It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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GKS 2365 4to

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MessageSujet: GKS 2365 4to Ven 17 Avr - 0:06





J’avais tellement souhaité quitter ma terre natale. Pourquoi ? Pour mon "balcon" improvisé, en fait l’escalier de secours auquel j’accède difficilement vu ma taille, en passant par la fenêtre du salon ? Pour seule vue les briques de l’immeuble d’en face et dans la ruelle plus bas les poubelles de la copropriété terrain de jeu des chats d’égouts qui viendraient encore s’y battre une fois la nuit tombée ? Et dire que pendant ce temps, des dixaines d’américains font le voyage jusqu’en Norvège pour se prendre en photo sur la pointe de Trolltunga.

Le mal du pays me pousse aujourd’hui à aller rendre visite à une jeune femme à peine rencontrée et de 10 ans ma cadette, archéologue tout de même. La seule personne chez Christie’s à avoir compris que j’étais avant tout norvégien et pas seulement perdu, lors de l’annuelle vente d’antiquités printanière. Je retrouvais dans ma veste sa carte de visite professionnelle sur laquelle elle avait écrit l’adresse de son lieu de résidence à la main. M’y rendre était moins radical que de prendre un billet d’avion pour rentrer chez moi le temps d’un weekend, et carrément moins ambitieux financièrement.


...


Pour la peine je laisse un maigre pourboire au conducteur, et je laisse aussi échapper un juron en descendant du taxi qui venait de me déposer dans cette rue d’Eastvillage. Il avait plu un peu plus tôt, juste une averse, mais assez pour que le bas de mon jean soit trempé maintenant que j’avais posé le pied dans la flaque d’eau qui s’était formée au bord de la chaussée. Le ciel était radieux maintenant, et évoquer la pluie et le beau temps était rarement aussi poétique que lorsque les conditions météorologiques étaient réunies pour qu’un coup d’oeil au Bifrost soit permit au commun des mortels. Si elle l’a remarqué, alors l’arc en ciel devrait faire sourire Téhora chez qui je m’apprête à frapper alors que je ne l'ai pas prévenue de mon arrivée. Je devrais jeter un coup d’oeil à un ouvrage très ancient, peut être même un manuscrit, dont elle m’a parlé lors de notre rencontre. J’ai donc un peu de mal à contenir ma hâte d’avoir une telle relique entre les mains, mais je prend quand même le temps de remarquer la facade de grès rouge recouverte de lière, et la grille en fer forgée qui me séparait des quelques marches d’escalier à gravir pour aller frapper à la porte. Le charme de cette architecture me réconciliait un peu avec New-York.



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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Sam 18 Avr - 0:17

« Téoooooooooo ! Y a quelqu’un pour toi ! » C’est ainsi que les choses se passent ici, comme si nous vivions dans une maison familiale plutôt que dans un immeuble à contact de voisinage très limité. Il faut avouer que, pour commencer, mon voisin direct n’est autre que mon demi-frère, fils du nouvel époux de ma mère, alors, forcément, ça facilite les rapports. Mais ce n’était pas lui qui hurlait depuis le rez-de-chaussé, trois étages plus bas, non. C’était la charmante voix de Yolanda, résidente du 4B. À moins que ce ne soit sa fille ? Je ne parvenais jamais à les différencier à l’oreille. Visuellement si, l’une étant quarantenaire et rubiconde, et l’autre ayant la dizaine et un physique de liane. Mais vocalement, elles avaient, toutes deux, une voix si puissante que, malgré mes écouteurs balançant la voix suave de mon irlandais du moment, et la porte close, j’entendis sans mal l’appel des plus incongru. Je travaillais sur mon dernier projet, celui qui allait m’entrainer loin d’ici pendant plusieurs mois, et j’avais perdu toute notion du temps, si bien qu’en relevant le nez de l’écran de mon Mac, la luminosité de la pièce me sembla étrange. Les fenêtres grandes ouvertes, j’avais échappé à la pluie et au reste, pour ne réaliser que le soleil était revenu qu’une fois qu’il fut là. Délaissant mon bureau et mes écouteurs, je passais ma porte d’entrée pour rejoindre le couloir et me pencher à la rambarde et admirer la chute vertigineuse des marches sur trois étages. « C’est qui ? » je hurlais, à mon tour, ma voix portant bien moins loin que celle de... Yolanda ? De sa fille ? Sa fille ! Didi -et c’était là son véritable prénom- venait de balancer la tête en arrière pour me percevoir depuis le hall d’entrée. « Un barbu. » répondit-elle avec nonchalance, alors que le barbu en question devait se trouver à quelques centimètres d’elle. L’immeuble n’avait pas d’interphone et, parfois, surtout dans des cas comme celui-ci, je regrettais cette absence. En me penchant un peu plus, je distinguais le barbu, et reconnaissais « Henrik ? Monte ! » Et mentalement, je me félicitais d’avoir retrouvé son prénom en une fraction de seconde. J’étais pas douée avec les prénoms. Je l’avais croisé dans une salle des ventes, tranchant radicalement dans le décor, et... Il m’avait intrigué, puis amusé. Il avait tellement de questions, tellement envie de savoir, de comprendre, d’apprendre aussi. J’étais pas habituée à ça. En général, dès que j’ouvrais la bouche j’endormais mon auditoire. Jayme faisait, parfois, l’effort d’un peu d’attention, mais je voyais bien que ça ne l’intéressait pas plus que ça. Henrik, quant à lui... Son domaine de prédilection n’était pas le mien, mais, j’avais quelques connaissances dans ce domaine. « Désolée pour Didi, elle... Elle est jeune. Et un peu spéciale. » je l’accueillais au dernier étage, le mien, avant de lui indiquer la porte ouverte, la mienne. « Le charme des vieux immeubles, zéro intimité mais sécurité absolue. » Avant qu’un cambrioleur n’atteigne mon palier, il devrait passer par trois étages de voisins intrusifs et dévoués. « Et ne fais pas attention au bordel, c’est ma façon de travailler. » En effet, sur le sol s’éparpillaient des cartes topographiques, des livres ouverts et autres piles de documents que j’enjambais pour atteindre le canapé, de débarrasser des autres livres que j’y avais entassé, et l’invitais à s’y installer d’un geste de main. Je savais pourquoi il était là, il voulait voir l’Edda, mais... Ça n’empêchait pas un peu de civilité, si ? « Tu veux un café, un thé, une bière ? Ou bien on passe à Snorri directement ? » je demandais, alors, par souci du détail, en rangeant mes livres dans l’une des bibliothèque du salon.
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Dim 26 Avr - 18:46

En regardant la facade du bâtiment qui fait pourtant plusieurs étages, j’ai cru bêtement que Téo était la seule à occuper les lieux. La recherche intensive de Medipack après avoir abattu un T-Rex à grands coups de 9mm automatiques sur Playstation à sans doute édulcoré l’image que je me fais de l’archéologue moderne et l’absence d’interphone avait du me conforter inconsciemment dans mon idée.

C’est une demoiselle frêle qui ouvre la porte et après quelques secondes à s’observer mutuellement avec surprise, et parce-que j’ai réussi à bredouiller que je venais voir Téhora Rozenfel, elle se met à hurler pour prévenir de mon arrivée, me faisant sursauter. Cette fille à quelque chose de dérangeant, surement parce-qu’elle donne l’impression d’être dérangée ? J’ai fait quelques pas à l’intérieur, j’entend qu’on m’appelle, et j’aperçois Téo en levant les yeux vers le sommet de l’escalier. Je remercie la jeune femme qui m’a ouvert et je monte les marches quatre à quatre, aussi pressé de découvrir ce dont Téo m’a parlé lors de notre rencontre que de fuir le regard que je sens encore dans mon dos.

Théo m’accueille et me guide dans son appartement en m’en expliquant un peu plus sur l’organisation dans cet immeuble. Didi spéciale ? C’est le moins qu’on puisse dire. Elle à un je-ne-sais-quoi de la petite fille de F.E.A.R, et pour peut que l’immeuble soit pourvu d’une chambre froide en guise de frigidaire collectif, l’idée me viendrais surement tôt ou tard de tenter de l’y enfermer dans l’espoir qu’elle y meurt de froid plutôt que de vivre ici avec la peur au ventre à l’idée de la croiser au détour d’un couloir. D’ailleurs pour éviter la rencontrer et puisque qu’il est d’usage d’avertir tout l’immeuble de son arrivée, la prochaine fois je ferais peut être sonner un cors traditionnel façon corne d’Erebor.

Plus d’informations de la part de Téo, sur l’intérieur de son appartement cette fois. Il n’y a pas de doute c’est le bordel. La politesse me retient de le confirmer et l’honnêteté m’interdit de le nier. Alors je ne dit rien. D’autant plus que quel bordel ! Alors que je m’assoie dans le canapé, je découvre des lieux qui s'apparentent à la caverne d'Ali Baba, livres et documents en tout genre s'entassant les uns sur les autres. J’entends la voix de Téo, mais je ne l’écoute plus vraiment car je suis fasciné, observant tout autour de moi.

Merci.

Merci qui, merci quoi… Ma façon de me comporter à changé en une fraction de seconde à la mention de Snorri. Comme un Belge dans une pièce ronde à qui on a demandé de trouver une frite dans un coin je suis tellement impatient de voir de quoi il s’agit que je fais l’impasse sur une bière qu’en d’autres circonstances je n’aurais pas refusé.

Non merci, je veux dire. Montre moi ?

Je suis en bonne compagnie, s’il n'y avait pas déjà une raison précise à ma venue aujourd’hui qui de mieux qualifié qu’elle pourrait m’expliquer ce que fait  Maitre Yoda sur une page de manuscrit vieux de 700 ans. ? Alors, les Eddas…ou la Bible du géant nordique qui se respecte. Un simple recueil de poèmes, renseignant sur le folklore Nordique aux yeux du commun des mortels. Pour les autres, une source incroyable d’informations bien plus précieuses à condition d’avoir la patience d’en étudier les lignes avant de pouvoir lire entre ces dernières. Le Da Vinci Code version Drakkars et peaux de bêtes. Le jeune Edda est l’oeuvre la plus connue de Snorri. Moi, je me suis concentré principalement sur un poème de l’ancien Edda, rédigé par Sæmundur Sigfússon: Hávamál:


    Veit ek, at ek hekk
    vindga meiði á
    nætr allar níu,
    geiri undaðr
    ok gefinn Óðni,
    sjalfr sjalfum mér,
    á þeim meiði,
    er manngi veit
    hvers af rótum renn.
     
    Við hleifi mik sældu
    né við hornigi;
    nýsta ek niðr,
    nam ek upp rúnar,
    æpandi nam,
    fell ek aftr þaðan.
     
    Fimbulljóð níu
    nam ek af inum frægja syni
    Bölþorns, Bestlu föður,
    ok ek drykk of gat
    ins dýra mjaðar,
    ausinn Óðreri.
     
    Þá nam ek frævask
    ok fróðr vera
    ok vaxa ok vel hafask,
    orð mér af orði
    orðs leitaði,
    verk mér af verki
    verks leitaði.
     
    Rúnar munt þú finna
    ok ráðna stafi,
    mjök stóra stafi,
    mjök stinna stafi,
    er fáði fimbulþulr
    ok gerðu ginnregin
    ok reist hroftr rögna.
     
    Óðinn með ásum,
    en fyr alfum Dáinn,
    Dvalinn ok dvergum fyrir,
    Ásviðr jötnum fyrir,
    ek reist sjalfr sumar.
     
    Veistu, hvé rísta skal?
    Veistu, hvé ráða skal?
    Veistu, hvé fáa skal?
    Veistu, hvé freista skal?
    Veistu, hvé biðja skal?
    Veistu, hvé blóta skal?
    Veistu, hvé senda skal?
    Veistu, hvé sóa skal?
     
    Betra er óbeðit
    en sé ofblótit,
    ey sér til gildis gjöf;
    betra er ósent
    en sé ofsóit.
    Svá Þundr of reist
    fyr þjóða rök,
    þar hann upp of reis,
    er hann aftr of kom.


Certaines strophes cachent 8 runes du vieux Futhark, lesquelles referment les 8 dons nécessaires à la maîtrise des runes et de leurs pouvoirs. Traditionnellement, les runes sont essentiellement peintes, sculptées, gravées ou appliquées. J’ai choisi pour elles comme support ma propre peau, cachées aussi, par ma chemise en tartan pour un look qui complimente à merveille les glaçons que j’ai à la place des yeux et qui me fait passer pour un Canadien du Yukon ou pour un Hispter de Brooklyn.

Il me reste pourtant tant à apprendre et à découvrir sur moi même à travers les anciens textes que sans le savoir, Téo me connait peut être mieux que je me connais moi même grâce à son savoir universitaire. Je souhaite vraiment que ce soit le cas, je suis étranger à ma propre époque, mes racines sont celles de l’arbre monde et les revendiquer n’est pas une mince affaire. Quoi qu'elle s'apprête a me montrer, je suis prêt à l’écouter. Ce ne devrait pas être aussi obscur que les 58 pages de runes de Cicada 3301 ou que la politique de déontologie de Kris Jenner. Je me retrousse les manches d’impatience, d’un geste machinal, parce-que que je suis tellement impressionné avant même de savoir ce qu’elle compte me montrer, que je n’oserais certainement pas toucher à quoi que ce soit. Se faisant, je révèle sas y prêter attention, la première des 8 runes tatouée sur mon avant bras:

Parce-que le moi du futur m’appelle de mon passé infini. Et il doit manquer quelque chose au présent pour dédier sa vie à l’étude du passé. Téo et moi avons sans doute cela en commun, elle peut m’apporter une connaissance que je n’ai pas, je lui apporte en retour une authenticité qui ne se croise d'ordinaire pas tout les jours en bas de chez soit. J'espère que c'est ce qu'elle à vu chez moi le jour ou nos chemin se sont croisés à la salle des ventes, et que c'est ce qui l'a motivée à inviter un étranger chez elle. Je ne suis norvégien que pour le service des douanes qui à inspecté mon passeport à mon arrivée aux USA. Sinon, je suis un Viking. Et pendant qu’elle vas chercher ce qu’elle souhaite me montrer, je prend note mentalement de lui graver une rune dans un rituel pour la charger qui voudrait que je chante tout en m’attelant à la tâche, et de lui offrir plus tard pour sa protection: . Ma façon de reconnaitre en elle notre recherche commune malgré notre approche très différente. Mannaz est la rune de l’intelligence humaine et le l’esprit rationnel, bénéfique et protectrice de toute entreprise académique.
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Dim 26 Avr - 21:38

Je m’intéressais à tout. C’était une qualité et un défaut. Un énorme défaut pour plusieurs de mes maîtres à penser, qui m’enjoignaient à ne surtout pas me disperser afin de mieux dominer ma tâche, mon domaine de prédilection. Mais j’étais ainsi, je ne pouvais pas me satisfaire de ne chercher des réponses que dans certains domaines. C’aurait été comme m’amputer volontairement d’un bout de cerveau, ou encore porter une oeillère, m’aveuglant partiellement. J’avais la conviction sincère -et raillée par tant de mes co-disciples- que le monde avait, un jour, possédé une forme de connaissance absolue qu’on avait totalement perdu entre temps. Il nous en restait des bribes sous forme de questions, d’interrogations, de mystères, et il était de notre devoir de les rassembler pour se rapprocher du tout qu’ils devaient former ensemble. Une sorte de devoir de mémoire, mais pas dans le sens qu’on lui donnait aujourd’hui. Il fallait que l’humanité se souvienne, qu’elle se rappelle et alors, la Lumière serait. Peut-être. Aussi, lorsqu’il y avait un mystère, je me devais de l’étudier, qu’importe qu’il soit dans ma spécialité ou non. D’ailleurs, je venais de passer plusieurs semaines à reprendre intégralement la Divine Comédie de Dante et les diverses théories autour des chants manquants à la mort -suspecte- du poète. Ce fut l’un des recueils que je déplaçais pour permettre à mon invité de s’installer sur le canapé. L’un des très nombreux ouvrages qui semblaient se reproduire entre eux dans l’espace restreint de mon appartement. Jayme avait coutume de dire que je vivais dans une bibliothèque infernale. Infernale du fait du bordel qui y régnait. C’était comme si une bombe avait explosé et que tout avait jaillit tout autour de l’épicentre. Et encore, le salon n’était rien à côté de la chambre. Heureusement, la porte close en cachait le désordre. La bienséance m’invitait à lui proposer à boire, une forme d’introduction ridicule alors que, tout deux, nous savions très bien que la suite était trop importante pour ce genre de courbette. D’ailleurs, il déclina, préférant passer aux choses sérieuses, à savoir Snorri. Il fallait prendre l’oeuvre de ce dernier avec beaucoup de recul sachant le contexte de christianisation avancée durant lequel il l’avait rédigé, mais... Tout ce que nous savions, aujourd’hui, de la mythologie nordique résultait de ce seul et unique ouvrage, l’Edda poétique. J’étais en possession d’un exemplaire particulièrement précieux. Il était ancien, certes, mais pas seulement. Il avait vécu tant de choses. Mais pour le lui montrer, il fallait d’abord le retrouver, et je tournais sur moi-même au centre de la pièce, un index tapotant mes lèvres en signe de réflexion. Ha oui ! Le coffre. Un coffre sur lequel s’entassait d’autres livres, le Livre Rouge de Jung, autre mystère qui me fascinait, quelques manuels d’Histoire religieuse, des dictionnaires très utiles pour mes traductions en diverses langues, et... Un cactus, seule plante que je parvenais à maintenir en vie. Je déplaçais le tout, transférant le bordel d’un point A vers un point B, avant de tirer de toutes mes forces sur l’une des poignée du vieux coffre recouvert de cuir travaillé, pour l’extraire du recoin où je l’avais coincé. « Je te rassure, c’est pas toujours comme ça. Parfois, c’est presque rangé. » Presque. Tout était dans l’art de la nuance. Dans un grincement sinistre, j’ouvrais le coffre au coeur duquel se trouvait quelques uns des plus précieux trésors acquis durant ma courte vie. La valeur était toute relative, auprès d’un cercle d’initiés, ça se revendait une petite fortune, mais pour moi l’argent n’avait pas la moindre importance dans ce cas. Même ruinée et à la rue, je ne m’en séparerais pas. La valeur d’un livre ne se mesurait pas en fonction de son poids pécuniaire. Avec mille et une précaution, je soulevais quelques uns de mes trésors pour atteindre le fruit de ma convoitise. Reliure de peau, vélin jaunis, et, en deuxième de couverture, après ouverture dans un léger craquement, le svastika symbole de son vol et de sa reconquête. « Cette édition n’est pas datée, malheureusement, et la datation au carbone quatorze est réservée à des projets plus ambitieux. » C’est ce que m’avait répondu un ami chercheur, avec cette pointe de dédain sur la langue. Ex-ami, donc. « Mais elle est entièrement annotée à la main, regarde. » j’expliquais, tout en venant m’asseoir sur la table basse, face à lui, et tendant l’oeuvre entre nous deux, désignant d’un bout d’index respectueux les dites annotations en langue étrangère et à la plume. « Cet exemplaire semble avoir appartenu à l’évêques Thordhur Thorlaksson ? Dis-moi si je prononce vraiment mal, je m’en voudrais réellement d’écorcher son nom. Dans ma tête, je l’appelle ThorThor, mais... » Oui, c’était juste dans ma tête, quoi. Tais-toi, Téhora. « Il daterait donc, minimum, du XVIIème siècle, mais j’en ai aucune certitude, et cette langue m’est tellement peu familière que je suis certaine d’être passée à côté de plein de détails de première importance. » Ce que je n’avais pas raté, en revanche, et vers quoi je revenais, passant le doigt sur le symbole gravé dans le revers de la couverture, c’est le svastika. « Je pense qu’il était exposé dans un musée ou faisait partie d’une collection privée, avant la déferlante nazie. Ils ont pillés, volés, détruits, mais Edda a survécue. Cet exemplaire aurait fait partie du butin de guerre du Reichsjägermeister. » Ou d’un autre, finalement, le prestige de l’ordure l’ayant possédé ne m’important guère. « Goering. » je précisais, tout de même, ayant pour mauvaise habitude de croire que tout le monde pouvait me comprendre lorsque je désignais les acteurs de l’Histoire par leur surnom et non leur nom. « A moins que ce ne fut le trésor de Himmler, après tout, c’était lui le fanatique des théories pangermanistes, lui qui avait initié le projet de fouilles archéologiques sur le site d’Haithabu, lui qui voulait absolument prouver la véracité de la race aryenne via les rites pré-chrétiens. Qu’importe, disons qu’un gros connard s’en est emparé, l’a conservé, planqué, et que moi je l’ai retrouvé. Yeah, youpi-moi ! » je concluais en levant les deux bras. « Dans une salle des ventes, ne nous emballons pas. » Cela dit, je l’avais obtenu pour une bouchée de pain, aucun des enchérisseurs ne comprenant à quoi il avait à faire. « Tu penses parvenir à lire les inscriptions manuscrites ? » je demandais, la tête légèrement penchée sur le côté, le regard plein d’espoir. J’avais un viking à domicile, fallait bien que je m’en serve, ça n’arrivait pas tous les jours.
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Mer 10 Juin - 14:01


Þórður Þorláksson.

J’ai répété. Pas pour la corriger car elle ne l’avais pas prononcé correctement, mais pour qu’elle l’entende au plus proche de tel qu’il était prononcé à l’époque, l’islandais ayant le mérite d’être bien plus proche du dialecte Norrois que les langues Latines le sont du Latin par exemple. En compagnie de Téo, je me permet ce genre de précision en supposant que c’est d’ailleurs ce qu’elle attend de moi. Des personnes avec qui elle à la possibilité de parler de cette ouvrage elle doit en connaitre plus d’unes, et parmi elles je suis le moins diplômés de tous mais le Diable est dans les détails.

Je n’ai pas encore lu les notes. Je suis captivé par ce que j’ai sous les yeux. L’occasion de tenir un recueil du 17ème siècle - minimum - qui se balade encore plutôt que conservé dans une université ne se présente pas tout les jours. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il y a d’autre dans son coffre de pirate et dans quelle circonstances elle a récupéré ces trésors. C’est pour ça que j’ai laissé échappé un rire quand elle m’a prévenue qu’elle l'avait trouvé dans une salle des ventes. J’aurais bien aimé une histoire digne d’un roman mais parfois il faut savoir se contenter de ce que propose le quotidien, j’imagine la mine réjouie qu’elle à du faire quand elle a comprit qu’il n’y avait qu’elle d’intéressé aux enchères ce jour là et ça suffit.

J’ai moi même acquis certaines items plus modestes mais intéressants dans des conditions similaires. Mes dieux m'inspirent de nombreuses choses, principalement des vertues dont l’homme doit faire preuve pour élever sa condition, de magnifique histoires que je ne pourrais pas raconter en peu de mots, mais que j’aime emporter partout avec moi sous diverses formes. Et je me dit que Téo, si elle en est arrivé à ce niveau d’étude et en possession de telles reliques, c’est qu’elle à du faire son nombre réglementaire de sacrifice aussi. J’en sais rien en fait, mais j’espère qu’à l’occasion elle m’en dira plus sur ce qui la motivée à s’engager sur cette voie, ses débuts.

C’est normal la Divine Comédie non loin du Livre Rouge chez toi ? Histoire que je soit prévenu, si je risque de me faire traquer par les illuminati, Tom Cruise ou par un groupe néo nazi qui ne veut pas lâcher l’affaire ?

Parce-que c’est abusé dans cette pièce. C’est pas la première fois que je me retrouve chez une étudiante, mais une bibliographie scolaire bien qu’imposante, n’en reste pas moins ennuyeuse, jamais rien qui donne envie d’y passer une nuit blanche à la recherche du moindre indice. Ici c’est différent. Mon attention se reporte donc pleinement sur le manuscrit.

Det er vanskelig å tenke seg et talltegn som kunne gjøre det lettere å forstå forholdstallene mellom ild, jord, luft og vatn.

J’aurais pu traduire directement, mais je temporise. C’est tout ce que j’ai trouvé pour justifier mon temps d’arrêt devant les lignes qui intéressent Téo. Elles avaient vieillies, et leur calligraphie ne se laisse pas faire facilement, mais grace à la pratique et a la discipline je les comprends. Leur teneur est inattendue et la suivante:

“Il est difficile d’imaginer que le rapport entre le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau puisse être accessible à un certain nombre de personnes”. C’est ce que ça veut dire.

Le titre de la page s’appelle Algorismus. Je n’avais encore jamais croisé une page de mathématiques au sein d’un recueil de l’Edda mais c’est pourtant ce que c’est, ce sont les mesures d'un cercle. Une de tentative de translittérer les chiffres arabes en language nordique pour pouvoir appliquer ce système de calcul à notre culture…mais surtout à nos rites.

Le type qui à écrit ses lignes semble avoir comprit qu’il fallait y voir les mesures d’un Cosmogramme. Il a comprit comment les obtenirs et si on extrapole peut être même comment l’utiliser.

En tout cas il était destiné à être reproduit dans la nature et à assez grande échelle type cercle de culture. Il a peut être été réalisé quelque part mais ne nous emballons pas…c’est pas dit où sur cette page. Avec de quoi écrire je peux toujours tenter de gribouiller un schéma histoire de voir à quoi le cercle ressemble ?


Les bons vieux chemins de la connaissance. Avec le recul je me dit quand même que j’aurais du accepter la bière.
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Dim 21 Juin - 2:27

Þórður Þorláksson. Ok, ça sonnait pas du tout comme je l’avais prononcé moi. Et j’étais même pas sûre de pouvoir le répéter à nouveau, même avec beaucoup d’entrainement. C’était comme une mélodie aux notes subtiles. Un léger écart et c’était toute la partition qui en souffrait. Qu’importe, je continuerais de l’appeler ThorThor, et garderais, dans un coin de ma tête, le souvenir de cette prononciation exacte. Si seulement j’avais pu parler toutes les langues du monde... C’était une de mes utopies personnelles. Je n’étais pas à plaindre, j’étais déjà bilingue, et je me débrouillais dans quelques autres dialecte, mais ça n’avait rien de comparable avec mon fantasme d’un tour de Babel personnifiée. Cela dit, j’étais peut-être sur le point de me délester d’une de mes frustrations. Allait-il pouvoir me traduire les notes ? Ça n’avait rien d’évident, la calligraphie de l’époque s’avérant très différente de celle d’aujourd’hui, et la paléographie était une discipline, ça ne s’improvisait pas forcément. J’étais impatiente, évidemment, mais je le laissais prendre son temps, je ne connaissais que trop cette prise de conscience de détenir, entre ses mains, un témoin direct de l’histoire, une forme de relais passant de mains en mains à travers les siècles. C’était effrayant, grisant, excitant, terrifiant... Ça nous faisait nous sentir tout petit, et tout puissant. On était rien du tout, sans l’une de ces reliques entre les mains, à peine une goutte d’eau dans la mer, un grain de sable très éphémère venant gonfler les rangs du Sahara. Et puis, brusquement, notre paume frôlait une reliure ancestrale, et on se retrouvait avec une mission : celle de comprendre la relique, celle de comprendre l’Histoire. C’est un petit bout de cette Histoire que j’espérais qu’il me dévoilerait, c’est un petit bout de cette histoire que j’attendais patiemment, penchée en avant comme s’il s’apprêtait à me confier un secret à voix basse. Sauf que, s’il reprit la parole, ce ne fut pas pour évoquer les annotations, mais pour pointer du doigt mon bordel de désorganisation. Me tirant un éclat de rire pour l’occasion. « Ni Tom Cruise, ni Tom Hanks, aucun Tom, en fait, je ne suis pas assez hype pour ça. Avec moi, ce serait plutôt un Nicolas Cage au jeu d’acteur proche de zéro, et une théorie du complot aussi peu bancale que la tour de Pise. » Autant dire clairement que je ne croyais à rien de ces conneries consistant à nous faire croire que le gouvernement nous dissimule des choses, que les Francs-Maçons dirigent le monde, et que les extraterrestres ne se cachent plus, la preuve : les frères Bogdanov. J’avais des croyances, évidemment, mais elles étaient floues, leurs frontières pouvaient être repoussées ou contournées au fur et à mesure de mes recherches, mes découvertes, mes conversations avec d’autres. Si je croyais en un savoir antique et absolu, je ne croyais pas qu’un gouvernement, quel qu’il soit, était en sa possession. C’était même une évidence vu l’état actuel du Monde. J’allais même prolonger ma blague en abordant les sionistes, mais il venait d’entamer sa lecture, et, à mes yeux, il n’y avait rien de plus important que ça sur l’instant. “Il est difficile d’imaginer que le rapport entre le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau puisse être accessible à un certain nombre de personnes” traduisit-il, me provoquant un froissement de sourcils. Philosophie naturelle ? Alchimie ? S’il trouvait une salamandre dessinée quelque part, il y avait de fortes chances pour qu’il s’agisse de cette dernière hypothèse. Au lieu de quoi, il me parlait de calculs, de chiffres et de mesures d’un cercle reproductible à grande échelle dans la nature. « Un crop circle ? » Sérieusement ? Comme les trucs dans le film Signes ? « Quel rapport avec les quatre éléments ? » j’interrogeais, encore, tout en me levant pour aller lui chercher de quoi gribouiller ce fameux schéma. Je ne remettais absolument pas en question sa transcription, ni sa traduction. Au contraire. J’avais soif d’apprendre, et il me tardait de comprendre, ne serait-ce qu’une petite partie, le cerveau que nous étions en train de disséquer, celui de ThorThor. « Et... Pour les mathématiques, tu penses que ça peut avoir un rapport avec Erlendsson ? Le Hauksbók ? C’est bien antérieur, ça peut coller. Et le titre, Algorismus, ça peut pas être une coïncidence. » Je réfléchissais plus à voix haute que je ne l’interrogeais, en réalité. Et je m’attendais, d’une seconde à l’autre, à l’entendre m’interrompre pour me demander de quoi j’étais en train de parler. Après tout, il n’était pas l’un de mes professeurs. Et même eux, bien souvent, ne comprenaient pas la moitié des mots que j’utilisais. Parce qu’à la différence de moi, ils suivaient leurs propres conseils, et ne s’éparpillaient pas. « Il existe une théorie concernant les crop circles. Certains pensent qu’ils sont là pour l’évolution de la conscience humaine, pour transmettre un message et nous éviter le chaos. J’avoue que, malgré mon ouverture d’esprit, j’ai du mal à concevoir quelque chose comme ça... » j’ajoutais en lui tendant un bloc-note et un stylo. J’étais sceptique, surtout face à cette quantité d’informations qui me semblait partir dans tous les sens. Mais c’était ainsi que j’aimais les choses. Trouver le lien évident entre ce qui, de prime abord, semblait être sans rapport, avait quelque chose d’euphorisant. C’était comme un avant-goût de la détention du Savoir. On en possédait une infime part. Encore fallait-il le trouver, ce lien. « Feu, Terre, Air et Eau... » je répétais, d’ailleurs, pour mieux apprivoiser cette information. « Feu, Terre, Air, Eau... L’ordre est étrange. C’est Feu, Air, Eau et Terre, normalement... Du moins, en cosmologie. Pour les alchimistes c’est Terre, Eau, Air et Feu. Et pour Empédocle, c’était Feu, Air, Terre et Eau... En réalité, c’est la première fois que je croise cet ordre avec la Terre et l’Air inversés. Ce qui est drôle, finalement, c’est qu’on dirait de l’Empédocle croisé à du Stobée. On aurait donc Zeus, Héra, Hadès et Poséidon, sauf que Héra ne serait pas l’Air mais la Terre, et Hadès serait l’Air et non la Terre, en suivant le principe du féminin et du masculin. ThorThor aurait-il préféré Stobée à Aristote ? Voilà qui est très intriguant... Désolée, je réfléchis à voix haute... » Ce qui m’arrivait très très souvent. À force de vivre seule, j’avais pris l’habitude de me parler à moi-même, d’exposer mes théories, mes idées à l’oral. Et tant pis si personne n’était là pour m’entendre, dans mon esprit tordu, ça n’avait d’existence qu’une fois que ça s’échappait de ma tête...
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Mer 22 Juil - 18:08


"Un crop circle ? Sérieusement ? Comme les trucs dans le film Signes ? Quel rapport avec les quatre éléments ? Il existe une théorie concernant les crop circles. Certains pensent qu’ils sont là pour l’évolution de la conscience humaine, pour transmettre un message et nous éviter le chaos. J’avoue que, malgré mon ouverture d’esprit, j’ai du mal à concevoir quelque chose comme ça…"

Je m’empare du bloc note, respectant son sceptisisme. Je ne doute pas qu’elle puisse faire preuve d’ouverture d’esprit, je suis aussi certain qu’elle respecte profondément les différentes cultures qui se présentent à elles en ne demandant qu’à être comprises. Je pourrais provoquer ses convictions en lui demandant pourquoi pas ou pour quoi d’autre mais je préfère lui faire part de ma propre expérience.

"Sigil" veut dire "signe".
Vegvísir par exemple est un sigil islandais puissant et populaire tu l’as sans doute déjà rencontré il ressemble à ça:


Je pose le bloc note et déboutonne ma chemise à l'avant pour mieux découvrir mon dos.

Spoiler:
 

A l’origine il était tracé par mauvais temps, dans la neige par exemple, pour ne pas perdre son chemin même si on ne le connait pas. Les voyageurs l’utilisaient beaucoup, les pêcheurs et marins qui s'enfonçaient dans la brume aussi avaient besoin du sacré pour faire face aux éléments. Découvrir le feu par exemple et croire que de l’aprivoiser ou le maîtriser à la recherche du confort en construisant des cheminées pour chauffer son intérieur en hiver, c'est un piège qui nous entraine dans la mauvaise direction. Une évidence vu l’état actuel du monde.
 Vegvísir est avant tout une boussole qui indique le chemin, qui nous rétablit sur notre axe par rapport à notre route, notre destiné…

"Mais le chemin auquel vous aspirez n'est peut être pas toujours celui qui vous est dévolu. Prudence à l'usage de ce talisman! Les runes ne sont pas des bisounours dégoulinant d'amour, elles poursuivront leur but quelque soit le prix, ou votre volonté." Je n’en dis pas plus, je remet ma chemise en place reprend mon croquis en l’écoutant en même temps, mais elle me perd à une vitesse incroyable. Vu le nombres de domaines qui me sont inconnus je n’ai aucune idée de ce que donne de l’Empédocle croisé à du Stobée, cela ne m’empêche pas d’apprécier l'écouter quand ses idées se forment à grande allure grace des années de travail, de vocation, de passion...

J’ai beaucoup à apprendre des autres cultures et j’espère en savoir plus alors je t’excuse seulement si tu veux bien prendre le temps de me raconter quand on en aura terminé avec ça…

Pas sur qu’elle accepte elle à sans doutes beaucoup d’autres choses à faire. Mais si je peux gratter un peu de son temps ça sera plus convival que mes repas en tête à tête avec mes podcasts, un accès à la culture comme un autre dont je ne me prive pas.

Après quelque minutes de gribouillages j’ai terminé. Je regarde ce que j’ai fait sur le bloc notes comme on relis un exercice après l’avoir résolu.

J’ai aussi remarqué l’ordre non conventionnel des éléments mais les conventions on à cherché à s’en éloigner en mergant deux cultures pour observer de nouveau résultats peut être plus probants que ce qui à déjà été réalisé en se cantonnant à un seul système de calcul ? Chez les Dieux nordiques, les divinités de la terre sont féminines, celles de l’air masculines.

Ceci expliquant peut être cela, je lui tend le bloc note pour qu’elle puisse regarder le shéma à son tour et je lui fais mon exposé:

La géométrie la plus naturelle pour travailler sur l’ordre céleste est celle du cercle qui sybolise l’horizon et le zodiac. Les rayons que tu vois à l’intérieur du cercle sont définis par les mouvements du système solaire, ces lignes correspondant aux points cardinaux, celles ci représentant les solstices. Le plus gros du travail mathématique à été de standardiser et de mesurer conformément à une progression de chiffres harmonisant la distance et la temps.

Si on visualise ce que peux donner le schéma une fois réalisé dans la nature, des éléments prominents du paysage comme des rochers par exemples, alignés avec les rayons, culminent au dessus des éléments alentour et y projettent une ombre qui forme alors ce qu’on peut qualifier d’aiguille. Pour résumer ça fonctionne comme un cadran solaire monumental. Regarde la mesure du diamètre du cercle: 64km. Et tu ne sera pas surprise de savoir que le nombre d’or est présent dans toutes les dimensions.


Le nombre d’or ou la science qui prouve encore et encore, par des techniques de plus en plus avancée sur des sujets de plus en plus complexes, qu’il est présent dans toute choses comme signature, ADN de la Nature. Il a le mérite d’aider à expliquer "comment" et bon nombres d’hommes s’en sont servis dans des domaines tels que l'architecture ou la musique, à la recherche de la réponse à "pourquoi".

Tu sais finalement je prendrais bien quelque chose à boire. Une pendule...un calendrier ou je ne sais quoi d'autre archaïque, ça se fête.
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MessageSujet: Re: GKS 2365 4to Ven 24 Juil - 22:47

« Whaaaaa... Nom.de.Dieu... » fut ma seule réaction en découvrant son dos. Enfin, ma seule réaction orale, et seulement après avoir compris où il voulait en venir, parce que dans un premier temps, en le voyant déboutonner sa chemise, dans ma tête c’était plutôt : oula, oula, oula, minute papillon, j’étais pas du tout partie sur cette ambiance-là. Et puis, j’avais compris que lui non plus, n’était pas partie sur cette ambiance là, en découvrant le tatouage occupant le haut de son dos. C’était absolument fascinant. À tel point que j’avançais même un peu, pour en frôler de l’index les contours. Juste frôler, puisque je me ravisais juste à temps, réalisant à quel point ma curiosité me faisait empiéter sur les limites de l’intime. Cela dit, ça ne m’avait pas empêché d’écouter tout ce qu’il avait dit concernant le Sigil dans son dos. Ce que je ne comprenais pas, en revanche, c’était comment on pouvait vouloir retrouver son chemin sans pour autant savoir où l’on comptait se rendre ? Était-ce une manière de décrire une sorte de quête ? La quête du Savoir ? Et son exemple concernant le feu ? Qu’étais-je supposée en penser ? « L’évolution n’est pas nécessairement un mal. » Du moins, c’était mon avis. Découvrir le feu ne nous avait pas conduit vers le désastre, c’est l’Homme qui était un désastre en soi. « Regarde les progrès de la médecine, l’espérance de vie actuelle, la mortalité infantile réduite à presque rien. Ce ne sont pas les découvertes qui sont néfastes, c’est la soif de pouvoir de l’Homme qui l’est. Le pouvoir, la supériorité... Par exemple, ce que nous sommes en train de faire, ça ne te semble pas être le mal incarné, pas vrai ? Parce que nos intentions sont bonnes, parce que je ne cherche pas à décoder ces notes pour en tirer de quelconques profit ou puissance, je veux juste comprendre. Mais cette croix gammée, sur la couverture, prouve que quelqu’un d’autre est déjà passé par-là avec le résultat que nous connaissons, avec les intentions que nous connaissons. L’état actuel du monde n’est pas dû au contenu d’un livre, il est dû aux mains qui tiennent ce livre. » Partant de ce postulat, j’aurais pu en déduire que l’humanité ne méritait pas la Compréhension puisqu’elle transformait tout ce qui était positif en quelque chose d’infiniment négatif au nom du sacro-saint Dollar, mais... Mais j’étais profondément optimiste, comme fille. Peut-être un peu trop, d’après certains. D’ailleurs, accueillir un presque-inconnu chez moi, et lui confier un livre valant, probablement, une petite fortune, faisait partie des idioties qu’on me reprochait. Mais il ne comptait pas me violer et me tuer, si ? Ou me tuer puis me violer, d’ailleurs, je n’étais pas très regardante sur l’ordre. Si ça avait été dans ses intentions, il serait passé à l’acte bien plus tôt, au lieu de s’imposer mes monologues incompréhensibles. Des monologues dont je m’excusais comme d’habitude. Des excuses qu’il n’acceptait que si je prenais le temps, plus tard, de lui expliquer. Lui expliquer quoi ? Je n’en avais aucune idée, mais j’hochais tout de même la tête, acceptant de lui raconter tout ce qu’il voudrait savoir. Pour une fois que je trouvais quelqu’un avec la volonté de m’écouter et non de, simplement, m’entendre... Et je l’écoutais, également, m’exposer sa théorie concernant l’inversion des éléments, m’expliquer qu’éventuellement, l’auteur avait pu s’inspirer d’autres cultures pour mieux appréhender le problème et, peut-être, obtenir d’autres résultats. « C’était le cas de Stobée, également. Je veux dire, concernant le féminin pour la Terre, et le masculin pour l’Air. Le premier à avoir assimilé des divinités aux quatre éléments était Empédocle, un philosophe, ingénieur et médecin grec du Vème siècle avant notre ère. Il a écrit ‘Connais premièrement la quadruple racine de toutes choses : Zeus aux feux lumineux, Héra mère de vie, et puis Aidônéus, Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent.’  Aidônéus c’est Hadès, et Nestis c’est Poséidon. Sachant ça, on peut interpréter les feux lumineux par le Feu, la vie par l’Air, et les pleurs dont les mortels s’abreuvent par l’Eau. Reste la Terre pour Hadès. Ou, comme Stobée, un charmant monsieur dont on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’il a probablement vécu durant la seconde moitié du Vème siècle, de notre ère cette fois, on peut comprendre «mère de la vie» par Terre et non Air. Du coup, qu’importe que ThorThor se soit inspiré des écrits de Stobée, ou qu’il ait, lui aussi, interprété ceux d’Empédocle dans ce sens, ses recherches, son classement des éléments prouvent qu’il travaillait à partir des travaux de l’Antiquité. Il faut absolument que tu te penches sur sa conception de la cosmologie... Attends, je dois avoir un exemplaire quelque part... » je poursuivais en me relevant pour jeter un coup d’oeil à la ronde. J’avais une édition récente. Elle était en grec mais traduite en anglais, également. Sauf que, dans ce bordel sans fin, je n’avais aucune idée d’où j’avais pu ‘ranger’ un livre qui ne m’avait pas été utile depuis des mois. « J’verrais plus tard. » je renonçais dans un sourire d’excuse, tout en réceptionnant le bloc qu’il me tendait. Alors, il m’expliqua le schéma que j’y trouvais. Encore une fois, la cosmologie était de mise. Définitivement, il allait falloir qu’il lise Empédocle. A l’origine, j’avais visualisé un crop circle standard, à savoir un dessin dans un champ de blé, comme la bonne américaine dopée à la téloche que j’étais -enfin, moitié américaine-, mais plus il m’expliquait et plus je voyais... « Genre Stonehenge ? » Jusqu’à ce qu’il attire mon attention sur les dimensions réelles du schéma. 64 km. « Pas du tout Stonehenge, donc. » Avec ces cent dix mètres de diamètre, on en était loin. Si ce n’est pour le nombre d’or, évidemment. Encore un autre point fascinant, le nombre d’or. J’y réfléchissais tout en me levant. Il acceptait mon offre, finalement, celle de boire quelque chose, et j’enjambais plusieurs piles de livres pour me rendre jusqu’à la cuisine. « Tu sais que Stonehenge est justement battit sur le principe du nombre d’or ? Le premier cercle fait 33,20 mètres de diamètre. Le deuxième 53,70 mètres, soit exactement 33,20 multiplié par le nombre d’or : 1,618. Et le troisième ? 86,8 mètres de diamètre, à savoir 53,7 multiplié par 1,618. C’est fou, non ? Je veux dire, on parle de quelque chose construit durant le Néolithique. Le néolithique, bordel ! Tu sais quelle était la principale innovation technique du Néolithique ? » je lançais, le nez dans le frigo, après avoir viré mon chat de la cuisine. « La pierre polie ! » je m’exclamais en revenant, une bière fraiche dans chaque main. « Les gars ils apprenaient à peine à polir une pierre, mais tranquille Emile, durant le week-end, ils te construisaient des structures se basant sur un calcul à base de nombre d’or et de système métrique. Le système métrique ! Six mille ans avant notre ère ! Et aujourd’hui, on a quoi ? Les soeurs Kardashian... Maval Tov ! » je concluais en faisant tinter ma bière contre la sienne. Un peu aigrie ? Si peu. C’est juste que ne pas comprendre me rendait dingue. Il en allait de même pour les pyramides qu’elles soient égyptiennes ou aztèques, les calculs étaient bien trop précis pour avoir été réalisé à des périodes si éloignées de la notre. « Dégage, Bygull. » je virais, à nouveau, mon chat, afin de retrouver ma place assise sur la table basse. « A notre découverte à laquelle on ne comprend pas grand chose. » je proposais de porter un toast, avant de laisser mon regard et le bout de mes doigts trainer sur le schéma à côté de moi. « Est-ce que tu crois qu’il calculait tout ça dans le but de le réaliser plus tard ? Ou bien étudiait-il quelque chose de déjà existant ? » Et si une telle structure existait déjà dans la nature, comment pouvait-elle nous avoir échappé jusque là ? 64 km, ça ne passait pas inaperçu. Et dans quel but ? Cosmologie ? Astrologie ? Alchimie ? Quel était ce chemin que ThorThor tentait de ne pas perdre ?
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GKS 2365 4to

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