It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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meika & islay - Lá Fhéile Pádraig Shona dhaoibh !

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MessageSujet: meika & islay - Lá Fhéile Pádraig Shona dhaoibh ! Mer 18 Mar - 23:17

Du vert, du vert et encore du vert. Mon appartement ne se résumait plus qu’à ça, du vert partout. Et l'effervescence allant avec. J’avais pas envie, vraiment pas. J’aurais préféré rester là, ou aller bosser, mais il n’en était pas question, Roddy en avait décidé autrement. Et personne ne pouvait, ni ne devait contredire Roddy. Même pas moi. J’étais pas assez fou pour ça. Il avait débarqué à l’aube, ou ce que je considérais comme aube, entouré d’une horde d’écossais parlant fort et riant tout aussi fort. Rien ne pouvait l’arrêter, pas même le digicode qu’il avait déjà apprivoisé et, au milieu de mon salon, il déposait tout l’attirail dont nous aurions, parait-il, besoin. Une heure plus tard, une bière à la main, je les observais faire, sans y prendre part, préférant isoler ma torpeur au sommet d’un tabouret de bar. Sur l’écran plat, la chaine écossaise retransmettait la parade qui se déroulait chez nous. Il était encore tôt, à New York, mais à Glasgow, la moitié de nos compatriotes erraient, déjà ivre, dans les rues. Et eux, Roddy et la bande, ils avaient prévu quoi ? Sortir, visiblement, se rendre à la parade de la Cinquième Avenue à dix-sept heures, et en attendant festoyer comme il se doit. Parce qu’aujourd’hui, la grosse pomme nous appartenait, visiblement. Ils avaient un peu tendance à oublier que nous n’étions pas irlandais mais Roddy prétendait que les américains ne feraient pas la différence. La Saint Patrick, en réalité, n’avait rien d’une fête spécifiquement irlandaise puisqu’elle était tout autant célébrée en Ecosse, mais nous étions bien moins représenté, ici, que les irlandais, il fallait se rendre à l’évidence. Pour l’occasion, Roddy avait même planté des trèfles à quatre feuilles dans sa barbe qu’il avait presque aussi rousse que mes cheveux, et m’en offrit un pour le planter dans le col de ma veste en cuir, prétextant qu’il me fallait jouer le jeu et que la chance reviendrait. La chance... Oui, non, je n’étais pas malchanceux, finalement, du moins, je n’étais pas le plus malchanceux de ma famille. J’étais celui qui avait survécu et qui devait en assumer les conséquences. Quelle idée de survivre, aussi ! J’allais devoir rentrer en Ecosse. Dans un premier temps pour l’inhumation, et peut-être pour plus longtemps si on en croyait mes parents. Mais pour l’instant, je ne voulais pas penser à ça, je ne voulais penser à rien de tout ça. À rien du tout. Et j’ouvrais une nouvelle bière. Je restais là, immobile, impassible, les observant faire sans y prendre part. J’avais déjà accepter d’enfiler et un kilt et de les suivre, il ne fallait pas trop m’en demander. Renfrogné, voilà ce que j’étais. Je ne tirais pas la tronche, puisque je n’avais aucune raison de tirer la tronche à qui que ce soit, mais mon absence de volonté était plutôt évidente. Encore plus lorsque le digiphone se mit à sonner, et que Roddy y répondit comme s’il était chez lui. C’était pas le fait qu’il y réponde qui me dérangeait, plutôt le fait qu’il reçoive encore du monde chez moi. Il avait invité tous les expatriés écossais ou quoi ? J’aimais pas. Pour la bonne et simple raison que mon appartement ne correspondait pas à ma fonction. J’étais barman pour tout le monde, et ça, là, cet appartement, il puait un peu trop le fric à mon goût. Pas pour la déco, non, j’étais simple, elle était simple, mais plutôt par sa superficie dans ce type de quartier. Le Village, c’était pas donné, déjà. Mais soixante-dix mètres carrés dans le Village, encore moins. Donc s’il pouvait éviter d’ameuter tout le bar... Un bar ouvert, aujourd’hui, tu penses ! C’était le jour où nous ferions notre plus gros chiffre d’affaire. Un jour que j’aurais aimé passer sur place, mais... Encore une fois, Roddy en avait décidé autrement. Keir s’occupait de la gestion, et je craignais le pire. Tant pis, là-dessus non plus, je n’avais pas argumenté. Pas la force, ni l’envie. À la place, je buvais, sans même sentir l’ombre des prémices d’un enivrement, l’observant raccrocher le digiphone en invitant une nouvelle personne à monter. Bah oui, tiens, pourquoi pas. Et on pourrait peut-être accueillir la parade, aussi, non ? J’avais la tête dans le frigo, cherchant une nouvelle bière, lorsque la grosse voix de mon ami retentit depuis le salon. « Tout le monde, j’vous présente la fille de la tempête. La fille de la tempête, voici tout le monde. » La fille de la tempête ? J’claquais la porte du frigo pour découvrir l’unique touche féminine au milieu de cet essaim de testostérone verdoyantes. Tiens, le courant d’air était revenu ? C’était son truc à elle, ça, disparaitre et réapparaitre à loisir, sans que je n’ai mon mot à dire. Enfin, je suppose que si, j’aurais pu avoir mon mot à dire si j’avais détenu la moindre forme de volonté en sa présence. Mais non, dès qu’elle apparaissait, mon égo disparaissait, et ne laissait place qu’à un besoin immense et compulsif. La dernière fois, on avait presque passé une journée complète au lit avant qu’elle ne prenne la fuite à nouveau. Et dieu sait qu’elle me gonflait à se barrer de la sorte. D’ailleurs, ça aussi, ça s’ajoutait à mon air renfrogné, bien que personne ne devoir voir la différence. « Lá Fhéile Pádraig Shona dhaoibh ! » tonna mon ami, indifférent à mon air blasé, en déposant une couronne de trèfles sur les cheveux d’ébène de l’artiste-peintre. « Ca tombe bien, ça manquait d’femme, justement ! » expliqua un autre en lui collant un pin’s aux couleurs de l’Ecosse sur le revers de sa veste. « Elle vient avec nous ? » demanda encore un autre, posant à voix haute la question que je refusais de me poser à moi-même. « Evidemment ! » Ca, c’était Roddy, grognant pour mettre au défi de le contredire, même Meika. « Glenn ! Trouve-lui un tartan ! On peut pas la laisser sortir sans tartan ! » Ha bah non, surtout, ne la laissons pas sortir sans tartan, tiens. Et hop, une nouvelle gorgée. « Mais non, pas le tien, crétin ! Celui des MacLean ! » Ha bah oui, encore mieux, mon tartan pour parfaire le tableau. Il allait me falloir quelque chose de plus fort. Même pas seize heure, j’pouvais attaquer le whisky ou pas ?
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