It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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HENRIK & AVA ♦ this is how we roar

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MessageSujet: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar Dim 5 Avr - 16:22


this is how we roar
Henrik et Ava
Je n’ai rien contre les mini-jupes et les talons-aiguilles. Vraiment. Je trouve que le simple fait de porter des talons donne un petit plus à une femme, j’adore le concept même des chaussures vertigineuses. Je suis une adepte des chaussures. Mais l’alliance « minijupe/talon » dans ce genre de bar est clairement une mauvaise idée. Je ne comptais plus le nombre de mains à s’être posée sur mon cul depuis le début de mon service. Ni le nombre de fois où je m’étais fait violence pour ne pas tordre la main du lubrique qui pensait que s’offrir une bière à deux dollars incluait dans le prix de poser la main sur mon postérieur.  Mais je restais stoïque et digne, jouant subtilement de mon répertoire d’esquive pour repousser les propositions grivoises et éviter les mains baladeuses. Bon sang, j’adorais les talons hauts mais ce boulot était en train de venir à bout de ma patience. J’étais coincée dans ce bar depuis presque trois semaines et je n’avais encore eu aucune avancée notable concernant les Italiens. Morello semblait étrangement calme depuis plus d’un mois. Aucune nouvelle « campagne » de recrutement n’avait été lancée mais je m’étais assurée d’avoir été repérée par ses sbires lorsque je prétendais « faire le trottoir » certains soirs, sous la surveillance de mon partenaire. Ils avaient flairés la proie facile. Restait maintenant à ce que Morello se décide à embaucher. Que je puisse me tirer de ce bar où l’indic’ de mon partenaire se faisait un malin plaisir de m’humilier. Mes pieds me faisaient souffrir pourtant je restais vaillamment derrière ce bar, gardant un sourire désabusée de la fille qui en a trop vu. Ce bar n’était pas regardant sur la nature de la clientèle. Pourtant certains habitués étaient plus intéressants que d’autres. Comme ce géant nordique, tout droit sortie d’un épisode de Viking, qui entrait pour la troisième fois cette semaine dans la salle. Par habitude je lui servais son « poison » et déposait son verre devant la place vide qu’il occupait d’ordinaire au bar. Il était un de ces anonymes qui venaient se perdre ici. Il n’appartenait pas à la clientèle louche du coin. Il buvait, toujours seul, repoussant les avances des femmes qui étaient séduites par le style « géant des steppes » avec froideur. Je m’éloignais pour servir les autres clients sur un sourire alors qu’il s’installait. Qui allait tenter sa chance avec lui ce soir ? Je pariais sur Marla, elle bossait dans un club de strip-tease près d’ici, elle était de celles qui pensaient qu’aucun homme ne refuserait un tour de manège entre ses reins. Peut-être aurais-je l’occasion de rire une fois de plus ce soir lorsqu’il l’enverrait paitre.

(...)

J’avais troqué mes talons contre une paire de convers’ et un longue doudoune de seconde main couvrait mes jambes. Bon sang, le printemps avait beau être là, il faisait un froid de gueux la nuit. Kirt m’avait demandé de fermer ce soir. Il était tard, trois heures du mat’ passé. Les derniers clients avaient filés. J’insérai la clé dans la serrure et bouclait le bar pour le reste de la nuit. La rue était déserte si ce n’était quelques bruits coutumier, son assourdie d’une dispute, grésillements des téléviseurs, marmonnements d’ivrognes. Des bruits que j’avais appris à ignorer et à accepter. On était loin de mon petit quartier cossu de Washington. Pressant le pas dans la rue déserte, j’avançais en direction de la station de métro, afin de rentrer dans mon appartement « de couverture ». J’étais à quelques centaines de mètres du métro, lorsqu’ils surgirent par surprise d’une ruelle. M’empêchant d’avancer. Surprise, je vacillais sur mes appuis, les talons au bord du trottoir. Je moulinais des bras pour rétablir mon équilibre mais c’était trop tard. La chute fut rude, magistrale. Ma tête cogna contre le bitume m’étourdissant. Bon sang, Cooper frappait moins fort lors des entrainements du département. Aie. Plus que mon crâne c’était mon égo qui en prenait un coup après cette chute magistrale mais surtout parce que je ne les avais pas vu venir. J’étais fatiguée et distraite. Erreur de débutant. Ils étaient quatre, riant grassement de ma chute, me surplombant. Merde. Je les reconnaissais, les peloteurs de fesses du bar. « Alors ma jolie, on était plus leste tout à l’heure ! Mais c’est vrai qu’on est impressionnant, pas vrai les gars ? » Marre toi connard. Je tentais de me redresser mais déjà l’un d’eux m’avais saisi par le bras, me redressant brutalement pour me serrer contre lui. « Tu fais moins la difficile maintenant, pas vrai ? » Lâcha-t-il avant de coller sa langue dans ma bouche. Seigneur, il puait, c’était une horreur. Je pensais à mes cours de full-contact, d’arts martiaux que mon père m’avait fait suivre depuis mon plus jeune âge. J’aurai pu en aligner un ou deux facilement. Mais ... Ava Wigderson s’y connaissait en self-défense pas Ava Martinelli, la serveuse qui peinait à joindre les deux bouts. Je mordis sa langue, refermant mes dents sur elle. Le forçant à interrompre ce baiser avec un gémissement de douleur. Il relâcha son étreinte, suffisamment pour me permettre de reculer et de hurler à l’aide avant de m’enfuir. Si personne ne venait je devrais ... agir. Au risque de griller ma couverture si l’on me surveillait. Bon sang, ma tête me lançais, ma vision était trouble et je peinais à les distancer. La chute avait endommagée mon égo mais aussi alourdie mon esprit. Je fonçais droit devant moi, l’écho de leurs pas à ma suite. Il fallait .... Je heurtais violement un mur. Tout du moins fus-je ce que je cru une seconde avant de réaliser qu’une solide paire de bras s’enroulaient autour de ma taille pour m’empêcher de tomber à la renverse. Le Viking. « Je vous en prie, aidez-moi ! » Soufflais-je alors que mes agresseurs s’arrêtaient prudemment à quelques mètres de nous. J'espérais être crédible dans le rôle de la demoiselle en détresse même s'il fallait l'avouer, je feintais à peine l'étourdissement qui me prenait. Merde, je pourrais tout au plus rendre quelques coups mais pas venir à bout d'un groupe de quatre personnes. Bon sang, il fallait que cela m'arrive ce soir. Alors que je terminais une semaine de 60 heures. Si cela avait été des sbires de Morello, j'aurai au moins pu m'en réjouir. Mais non, ce n'était pas au sujt de ma mission. Seulement à cause de cette foutue minijupe et de ses talons trop hauts. Encore !
electric bird.
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MessageSujet: Re: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar Lun 6 Avr - 15:26

Mon verre m’attend déjà au comptoir, avant même que je vienne m’y assoir. Cette attention à quelque chose de pathétique vu le lieux dans lequel je me trouve. Il n’y a pas de quoi se vanter de faire parti des habitués d’un endroit pareil. Mais c’est mon chez moi à deux pas de chez moi. Et comme chez moi il n’y a rien à faire puisqu’il n’y a ni télé, ni radio, ni ordinateur, casi rien vraiment, je viens ici tuer le temps qui sépare ma fin de service au restaurant du moment ou j’aurais envie de m’endormir.

La serveuse qui s’occupe si bien de moi s’appelle Ava. Je le sais parce-que j’ai entendu d’autres usagers l’appeler par son prénom comme s’ils partageaient la relation intime avec elle dont ils rêvent tous, pour finir par rentrer chez eux dépités, se palucher devant un mauvais porno histoire d’évacuer la frustration de ne pas être parvenus à leur fins. Une superbe rouquine gâchée par la tenue que son patron doit l’obliger à porter pour que les habitués restent habitués, c'est ce que j'imagine. Le bout de tissu qui lui sert de jupe passe encore, mais piétiner sur des kilomètres derrière un bar en talons, ç’est de la maltraitance pure et simple.

Ce n’est pas pour admirer ses formes d’un regard lubrique que je viens ici plusieurs soirs par semaines et que je reste assit au bar, mais elle est la seule présence féminine que j’apprécie ici. Elle ne me parle pas, elle me sert mes verres avant même que je lui demande quoi que ce soit, elle encaisse la petite monnaie de mes pourboires du restaurant en me souhaitant une bonne nuit quand je décide de rentrer chez moi et c’est tout. C’est appréciable. Je ne dit pas ça par machisme c’est juste que j’apprécie son coté "droit au but" dans une situation pas facile. On a une sorte d’accord tacite elle travaille pour l’argent je crois, parce-que par plaisir ça m'étonnerais beaucoup et je viens pour boire. Aucun de nous n’est là pour se faire des amis ou pour se faire l’autre alors à quoi bon parler de la pluie et du beau temps ? Malheureusement, elle ne sont pas toutes comme ça. Je me suis fait aborder plus d’une fois dans ce bar comme si c’était la saison des amours permanente.

J’aperçois une silhouette s’approcher de moi dans le miroir derrière les bouteilles alignée au mur derrière le comptoir. Un éclat de rire étouffé échappe de mes narines et je baisse la tête pour cacher cet élan de bonne humeur car après tout, ce n'est que Marla. Elle n'est pas chiante. Je ne peut pas lui en vouloir de tenter le tout pour le tout, soir après soir. Ca a commencé comme un jeu et c'est devenu une habitude alors c'est comfortable. Je suis beaucoup plus sérieux quand je relève les yeux vers elle, par principe. Je la salue:

Marla.
Bébé.


Cette fois j’ai laissé mon rire s’exprimer librement. La première fois qu’elle est venue me parler, elle m’a expliquer sans détours que le style repris de justice lui plaisait bien, et qu’elle espérait que je la saute comme si je venait de sortir de taule. J’étais tellement choqué que je lui ai conseillé d’avoir un peu plus de respect pour elle même et que c’est tout ce qu’elle aurait de moi d'ailleurs: du respect. Je ne traite pas les femmes comme des bouts de viande. Pas vexée, je crois qu’elle a même apprécier mon attitude et depuis elle vient tenter sa chance à chaque fois qu’elle me croise en sachant parfaitement que ça n’aboutira pas. Peut être juste pour le plaisir de constater qu’il y a encore des hommes dans cet endroit qui ne désespèrent pas d’envoyer la sauce sur un bout de steak.

Pas ce soir.
Pas ce soir.


Elle me dépose un baisé sur la joue et s’éclipse, je la regarde s’éloigner vers un autre client qui la traitera moins bien que moi avant de replonger dans mon verre, car Marla est une grande fille.

_

New York a la réputation d’être encore plus chaude que Marla à certaines heures de la nuit. Je me serais bien passé d'en faire l'expérience mais mon imagination bien qu'alimentée par plusieurs verres d'alcool ne me jouait pas de vilain tour. Alors que j'allais rentrer chez moi après la fermeture du bar, me voilà au coeur d'une scène d'agression, percuté par une jeune femme qui tentais de s'enfuir devant 4 agresseurs eux aussi stoppés net dans leur élans. Mon sang n'a fait qu'un tour mais mes pensées semblaient ramer et l'ordre de foncer dans le tas n'était pas encore arrivé jusqu'à mon cerveau.

En terme de force brute je me débrouille pas mal mais en ce qui concerne mes notions de l’esquive, je regrette aujourd'hui e ne pas avoir suivi mon meilleur ami à ses cours de Krav Maga. Ma seule chance de ne pas passer de l’ours au panda une fois que j’aurais les deux yeux au beurre noir, c'était de me faire passer pour un Hell's Angel et d'espérer que ces enculés soient raisonnables.

Je vous en prie, aidez-moi !

J’allais l’aider. Les 4 ne bougeant plus maintenant qu'ils m'avaient vu, j’en profite pour regarder Ava que je reconnais enfin. Quelque chose me contrarie, je lui prend le menton et lui fait ouvrir la bouche pour regarder l'intérieur et il y a des traces de sang, est-ce qu'on l'aurait frappée ? Je n'en sais rien, mais ce sang n'est pas arrivé là tout seul. Je les menaces carrément de mort:

Du aner ikke hvor mye jeg vil drepe deg.

Avant qu'ils ne me tombent dessus je regarde Ava et je lui conseille de courir se mettre en lieu sur pendant que je m’occupe de faire diversion sachant qu’il y avait de grands risques pour qu'elle ne me revoit plus jamais au comptoir de son bar. D'ici la fin de la nuit j'aurais surement fini découpé en morceaux dans l'Hudson.

File.
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MessageSujet: Re: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar Mer 8 Avr - 15:19


this is how we roar
Henrik et Ava
En quelques semaines dans ce bar j’ai rapidement apprit beaucoup de choses sur la faune qui fréquent ce genre de lieu de perdition. J’ai compris que les hommes qui venaient ici avaient en général trois but distincts : boire jusqu’à oublier, boire et conclure des affaires illégales, boire et essayer de trouver une femme pour réchauffer leurs lits. En trois semaines ici, j’avais reçu plus de propositions grivoises qu’en près de six mois à New York. Mon père aurait probablement trouvé à redire sur ma tenue mais, à coup sûre il aurait été étonné de ma capacité à garder ma couverture alors que je détestais qu’on me prenne pour une femme trophée. Je supportais ce traitement dans l’unique but de faire avancer ma carrière et mettre un terme aux affaires d’une branche de la Mafia. Mais il fallait l’avouer, c’était plutôt enrichissant cette première mission sous couverture, j’en apprenais un peu plus sur moi-même. Et je grandissais, loin du confort auquel j’avais été habitué. Je devais gérer un budget « serré », payer un loyer avec un salaire ridicule et minimiser mes dépenses. Ce qui incluait de devoir cuisiner, faire moi-même le ménage et aller à la laverie. Des petites tâches que je n’avais jamais vraiment effectuées. Même si j’avais été à l’académie de Police, j’avais toujours disposé de l’appui de mes parents pour mon « quotidien », un salaire correct à quatre chiffres me permettait de « limiter » les efforts dans ma vie quotidienne : pressing, traiteur, femme de ménage etc. Et si j’avais grandis dans un univers protégé, mon quotidien de policier m’avait confronté à la misère mais je n’avais jamais encore baigné dans cette ambiance sombre, relative aux arcanes du crime organisé. Certes au quotidien j’assistais à de petites transactions : cambriolage, recel, vente de stupéfiants etc... Mais tout cela faisait partie d’un réseau plus vaste et il était fascinant de voir comme le battement d’aile d’un papillon dans ce bar se répercutait sur le territoire de la Mafia. Et même si les conditions de travail étaient ... pour le moins déroutantes, mon « patron » s’amusant clairement à rabaisser le flic qu’il savait que j’étais, j’apprenais à m’adapter pour gérer mon futur travail sur le terrain. J’acquérais les bons réflexes pour donner le change face à Morello et c’était tant mieux. J’apprenais aussi à cerner d’un coup d’œil les clients et à me méfier de ceux qui pourraient représentés une menace. Le Viking, c’était ainsi que je l’avais surnommé dans mon compte rendu journalier, n’appartenait pas à cette catégorie. Il n’était pas causant, ni agressif, il venait boire un peu, payait ses consommations et disparaissaient à la fermeture ou un peu avant. Il plaisait aux femmes qui trainaient dans ce bar, certaines pour un temps de repos entre deux passes, d’autres pour une petite « soirée beuverie », quelqu’une pour s’encanailler. Il les repoussait avec plus ou moins de formes. Bref, c’était un « gentil » avec un look d’ours venu du Nord. Il laissait toujours un généreux pourboire, remerciement pour mon silence

Il y avait une sorte d’accord tacite entre nous. Je lui préparais son ou ses verres, je lui souriais, parfois il me répondait d’un mouvement de tête, il consommait, payait, laissait un pourboire et partait. Pas d’implication, pas de conversation. Il était un client normal parmi le flot de truands qui passaient par ici. Aucune complication avec lui. Aucune.

Jusqu’à présent. Je n’avais pas prévu de jouer la demoiselle en détresse ce soir. Je n’avais jamais été faite pour ce rôle. Noam m’avait appris à me défendre dès que j’avais eu l’âge de comprendre que la position de notre père dans la sphère du FBI ainsi que ma plastique, mon arrogance innée et mes paroles légères pourraient m’attirer des ennuis. Mon père avait ensuite pris la relève. J’alternais les cours de danse classique et la boxe, le piano (dont je jouais très mal par ailleurs) et le kendo. Mais là, je n’étais pas Ava Wigderson. Je n’étais qu’une serveuse de bar sans le sous, qui savait tout au plus donner quelques coups de poing et de pieds. Le flic en moi devait être muselé. Il n’y avait eu aucune implication. Jusqu’à ce que je le heurte de plein fouet en fuyant mes agresseurs. Agresseurs que le physique de motard bodybuildé  avait stoppés net dans leur course. Ils étaient ivres mais en groupe. Ils pouvaient être dangereux. Seule, blessée, je n’avais aucune chance, la fuite était « la » solution. « Du aner ikke hvor mye jeg vil drepe deg. » Norvégien ou Danois. Mon cerveau enregistrait l’information par réflexe tandis qu’il me faisait passer derrière lui en grognant dans cette langue gutturale. « File. » Mais je ne le pouvais pas. Ni le flic en moi, ni la serveuse que je prétendais être. Je ne pouvais le laisser seul face à plusieurs adversaires. Je pouvais donner le change. Donner des coups bien placés qui paraitraient inoffensif mais en mettrais quelques-uns au tapi je pouvais ... Je devais protéger ma couverture. C’était ce que je devais faire. Mais ma conscience m’interdisait de le laisser seul face à plusieurs agresseurs ! Bon sang être une armoire à glace ne faisait pas de vous un pro du combat rapproché. J’avais été formé à ce type de situation, à l’école de police, lors des cessions d’entrainement de l’OCCB. Bordel ! Je devais fuir. Protéger ma couverture ... Mon regard s’égara vers la station de métro à quelques centaines de mètres alors que les « loubards » commençaient à comprendre qu’ils auraient l’avantage du nombre et une chance de m’avoir. Une lueur bleue, blanche, rouge... Un flash lointain mais reconnaissable se reflétait sur la brique d’un des immeubles. Des patrouilleurs. Je me mis à courir, la tête me tournait plus encore mais cela n’avait pas d’importance. Je devais arriver jusqu’à l’angle de la rue avant que la patrouille ne le dépasse. Je manquais presque d’atterrir sous leurs roues. Crissement de pneus, par choc tout proche de mes jambes. « J'ai besoin d’aide, mon ami se fait agressé. » Je haletais en indiquant à grand renfort de mouvement de bras les silhouettes au loin. Bon sang ... je détestais être sous couverture !!

electric bird.
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MessageSujet: Re: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar Mer 22 Avr - 23:07

Je n’ai pas la prétention d’être un héros puisque je n’en suis pas un. Il me manque un quelconque pouvoir qui me permettrait de tabasser trois gars en deux temps trois mouvements et que ça passe comme une lettre à la poste. Là tout de suite, je me sens comme un geek devant la bande annonce de Batman contre Superman: il faudrait que j’ai une conversation sérieuse avec Zack Snyder pour qu’il m’explique ce que Bruce Wayne espère faire contre Clark Kent parce-que j’ai du mal à l’imaginer sortir vainqueur d’une confrontation au corps à corps avec l’homme de fer.

Je suis peut être taillé comme un bucheron, à 3 contre 1 je suis juste du mauvais coté de la barrière. J’assume. Il y a une forte probabilité pour que je meurt dans les minutes à suivre et ce n’est pas du tout ce que j’avais prévu pour mon avenir proche, mais comment aurais-je pu être témoin d’une scène d’agression sans tenter de m’interposer ? Ava est hors de portée, j'espère qu’elle à suivi mon conseil et qu’elle s’est enfui, on se retrouvera plus tard ou dans une autre vie. Je me retrouve donc face à ses agresseurs qui comptent me faire payer très cher de leur avoir gâchés la fête.

...

Je ne vois pas ma vie defiler devant mes yeux, mais je me souviens à cet instant, alors que je me suis prit les coups qui m'ont mis à terre et qui ne s'arrentent pas, d'une phrase prononcée par une passeuse d'âmes dans un reportage sur la peur de la mort que j'ai vu récemment. Ce n'est pas la mort qui fait mal, c'est de resister. Mes pauvres notions de bases en Krav Maga me reviennent aussi, on enseigne aux agents secrets du Mossad comment encaisser les coups de manière a survivre à l'agression physique, plutot que de tenter l'attaque. Je me laisse donc faire à terre, et je me surprend à prier pour qu’un événement que je n’ai jamais vu qu’en rêve fasse irruption dans ma vie éveillée. Mon corps devient lourd, aussi lourd que dans ce rêve vivide et récurrent que je fais:


    Je suis allongé dans un champ, je suis incapable de bouger mais je ne m’en rendrais compte que plus tard. L’air est lourd et humide, les couleurs sont dorées. Je tourne la tête à ma droite et j’aperçois la silhouette de New-York. Je me dit que je ne peux pas à la fois être allongé dans un champ au milieu de nulle part et pourtant si proche de New-York, quand mes pensées sont interrompues par…


Par la police. J’ouvre les yeux, les coups ont cessés, et j’aperçois la couleur des girophares sur le mur et les forces de l’ordre à l’approche en courant. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, mais une forme d’autorité est bel et bien en train d’intervenir et ce n'est ni plus ni moins que ce pour quoi j'ai prié.

L’un d’eux s’arrête à ma hauteur pour prendre de mes nouvelles tandis que son co-équipier prend en chasse nos agresseurs. Je dis "nos" car finalement dans l’état ou je me trouve même si j’essaye de faire bonne figure, la médaille du héros du jour va être attribuée à quelqu’un d’autre. Il me demande si j’ai besoin d’une ambulance, je répond que non alors que reprendre mon souffle me provoque une douleur si intense que j'en conclue à une côte fêlée. Je viens de voir Ava plus loin dans la ruelle, et je comprend que c’est elle qui les a alertés. Je fais un signe de la tête dans sa direction à l’intention de l’agent de police:

Assurez vous plutôt qu’elle va bien, c’est à elle qu'ils s’en sont pris au départ.

Il ne doit pas croire une seule seconde que j’aille bien mais il respecte mes efforts pour paraître digne de ma carrure et n’insiste pas, c'est une forme de solidarité masculine: Laissez moi réconforter mon égo blessé à l'abris des regards et devant une bouteille d'alcool fort. J'ai trop mal.
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MessageSujet: Re: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar Dim 26 Avr - 11:36


this is how we roar
Henrik et Ava
Je déteste me sentir impuissante. Je déteste cette situation, je déteste dépendre d’autrui et me savoir trop faible pour agir. Bon sang j’avais fait de grandes écoles de psychologie criminel, j’avais été à l’académie, j’avais patrouillé dans Washington, j’avais été entrainé depuis mon plus jeune âge au sefl-défense. Tout du moins Ava Wigderson l’avait été. Pas Ava la serveuse. J’étais impuissante car j’avais été prise par surprise et que je n’étais pas censée savoir ce que je savais. Je ne pouvais donner que quelques maigres coup de poing et encore, pas des assez puissants pour les sonner. J’étais moi-même sonnée. Merde ! L’impuissance était peut-être le pire sentiment lorsque l’on est flic, une part de moi savait que même si je m’en étais mêlée je n’aurai pas été en état de l’aider, ma tête tournait, je me sentais nauséeuse. Mais une partie de moi, celle qui s’était engagée à défendre cette ville, la partie non rationnelle de mon âme de flic détestait que je ne me sois pas mêlée, que cette mission, cette couverture m’empêchent de faire mon devoir. Bon sang, je n’étais pas lâche, je ne fuyais pas. Je n’avais jamais rien eut contre une bonne bagarre, j’étais une teigneuse. Mais je n’avais pas le choix, il était en surnombre et si j’étais restée ... Le géant nordique aurait cherché à me protéger plutôt que lui. Bon sang, je courais comme si ma vie en dépendait, à la recherche de cette voiture qui émettait ses flashs de couleurs si reconnaissables. Dans mon empressement je manquais passer sous leurs roues mais le résultat fut celui que j’attendais, abandonnant leur véhicule de patrouille, ils se précipitèrent dans la direction que je leur avais indiqué. Le principal souci lorsque l’on endosse une couverture « peu reluisante », dans le genre serveuse de bar habillée comme une prostituée, on court le risque de ne pas être pris au sérieux par ses propres collègues. Qui croirait qu’habiller ainsi j’avais pu me faire « agresser », certains auraient pu penser que je l’avais cherché. Mais pour une fois, ce ne fut pas le cas. Plus lentement, chancelante, je les suivais vers les lieux de l’agression. Le soulagement fut maigre de le voir bouger, à terre, ensanglanté mais l’air « en bon état » compte-tenu de ce qui lui était tombé dessus. Voir le géant nordique sur le sol me causa un choc, par ma faute, il en était là. La culpabilité prit le pas sur le soulagement. Bon sang, Je m’arrête à quelques pas, m’appuyant contre le mur pour reprendre mon souffle, pour cesser de voir des étoiles devant mes yeux. Mon « collègue » lui demande s’il souhaite qu’il appelle une ambulance. Bougre d’imbécile, bien sûr qu’il a besoin d’une ambulance, il a beau ressembler à une montagne debout, replié sur le sol il semble vulnérable, comme un arbre que l’on aurait abattu. « Assurez-vous plutôt qu’elle va bien, c’est à elle qu'ils s’en sont pris au départ. » On leur apprenait la galanterie au berceau dans les pays du Nord ? Il ne devait pas y avoir beaucoup de femmes, logiques qu’ils cherchent à les préserver. Clopinant je m’approchais de la silhouette à terre, me laissant « choir » sur le trottoir à ses côtés. Ma tête me lançait douloureusement et mon poignet protestait à chaque mouvement, je dressais mentalement un constat. J’avais surement une commotion, ce n’était pas la première, et une entorse du poignet. Lui souffrait de toute évidence d’une côté cassé et de contusion plus ou moins importante. « Faut qu’on aille à l’hôpital, toi et moi. » J’annonçais gravement en posant une main sur son épaule, pour lui adresser un sourire tremblant. Je perdais le contrôle de ma relative assurance. « Merci. » Je soufflais à son attention unique tandis que le policier demandait par radio une ambulance. Il faudrait faire une déposition, remplir de la paperasse à l’hôpital... Cooper serait automatiquement prévenu lorsque l’hôpital rentrerait mon faux numéro de sécurité sociale dans leur serveur et il ne tarderait pas à venir évaluer l’ampleur des dégâts. « Au fait, je suis Ava. » Je songeais que je ne connaissais pas son nom et qu’il venait probablement de me sauver d’un viol ou de bien pire. Le second flic revenait, seul. De toute évidence, ils avaient perdus mes agresseurs ... Mais nous étions en vie.
electric bird.
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MessageSujet: Re: HENRIK & AVA ♦ this is how we roar

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