It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !

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MessageSujet: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Sam 2 Mai - 10:59



Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !  54

   Lorena & Sam

Cette semaine me semble interminable, ceci certainement du au fait que les journées se rallongent. J'ai l'impression de ne jamais en finir et c'est épuisant. Je n'ai malheureusement pas assez récupéré la nuit dernière et la journée a été harassante. Il me reste cependant encore une livraison mais je dois avant tout aller faire le plein à la prochaine station essence qui se trouvera sur ma route. Je reçois un coup de fil de ma môme en chemin. Je m'attends au pire mais finalement, et à mon grand étonnement, elle désire juste prendre de mes nouvelles. Elle s'est assagie depuis quelques temps. Espérons que ça dure ... il serait temps à son âge. La conversation dure quelques minutes et se conclut même sur un "tu me manques" de sa part. C’est le genre de propos rare venant d'elle mais en même temps ça fait un moment que je suis sur les routes, environ une semaine maintenant que je suis parti de New York pour assurer divers livraisons à travers l’État et aux alentours.

La station sur laquelle je comptais se profile à environ deux cent mètres. Je m'y arrête pour faire le plein. Il fait nuit noire. Pas une étoile dans le ciel. J'attends appuyé contre le camion, le regard dirigé vers le compteur indiquant les litres qui défilent trop lentement à mon goût.

- Allez magne ... .

Hop voilà qui est fait. Je file régler la note en prenant au passage quelques trucs à grailler en route dans la boutique de la station service ouverte 24h/24. Je remonte ensuite à bord et balance le sac de victuailles sur le siège côté passager. J'ai pris quelques saloperies salées, deux paquets de biscuits et de la bière belge aromatisée aux fruits rouges. Je range vite fait mon portefeuille puis redémarre en tapant d’ores et déjà dans l'un des paquets que j'ai ramené. La bière sera pour plus tard. Direction ma prochaine et dernière livraison. Il va être temps que ça se termine, je suis crevé. Je mets un peu de musique le temps d'arriver là-bas. Il faut compter une toute petite demi-heure voir moins vu le peu de circulation dans ce coin en pleine campagne.

Une fois arrivé, la dite livraison ne me prend guère de temps. J'hésite en remontant à bord entre refaire un peu de route pour gagner du temps en rentrant sur New York même si je sais que je n'y arriverais pas ce soir. Mais la fatigue se manifeste bientôt de façon bien trop accrue pour que je songe à continuer de conduire. Ma vigilance baisse, ce n'est vraiment pas prudent. J’ai juste envie de me poser sur une aire quelconque et de pouvoir m'effondrer sur la couchette à l'arrière de la cabine. Tiens, cette air forestière tombe à pique. Voilà où je vais m'arrêter pour la nuit. En plus le cadre est sympa même si certes je ne vais pas en profiter si ce n'est peut-être demain matin avant de repartir.

Je descends juste un instant pour aller pisser et profiter de l'air frais pour me griller une cigarette. J'observe les alentours. C'est vraiment calme, pas un véhicule à l'horizon sur cette route de forêt. Trop vite dit. Un véhicule passe à l'instant où je me fais cette réflexion. Tiens, on dirait la bagnole qui m'a collé un instant au train tout-à-l'heure après la station service ... . Certainement une coïncidence. Elle ralentit très légèrement en passant près de l'air, je distingue au moins trois types à bord. Enfin parmi les trois je devine le conducteur, quant à savoir s'il y a quelqu'un derrière lui, je distingue mal avec l'obscurité qui règne dans l'habitacle et le trop cours laps de temps durant lequel ils passent dans mon champ de vision.




Soit. Le véhicule poursuit sa course et ses feux disparaissent dans la nuit au virage suivant. Je termine ma cigarette et remonte dans le camion. Je passe sur le côté du siège puis me dirige vers l'arrière, me débarrassant aussitôt de mon t-shirt après avoir tiré les rideaux à l'avant du pare-brise et sur les côtés. Je choppe juste un dernier biscuit dans le paquet sur le siège passager puis passe côté couchette où je commence à défaire la fermeture de mon jean. Mais je m'arrête net en allumant la loupiote à l'arrière, la moitié du biscuit en bouche. Putain, ça c'est une drôle de surprise ! Il y a une gosse endormie sur la couchette et c'est pas la mienne. Enfin une gosse ... elle doit avoir l'âge de ma fille. C'est une toute jeune femme. Je tire d'un geste vif sur la couverture. Euh mauvaise idée ça ... . Quoi que. Non ça va elle est habillée. Mais qu'est-ce que cette fille fiche ici ??! Et depuis quand elle se trouve là ?! J'imagine mal qu'il puisse s'agir d'une prostituée mais dans mon métier on en voit pas mal et certaines usent parfois d'un sacré culot comme j'en ai d'ailleurs fais une fois l'expérience alors qu'une de ces filles s'était glissée à bord du camion pour me vendre ses charmes tandis que je m'apprêtais à passer la nuit garé sur un parking d'autoroute. Toutefois dans ce cas-là, elle me semble non seulement bien jeune et de plus elle n'a pas le style. Rien d'ultra aguichant dans la tenue ... et si vraiment, ses attentions avaient été de me charmer, je ne pense pas qu'elle se serait endormie sur ma couchette.

- Bordel, qu'est-ce que tu fous là toi ??! finis-je par dire en la secouant doucement pour qu'elle se réveille.

Cette fille a juste l'air complètement paumée. C'est quoi l'embrouille encore ?

- Où t'es monté au juste ? l'interrogeais-je alors la main posée sur mon torse nu et la fermeture de mon jean encore à demi défaite ... ce que je réalise alors. Je me remet un peu d’aplomb et repasse mon t-shirt par décence.













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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Sam 2 Mai - 20:26




Drôle de pochette surprise

« Comme cela nous semblerait flou, Inconsistant et inquiétant, Une tête de vivant S'il n'y avait pas une tête de mort dedans. » PRÉVERT.
La musique était naze et beaucoup trop forte et l’atmosphère empestait la sueur, l’alcool et le tabac froid. Une clope au bec, accoudée au comptoir, Lorena se demandait ce qu’elle faisait là. Elle n’aurait jamais dû accepter la proposition de Blake. Quelle idée de faire plus d’une heure et demie de route pour passer le week-end dans un motel pourri, à regarder des émissions minables à la télé et boire des bières à longueur de journée ? « C’est un week end entre filles, tu verras, ça te changera les idées » lui avait promis sa coloc. Peu convaincant mais Lorena s’était dit que cela pourrait être intéressant de découvrir un autre coin de l’Etat. Il fallait dire que depuis son arrivée six mois plus tôt, elle n’avait jamais quitté New-York. C’était principalement cette raison qui l’avait poussé à grimper en voiture avec Blake pour parcourir plus de cent bornes. Sauf qu’elle s’était attendue à autre chose que… ça. Noyée dans un écran de fumée, elle posa de nouveau son regard noisette autour d’elle. Elles s’étaient rendues ce soir dans ce petit bled paumé, à quelques minutes en voiture de leur motel. Il n’y avait pas grand-chose à voir, mis à part une poste, une station-service et ce nightclub miteux. Ce soir, ils devaient être une douzaine à tout casser. Mais il n’empêchait que Blake avait déjà trouvé chaussure à son pied une heure seulement après leur arrivée. Lorena la chercha rapidement du regard dans la salle, puis elle l’aperçut à l’angle des toilettes, très étroitement enlacée avec un beau brun à la carrure imposante. Elle vit Blake se détacher de lui, faire un clin d’œil dans sa direction et emmener le gars en question dans les toilettes. Lorena rit. Inutile de lui faire un dessin.
Elle commande une énième téquila-paf, qu’elle but aussitôt servie, et en commanda une autre. L’alcool commençait sérieusement à lui monter à la tête. Il n’était pas très recommandé pour elle de boire ainsi ; son psy et son responsable de cure le lui avaient constamment répété lors de son séjour chez eux. Elle haussa les épaules, tira une longue bouffée sur sa clope puis avala son verre en un seul coup. La sensation brûlante de l’alcool dans sa gorge lui arracha une petite grimace.
    « Vas-y molo, ma jolie »

La jeune femme sursauta. Elle n’avait pas remarqué que l’homme qui l’épiait depuis le début de la soirée s’était rapproché d’elle. Sans se donner la peine de lui demander si la place à côté d’elle était libre, il grimpa sur le tabouret pour se positionner face à elle. Il était plutôt bien foutu, assez musclé et baraqué. Son visage, en revanche, était à l’image de son style vestimentaire : ridiculement horrible. Mâchant vulgairement un chewing-gum, il lui adressa une mimique qui ressemblait de loin à une esquisse de sourire. Lorena lui retourna un sourire forcé avant de recentrer son attention sur son verre vide.
    « Eh Brenda, c’est ma tournée ! hurla-t-il en direction de la serveuse. Deux verres de la même chose, signala-t-il en montrant le verre de Lorena. Puis il se tourna vers elle et dit d’un air assuré : « C’est moi qui offre. »

Les maux de tête de Lorena s’intensifièrent. Les verres furent servis puis ils trinquèrent sans un mot avant de faire tous les deux un cul-sec. Ça commençait drôlement à piquer, songea-t-elle. Il commença à lui parler de tout et de rien, de sa vie si formidable dans ce coin reculé de la campagne, des gens fantastiques qu’il croisait au hasard des rencontres avec les personnes de passage et la chance qu’il avait d’avoir pu un jour s’approcher de si près d’une beauté comme elle. Bla Bla Bla. Lorena se contentait d’un petit sourire, d’un hochement de tête ou d’une onomatopée à intervalle régulier pour simuler son intérêt. Des mecs comme lui, elle en avait rencontré des tas à Moscou. Tous les clients des nightclubs étaient les mêmes, que ce soit ici en Amérique ou de l’autre côté de l’océan sur un autre continent, les techniques de drague ne changeaient jamais. Toujours aussi pathétiques. Gerbant, vraiment gerbant. Elle ne sut si la nausée lui venait de cette idée désespérante d’un manque total de romantisme n’importe où dans le monde ou de son excès d’alcool. Elle s’excusa auprès de Jacob, qui lui paya une nouvelle fois sa tournée en attendant son retour. Lorena tituba difficilement jusqu’aux toilettes, la vision trouble et l’estomac noué. Elle s’aspergea le visage pour tenter de remettre ses idées en place, sans succès. Son reflet dans le miroir lui indiqua ce qu’elle savait déjà : elle avait trop bu. Elle entendit des bruits étouffés en provenance d’une cabine et le bruit de deux respirations pantelantes. Elle retint un rire en se plaquant les deux mains sur la bouche, ne songeant même plus au nombre de fois où elle avait elle-même été amenée à faire une chose pareille, contre son gré cependant. Se rendant compte qu’elle était ridicule, elle fronça les sourcils et se sermonna toute seule dans la glace. Elle finit par rejoindre Jacob, qui l’attendait avec impatience, le regard plein d’une lueur qui la dérangeait un peu sans qu’elle ne comprit pourquoi. Elle but sans hésitation le verre qu’il lui tendit et l’entraîna sur la piste de danse avec un regain d’entrain. Ils se dandinèrent pendant plusieurs minutes, se frottant l’un contre l’autre au rythme des chansons, pour le plus grand plaisir de Jacob qui ne cessait de faire signe à deux de ses potes assis plus loin. Mais son plaisir fût de courte durée. Elle se sentit soudain très mal, sa tête lui semblait lestée du double de son poids habituel, elle avait du mal à trouver son équilibre et sa vision lui jouait des sales tours. Elle décida de faire un tour dehors pour se rafraîchir. Elle s’appuya contre la façade de l’entrée et ferma les yeux pendant quelques secondes. Mauvaise idée, très mauvaise idée. Tout tournait subitement, sans arrêt. Elle avait bu, certes, mais n’avait jamais été dans cet état à cause de la téquila. Elle ne comprenait plus rien et n’arrivait pas à réfléchir. Soudain, un haut-le-cœur la prit de court et elle ne put faire autrement que de dégobiller dans le parterre de fleurs juste à côté d’elle. Tandis qu’elle se tenait les cheveux, encore pliée en deux, Jacob sortit du club et s’approcha d’elle, la prenant par la taille.
    « Eh bien, ma jolie, la téquila ça te réussit pas » ricana-t-il.
    « Faut que je retrouve Blake » marmonna-t-elle d’une voix quasi inaudible.

Jacob fit semblant de ne pas l’entendre et la releva puis l’entraîna à l’arrière du club. Son contact hérissait Lorena. Il fallait qu’elle trouve Blake et ce type l’emmenait je ne sais où.
    « Non…» chuchota-t-elle.

    « Chuuuuut » se contenta-t-il de répondre.

Elle savait. Elle réalisa ce qu’il voulait faire d’elle. Elle ne comprenait pas. Elle n’avait pourtant fait aucune extravagance ce soir : simple jean foncé, pull gris et veste en cuir noire. Elle avait relevé ses cheveux en queue-de-cheval, rien de très sensuel. Pourtant, ce type n’avait pas arrêté de la fixer toute la soirée, et voilà qu’il se mettait à présent à lui embrasser le cou en remontant son pull au-dessus de son nombril.
    « Non » répéta-t-elle sans conviction et complètement dans les vapes.

Sa main remontait de plus en plus haut sur sa peau. Il entreprit même de lui palper la poitrine. S’en fut trop pour Lorena. D’un coup tous ses mauvais souvenirs remontaient à la surface : son boulot à Moscou, le nombre de types qu’elle s’était tapé, son numéro, le même tous les soirs, les salons privés où elle s’adonnait à toutes sortes de pratiques sexuelles. Et son agression, aussi, ce fameux soir. Daniil, son intervention, sa tendresse. Son héros si imparfait, si absent et irresponsable. Son premier vol en avion, l’atterrissage à New-York, la cure, les fugues, la drogue. Tout. Elle avait vécu tout ça, elle voulait que cela reste derrière elle, pourtant il semblait que le schéma se répétait, inlassablement. Elle refusait. Dans un élan de lucidité, elle envoya son genou valser dans les bijoux de famille de Jacob. Il la libéra instantanément, s’écroulant au sol sous la douleur. Lorena se dépêcha de disparaître à l’angle du bâtiment, traversa la route déserte qui scindait le village et se réfugia dans une rue sombre et étroite mitoyenne à la poste. Elle était essoufflée et son esprit semblait complètement absent. La jeune femme se laissait guider par son instinct ; la sensation que quelqu’un d’autre lui commandait de marcher et de courir était très étrange mais c’était le seul moyen d’échapper à Jacob. Elle doutait qu’il ne se lance à sa recherche. Ce genre de type était pervers et orgueilleux. Pas question qu’on se refuse à lui. Comme elle l’avait prédit, Jacob apparut à l’angle de la rue. Il n’eut pas le temps de l’apercevoir puisque la jeune femme s’enfonça dans la ruelle sombre pour déboucher sur une seconde route. Là, à deux cent mètres à peine se trouvait une station-service. Une chance, l’enseigne était toujours allumée. Un gros camion stationnait à la pompe, sans conducteur. Lorena osa un regard à l’intérieur de la station : deux hommes discutaient à la caisse. Il ne lui en fallut pas plus : sur un coup de tête, elle ouvrit la porte du côté conducteur afin de ne pas se faire repérer et se faufila à l’intérieur de l’habitacle. Elle n’était jamais montée dans un camion de ce genre mais elle se dit qu’il devait être particulièrement confortable au vu de l’état plus que convenable de la cabine arrière. Elle se faufila sur la couchette en prenant soin de bien refermer le rideau derrière elle. Lorena se cachait derrière le siège conducteur, là où elle serait la moins visible si l’on ouvrait le rideau. De nouveaux haut-le-cœur la prirent mais elle se retint de vomir. Elle avait l’impression que sa tête allait exploser. Malgré son état, droguée, bourrée, frigorifiée, elle repassa la scène encore et encore dans sa tête. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle ne put les contenir. Pourquoi fallait-elle qu’elle revive encore ce genre de situation ? Les hommes n’étaient-ils que des connards ?
Le propriétaire du véhicule, qu’elle supposait être un homme en raison de cette odeur musquée qui embaumait l’atmosphère, ouvrit alors la portière et s’installa au volant. Le cœur de Lorena fit un raté, mais le véhicule repartit dans un vrombissement assourdissant. Lorena pleurait toujours, silencieuse, sans vraiment savoir pourquoi, les idées floues. Elle savait qu’elle en avait le droit vu sa situation. Le camion traçait sa route sans qu’elle ne sache la destination finale mais elle n’y songea même pas. La jeune femme finit par se calmer, bercée par le mouvement du camion et par le fond sonore de la radio. Elle s’allongea sur la couchette en se promettant de se réveiller avant qu’il ne se rende compte de sa présence. Ce n’est pas ce qu’elle fit.
Lorena sortit d’un sommeil sans rêve, réveillée par elle ne savait qui. Elle regarda autour d’elle, et se revit dans son club de Moscou, dans l’un des salons privés. L’homme qui venait de la réveiller était penché au-dessus d’elle et elle comprit à peine ce qu’il lui dit. C’était sans doute l’un de ses clients, puisqu’il était torse nu et la braguette ouverte. Elle se redressa tandis qu’il se rhabillait, puis le fixa davantage. Soudain, elle le reconnut et son visage s’illumina d’un magnifique sourire. Elle lui sauta au cou.
    « Dieu merci, Daniil, c’est toi… » murmura-t-elle en se blottissant dans son cou.

Etrange, son odeur était différente de d’habitude mais il devait sûrement avoir changé de parfum.
Elle passa ses bras autour de lui pour le serrer contre elle.
    « Tu m’as manqué. »

Un sourire niais sur le visage, les yeux à moitié endormie, elle faisait peine à voir. Elle s’écarta de lui un instant, puis son sourire se figea avant de disparaître complètement lorsqu’elle regarda autour d’elle.
    « Daniil, pourquoi on est là ? Pourquoi tu m’as emmené là ? » s’énerva-t-elle.

Elle croisa les bras sur sa poitrine et recula d’un pas, les sourcils froncés.
    « Qu’est-ce qu’on fiche ici ? » insista-t-elle face à son manque de réponse.

Elle ne se sentait pas bien. Pas bien du tout.



Samuel Hemsworth & Lorena P. Bagrov

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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Sam 2 Mai - 23:17



Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !  54

   Lorena & Sam

Désormais un peu plus décent, je me rapproche de la jeune femme. Elle a l'air vraiment paumée mais elle a toutefois trouvé la force de se redresser pendant que je remettais mon t-shirt. Ouoh tout doux l'agneau ... ! Tu me fais quoi là ? C’est qui ce Daniil ? Tu me fais visiblement un drôle de tripe vu la façon dont tu m'as pourtant regardé en m'adressant un sourire radieux avant de me sauter au cou comme si tu voyais le visage d'un autre type à la place du mien. A moins qu'il ne s'agisse d'une drôle de ruse ou de je ne sais quelle entourloupe ?

- Deux minutes papillon, tu confonds là.

Je tente de te repousser en décrochant tes bras placés autour de mon cou mais on peut dire que tu as de la poigne. Si vraiment tu me confonds avec ce mec, tu dois sacrément y tenir. Tu nous fais le mode sangsue. Mais au-delà de ça, ça commence à m’inquiéter car tu ne sembles pas faire gaffe à mes paroles ni au son de ma voix qui doit forcément différencier de la sienne. Tu finis cependant par me refaire face et au moment où je me dis que tu vas peut-être enfin réaliser que je ne suis pas lui, tu me surprends plus encore en me mettant littéralement sur le cul.
Putain, j'suis pas couché ... . Mais je trouve tout de même la force de plaisanter plus pour moi-même que pour toi, sur tes propos même si rien ne porte à rire de la situation. Ça doit être là ma façon de dédramatiser.

« Tu m’as manqué. »

- Merci toi aussi.

Tu affiches un sourire hagard. Je me demande ce qui a bien pu t'arriver et surtout comment t'as atterris dans mon camion. Tu sembles soudain me regarder avec une lueur un peu plus vive dans le regard mais en fin de compte ... encore loupé. Là où je croyais que tu réaliserais enfin que tu ne te trouves pas face à ce fameux Daniil, tu sembles plonger encore plus profondément dans ton rêve éveillé ou ton délire.

« Daniil, pourquoi on est là ? Pourquoi tu m’as emmené là ? » t'emportes-tu alors.

Tu recules, l'air un brin furax tandis que j’agite la main sous tes yeux l'air de dire "hey oh regarde-moi bien, je n'ai rien à voir avec ton type".

« Qu’est-ce qu’on fiche ici ? » insistes-tu.

Tu sembles de plus en plus mal et je te pousses alors à descendre du camion pour prendre l'air et choppe une bouteille de flotte au passage pour t'asperger le visage une fois à l'extérieur du véhicule. Juste histoire de te remettre les idées en place.

- Tu me fais quoi là au juste ?! Hey on se réveille ! dis-je en claquant des doigts plusieurs fois devant tes yeux pour te ramener à la raison. Sois sympa, reviens à toi et m'obliges pas à ...

Hum divers options se révèlent à moi et je ne termine pas ma phrase tandis que je songe que quelque soit l'alternative, ma nuit est bien morte. Sérieusement, c'est moi où il m'arrive toujours des emmerdes ?! Et pas des moindres qui plus est ... on dirait que j'ai le don de me retrouver dans des situations toujours plus loufoques les unes que les autres.


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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Dim 3 Mai - 15:05




Drôle de pochette surprise

« J'me cache derrière ce sourire angélique depuis longtemps, Je ne sais plus m'en défaire, mais qui suis-je vraiment ? J'ai perdu mon chemin, avez-vous vu ma détresse ?
»
Sa tête ne cessait de lui tourner et elle se demandait si cette douleur allait s’arrêter un jour. Daniil la fit descendre du camion. Il lui parlait mais elle ne comprenait pas. Le sang battait à ses oreilles et une chaleur irrationnelle irradiait de tout son corps. Alors la fraîcheur de la nuit lui apporta un certain réconfort. Elle se sentait mieux, pouvait mieux respirer. Mais son mal de crâne, en revanche, n’en avait rien à faire, de l’air frais.
Sans qu’elle ne comprit pourquoi ni comment, elle fut aspergée d’eau sur tout le visage. Elle releva la tête et écarta les bras du corps pour limiter l’inondation, et papillonna des paupières dans une mimique plus que ridicule. La bouche bée, Lorena ne savait comment réagir. Elle s’essuya du mieux qu’elle put avec la manche de son pull, puis adressa un regard dur en direction de l’homme en face d’elle.
    « Non mais ça va pas mieux, Daniil ? T’es vraiment un abruti fini, ça a pas changé ! » cria-t-elle à son encontre.

Quelque chose d’étrange se passa. Lorsqu’elle regardait Daniil, par moment, par flash, elle apercevait le visage d’un autre homme, plus âgé, plus menaçant. Et surtout, un visage qu’elle ne connaissait pas. Pensant subitement à Jacob, la jeune femme s’écarta brusquement du camion et de l’individu en même temps, se retrouvant ainsi au bord de la route. Elle plissa les yeux pour se concentrer davantage sur ce visage, mais celui, familier, de Daniil lui apparut de nouveau. Une vague de soulagement l’envahit.
    « Où est-ce qu’on est ? » demanda-t-elle finalement, toujours inquiète de savoir où elle se trouvait.

Elle luttait contre le sommeil et l’alcool et son corps en faisait la douloureuse expérience. Lorena se prit soudain la tête entre les mains et s’accroupit au sol en gémissant. C’était totalement intenable. Elle ne pouvait plus supporter cette douleur. Elle se balança légèrement d’avant et arrière pendant quelques secondes avant de reporter son attention sur Daniil. Mais ce n’était plus son visage qu’elle voyait mais celui de l’inconnu de tout à l’heure. Lorena se leva en catastrophe et recula encore, se retrouvant au milieu de la chaussée. Son rythme cardiaque s’accélérait et ses jambes ne semblaient plus vouloir la supporter.
    « Qui êtes-vous ? Où est passé Daniil ? » demanda-t-elle, les larmes aux yeux.

Lorena était du genre à s’émouvoir facilement. Dès qu’elle avait peur, elle avait une fâcheuse tendance à pleurer comme une gamine de huit ans. Mais elle avait traversé tellement de pénibles moments que cette terreur constante qu’elle ressentait, exacerbée dans chaque situation de stress, légitimait sa réaction. Cette fois cependant, les larmes se cantonnèrent à la bordure de ses yeux. Elle le vit s’approcher, sans savoir si c’était réel ou non, mais la terreur qu’elle ressentait en cet instant lui souleva l’estomac. Elle allait vomir, elle le sentait.
    « Laissez-moi tranquille, tonna-t-elle. Quelques secondes passèrent et plusieurs larmes s’échappèrent. Pourquoi ? Pourquoi vous me voulez du mal, vous aussi ? Pourquoi vous êtes tous comme ça ? » chuchota-t-elle d’une voix brisée.

Dans un soubresaut, elle cracha ses tripes sur le bitume. Elle l’avait prédit. Les mains sur les genoux, elle ne cessait de cracher. Très glamour. Elle fit quelques pas sur la route, s’éloignant de plus en plus du camion, puis revint dans sa direction et ainsi de suite. On aurait pu croire qu’elle faisait les cent pas si elle n’avait pas paru si hystérique et perturbée. Lorena finit par s’asseoir sur le sol, les genoux contre elle, la tête entre les mains et se laissa aller à ses sanglots. Elle allait mourir ce soir, elle le savait. Avec la chance qu’elle avait, ce type était encore un gros barjo. Il allait la découper à la tronçonneuse puis disperser ses morceaux dans la forêt avoisinante ou bien les conserver dans son camion pour en faire ce que bon lui semblerait. Ou alors, il allait la tabasser et la violer, la laissant pour morte dans le bas-côté. C’était sa pire hantise. Le sexe acheté, sans plaisir, elle avait connu. Les agressions physiques et verbales aussi. Mais le viol, c’était sa peur la plus profonde, la plus viscérale, et elle y avait échappé de peu. Grâce à Daniil. Mais il n’était plus là, maintenant, il n’y avait plus que ce type. Peut-être s’était-il d’abord occupé de Daniil. Peut-être qu’elle allait rejoindre ses restes à l’arrière du camion. Alors il n’y avait plus personne pour la protéger.
Lorena plongea alors son regard larmoyant et empli de désespoir dans celui, sombre, de son interlocuteur.
    « S’il vous plaît… supplia-t-elle. Faites ça vite. »





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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Dim 3 Mai - 16:09





Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! 54

  Lorena & Sam

Rien à faire. J’ai beau te jeter de la flotte au visage, t'es toujours perdue dans ton délire. Quoi qu'à un instant, tu me regardes bizarrement et commence à reculer. Tu t'écartes du camion de plus en plus pour finir sur le bord de la route et je me rapproche, inquiet qu'une voiture passe dans le coin et qu'il ne te prenne l'envie de reculer à nouveau subitement. Quoi que ce n'est pas forcément la bonne option puisque plus j'avance et plus tu recules.

« Où est-ce qu’on est ? »

Je t'explique en gros où on se situe et qu'en voulant faire une pause sur la route, je t'aies trouvé à l'arrière de mon camion, tout du moins de la cabine. Une vive douleur semble soudain te vriller le crâne vu la façon dont tu te tiens soudain, accroupie au sol, la tête entre les mains. Et merde, qu'est-ce qui t’arrive encore au juste ?! Je vais vraiment finir par t'embarquer à l'hosto. Néanmoins ce serait con d'y aller pour un mal de tête carabiné et au choix, un délire né d'une trop forte dose d'alcool ou de drogue. Je crois savoir remarquer les signes d'une overdose et il ne s'agit vraisemblablement pas de ça. Je crois pouvoir me démerder avec ton cas pour le moment mais je compte toutefois sur une amélioration avant que ma patience ne me fasse défaut. Je peux supporter ton état et te venir en aide mais si tu me fuis ou que tu tombes plus profondément dans ton délire, je ne saurais vraisemblablement que faire à part te courir après dans le cas de la fuite, mais soyons sérieux, j’ai autre chose à foutre ... .
Tu sembles néanmoins te calmer un instant et puis rebelote, vent de panique. Sérieusement là, ça me fatigue.

« Qui êtes-vous ?»

- Le mec qui t'as trouvé dans son camion ... me contentais-je de répondre d'une voix lasse en ne cherchant même pas à t'apporter quelconque réponse à la suivante.

T'as l'air émotive. Et tu témoignes d'autant plus de panique en reculant sur le bitume alors que je me rapproche tranquillement.

« Laissez-moi tranquille !»

En même temps je réalise que pour toi la situation a de quoi te paniquer. Je me stoppe alors et reste sagement posté, m'allumant une clope pendant que je m'accroupis, laissant les bras ballant en appui sur mes genoux.

Quelques larmes coulent le long de tes joues mais à quoi bon tenter quoi que ce soit pour te raisonner et te rassurer ... ? La meilleure option est de te montrer que je respecte ta mesure de distance ainsi que d'adopter une attitude un brin je-m’en-foutiste.

« Pourquoi ? Pourquoi vous me voulez du mal, vous aussi ? Pourquoi vous êtes tous comme ça ? » finis-tu par dire d'une voix brisée.

- Putain mais tu vas arrêter ton cirque ... je ne te veux aucun mal, lâchais-je d'une voix monocorde. Je tire une taffe puis agite ma cigarette en direction de la route sur ta gauche. Par contre, à te poster de la sorte, c'est toi qui te mets en danger, alors si tu veux bien, ramène tes miches par là.

De mieux en mieux, voilà que tu es prise de nausées. Tu m'excuseras, je n’accourrais pas dans ta direction. On va attendre un peu. La crise finie, tu te remets à parcourir la route de long en large avant de finalement t'asseoir à nouveau à même l'asphalte. Putain allez bon ça suffit !! Je me lance dans ta direction d'un pas bien décidé et te choppe par le bras pour te relever.

- Tu veux sérieusement finir en charpie ??!!

« S’il vous plaît… Faites ça vite. »

- Ferme la à la fin. Ça devient redondant. Quitte à te calmer, va le faire là-bas dans ton coin mais pas en plein milieu de la route.

Je te guides gentiment jusqu'à la table de pique nique plus loin côté parking et ne prend même pas la peine de te demander de bien vouloir rester là. Je ne peux ni ne veux t'attacher. Je joue sur une infime portion de confiance que tu pourrais m'accorder via mes attitudes. J'aimerais pouvoir t'expliquer à nouveau comment je t'ai trouvé et que je n'ai aucune mauvaise attention envers toi mais tu n'avalerais pas ces informations ni ne risquerais de les écouter, j'imagine. Je prends donc le risque de te laisser un instant seule pour aller te chercher à boire et à manger ainsi qu'une couverture pour que tu te sentes un peu plus au chaud. Tu auras de quoi te nettoyer un peu le visage avec le bout de serviette que je ramène en même temps. Du moins si tu es encore là.


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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Mar 5 Mai - 18:42




Drôle de pochette surprise

« Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu. »
Pleurer lui faisait du bien. Cela lui permettait de vider son trop plein d’émotions, comme si elle puisait des peurs trop longtemps refoulées au plus profond d’elle-même, comme si la dernière goutte de chagrin qu’elle possédait en elle pouvait s’évaporer. C’était impossible, cependant, elle le savait. Lorena n’était pas heureuse et ne s’autorisait pas à l’être. Comment pourrait-elle l’accepter, se regarder en face ? Comment profiter d’une vie dans laquelle elle avait été si chanceuse au détriment des gens qu’elle chérissait ? Comment oser rire une nouvelle fois après le deuil d’un frère ? Lorena n’avait pas encore trouvé la notice pour y parvenir et n’y comptait plus. C’était trop dur de se battre, elle n’en avait pas le courage, ne l’avait jamais eu. Elle s’était toujours laissée portée par la vie. Une sorte de croyance au destin, en somme. C’était beaucoup plus facile à justifier que d’expliquer les choix qu’elle avait fait. Se dire qu’elle n’avait pu faire autrement la réconfortait, même si elle se voilait la face. Son malheur, elle en était la première responsable, même aujourd’hui. Elle continuait de rejeter Daniil, encore et encore, même si leur relation était ambiguë depuis leur enfance. Elle se laissait tout le temps porter et voilà où cela l’amenait. A se retrouver plantée au bord d’une route de campagne, au beau milieu d’une forêt par une nuit obscure, en compagnie d’un type qu’elle venait de rencontrer cinq minutes plus tôt. Bon, un peu plus longtemps en réalité, mais elle était tellement shootée qu’elle ne saisissait toujours pas l’ampleur de la situation.
Ce type ne semblait pas si foncièrement mauvais. Il avait des attitudes…étranges, certes (après tout, qui vous balançait une bouteille d’eau sur la tête au bout de dix minutes ?), mais sans doute à la hauteur de son propre comportement puisqu’il manifestait un certain énervement à son égard. En soit, il était même plutôt sympa, même s’il commençait vraiment à être relou avec cette histoire de sécurité. Bien que la tête lui soit encore douloureuse, ces idées s’éclaircissaient petit à petit, à son plus grand soulagement. L’homme l’entraîna sur le bas-côté, près d’une table de pique-nique, l’engueulant à moitié. Blasée, Lorena s’assit du bout des fesses sur le rebord du banc, jambes allongées, pieds croisés. Elle croisa aussi ses bras sur sa poitrine en fixant l’individu en face d’elle, comme pour se protéger. Elle leva les yeux au ciel tandis qu’il se lançait dans sa dernière remontrance. Il commençait sérieusement à lui courir sur le haricot.
    « C’est bon, z’êtes pas mon père… » maugréa-t-elle, boudeuse.

Elle poussait le bouchon un peu trop loin, elle s’en rendit compte, mais un peu trop tard. Si elle était un peu moins dans les vapes, elle se serait aperçu que c’était carrément du foutage de gueule. Elle réalisa qu’elle aurait l’air bien cruche s’il remontait dans son camion et la laissait là, perdue et frigorifiée, sans aucun moyen de locomotion ni de connexion avec la civilisation –elle avait confié son téléphone portable à Blake puisqu’elle était venue sans sac-. Elle afficha un petit sourire gêné en guise d’excuse, mais ne pipa plus mot. Elle le vit s’éloigner et monter à l’intérieur du véhicule. Lorena se leva, ne prenant même pas la peine de s’intéresser à un éventuel mouvement du camion qui entraînerait avec lui dans sa fuite toute chance de sortir vivante de cette soirée. Certes, elle n’avait pas grandi dans le luxe, loin de là, mais de là à se convertir en sauvageonne, se nourrir exclusivement de baies et fendre des bûches toute la sainte journée, il ne fallait pas pousser. Indifférente à son devenir, encore trop embrumée pour réfléchir à ce genre de problème profond, elle confia son sort au destin, comme toujours. Elle fit quelques pas sur la terre battue, sans but précis, jeta son pied dans un petit caillou, l’esprit ailleurs. Elle finit par retourner vers la table de pique-nique et s’assit par terre, la tête appuyée au montant en bois entre les deux bancs. De là, elle tournait complètement le dos au camion et était complètement invisible. C’est ça, oubliez-moi, oubliez-moi tous ! Les jambes tendues devant elle, elle inspecta l’état de ses fringues. Pas terrible. Normal, en même temps, après pas moins de trois dégueulis. Lorena remarqua un petit relief dans sa poche gauche. Intriguée, elle en sortit le contenu et tomba avec surprise et délice sur son paquet de cigarettes, presque plein. Elle en plaça une dans sa bouche, puis fouilla le reste de ses poches avant de dénicher un briquet dans sa veste. Pour une fois qu’elle avait du bol ! Elle l’alluma, savoura chaque bouffée. La jeune femme ferma les yeux, ainsi assise, retrouvant un peu de sérénité. Elle revit par flash certaines étapes de la soirée. Le gars au fond du bar. Les téquila-paf. Jacob. Ses verres offerts. Puis le mal de crâne et le vomi. L’arrière du bâtiment, la fuite. La station-service et sa mission commando –sacrément réussie, d’ailleurs, se félicita-t-elle intérieurement-. Puis le réveil, Daniil, l’eau et ce type. Elle ne saisissait pas encore tous les détails et allait se coller une bonne gueule de bois pendant deux jours mais, globalement, elle s’en sortirait. Elle comprenait mieux aussi la situation de ce pauvre gars à qui elle avait pourri la soirée. Après tout, il n’y était pour rien, lui, dans ses histoires, mais il lui avait quand même sauvé les miches, même s’il ne le savait sûrement pas. Il faudrait peut-être qu’elle songe à le remercier, un peu plus tard. Mouais, pas tout de suite quand même, hein… On va attendre qu’il redescende un peu en pression, l’excité.
Une envie pressante se manifesta, l’obligeant à se lever en marmonnant. Pas besoin d’hésiter pendant trente ans avant de trouver un coin tranquille, y avait juste à faire trois mètres avant de s’enfoncer dans les fourrés. Dans tous les cas, même si elle urinait là, juste à côté de cette table, personne ne verrait rien vu l’obscurité. Mais elle conservait, malgré son manque évident de bonnes manières, une certaine pudeur. Sauf que si elle avait disparu quand il reviendrait, elle doutait que le chauffeur soit suffisamment patient pour l’attendre. Elle n’avait aucune idée qu’il comptait dormir ici. Elle réfléchit quelques secondes puis une idée lui vint. Le sourire aux lèvres, elle exécuta rapidement son plan avant de se volatiliser dans la végétation, pour aller là où personne ne pouvait se rendre à sa place. Même en train de faire son affaire, elle rit en imaginant son visage lorsqu’il reviendrait vers la table et découvrirait le « shit ! » qu’elle s’était amusée à dessiner avec ses clopes. Elles avaient toutes été mises à contribution, c’était pour la bonne cause. Eh oui, car même à vingt-quatre ans, Lorena était toujours une gamine. Et droguée, qui plus est, à sa décharge.



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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Ven 8 Mai - 12:25



Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !  54

   Lorena & Sam

Je récupère la couverture à l'arrière puis descends du camion pour te rejoindre. En avançant, je me rends bien compte que tu n'es plus là, ne distinguant aucune silhouette à la table à l'aide de ma lampe torche. Cependant, en me rapprochant, j'y trouve un petit tas brun. J'y passe mes doigts et les frotte. Alors là faut m'expliquer ce que t'as foutu avec tes clopes. Il s'agit de tabac et je me demande ce qui t'es passé par la tête pour en vider le contenu sur la table. Tu t’ennuyais à ce point ou t'as piqué une crise par besoin de te défouler via ton malheureux paquet de clopes ? D'ailleurs où sont les débris de papier ? Je ne cherche pas à comprendre. Je pose la couverture et ce que j'ai ramené sur la table et m'en grille une en te laissant un temps de marge au cas où tu sois simplement partie pisser. Mais les minutes défilent et j'en suis déjà à ma seconde clope que tu ne t'es toujours pas ramenée dans les parages.

Bon, deux solutions. Je te laisses en plan ici. Ou je me mets à ta recherche. Peut-être mieux encore en fin de compte, et si j'allais me pieuter dans le camion ? C'est pour ça que je me suis arrêté là à la base, pas vrai ? Si tu te décides à revenir, tu sauras où me trouver. La fatigue m'agace pour que j'arrive à me dire que je pourrais ainsi laisser une inconnue potentiellement en danger sans la moindre assistance. Bon ok je t'ai déjà porté assistance mais je ne peux te laisser là comme ça dans ton état. Putain quand c’est pas ma fille, c'est une parfaite inconnue qui arrive à me pourrir la vie.

Allez hop, voyons par où t'as filé. Tout ceci ressemble à une blague. Je jure que si je te retrouve, je t’assommes pour te balancer sur le siège passager et pouvoir enfin roupiller. Le sommeil te fera par la même occasion un bien fou d'ailleurs. Au moins ça te remettra les idées en place et tu me foutras enfin la paix.
Je m'enfonce dans la végétation appelant après toi sans même connaitre ton nom. Du coup je te balances des "Hey la môme, où t'es passée ?" Tiens un bruit lointain sur ma droite en contrebas d'un ravin d'une dizaine de mètres. Je dirige ma lampe torche en contrebas et remarque alors plusieurs silhouettes entre les arbres. Putain, c’est quoi ce cirque ?! Je dévie le faisceau de ma lampe pour éviter de me faire repérer. Ils sont trois ou quatre d'après ce que j’ai à peine eu le temps de voir. Non peut-être que trois ... . Peu importe, ça ne me dit simplement rien qui vaille car leur allure indiquait une certaine détermination à remonter à travers bois et j’ai un sale pressentiment. Non seulement des types en pleine nuit dans le coin, ça parait louche mais avec ça quelque chose me dit qu'on va avoir des emmerdes. Ou que je vais en avoir si je ne t'aies pas retrouvée entre temps.

J'accélère l’allure de mon côté, m’éloignant du bord du ravin et me rendant discret en baissant la lumière de ma lampe torche. Quelques centaines de mètres plus loin, je tombe sur un tunnel. Je m’approche au cas où par chance tu serais passée dans le coin et te serais réfugiée là-dedans. C'est en effet le cas à ce que je vois puisque je t'aperçois alors en m'engouffrant dans le passage étroit. Tu t'apprêtes à dire quelque chose mais je plaque soudain la main sur ta bouche car des bruits de pas se rapprochent et je me doute qu'il s'agit des fameux types aperçus tout-à-l'heure. "Ferme-la. On est pas seuls", te glissais-je dans un chuchotis alors que je garde la main sur ta bouche.


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Dernière édition par Samuel Hemsworth le Mer 13 Mai - 9:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Mar 12 Mai - 22:01




Drôle de pochette surprise

« Vous êtes l'expression de votre plus profond désir. Tel est votre désir, telle est votre volonté. Telle est votre volonté, tels sont vos actes. Tels sont vos actes, telle sera votre destinée. »
Rrrroh, elle avait voulu faire une farce, rien de plus. Cependant, c’était assez extravagant, même venant d’elle. Lorena était quelqu’un d’étrange, torturée, mais d’ordinaire elle n’était pas de nature aussi lunatique. Avançant dans les buissons, elle repassa dans sa tête le film de ses émotions et de son comportement : joie extrême en croyant reconnaître Daniil, angoisse étouffante à la découverte de la tête de l’autre type, douleur épique, dégueuli, rage bouillonnante, pleurs pathétiques, fatigue soudaine et enfantillages ridicules. Sans pouvoir se contrôler, elle pouffa de rire dans les bois, sans se rendre compte qu’elle s’enfonçait de plus en plus loin dans la végétation. A croire qu’elle était encore bien loin d’avoir évacué toutes ces putains de toxines qu’elle avait ingurgité, Dieu seul savait comment.
Lorena finit par s’arrêter derrière un grand érable, immense, entouré de petits arbustes et d’herbes hautes. Dans l’obscurité qui plus est, aucune chance qu’un autre obsédé puisse la voir. Elle fit ce qu’elle avait à faire et tandis qu’elle reboutonnait son jean, la jeune femme crut percevoir du bruit au loin. Il s’agissait sans nul doute de l’autre zouave qui, une fois revenu à la table de pique-nique, avait trouvé l’endroit vide et vu son œuvre éphémère. Il pouvait pas lui lâcher les basques, cinq minutes ? No stress mon gars, j’arrive. Sauf qu’après 5 bonnes minutes de marche, toujours pas de camion, toujours pas de route ni de table de pique-nique. Ni de gars relou pour la surveiller. Ça, c’était le seul avantage. Mais alors qu’elle croyait s’éloigner, Lorena remarqua que les bruits de pas s’étaient intensifiés. Beaucoup trop, d’ailleurs, pour une seule personne. C’était pas normal, quelque chose clochait. Lorena avait passé une bonne partie de sa vie dans un état second, sous influence de la drogue ou de l’alcool, mais son instinct, en revanche, avait toujours été aussi aiguisé. Se demandant même souvent comment elle était parvenue à le suivre au vu de son état dans les différentes situations qu’elle avait dû affronter, elle savait malgré tout qu’il était infaillible, ou presque.
Elle regarda autour d’elle, cherchant le signe de la présence d’une quelconque civilisation. Bon sang, elle n’avait pourtant pas marché si longtemps en parant de la route tout à l’heure… Alors qu’elle réalisait tout juste qu’elle s’enfonçait de plus en plus profondément dans la forêt au lieu de s’en extraire, des voix lui parvinrent, à quelques mètres seulement derrière elle. Aussi vite qu’elle pût, elle se réfugia en contrebas du talus qu’elle gravissait désespérément depuis un bon quart d’heure, se planquant dans les rochers et les fougères. Ratatinée sur elle-même pour paraître encore plus minuscule qu’elle ne l’était, Lorena plaqua une main sur sa bouche pour couvrir le bruit de sa respiration haletante. C’est alors qu’elle les vit, là, juste au-dessus d’elle, à l’endroit exact où elle se trouvait quelques secondes plus tôt. Trois hommes, qui marchaient et discutaient bruyamment, semblaient visiblement chercher quelque chose. Elle crut s’évanouir lorsqu’elle reconnut l’un des trois individus : Jacob… Qu’est-ce qu’il foutait là ? Il était quand même pas venue la chercher elle ? Ah oui, et qui d’autre, grosse maline ? C’est pas anodin si ce gros taré se balade dans les mêmes bois que toi, en plein milieu de la nuit, avec des potes à lui. Oh, mais merde à la fin, ‘peuvent pas tous me laisser en paix, non ? C’est trop demandé de passer un week-end NORMAL ? Décidément, elle était faite pour les barjos, y avait pas à dire. Fallait se faire une raison, à force d’expériences. Littéralement, elle les attirait tous et dès qu’elle se refusait à leurs faveurs, ils se transformaient en dangereux psychopathes. Son attitude désinvolte et réservée n’aidait pas franchement non plus ; les hommes interprétaient souvent cela comme une ruse pour se faire désirer, alors que ce n’était pas du tout le cas. Et voilà où ça l’amenait. A prendre l’avion pour les States pour fuir un fou furieux que Daniil avait manqué de tuer à force de le ruer de coups. Ou bien à se planquer dans les fougères, paumée dans une forêt immense qu’elle ne connaissait pas, en pleine nuit, après avoir sauté dans le camion d’un inconnu à une station-service. Elle admettait que pour quiconque d’extérieur à la situation –elle l’était elle-même, encore plongée dans cet état second, ce monde parallèle de délires et d’hallucinations –, la situation s’avérait relativement comique. Il faudrait vraiment qu’elle pense à se remettre en question et à reprendre sa vie en main, aussitôt rentrée. Visiblement, arrêter de consommer des stupéfiants n’était pas le seul progrès qu’elle devait faire.
Alors que les trois gus s’apprêtaient à la dépasser et à se perdre encore plus encore dans la forêt, Jacob barra de son bras le passage de son acolyte de droite, qui stoppa net. Le troisième avança sur quelques mètres avant de se rendre compte que les deux autres s’étaient arrêtés.

    « Y a des traces de pas, là. »


Il pointa le sol droit devant lui : de légères empreintes marquaient la terre battue et les feuilles avaient été déplacées aux endroits de son passage. Eh merde… Lorena était trop bien cachée pour voir le troisième, mais celui-ci leva les yeux au ciel et un air de profonde exaspération se lisait sur ses traits grossiers.

    « Et alors ? C’est p’t-être un cueilleur de champignons qui est passé cet aprem, qu’est-ce que t’en sais ? »


Jacob s’accroupit au sol, ignorant son camarade.

    « Elle est là, j’le sais. On a trouvé son paquet d’clopes sur la table, j’te rappelle. Puis quand j’la suivais, elle a disparue comme ça, évaporée. Y avait juste ce camion dans la rue, à la station. J’suis sûre qu’elle s’y est planquée d’dans cette pétasse. »


Jacob se redressa et un sourire machiavélique s’afficha sur son visage.

    « Et c’est le même camion qu’est garé sur le bas-côté d’la route. »


Il était plus intelligent qu’il n’en avait l’air, mine de rien ! Tous les trois se remirent en route vers le flanc de la colline. Lorena, n’y tenant plus, s’empressa de sortir de sa cachette en courant dans la direction opposée. Alors qu’elle était presque de nouveau à couvert, hors de leur champ de vue, elle entendit une nouvelle voix, sans doute celui qui n’avait pas encore pris la parole, s’adresser aux deux autres et les prévenir de sa présence. Elle n’aurait pu courir plus vite, vu son état, elle était au maximum de ses capacités. Malheureusement, elle savait pertinemment que cela ne suffirait pas et qu’ils la rattraperaient en un rien de temps, surtout sur un terrain aussi accidenté. Jacob était maître en matière de chasse, il le lui avait longuement expliqué pendant toute leur horrible conversation. C’était pour cette raison qu’il savait comment repérer des traces.
Bon, une cachette, vite. Elle s’étala au sol dans un virage mal négocié, mais sans ça elle n’aurait pas vu en contrebas l’espèce de creux bizarre. Un tunnel en plein milieu des bois ? Pourquoi pas. Ca ferrait l’affaire, de toute façon elle n’était pas en mesure de faire la difficile. Elle se lova contre la paroi et plongea de nouveau dans un délire paranoïaque tout à fait hors sujet. Lorena sentit une grosse bestiole la frôler. Elle fit un bond de côté. La jeune femme vit alors toutes sortes de possibilités : une tarentule mutante, avec des crochets énormes prêts à lui dévorer la jambe, une colonie de rats très énervée d’être ainsi dérangée mais finalement contente d’avoir trouvé son prochain repas, des racines protubérantes qui l’aspiraient au centre de la terre. Alors debout, elle tournait en rond, plus inquiète par ces préoccupations invraisemblables que par la véritable source du problème. Au point où elle en était, elle avait carrément oublié qu’elle était suivie. Aussi fût-elle très surprise lorsqu’elle vit l’autre type… -euh… faudrait peut-être qu’elle lui demande son nom, d’ailleurs- surgir dans le tunnel à son tour. Elle mit quelques secondes à le remettre, l’épisode du camion lui paraissant énormément loin. Lorena lui adressa un grand sourire, comme si elle retrouvait un ami de longue date. Mais avant qu’elle n’eut le temps de faire ou de dire quoique ce soit, il la plaqua violemment contre la paroi, une main sur la bouche. Beerk, il puait l’essence. Et en plus, il l’étouffait, elle arrivait à peine à respirer. Bah quoi, y a des gens qui savent pas bien respirer par le nez. Lorena rechignait à se laisser faire, elle se débattit légèrement mais stoppa net lorsqu’il l’engueula. De nouveau. C’était une véritable habitude chez lui ! Pauvres gosses, s’il en avait. Cependant, il n’avait pas tout à fait tort, c’est pas comme si trois types rancuniers et très très fâchés lui couraient après. Sans savoir pourquoi, la scène où elle s’était spectaculairement gamellée dans sa course folle lui revint en mémoire et elle ne put se retenir de pouffer de rire. Bien sûr, le bruit mourut dans la main de son geôlier. Elle lui adressa exagérément un petit regard de chien battu pour s’excuser. Complètement à côté de la plaque. Pas du tout le sens des priorités. Aucune notion de l’ampleur de la situation. Bref, elle avait beau avoir vingt-quatre piges, elle était loin, très loin, d’être une adulte responsable. Et sa puérilité était sans bornes. Elle le prouva en mordant à pleines dents la paume du chauffeur, se libérant ainsi de son étreinte. Elle recula de quelques pas, le moins bruyamment possible, c’est-à-dire pas très discrètement. Malgré l’obscurité, Lorena visa un peu la mine renfrognée de son interlocuteur, ce qui lui arracha un pouffement de rire. Puis elle fronça les sourcils, et posa son index sur ses lèvres en guise de silence, l’air faussement fâché.

    " Chuuuut, murmura-t-elle, l'air pas franchement inquiet, Jacob va t'entendre ! "


Eh ben. Ils avaient pas le cul sorti des ronces.



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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Mer 13 Mai - 11:18



Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !  54

   Lorena & Sam


Cette môme est une vraie plaie ! Les pas se rapprochent et elle ne trouve rien de mieux que d'ouvrir sa grande gueule. La prochaine fois que je vais chercher de l'essence, je verrouille le camion ... . Soit, je la choppe et je la fait taire alors qu'on entends nettement que les trois types sont sur le talus pile au-dessus de nous. Il ne faut plus faire le moindre bruit. Le temps parait infiniment long le temps qu'ils décident de la direction dans laquelle se diriger. Pourvu qu'ils ne se séparent pas pour couvrir d'autant plus leur champ de recherche sinon notre fuite sera d'autant plus ardue ... . On a du pot, je les entends dire qu'ils vont poursuivre plus haut selon une logique qui ne l'est toutefois que pour eux. Au moins, cette option nous arrange, ne nous plaignons pas.

Je te fais signe de rester silencieuse, ce que par miracle tu fais tandis que je passe la tête à l'extérieur, le plus discrètement possible avant de jeter un œil au-dessus. Les types s'éloignent à une certaine distance. Ils grimpent et j'ose espérer qu'ils poursuivront sur leur voie sans changer d'avis et se séparer plus haut. La chance est cependant avec nous et lorsqu'ils se trouvent à bonne distance, je t'embarque avec moi pour filer discretos de cet endroit sans risque d'être vus ni entendus. Direction le camion que nous rejoignons le plus rapidement possible.

Nous y voilà. Pas de traces des autres. Ils ne nous ont vraisemblablement pas repérés mais malgré tout, pas de temps à perdre ! On grimpe à bord et on dégage d'ici ! Sur la route, à quelques petites centaines de mètres plus loin, je repère leur bagnole. Cette même bagnole que j'avais vu passer un temps plus tôt sur la route alors que je me grillais tranquillement une clope et que tu étais encore assoupie dans la cabine.
Je décide en vérifiant qu'ils ne se trouvent pas aux alentours, de descendre un bref instant, m'arrangeant pour crever les pneus du véhicule et les empêcher de se mettre à notre poursuite. Sans ça, vu l'allure du camion, nous ne tarderions pas à être rattrapés à un moment ou à un autre. On ne ferait pas le poids contre une sportive, en particulier sur ces routes en lacets.

Tout ça m'a néanmoins remis les idées en place et la fatigue a laissé place à un désir bien plus fort. Celui de rentrer et de pouvoir poser le camion au dépôt pour reprendre la bagnole et te déposer chez toi ou dans de la famille, peu importe, tant que quelqu'un puisse veiller sur toi quand je serais rentré chez moi. Tant pis pour la route, nous avons quelques heures devant nous, je ne ferais qu'une pause si ça s'avère réellement nécessaire au cas où la fatigue me plomberait à nouveau. Inutile de prendre ce genre de risques, même pour leur échapper. Je t'invites à te reposer à l'arrière si besoin.

La route ma parait moins longue que ce à quoi je m'attendais. Nulle trace de nos poursuivant de tout-à-l'heure. Nous en sommes débarrassés. Nous finissons par arriver sur Brooklyn où se trouve Elvezior, l'entreprise qui m'emploie. Je pose le camion au dépôt et je reprend la Mustang qui attendait bien sagement mon retour. J'attire ton attention sur l'endroit où tu habites.

- Tu crèches où ? Tu as de la famille à qui je peux te confier pour la nuit ?

Je crains toutefois que ces types ne soient liés à toi de plus près. Je me suis gardé jusqu'ici d'évoquer le sujet mais je crois qu'il est temps pour moi de savoir.

- Qui étaient ces types ? Tu les as rencontrés où et sont-il susceptibles de venir te trouver chez toi ?



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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Jeu 14 Mai - 13:52




Drôle de pochette surprise

« Qui garde son âme d'enfant ne vieillit jamais »
Pas très futés, les types quand même. Une seule cachette à proximité et ils ne la trouvent même pas. Lorena haussa les épaules. Tant mieux pour elle, après tout. C’est pas comme s’ils cherchaient à la coincer, quoi. Une histoire de plus à raconter. Elle se sentait très détachée d’elle-même, tout à coup, comme si son esprit était complètement détaché de ce qu’elle vivait, comme si elle était seulement spectatrice et non actrice de ce jeu débile qu’était la vie, de cette scène surprenante qu’était cette soirée. Son psy l’avait un jour qualifiée « d’hypersensible ». Mais bon, même s’il avait obtenu son diplôme dans une pochette surprise –ref au titre, je m’épate moi-même- il aurait pu le deviner. C’était pas normal, c’était pas sain toutes ces réflexions incessantes qui revenaient par vagues, systématiquement, pour lui faire revivre les pires moments de sa vie. Bon, à force vous allez finir par croire que Lorena était la fille la plus malheureuse du monde. Ce n’était pas vrai, car elle avait trouvé refuge dans l’alcool et la drogue. C’était en tout cas la solution la plus facile qu’elle avait trouvé pour contourner ses émotions au lieu de les affronter. Elle savait que des gens avaient connu pire qu’elle. Mais penser ainsi ne la consolait pas, bien au contraire. Cette idée, que le mal avait frappé encore plus fort ailleurs, la plongeait dans une profonde mélancolie. Triste vie, triste monde. Voulait-elle vivre dans un tel nuage de cynisme ? Non, bien sûr que non. Mais avait-elle le choix, au fond ? Pas vraiment. Elle avait plusieurs fois songé à se suicider, oui. Mais ce projet avait vite été écarté, car Lorena était trop lâche et au final, elle préférait subir, se mutiler elle-même et s’infliger ses propres punitions dans le monde des vivants plutôt que de trouver le silence et le néant de celui des morts. Parce que cette histoire de pardon de Dieu, de purgatoire et de repos éternel, Lorena n’y accrochait absolument pas. Trop de bobards invraisemblables pour un soupçon de vérité alors non, elle n’était pas très branchée religion. Heureusement, d’ailleurs, sinon elle aurait dû passer ses soirées à l’église pour se confesser et franchement, elle avait mieux à faire.
La marche dans les bois avait été propice à ses réflexions. Mais lorsqu’elle vit la route au loin, elle se mit à courir dans sa direction puis dépassa le chauffeur, sautant comme un cabri qui retrouvait enfin sa liberté.

    « WOUUUUHOUUUUUU ! HOURRA ! Enfin ! »


Et elle partit dans un éclat de rire sincère. Oups, la discrétion. Bah tant pis, ils les avaient semé, non ? Heureusement que le chauffeur était plus doué qu’elle niveau sens de l’orientation, sinon ils auraient crevé dans cette forêt. Elle regarda rapidement l’état de ses vêtements. Pas très folichon. Elle était complètement décoiffée, des brindilles dans les cheveux, et son pull en laine gardait les stigmates de sa course folle à travers les bois : feuilles et multiples accros lui donnaient l’aspect d’une sauvageonne. Elle s’épousseta rapidement du mieux qu’elle put et refit sa queue de cheval d’une seule tentative. Alors qu’elle pensait qu’ils allaient faire une petite pause pour se remettre de leurs émotions, l’énergumène qui lui servait de guide la traina jusqu’au camion, sans ménagement ni détour inutile. Alors qu’elle était à peine assise, pas même attachée, le moteur vrombit et ils furent partis. Mais cela ne dura pas. A l’approche d’une voiture, sans doute celle de Jacob ou d’un de ses potes, le camion ralentit, puis le chauffeur descendit, s’arrêta au niveau de chaque roue sans qu’elle ne voit clairement ce qu’il fabriquait. Mais la voiture finit par s’affaisser lourdement. Lorena cligna des paupières rapidement, pour se convaincre de ce à quoi elle venait d’assister. Il remonta à bord et reprit le volant, comme si de rien n’était.

    « Whaow, mais vous êtes un vrai délinquant, en fait ! Les chauffeurs routiers ont cette réputation, de toute façon. »


Toujours impassible. Ohlala, ça promettait. Risquait pas de mourir de rire, lui, c’est pas ça qui l’étoufferait au moins. OK elle n’était pas hilarante, mais tout de même ! Un petit sourire pour détendre l’atmosphère, même s’il était forcé, ça n’avait jamais tué personne. Elle se tut pendant de longues minutes, puis il lui proposa de se reposer. Elle déclina l’offre poliment, puis se tut de nouveau. Lorena était loin d’être fatiguée, à présent. Toute l’adrénaline qu’elle avait ressenti au cours de la soirée l’empêchait de fermer l’œil. Et puis, elle préférait veiller à ce que lui ne s’endorme pas, surtout. Sauf que s’il ne parlait pas, ce n’était pas une mission évidente. Elle ignorait à quelle distance de New-York ils se trouvaient et donc le temps de trajet qu’ils leurs restaient. Puis une inquiétude surgit dans son esprit d’illuminée.

    « Attendez, z’êtes sûrs qu’on se dirige bien vers New-York, là, hein ? Vous faites pas partie de leur clique, j’suis pas tombée dans un traquenard ou un autre truc du genre, j’espère ? Au moins dites-le moi maintenant, que je sois au courant. Je déteste les surprises. »


Chut, tais-toi, t’en fais trop. Elle ferma les paupières aussi fort qu’elle le put, pour se concentrer et éviter de trop parler. Lorena n’était pas du genre à être extravertie et expansive, mais il s’agissait d’une soirée exceptionnelle. Soudain curieuse, oubliant aussitôt sa nouvelle résolution de rester silencieuse, elle se tourna brusquement vers lui avec un sourire immense.

    « Au fait, c’est quoi votre p’tit nom ? Moi, c’est Lorena. »


***

La lumière des réverbères la tira de son sommeil peu curatif. Elle avait la bouche pâteuse, les yeux mi-clos, encore à moitié endormie. Toute son euphorie et son hystérie étaient retombées subitement, et elle n’avait alors pas pu résister au marchand de sable. Alors à son réveil, plus rien n’était là pour contrebalancer son humeur massacrante. Pas de stups, pas d’alcool, pas d’adrénaline, rien. Elle avait l’impression de s’être pris dix ans en pleine figure en l’espace de quelques heures : elle était toute courbaturée, avait froid, faim et envie de faire pipi. Lorena s’étira en baillant, tandis que les lumières de Brooklyn laissent place à un immense entrepôt où des dizaines de camions, de toutes les tailles et de tous les âges, sont stationnés. Samuel descend, elle fait de même, sans demander son reste. Il s’approche d’une superbe voiture, mais Lorena n’y connait rien, elle se dit seulement qu’elle a dû coûter cher. Elle monte à son tour dans la voiture, totalement inconsciente de monter avec un parfait inconnu. C’est vrai, après tout il était pas très causant, donc elle ne savait pas grand-chose de lui. Mais elle aurait dû y réfléchir avant, bien avant, lorsqu’elle était montée dans ce camion à la station-service. Et de toute évidence il n’avait pas menti, puisqu’elle se trouvait là, à Brooklyn. Loin de chez elle, certes, mais plus près que là-bas, en plein milieu de la forêt. Il lui posa une première série de questions, qui mit un certain temps à se frayer un chemin dans son esprit. Une famille ? Elle ne put retenir un rire amer.

    « Tous morts. »


Elle se contenta de cette réponse, ignorant volontairement sa première interrogation. Elle avait confiance, certes, mais il y avait des limites. La jeune femme ignorait ses fréquentations et si Jacob le fou furieux avait relevé le numéro de la plaque, il pourrait rapidement retrouver Samuel. Qui sait ce qu’il dirait s’il était payé grassement ou passé à tabac ? Un peu trop de prudence ne faisait jamais de mal. Elle fut prise de court par sa curiosité. Les genoux serrés, les mains entre les cuisses, Lorena baissa la tête. Se risquait-t-elle à lui dire la vérité ? Un des bobards habituels ferrait bien l’affaire. Puis elle repensa à sa crise de nerfs sur le bas-côté de la route, et réalisa qu’il en savait déjà trop. Alors elle releva la tête, regardant à l’autre bout du parking, le regard vide, et lâcha d’une voix sans émotions :

    « L’un des trois types, Jacob, m’a collé toute la soirée au nightclub du bled paumé où t’as fait ton plein. Il m’a fait boire plusieurs verres, j’ai pas fait gaffe à ce qu’il a pu mettre dedans. Puis il m’a entraîné dehors et a essayé de me violer. »


Elle finit par oser lui lancer un regard. Etrange, c’était plus facile de se livrer à de parfaits inconnus qu’à des gens qu’elle connaissait de près ou de loin. Après tout, ils ne se reverraient sûrement jamais, si ?

    « Alors j’me suis barrée comme j’ai pu et me suis cachée à la première occasion. Dans ton camion. »


Lorena finit sa phrase avec un petit sourire. Elle savait parfaitement dans quel état elle aurait fini si ce camion ne s’était pas trouvé là. Elle se serait peut-être cachée dans la boutique pendant un certain temps, mais le caissier était un gars du coin. Et quand il aurait voulu fermer, ou peut-être même bien avant, il l’aurait laissé là, à la merci de l’autre tordu. Comme quoi, le hasard fait bien les choses. Elle était KO et sans doute que lui aussi. Mais il lui restait une dernière chose à dire.

    « Alors, merci. Merci pour tout. »



Samuel Hemsworth & Lorena P. Bagrov

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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! Ven 15 Mai - 9:04





Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat ! 54

  Lorena & Sam

Les présentations sont faites. Tes tentatives d'humour précédentes parviennent à me tirer un sourire malgré le sérieux de la situation. J'apprends un peu plus tard alors que nous sommes passés à l'entrepôt pour troquer le camion contre ma vieille Mustang, que tu n'as plus de famille. Le fait qu'ils soient tous morts comme tu me l'apprend alors, m'étonne quelque peu mais je ne cherche pas à insister sur le sujet. En revanche, le sujet des types rencontrés plus tôt m'intéresse d'autant plus que je suis désormais mêlé à l'histoire. Je me permets ainsi de revenir dessus et de t'en demander plus sur les circonstances exactes qui t'ont conduites dans ce pétrin. Tu sembles marquer un temps d'hésitation avant de me dévoiler enfin ce qu'il en retourne. Je reste silencieux face à ta déclaration. Je crois que tu es assez grande pour choisir de porter plainte si tu en trouve l'intérêt ou bien de trouver une autre solution si à l'avenir tu le recroisais. Ce genre de types peuvent t'avoir collé au train dans l'élan et oublier ça le lendemain comme ils peuvent alors ne plus démordre du désir de te retrouver. Ça dépend.

« Alors j’me suis barrée comme j’ai pu et me suis cachée à la première occasion. Dans ton camion. » finis-tu ton récit.

- T'as bien fais, rétorquais-je avant de te glisser. Si je comprends bien, tu n'avais jamais vu ce type et ses potes avant ce soir ? Vu le bled où on se trouvait, je ne pense pas qu'ils se taperont plus de trois heures de route pour te retrouver. Je me suis assuré qu'ils ne pourraient pas nous filer le train. Alors à part s'ils sont tenaces ou qu'ils finissent un jour par trainer dans le coin, il y a peu de chance pour que tu les croises à nouveau. Néanmoins, ce soir, tu vas dormir à la maison, ça sera plus sûr. Et je te filerais mon numéro en cas de pépin à l'avenir.

Tu me formules des remerciements auxquels je rétorque qu'ils sont inutiles. Certes, je ne peux pas dire que je m'attendais pas à mieux de ma soirée mais tu n'y es pour rien au fond. Nous arrivons à la maison et je gare la Mustang dans le garage puis t'invites à me suivre à l'intérieur.

- Je crois qu'on est tous les deux exténués. J'te laisse occuper la chambre de ma fille pour la nuit, te dis-je en t'y conduisant. J'reviens dans 5-10 minutes. Tu peux te doucher dans la salle de bain à côté si tu veux et emprunter des affaires à elle dans l'armoire. Ça devrait t'aller.

Je te laisse un instant puis vais moi-même me passer un coup de flotte dans la salle de bain du bas. Puis je remonte un instant plus tard avec deux chocolats chauds. Lynch a eu ses croquettes en rentrant. Lynch c'est mon chien. Et je le retrouve d'ailleurs dans la pièce près de toi. Je te rejoins sur le lit et te tends la tasse de chocolat chaud que je t'ai préparé.
Je ne traine toutefois pas longtemps, juste le temps de déguster le mien et de te glisser deux-trois infos à propos du lendemain. Je serais certainement levé malgré tout avant neuf heures ou neuf heures et demi. Je pourrais te ramener chez toi sans problèmes. Quant à ces types, ayant un pote chez les flics, je pense que je me renseignerais sur eux histoire de savoir s'ils peuvent représenter un futur danger et s'ils sont du coin.
Il est temps pour moi de dormir. Tu sembles aller vraiment mieux et tu as les idées bien plus en place lorsque le lendemain matin, nous nous retrouvons autour du petit déjeuner. Comme convenu, je te ramènes chez toi et insiste pour que tu me préviennes direct par rapport à ces types. Certes, tu peux aussi appeler les flics, ce que je recommande en premier mais ce n'est pas toujours le premier réflexe chez certaines personnes.




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MessageSujet: Re: Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !

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Drôle de pochette surprise, j'aurais préféré du chocolat !

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