fab’ ! Désolé, j’dois m’occuper impérativement d’un problème de sono, mais... La Big Boss va se faire un plaisir de gérer ce petit souci pendant que toi, tu prends ma place derrière le bar. » Bizutage ? Mais non, on ne bizute pas les patrons, voyons. « Tu vois que je pense à toi, je sais que t’aimes pas prendre les commandes. » Je lançais en lui tapotant l’arrière-train pour la pousser vers Fabio. Et je ne plaisantais pas vraiment, sachant sa panique -pour ne pas dire phobie- à l’idée de se retrouver seule derrière le bar, à devoir gérer la horde d’alcooliques assoiffés. « Tu me remercieras plus tard. » j’ajoutais en prenant le seau et la serpillère des mains de Fabio, et coller le tout dans les siennes. « Fabio va te briefer, et... Fabio ! Vérifie les cartes d’identité avant de servir ! » je hurlais en m’éclipsant avant que Poppy ne réagisse et décide de me rattraper. Trop tard, j’suis plus là. « Ok, boss. » réagit à retard le Fabio en question, avant de reporter son attention sur sa véritable boss et réaliser qu’il allait devoir lui expliquer le lieu du dégât des eaux, et... « Y a une grosse fuite aux toilettes. Vous vous y connaissez en plomberie ? » Il avait l’air d’en douter. Ce qui était assez légitime. Mais pas le temps de s’éterniser sur la question, la foule se faisait impatiente contre le bar. « Toilettes des hommes, Poppy. » trouva-t-il le temps de hurler, en agitant son bras tendu, avant de prendre quatre commandes en même temps. Est-ce que je me sentais coupable ? Pas même un peu. J’avais été embauché comme musicien, et je me retrouvais à tout faire, absolument tout, sauf de la musique, alors, quelque part, ce n’était que justice. À vrai dire, j’étais pas pressé de retourner la voir, essentiellement parce que je craignais un peu de me prendre une serpillère dans la tronche, mais aussi parce que, après avoir réparé l’ampli -ou plutôt après l’avoir branché, puisque ça marchait bien mieux comme ça-, je m’offrais le temps d’une pause et d’une bière à l’air libre. Pour ma défense, je ne savais pas qu’il s’agissait de toilettes bouchées ayant débordées. Ça, je ne l’apprenais qu’un bon quart d’heure plus tard, en retournant derrière le bar, et en m’informant auprès de Fabio. « Laisse, c’est pas à toi de faire ça. » jugea-t-il bon d’ajouter, en me voyant repartir. Parce qu’il croyait quoi ? Que c’était à celle qui signait son chèque de le faire ? Idiot. « Pops ? » je toquais à la porte des toilettes avant d’entrer, et j’usais même de ma voix la plus... Conciliante ? Charmeuse ? Trouillarde ? Un peu des trois, je crois. « Tu t’en sors ? » j’hasardais en vérifiant que la voie était libre. Au moins, elle était seule. Tellement seule que je n’étais même plus tout à fait sûr qu’elle-même, était là. « Pops ? » j’appelais à nouveau en ouvrant, un à un, les battants des toilettes individuelles. Jusqu’à la dernière qui me résista. Occupé ? En jetant un oeil par en-dessous, je constatais que oui, occupé par deux escarpins hors de prix. « Allez, fais pas ta timide, j’suis sûr que c’est pas si grave que ça. » Ca pouvait pas être plus humiliant que débarquer chez moi ivre morte et en pleine nuit, si ? Si, peut-être.
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