It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée.

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MessageSujet: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Dim 8 Mar - 19:11


Dire que nous nous étions fait passer un savon était un euphémisme. J’avais bien cru que cette fois, nous étions allés trop loin. Mes oreilles teintaient encore deux jours après que le chef nous eut conviés dans son bureau au sujet de notre soirée au Casino. Warren avait tenté d’apaiser notre supérieur mais, c’était allé plus loin que notre commissaire. Des huiles avaient été informées. Et c’était notre chef qui avait essuyé nos plâtres. Bon sang, j’avais négocié cet accord avec le D.A mais cela m’avait coûté un sermon mémorable et aussi un avertissement. Cette affaire était mon galop d’essai. Mon unique chance. Mon opération « tête brûlée » dans le Casino de Lenzo Wellington était ma dernière et unique erreur tolérée. J’avais été autorisée à poursuivre ma mission mais le prix a payé était lourd. A la moindre erreur, j’étais dehors. Même si aucun contact n’avait été établit avec Morello, ma couverture avait débutée. Car j’allais être en contact avec Wellington, je pouvais y croiser Morello et aussi parce que bientôt, Léo assurerait ou non sa participation. Il était temps pour mon alter-égo fauché d’entrer en jeu. J’avais donc réintégré ma « planque » cet appartement que je louais dans les bas quartiers, autant dire que ce nouveau lieu de vie n’était pas vraiment à la hauteur de mes exigences. Mais je n’étais plus Ava Wigderson, Détective à la NYPD, j’étais Ava Visconti, serveuse, orpheline, au bord du gouffre financier, sur maquillée, tentant de survivre dans cette ville. Le plus dur était d’avoir laissé Bogart derrière moi. Le chien avait finalement été recueilli par mon partenaire, l’unique possibilité après mon accrochage avec Noam. Je ne me rendais plus chaque jour au bureau, c’était mon équipe qui venait à moi, Warren serait mon unique contact avec l’OCCB. J’avais un job de serveuse qui me serait bientôt « ôté » par mon patron, un indic du département, au bon moment, lorsque les hommes de Morello recruteraient de pauvres filles dans la rue. En attendant je n’étais plus flic, dans les faits, mais serveuse et éventuellement une Escort débutante pour essayer de rembourser mes dettes. Warren était passé plus tôt aujourd’hui, alors que je souffrais dans ce bar enfumé, esquivant les mains baladeuses des clients et essuyant les engueulades de l’indic du département qui semblait prendre un malin plaisir à rabrouer un flic qui ne pouvait lui tenir tête sans se griller. Mon coéquipier m’avait remis les papiers provenant du D.A. Warren avait été clair cette fois : pas de micro, aucun enregistrement, Wellington devenait un indic à ce titre son identité serait protégée mais il me revenait de le « protéger » des éventuelles retombées en endossant ma couverture. J’étais seule ce soir. Et il me revenait de ne pas être découverte et Wellington compromis. Alors j’avais troqué ma tenue de serveuse contre celle de prostituée, dans cet appartement minable, en rêvant de ma douche à pressions. Alors que j’enfilais ma tenue du « soir », je pensais à cet échange de Snap plus tôt hier. Il avait été une erreur, une erreur que j’allais payer cher si elle se reproduisait. Il était un indic. Cette fois c’était terminé. Pas de petits jeux ce soir. Sortir dans ma rue avec ce type de tenu s’était tenté le diable, aussi passais-je une fausse fourrure, chinée dans une braderie du quartier, par-dessus mon haut court et mon slim noir. Une paire de talons vertigineux plus tard et j’étais en route, son contrat bien au chaud dans ma pochette de soirée. Bon sang, arrivée au Casino et privée de mon manteau je fus immédiatement la cible de regards lubriques. Il allait falloir que je m’y fasse, ce n’était pas mon QI qui intéressait les hommes avec mon apparence, mais tout simplement mon cul. Je repérais rapidement le vigile qui m’avait appréhendé la dernière fois et qui m’avait ensuite appelé un taxi alors que je sortais passablement échevelée du bureau de son boss. « Tu te souviens de moi mon mignon ? » Je lui demandais en posant une main sur son avant-bras. « Le patron en a pas eu assez. Il m’a réclamé. » J’ajoutais avec une œillade complice. La moue du type de la sécurité m’apprit que Lenzo avait de toute évidence l’estime de ses collaborateurs et que ma mise vulgaire, mon maquillage outrancier et ma façon cavalière de présenter la situation leur déplairait. Une bonne chose. Il me conduisit cependant jusqu’au bureau. Présence efficace pour éviter d’avoir à sortir le tazer. Il frappa, ouvrit la porte à l’ordre d’entrer de Lenzo et s’effaça pour laisser pénétrer dans l’antre de son patron l’Escort girl qu’il avait demandé. « Quelqu’un a commandé pour 23 heures ? » Je lançais en pénétrant dans la pièce, ondulant des hanches.  J’attendis que la porte se referme pour laisser tomber le masque de la « séductrice ». Bon sang. Il était toujours aussi sexy. C’était presque injuste. Mais je n’étais pas là pour ça. Je m’avançais cette fois sans démarche chaloupée ou ondulation de hanche et m’asseyais dans le fauteuil en face de son bureau, professionnelle malgré ma tenue. J’ouvrais mon sac et en sortait le contrat que je posais devant lui. « Comme promis. L’accord du D.A qui t’accordes, à toi et à ta famille, l’immunité totale en échange de votre collaboration. » Garder tout sous le sceau du professionnalisme. C’était ce que je m’étais promis de faire ce soir.


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Mar 10 Mar - 20:24


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
J’avais toujours du mal à croire à ce qu’il s’était passé avec Ava dans mon bureau l’autre jour. Je voulais juste oublier cet évènement, qui se sortait pourtant pas de ma tête. Je n’arrêtais pas d’y penser, et être assis à ce même bureau tous les jours des heures durant ne me facilitait pas la tâche. Merde, je me l’étais tapée. Parce que oui, je ne voyais pas d’autres mots plus représentatifs. Je me l’étais vulgairement tapée. Et voilà que je pensais comme Renji, maintenant ! Bordel, qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez moi? En plus, c’était une flic. Et moi et Renji, on était des hors-la-loi. Quelle merde. L’autre jour, elle m’avait promis un contrat qui nous protègerait des autorités, mon frère et moi, qui nous donnerait l’immunité. En échange, je devais me montrer coopératif et leur prêter mes locaux. Elle m’avait appris que le chef d’un réseau mafieux ramenait ses affaires dans mon casino, à ma plus grande surprise. Elle croyait de j’étais complice, mais avait bien vite compris que non, à ma réaction — yeux écarquillés et bouche ouverte — qui en disait long sur mon ignorance. Et… ça avait dérapé. Je ne savais même pas vraiment comment on en était arrivé là, à vrai dire. Elle m’avait provoqué, elle avait éveillé mes envies de mâle que je gardais normalement enfouies bien au plus profond de moi. Elle était aguicheuse, et j’avais eu envie de la remettre à sa place, de lui rappeler qu’ici, c’était moi le patron, c’était moi qui décidait. Et je crois qu’elle avait fini par comprendre, puisqu’elle avait finalement crié mon nom, en bonne petite soumise. Mais elle était partie très vite. Trop vite à mon goût. Ça ne m’était jamais arrivé ça, qu’une fille mette les voiles aussitôt satisfaite. Et ça avait le don de me laisser un goût amer en bouche. Et franchement, mes pensées me gênaient. Oui, parce que je me surprenais à penser à recommencer. Encore et encore, des heures durant, jusqu’à découvrir la moindre parcelle de peau qui la faisait frémir et de quelle façon je pouvais la faire flancher. Et pourtant, ça ne me ressemblait pas. Je n’étais pas ce genre de gars d’une « one night stand », ou encore le « sex friend ». Non, moi j’étais Lenzo, le gars posé et sérieux, qui ne couchait avec une femme que s’il était amoureux. Ouais, alors pourquoi t’as couché avec Ava sans te faire prier l’autre soir? me réprimanda ma conscience. Ouais, pourquoi j’ai couché avec elle d’abord? Oh puis merde, j’avais vraiment besoin d’avoir une raison ou quoi? D’autant que notre échange de snapchats ne m’aidait pas à me faire une raison. Ni sa petite culotte en dentelle qui été restée là après son passage, d’ailleurs. Qu’il fallait que je lui rende dès que je la voyais. Trois coups contre la porte. Si c’était un de mes hommes qui venait une énième fois me dire qu’il y avait de la tension au casino, j’allais péter un plomb. « Entrez. » Mais ce n’était pas un gros baraque que je vis passer la porte, mais une brunette au corps élancé, perchée sur des hauts talons aiguilles, un haut au dessus du nombril et un slim moulant sa belle paire de fesses. Ava. J’aurais pu la reconnaitre entre milles. « Quelqu’un a commandé pour 23 heures ? » La porte se refermait derrière elle et elle arrêta aussitôt son déhanché, laissant apparement tomber le masque. Non mais moi ça m’allait si elle continuait de rouler des hanches hein… Néanmoins, je souriais en coin à sa remarque. « Oh, mon dessert est arrivé? Petite plaisanterie provocatrice et à double-sens, mais je n'y résistais pas avec elle. « J’étais justement en train de penser à toi. » Elle s’asseyait dans le siège en face du mien, le bureau en bois massif sur lequel je l’avais possédée la dernière fois nous séparant. Elle cherchait quelque chose dans son sac, alors que je n’y prêtais peu attention. Non, mes yeux glissaient sur sa silhouette parfaitement dessinée, sur son ventre dévoilé, s’embrasant déjà. Elle posa le contrat devant moi. « Comme promis. L’accord du D.A qui t’accordes, à toi et à ta famille, l’immunité totale en échange de votre collaboration. » Alors elle l’avait vraiment obtenu. A vrai dire quand je l’avais demandé, je ne m’attendais pas à l’avoir un de ces jours. Mais apparement, la loi avait décidé qu’elle pouvait laisser les deux Wellington tranquilles, qu’ils n’étaient pas un grand danger, au final. Tant mieux. Bon, échange de bons procédés. C’était à mon tour, du coup. J’ouvrais mon tiroir dans lequel elle avait fourré sa pochette l’autre soir, en ressortant son bas de lingerie, que je laissais tomber sur le contrat, face à elle. « Il me semble que ça t’appartient. » ajoutais-je, sourire amusé toujours accroché aux lèvres. « Oh et, il faudrait que tu la laves. Je l’ai trouvée… hm… mouillée. » lâchais-je après quelques faux instants de réflexion. Non, c’était pas de la provocation, hein?
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Mar 10 Mar - 21:09


Débuter cette mission était une de mes aspirations depuis mon enter à l’OCCB. Mais j’avais merdé. Non pas en pistant Morello jusque ici mais, en menaçant le fils d’un des « politiciens » influent de cette ville. Je savais que je jouais serrée sur ce coup là. Mon chef m’avait littéralement sonné les cloches, c’était ma chance ou ma perte cette mission. Je devais coincer Morello, ne pas faire de bavures. Et cela devait commencer avec mon engagement à ne pas approcher de trop près les Wellington, à protéger leur réputation et surtout à ne plus menacer son fils de poursuite judiciaire. Le procureur avait été très clair, personne ne devait connaître l’existence de cet accord, ni savoir qu’un Wellington collaborait dans une affaire liée à la Mafia Italienne. De moins point de vue, certes j’avais merdé, mais sans nous Lenzo ignorerait que son casino abritait, les soirs de pluies, un mafieux notoire. Je lui avais rendu service, non ? Mais ma « soirée sous couverture » ne s’était pas arrêtée là. Bon sang, je m’étais faite « sauter » sur le bureau en chêne d’un patron de casino clandestin. Mais qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ? Je n’avais pas l’excuse de l’alcool ou même de « l’obligation » de mission, comme je l’avais dit à Lawrence auparavant, j’avais conscience que cette mission sous couverture pourrait m’amener à devenir la maîtresse de Morello et je m’y étais préparée. Mais rien ne me « destinait » à céder ainsi à une pulsion « primitive » de sexe avec Lenzo Wellington ! A dire vrai je lui avais donné une prise sur moi, un moyen de me tenir la dragée haute, j’avais cédé à sa provocation, à son magnétisme lorsqu’il avait pris le contrôle. Et c’était ce qui m’agaçait le plus. Je savais que revenir dans une relation « professionnelle » serait compliquée. Voire impossible. Ce n’était pas un simple amant, c’était désormais un indic, une part importante de mon travail d’infiltration, de mon travail de préparation. Je devais me ressaisir, ce n’était pas le premier mec avec lequel je couchais, seulement le premier avec lequel j’enfreignais ma règle sur la séparation entre sexe et vie professionnelle. Ça ne se reproduirait pas. Je risquais ma plaque. Cela aurait fait trop plaisir à Noam et à ma mère que je merde sur ce coup là. Je serai résister, ce n’était qu’un homme à la fin. Un patron d’un casino illégal, un « vilain » et moi la « gentille ». Je ne craquerais pas. « Oh, mon dessert est arrivé? » Il n’était bien sur écrit nulle part qu’il devrait respecter les règles que je m’étais fixées. Comment lui en vouloir alors que j’avais « gémis » son nom en ayant un orgasme, il devait se sentir tout puissant. Mais je n’étais pas venue pour le sexe. « J’étais justement en train de penser à toi. » Difficile de faire autrement alors que le bureau se dressait entre nous, bureau sur lequel il m’avait prise quelques jours plus tôt, avec mon consentement enthousiaste. Mais je me limitais au but de ma visite à savoir le contrat. Tout du moins j’essayais avant qu’il ne lance le début des hostilités. Avec ses snapchats récent j’avais compris qu’il avait encore envie de moi, sentiment réciproque, il était beau, intelligent, bon pour l’aspect physique d’une relation mais ... C’était un témoin, un indic dans cette affaire. Je ne pouvais pas coucher à nouveau avec lui. Une fois était déjà de trop. S’il devait témoigner, si l’avocat de la défense apprenait que j’avais eu une relation, même unique, avec lui, mon enquête pourrait s’écrouler. Voilà comment résonnait la part « sensée » de mon esprit, mon corps lui réagissait autrement. La vue de ma culotte, sur le contrat dactylographié, me troubla. « Il me semble que ça t’appartient. » Lâcha-t-il taquin. « Oh et, il faudrait que tu la laves. Je l’ai trouvée… hm… mouillée. » Bien sûr il en profitait allègrement, lui n’avait plus rien à perdre maintenant. Je récupérais la culotte sans quitter son regard du mien et me penchait lentement en avant pour la déposer dans la corbeille à papier. « Je ne voudrai pas que tes employés pensent que tu joues au gin rami lorsque je viens ici. » Je lâchais en reprenant ma place dans le fauteuil. « Tu dois lire et signer l’accord que te proposes le D.A s’il te convient. C’est sa seule offre. » J’ajoutais en poussant le contrat vers lui. Garder les choses professionnelles mais ... « Quant au degré d’hydrométrie de ma lingerie, ne me fait pas croire que j’ai été la seule à y prendre du plaisir ... Mais, ça ne se reproduira pas. » N’est-ce pas ? Je croisais les jambes, heureuse d’avoir choisi un pantalon plutôt qu’une jupe, choix moins risqué. « Tu noteras que l’accord stipule que nous sollicitons l’accès au Casino pour un autre volet de ma mission ... Mon patron a jugé être une excellente idée que mon partenaire se mêle aux clients pour me débriefer discrètement durant ma mission. »


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Mer 11 Mar - 14:51


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
Oui, ça m’amusait. Ça m’amusait de la voir là, devant moi, à jouer la flic parfaite et bien professionnelle en posant le contrat de mon immunité sur le bureau sur lequel elle m’avait supplié de la prendre la veille. Quel ironie. Pourquoi je n’étais pas foutu d’avoir une Madame Wellington, un gosse, un monospace et un animal de compagnie, dans une grande maison, comme Ezechiel me l’avait fait remarqué à cette réunion d’anciens élèves à Harvard? Pourquoi? Qu’est-ce qui clochait? Le fait que tu couches avec une flic pour laquelle t’as pas de sentiments, peut-être? Voilà, la conscience revenait au galop se moquer de mes actes qui déviaient du droit chemin. Chemin que je m’étais fixé et auquel j’avais prêté serment il y a bien des années déjà. Merde alors. Pourquoi je changeais ma doctrine maintenant? J’approchais les vingt-sept ans, et voilà que les années d’essai de Renji à me pervertir portaient enfin leurs fruits. Non non non, je ne pouvais pas laisser ça arriver. Alors pourquoi je pensais à une seconde fois? Une troisième? Une quatrième? Pourquoi j’espérais secrètement qu’Ava craque de nouveau et se laisse aller à ses envies? Parce que je le savais, qu’elle en avait tout autant envie que moi. A la vue de son sous-vêtement que j’avais laissé tomber sur les papiers, contraste déchirant entre sa volonté d’être professionnelle, je la notais perturbée. Elle ne s’y attendait pas. Elle la prenait pourtant pour la jeter dans la poubelle, ses prunelles sombres ne quittant pas les miennes une seule seconde. « Je ne voudrai pas que tes employés pensent que tu joues au gin rami lorsque je viens ici. » « Ah parce que tu préfères leur faire croire que je me tape des putes de luxe? » Oui, c’était sorti tout seul, du tac au tac, le ton irrité. « Fais-moi penser quand tu partiras de changer mes employés. Ils me connaissent très bien et savent parfaitement que je ne ferai jamais un truc pareil, mais ils t’ont quand même laissée entrer. Idiots. » marmonnais-je pour finir. Je me levais en prenant le contrat, tournant le dos à Ava. « Tu dois lire et signer l’accord que te proposes le D.A s’il te convient. C’est sa seule offre. » C’est sa seule offre? Ouais, je me doutais bien déjà que ça avait du lui percer un trou béant dans son orgueil, de devoir s’en remettre à protéger des criminels. Ok, on n’avait pas commis de meurtres, c’était des crimes moindres, mais quand même. Je tournais les pages du contrat, le lisant de façon assez rapide, bien que je ne manquais pas une seule ligne pour m’assurer de ce qu’il clamait. « Quant au degré d’hydrométrie de ma lingerie, ne me fait pas croire que j’ai été la seule à y prendre du plaisir ... Mais, ça ne se reproduira pas. » J’ignorais ses derniers mots qui avaient le don de me contrarier plus qu’autre chose. « J’ai jamais dit que t’étais la seule à avoir pris du plaisir. Mais c’est pas moi qui ai gémis ton nom, si t’as déjà oublié. » Ouais, même pas un merci? Un peu de reconnaissance quand même quoi. Non? Elle croisait les jambes. Pour se contenir? « J’espère que ton degré d’hydrométrie n’est pas en train de s’élever rien qu’à y repenser. » Ouais, quoi? Elle l’avait cherché cette pique. « Tu noteras que l’accord stipule que nous sollicitons l’accès au Casino pour un autre volet de ma mission ... Mon patron a jugé être une excellente idée que mon partenaire se mêle aux clients pour me débriefer discrètement durant ma mission. » Ouais ouais… Je terminais mon ennuyante lecture et chopais un stylo de métal qui traînait sur mon bureau pour le dactylographier et le signer. « C’est bon pour moi. » Donc quoi, elle s’en allait maintenant? « Voilà. » Je le lui rendais, restant debout derrière mon bureau, face à elle. A voir maintenant si elle allait rester professionnelle jusqu’au bout…
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Ven 20 Mar - 21:18


Il prenait son pied à ce petit jeu. Je le lisais dans ses yeux. Cela l’amusait. Etrange comme le gentil « patron » s’était transformé subitement en expert en « rencontre post coïtale ». Si je m’en fiais à la psychologie de base des hommes plusieurs raisons pouvaient justifier ce comportement ... Cavalier ? Commençons le petit jeu de « découvre ce que pense ton plan cul ». Possibilité numéro une. J’avais tourné les talons avec une facilité déconcertante lors de notre dernière rencontre, après une « partie de baise » mémorable. Son égo avait-il été blessé ? Un homme ne se gênait pas pour abandonner une femme au lit, quand c’était la femme qui le faisait ... C’était différent. Peut-être voulait-il me montrer son détachement, à son tour. Derrière la porte numéro deux découvrons l’explication suivante. Il avait réellement envie d’un nouveau tour du « Ava Roller Coaster ». Je l’avais malmené puis je m’étais allongée cuisse grande ouverte sur son bureau, en le suppliant de me baiser, avant de gémir son nom. Y’avait là de quoi réveiller l’instinct mâle d’un type qui se prétendait « gentil » et stable. N’importe quel mec finissait par se sentir flatter si une femme suppliait et gémissait. Ce que je m’abstenais d’ordinaire de faire. Bon sang ... Il pensait surement détenir un quelconque pouvoir sur moi. Ce qui nous amenait à la porte numéro 3. Le moyen de pression idéal, je lui avais offert une opportunité en or pour me tenir en laisse, sur le plan professionnel et personnel. Je m’étais offerte à lui, alors que je savais que je mettais à mal mon éthique professionnelle. Et il avait là une prise exceptionnelle, pour protéger son business et aussi ... Pour me faire plier, me voir obliger de céder, comme j’avais joué avec lui, il jouait avec moi. Ça ne pouvait être qu’une de ses trois raisons. Pourtant, dieu seul sait que Noam lui aurait assuré qu’il aurait mieux fait de lâcher l’affaire, s’attirant ainsi une vie de tranquille passibilité. J’étais une plaie vivante. Je parlais trop, je riais trop fort, je ne pensais qu’à ma carrière et à mon chien... chose étonnante d’ailleurs, j’avais été capable de maintenir en vie quelqu’un d’autre que moi. Il aurait pu signer ce papier et être débarrassé de moi, laisser l’affaire où nous l’avions conclus. Mais non. Il fallait qu’il insiste. Bon sang. J’avais fait une grosse erreur, j’avais sous-estimé l’adversaire et son ... Désir. « Ah parce que tu préfères leur faire croire que je me tape des putes de luxe? » Je haussais un sourcil. Techniquement ... Son personnel devait bien le croire non, depuis la première soirée. «Fais-moi penser quand tu partiras de changer mes employés. Ils me connaissent très bien et savent parfaitement que je ne ferai jamais un truc pareil, mais ils t’ont quand même laissée entrer. Idiots. » Ah parce que maintenant s’était « ses » employés. J’avais comme dans l’idée que je m’étais faite baisée dans les grandes largeurs au sens propre comme au figuré. « Je ne suis pas ta secrétaire mon grand, il va falloir que le reste de tes employés agissent avec moi comme avec une pute de luxe, pas comme avec un flic... C’est écrit dans notre accord, d’ailleurs. » Je me penchais et tapotait d’un ongle manucuré le papier. Il s’était levé et me tournait le dos, lisant le dit contrat. Je restais sagement assise, les jambes croisées, fixant son dos en tentant de retrouver mon professionnalisme. Bon sang ce n’était qu’un mec. Je n’allais pas risquer ma carrière, ma vie aussi, pour une nouvelle partie de jambes en l’air. Il m’agaçait, c’était là le problème. Son attitude arrogante, sa certitude de pouvoir me rallonger sur ce bureau à sa convenance m’irritait. Je chassais, sans jamais être chassée d’ordinaire. Et c’était déplaisant de voir qu’il lisait facilement mon attirance. Merde je n’étais pas en bois. Mais il était désormais une chasse interdite. Partie intégrante de cette mission, ma mission. Mon unique chance. « J’ai jamais dit que t’étais la seule à avoir pris du plaisir. Mais c’est pas moi qui ai gémis ton nom, si t’as déjà oublié. J’espère que ton degré d’hydrométrie n’est pas en train de s’élever rien qu’à y repenser. » il fallait que je me contienne. Ne pas céder à la provocation. « C’est bon pour moi. Voilà. » Il avait signé. J’avais ce que j’étais venu chercher ... Je pouvais me lever et partir. Je devais me lever et partir mais ... Mon foutu égo n’était pas de cet avis. Je décroisais les jambes et le fixait de mes yeux clairs. « Je pourrais te faire gémir mon nom à loisir tu sais ... Je suis très douée pour ça. Mais je dois reconnaitre que tu n’as pas été mauvais cependant, m’avoir fait gémir une fois ne t’autorise pas à penser que tu pourrais m’avoir à nouveau. » Oui je le provoquais, oui je piquais son orgueil. Je ne serai pas la seule à souffrir de cette étrange alchimie entre nous. Lui aussi pouvait se consumer sans toucher. Lui aussi. « Après tout ... C’est moi qui ait les menottes. » je le provoquerai, verbalement puis je m'en irais. Se serait tout. Je ne serai pas l'esclave de mon corps. Pas cette fois. Mais il fallait que j'efface ce sourire suffisant de son visage. Bon sang, il le fallait.


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Ven 20 Mar - 23:38


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
Ouais, elle m’avait irrité. Comme si moi, j’allais payer une gonzesse pour l’avoir dans mon pieu — ou sur mon bureau, en l’occurence. Pour le peu qu’une seule venait à me faire une proposition digne d’un grand oui de la part de Renji, moi, j’étais plutôt du genre à lui fermer la porte sèchement au nez. Mais là pourtant, Ava, je lui avais laissé la porte grande ouverte, limite avec un message radio qui répétait en boucle « viens, je t’attends ». Quel con. Et sa seule réaction à mon irritation fut d’hausser un simple sourcil innocent. Quoi, elle avait du mal à comprendre? Fallait qu’elle me rappelle que je devais changer mes employés en partant, parce que s’ils étaient assez cons pour baisser leur garde comme ça en pensant sincèrement que je me tape des putains, on touchait le fond. « Je ne suis pas ta secrétaire mon grand, il va falloir que le reste de tes employés agissent avec moi comme avec une pute de luxe, pas comme avec un flic... C’est écrit dans notre accord, d’ailleurs. » Accord qu’elle pointait d’un ongle manucuré. « Pute jusqu’au bout des ongles, à ce que je vois. T’es sûre que c’est qu’un rôle au final? » Je pris ce contrat pour le lire, lui tournant le dos suite à cette remarque désobligeante. Quoi? J’avais beau être gentil, il ne fallait pas me chercher. « D’ailleurs, je prendrais jamais une femme comme toi pour secrétaire, au passage. » Une femme comme elle, ce qui voulait dire… chiante? Insolente? Provocante, et qui te fait tourner de l’oeil à en perdre la raison, me soufflait ma conscience, gentiment assise en tailleur sur mon épaule, que j’avais envie de faire taire à coup de massue. Non, à la place, je restais dos à ma prédatrice au long cheveux ébènes et aux lèvres rouges, qui passait chaque seconde durant lesquelles elle se trouvait dans mon champ de vision à me tenter. Merde alors. Je repensais à l’autre fois, et… Non. Stop. Je n’avais pas le droit. Et pourtant… elle avait déjà craqué une fois, et je prêtais serment en signant son foutu contrat, non? Serment de silence, de secrets. Pourquoi cet étrange « nous » qu’on formait, elle et moi, n’en ferait donc pas aussi parti ? Est-ce qu’il y avait au moins un quelconque « nous » ? Oui, la dernière fois, il y en avait bien eu un, et pour cause, au sens propre, puisqu’elle et moi n’avions plus fait qu’un. Mais aujourd’hui… Est-ce que ça persistait pour elle? Est-ce que ça persistait pour moi, déjà? Bah… Non, tais-toi ! J’en avais foutrement marre de cette traite de conscience. Elle ne pouvait donc pas me foutre la paix? Et l’autre là, la fausse catin, pourquoi elle me disait qu’elle n’avait pas été la seule à prendre du plaisir? Je le savais moi, et je n’avais jamais essayé de le nier, contrairement à elle. Ce que je lui précisais bien haut et fort. Non sans une pique provocatrice sur mon nom qu’elle avait gémi et le fait qu’elle m’ait supplié, et non sans mentionner une nouvelle fois son fameux « degré d’hydrométrie ». Raah, ras-le-bol. Je signais donc ce maudit testament et lui rendais sur le bureau en clamant que je n’avais plus rien à faire. Égal : tu peux partir maintenant. Ouais, sauf qu’elle n’avait pas l’air d’avoir envie de partir, en fait. Elle décroisait ses jambes et je retenais un regard avide — elle avait franchement le don de faire ressortir le désir que je réprimais sous toutes occasion d’un rien. « Je pourrais te faire gémir mon nom à loisir tu sais ... Je suis très douée pour ça. Mais je dois reconnaitre que tu n’as pas été mauvais cependant, m’avoir fait gémir une fois ne t’autorise pas à penser que tu pourrais m’avoir à nouveau. » Je contournais le meuble en bois massif qui nous séparait pour me planter face à elle, debout, la surplombant, elle qui était encore sagement bien assise sur la chaise. « Qu’est-ce qui te dit que j’essaye de t’avoir à nouveau? » Ouais, rien ne laissait croire ça, n’est-ce pas? Ni ma peau brûlante, ni mon regard embrasé, rien du tout. « Après tout ... C’est moi qui ait les menottes. » J’arquais un sourcil à ses dires. « Ben tiens, pourtant tu les as pas utilisées la dernière fois. Tu te souviens, quand je t’ai prise, là? » Je posais mon doigt sur le bureau, juste à côté de moi, sans pour autant détourner mon regard perçant du sien. « Tu sais t'en servir au moins? » Énième provocation. « Tu te trahis si facilement Ava… J’espère que tu sauras être plus convaincante que ça pour ta mission. » Oups, une autre provocation. Ça crevait les yeux qu’elle brûlait autant de désir que la dernière fois, voire plus que ça. Il fallait être aveugle pour manquer ça. La façon qu’elle avait de croiser et de décroiser les jambes, son faux professionnalisme qui voulait cacher ses émotions en vain… Pourquoi se donnait-elle tant de mal alors que ça pourrait être extrêmement simplet?
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Sam 21 Mar - 0:21




« Pute jusqu’au bout des ongles, à ce que je vois. T’es sûre que c’est qu’un rôle au final? » C’est qu’il pouvait mordre lorsque l’on le contrariait. Je jetais un coup d’œil sur mes mains. Sur la manucure criarde qui recouvrait mes ongles. Rouge vif. Vulgaire. En un mot. Il avait raison, clairement « pute » mais après avoir passé la journée à me faire peloter les fesses dans ce bar miteux, je comprenais que le moindre détail avait son importance. Une couverture pouvait être comparée à un oignon, vous enfiliez couches après couches, chaque jour, jusqu’à ce que le moindre détail soit absorbé et devienne une partie de vous-même. Si différente de ce que j’étais ... Mais était-ce le cas ? Ne me comportais-je pas exactement comme il le sous-entendait, comme une pute... Je m’étais envoyée en l’air avec lui. Non ... Soyons honnête une seconde, ce que j’avais fait avec lui ne pouvait se résumer à un mot vulgaire, à de la baise. Je ne baisais pas. J’avais des relations sexuelles consenties et plaisantes ... Mais jamais avec un inconnu, encore moins avec un partenaire de travail. Alors que c’était-il passé avec lui ? Qu’est-ce qui avait dysfonctionné ? Pourquoi avais-je céder à des instincts que je maitrisais si bien d’ordinaire ? Ce n’était pas une question d’abstinence forcée depuis mon emménagement non, je ne pouvais faire reposer tout là-dessus. C’était moi. J’avais choisis de faire l’amour avec lui. Sur ce bureau, alors que je savais que ce n’était pas « juste » légalement. Je lui avais confié quelque chose de précieux ce soir-là... La possibilité de briser tout ce que j’avais construit dans la police. Je m’étais donnée, sous couvert de le séduire pour arriver à mes fins, puis j’étais parties, sans un mot, en laissant derrière moi ... Une petite culotte. Bon sang, je m’étais comportée comme une pute, j’avais donné à ce que nous avions fait ... Mais ce n’était pas cela, n’est-ce pas ? Cela avait du sens. Un sens que je ne comprenais pas. Merde, pourquoi n’avais-je pas prétendu que les Wellington n’étaient pas pertinents dans ce dossier dès lors que j’avais compris qu’il ne connaissait rien de Morello ? Pourquoi est-ce que j’étais restée ? Pourquoi étais-je revenue ? Pourquoi étais-je si touchée dans ma fierté à l’idée que je n’avais été qu’une ... pute à ses yeux ? « D’ailleurs, je prendrais jamais une femme comme toi pour secrétaire, au passage. » Une femme comme moi ? Insolente ? Caractérielle ? Provocante ? Ou simplement ... Pas son « genre » ? Je le provoquais alors, parce qu’il me titillait depuis mon arrivée, parce que je ne supportais pas l’idée de le voir aussi « insensible », comme si ... ça n’avait pas de sens bon sang, en quoi ce qu’il pensait de moi, de nous ... Mais quel « nous » Ava ? Il n’y avait pas de « vous », ce n’était qu’un mec, un mec qui t’as sautés sur son bureau, un « bad guy » en plus, certes à petite échelle mais ... son arrogance me brûlait. J’avais besoin qu’il ressente ce que j’éprouvais, cette tension qui m’empêchait de rester sagement les jambes croisées à le toiser. Il me mettait sur le grill et je détestais ça. Cette emprise que je n’expliquais pas. Il était trop sûr de lui, de son pouvoir. Je devais le remettre à sa place. « Qu’est-ce qui te dit que j’essaye de t’avoir à nouveau? » Je dardais sur lui un regard franchement provoquant, brûlant, puis je laissais glisser mes yeux avec ironie à hauteur de son entrejambe. « Apparemment tu es content de voir « ta pute de luxe » ou bien t’es-tu toi aussi munie d’un tazer ? » Je mordais aussi lorsque l’on me cherchait de trop prêt. Et il heurtait quelque chose en moi. Pas seulement ma fierté et mon orgueil. « Ben tiens, pourtant tu les as pas utilisées la dernière fois. Tu te souviens, quand je t’ai prise, là? Tu sais t'en servir au moins? » Bon sang, je rêvais de lui faire ravaler son petit sourire et son regard de braise. Il se sentait en position de dominant. Mais ... L’était-il vraiment ? « Tu te trahis si facilement Ava… J’espère que tu sauras être plus convaincante que ça pour ta mission. » La provocation de trop. Je me levais souplement, me penchant pour attraper mon sac, laissant entendre que je m’en allais, j’ouvrais ma pochette, pour y ranger le contrat. Il s’était figé. Bien. Rapidement je sortis les menottes et le poussait fortement contre le bureau. Surpris, il bascula. Il me fallut une trentaine de secondes pour menotter son poignet à l’un des tiroirs. Haletante, dans la manœuvre je m’étais pressée contre lui pour couvrir son corps et atteindre ses bras. « Et celle-là tu la vue venir ? » Je demandais férocement avec hargne. Mais mon corps me jouait des tours. Mes seins étaient tendus contre son torse, mon souffle peinait à se rétablir. Bon sang, je le haïssais de me rendre aussi ... Femme. Aussi faible aussi. Si peut flic. « Tu veux tâter de mon tazer maintenant, ou une seule démonstration te suffit ? » Je demandais en essayant de me redresser, compliqué avec cette silhouette masculine tout en muscles qui n’offrait aucune prise sur le bureau, tant elle l’occupait par sa « masse ». Il allait falloir que je le touche, que je m’appuie sur lui. Mais bon sang, j’étais trop faible pour ça. Trop faible et stupide. Il n’y avait pas de nous, il ne pouvait pas y avoir de nous. Je ne pouvais pas coucher avec lui à nouveau. Cela entérinerait les choses, cela ouvrirait la porte à d’autres nuits, d’autres liens. Il faisait partie de ma mission bon sang ! C’était un témoin. Mais était-ce le cas ? Son nom ne devait apparaitre nulle part, personne ne devait savoir qu’il collaborait ... Alors qui cela gênait que ... Que quoi Ava ? Tu es en mission sous couverture. Il n’y a pas de place pour un plan sexe régulier là-dedans ni pour la moindre relation. Qui cherchai-je à convaincre ?


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Dim 22 Mar - 18:06


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
Je n’étais pas méchant ni insultant d’ordinaire, mais là, Ava m’avait cherché, m’avait piqué, et j’avais répliqué. Je détestais ce genre de personnes qui changeaient leur personnalité du tout au tout d’un rendez-vous à l’autre. J’essayais de l’avoir à nouveau? Non, même pas en rêve. Du moins, j’essayais de m’en convaincre depuis l’autre fois. Qu’est-ce qui me donnerait envie de me faire une flic? Encore une fois, en plus? On apprenait de ses erreurs, en général, non? Alors pourquoi je ne voyais pas ça comme une erreur? Elle glissait un regard aussi brûlant que le mien sur moi, s’arrêtant sur mon entre-jambe. « Apparemment tu es content de voir « ta pute de luxe » ou bien t’es-tu toi aussi munie d’un tazer ? » J’arquais un sourcil. C’était de la provocation? Non, parce qu’elle pouvait faire mieux quand même. « Je n’ai pas, et n’aurai jamais de pute de luxe. Je t’ai baisée, et ça s’arrête là, qu’est-ce que tu croyais? » C’est pas bien de mentir Lenzo, tu sais? Pourquoi elle ne me laissait jamais tranquille celle là? Elle pouvait pas rester dormir dans son coin sans me faire chier? Après tout, c’était elle qui avait les menottes, m’avançait-elle. Ouais, m’enfin jusqu’à preuve du contraire, je n’étais pas sûr qu’elle sache s’en servir. La dernière fois, elle avait été bien loin de dominer le jeu. Mais je m’adonnais à provocations sur provocations, en rajoutant une sur son professionnalisme raté. Provocation qui faisait son effet apparement, puisqu’elle se levait et attrapait son sac dans lequel elle fourrait le contract. « Oups, j’ai blessé ton égo? » Il ne fallait pas me chercher j’avais dit. Et pourtant, elle continuait. Sauf que, revers de situation presque inattendu. Elle démontra sa force, me poussant contre le bureau contre lequel je basculais. Trente secondes top chrono pour menotter mon poignet à un tiroir du meuble, action dont elle ressortait haletante. Manoeuvre que j’aurais pu aisément contrer, puisque trente secondes c’était bien assez pour moi pour soulever son corps frêle et l’empêcher d’arriver à ses fins. Et pourtant, je l’avais laissée faire, sans m’opposer. « Et celle-là tu la vue venir ? » Je la toisais d’un regard sombre, détaillant, gardant pourtant le silence, plus calme que jamais. Plus indifférent que jamais. Du moins, c’était l’apparence que je lui donnais, puisque je savais que là était le fond du problème. Elle se sentait blessée de voir que j’avais pu me montrer désobligeant, froid, distant, imperceptible. Sa fierté avait été fissurée, et elle ne se sentait plus en sécurité quand j’étais dans les parages, parce qu’elle m’avait donné toutes les clés en main pour la faire virer de la police. Le buste collé au mien, la respiration toujours trahissante, les seins aplatis contre mon torse… Bien qu’elle m’avait passé les menottes, elle était si peu professionnelle, et ça me rendait complètement dingue. « Tu veux tâter de mon tazer maintenant, ou une seule démonstration te suffit ? » Et la joute verbale continuait. Encore et encore. Ça ne me déplaisait pas, au contraire. J’aimais bien cette dualité, cette bataille qu’il y avait entre nous. Elle me provoquait, chose qui manquait à ma vie, et réveillait la partie de moi capable de me désinhiber et lui tenir tête. « Et toi? Toi qui a déjà tâté le mien, une seule démonstration t’a suffit? » C’était simple à deviner, le sous-entendu sexuel qui se trouvait derrière ces mots. Elle me regardait, ses yeux passant sur mon torse. Elle voulait se relever, et relever sa dignité. Sauf qu’elle avait bien remarqué que pour ça, elle devrait me toucher. S’appuyer sur ma peau. Et elle n’avait pas l’air prête pour ça. Laissant un silence peser durant de longues secondes, silence uniquement troublé par ses souffles toujours irréguliers. Silence intime, elle collée contre moi, et pourtant distant, métaphoriquement. Je passais finalement ma main libre sur sa taille, la glissant jusque dans le creux de son dos. « Tu as peur, Ava. Tu es effrayée. Terrorisée à l’idée de perdre ta carrière. A l’idée que je te dénonce. C’est pas difficile à comprendre. Mais j’ai beau être un gros con parfois, c’est pas mon genre. J’te dénoncerai pas. J’te ferai pas tomber. Ça ne m’apporterait rien de plus que ce que j’ai déjà. Tu peux me faire confiance. » Et j’étais sincère. La voix basse, mes mots quasi chuchotés près de son visage. Je n’avais rien à gagner en la faisant tomber. Rien. Ma main appuyait un peu plus sur son dos pour la garder collée à moi. Pourquoi ce contact m’avait manqué?
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Dim 22 Mar - 21:11


« Je n’ai pas, et n’aurai jamais de pute de luxe. Je t’ai baisée, et ça s’arrête là, qu’est-ce que tu croyais? » Pourquoi ses paroles me faisaient autant souffrir ? Sur l’instant, ce n’étaient que des mots pourtant. On m’en avait adressé des pires. Noam avait été plus « crus » que cela durant toutes ses années concernant les hommes qui étaient passés dans ma vie et dont il avait parfois eut vent de l’existence. Peut-être cela me faisait mal, peut être que cela me blessait, parce qu’il n’avait pas tort dans le fond. Cette fille qui avait tourné les talons sans rien dire, celle qui lui avait abandonné sa petite culotte, ce n’était pas vraiment moi. Bon peut être si pour la culotte, après tout j’avais un sens de l’humour assez particulier. Mais je n’étais pas de celles qui s’envoyaient en l’air et tournait les talons. J’assumais ma sexualité, mon envie de relations de courtes durées. Mais je ne m’étais encore jamais comportée comme cela. Mais je n’avais jamais couché avec un type qui m’était interdit. L’alchimie. C’était cela qui m’avait poussé dans ses bras. Une foutue énergie. L’attirance, brut. J’avais perdu le contrôle du jeu de flirt que j’avais entamé et je n’avais pas pu m’en défaire. C’était simplement l’histoire d’une nuit. Qu’importe mes principes, mes envies. Il faisait désormais partie de ma mission. Il était une part importante du dispositif. Il connaissait mes deux identités, Ava Wigderson et Ava « la pute ». Je ne pouvais pas me permettre de me laisser emporter dans les affres de la passion sensuelle. Merde, son père était un gros poisson dans la marre politique de New York, j’avais été prévenue, je ne pouvais pas merder sur ce coup-là. Impossible. Alors peut-être était-ce mieux finalement, qu’il ne voie pas plus loin que la nana qu’il avait baisé sur son bureau ? Qu’avais-je à gagner ? Qu’avais-je à perdre ? Rien et tout. Est-ce bien vrai Ava ? Ma conscience me rappelait régulièrement à l’ordre. Si je n’avais rien à gagner, pourquoi m’attardais-je dans ce bureau ? Pourquoi tenais-je tant à lui prouver que j’avais le contrôle ? Pourquoi je jouais avec lui ? Je n’avais rien à lui prouver. Rien. « Oups, j’ai blessé ton égo? » Oui. Il l’avait fait. En me traitant comme ... Comme quoi ? Comme un coup d’un soir ? Comme une pute ? Mais n’étais-ce pas ce que j’avais prétendu être ? N’était-ce pas ce que je prétendais être en général ? Je me servais de mon physique comme d’une arme, je charmais, jouais, feintais et je me conduisais comme ... Une pute parfois. Clairement. Et je voulais lui faire payer d’avoir vu plus loin que ça. D’avoir vu ma faiblesse. D’avoir pris le contrôle sur moi. Mais tel est pris qui croyait prendre. Pressée contre lui. Qu’avais-je prouvé sinon qu’il possédait bel et bien les armes pour me faire sortir de ma réserve, pour me transformer en furie. Pour briser le vernis des bonnes manières et de l’assurance professionnelle. Nous nous tenions tête comme deux chiens de combats ne voulant pas lâcher un os. Cette joute verbale était tout sauf professionnelle. Il me poussait à le provoquer, à vouloir le déstabiliser. Je voulais qu’à son tour il se dévoile, qu’il montre sa faiblesse. « Et toi? Toi qui a déjà tâté le mien, une seule démonstration t’a suffi? » J’avais créé un monstre. Ou bien n’avais-je fait que le révéler ? Je me rappelais très bien de l’homme que j’avais réussi à effrayer par mes menaces quelques jours plus tôt, de son abnégation lorsqu’il avait compris que j’étais flic. Il ne restait rien de ce jeune homme sur la réserve à présent. Il était provocant, railleur, allumeur. « Je préfère le tazer. » Répliquais-je, la mauvaise fois incarnée. Sa main contre mes reins, en contact direct avec ma peau. Un frisson. Bon sang Ava, contrôle-toi ! Tu n’as jamais été une petite chose à la merci de ses hormones ! « Tu as peur, Ava. Tu es effrayée. Terrorisée à l’idée de perdre ta carrière. A l’idée que je te dénonce. C’est pas difficile à comprendre. Mais j’ai beau être un gros con parfois, c’est pas mon genre. J’te dénoncerai pas. J’te ferai pas tomber. Ça ne m’apporterait rien de plus que ce que j’ai déjà. Tu peux me faire confiance. » Son souffle qui effleure ma joue, ses yeux rivés aux miens mais surtout, l’accent de sincérité dans sa voix. Sa main qui presse contre mes reins, me collant plus étroitement à lui. Allongés ensemble, inconfortablement pour lui, un bras en l’air à cause de la menotte. J’avais envie de le croire. Je brûlais de franchir l’abysse que j’essayais de dresser entre nous avec ce contrat. Avec tout ce décorum. Je luttais contre moi-même pour ne pas m’appuyer sur lui. Ava Wigderson n’existait pas désormais. Je n’étais plus un officier de police, dans les faits j’exerçais comme serveuse dans un bar minable, je faisais le tapin pour payer le loyer. Bon sang ... qui le saurais ? Je pouvais lui faire confiance ? Je brûlais de lui faire confiance. Il me stimulait, pas seulement sexuellement, j’aimais le provoquer, le taquiner. Bon sang ... Ava. « Je suis supposé arrêter les gens comme toi ... Je ne suis pas censée ... Prendre du plaisir à leur compagnie, flirter, baiser ... Ce n’est pas supposé arriver Lenzo.... » Je murmurais en baissant la tête. Mes doigts effleurèrent la menotte passée à son poignet, trouvant aisément la serrure. Le libérant. Sa main sur moi, c’était le genre de moment, de sensation auquel je pourrai prendre goût. Allons, de qui me moquais-je ? Une fois ma mission terminée, je ne le reverrais pas, s’il devait témoigner, cela compromettrait l’enquête... D’ailleurs si je continuais sur cette voie, je ne ferais peut-être même plus partie de la police à la fin de cette enquête. Bon sang, je n’aurai même pas du hésiter. Je lui souris, avec mélancolie. Je voulu rouler sur le côté mais il m’arrêta de son bras enroulé autour de ma taille. Cette fois en touchant simplement mon dos sa main à plat contre ma peau. Je déglutis, à la fois embarrassée et troublée. Je n’arrivais pas à me tenir à ma décision. Et je ne le comprenais pas. Il glissa son autre main, plus fermement, autour de ma taille. Mon souffle se bloque. Une chaleur familière s’épanouit dans mon bas-ventre. Une sensation que j’avais tenté d’oublier durant ses quelques jours de négociations. Une sensation que j’avais échouée à faire taire même lorsque mon patron hurlait après moi. Toujours incapable de prononcer un mot, je décidais de communiquer autrement. Je ne voulais pas poser de mots sur ce revirement. Sur ce que j’éprouvais. Ça aurait impliqué de l’accepter ... De ne plus considérer cela comme une erreur unique. J’inclinais la tête pour l’embrasser, gommant la peur et écoutant mes désirs. Lui faire vraiment confiance, c’était lâcher prise, risquer quelque chose d’important, de vital. Cela m’effrayait davantage que cette mission. D’avantage que toutes les épreuves que j’avais pu affronter avant cela. Mais je l’embrassais... Après tout, une fois, deux fois ... Quelle importance si je lui accordais ma confiance ?


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Mar 24 Mar - 0:29


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
Mes paroles sonnaient tellement fausses dans ma bouche. Elle pouvait facilement le deviner. C’était tellement loin de me ressembler, jamais je n’avais dit un truc comme ça et jamais j’aurais pensé le dire. Mais bordel, elle avait le don de me foutre les nerfs, de me retourner et me laisser sans dessus-dessous. Elle m’avait laissé différent suite à notre rencontre hasardeuse et secouante. Elle m’avait laissé… pas moi. Elle m’avait transformé, elle m’avait changé. Ou bien n’avait-elle fait que révéler une partie de moi qui était enfouie au plus profond de mon être? Non, si c’était cet aspect là, celui que j’affichais en cet instant, j’aurais préféré qu’il reste caché jusqu’à la fin de mes jours. Me montrer déplaisant, irrespectueux, arrogant? Vraiment? Est-ce que c’était qui j’étais, dans le fond? Mais je ne voulais pas être ce gars là. Je ne voulais pas être ce genre de connard infecte qui prend et jette. Et pourtant, c’était ce que je venais de lui affirmer. Pourquoi j’avais fait ça? Parce que j’avais pensé que ça pouvait l’atteindre? Pire encore, parce que j’avais pensé que ça pouvait la blesser, la faire souffrir — et c’était bien là ce que je voulais. Je voulais qu’elle redescende de ses grands chevaux et qu’elle se sente vulnérable. Vulnérable, tout comme moi je me sentais quand elle était dans les parages. Tout comme je m’étais senti ces derniers jours, à penser à elle sans raison et à me demander quand est-ce qu’elle reviendrait. Je voulais qu’elle arrête son double-jeu, ou du moins qu’elle ne s’y essaye pas avec moi. Parce que moi, j’avais vu, dès le départ, qu’elle n’était pas ce qu’elle prétendait être. J’avais tout de suite deviné qu’elle n’était pas qu’une simple escort girl, qu’elle n’était pas du tout une escort girl d’ailleurs. J’avais su voir son visage de femme intelligente, rusée, ambitieuse, prête à tout pour atteindre le but qu’elle s’était fixé. J’avais su voir plus loin que ses hauts talons aiguilles d’un noir verni, sa petite robe moulante qui ouvrait les méandres de l’imagination avec ses bouts de tissu transparent, ses lèvres rouge sang et son attitude provocatrice. Là, pressée contre moi suite à sa tentative de domination dans laquelle elle avait rendu ma main prisonnière dans un anneau de métal, je me posais une question. La question. Celle qui restait jusqu’alors sans réponse pour moi, même avec ma lucidité de pseudo-psychologue à la con. Que voulait-elle donc de moi? Si ce n’était qu’une foutue signature sur un papier blanc, pourquoi ne s’en était-elle pas allée dès que je lui avais rendu? « Je préfère le tazer. » Bordel Ava, que veux-tu de moi? Pourquoi s’acharnait-elle dans cette lutte interminable? Était-elle mauvaise perdante? N’abandonnait-elle donc jamais? J’étais fatigué de me battre contre elle. J’étais épuisé de cette joute sans relâche qu’on entretenait depuis qu’elle avait passé la porte de mon bureau. Alors, je posais ma main sur sa taille, à même la peau à cause de son haut court, et me lançais dans une petit tirade dans laquelle j’abdiquais dignement et lui révélais ses peurs les plus profondes. Et pourtant, je lui assurais que je ne serais pas celui qui la fera basculer, celui qui la trahira, celui qui lui plantera le couteau dans le dos. J’étais, au contraire, celui en qui elle pouvait avoir confiance. Une confiance aveugle et absolue. Ma main glissait dans le creux de son dos pour l’étreindre un peu plus intimement contre moi, de façon rassurante et aussi peureuse : je ne voulais pas qu’elle parte. Je ne voulais pas encore une fois la voir tourner les talons et passer la porte, pour finir par me torturer l’esprit durant des jours et jours à me tourmenter à compter les jours où elle ne viendrait pas. Je ne pensais même plus à ma position douloureuse et inconfortable, ni à l’acier des menottes qui me démangeait les veines. Non, ça n’avait plus d’importance. Je voulais qu’elle voit. Je voulais qu’elle voit, elle aussi, qui j’étais vraiment. Et je pouvais me mettre à nu pour ça, j’étais prêt. Elle pouvait me faire tomber en un claquement de doigts, mais à présent moi aussi j’avais ce pouvoir. De tel sorte que l’un devrait être fou pour faire basculer l’autre, puisque la seule issue possible serait la perte des deux, effet domino assuré. « Je suis supposé arrêter les gens comme toi... Je ne suis pas censée... Prendre du plaisir à leur compagnie, flirter, baiser... Ce n’est pas supposé arriver Lenzo... » Un murmure, tête baissée. Des doigts habiles qui venaient me libérer de ma petite prison. Ma main maintenant relâchée qui venait se poser contre sa joue, le pouce caressant avec douceur sa pommette à son sourire plein de mélancolie. Mélancolie qui me rendait triste et me transperçait les organes. Elle voulut se défaire de ma prise, mais ma main dans son dos para son geste. Ma main qui se trouvait sur sa joue descendit sur sa taille, pour l’agripper et ainsi l’empêcher de m’échapper une bonne fois pour toutes. Et j’attendais. J’attendais en silence, jusqu’à ce que je sentis ses lèvres abdiquer sur les miennes. Un baiser lent, mélancolique, à l’image de son sourire. Main qui revenait finalement sur sa joue, là où elle se trouvait précédemment. Décidément, je ne pouvais me décider à lui trouver un foyer définitif. J’avais envie de la toucher, là, là ou encore là, partout à la fois, partout en même temps. Je me redressais, l’emportant avec moi, avant de me remettre sur pieds pour la surplomber en taille. Ma main qui caressait toujours sa joue avec tendresse se frayait aisément un chemin sur sa nuque, l’empêchant de se détacher de mon étreinte languissante. Elle pouvait me faire confiance. Elle était en sécurité, là, dans mes bras. Probablement bien plus que nulle part ailleurs. Et moi? Moi, je me sentais complet.
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Ven 27 Mar - 22:00


Je tenais à avoir le contrôle sur chaque aspect de ma vie. J’exerçais un contrôle quasi-total sur de nombreux aspects de ma vie. Oui, j’ai conscience que dit ainsi, cela fait très « Cinquante Nuances ». Mais c’était vrai. Depuis le 11 septembre ma vie avait été calibrée, évaluée et organisée en étapes clairement définies. J’avais tracé mon parcours méticuleusement. Cette journée avait bouleversée ma vie. J’avais cru mon père mort durant plusieurs heures. J’avais regardé médusée les images aux informations et un sentiment étrange surnageait au-dessus de l’effroi, le besoin, terrifiant de faire quelque chose pour que jamais cela ne se reproduise. Le besoin de protéger, de servir ce pays. L’envie d’aider à reconstruire des bases solides, de protéger ceux qui étaient les victimes innocentes d’actes barbares. J’avais alors onze ans. Mon existence avait pris un virage à cent quatre-vingt degrés ce jour-là. Si j’avais continué à afficher une façade légère, mes convictions étaient autres, contrairement à bon nombre de filles de mon école privée, mon avenir ne se limitait pas à de grandes études puis à un bon mariage. Je voulais plus. Je voulais cette satisfaction d’être utile, de faire régner l’ordre, la loi. Pourtant, ce n’était pas le FBI que j’avais voulu rejoindre, même si j’avais un grand respect pour mon père et son travail. Non, ce qui m’avait marqué lorsque l’on voyait New York aux informations en cette terrible journée, avait été le courage et le dévouement des forces de cette ville : pompiers, policiers, citoyens lambda ... L’idée d’intégrer la police de New York ne m’avait jamais quitté. Et j’avais tout fait pour réussir à atteindre un service qui me ferait me sentir utile. J’avais refusé l’emploi que mon père avait trouvé pour moi à Washington. Un prestigieux poste mais que je n’avais pas décroché pour mon seul résumé mais à cause de ma filiation. Il était difficile d’être la fille de mon père. Depuis ma plus tendre enfance j’avais ce besoin, viscéral, de faire mes preuves, de prouver ma valeur, mes capacités. Pour me sortir de cette « case » dans laquelle on m’avait rangé dès l’adolescence. J’étais destinée à être la fille de mon père, à faire des études brillantes, épouser un avocat juif, faire quelques enfants, les élever et renoncer à mon travail pour soutenir la carrière politique d’un mari aimant. J’aspirais à plus que cette vie rangée et conventionnelle. Je voulais vivre. Etre au cœur de l’action, enquêter, prendre des risques calculés et rendre cette ville plus sûre. J’avais eu ma chance au prix d’un acharnement sans merci. Une enquête importante pour prouver que j’avais ma place dans cette unité. Je suivais la route que j’avais dessinée dans mon esprit à l’âge de 11 ans. J’étais là où je devais être. Alors pourquoi tout risquer ? Bon sang, j’avais eu des amants, pas des centaines mais tout de même. Je n’avais jamais fait quelque chose comme cela. Je n’avais jamais tout risquer pour un homme que je connaissais à peine. C’était absurde de se comporter ainsi. Je le connaissais depuis quelques jours. Il faisait partie des « méchants ». Il gérait un casino clandestin et j’étais officier de policer. Je ne pouvais pas tout risquer, ma carrière, mon enquête pour céder aux appels de mon corps. Je luttais face à lui, répondant à chaque provocation, refusant de me laisser aller au désir, aux envies que soufflait mon cœur. Je ne devais pas. Mais mon attitude allait au contraire de mes actes. A contre temps. Je le repoussais verbalement et pourtant je peinais à me séparer du contact de sa peau. Je proclamais vouloir garder le contrôle et je le libérais de la menotte glissée à son poignet. Je disais non et mon corps répondait oui. C’était une guerre d’usure, une guerre veine que je me livrais à moi-même. Impossible de triompher. La décision avait été prise lorsque j’étais entrée dans son bureau. Si j’avais été raisonnable, je ne serai pas revenu. Je savais que je ne serai pas assez forte. Et cette faiblesse me rendait folle. Je perdais la lutte. Je lui cédais. Et cela m’effrayait. Pas seulement car il pouvait faire se briser ma carrière ... Peut-être était-cela le plus difficile à accepter, je ne craignais pas seulement pour mon travail, mon enquête, j’avais peur de lui ... De ce pouvoir qu’il avait sur moi. Son touché me faisait plier, sa voix basse à mon oreille me charmait. Il endormait tout ce qu’il y avait de raisonnable en moi. Même mon instinct de survie. Je m’étais lancée dans une mission qui pourrait durer des mois, qui pourrait s’avérer dangereuse. J’avais rompu le contact avec ma famille et mes amis, parce que cette mission, si ma couverture était compromise pouvait les blesser. Et je m’attachais à un homme, au patron d’un casino, alors que la nature même de mon enquête empêchait ce genre de liens. Je ne pouvais pas et pourtant, je ployais entre ses bras, fragiles, vulnérables alors qu’un instant plus tôt je le combattais encore à grand renfort de remarques blessantes. Je n’y arrivais pas. A partir. A sortir de ce bureau maintenant que j’avais obtenu ce que je voulais. Sa bouche contre la mienne, sa main sur ma joue. Lui. Sa poigne ferme autour de mes hanches, son contact presque possessif, tout ce qui d’ordinaire m’aurait fait fuir. Il était effrayant de se sentir prisonnière de cette étreinte, consentante et en sécurité. Je savais ce que j’aurai du faire, le planter là, c’était ce que mon cerveau m’ordonnait mais ... Je ne partais pas. Je restais contre lui, nos bouches jouant une mélodie apprise quelques jours plus tôt, ma main explorait sa nuque et ses épaules, tandis que l’autre était captive entre nos deux corps. Je lui faisais confiance. Sans le comprendre. Instinctivement. Et pourtant, je savais qu’il avait la possibilité de me blesser, non en dévoilant notre relation mais par ses mots. J’avais joué et je m’étais brûlée, je perdais, j’abdiquais contre lui et j’éprouvais une joie intense au ballet de nos langues l’une contre l’autre. Je glissais ma main libre le long de son dos pour trouver sa taille, passant les doigts sous sa chemise pour le toucher, comme il me touchait, sa peau contre la mienne. Electrique. Intense. Comme la première fois. Rien n’avait changé. L’intérêt ne s’était pas émoussé, ni la passion. Je goûtais avec volupté chaque parcelle de ses lèvres, de sa bouche, je voulais me gorger de la douceur, de la chaleur de cette étreinte. Prendre le temps de le découvrir. Je savais quel amant il était, mais pas quel homme il pouvait être. « On… On ne devrait pas aller plus loin, haletais-je, c’est ce que me dit mon esprit. Mais, il est trop tard, on ne peut plus faire marche arrière. » Murmurais-je en reprenant sa bouche. Il faisait méticuleusement l’amour à ses lèvres, et je sentais mes dernières réticences s’envoler. Prête à risquer de compromettre ce que j’avais de plus cher pour cet homme. Pour ce qui n’était qu’une ébauche dans mon cœur... Pour quelque chose qui n’était qu’une esquisse, qu’un fragile dessin de ce que cela pourrait être si mon esprit cédait à son tour à ce qui brûlait là, entre nous et qui était plus que du désir désormais.


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Jeu 23 Avr - 23:14


chose défendue, chose désirée
Lenzo et Ava
Bon, je ne pouvais certainement pas dire que cette relation était conventionnelle et acceptable. Non, sûrement pas. Mais pourtant, au fond de moi, bien au fond de moi, elle me paraissait juste. Légitime. Plaisante, même. Et c’était excitant de faire quelque chose qui était interdit, au final, non? Moi, Lenzo, qui disait ça… Peu croyable. Renji m’applaudirait sûrement. Mais en tout cas, c’était de là que venaient nos provocations mutuelles, comme si c’était du self-defense émotionnel. Moi, je ne voulais pas tomber amoureux. Enfin, est-ce que c’était le fait que je ne voulais pas tomber amoureux, ou plutôt le fait que je ne voulais pas encaisser une déception? Que je ne voulais pas vivre une illusion pendant un court laps de temps et qu’elle s’en aille. Je n’étais pas ce genre de gars. J’avais vingt-sept ans, je commençais à en prendre conscience, et j’avais besoin d’autre chose dans ma vie que le boulot éreintant que je faisais. Moi aussi, j’avais besoin de moments passés dans le canapé, devant une mauvaise comédie, avec la femme aux côtés de qui je me réveillerais chaque matin le sourire aux lèvres. Mais j’étais peut-être trop exigent? J’étais peut-être… trop… je ne sais pas — trop, tout simplement? Pourtant, avec Ava, je me sentais bien. Elle m’extirpait de ma zone de confort, elle me tentait, me provoquait, et pourtant je savais que cela n’était que la facette visible de sa personnalité, et qu’il y avait quelque chose de bien plus sérieux, de bien plus profond en son fort intérieur. Et j’avais du mal à la laisser partir. J’avais eu du mal la première fois, et je savais que ça serait encore plus dur cette fois-ci. Ma bouche dévorant la sienne, je me libérais enfin, parce qu’après tout, c’était ce que j’attendais depuis qu’elle avait mis les pieds dans mon bureau aujourd’hui, perchée sur ses hauts talons, la tenue une fois de plus provocatrice. Ma main contre sa joue, mon bras emprisonnant sa taille, la gardant contre mon torse d’une façon ferme de sorte qu’elle ne puisse pas s’échapper en courant. Je savais qu’elle avait peur. Moi aussi, j’avais peur. Mais je voulais qu’elle sache qu’ici, dans mes bras, elle était et serait en sécurité, et qu’à n’importe quel moment elle pouvait se réfugier là, contre moi. Sa main parcourait ma nuque, se mouvait sur mon épaule et glissait le long de mon dos avant de passer sous ma chemise pour trouver le contact brûlant de ma peau. A son toucher, je frissonnais et lâchais un faible soupire. « On… On ne devrait pas aller plus loin, c’est ce que me dit mon esprit. Mais, il est trop tard, on ne peut plus faire marche arrière. » Elle haletait, nous étions tout deux à bout de souffle suite à notre baiser durant lequel j’avais probablement oublié de respirer. Mais elle reprenait mes lèvres d’assaut, et je me laissais aller, alors que je la soulevais de mon bras encerclant sa taille et d’une main sous sa cuisse, pour l’amener jusqu’au large canapé de velours qui trônait là, au milieu du bureau, sur lequel je la déposais précieusement, comme si elle était faite de porcelaine. Pourtant, je savais qu’elle n’était pas fragile. Et j’avais hâte une nouvelle fois de sentir son corps contre le mien, sa peau brulante qui réchauffait la mienne, ses mains sur mes épaules, ses souffles contre mon oreille. J’avais hâte qu’encore une fois, elle soit mienne.

[…]

Je ne savais combien de temps j’avais passé là, affalé dans le canapé sans même penser au travail que j’avais à faire, sans penser à rien, en fait. A simplement caresser son bras, de son épaule jusqu’à son poignet, en silence, en me laissant bercer au rythme de sa respiration qui avait repris son calme après la folie de nos ébats. Mon corps était toujours chaud, et je me plaisais dans cette atmosphère post-coïtale plus que ce que j’aurais pu imaginer. Ce fut comme ça jusqu’à ce que mon iPhone, jusque là dormant paresseusement sur la table face au sofa, se mit à vibrer, rompant le silence sacré. Je me redressais un peu et tendais le bras qui entourait Ava pour l’attraper, le message s’affichant sur l’écran. Renji. « Je suis en route, je passe te prendre à ton bureau et on y va! Brisbane, frérot! » Merde ! Brisbane! Ava zyeuttait également le message, mais je ne la blâmais pas, ça m’importait peu. Sauf que oui, merde, j’avais oublié qu’on partait ce soir en direction de notre terre natale avec mon frère jumeau. Et il était en route pour… oh putain, mon bureau. « Mon frère est en route. Je crois que tu devrais… Enfin… » Voilà quoi, elle m’avait compris non? Je me passais la main dans les cheveux, gêné. Mais je ne traînais pas. Je renfilais rapidement mes vêtements — éviter les questions de Renji qui me verrait avec une femme nue dans mon canapé, ça serait franchement beaucoup mieux. Vingt-quatre heures d’avion, coincé à côté de lui. Je ne pourrais pas supporter ça. Je n’avais vraiment pas envie de laisser partir Ava, mais pourtant, cette fois, je n’avais pas le choix.
electric bird.
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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée. Dim 26 Avr - 18:43


C’était une erreur, probablement la plus grave que j’avais pu faire depuis des années. Quoi que si on écoutait ma mère, ma plus grave erreur avait été de m’enrôler dans notre chère police et de porter du polyester plutôt que le tailleur de rigueur au FBI. Ma mère. Mais il n’était pas tant de penser à la terrifiante maman juive que le ciel m’avait fourni à la naissance. Non. Là c’était du sérieux. J’étais en train de risquer le pan le plus important de ma vie, ma carrière pour un type que je connaissais depuis quoi ? Même pas une semaine ! Ce n’était pas qu’une question de sexe, des plans culs j’aurai pu en avoir à la pelle, il fallait le reconnaître une plastique et un caractère comme le mien rimaient souvent avec aventure sans lendemain. Tout ce qui avait toujours compté pour moi c’était de protéger cette carrière dont j’avais rêvé depuis l’âge de onze ans. Et je risquais tout, sur un coup de tête, pour être avec ce type. Ce type qui m’horripilait autant qu’il m’excitait, cet homme qui me rabrouait et me provoquait, pour Lenzo et ses caresses, pour sa tranquille assurance et sa mordante volonté. Il me voulait et il m’aurait. Il était dominateur, passionné et combattif, loin de l’image presque effacée qu’il avait affiché lors de notre première rencontre, moi qui appréciait de garder le contrôle, je devenais molle et tendre entre ses bras. Incapable d’élever mes défenses et de continuer à jouer à la froide manipulatrice. Je le voulais. Contre toute attente, j’en voulais plus. Plus que ce que j’aurai dû prendre. Plus que ce que j’avais eu jusque-là. Et cela me terrifiait d’être aussi malléable, réactive à son contact. Mais, je ne résistais pas, je n’en avais pas la force. Peut-être était-ce le besoin d’avoir une attache durant cette mission ? Peut-être n’était-ce que cela ? Je pouvais chercher à me leurrer mais lorsque ses mains étaient sur moi, que sa bouche dansait avec la mienne, que son sexe pressait contre mes hanches, je pouvais difficilement croire que ce n’était qu’une passade. Je n’avais jamais été ainsi l’esclave de mes sens, je n’avais jamais perdu le contrôle de cette manière. Un baiser s’était rarement transformée de cette façon, muant en un besoin primaire d’être uni à lui, de ne plus avoir aucune défense, aucune barrière. Je le voulais et cela me terrifiait. Mais, il était trop tard. J’étais déjà sienne. Lorsqu’il me souleva, me transportant vers le canapé, je songeais que cette fois au moins, nous ferions l’amour dans des circonstances moins brutales. Peut être la prochaine fois pourrions-nous atterrir dans un lit... Car, il était inutile de le nier. Il y aurait une prochaine fois.

[…]

Sa main remontait paresseuse de mon poignet à mon épaule, apaisant ma peau brûlant suit à nos ébats. Je ne songeais pas à bouger, nicher entre ses bras, la tête appuyée sur son torse, il n’était pas question de me rhabiller et de me sauver cette fois. Je m’attardais contre lui, laissant mon souffle brûlant s’apaiser contre sa peau, bercée par les caresses tendre de ses doigts contre la peau de mon bras. Il y avait de la tendresse dans cette étreinte, de la douceur que je n’avais jamais cherchée auparavant. Un silence ouaté nous enveloppait, pas une parole n’avait été échangée depuis que nous nous étions effondrés l’un contre l’autre après une étreinte passionnée. Le son caractéristique d’un téléphone vibrant brisa cette bulle post coïtal. Son frère. Un sourire effleura mes lèvres en voyant le visage identique à celui de l’homme qui me serrait contre lui apparaitre sur l’écran. « Je suis en route, je passe te prendre à ton bureau et on y va! Brisbane, frérot! » Brisbane. Il partait donc ? Un étrange pincement étreignit mon cœur. Bon sang Ava, tu le connaissais depuis à peine une semaine, il n’allait pas te manquer quand même ? Si ? « Mon frère est en route. Je crois que tu devrais… Enfin... » C’était fou comme il redevenait étrangement gauche, gêné après le sexe, comme si j’avais épuisé toutes ses réserves de morgue. Je me redressais à mon tour, le regardant une seconde de dos, enfilé ses vêtements. Une paire de fesses pareils, dire qu’il en existait deux comme ça dans le monde, de quoi faire perdre la tête à plus d’une femme. J’entrepris de me rhabiller, vu le peu d’épaisseur de mes vêtements se fut plus rapide. Je me tournais vers lui, étrangement plus calme et apaisée qu’à mon arrivée. « Je suppose que tu pars un moment ? » Je demandais en amassant ma chevelure autour d’une pince pour éviter le look « décoiffé post coïtale » si je croisais son frère. « Soit sage, tu veux ? Je détesterai avoir à me servir de mon tazer. » Je m’approchais pour l’embrasser passionnément avant de le relâcher. « Je crois que tu vas me manquer... » Je soufflais avant de quitter son bureau, croisant dans la salle du club son sosie conforme à qui j’adressais un sourire blasée de celle qui a trop travaillé ce soir. Merde, il allait vraiment me manquer.


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MessageSujet: Re: LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée.

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LENZO & AVA ♦ Chose défendue, chose désirée.

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