It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Come what may [J.]

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MessageSujet: Come what may [J.] Sam 14 Mar - 19:36



How cruel, your veins are full of ice-water and mine are boiling.
Jénova & Ezechiel


« A Midland Beach. Et vite, j'ai un rendez-vous important. » La pupille placide du chauffeur attitré d'Ezechiel accroche le reflet de son patron par le biais de son rétroviseur intérieur. Il a pour toute réponse un hochement de tête docile, quoique son visage écrit les traits de la légèreté : avisant ainsi le courtier fraîchement installé dans sa Rolls Royce – nouveau jouet dont il se passera très certainement d'ici le mois prochain, en dépit de son intérieur d'un cuir blanc et précieux – il constate sur les lèvres du loup un sourire rare car convoité. D'une tendresse presque tue, dissimulée sous ses grands yeux sombres parcourant la vitre teintée de son bolide de luxe, Ezechiel s'est plongé tout entier dans ses pensées comme il songe déjà aux retrouvailles avec sa jolie blonde. Son travail n'est plus le nerf de sa guerre ; il a endormi le démon de la vénalité pour mieux attiser les flammes inusitées de l'amour. En lui ronronne un feu sans discontinuation, à l'égard d'un être unique et pour qui il respire encore. Elle (faut-il donner un nom à la danseuse qu'il déifie), s'est accaparé son cœur et sa raison. Il respire, vit, ne boit qu'elle. Quand en proie à des émois amoureux lui remémorant les tremblements de sa première et seule idylle véritable, Ezechiel a vêtu les oripeaux de l'adolescent qu'il put être autrefois. Un vrai branleur. Esprit pourtant pointu, à l'instar de son regard pénétrant. Déjà vénal mais jamais corrompu. La passion étreignant ses tripes, et cet esprit qui divague, comme un grand rêveur. Il a la gorge sèche et le cœur assoiffé lorsque, impatient de rejoindre sa douce il jette à sa montre un coup d'oeil fébrile à chaque seconde qui s'écoule. Bam Bam Bam. Le myocarde s'improvise maestro comme il le tanne de gammes et d'intervalles : des notes rondes et blanches jouant crescendo à mesure qu'il se rapproche de son but. Il a l'envie de scander au chauffeur d'aller plus vite, mais ce dernier a déjà plaqué le pied sur l'accélérateur : complice de l'état amoureux de son patron, il s'assure de ne pas émousser son impatience et de l'y amener à temps.

Lorsqu'enfin Ezechiel pose un pied au sol, il sent le macadam qui s'effrite sous son poids. La terre s'est dérobée, a emporté avec elle sa raison et sa conscience. Bam Bam Bam. Si la lippe demeure laconique, le palpitant semble bavard. L'estomac se rétracte sous l'envol des papillons, tandis que Ezechiel presse le pas vers leur point de rencontre. Et puis la stupeur. Vision cauchemardesque, un peu de ciguë au creux des artères. 14h52. Une belle heure pour mourir. Plus aucun tambour à son myocarde sinon le dernier glas de l'abattement. Car le courtier a posé sa pupille froide sur deux silhouettes entrelacées sur le seuil du café ; Jénova aux bras d'un inconnu, se pendant à son cou avec la langueur de l'insouciance. Elle a le rire qui éclate à la commissure des lèvres, le bonheur traîne sous ses pas de velours. La belle irradie d'une lumière aussi belle qu'aveuglante, quand lovée tout contre le bellâtre elle lui renvoie tout ce qu'Ezechiel ne pourra jamais lui offrir. Cette infidélité lui éclate à la gueule et pourtant, le courtier ne peut que se demander s'il s'agit vraiment là d'une duperie. Car en dépit de leurs mots doux échangés, les amants n'ont jamais scandé un état d'exclusivité. Alors ainsi statufié dans son désarroi, il se demande soudain s'il saura un jour la faire sourire ainsi. Trop de différences greffées à leur histoire, une dichotomie imparfaite qui ne peut prétendre la rendre heureuse. A peine arrivé qu'il se repent d'y avoir cru. C'est dingue, comme il a l'air de le prendre bien. Il se fait la réflexion que c'est con, de tomber amoureux si c'est pour mieux se suicider ensuite. Le cœur en suspens et les tripes en feu, une moue trouble sur son visage blessé. Car il a le chagrin qui s'inscrit sur son front blanc, lequel se plisse sous le poids du tourment. Placide, comme toujours. Lèvres entrouvertes et petite mort. Las cependant, comme il aimerait vomir sa peine et son tumulte, dégrafer son cœur avec ses dents de loup puis défaire, tout doucement, les fils ayant cousu leurs âmes.

Puis Ezechiel s'incline devant son égoïsme – chose qu'il n'eut que rarement faite auparavant. Préférant faire demi-tour plutôt que de venir rompre leur complicité volée. Craint de briser le bonheur de Jenova, celui-là même qu'il se persuade ne jamais pouvoir lui offrir. Il se sent contaminateur particulier, potentiel porteur d'une épidémie galeuse et qu'il ne souhaite pas transmettre à la danseuse : celle de son propre fléau. Et puis il y a cette colère qui s'insuffle suite au sentiment d'abandon et de trahison : c'est d'un pas véhément qu'il rejoint sa voiture malgré son air froid et placide. Ignore sans le vouloir l'oeillade inquiète de son chauffeur l'avisant d'un regard souffreteux : « Monsieur ? » Une voix chaude et amicale malgré la docilité de la question, lorsque figé encore dans quelques longues secondes muettes, Ezechiel daigne enfin lui répondre. Il a sa pupille qui se meurt tout contre la vitre, et le timbre qui s'égraine dignement. Abattu en plein cœur, l'homme se meurt à terre. « A Wall Street. » souffle-t-il d'une voix éteinte quand, avide de reprendre un travail acharné afin de tout oublier, il a les pensées absentes et le cœur d'un fantôme.

~*~

Une dizaine de jours est passée ainsi, en fulgurances houleuses. Le courtier a préféré ignorer les brèves manifestations de Jenova, un peu de colère contre sa jalousie et de tristesse lovée près de sa dignité. N'a vraiment pas eu l'envie de la rappeler, après s'être imaginé les frasques charnelles qu'elle put provoquer avec son nouveau petit ami. Celui qui sait si bien la faire sourire. Et jouir aussi, probablement. Ca l'a tellement travaillé que ça a rongé son cœur jusqu'aux dernières miettes. Ces dix jours durant, Ezechiel s'est montré aussi infect que cruel lors de ses passages à son bureau : une véritable pourriture capitaliste ; sans un sourire ni un mot chaleureux. Perdant contre sa lippe des palabres mauvaises et sèches, à l'instar de son palpitant noyé. N'a pas même touché une femme, dégoûté de leur approche féminine et de toutes ces mesquineries qu'elles portent à la ceinture. Puis un jour, tout a éclaté. Cette volonté un peu rêche de ne plus la revoir ni de penser à elle, de lui dire d'aller se faire voir, elle et son putain de bus. Il n'a pas réussi à la gommer de son esprit ni de ses nuits, s'est dit que sans doute, aller la voir une dernière fois ne le tuerait pas. De toutes évidences, il a crevé la bouche ouverte en ce jeudi après-midi sur les jetées de Staten Island. Tu parles d'une belle mort. Même Hollywood n'en voudrait pas.

Ainsi Ezechiel a-t-il passé les portes du MiHo ce soir là. La prestance sûre et le regard plus affûté qu'à l'accoutumée. De le connaître bien, le videur a de suite perçu les lueurs mauvaises dans son œil fauve entre deux pseudos rictus charismatiques. Mais le courtier n'a guère envie de sourire lorsque, s'approchant pas à pas de son bourreau prête à faire son show, il a la souffrance en étendard et la lucidité qui s'effeuille. Se demande ce qu'il fout là, à vouloir l'observer une dernière fois. Puis s'assied à une table, enchaîne les verres de gin-vodka sans en ressentir l'ébriété. Merde. Si même l'alcool ne l'atteint plus, il lui faudra trouver quelque chose de plus fort encore. Enfin les lumières se meurent comme les projecteurs se braquent sur la star du spectacle : Jenova fait son entrée, féline et belle. Elle attise chez le courtier tant de sentiments contradictoires qu'il tente encore de les noyer dans son verre.

Cet instant esseulé, une jolie blonde le remarqua. Danseuse elle aussi au MiHo, mais avec une spécialité concupiscente que sa bouche charnue laisse deviner. Elle s'avance vers Ezechiel, n'essuie que son regard torve. « Pourquoi tu fais la pute, t'es malheureuse ? » qu'il balance sèchement à l'intruse, comme il toise sans s'en défaire la silhouette de Jenova au loin. « Pour les mêmes raisons que tu viens les chercher. » siffle-t-elle dans un miaulement rauque de chatte malade, vexée qu'elle est de cet accueil froid. La nouvelle venue s'apprête alors à tourner les talons, lorsque soudain éclot en l'esprit d'Ezechiel une vengeance aussi cruelle qu'irréfléchie. « Attends. Danse pour moi. » Et malgré sa requête autoritaire, ses yeux fauves demeurent soudés au véritable objet de son désir au loin. L'intruse néanmoins ne se fait guère prier et, dans un sourire recouvré, tourne autour du riche client en une ondulation de hanches sensuelles. Elle joue de ses mains et de sa sensualité, effleure ses jambes de ses cuisses puis cueille à son cou quelques baisers mordants. Quand Ezechiel a son regard de loup cruel vissé sur la piste de danse, attendant d'attiser chez Jénova une jalousie mortifère pour leur dernier baisser de rideau.

electric bird.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Dim 15 Mar - 16:55

Quel-est-ce son ? Rythme entêtant, répétitif, abandon d’un souffle, entrechoquement d’un corps qui se défend. La bouche entre-ouverte, attente douloureuse d’un souffle qui s’éteint entre deux lèvres mourantes. Et les paupières mi-closes et le regard qui fixe un ciel mort. Soleil dénudé, nuages paresseux, odeur d’iode battant l’air de son atroce silence. Et ce son. Chant rapide, couteau qui perce la peau, rompt les os, s’enfonce, toujours plus profondément dans ce corps qui souffre. Corps tourné et retourné fuyant les abysses d’un cauchemar noir, d’un cauchemar fauve, d’un songe aux couleurs de son regard. Appel lancinant, échos dans le silence, ce n’est qu’une absence de réponse, un oubli, une illusion qui s’enfuit sous ses doigts se pliant tout contre le sein du vide.

Jamais elle ne regarda autant ce téléphone. Jamais elle n’espéra tant une réponse, une explication, une raison à cette absence. La trahison de la non venue, l’échec, le début de quelque chose qui meurt avant même d’avoir inspiré la vie. Ne lui reste que les souvenirs de leur corps qui danse, de leur corps qui s’aime, de leur corps abimant les draps laissant sur le satin les perles de leur émois partagés. N’était-ce donc que cela ? Une passion qui s’éveille, qui se consomme et qui se perd ? Ne fut-elle qu’une de ces putes ? De ces catins que l’on désire, que l’on étend et que l’on jette ? N’aimait-il pas ses mots ? Son regard ? Son monde dans lequel elle souhaita l’accueillir ? Alors… Il n’était que cela ? Un requin, un monstre faisant jaillir l’abominable sentiment d’amour pour s’en repaître avant de la laisser ainsi ? Seule, à attendre, à espérer puis à mourir de vouloir le tuer et l’aimer à la fois. Elle n’en peut plus de ces questions, elle n’en peut plus de ce palpitant qui s’émeu, qui se tord, qui s’épuise. Nécrose d’un corps brisé étendu sur le pavé victime d’une balle perdue. Et le sang gicle, elle peine à se reconnaître tant son visage semble se ternir de ne plus s’illuminer de mille sourire. Sourire pour lui, sourire contre son cou, contre ses lèvres, contre son torse. A quoi bon la lumière quand celui qu’elle croyait aimer n’est plus là pour en admirer la beauté ? Elle cri, jette au sol son téléphone qui s’éclate en mille brisure. Ses lèvres se serrent, elle se lève enfin, écrase de son pied nu l’écran dont les lames légères virent déchirer sa peau. La douleur l’étreint, cela la rassure, un peu, éclat de vie dans ses perles de sang. Et cette mort qui ne quitte plus son regard.

« - J… Ca va ? » La question glisse sur elle, son regard surpris caresse les lèvres de la porteuse de mots. Jenna ne fut jamais autant douce et délicate avec elle que ces dix derniers jours. Dix jours, dix nuits atroces où elle espéra sans cesse croiser son regard dans la foule des hommes applaudissant.
« - Oui. » Voix silencieuse, échec de la communication, une main étreignant son épaule nue.
« - C’est un homme n’est-ce pas ? 
- C’est un échec. »

A l’image de leur conversation, de ces gens, de ces corps qui gravitent autour d’elle. Mais qu’est-ce dont que cette sensation de ne plus appartenir à rien ? La danseuse ne s’appartient plus, elle est devenue pantin. Automate danseuse ayant perdue son éclat. Robot cassé, dysfonctionnant, bon à jeter aux ordures.
« - C’est à toi dans dix minutes… Courage. »
Dernier regard, l’ombre d’un sourire, l’obscur d’un soupire.

La danseuse revêtit une perruque. Masque sa chevelure blonde pour devenir brune mystérieuse. Elle pare ses lèvres d’un rouge sanglant, entoure son regard d’un trait noir, l’étire, offre une œillade de biche à son miroir. Elle est le reflet d’une catin ayant crut quitter la nuit. Le reflet d’un amour sans sens qui ne peut que mourir, que s’écraser contre le mur de sa réalité. Elle enfile un bustier enserrant sa taille de guêpe. Laisse sa poitrine libérée de tout écrin, petits seins ardant pointant généreusement vers une foule attendant le spectacle dans un silence d’ébriété. Ses jambes sont prisonnières de collants ajourés, elle enfile ses escarpins rouges au talon démesurément haut et elle s’en va.
Conquérir la nuit, conquérir les hommes, punir leur pêché d’une danse sensuelle, cueillir des baisers silencieux, baiser des corps sans contact…


~~~

Tu l’entends ton cœur salope ? Regarde le qui palpite, regarde le mourir. Il est là, à tes pieds et c’est lui. Lui qui l’écrase, lui qui le brise. Il le tient entre ses mains, ses mains que tu aimes, qui glissent sur une autre et ce regard… Il t’as eut salope, il t’as eu et il te tiens. Parce que tu l’aimes, parce que tu veux le voir crever. Il suffit. Ne le regarde pas, ne t’accroche pas, tu vas souffrir. Tu vois ta chute ? La barre ne te retiendra pas.

Elle glisse, ne s’arrête que lorsque sa main frôle le sol pour retenir sa chute. Elle se redresse, esquisse quelques pas de danse, perd le fil de cette musique qui, soudain, ne parvient plus à mener l’ondulation de ses hanches. Le spectacle doit continuer mais son regard vient de mourir contre le sien. Le feu, l’ardeur de ses yeux furieux, de cette lueur menaçante harponnant son cœur. Pourquoi ? Pourquoi est-il ici ? Pourquoi rendre l’instant plus pénible encore ? Et ce corps mon Dieu. Ce corps qui n’est pas le sien qui danse contre lui, qui baise sa peau, s’enivre de son odeur. C’est insupportable, vision d’horreur elle préférait encore ne pas le voir plutôt qu’assister à cela. Mais… Elle doit danser, continuer, comme si tous cela n’était qu’un songe, comme s’il ne fut réellement là. Elle ne respire plus, son corsaire l’étouffe où est-ce la poigne de ses mains invisibles l’étouffant ? Il la tue, encore. Ne s’arrête plus. N’était-elle déjà pas suffisamment morte ?

«  - Qu’est-ce qui c’est passé J ? » Regard inquiet de Jenna. La danseuse s’effondre sur la chaise, retire sa perruque, retire ce maquillage faussant son visage, ne voit plus que ses cernes et son regard vide.
« - J’ai perdu l’équilibre… »
Sa main à lâché. Alors qu’elle s’enroulait autour de sa barre. Sa main à lâchée ou est-ce la barre qui a disparu ? Elle ne sait plus.
«  -Comment vas ta cheville ? » L’acolyte s’inquiète, pose sur la cheville déjà gonflant un sac remplit de glace. J hausse un sourcil, elle souffre, une douleur lancinante mais qui n’est rien à coté de son cœur mourant.
« - Ca va aller… J’ai tout foiré. Je suis désolée. »
Le show n’a pas continué, le silence ayant accueillit sa chute bourdonne encore à ses oreilles. Elle devrait avoir honte, ne ressent rien, il n’y a que son regard, ce regard démoniaque.
« - Deli’ t’as remplacé. On est toutes déjà tombée J. Ca aurait put être pire. Ne t’en fais pas. »
Etre pire ? Ne comprend-t-elle pas que c’est de sa faute à lui ?
Automate, J enfile son jean, son pull et parvint à enfiler ses converses. Elle esquisse une moue de souffrance lorsque une douleur vive traverse sa jambe droite, trouve la force de se lever.
«  - Tu veux que je te raccompagne ? »
«  - Non. Merci. »

Elle récupère son sac et quitte la loge pour rejoindre la fournaise du Miho. Les clients ont déjà oubliés sa chute. J se faufile jusqu’au bar, quémande à boire avant de se retourner. Le loup est toujours là. Elle accroche son regard, frissonne, saisit son verre et s’avance. Elle n’est plus qu’une louve boiteuse, spectacle raté, amour bafoué. Elle s’arrête à deux pas de lui, d’un regard demande à la danseuse et collègue de partir. Cette dernière ne se fait pas prier, accord tacite, la catin, elle aussi, à déjà connu les douleurs de l’amour, peut-être est-elle le reflet de ce qu’elle sera un jour ? Un être désabusé, à cause de lui. De lui… C’est à peine si elle parvient à respirer. Seul son regard demeure encré dans le sien. Pourquoi fut-il aussi beau ? Pourquoi crève-t-elle de venir l’abimer d’un baiser sauvage ? Pourquoi faut-elle qu’elle rêve de ses mains empoignant sa taille ?
Le geste part. La main jaillit de nulle part et vient frapper la joue du courtier. Eclat de colère rougissant se mourant avant même qu’elle n’eut terminer de le frapper. Elle s’échoue aussitôt face à lui, s’assoit, impuissante, demeure pantelante alors que sa paume rougit tant elle eut frapper fort.
« T’es qu’un connard. »

Elle l’accuse. De sa trahison, de son échec de ce soir, de sa cheville souffrante, de ces jours et nuits de silence, de son absence. Et c’est tout. Elle n’a plus de force, n’en jamais eut. Pas face à lui, par contre lui. Il n’y a que cela. Une claque et une insulte. Acte et mot vide. Echec.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Dim 15 Mar - 18:10



How cruel, your veins are full of ice-water and mine are boiling.
Jénova & Ezechiel


Au dedans le supplice. Au dehors, l'exhalaison vicieuse de cette cruauté qu'il épingle avec aise. Il a le regard assassin, la toise d'une haine jamais dissimulée. Entrelacs d'amour tu, d'amour désespéré, d'amour mort. C'est con à dire mais des sentiments qui périclitent, tournent et macèrent inlassablement. Et donnent, à l'instar du mauvais vin, une piquette dégueulasse et amère en bouche. C'est cette amertume narguant son palais qu'il rince à grands coups de gin-vodka tandis que sa pupille ne se défait pas de sa dulcinée étouffée par les remords – du moins l'espère-t-il, vindicatif qu'il est. Puis cette main masculine effleurant à peine la catin dansant autour de lui, des doigts qui virevoltent sur cette peau pas même désirée : c'est pour le show. Pour l'atteindre et la heurter de sa cruauté vengeresse. Le cœur d'Ezechiel baigne dans un lac d'acide, se meut d'une langueur mortifère à mesure qu'elle ondule mollement. Sa performance est lisse et sans saveur, esquisse la danse de la petite mort sous les yeux du bourreau. Ca le trouble, quelque part. De la savoir vulnérable et affaiblie. Ca le fout en rogne, surtout. Car il sent ce myocarde s'éveiller soudain et revêtir encore les oripeaux des sentiments qu'il traîne dans son sillage ; nourri malgré lui par les tribulations de sa danseuse. Il déglutit difficilement, se surprend à penser qu'il est allé trop loin... puis gomme derechef ces songes altruistes comme il se remémore ce bellâtre contre lequel elle se lovait allègrement. Mais de la chercher encore des yeux, se souvenir de sa peau aussi douce que celle d'un fruit, toiser cette poitrine laiteuse et mûre avec la force de l'amour puis de la colère. L'envie de vomir son courroux et cracher sa jalousie, comme un caillot de sang encrassant ses poumons. C'est phagocyte, ce truc là. L'amour. Ca vous baise, vous bouffe, vous enterre. Pas même le temps de respirer. La passion vous lacère avant même que vous n'ayez le temps de regarder en arrière.

Puis soudain le silence surplombe la pièce tamisée. Même la catin frottant vulgairement ses hanches contre lui s'est figée et a toisé la scène de ses grands yeux compatissants. Comme un lien impalpable entre les employées : la première qui tombe entraîne les autres dans sa chute. A croire qu'elles se complaisent dans la douleur à grands renforts de solidarité. C'est pur, ça les élève. Et Ezechiel de casser son geste – verre vissé à sa lippe tandis qu'il toise Jenova de ses yeux meurtris – puis de retenir son souffle. Poumons aussi contrits que son cœur lorsqu'il hésite à se lever et la rejoindre. Au préalable pourtant, il embrasse les environs de sa pupille vorace, alerte quant à l'éventuelle présence de son bellâtre. Etrange pourtant ; aucun apollon ne s'est élancé sur la piste pour venir la secourir. Et tandis que la silhouette de Jénova disparaît dans les coulisses, Ezechiel s'enfonce encore dans son fauteuil : roi de pacotille, pupille absente, se targuant de posséder tout quand il ne se repaît de rien. Ni de sa peau de lait, ni de ses lèvres de sucre. Il passe alors une main nerveuse sur son front blanc, hésite à partir, à tous les envoyer valser. Il a cette impatience touchante, obsessionnelle, désir impératif, de l'avoir auprès de lui. Et de la secouer également, de l'assaillir de questions dédaigneuses crachées du bout de sa langue acerbe : 'pourquoi tu m'as trompé ? Pourquoi tu m'as trompé maintenant, pourquoi t'as pas attendu ? Pourquoi t'as pas fait comme les autres, endormi mon putain de palpitant à grands coups de personnalité fade et absente ? Pourquoi tu m'as poussé, j'suis tombé amoureux. Comme un con. ' Ignorant dès lors les inepties de la catin ayant repris son office (et cette danse pseudo échauffée devient torture, tant son esprit se distille), Ezechiel s'apprête à partir lorsqu'une silhouette familière perce sa vision de loup.

Son cœur loupe un battement malgré la dignité s'écrivant sur ses traits. Ils se retrouvent là, hostiles et engoncés dans leurs rancoeurs. Restent vigilants quant aux conneries de l'autre : au moindre faux pas, ils s'arrachent le bras. Jénova par ailleurs enclenche leur guerre froide et décoche une claque qui s'abat violemment contre la joue râpeuse du courtier. Quelques oeillades coulent sur l'étrange couple et toisent avec sermon cette petite blonde remontée. Celui qui possède le plus de thunes est celui qui demeurera le mieux considéré par ses comparses : la dure loi sociétale.  Ezechiel s'est figé, sa tête brune légèrement tournée sur la gauche, emportée par le choc. Et cette mâchoire qui se crispe, premiers signes de son ire perpétuelle qui le tanne et le traverse, comme des eaux troubles frappant les rochers de sel. « T’es qu’un connard. » Vrai. Il aimerait lui répondre sèchement : 'la faute à qui', mais ce ne serait que nourrir le grief à sa propre encontre. Il demeurait déjà un connard avant de la connaître et ne peut donc sciemment lui rejeter la faute sur le dos. Alors il digère un peu l'insulte, la trouve franchement ironique, par ailleurs. S'abstient de tout cynisme qu'il pourrait orner d'un rictus mauvais, puis coule enfin son regard d'or – métal glacé – dans la pupille de Jénova. « Si tu m'avais dit dès le départ que tu recherchais juste un toy boy, on n'en serait pas là. » Il a craché, vicieux, sa mauvaise foi. Car les amants n'ont jamais soufflé la moindre idée d'exclusivité. Mais ça le retourne, tout de même. L'idée d'apercevoir un autre dans son lit, de ne pas être le seul et l'unique. C'est qu'il se fout de la gueule du monde, Ezechiel. Foison de reproches à l'encontre de celle pour qui il tomba, lorsqu'avant elle, il en a écorché, des cœurs. S'est servi de corps de donzelles, a piétiné leurs sentiments, s'est bien roulé dans la fange de la tromperie. Mais là, savoir qu'il se doit de la partager le rend malade. La mine pâle malgré ce visage verrouillé.

electric bird.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Dim 15 Mar - 18:52

Était-ce cela l’amour ? Cet équilibre instable entre mort et vie ? Renaissance sous un regard tendre, meurtre sous les violences d’un être qui vous échappe. Elle n’aurait jamais voulue vivre ça, possédait la nostalgie de son ignorance lointaine, se souvint pourquoi elle avait toujours fuit les hommes. Pour ne pas connaître cela, encore. L’autre qui vous abandonne, qui vous chiffonne, qui vous martèle d’une abjecte vengeance qui n’a aucun sens. N’était-elle qu’un pion sur le jeu d’échec de la vie du courtier ? Trouvait-il vraiment réel plaisir à la faire ainsi souffrir ? Mon Dieu que cela la tuait. De voir cette haine brûlant dans son regard fauve, ses lèvres dépourvues de ce sourire qu’elle aimait tant, qu’elle souhaitait dévorer, avaler, garder jalousement contre son sein et nourrir à jamais des éclats de sa joie. Mais tout cela n’était plus possible. Leur histoire si brève ne fut qu’un éclat se mourant à l’image de ce verre qui se brise au sol. Et, en le contemplant à présent, J ne voyait plus que l’image de deux mains noires l’entrainant dans les tourments d’un néant sans fond. Elle se sent ivre, de rage, de vide et d’incompréhension. Tente, vivement, de se raccrocher à sa haine lorsque sa main percute sa joue. Soulagement qui ne demeure qu’une microseconde aussitôt remplacée par le souhait ardent de l’étreindre. Elle ne supporte pas cela. Etre si près de l’homme désiré, attendu, espéré à chaque coin de rue et se sentir incapable de franchir se mur gargantuesque se dressant entre eux. Et elle se sent fondre sous la force de ses pupilles mordorés. Ses jambes ne supportent plus son poids, elle s’effondre mollement sur la chais cherche en son regard l’explication dont elle a besoin. Mais qu’à-t-elle crut l’idiote ? Que la danseuse pouvait décemment rentrer dans la vie d’un courtier au cœur moisit par l’argent ? Qu’elle pouvait se livrer aux joies de la passion, le posséder, devenir sienne sans jamais en subir les conséquences ? Connasse que tu aimes mal ! Ne pouvait-elle pas trouver gentil garçon qui saurait prendre soin d’elle ? Pourquoi diable s’évertuer à s’abimer dans les émois d’émotions aussi sauvages, puissantes qu’assassines ? Pourquoi lui fallait-il vibrer pour l’extase plutôt que se satisfaire d’une simplicité amoureuse ? Etre comme ces femmes qui se contentent du bonheur fade d’un bon mari, de jolies enfants et d’une grande maison. La raison et la folie. La folie est Ezechiel, seul parvenant à la faire revivre quand bien même cela signifiait souffrir et puis mourir.

Et qu’il reste digne l’animal alors que brûle encore sur sa peau le contact violent de la main de la danseuse. Et qu’il reste digne alors que des regards agressent le visage de la jolie blonde. Qui a-t-il ? Le démon à le droit de tuer puisqu’il possède l’opulence ? Est-ce donc cela, la vérité absolue dictant la vie de tous ces connards curieux, jaugeant l’étrange couple de mille jugement ? J à le cœur qui brûle alors que sa pupille incendiaire n’a de cesse de déverser sa haine sur son courtier. Elle aimerait trouver la force -encore- de se perdre dans les excès de sa violence brûlante et les brûler tous. Vision du Miho qui part en fumée et des corps qui hurlent, prisonnier des flammes et d’une mort douloureuse. Mais même cela serait incomparable à ce qu’elle ressent à l’instant alors, qu’enfin, les lèvres du courtier se déverrouillent.
Balle en plein cœur, fleur explosant tout contre sa poitrine. J digère le choque, se fige, ne comprend pas. Que dit-il ?
«  Mon… Quoi ? »
Stupéfaction, regard perdu, mine décomposée, son visage devient cendre à mesure qu’elle tente désespérément de comprendre les dires du courtier.
« C’est donc cela ton explication ? Je ne suis pas comme toi. Je ne me joue pas des sentiments, je n’écrase pas, je ne torture pas et je n’aime qu’une fois. » Aveu dissimulé d’un amour jamais évoqué, toujours murmuré par leurs étreintes, leurs baisers, leurs regards. Jénova s’épuise, son regard se détourne, elle a soudainement envie de fuir, de disparaître plutôt que d’accuser ses propos. Si lui c’était sans doute plus d’une fois joué des sentiments d’une femme jamais, O grand jamais elle ne pourrait en faire de même. L’idée ne lui avait d’ailleurs jamais traversé l’esprit tant Ezechiel s’imposait comme unique à ses yeux. Comment aurait-elle put désirer un autre corps alors qu’elle mourrait d’impatience à l’idée de le revoir ? Comment aimer un autre alors que sa seule présence en son esprit suffisait à calmer les furies de son palpitant ? N’avait-il pas comprit cela ?
« Pourquoi as-tu pensé ça ? Pourquoi tu m’as infligé ça ? Je… Ca n’a aucun sens… »
Echec, colère avortée, mots échouant sur ses lèvres tristes. Elle baisse le regard, joue nerveusement avec ses mains, voudrait le haïr mais ne parvient pas à trouver la force. Elle se sent vide, usée, manipulée, l’esprit mourant d’épuisement, choc émotionnel trop important. Mais qu’est-ce que ce voile obscurcissant sa vue ? Les paupières se ferment, retiennent les larmes naissantes, les ravales, se rouvrent lentement alors qu’elle trouve la force de le fixer à nouveau. La guerrière est morte, dominée par le Sheitan. Jamais n’aura-t-elle aimée aussi fort…
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Dim 15 Mar - 19:53



How cruel, your veins are full of ice-water and mine are boiling.
Jénova & Ezechiel


Il a tout contre son cœur les picotements infects de l'amertume. Sa colère a beau s'attiser sous le joug d'une jalousie virulente, elle se brise et se meurt peu à peu contre la beauté de Jénova. Ce qu'elle lui renvoie au visage, éclats de petits bonheurs passés, tessons de verre s'enfonçant dans la chair et l'âme, le trouble et l'assassine. Néanmoins le courtier demeure digne comme il s'épanche dans sa fausse vérité : persuadé qu'elle l'eut dupé, il ne veut guère plus lui pardonner. Malgré cette volonté pugnace de la lover tout contre lui et de lui chuchoter, en amoureux transi, que le cauchemar s'est défait sous leurs coups de crocs passionnels. Qu'à force de se débattre ils ont vaincu la houle. Et d'envoyer paître cette assemblée curieuse, animaux contrits dans la vicissitude et les observant dans une discrétion absente. Ezechiel s'abstient néanmoins, comme il plante volontiers une dague à son cœur : un coup porté pour chaque jour dont il souffrit de son absence. A se demander comment l'autre posa ses mains sur elle, et sa façon de se mouvoir en elle, et comment il la fit jouir, et si elle pensait à lui une fois rompue sous le corps lourd de cet autre amant. Et comment Ezechiel pointa chaque soir ses pupilles sur son plafond immaculé, à damner ces ombres dansantes lui remémorant de trop les ondulations félines de Jénova. Diable qu'il aimerait lui cracher tous ces maux à la gueule, exhumer ses doutes et ses douleurs. La rendre coupable d'un crime dont elle semble ignorante, fausse candide, véritable meurtrière. «  Mon… Quoi ? » Ca le bouffe. Cette façon qu'elle a d'écarquiller ses grands yeux et de pincer ses lèvres fines ; la beauté qui persiffle en un râle étrange leurs derniers adieux. Ezechiel entrevoit un peu plus la rupture entre ces lippes mi-closes ; ça l'ébranle, l'étrangle, le crève. Il a l'estomac en vrac et le cœur en bordel. Son courroux s'émousse malgré sa raison, un peu digne, un peu fière, qui l'affuble de ses grands discours : c'est elle qui l'a trompé, elle se doit de payer. Alors l'amant secoue la tête ; ses sombres pensées roulent comme des billes, éclatent en son cerveau. L'envie de lui prendre la main, la presser sur son cœur, et la manger. Même les phalanges. « C’est donc cela ton explication ? Je ne suis pas comme toi. Je ne me joue pas des sentiments, je n’écrase pas, je ne torture pas et je n’aime qu’une fois. » Foutaises. Le concerné humecte sa lippe sèche d'un coup de langue, détourne son regard pénétrant de la fausse candide. Un sourire triste pointe à l'écume de ses lèvres tandis qu'il murmure, d'un souffle à peine audible, un : « Bien sûr. », froid et poignant.

Les souvenirs remontent à la surface, comme ces navires s'échouant sur les récifs. Cette passion transcendante et pleine, les heurtant de plein fouet. L'amour les a attendus au tournant ; il a la gueule d'un ange dont la beauté fut décortiquée au couteau. Et ce parfum pestilentiel qui les embaume : l'odeur d'une foule poisseuse, du sexe facile, des corps qui se frottent. Il a la tête qui tourne, lui pourtant fort habitué à la luxure, dévoreur d'âmes et de stupre. Quelque chose en lui s'est ouvert, qu'il ne connaissait pas. Il a taillé dans le marbre cette brèche mortelle. Laquelle se creuse encore lorsqu'il pose son regard fauve sur la mine décomposée de Jénova. Et lui de se demander si elle joue ou gémit. A force de côtoyer les putains et les femmes de grands patrons, Ezechiel a perdu pied. S'est engoncé dans une fausse réalité où règnent la superficialité et la duperie. Cette façon qu'elles avaient, toutes, de japper du bout des lèvres de faux pleurs pour mieux panser leurs erreurs. Un peu de sel sur les glandes lacrymales, tant pis pour le mascara, tant que l'esbroufe fonctionne.

Puis soudain, il s'en veut. De déformer ainsi la vision pure qu'il put avoir de Jénova. Elle, n'est pas comme les autres. Elle n'a pas l'attrait du sexe et du baiser pour le simple réconfort du billet vert. Il aima ses mots et ses pensées, sa simplicité crue, sa douceur mutine. Et de s'attendrir lorsqu'il l'observe torturer nerveusement ses doigts ; son timbre demeure sec mais son regard s'adoucit comme il s'explique : « Arrête de faire semblant. Je vous ai vus. » Pause. Incisives se plantant dans le galbe de ses lèvres. Volonté cannibale. Se faire du mal et reporter la douleur. « Je suis venu, Jeudi. Je suis venu, J. » Ah et cette salive pâteuse et rare en bouche comme il déglutit difficilement. L'observe à la dérobée, vomit son cœur avec trop d'incertitudes en bouche. « Je t'ai vue, pendue à son cou. Et ce grand sourire aux lèvres que t'avais, avec lui. Je ne te fais pas sourire comme ça... » Du moins en est-il persuadé lorsque, aveuglé par la colère et la jalousie, Ezechiel doute et se mutile. « Qu'est-ce qu'il a de plus. Pourquoi tu ne m'as rien dit ? »  Il l'aime à bout portant et crève de jalousie.

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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Dim 15 Mar - 22:34

Elle a le souvenir tenace de cette après-midi à l’attendre. A épier chaque passant, chaque silhouette s’approchant, à guetter son regard pour, enfin, pouvoir l’accueillir dans un baiser amoureux. Quelles lui manquaient ses lèvres, elle les rêvait, les espérait dans la tiédeur d’un souffle amoureux. Elles qui savaient lui murmurer les mots interdits, desquelles s’effondrait la promesse douce d’une nuit qui jamais ne s’arrête, de deux cœurs s’unissant dans une seconde emprunté à l’éternité. Mais jamais il ne vint et son silence ne creusa en sa poitrine l’impact violent de l’incertitude. Elle imagina d’abord le pire, songea que, dans l’empressement de la retrouver il eut un accident sur la route. Raisonna ensuite, pensa que son travail l’eut prit au piège et qu’il ne put la rejoindre. Voulu croire qu’il perdit son portable, demeurant patiente, espéra fiévreusement qu’elle ne se fourvoyait pas. Puis, le silence, l’entêtement de son absence et les pensées se firent plus sombres. Elle le rêva sans mal entre les cuisses d’une autre femme, cracha sur l’image de ces mains qu’elle aimait tant capturer le corps d’une autre catin qu’il possédait dès lors. Flagelle de l’esprit, cela lui sembla pourtant être la seule réponse enviable. Ezechiel c’était jouée d’elle, de son corps de son cœur, ne faisant de la danseuse qu’une proie de plus sur un tableau de chasse déjà bien remplit. N’était-ce pas là une fierté toute masculine ? Obtenir le corps inaccessible de celle qui jamais ne s’offre pour mieux s’arguer d’avoir mis à mal son entêtement ? Elle le vit alors rire d’elle, révéler leurs frasques à son ami qui, sans attendre, aurait rit grassement avant d’applaudir les prouesses du courtier. L’option demeurait envisageable quand bien même fut-elle douloureuse et, des lors, la jeune danseuse avait souhaité apprendre à vivre avec la culpabilité de lui avoir cédé. Elle ne se voyait alors plus comme femme mais comme être violée et, dieu qu’il fut douloureux de se regarder chaque matin dans le miroir ! Elle dont le corps était un temple, lieu mystérieux, vénéré, maîtrisé, désiré mais jamais donné, voilà que sa passion avait fait voler en éclat des années de fuites. Le palpitant n’était plus verrouillé, la souffrance pouvait s’insuffler alors qu’elle décédait encore sous son regard. Pouvait-on mourir mille fois ? Elle n’était plus qu’un suicidé se balançant au bout de sa corde. Corde qu’elle avait elle-même nouée, acceptant la damnation à la seconde où son regard croisa le sien.

Et voilà qu’il bouscule ses certitudes, la faisant coupable d’un crime qu’elle n’eut jamais connu. Et elle frissonne alors que ses lèvres s’ouvrent encore. Elle s’essouffle, se drape dans un mutisme affligeant, blessée qu’il puisse imaginer qu’elle ne fut que ça. Une pute accrochée, amoureuse de la chair et s’offrant au premier venu. Elle n’était pas ainsi, il le savait, mais cette rage aveuglante demeurait sa seule réponse. Et la danseuse eut envie d’hurler, de le secouer, de lui cracher au visage sans pour autant parvenir à piper le moindre mots. Les mots échouaient au bord de ses lèvres sans parvenir à en franchir le seuil. Demeuraient sur la chair, paresseux, ne souhaitant pas s’épuiser dans de veines explications qu’elle n’avait pas à offrir. Elle demeure vissée à sa chaise, tripotant nerveusement ses longs doigts, fuyant, incertaine le regard, cherchant à se raccrocher à autre chose pour finir par arquer un sourcil lorsqu’il reprit la parole. Regard plus doux mais paroles sauvages. Il était venu… Jeudi… Un autre ?
Ses sourcils se froncent à mesure qu’elle l’écoute. Le regard recouvrant son courage saisit le sien. Il… « Solal ? » Souffle-t-elle, surprise d’affronter ainsi son courroux, sa jalousie, cette possessivité sauvage dont elle n’aurait jamais imaginée pouvoir, un jour, être la victime. « Ez, tu te trompes, tu n’as rien compris mais… Comment as-tu pu imaginer ça ? » Elle se redresse soudainement, s’approche, s’apprête à saisir sa main, retient son geste, torturée. « C’est un ami, un frère je… Mais tu te rends compte ? » Elle soupire, secoue la tête, cache son visage dans ses mains. Tant de souffrance pour si peu ? Pour un vulgaire quiproquo ? Quant à son sourire… Mais de quoi parle-t-il ? Ne voit-il pas combien il l’a transcende ? Combien il l’a sublime ? J n’est qu’une statue prenant vie sous ses doigts, sculpteur de vie.
« Il n’y a jamais eut que toi Ez. Comment pourrais-je me donner à un autre alors que tu me hantes ? Et toi… Au lieu de me répondre, tu agis comme… Comme si tu ne me connaissais pas, ne serait-ce qu’un peu, c’est absurde. » Ses mots s’échouent, douloureux alors qu’elle songe à la danseuse ronronnant tout contre lui tandis que son regard accrochait le sien, provocation cruelle ayant causée sa chute, une cheville fracassée et, sans nulle doute, un arrêt de travail forcé. Et c’était sans compter sur son cœur abîmé, sur son âme meurtrit, sur ces heures sans sommeil et ces journées sans faim, ce temps qui n’en finissait pas. Elle lui en voulait des lors, se rendit compte, amer constatation, qu’elle ne le connaissait en rien et que, lui-même, ne la connaissait pas. Deux étrangers s’aimant, deux entités ayant construit leur univers pour fuir une vérité morbide : sans leur Eden ils ne pourraient exister. Le démon et la tentatrice ne pouvait décemment envisager autre chose que l’épuisement de leur passion respective.
Et le cœur s’abîme encore alors qu’elle souhaite s’échouer tout contre son torse. N’en fait rien, recouvre sa solitude alors que son regard se borne à observer ses doigts noués.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Mer 18 Mar - 11:47



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L'orgueil. Il avait redouté cet instant, celui pour lequel il serait moins béguin que Sheitan à maltraiter la belle au manteau chrysocale. La cruauté sillonnait ses veines, s'ébrouait volontiers jusqu'aux artères d'un cœur égoïste, se heurtait violemment contre les rocs de la passion sans pourtant les émousser. Au contraire extatique, la véhémence de ses sentiments se drapait à la boutonnière du courtier, là tout contre ce buste se gonflant sous l'assaut régulier de tambours battants.

Lorsque les yeux de la danseuse s'humidifient pourtant, Ezechiel a le remord qui l'ébranle et le secoue. Sa cornée perçante s'abat sur ce visage opale, sculpte les traits, en dépeint les contours. Il a les grands discours qui se chevauchent sur la lippe, ersatz d'excuses et de gêne dont les syllabes demeurent encore fantômes, car l'incisive préfère se planter dans ce galbe fin d'une bouche sinistre. Torturer la chair afin de taire les émois de l'âme comme il la toise encore, abattue et soufflant son chagrin à bout de force, à bout d'amour, à bout portant. Ezechiel secoue la tête et porte à sa nuque glacée la pulpe de ses doigts coupables ; le bourreau a fait son œuvre et conçoit volontiers être tombé pour la victime. Et de l'entendre parler, cœur au bord des lèvres,  de ses affres sincères avant d'effacer son visage humide dans le nid de ses mains : Jénova, tremblante, s'abandonne hélas aux tourments amoureux, martyr du courtier qui érigea comme ultime plastron sa jalousie naissante. Lui-même ne comprend guère l'excès dont il fut l'émissaire ; sa possessivité ne s'étendit jamais jusqu'aux portes de ses idylles. Pas même Sally ne put entrevoir ces démons exclusifs. « C’est un ami, un frère je… Mais tu te rends compte ? » La honte le brûle et le tourmente, amas d'entrailles torturées. Il détourne un instant le regard, penaud. A la gueule d'un gamin fautif comme il darde quelques instants le sol devenu soudain intéressant. Et de déglutir mollement sous les aveux volontaires de Jénova ; elle nourrit la sève de ses espoirs, ébranle son orgueil comme elle ressuscite le palpitant qui s'anime en un dernier soubresaut.  « Il n’y a jamais eut que toi Ez. Comment pourrais-je me donner à un autre alors que tu me hantes ?  » Etrange comme cette passion mes brûle et enterre sous les cendres les conventions raisonnables. Car les deux amants se connaissent à peine (sinon du bout des doigts, des lèvres et de leurs ventres nus) et pourtant, ont le sentiment de n'avoir jamais été séparés. Lorsque Jénova reprend son laïus, ses paroles s'abîment tout contre la culpabilité du courtier. « Et toi… Au lieu de me répondre, tu agis comme… Comme si tu ne me connaissais pas, ne serait-ce qu’un peu, c’est absurde. »  « Je sais, j'ai déconné. » Il a parlé après le silence. S'est senti lourd de larmes qu'il n'a jamais pleurées, un accablement fondu en ses épaules et serrant sa gorge tel un oiseau de proie. Reposant dès lors son regard fauve sur Jénova, il l'observe à la dérobée, couve ses prunelles d'un voile contrit et s'égare dans les méandres d'un exposé tissé en un murmure penaud. «'Qu'est-ce qu'on est, l'un pour l'autre ?' » Il la questionne de ce qui le tourmente, le ton faussement débonnaire mais la langue crue (elle qui n'est jamais tendre sinon incisive, sauf jusque dans le lit défait) « Je me suis posé la question, quand je vous ai vus. Je n'en savais rien. Ca m'a tué, tu sais. » Le mélodrame qu'il exècre pourtant a teinté ses lèvres blêmes. Alors Ezechiel le balaie d'un coup de langue humidifiant la lippe puis se lève ; grand prince dépouillé de ses noirs oripeaux. Et de la toiser encore, le cœur battant et le soupir alangui, avant de s'asseoir enfin à ses côtés. Creusant dans les courbes de ce cou de cygne son visage confus, le jeune homme effleure du bout des lèvres cette peau laiteuse qu'il humecte volontiers. Le parfum du chagrin et des premiers émois. « Je suis désolé. » souffle-t-il d'une voix à peine audible, comme pour gommer cette fierté qui s'ébranle sous le joug de trois mots qu'il ne souffla jamais. Il s'affaire par ailleurs à faire mourir ces quelques excuses tout contre le cou féminin : ah quelle sépulture délicieuse ! Et d'un baiser candide scelle son pardon, tandis que de ses bras virils il porte la mésange jusque sur ses genoux. Enferme Jénova dans le giron de ses bras, la love tout contre son buste, fustige de son regard assassin les alentours comme il tire à bout portant sur les oeillades curieuses. Celles qui finissent par se détourner, fuyant les yeux fauves de l'homme afin de mieux les laisser couver dans leur bulle. « Dis-moi ce qui te ferait plaisir, c'est à toi. » Cette propension à chérir simplement par l'argent. Ezechiel n'a pas conscience de sa vénalité tue, aimerait simplement offrir tout ce qui se tient à sa portée pour sa belle. Peu importe la demande. « Un beau plâtre en or fin ? » Boutade amusée mais qui dissimule la honte d'être ainsi l'instigateur de sa chute, tandis qu'il frôle du bout des doigts la cheville enflée de la belle.

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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Mer 18 Mar - 23:08

L’Œil du démon se fait percutant, martelant de sa langue fourchue les espoirs échouées de l’ange déchu. Pantin manipulable, obéissant au bon vouloir des sombres accusations scellant son devenir. Abattue, le myocarde faiblit à mesure que l’air peine à insuffler vie en ses poumons souffrant. Le visage se ride d’une force qui s’exile, soufflée par l’ardeur de son courroux vibrant. Qu’il est douloureux alors de devenir un néant, incapable de lutter sous les assauts d’une attaque acerbe quand bien même fut-elle porteuse de mensonge.

La belle se fane, les paupières se font lourde alors que son corps affaiblit se chiffonne. Œuvre d’art que l’on griffe, que l’on insulte, que l’on martèle d’une haine irraisonnée et déraisonnable. La vérité accroche sa gorge mutine, la cloue au pilorie d’un amour naufragé, iréel car en tous points passionnées. Qu’est-elle alors sinon prisonnière de son regard de feu hantant ces nuits ? Qu’une suppliciée errante attendant en fin que le démon perde en puissance, meurt sous les assauts de son palpitant qui, sous la puissance du regard argent demeure encore capable d’aimer. Le regard s’humidifie, larmes qui refusent de couler, demeure au bord de ses pupilles se faisant lames de verres accusant le courtier de mille et un reproche. Reproches mourant lorsque, osant un regard elle avise la flamme vacillante d’une colère qui s’éteint, avalée par la vague d’un remord naissant. L’homme baisse alors les yeux, contemple le sol, saisit à la gorge par son excès de fureur. Jénova arque un sourcil, ses lèvres s’entre-ouvre, laisse échapper un soupire contrit alors qu’elle espère enfin cette fait comprendre par son amant. Elle se perd en brèves explications, songe alors qu’il ne connait rien de sa vie, de ses amitiés, de ses habitudes, s’en inquiète. Était-il bien raisonnable de s’attacher ainsi à un homme dont elle ne connaissait que le corps et cet attrait dévorant pour le sien ? Qu’attendre alors de celui qui semble ne point maîtriser les cris de son palpitant, en semble prisonnier ? Car, quand bien même brûle pour lui les émois d’un amour sincère la danseuse entrevoit l’être viscérale, dangereux et cruel qu’il pouvait être. Elle revoit alors l’image de ce gamin insolent fixant de sa pupille brûlante l’œil du photographe. ‘Vous semblez prêt à dévorer le monde’, lui avait alors-t-elle dit, aveu aussitôt affirmé par le courtier. Et combien son regard fut alors froid dépourvu de la moindre émotion et combien eut-elle peur de se confronter à ce monstre d’arrogance et de puissance que seul l’émoi de leurs étreintes semblaient pouvoir maîtriser.

« J’ai déconné. » L’aveu la tire de ses songes peu agréables alors que son regard rencontre le sien. Elle frissonne, accuse son palpitant d’ainsi exploser lorsque la tempête de leur tourment s’éteint. Tranquillité soudaine, bientôt perturbée par la question s’en suivant. Qu’étaient-ils ? J fuit son regard, demeure penaude, incapable de trouver la moindre réponse pouvant apaiser l’âme du courtier, elle-même perturbée par les mêmes questionnements. Il reprend et le regard de Jénova s’éveille dans l’éclat d’un hoquet triste. Elle incline le visage, le comprend, s’en veut d’avoir demander à Solal de l’accompagner ce jour là sur la plage. « Je n’aurais pas fait mieux que toi. » Car elle-même souffrait à l’idée qu’il puisse trouver réconfort entre les cuisses d’une autre femme. Elle-même se serait sans doute fait vipère si elle l’avait vu aux bras d’une autre, sans doute se serait-elle enflammée pour finalement disparaitre de sa vie. Parce que l’idée de se battre contre une autre pour posséder les faveurs d’un homme lui était insupportable, parce qu’elle était de celle qui s’efface, de celle que l’on oubli tout du moins, était-ce la l’horrible regard qu’elle portait sur elle-même. Cette pensée l’abime et la réconforte à la fois. Si Ezechiel brûlait ainsi de jalousie c’est qu’il tenait à elle n’est-ce pas ?

L’homme se lève et le cœur chavire, elle suit son parcours, le dévore d’un regard pitoyablement énamouré alors qu’il s’installe enfin à ses cotés, rompt cette distance atroce et vint déposer tout contre son cou le baiser libérateur. Un pardon est murmuré tout contre sa peau, caresse de ses lèvres, elle retient sa respiration, consciente de la valeur de ses mots, de la difficulté qu’il possède à les murmurer ainsi. Et, enfin, il l’accueille sur ses genoux, l’emprisonne dans ses bras d’homme dans lesquels elle se blottit avec joie. Dieu qu’elle se sent ici à sa place, loin du monde, bien à l’abri dans l’Eden étrange qu’ils bâtissaient. « C’est oubliée. » Murmure-t-elle tout contre lui, l’oreille contre son cœur, à l’écoute de son palpitant. Elle laisse retomber le silence, s’enivre de son odeur, de cette présence qui lui manqua tant peinant à croire que ces dix atroces jours de vide aient un jour existé tant le temps semblait perdre toute consistance en sa présence.

Invitation à choisir ce qui lui ferait plaisir. Boutade hésitante, attendrissante alors que ses doigts frôle la cheville meurtrit. J pince les lèvres tant le moindre contact éveille à sa conscience la douleur endormit. Elle se redresse lentement et, de sa main, caresse le visage de son démon. « Je te veux toi. » Elle sourit, dépose un baiser candide sur la joue qu’elle marqua tantôt de sa main. «  Et ça… » Elle désigne d’un regard sa cheville. « Ce n’est pas ta faute. » Quand bien même son regard, la présence de cette danseuse et son arrogance provoquèrent son émoi c’est elle qui se laissa déconcentrer, elle refusait de lui laissé porter la culpabilité de son erreur quand bien même cela allait lui coûter un saut à l’hôpital et quelques semaines de rééducation pour récupérer sa force. Tout cela n’avait que peu d’importance à son regard.
«Quant à ta question. » » Elle cherche son regard, ses doigts frôlant ses lèvres pleines. « Je ne sais pas ce que l’on est mais… Poser la question c’est déjà tendre à devenir quelque chose… » Le sourire s’étend, regard tendre et baiser furtif. « J‘apprendrais à te connaître. Même si cela me coûte une cheville cassée et quelques crises cardiaques. » Moue moqueuse se noyant sous l’assaut d’un baiser ardent alors que ses mains s’enroulent autour de son cou.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Jeu 19 Mar - 14:44



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Jénova & Ezechiel


L'ire des deux amants se meurt lentement sous l'arceau de leurs sentiments ; lovés l'un contre l'autre ils érigent tout autour d'eux une barrière infranchissable. Ont échafaudé la charpente d'une passion peu commune, pierre après pierre ; autant de briques qu'ils enverront volontiers dans le faciès de ceux qui les jugent et les toisent sournoisement. Ah certes les amants n'avaient guère prévu de s'afficher ainsi – au sein même de l'établissement où travaillait Jénova par ailleurs – mais la force de leurs corps, intangible et sacrée, les attire l'un vers l'autre. Le heurt des âmes et des cœurs, sans jamais invoquer la raison tue sinon l'amour tacite. Et lui de caresser d'une main distraite les courbes de la jolie blonde, d'une main qui s'égare et qui ne jamais ne blesse – contrairement à ses lèvres qui tout à l'heure crachèrent un fiel illégitime. Ezechiel comprend néanmoins les appréhensions que sa danseuse soulève à demi-mots : c'est en filigrane qu'elle expose ses réflexions lucides, quand lui-même s'est déjà posé la question. La passion s'est faite dévorante, crue et sincère, mais a exclu dans sa véhémence fiévreuse les âmes des amants : ces derniers se connaissent à peine. Se sont déjà jaugés l'un l'autre, à travers des aveux qu'ils n'offrirent jamais à quiconque et pourtant, le courtier ignore tout de Jénova. Si elle est fille unique, son parfum préféré, le parcours de sa vie, les rêves qu'elle désirerait toucher du bout des doigts... Pour autant l'homme d'affaires ignore s'il veut tout savoir, de suite. Aime la part de mystère qu'engendre leur envolée lyrique, laquelle se parerait presque d'un Rouge et Noir de Stendhal (faut-il dès lors préciser que le protagoniste du roman, alors trop ambitieux, voit ses desseins cupides contrecarrés par ses sentiments... Est-ce là l'issue finale qui se trame pour le courtier?) Ce n'est pourtant pas que de ce corps dont il est tombé amoureux – un coup de foudre comme on n'en fait plus, et qu'il pensait naïvement éviter, lui le détracteur de Cupidon – mais aussi des émois qui l'habitent. De cette vision nouvelle et fraîche, cette simplicité transcendante, cette façon de penser si différente de la sienne. D'une personnalité qu'il découvre à peine, en somme, mais pour laquelle il tomba derechef en pâmoison. Et lorsqu'elle parle et se blottit tout contre son buste, il sent les frissons chauds mordre sa nuque. « Je te veux toi. » Ce baiser candide qui se meurt contre sa joue encore rougie de la main féminine (laquelle s'était abattue férocement contre la pommette. Derrière son apparence fébrile, Jénova dissimulait une force insoupçonnée) arrache à Ezechiel un soupir languissant. Le courtier se trouve par ailleurs pris au dépourvu de cette réponse qui pourtant le transporte, et décide ainsi d'en faire part à sa danseuse : « Habituellement, on me demande un sac Chanel ou un collier de chez Cartier. Mais tu as bien meilleur goût. » souffle-t-il amusé, d'un sourire qui pourtant s'évapore de sa lippe dès lors que Jénova pointe sa cheville meurtrie. Elle a beau l'acquitter de sa blessure, Ezechiel marque son visage d'une grimace gênée. Grimace qui néanmoins se gomme sous le baiser vorace de sa belle, auquel il ne peut que répondre avec gourmandise.

Pourtant une idée vient naître tout contre le crâne du jeune homme, qui rompt alors – non sans regret – la caresse de ces lèvres framboise desquelles il se repaît : « Tu risques d'en faire beaucoup. » glisse-t-il en référence aux crises cardiaques, fronçant le nez de taquinerie. Quand bien même son air mutin dissimule une part de vérité : Ezechiel n'est pas sûr de vouloir s'ouvrir entièrement à Jénova. Pense sincèrement que cette dernière prendra la fuite dès lors qu'elle entreverra ses plus sombres secrets. S'assure donc de ne jamais ne les lui révéler, malgré l'expression de son regard qui, trop souvent, se pare des lueurs les plus assassines lorsqu'il se rembrunit soudain. En l'instant néanmoins, le courtier demeure aussi léger que serein, propose même un jeu à sa dulcinée : « Convenons d'un deal. » Le requin des affaires reprend le dessus, parle sciemment de contrat tacite. « Tu peux me poser deux questions par jour, de la plus intime à la plus superficielle, et auxquelles je devrais impérativement te répondre avec la plus grande honnêteté. Bien sûr, le jeu va dans les deux sens, sinon c'est injuste et tu sais très bien combien j'accorde de l'importance à l'équité. » Un peu d'ironie, c'est un excellent tonique sanguin. C'est alors que Ezechiel toise sa montre de son regard de feu. « Il est exactement 23h52. Tu as encore huit minutes pour utiliser ton crédit du jour. » Puisque les deux protagonistes n'aimaient guère user des conventions classique, autant les contourner avec espièglerie.

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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Mar 24 Mar - 12:51

Regards curieux ricochant contre les murs de leur passion hissé. Leur monde est une muraille infranchissable attirant curiosité et questionnements. Les langues se nourrissent de mots farouches murmurés à leur encontre sans que cela ne vienne pour autant nuire à la belle. Car à l’instant où ses bras l’emprisonnent, sonne la douce chanson de l’oubli du monde. Il l’emporte et elle demeure accrochée à ses pupilles de feu, se nourrissant de son odeur boisé. Sa main caresse les contours de son visage lisse, redessine les lèvres, glisse le long de ses épaules alors qu’elle l’imagine au réveil d’une longue nuit de paresse charnelle, se prend à sourire alors qu’elle dépose un baiser candide, emplit d’une chaleur toute amoureuse à l’auré de ses lèvres. Les inquiétudes s’endorment, vaincu par la chaleur étreignant son palpitant alors qu’elle se meut tout contre le torse de son amoureux. Paupières lourdes, elle s’abandonne à la caresse tendre et délicate de sa main, savoure la paix tranquille venant éteindre le feu de leur colère respective. Mais dans le repos de ses songes survient les questionnements la coulant au pilori d’une problématique qu’elle ne souhaite encore résoudre. Car ce qu’ils partagent n’est autre que les éclats d’une passion dévorante, sauvage et intarissable. Un besoin intarissable de se perdre, de s’accrocher en divers baisers sauvages, de se nouer l’un à l’autre. Amour charnel qui ne répond pas aux dictâtes habituelles d’une rencontre et d’une histoire d’amour partagée, raisonnable et raisonnée. Et quand bien même cette histoire la conduira sans doute sur les houles sauvages d’un océan jamais tranquille seul compte pour Jénova les mots qu’elle vint dérober à sa langue dans un baiser ardent. Ces mots qu’ils ne prononcent et n’ont besoin de prononcer, ces vérités silencieuses, livrées au assaut de son corps lorsqu’il la conquit cette première matinée d’hiver. ‘Je te veux.’ Fut l’unique phrase qu’elle put lui offrir, sincérité chaleureuse alors qu’elle l’avise d’un regard pétillant, s’éclairant de malice, éveillée par un rire léger lorsqu’il lui répond. Elle aime ces taquineries légère, cette dérision néanmoins porteuse d’une vérité sombre. Elle sait que les relations de son courtier ne furent que financières, factices, illusion d’un corps que l’on achète uniquement utilisé afin de lutter contre le vide abyssale qu’ouvre les portes de Wall Street. Elle ne souhaite pas être ainsi, désire devenir l’accro de son corps et de son cœur, se livrer à lui sans jamais lui demander une compensation financière. Elle n’aurait que faire du moindre présent, n’a besoin que de sa présence, de ses mots, de leur Eden qu’elle souhaite ardemment protégée.

« Je ne suis pas aveugle. »
Souffle-t-elle à demi-mot, avise son air contrit, efface son trouble d’un baiser sauvage auquel il répond avec ardeur. Elle sourit tout contre sa bouche, attrape la lèvre inférieur et laisse échapper un grognement de lionne lorsqu’il rompt leur étreinte. Un nouveau sourire glisse sur ses lèvres entre-ouverte à sa remarque, ne lui offre aucune réponse, se contente de le provoquer d’un regard enfantin et de lui tirer la langue, s’armant de son bouclier d’innocence. « Tu auras ta part, Sheitan. » Regard guerrier, éclat de certitude, sourire provocateur qui s’efface soudainement. La belle se redresse non sans esquisser une moue de douleur. Elle oublie le feu mordant sa cheville blessée, se concentre sur les mots de son amant non sans froncer les sourcils. Deux questions par jour ? Qu’importe lesquelles ?
« Equité dis-tu ? Connais tu réellement la définition de ce terme monsieur le loup de Wall Street ? » Œillade amusée quand bien même fut-elle inquiète, ne sachant si elle serait prête à répondre à ses questions elle dont la vie demeurait secrète, dont les tourments ne furent jamais partagés. Elle s’angoisse des lors, était-elle prête à se livrer à cet homme ? Jouer ainsi avec Ezechiel revenait à jouer à la roulette russe et elle n’était pas sûr de vouloir mourir des à présent. Mais le courtier prend les devants, avise sa montre et lance le conte à rebours. J grogne en toute réponse, croise les bras sur sa poitrine. « Je n’aime pas quand tu me prends au dépourvu. » Elle en aurait des questions mais ne souhaitait pas briser ce moment d’innocence, cherche des questions anodines, fronce les sourcils, la curiosité avouée n’est pas son genre, J est une chasseuse, aime que l’autre se livre dans un aveu libre ou au détour d’une conversation livrée aux mains du hasard. « Bon… Je t’épargnerai les questions trop hasardeuses ce soir. Parce que je suis adorable. » Clin d’œil amusé, « Hormis ton attrait pour l’argent et les belles choses toute matérielle qu’est-ce qui te passionne ? Parlons littérature par exemple, que pourrais-je trouver dans ta bibliothèque ? » Regard curieux, J se prend au jeu, souhaitant savoir s’ils pouvaient partager le même attrait pour la beauté du verbe. « Quand à ma deuxième question, je la garde pour un autre jour, le crédit du jour non utilisé est, bien entendue, cumulable, il est hors de question que tu sois le seul à fixer les règles Ezechiel. » L’insoumise sourit, amusée par son propre jeu et vint cueillir un baiser à ses lèvres. « J’espère que tu n’émettras aucune objection. » Murmure doucereux offert tout contre ses lèvres se mourant dans une morsure légère au goût électrique d’une provocation espiègle.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Mer 25 Mar - 15:43



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Jénova & Ezechiel


La lippe sucrée se love contre la sienne, et de cet écueil naît un baiser dont ils se repaissent sans cesse. Chaque tirade, palabre ou laïus n'est que prétexte à rompre les écarts de silence par une tendresse inusitée ; caresses voluptueuses ou taquines, les amants se font l'amour par la douceur qui les tenaille et les traîne dans les sillages amoureux. Quand bien même ils redoutent une triste fatalité (ce que les Moires sont perfides, lorsqu'elles tirent le fil du destin) et s'accordent sur une méconnaissance de l'âme sœur, il n'y a pas de geste qu'ils arrêtent lorsque la courbe de l'autre est invoquée. Ezechiel aime la langueur de l'instant, la pulpe de ces doigts féminins s'affaissant sur l'arc de ses épaules massives, les canines de sa louve mordillant le galbe de ses lèvres. Il s'accorde même à nourrir leur complicité par quelques boutades qu'il n'eut jamais avec d'autres. Celles dont la susceptibilité n'eut d'égale que leur superficialité – et ne compatissons pas avec le courtier, lui qui préféra longuement le corps à l'esprit de ses amantes, pourvu qu'elles soient belles et idiotes – et qui encaissaient les mots par des gilets pare-balles. Jénova irradiait d'une aura dont la sérénité confortait Ezechiel ; il aima la simplicité de leurs désirs malgré la complexité de leur idylle. Cette relation trouble nourrissant leurs questionnements et peut-être plus tard leurs démons.  « Bon… Je t’épargnerai les questions trop hasardeuses ce soir. Parce que je suis adorable. » « Vraiment ? » Une espièglerie contre un clin d'oeil. La jolie blonde ne se déconcentre pas et lutte au contraire, à la pointe de sa langue volubile (ah et quelle langue),  sans jamais se soustraire totalement aux règles du jeu. Elle impose sa convention comme elle surprend agréablement Ezechiel ; ce dernier fronce néanmoins les sourcils, premièrement peu enclin à laisser rogner ses règles. C'est qu'il redoute, quelque part, le cumul de questions embarrassantes quand distillées avec parcimonie, elles sont plus aisées à contourner. Mais cède finalement ; préfère s'adonner à la légèreté qu'à la sévérité de l'homme d'affaires qu'il peut être. Ressent d'un peu trop près la chaleur d'un corps désiré pour oser refuser l'amendement. Se dit qu'au final, le jeu n'est que gamineries qu'ils accueillent avec amusement.  Et sa louve de faire preuve de raffinement lorsque posant des questions aussi sensibles que belles, elle tient à scruter la culture du courtier. Non sans faire preuve de fermeté cependant. « J’espère que tu n’émettras aucune objection. » Les paroles se meurent dans un baiser ardent par lequel il répond avec véhémence. Les mains saisissent les hanches féminines, les pétrissent et les désirent. « Tu ferais une redoutable femme d'affaires. » Ezechiel ne dégoise pas plus de palabres, quand bien même l'idée soufflée de se reconvertir dans cette branche perle à sa lippe muette : il ne lui fera pas cet affront. Car s'il ne connaît pas entièrement son amante, sait pertinemment toute l'inimitié qu'elle nourrit envers le capitalisme. Ainsi Ezechiel fait fi de cette réflexion et plonge dans ses pensées ; la nuque épousant alors les courbes du fauteuil, regard fauve criblant le haut plafond.

« Cela fait en vérité deux questions mais je suis magnanime, elles ne compteront que pour une. » Il murmure d'un timbre aussi suave que joueur. Reprend d'une moue semi-sérieuse. « Les maths m'ont toujours passionné. Tu avoueras que c'est loin de faire rêver... Alors voyons, qu'est-ce que j'ai dans ma bibliothèque. » Il pince ses lèvres d'une moue songeuse, regard perdu au loin. « Cinquante Nuances de Grey, j'en suis fan. Ainsi que l'entière compilation de Twilight, et l'autobiographie des Kardashian. » A moins que seule une sextape ne prétende à ce titre, quant au dernier point. Avisant la mine horrifiée de Jénova, Ezechiel éclate d'un rire franc qu'il assassine de ses incisives tenaillant sa lippe. « Non, j'aime beaucoup Hemingway, Montaigne, Dickens – je lirais d'avantage de Dickens à Deli si j'en avais le temps – » un léger soupir en bord de lippe comme il continue. « Apollinaire. Notamment ses poèmes érotiques, tu m'excuseras du peu mais cet homme avait tout de même des pulsions sadiques. Et tous les matins je me livre à une lecture passionnante : le cours des bourses du jour. » Il fronce le nez avec espièglerie, plonge un regard chocolat dans l'écrin satiné des prunelles féminines.  « Je sens que là je suis d'un romantisme à toute épreuve, tu n'en peux plus, avoue tout. » Et ses lèvres d'effleurer les siennes, d'un souffle chaud lové contre le sien, perclus dans un désir jamais repu, voilà que le diable murmure le nom de l'amante. Timbre exquis, chuchotis succulent. « Jénova... » Ah et ces mains faites pour pétrir et faire l'amour, de modeler la cuisse blanche et famélique de sa belle. Les doigts s'enfoncent dans une chair rougie par ses assauts, possessivité crue. Mais il recule, le fourbe, instaure entre leurs bouches quémandeuses la distance qui les fait languir. « Il faudrait mettre de la glace sur ta cheville. Ton corps est ton outil de travail, prends-en soin. » Il n'ignore pas pourtant, que la belle est au fait de cette confidence. Bien sûr que la danseuse ne maltraite pas sa chair, et pourtant Ezechiel se veut faussement autoritaire, réellement alerte. Car le pli de ses sourcils a pris la courbe lâche de l'anxiété, tandis que ses yeux trop expressifs luisent d'une lueur éteinte. L'éclat de l'inquiétude tue.

electric bird.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Mer 25 Mar - 22:12

Les mots autrefois enragés se parent de taquineries fiévreux. Souffle léger de paresse candide alors que leur odeur se mêle. Ce n’est que lèvres rencontrant bouche, main cherchant la peau, flattant la chair de tendres caresses. Regard qui se cherche, s’accroche, s’illumine pour mieux céder aux inclinations d’une complicité déconcertante. Le bellâtre se libère de ses chaines courroucés, devient amant désireux, désirable sans cesse jouant entre tranquille provocation et rapprochement fugaces. Le corps se transcende, devient arc se tendant sous les appellations de doigts quémandeur de légères lubricités. Tout accrochée à son regard, la belle n’a de cesse que de sourire à son amant. La danseuse sensuelle s’en va au placard, laisse place à la candeur d’un palpitant qui s’agite, appelle l’autre tandis qu’elle devient chatte feulant s’étendant avec paresse pour mieux rugir en élan lascif intimé par le regard de son loup chasseur.
A aucun instant la belle souhaite abandonnée cet instant précieux. S’enhardit, séduisante à souhait, acceptant le jeu proposé sans pour autant démordre d’instaurer, elle aussi ses règles. Car la belle accepte de le suivre mais souhaite posséder sa part d’autorité. Les picots d’un caractère farouche s’agite tout contre son flanc, si elle accepte les folies de son Sheitan elle ne désire ressembler à ses prudes candides qui ne possèdent aucune once de caractère. La soumission ne faisant pas partie de son être, elle s’exalte d’affronter son loup d’un regard brillant. Nuque redressée, elle le domine un instant dans un sourire mordant, sourire devenant crocs saisissant les lèvres pleines dans un baiser enragé. Ce à quoi il répond aussitôt, corps fort empoignant la belle de mains fermes et outrancières. Le sourire explose contre sa bouche alors qu’il rompt l’alliance instaurer une combativité des corps, qui se cherchent et se rejettent, fièvre érotique amusant la blonde dont le regard s’allume sous les propos de son bel.
« Tu n’as pas idée. » Répond-t-elle spontanément. Redoutable oui, elle saurait l’être néanmoins, jamais elle ne s’engagerait sur le chemin de la conquête, l’appât du gain demeurant chez elle, dépourvue du moindre intérêt.

La question est posée. Ezechiel recouvre une stature toute professionnelle. Regard rivé aux plafonds, mains nonchalamment perdues sur les cuisses de la demoiselle. Sourire au coin, haussement de sourcil, la danseuse l’observe mener son jeu non sans lui offrir un sourire au coin avant de se décomposer sous les assauts d’intérêts littéraires outranciers. Il éclate alors d’un rire franc et J lui envoie une tape taquine sur l’épaule non sans grogner légèrement, faussement outrée de le voir ainsi se jouer d’elle. Il se reprend aussitôt et J secoue la tête de droite à gauche lorsqu’il parle mathématique. [i]« C’est un langage que je ne comprendrais jamais. » Aveu assumé, Jénova ayant sans cesse rejeté les chiffres avec force et conviction jugeant ceux-ci bien dangereux. Et l’intérêt surgit enfin, J sourit, appuyant les choix littéraires de son amant non sans éclater de rire à la mention d’Apollinaire. Littérature érotique dit-il ? « Intéressant. » Regard fiévreux, sourire carnassier lorsqu’il se saisit brutalement d’elle. Son prénom ainsi prononcé, l’éclat de ses yeux, la chaleur de sa langue hasardeuse, les mains tentatrices… Jénova perd un instant le contrôle, s’enflamme, se retrouve amèrement frustrée lorsqu’il la rejette instaurant une autorité qui lui tire une moue d’arrogance adolescente. L’amant s’inquiète soudain et J se saisit de son visage, l’avisant d’un regard tendre. « Toute inquiétude est inutile. » Et difficilement acceptable tant la danseuse n’eut jamais l’habitude que l’on s’inquiète ainsi de sa santé. « On va remédier à ça. » Et la voilà qui agite le bras, attire le regard de son collègue barman avant de pointer le doigt en direction de sa cheville. Le message est reçue, délicatement elle retire sa chaussure alors que le serveur lui ramène une poche de glace qu’elle bloque sous l’élastique de sa chaussette. Elle le remercie dans un bref sourire et reporte son attention contre Ezechiel lui offrant un sourire triomphant avant de lui offrir un baiser candide. « En parlant d’Apollinaire… » Elle sourit, taquine sa lèvre inférieur dans une morsure audacieuse. Je serais ravie que tu me fasses la lecture de quelques uns de tes… poèmes favoris… » Ses lèvres glissent le long de son cou, quelques baisers feux y sont laissés avant qu’elle ne se redresse, sourire au coin, espièglerie allumant son regard.
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MessageSujet: Re: Come what may [J.] Jeu 26 Mar - 18:54



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Jénova & Ezechiel


« On va remédier à ça. » Lorsque la louve a lancé son injonction d'un bras, sommant à l'un de ses collègues de la prémunir contre son entorse, Ezechiel l'a trouvée d'avantage excitante. Le feu de ses reins s'embrasant derechef d'une flamme vorace, dès lors que l'autorité de sa blonde a flambé tout contre sa posture. Et pourtant c'est un regard amoureux qui se meurt dans l'alcôve des pupilles satinées de Jénova dès lors que ses doigts oblongs se sont perdus sur sa joue râpeuse ; une décharge électrique lèche sa nuque lorsque d'une moue grisée il dévore la beauté de l'amante. En dessine les contours, sculpte le marbre de ses pommettes saillantes, soupire le manque de ces lèvres dont il aimerait s'abreuver à nouveau. Mais le comparse de la danseuse a tôt fait de rompre l'instant ; amenant la poche de glace qui éveillerait presque sur la lippe d'Ezechiel un feulement agacé (mais il s'abstient. Fait fi de son sale caractère et, à défaut de fustiger l'intrus de son regard assassin pour avoir ainsi percé leur bulle, le gratifie d'un silence polaire et pourtant sage). Elle s'en empare aussitôt et cale contre sa blessure la glace salvatrice, imperturbable malgré la probable douleur insufflée en ses nerfs. « En parlant d’Apollinaire… » Ezechiel reprend ses esprits, a lâché de sa rétine meurtrière la silhouette du pauvre collègue s'étant dores et déjà éloigné afin de se repaître d'avantage du visage de Jénova. Elle a le front large et blanc, de longs cils clamant la moiteur des tombeaux, le regard d'une sirène appelant à la déroute, et le corps d'une sainte qu'il apprend à blasphémer de ses mains de païen. Puis il soupire, amoureux transi – idiot qu'il se trouve être car ne saisit pas combien il se vend, à la toiser tel un prosélyte converti à sa beauté, le souffle tendre effleurant sa lippe rougie aux baisers – avant de reprendre constance. « Je serais ravie que tu me fasses la lecture de quelques uns de tes… poèmes favoris… »  Diable qu'il aimerait la prendre sur l'instant, et qu'importent les autres alentours. C'est que les badauds n'ont qu'à fermer les yeux ; après tout, les amants demeurent volontiers indifférents au monde qui les entoure. Et sans doute l'aurait-il déjà tenté – peu importe la pudeur de la donzelle – si sa louve n'avait pas déposé ses lèvres sur les courbes de son cou. Ezechiel émet un râle de satisfaction comme il offre sa gorge à l'amante, ses mains audacieuses glissant subrepticement sous les plus du pantalon. « Je connais... quelques vers du bout de la langue. » Les mots sont hachés par son souffle rauque malmené par le désir. Et le courtier de fermer les yeux comme il parle, feignant d'ignorer son myocarde se faisant tambour battant. « Tes mains introduiront mon beau membre asinin ... » Le gémissement moite des amants glisse voluptueux contre leurs lèvres humides, et la main de l'audacieux se perd plus loin encore sur la cuisse. « ...Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses... » Les bouches se cherchent et se dévorent, jamais repues, ô crèves-la-faim. « ...Et je veux l’avouer en dépit d’Avinain, que me fait ton amour pourvu que tu ... » Pincement jouissif sur ses lèvres qu'Ezechiel remonte alangui à l'oreille de l'amante afin de souffler en un râle suave toute la langueur de leurs ébats fantasmés. « ...jouisses. »

Et les dos de se creuser encore ; danses lascives à la cambrure outrageante. Les langues lèchent les pourtours d'une lippe désireuse lorsque les mains se perdent, audacieuses et vraies, contre les courbes de l'autre. D'un souffle alors suffocant, Ezechiel invite Jénova à mettre douloureusement fin  aux préliminaires lorsqu'il lui chuchote encore : « J'ai bien d'autres lectures chez moi, je t'invite pour un dernier vers. » Comme un jeu de mot poétique pour mieux contrer la concupiscence de ses mains. Le brun ténébreux s'empare alors de la chaussure solitaire qu'il remet entre les doigts de l'amante et, la blottissant contre lui, se lève avec ardeur pour mieux la porter jusqu'à son carrosse. Méprisant le monde, ne convoitant qu'elle.

- RP TERMINE -

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