It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

Partagez|

[Astaria] Lendemain

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
MessageSujet: [Astaria] Lendemain Dim 1 Mar - 23:16

Deux heures du matin étaient passées lorsque, enfin, les dernières félicitations furent données et que tous les invités retrouvèrent la fraicheur New-Yorkaise. Epuisée, J n’avait pas hésité une seule seconde lorsqu’Asta lui proposa de rentrer dormir chez eux. La jeune femme n’avait absolument pas la force de courir New-York à la recherche d’un taxi et la perspective de se lever et de pouvoir partager un petit déjeuner avec son amie l’enchantait tant qu’elle ne put qu’accepter dans un sourire chaleureux.
La danseuse ne fit néanmoins durer la soirée, à peine arrivèrent-ils dans l’appartement que J rejoignit la chambre qui lui était laissée lorsqu’elle venait poser valise dans leur vaste appartement. Cela n’était pratiquement jamais arrivée, une ou deux fois peut-être trois mais pas suffisamment pour que la demoiselle se fasse aux somptueux des lieux. Astaria avait eu de la chance en mettant la main sur cet appartement situé en plein cœur de New-York et, quand bien J aimait son petit appartement du Bronx, elle ne pouvait nier grandement apprécier venir ici. Parce qu’elle goûtait à la douceur d’une vie de famille, une famille étrange constituée de deux femmes, d’un homme et, à présent, d’un bébé, mais d’une famille d’où de même. Et quel étrange sensation cela était ! Celle de se sentir à sa place, de se sentir aimée et appréciée dans son entièreté sans jamais qu’aucun d’eux ne cherche à la changer. Sensation devenue plus forte depuis que J s’habituait à la folie de la vie New-Yorkaise, depuis que ses émotions changeaient lentement et qu’elle avisait non sans peur, les prémices de nouvelles remises en question. Elle qui n’avait jamais voulu s’attacher se mettait à culpabiliser de ne pas avoir vu plus souvent Asta lors de sa grossesse. Celle qui se plaisait dans son métier songeait à présent à découvrir quelque chose de nouveau, à évoluer afin de donner une nouvelle dimension à son métier. Et, surtout, J se découvrait qu’elle possédait un cœur, un cœur capable d’aimer.

Se fut sur ces douces idées qu’elle s’endormit. Un sommeil de plomb, si lourd qu’il en fut presque comateux si bien que, lorsqu’enfin les rayons d’un soleil l’éveillèrent, un mal de tête atroce tambourinait contre ses tempes. Elle surgit tel un zombi dans le vaste salon. Les grandes fenêtres permettaient au soleil de darder de ses rayons chaleureux la totalité de l’appartement. J s’immobilisa devant le bar de la cuisine, offrit son visage à l’astre du jour, ronronnant presque de plaisir tant ce dernier lui avait manqué. L’hiver avait beau demeurer présente, J sentait malgré tout le murmure des beaux jours venant, le plus dur était passé.

Un silence de plomb régnait dans le bel appartement. Jetant un œil à l’horloge trônant dans la surprise, la danseuse remarqua avec surprise qu’il était à peine 8 heures du matin. Elle soupira et, résignée, alla se préparer du café tout en se servant un bon bol de céréale. Elle s’attabla au bar de la cuisine, attrapa un journal trainant là et suivit d’un œil morne les activités tout en songeant qu’elle n’arriverait jamais à rattraper son sommeil à cette allure là.
Elle soupira lorsque des bruits de pas brisèrent la quiétude des lieux. Levant les yeux, J sourit lentement, son amie venait d’apparaître, la tête visiblement dans les fesses.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Lun 2 Mar - 1:52



lendemain
Avoir un bébé, c’est être réveillée toutes les trois heures, qu’importe l’heure à laquelle vous vous étiez couchée. En l’occurrence, Louis n’en avait rien à foutre que je me sois étalée dans mon lit à plus de deux heures du matin. À cinq heures, il avait pleuré. Et à huit heures également. En mode radar, la coiffure très approximative et les yeux pas encore ouverts, je m’étais dirigée jusqu’à la chambre de mon fils, mitoyenne à la mienne, et à celle, désormais vide, de son géniteur démissionnaire. D’ordinaire, je m’étais plus de temps à réagir, mais pas cette fois. Quelque part, tout au fond de moi, bien après les strates et les strates d’égoïsme, je m’étais souvenue que J dormait ici, et surtout à cet étage. Lorsque j’étais seule avec Solal, Louis pouvait hurler à plein poumons, mon frère n’entendait rien, sa chambre se trouvant un étage plus haut. Mais J ? Elle était dans la chambre à côté de la mienne. Donc si j’entendais Louis, elle devait pouvoir l’entendre aussi. Et hors de question qu’il ne la réveille. C’est pourquoi je me prenais trois murs en plein tronche dans ma précipitation, avant d’atteindre mon fils. Je l’avais calmé, je l’avais nourri, je l’avais changé. Dans les Sims, il m’aurait suffit de le recoucher pour être tranquille, mais on était pas dans un jeu, là, et si je le recouchais maintenant, il allait m’enchainer sur une nouvelle crise de larmes. Alors, je tentais de le rendormir dans mes bras, pourtant consciente que, à cette heure-là, c’était terminé, il avait achevé sa nuit, et ne voudrait plus dormir avant deux bonnes heures. Malgré tout, j’arpentais la vaste chambre d’enfant, berçant le petit corps contre mon épaule, m’installant à la fenêtre pour lui montrer le monde extérieur même si, il y captait que dalle. Et puis, je le remerciais pour le vernissage d’hier, parce qu’il avait été un bébé super cool. Le bébé le plus cool du monde, en fait. Mais avec cette mère et ce tonton, il ne pouvait pas en aller autrement. Finalement, acceptant l’idée qu’il ne dormirait pas simplement pour me faire plaisir, je lui faisais signe de se taire -oui, mon fils est très intelligent, et comprenait mes signes-, avant d’entrouvrir la porte, tendre l’oreille pour nous assurer -Louis tendait l’oreille aussi, c’est évident- que tout le monde dormait bien, et sortir sur la pointe des pieds. Ne réveiller personne. Ne réveiller personne. En tête à tête avec Babychoups. Ne réveiller pers.... « Aah ! » je laissais échapper un gémissement de surprise, en plaquant ma main libre contre mon coeur, l’autre étant occupée à soutenir Lil’Sat contre moi. « Bordel de me...méditerranée ! Tu m’as fait peur ! » je lançais, à voix basse, et dans un sourire moqueur envers moi-même. Elle ne s’était pas planqué derrière une porte pour me surprendre à la dernière seconde, en hurlant ‘booouh !’, elle était juste en train de manger ses céréales, tranquille. Du coup, passant derrière elle, une main sur son épaule, je déposais un baiser sur le sommet de ses cheveux en bataille, avant de contourner le bar et déposer l’enfant dans son couffin high-tech plein de trucs qui ne servent à rien. Mais c’était Solal qui avait choisi, alors forcément, c’était hyper design. Toujours en pilote automatique, j’atteignais la cafetière, et me servais ce que je considérais être comme une tassounette ridicule. Durant toute ma grossesse j’avais eu interdiction de boire du café, et désormais que le bébé était là, hors de moi, tranquillement occupé à jouer avec ses pieds, j’avais espéré que... Mais non ! Puisque j’allaitais, je n’avais, visiblement, toujours pas l’autorisation de shooter mon fils à la caféine. Deux petites tasses par jour, et toujours après une tétée. J’avais donc droit à mon café de huit heures, et mon café de quatorze heures trente. Pareil pour la cigarette. J’avais le droit à cinq par jour sans conséquence sur mon enfant, mais je ne m’en autorisais que deux. Oui, je sais, j’étais une mère formidable. J’aurais pu aussi ne pas reprendre du tout la clope, mais... Hey ! J’étais pas une sainte, non plus. Le café dans une main, l’anse du couffin dans l’autre, je retournais sur mes pas pour prendre place non loin de J, déposant Lil’Sat sur le bar, avant de humer la délicieuse essence de ma drogue, et m’en autoriser une gorgée salvatrice. Bénit soit le mec qui avait pensé, la première fois, à écraser un grain de café pour le faire infusé dans de l’eau bouillante. Non, clairement ce mec avait du génie en lui. Comme mon fils, qui venait de faire une offrande à J, en lui lançant son doudou. Par «lancer» comprendre qu’il venait de donner un coup de pied dedans, et par «doudou» comprenez l’objet en mousse non-identifié offert par un Solal qui s’évertuait à répéter à l’enfant qu’il s’agissait de son doudou. Sur un malentendu, ça allait peut-être fonctionner, sait-on jamais. « Hey ! Arrête de lancer tes trucs à Tata J. Fais comme ton oncle, quand une fille te plait, sors ton sourire le plus crétin et passe la main dans tes cheveux, ça te coûtera moins cher, fils. » Oui, non, j’étais pas de ses mères qui parlaient à base de caca, meuhmeuh, vroumvroum et autre mot-son à la con. Fallait pas le prendre pour un débile, c’était un de Salignac. « D’ailleurs, si tu veux trouver une appellation plus classe que tata, c’est le moment. » j’expliquais à J, tout en rendant son ‘doudou’ à mon fils. « Moi, j’l’habitue à m’appeler Être suprême et magnifique. C’est quand même un peu plus prestige que maman. » Pas plus simple à prononcer, mais soit. « T’as bien dormi, Douce ? On t’a pas trop réveillé, cette nuit ? » j’interrogeais dans une grimace désolée. Parce que, de la voir levée à la table de petit-déjeuné, j’imaginais sans mal que c’était Louis qui l’avait tirée hors de son lit, en hurlant pour sa bouffe. Mais est-ce qu’à cinq heures du matin, elle avait eu le droit au même réveil que moi ?


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Ven 6 Mar - 12:44

Le sommeil était une antre salvatrice dans laquelle Jénova se vautrait chaque soir avec bonheur. Qu’importe alors les bruits alentours, les chants d’une ville qui s’émeut ou le concert sauvage d’un orage qui éclate au dessus de la cité rien, ne pouvait parvenir à mettre fin au sommeil de la jolie danseuse. Une chance pour elle qui, hélas, ne parvenait jamais à dormir plus que quelques heures sans que sa conscience ne vienne, brutalement, la ramener durement à la réalité. Ses nuits demeuraient dépourvues de rêve. Silence comateux d’un corps qui se repose d’avoir trop donné, inconscient qui s’éteint laissant en paix un esprit déjà torturé. Ainsi, elle n’entendit pas les cris du bébé colérique ni même les pas d’Astaria qui, plusieurs fois dans la nuit, dut répondre aux besoins du naissant. Jénova fut éveillée par la caresse timide d’un soleil s’élevant et rejoignit la tranquillité du salon, profitant du silence matinal pour combler le vide du ronronnement rassurant de la cafetière. Elle aimait voir le liquide noir s’écraser mollement dans la cafetière vide. Observer les bulles de chaleur venir lécher la surface en verre de cette dernière. Sans compter l’odeur, particulière, douce et corsée qui lui chatouillait les narines, odeur caractéristique d’une matinée réussite qui, sans l’or noir, n’aurait à coup sûr, pas la même saveur.

Perdue dans ses songes, la jeune femme sourit lorsqu’elle vit apparaître la tranquille silhouette de son amie. Cette dernière tenait contre son sein bébé Louis qui, à l’image de sa mère, semblait attentif à ne point déranger la quiétude de la maison. Chose amusante tant le bébé se moquait bien de réveiller sa mère à n’importe quelle heure de la nuit mais semblait plein de considérations silencieuse lorsque cette dernière le tenait bien fermement dans ses rassurants bras de mère. Astaria sursauta et J ne put s’empêcher de rire légèrement. « Je ne savais pas que j’étais si effrayante au réveil. » Lança-t-elle, amusée sans quitter du regard la jeune femme qui, passant derrière elle, déposa un baiser sur ses cheveux en bataille. Fermant les yeux, J soupira, profitant de cette marque discrète d’attention, toute maternelle avant d’accrocher son regard bleu à celui de bébé Louis à présent tranquille installé dans son couffin. « Salut bonhomme ! » Souffla-t-elle d’une voix remplit de douceur alors que bébé soutenait son regard, répondant à son bonjour dans un ronronnement approximatif tout en secouant son petit corps faisant danser les petits hoquets suspendus au dessus de lui. Le regard vif et l’oreille attentive, bébé serait surement en avance sur son âge et J ne put que s’extasier devant cette bouille ronde, cette peau de pêche et ses petites mains potelées qu’il tendait vers elle dans un gazouillement remarquable.

Alors que la tante se perdait dans les contemplations de mini Astaria cette dernière vint la rejoindre rapprochant bébé des deux femmes. Reprenant un peu de café, J avisa son amie d’un regard amusé. La voir ainsi devenir mère était une chose étrange et pourtant, J ne pouvait nier que la maternité lui allait bien. Bien entendue, Astaria demeurait la même, piquante à souhait, amusante, rafraichissante néanmoins, elle c’était assagit, assumant ses nouvelles responsabilités et suivant avec soin les conseils du médecin. Moins de café, moins ou plus de cigarette sans compter les restrictions sur l’alcool. A la voir ainsi, J se demandait qu’elle genre de mère elle pourrait être. Mère poule à n’en pas douter, amoureuse de son enfant plus que de raison néanmoins, l’idée de condamner sa vie actuelle pour un petit poussin lui donnait la nausée. Qu’adviendrait-il de la danse ? Du Miho ? De tous ses petits repères inutiles qu’elle avait tant bien que mal construit pour se donner l’illusion de posséder une vie qui vaille la peine d’être vécue ? Légère moue attristée à cette pensée alors qu’Astaria prenait place face à elle lorsque bébé Louis lui lança soudain ce qui ressemblait à un doudou en pleine poire. Astaria eut si tôt fait de réagir et J éclata d’un rire franc. Voici donc un exemple des conseils de vie by Astaria ? C’était charmant. « Il a déjà bien compris comment se faire pardonner, regarde moi ce sourire de tombeur ! » Ajouta-t-elle alors que bébé Louis leur offrait la vision de son plus beau sourire dépourvu de toutes dents. «  Profite petit Louis, dans quelques temps cela ne sera plus suffisant. » Souffla-t-elle au bébé avant de déposer un gros bisou sur sa joue toute douce. « Etre suprême et magnifique ? Il va devenir arrogant si il suit ton exemple, tu ne voudrais pas qu’il devienne un Renji en puissance si ? » Regard appuyé et sourire complice envers son amie, J avait beau ne faire que de brèves passages dans la vie de son amie elle avait bien remarqué que ce qui unissait son boss à Astaria ressemblait plus à un « je t’aime moi non plus » qu’à un « je te hais pour de vrai ». Les regards ne trompent pas et la jolie danseuse comptait bien tirer cette histoire au clair.
Elle n’en eut pas aussitôt le temps. Astaria reprit la parole et J lui offrit son plus beau sourire, la rassurant en coula sur son visage un regard tendre. « Une bombe pourrait détruire le quartier d’en face que je ne me réveillerais pas Asta. » Répondit-elle d’une voix rieuse. «  D’ailleurs, je ferais une piètre maman à cause de cela. » Sourire de connivence alors qu’elle se levait pour se servir un énième bol de café.
Terminant ses céréales, la jeune femme jeta un bref regard au vaste appartement avant de poser son regard sur son amie. «  Néanmoins, en m’installant trois baby phone et quatre réveil je pourrais palier à ce soucis. Tu pourrais me confier bébé plus souvent si tu veux amour, toi et Solal avait sans doute besoin de souffler un peu. » Proposa-t-elle en avisant les cernes et la mine défaite de son amie.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Ven 6 Mar - 22:50



lendemain
« Je ne savais pas que j’étais si effrayante au réveil. » Effrayante, non, surprenante, oui. J’avais presque oublié l’effet que ça faisait d’être plusieurs ici. Fut un temps, nous étions quatre et demi, le demi étant mon ventre à naître, ce qui justifiait le si grand espace et le nombre improbable de chambres. À cette époque, qu’importe l’heure, je tombais toujours sur quelqu’un, et il me suffisait d’hurler depuis le canapé pour qu’on m’apporte, sur le champ, solides et liquides. D’ailleurs, l’esclavagisme de mes proches lié à ma grossesse allait me manquer. Aujourd’hui, nous n’étions plus que deux, Solal et moi-même. Ça avait beau être mon choix, le vide se ressentait tout de même. Mon frère était le meilleur du monde, et un tonton presque paternel pour mon fils, il m’aidait autant qu’il pouvait, et ne sortait quasiment plus depuis la naissance, mais la nuit il n’y avait que moi, et le matin, si tôt, aussi. Il se couchait tard et se levait tard également, alors, de huit heures à onze heures, j’étais seule dans ce trop grand et trop vide appartement. La raison aurait du me pousser à le rendre et rentrer à Paris, mon frère et mon fils sous le bras, mais... Non, pas encore, pas tout de suite. J’avais mon exposition qui me retenait, et puis... Non, je n’avais pas spécialement envie de rentrer au pays et me confronter à l’absence de réaction de mon père face à son petit-fils. Loin de lui, je pouvais encore me dire qu’il serait potentiellement ravi, mais face à lui, je ne pourrais plus me voiler la face. Et puis, d’autres trucs me retenaient là. Comme la nationalité de mon fils, par exemple. Après tout, Louis était américain. Il fallait encore que j’aille à l’ambassade de France pour réclamer la double-nationalité, puisqu’à l’heure actuelle, mon Louis Philippe de Salignac de la Mothe Fénelon, était 100% américain. Notez l’ironie de la chose, quand même. D’ailleurs, en parlant de mon fils, il semblait avoir eu un vrai coup de coeur pour J, vu qu’il lui lançait ses affaires. J’y connaissais pas grand chose en comportement de bébé, mais selon moi, ça devait s’apparenter à une forme de drague. Du coup, je lui conseillais de prendre exemple sur son oncle, parce que s’il commençait comme ça à moins d’un mois, ça donnerait quoi à dix-huit ans ? Il lancerait son iPhone 78 -bah oui, l’iPhone 6 sera une relique, à ce moment-là- à la tête des filles ? « Il a déjà bien compris comment se faire pardonner, regarde moi ce sourire de tombeur ! » nota-t-elle après un éclat de rire. Voulant vérifier par moi-même, je penchais un peu la tête en direction de Loulou, allant même jusqu’à lui remettre les cheveux -qu’il avait de nombreux pour son âge- en place. « Sans dent, c’est forcément moins impressionnant. » Mais sa bouille d’ange rattrapait tout ça. Dans un premier temps j’avais cru qu’il s’agissait des effets de l’ocytocine qui me forçait à trouver ce bébé absolument divin, mais mon entourage ne cessant de s’extasier et m’assurant qu’il était magnifique, j’allais finir par y croire. «  Profite petit Louis, dans quelques temps cela ne sera plus suffisant. » ajouta-t-elle en le bisouillant, ce qu’il adorait. « Tu parles à un de Salignac, par expérience on sait bien qu’ils ont pas besoin de plus pour séduire. » Leur physique suffisait, en général. Moi, par contre, j’avais du miser sur d’autres aspects, comme mon despotisme, ou mon sarcasme par exemple. Du coup, me faire appeler Être suprême et magnifique ne semblait pas exagéré, me connaissant. Et J me connaissait bien. « Etre suprême et magnifique ? Il va devenir arrogant si il suit ton exemple, tu ne voudrais pas qu’il devienne un Renji en puissance si ? » C’était quoi ce regard insistant et ce sourire, qu’elle m’offrait là ? « Dis pas de gros mots. » je rétorquais en bouchant les oreilles de mon fils, comme s’il pouvait comprendre et s’offusquer. « Il deviendra pas comme lui, déjà parce qu’il aura jamais l’occasion de le cotoyer. » oui, en cet instant, j’y croyais sincèrement. « ...mais en plus, s’il devient comme lui, je devrais le vendre. Et il veut pas que je le vende. Pas vrai ? » j’interrogeais l’enfant en glissant le bout de mon index sur ses toutes petites lèvres. Non, il ne deviendrait pas arrogant, il deviendrait juste super admiratif envers sa mère. Normal, quoi. J’étais à moitié italienne, finalement, et ça se ressentait un peu, je crois. Après quoi, j’interrogeais J sur la qualité de sa nuit, regrettant de l’avoir réveillé ce matin, et appréhendant le fait de l’avoir réveillé d’autres fois. « Une bombe pourrait détruire le quartier d’en face que je ne me réveillerais pas Asta. » Une bombe, rien que ça ? J’en laissais échapper un rire en avalant mon café d’une traite. Seigneur, j’étais vraiment accro à ce truc. «  D’ailleurs, je ferais une piètre maman à cause de cela. » ajouta-t-elle dans un sourire, tout en se levant pour se servir un nouveau café... Cruelle blonde. « Détrompe-toi ! J’ai toujours été du genre comateuse la nuit, sommeil profond duquel tu ne sors qu’au bout de 15 sonneries de réveil. Bah, j’sais pas, on doit avoir un truc en nous, genre superpouvoir, mais les pleurs de notre enfant nous réveillent en un dixième de seconde. Et juste notre bébé, hein, avec celui d’une autre ça fonctionne pas. C’est super étrange et flippant, j’te l’accorde. » j’expliquais tout en me levant, à mon tour, afin de tirer du grand frigo -du genre que seuls les américains peuvent produire- quelques uns des restes du buffet du vernissage, d’hier soir, ici, un plateau de macarons en provenance de Paris. Puisque j’avais plus droit à la caféine, j’me vengeais sur le sucre. Ce qui ne devait pas vraiment aider le volume de mon arrière train. « Néanmoins, en m’installant trois baby phone et quatre réveil je pourrais palier à ce soucis. Tu pourrais me confier bébé plus souvent si tu veux amour, toi et Solal avait sans doute besoin de souffler un peu. » J’avais l’air si claquée que ça ? C’était surtout la préparation de l’exposition et plus précisément du vernissage qui m’avait tué. Louis, c’était en bonus. « C’est pas vraiment de souffler dont j’ai besoin... J’veux dire que... Aussi surprenant que ça puisse être de ma part, j’adore passer du temps avec Louis. Genre vraiment. Il a pas de conversation, ses centres d’intérêt sont assez limité, mais... J’sais pas, j’dois être un peu débile profonde à la limite de la niaiserie nauséabonde, mais... Regarde-le. Parfois, j’ai l’impression qu’il a un milliard de choses à me dire, à me faire comprendre. Je m’ennuie pas avec lui. Vraiment pas. Je lui explique plein de trucs, et c’est con, mais j’ai le sentiment qu’il comprend tout. Allez, vas-y, tu peux rire. J’suis ridicule. » je concédais dans un sourire discret. J’étais le cliché de la mère persuadée que son fils était le plus intelligent de tous les bébés du monde. « Non, ce qui me manque c’est... Du bruit. De la vie. » j’ajoutais en attaquant mon quatrième ou cinquième macaron. Le séparant en deux, je récupérais une infime touche de fourrage framboise, que je portais aux lèvres du bébé. Vu la grimace, c’était pas trop son truc. « Tu vois, à cette heure-là, Sol pionce encore, et du coup... J’sais pas, j’me sens un peu seule au monde. Et puis, il s’empêche de sortir pour rester avec moi, mais j’ai pas envie qu’il s’interdise de vivre à cause de moi. Un Solal qui sort pas, c’est plus vraiment un Solal. » Et il n’y avait pas que ça. « Et cet appartement est trop grand. Ça fait capricieuse de dire ça, mais il suffit que Sol soit dans sa chambre pour que le reste de l’appart sonne vide. On était quatre, ici, y a pas longtemps, j’étais jamais seule... Si j’avais su ce qui allait se passer, à ton arrivée, je t’aurais jamais laissé prendre ce studio dans le Bronx. C’est stupide ! Regarde toute la place qu’il y a ici, on aurait même de quoi t’aménager une salle de danse. » Vrai ! Puisque nous aurions été quatre, en comptant Louis, et qu’il y avait six chambres.  « Allez, viens, on envoie chier ton proprio et on loue une camionnette pour le déménagement. » je proposais, sur le ton de la plaisanterie. Mais tout le monde sait que derrière chaque plaisanterie se dissimule une vérité.


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Sam 7 Mar - 16:43

Partager ainsi un instant de vie avec son amie lui apportait les saveurs délicates d’une tranquille vie de famille partagée. Observant tour à tour son amie et son enfant, J, non sans surprise, sentit l’accélération soudaine de son cœur se serrant sous l’assaut de ce moment de tendresse voilée. D’ordinaire, la jeune femme partageait son café avec, pour seule compagnie, sa cigarette et le silence de son studio dans le Bronx. Un appartement sans valeur, aux murs vieillit et aux planchers craquants, murmurant des années de vie passées. Un appartement bien modeste comparé au faste du lieu néanmoins, la danseuse s’y était habituée. Ayant toujours vécu dans l’immense demeure de sa mère, retrouver l’intimité d’un petit deux pièces, la nonchalance d’un matelas jeté au sol et la promiscuité parfois gênante, avec les voisins lui avaient fait le plus grand bien. Car elle aimait entendre les murmures de vie s’agitant par delà les frontières de ses murs aussi lisse que du papier parcheminé. Parce qu’elle appréciait la pâleur des murs vieillit et l’insalubrité des grandes marches de son immeuble la menant à son étage. Après avoir vécu des années dans un lieu réservé aux nobles, aux riches héritiers parisiens la jolie danseuse avait trouvé rassurant de pouvoir, enfin, construire son propre cocon. Néanmoins, elle pouvait nier en ce matin doux, qu’un peu de compagnie et de partage du quotidien ne lui ferait guère de mal. Elle aimerait pouvoir partager la vie de Solal, Astaria et Louis sans pour autant savoir si elle saurait y trouver sa place. J vivait à l’envers, âme errante qui, en dehors de ses heures de lectures ne passait guère de temps chez elle. Pourchassant la vie, J n’avait pas perdu ses vieilles habitudes de citadines et continuait de passer le plus clair de son temps dehors. Cependant, peut-être que ne plus être seule, que savoir que des êtres aimants l’attendraient à son retour ou la surprendraient à son réveil lui ferait le plus grand bien. Etrange pensée pour l’amoureuse de la solitude qui redescendit sur terre lorsque bébé Louis lui offrit son plus grand sourire dont l’absence de dents ne le rendait que plus mignon encore. « Il sera aussi modeste que sa mère. Répliqua-t-elle dans un sourire entendu. Astaria et sa franchise, Astaria et son arrogance tranquille cela dit, elle n’avait pas tout à fait tord. Son amie demeurait aussi attirante qu’intrigante et il lui avait suffit de voir les regards que lui jetait son tombeur de patron pour comprendre que les hommes pouvaient aisément tomber à ses pieds.A l’image de son frère d’ailleurs. Sa réaction à l’évocation de nom de son patron l’a fit rire quand bien même elle doutait des propos d’Astaria. Renji ? Ne jamais voir ce petit bout d’homme ? Peut-être cependant, J attendait le jour où les barrières des deux tomberont pour ne laisser jaillir que les folles vagues de leur passion. Dès lors que ce passera-t-il alors ? J s’abstint de lui poser la moindre question néanmoins, son regard suffisait à laisser entendre qu’elle comptait obtenir quelques explications. La vie sentimentale d’Astaria semblait bien plus complexe que la sienne aussi, espérait-elle en savoir plus.

« Tu veux dire que c’est le fameux instinct maternelle la ? Ca se tient. J’espère ne jamais vraiment le savoir. » Affirma-t-elle, ton plus sombre presque résignée tant Jénova ne portait aucun espoir quand à son avenir amoureux d’autant plus qu’elle ne parvenait absolument pas à s’imaginer mère, son esprit encore trop marqué par son histoire douloureuse. «  Un Salignac à la vente, il pourrait te rapporter cher. » Rajouta-t-elle, pince sans rire, son sarcasme faisant échos à sa propre vente organisée par ses parents. Le secret demeure néanmoins, camouflée sous l’apparente nonchalance de son humour noir voué à maintenir son amie loin de ses préoccupations délicates. Observant le visage fatigué de son amie, J lui proposa son aide et, c’est dans un sourire attendrit qu’elle accueillit les révélations d’une Astaria amoureuse, couvant son enfant d’un regard tendre, infiniment protecteur.
« Toutes les mères du monde aimant leur enfant ressente ça Asta’. L’amour n’a rien de ridicule, je trouve ça même beau et rassurant, cet enfant ne manquera jamais d’amour. » Elle avisa bébé Louis d’un regard doux, attrapa sa petite main potelée qu’elle sera tendrement entre les siennes, sourires aux lèvres.   « Il me rend aussi gaga que toi à vrai dire. Il va falloir lui montrer le monde. Ce sera un artiste, à l’image de sa mère, un être à part. » Lança-t-elle, le regard brillant, comme une certitude.
Astaria reprit la parole et J accrocha son regard qui, peu à peu, se mua en surprise avant qu’un rire franc quoique légèrement gênée jaillisse d’entre ses lèvres. « Une salle de danse carrément ? Tu finirais par t’en plaindre. Mais… Solal serait content, je lui ramènerais pleins de jolies danseuses à la maison. » Sourire amusé, regard se tournant sur l’appartement, hochement de tête, J comprenait parfaitement ce don parlait la jeune femme. « Cela dit… Je t’avoue que l’idée m’a traversé l’esprit. J’aime mon studio, ma tranquillité, mon silence mais… Quand je partage des moments comme celui-là avec toi… Je me dis que ça pourrait être… Bien. » Elle hésite, voix tremblante, main moite, difficulté d’avouer qu’elle n’arrivait plus à se satisfaire à elle-même. « La seule chose qui m’inquiète c’est que j’ai toujours vécu seule. Tu sais… Je suis un peu comme un chat sauvage, je m’en voudrais que ma présence ici casse le lien établit entre nous. » Après tout, n’était-ce pas là l’un des dangers de la collocation ?   « Mais… J’aimerais bien t’apporter un peu de vie… Ca pourrait être… Bien. » Regard presque timide, aveux murmuré d’un souhait à peine dévoilée. Jénova demeurait toujours aussi peu talentueuse pour exprimer les élans de son cœur.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Dim 8 Mar - 16:22



lendemain
« Il sera aussi modeste que sa mère. » Sa réplique transpirant l’ironie, je m’interrogeais sur ce propos. Étais-je modeste ? Non. Orgueilleuse ? Non plus. Je crois que j’étais un paradoxe ambulant, à la fois très insécure et supportant mal la critique. Si je doutais de la qualité de ce que je produisais, je refusais d’entendre qu’on puisse me donner raison. J’étais si peu sûre de moi que je ne pouvais être orgueilleuse, mais la critique passant si mal, je ne pouvais pas être modeste non plus. Si je trouvais que mon travail était de la merde en tube, j’avais besoin qu’on l’admire, qu’on m’assure que c’était parfait, au contraire. Il en allait ainsi pour presque tous les aspects de ma vie. Les aspects importants comme mon art, mon frère, mes amis, mon deuil, et mon fils aussi. Tous étaient exceptionnels et devaient être reconnus comme tel. C’était comme ces individus se réveillant d’un trop long coma, dans une époque si différente qu’on leur recréait la leur pour ne pas provoquer de choc. Il en allait de même pour moi, je vivais dans une illusion dont il ne fallait pas me sortir, au risque de créer un séisme dans mon esprit. C’était la seule et unique raison qui m’avait poussé à ne jamais affronter l’examen final d’un vernissage. Et si on me disait que c’était nul, sans intérêt ? Si on trouvait mes clichés peu originaux, mal travaillés, sans message, sans maîtrise des techniques que, finalement, je n’avais fait qu’apprendre par moi-même, sans passer par la moindre école ? J’avais peur que le regard de l’autre, le jugement de l’autre, brise l’illusion de ce que j’étais. J’avais toujours tout fait en dilettante, dans ma vie, prétextant que j’étais artiste en réalité, comme un gaucher contrarié. Je n’étais pas avocate, je ne le serais jamais, j’étais un esprit libre qu’on tentait d’enfermer dans le carcan des traditions familiales. Mais si, un beau jour, je découvrais que je n’étais pas artiste, que je m’étais bercée d’illusions ? Alors qui serais-je ? Que serais-je ? Alors non, ce n’était pas de l’orgueil, c’était plus quelque chose de l’ordre de la survie. Parce que, si on critiquait mon art, c’était l’individu que je m’étais imaginée être qu’on tuait sans lui offrir la moindre chance de se reconstruire, redéfinir. Je n’avais pas d’autres options. Je ne pouvais pas être modeste, pas lorsque les enjeux étaient si grands. Des enjeux que je taisais, pour ne pas pousser mon amie à se complaire dans le confort d’une activité qui ne la transportait plus. Elle s’en était ouverte à moi, la veille, laissant entendre son besoin de changement, d’évolution. Je lui avais confié mes propres craintes pour l’amener à surpasser les siennes. Je ne pouvais pas, désormais, lui expliquer à quel point c’était toute mon existence que j’avais risqué en une seule soirée. Et que je ne l’avais fait que pour Solal, avec ce besoin de prouver à mon frère qu’il n’avait pas fait tout ça pour rien, qu’il ne m’avait pas poussé à étirer mes ailes et m’envoler pour me voir me contenter d’un perchoir à mi-chemin. J’avais joué à Icare, hier, j’avais pris le risque de faire fondre la cire de mes ailes en m’approchant trop près du soleil, j’avais pris le risque de lui offrir le spectacle de sa soeur s’écrasant sur le sol, j’avais pris le risque d’une trop grande confiance. Pas en moi, ni en mon talent, mais en lui. Parce que lui, il croyait en moi et mon talent. C’était lui, mon orgueil, c’était lui mon arrogance. C’était le regard que mon frère avait de moi. Et oui, J avait raison, mon fils hériterait de ça, aussi. Il n’y avait qu’à voir comme l’oncle était avec son neveu... En extase. Comme la plupart des personnes croisant sa route, d’ailleurs. Moi la première. « Tu veux dire que c’est le fameux instinct maternelle la ? Ca se tient. J’espère ne jamais vraiment le savoir. » Instinct maternel ? Probablement. J’étais pas une femme à proprement parler, élevée avec des garçons, j’avais plus de réflexes masculins que féminins. Alors, l’instinct ? « Tu sais, je me rappelle une conversation que j’ai eu, à mon arrivée ici, dans un bar. Il y avait ce type qui essayait de me draguer et qui n’était franchement pas doué pour ça. On a commencé à discuter, et... À un moment, il m’a dit qu’il n’enviait pas les femmes, le fait de devoir enfanter, tout ça. Sur le coup, je lui ai répondu, très sincèrement, que j’étais vraiment pas pressée de vivre cette expérience, voir carrément pas désireuse de la vivre un jour. C’était pas pour moi, ça, vraiment pas. Une semaine plus tard, je tombais enceinte. » Ce que je voulais dire, c’est que cet enfant n’était pas le fruit d’un désir. Il était bien plus qu’un accident, parce que des accidents peuvent se produire sans pour autant qu’ils soient si éloignés que ça de sa ligne de vie et d’envie. Moi, je ne le désirais pas, pire que ça, je n’en voulais pas. Pas du tout. Je ne me voyais pas mère dans l’immédiat, ni dans cinq ans, ni jamais en fait. Je ne me voyais pas mère du tout. J’étais une gosse, une gosse à la féminité si relative que j’étais même pas certaine d’avoir un utérus fonctionnel. Et pourtant, il était là, face à nous, nous obligeant à sourire comme des crétines juste en étant. En ne faisant rien d’autre qu’être. Contre toutes attentes, j’avais gardé cet enfant, j’avais mené cette grossesse jusqu’à son terme, j’avais mis cet enfant au monde, sans père, sans grand-mère, sans grand-père, sans famille ou presque. Juste mon frère et moi. C’était égoïste, certainement, et néanmoins absolument pas le fruit d’un besoin qui le serait. « Toutes les mères du monde aimant leur enfant ressente ça Asta’. L’amour n’a rien de ridicule, je trouve ça même beau et rassurant, cet enfant ne manquera jamais d’amour. » Si ça, l’était, venant de moi. Je veux dire que personne n’aurait pu prévoir un truc pareil. Cela dit, j’étais pas une maman normale, je ne parlais pas avec des mots chelous, je ne faisais pas des voix ou des bruits bizarres, j’appelais mon fils Satan, et utilisais mon langage normal, sans remplacer mes jurons par saperlipopette, sacré bleu et autres moussaillon. « J’espère qu’il n’en manquera pas, vu qu’il manquera déjà du plus important. » un père. « Il me rend aussi gaga que toi à vrai dire. Il va falloir lui montrer le monde. Ce sera un artiste, à l’image de sa mère, un être à part. » Voilà, elle me donnait raison, encore une fois. Ce gamin avait un superpouvoir qui forçait les gens à tomber amoureux de lui sur le champ. « Il sera tout ce qu’il voudra être, du moment que ce sera ce pourquoi il est fait. J’vais pas le forcer à faire des études de droits, ça c’est certain. » Et c’était la seule chose positive qu’il tirait de l’absence de son géniteur. Lui, il l’y aurait forcé. « Et oui, il sera à part, il pourra pas faire autrement en grandissant entre Solal et moi... Et toi ? » Une question entrainant une proposition. Un truc qui sortait de nulle part, qui surgissait sans prévenir, mais qui traduisait bien ce que nous étions, nous trois. Un peu comme ils avaient décidé, à deux, sur un coup de tête, de venir me rejoindre à NY en abandonnant tout derrière eux, je décidais qu’elle devait vraiment le faire, nous rejoindre. Complètement, et pas seulement dans la même ville. Elle devait vivre avec nous. Pour elle, pour moi, et pour mon fils aussi. J’avais grandit dans une maison saturée de monde et de vie, j’avais eu l’enfance la plus merveilleuse qui soit. Je voulais que Louis puisse profiter de ça, aussi, une vie posée et de bohème à la fois, loin de la normalité qu’on fuyait tous, finalement. J’allais même jusqu’à lui proposer une salle de danse. « Une salle de danse carrément ? Tu finirais par t’en plaindre. Mais… Solal serait content, je lui ramènerais pleins de jolies danseuses à la maison. » Ouai, non, ça allait me rendre dingue, finalement, et la grimace que je produisais en était le plus bel exemple. « Une salle de danse rien que pour toi, alors ? Où tu pourrais m’apprendre à maitriser un peu plus mon corps. » J’étais pas d’une sensualité délirante, c’était pas un secret. J’étais plutôt du style à jurer et brandir mon majeur à la moindre occasion. Un peu de féminité ne pourrait pas me faire de mal. « Cela dit… Je t’avoue que l’idée m’a traversé l’esprit. J’aime mon studio, ma tranquillité, mon silence mais… Quand je partage des moments comme celui-là avec toi… Je me dis que ça pourrait être… Bien. » Je n’avais rien d’autre à répondre à ça, qu’un sourire. Un sourire franc et massif, celui qui me mangeait la moitié du visage à cause de ma trop grande bouche, comme la qualifiait Solal. « La seule chose qui m’inquiète c’est que j’ai toujours vécu seule. Tu sais… Je suis un peu comme un chat sauvage, je m’en voudrais que ma présence ici casse le lien établit entre nous. » Non, non, impossible. J’en secouais la tête. L’appartement était bien trop grand pour ça. Impossible de se retrouver les uns sur les autres à moins de le vouloir et le chercher. Comme lorsque j’allais dormir avec mon frère, par exemple. « Mais… J’aimerais bien t’apporter un peu de vie… Ca pourrait être… Bien. » Ca ne pourrait pas. Ça serait. Nuance. « Si tu as vraiment besoin d’un argument supplémentaire pour te convaincre, j’avoue que ta part du loyer nous aiderait grandement. Pas qu’on soit à la rue, loin de là, Liliane pourrait consentir à une baisse significative du montant, mais... Je ne veux pas. Déjà qu’elle a fixé un loyer très très en-dessous de ce que vaut cet appartement, afin de me permettre d’élever Louis dans un environnement qui ne soit pas Brooklyn ou le Queens. J’ai vendu trois clichés, hier, ce qui représente une grosse rentrée d’argent, mais... C’est compliqué avec mon job, je ne sais pas combien de temps on devra vivre là-dessus. Alors oui, un salaire en plus, je cracherais pas dessus. C’est pas la raison qui me pousse à te proposer ça, mais c’en est une supplémentaire pour que tu acceptes. » Au moins, j’étais franche, on ne pouvait pas me reprocher ça. Et tirant le couffin pour le mettre devant moi, face à J, j’enchainais par un « Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! » accentué par le superpouvoir de mon fils : faire craquer tout le monde.


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Dim 8 Mar - 18:07

Et c’est parce qu’elle se cachait derrière cet orgueil factice que J aimait tant son amie. Jamais elle n’avait eu l’occasion de s’attacher à femme aussi forte que fragile, capable de déplacer des montagnes mais dont la peur de la chute l’enfermait dans une immobilité déconcertante. Astaria était un électron libre, un oiseau hésitant entre deux nuages aussi imprévisible qu’impertinente. Langue franche et regard farouche, caractère épineux dévoilant une étonnante pudeur lorsque les deux femmes se livraient à des élans d’amour fragile. Mais elle aimait ça J. Elle aimait se livrer au regard d’Astaria qui, toujours, savait capturer son image avec talent. Ses photographies étaient à son image, sensible, franc, intime sans jamais sombrer dans un voyeurisme torve. Elle savait saisir la seconde parfaite, capturer un regard surpris, un sourcil arqué ou les lèvres pincées d’un éclat de concentration figé. Mais J savait combien il fut difficile pour elle de livrer son talent aux probables assauts de la critique. En se livrant ainsi aux prunelles des inconnus Astaria ployait sous la force du danger. Car son art trouverait toujours une bouche jalouse ou un regard dur qui, dès lors, aurait le pouvoir d’écraser le peu de confiance que la jeune femme pouvait avoir en elle-même. Néanmoins et quand bien même fut-il le cas que son art ne plaise pas à tous personne ne saurait lui voler ce qu’elle possédait. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, qu’on l’accepte ou qu’on la rejette Astaria toujours, savait provoquer chez l’autre émotion forte, à la fois belliqueuse ou admiratrice or, n’était-ce pas cela que réclamait tout artiste ? De la réaction, de la vie, l’art était une flèche visant à provoquer quelque chose, que cela soit agréable ou non. Alors l’art vivait, existait et, finalement, la seule chose capable de détruire Astaria serait l’ignorance d’un souffle qui n’aurait pas même la force de porter le moindre jugement à la vision d’une de ces photographies. Et puis, Astaria avait Solal. Sa force, son courage, son frère portait sa sœur, l’aimait d’un amour si noble et unique que J ne pouvait que se sentir heureuse d’avoir trouvé sa place dans ce duo étonnant. Elle n’eut besoin de changer, de forcer les choses, n’avait jamais la sensation d’être de trop. Astaria tout comme son frère avait su l’accueillir, apprécier ses défauts au même titre que ses qualités sans jamais porter le moindre regard de condamnation sur elle. J se sentait ainsi comme une enfant errant innocemment dans une forêt oubliée. Elle les aimait tout deux si fort que, parfois, une émotion intense étreignait son cœur alors qu’elle crevait d’envie de les engloutir sous les remerciements et le besoin jamais inassouvie de leur montrer à qu’elle point ils comptaient pour elle. Et ça, c’était véritablement inespérée car quelle était meilleur sensation que celle de se sentir parfaitement à sa place quelque part ?

Le coude reposant nonchalamment dans le creux de sa main. J, la tête penchée, écoutait son amie dans un sourire rêveur alors qu’elle lui expliquait sa rencontre avec un inconnu. Était-cela le pouvoir de la vie ? Se sentir mère envers et contre tout ? J l’espérait sincèrement car, si pareille chose devait lui arriver, elle souhaitait être en mesure d’éprouver le même amour qu’Astaria portait à son fils. Imaginez-vous ? Procréer un être que vous seriez incapable d’aimer ? Combien de fois avait-elle lut pareille tragédie quand la mère rejetait son enfant jusque dans son existence ? Acceptant de s’en débarrasser ou de l’abandonner tant elle ne pouvait supporter de se voir s’arracher une part de chair ? Une part d’elle-même ? Car désormais Astaria n’existait plus seule. Une part de son âme dormait en son fils et viendrait influencer son caractère, ses choix, son futur. Et, alors qu’Astaria lui exprimait ses doutes, J se redressa pour capturer la main d’Astaria dans la sienne. Elle avait besoin de cela, de ce contact simple et doux qui remplaçait les milliers de mots se bousculant à la porte de ses lèvres. Une caresse influant la force et toute la confiance qu’elle portait envers son amie. Quoi qu’il arrive, qu’importe ses choix Astaria saurait être une bonne mère et son fils apprendra à grandir dans cette famille étrange qui, néanmoins, portait le seul et unique message nécessaire à toute vie : l’amour changeait le monde. Il n’aurait pas de père et alors ? Il aurait une mère complètement dingue mais unique, un oncle sérieux, aimant qui saura lui apporter des conseils masculins, conférant un repère essentiel au fils et… il y aurait elle… Un poing d’acier renverse son cœur alors qu’elle songe à cela. Astaria capture ses propos, ruines ses doutes dans des argumentations valables qui fit sourire Jénova. Et puis, l’enfant qui sommeil en la photographe s’agite, elle se rapproche de J et assène ses oreilles d’une injonction amusante. J éclate de rire et saisit la seconde main d’Astaria. « Bon. D’accord, d’accord, d’accord miss Salignac ! J’ai par principe de ne jamais contredire une jeune mère. » Elle laissa éclater sa joie qui se mua en sourire énorme explosant sur son visage comme une tâche de lumière. « Mais j’ai mes conditions. Tu me laisse participer comme je veux à la vie commune d’accord ? Ce qui entend que tu me laisses prendre en charge les courses et une part du loyer pour quand tu es dans une impasse financière d’accord ? Puis tu me laisseras couvrir Louis de cadeau cela va de soi, il a besoin d’une tantine qui le gave un peu pour compenser les dingueries de sa mère. » Elle sourit encore, le regard brillant. Elle voulait pouvoir être un soutien pour ses amis parce qu’il me méritait amplement. Pour la première fois de sa vie, J venait de trouver une bonne raison de plus avoir honte de son héritage et une manière tout à fait honorable d’utiliser sa fortune.
« Ah et puis… Tu me laisses changer le système son. Je n’accepte pas de vivre dans un appart ou il y a une misérable chaîne-Hifi oké ? Et tu ne râles pas si on mange du poulet quatre fois par semaines parce que, je ne te l’ai jamais dit mais je suis accro au poulet. » Annonce-t-elle d’une voix grave avant d’éclater de rire. « Je serais insupportablement parfaite. » Sourire de gamine espiègle, J tape dans ses mains, laisse enfin éclater sa joie emprunté à la fougue de l’adolescence. «  Et oui Astaria. Je me charge de ta féminité, elle aura tôt fait de resurgir quand je t’aurais apprit à remuer tes petites fesses. » Elle opine du chef, mime un salue militaire avant d’éclater une nouvelle fois de rire. Elle avait l’impression de ne plus avoir rit depuis une éternité.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Dim 8 Mar - 21:50



lendemain
Je n’étais pas une mère. Je n’avais pas été programmée à être mère. Percluse de doutes j’avais traversé ma grossesse en accumulant les angoisses. J’avais peur de pas savoir faire, de ne pas vouloir faire, de ne pas m’habituer au fait d’avoir, tout simplement, un enfant. Je craignais de ne pas l’aimer, et/ou qu’il ne m’aime pas. Et si, en le prenant dans mes bras, je ne faisais qu’augmenter sa détresse et ses sanglots ? J’avais eu peur qu’il soit anormal, qu’il lui manque des bras, des jambes, voire un oeil ou les deux. J’avais redouté l’accouchement, puis le fait qu’il soit moche. Pouvait-on aimer un bébé moche ? J’étais pas certaine de pouvoir l’aimer tout court, même s’il était beau, alors moche ? Et si mon égoïsme prenait le pas sur le reste ? Que je ne l’entendais pas pleurer la nuit, ou oubliais de le nourrir ? Si je repoussais à plus tard le bain ou le changement de couche ? Et si ? Et si ? Je ne correspondais tellement pas à l’idée qu’on se faisait d’une mère, j’avais tellement mal vécu ma grossesse, que je craignais d’être aussi mauvaise en tant que maman qu’en tant que femme enceinte. Je n’avais pas été rayonnante, je n’avais pas été épanouie, je n’avais été qu’une petite femme toute gonflée de partout, oscillant entre sanglots incontrôlés et crises de colère hystérique. J’en avais frappé, des gens, pendant ma grossesse, j’en avais détruit des tibias, tabassé des côtes, boxé des épaules. Aujourd’hui encore, mon corps souffrait des reliquats de cette naissance. Je n’avais pas à me plaindre, je n’avais pas vingt kilos à perdre, essentiellement parce que je n’en avais pas pris autant, mais j’avais encore du mal à y trouver mes repères, une fois nue devant la glace. C’était ça, le plus difficile, je crois. Parce qu’après constat que j’aimais mon fils, qu’il m’aimait en retour, et qu’il était beau, il restait ce corps de mère qui m’empêchait de me redéfinir en tant que femme. Et je ne voulais surtout pas de ça, n’être que mère, ne plus vivre qu’à travers ce fils. Il devait être une partie de moi, il ne devait pas être moi dans mon ensemble. Il était ma vie, mais il n’était pas toute ma vie. Peut-être était-ce égoïste de penser ainsi, moins d’un mois après sa naissance, peut-être que ça faisait de moi une mauvaise mère ? Ou peut-être au contraire, était-ce plus sain, finalement, peut-être qu’ainsi, mon fils apprendrait à ne pas être le centre du monde, à ne pas se considérer comme divin et tout permit. Je ne sais pas. Je ne savais pas quel était le bon comportement, ni même s’il existait réellement un bon et un mauvais comportement. Ma mère avait toujours été là pour nous, abandonnant son travail pour nous élever, mais elle n’avait jamais cessé d’être une femme, celle de mon père, son amie, son amante, son amour, et lorsqu’ils avaient été dans une pièce tous les deux, le reste du monde avait cessé d’exister, Solal et moi inclus. Et on avait été heureux. Très heureux. Louis, lui, n’aurait pas de père, ni de frère, ni de soeur, c’était une évidence. Mais il aurait sa mère, son oncle, et Jénova ? Je l’espérais en tous cas. Voilà pourquoi j’insistais de cette manière, utilisant mon fils comme parade amoureuse. Parce qu’en plus de manger, dormir et salir sa couche, il faisait ça, aussi, séduire tout le monde. Heureusement, d’ailleurs, il fallait bien qu’il y ait quelques avantages. Elle allait craquer, elle devait craquer. « Bon. D’accord, d’accord, d’accord miss Salignac ! J’ai par principe de ne jamais contredire une jeune mère. » Elle craquait ! « T’es trop fort, Little L. » j’offrais à mon fils en utilisant ma main libre pour improviser un high five avec la sienne, très petite. « Mais j’ai mes conditions. Tu me laisse participer comme je veux à la vie commune d’accord ? Ce qui entend que tu me laisses prendre en charge les courses et une part du loyer pour quand tu es dans une impasse financière d’accord ? Puis tu me laisseras couvrir Louis de cadeau cela va de soi, il a besoin d’une tantine qui le gave un peu pour compenser les dingueries de sa mère. » Oui, alors là, on allait devoir négocier sévère, il me semble. J avait beau être têtue, elle avait, face à elle, la personne pour qui on avait inventé cet adjectif. Dans le dico, y avait ma photo à côté de ce mot. Sérieusement. « Ah et puis… Tu me laisses changer le système son. Je n’accepte pas de vivre dans un appart ou il y a une misérable chaîne-Hifi oké ? Et tu ne râles pas si on mange du poulet quatre fois par semaines parce que, je ne te l’ai jamais dit mais je suis accro au poulet. » Oui, ça, ça me semblait assez simple. Quoi d’autre ? « Je serais insupportablement parfaite. » Comme moi, en soi. En gros, je plaignais Solal, brusquement. Mais encore ? «  Et oui Astaria. Je me charge de ta féminité, elle aura tôt fait de resurgir quand je t’aurais apprit à remuer tes petites fesses. » Oui, sauf que... « On est d’accord que je fais ça pour moi, hein ? Va pas t’imaginer que c’est dans le but de faire plaisir à quelqu’un d’autre qu’à moi-même. J’ai toujours voulu savoir faire comme toi. Enfin, pas exactement comme toi, parce que j’aurais jamais le niveau, mais... T’es juste magique, et je voudrais être un peu magicienne aussi. Et raffermir mon corps après ma grossesse, c’est juste un bonus non négligeable. » je tenais à préciser, avançant un argument non discutable. Plusieurs mois passés à me trainer d’un endroit à l’autre et engloutir des milliards de calories, avaient laissé des traces. « Pour le reste, suis-moi. » je l’invitais, en lâchant sa main pour me lever, récupérer mon fils tout sourire -qu’il avait l’air con !-, et entrainer mon amie à ma suite dans le long et large couloir jouxtant le salon. Elle avait eu l’occasion de venir ici, déjà, mais jamais de réellement visiter, en tout cas, rien en dehors de sa chambre et des pièces communes. Hier soir ne faisait pas exception, nous nous étions contentés de nous écraser sur nos matelas respectifs, tous autant que nous étions. Je dépassais la porte de sa chambre, puis la mienne, pour m’arrêter devant celle, restée ouverte, de Loulou. En soi, la pièce, grande, parfaitement meublée, décorée par mes soins avec l’aide de Solal, laissait déjà entendre que cet enfant ne manquait de rien, bien au contraire. Mais je poussais, tout de même, plus avant, et traversant la pièce, j’ouvrais, d’une main, les imposants placards de mon fils. À l’intérieur, sur toute la hauteur de la pièce, au plafond très haut, des rayonnages et des rayonnages de vêtements que j’avais classé par âge, taille, couleur, et saison. Et les penderies aussi, croulant, également, sous les vêtements. « L’oeuvre de ma grand-tante folle à lier, et de Solal. » Solal qui avait du dépenser une fortune sortie d’on ne sait où, en vêtements en tout genre, comme cette paire de petits chaussons Batman, avec capes intégrées, que je chopais entre deux doigts. « Plus gâté que ça, encore, et on en fait un prince du Qatar. » Clairement, j’avais de quoi vêtir des quintuplés, là. Sans parler des jouets, des peluches, et autres qui s’entassaient de partout. « Ha, et pour ce qui est du poulet, je ne mange que ça, aussi. De la viande blanche exclusivement et du poisson, je déteste la viande rouge. Sauf pendant ma grossesse où je bouffais tout et n’importe quoi, mais ça compte pas. » j’ajoutais en refermant le placard, avant de sortir de la chambre et m’enfoncer un peu plus dans le couloir. Je poussais la porte de la dernière chambre, celle du fond, celle que je n’avais plus visité depuis plus de deux semaines. « Cette chambre-là est plus grande, si tu veux, avec salle de bain indépendante et ascenseur qui mène à l’étage supérieur. Mais elle est aussi mitoyenne de celle de Louis. C’était pour que... Enfin bref. » Oui, j’avais pas envie de parler de lui. Vraiment pas. Par contre, si J voulait récupérer sa chambre, j’étais prête à sauter dans ma salopette over-sexy pour l’aider à tout repeindre à son goût. « Combien tu payes de loyer pour ton studio ? » je lui demandais en refermant la porte. Avec un peu de chance, elle devait même payer plus que le loyer demandé ici. Ma grand-tante avait réellement été un ange. « Pour la sono, c’est toi qui vois, mais fait en sorte qu’on entende pas Solal quand il joue de la gratte, j’l’ai collé dans un autre étage juste pour ça. Oh, et viens, faut que je te montre un truc. » j’ajoutais en l’attrapant par la main, d’un enthousiasme encore plus grand, tout en la conduisant jusqu’à l’escalier en colimaçon, trônant au milieu du salon. « Bon, là c’est le bureau bibliothèque, on s’en fout un peu... » Enfin non, mais là, si. « Et là, c’est.... Chuuuuut... » Je prévenais, J et L, en poussant délicatement la porte de la chambre dans laquelle se trouvait un Solal étalé de tout son long sur son matelas. Position du cachalot mort, comme j’aimais à dire, en calbut’ et bouche ouverte. La beauté incarnée. J’étouffais un rire en refermant. En temps normal, je me serais empressée d’aller le réveiller en sautant sur le lit pour réclamer un câlin, mais pas là... Non, il avait bossé comme un malade sur mon vernissage, il avait assuré comme un boss, il méritait son repos du guerrier. « Putain, il a l’air tellement con quand il dort. » Il dormait déjà comme à six ans. « Et, maintenant, le clou du spectacle ! » j’annonçais en écartant les rideaux sur tout un pan du couloir tournant autour de la chambre de Solal, dévoilant une grande et longue baie vitrée donnant sur un toit terrasse. « Bon là, évidemment, c’est sous la neige, mais... Imagine au printemps. » Elle pourrait y faire son yoga et ses trucs de danseuse. D’ailleurs, je me demandais si je saurais faire ça, moi, du yoga. Ça pourrait me détendre, non ? Ou alors ça me ferait chier ? J’pense que j’étais plutôt du style à ce que ça me fasse royalement chier.  


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Sam 14 Mar - 14:20

Etre mère… Mystère de la vie qui fascinait et repoussait à la fois la jeune danseuse. Qu’était-ce cette sensation de sentir pousser en son sein l’arbre d’une vie naissante ? De sentir les petits pieds pousser contre un ventre délicieusement rond ? Qu’était-ce que de se rendre chez un professionnel afin de voir, pour la première fois, le fils ou la fille s’agitant dans le ventre de la mère ? Que pouvait-on ressentir ? J brûlait d’envie de questionner son amie sans pour autant franchir le cap, se murant dans un respect d’une grossesse quelle avait su douloureuse. Car Astaria n’avait pas prévu la grossesse, qu’elle n’avait absolument rien d’une mère et qu’elle devait faire face aux angoisses terribles de fournir à son enfant un lieu de vie respectable. Il n’aurait pas de père, pas de sœur, pas de frère mais serait à jamais entouré de gens aimant, désireux de le voir s’épanouir et pouvoir au mieux, tracer son sillon dans une vie parfois aussi douloureuse que fascinante. Et voilà que son amie lui proposait de faire partir de ce joyeux monde non sans faire ressurgir en la danseuse, des angoisses terribles. Elle qui avait toujours vécue seule se bornant à ne faire confiance quand elle-même, fuyant toute attachement s’imaginait à présent évoluer dans ce vaste appartement. C’était intimidant et à la fois réconfortant. Car elle pourrait être plus proche d’Astaria et de son frère, voir grandir ce petit bout de choux qu’elle saurait, à n’en pas douter, coucouner comme s’il fut son propre fils. De plus, il était tout de même plus enviable de vivre ici que dans les quartiers chauds du Bronx quand bien même J trouvait inspiration dans cette atmosphère lugubre, parfois effrayante mais qui demeurait vibrante de vie, authentique quand bien même il lui arriva plus d’une fois d’avoir peur. Coulant sur son amie un regard doux, elle ne put que sourire avant d’accepter son invitation. Oui, oui, oui, elle voulait faire partie de cette joyeuse troupe et se faire une réelle place dans la vie de ses amis qui, des lors, apparaissait à ses yeux comme une famille précieuse pour qui elle saurait prête à décrocher la lune.

Néanmoins, Jénova possédait quelques conditions. Rien de bien extrêmes cependant, elle tenait à ce qu’Astaria sache à quoi s’attendre en vivant avec elle. Non qu’elle fut particulièrement invivable, elle demeurait même plutôt discrète, dormant le jour, disparaissant la nuit, errant les jours de repos où se perdant dans les folles aventures d’un nouveau livre entamé. Elle avisa la bibliothèque d’un regard gourmand à cette pensée. Mais quelle joie rien qu’à l’idée de pouvoir dépenser des fortunes en bouquin et posséder un espace aussi vaste pour pouvoir les ranger ! Par ordre alphabétique ou de préférence ? Peut-être pas thème ? Ou alors d’une manière totalement aléatoire ? D’ailleurs, faudrait-elle qu’elle protège ses précieux romans des doigts de Little L quand il commencera à toucher à tout ?
Le regard pétillant de malice, elle reporte son attention sur Astaria et lui offre un doux sourire en écoutant ses propos. « Mais tu es déjà une magicienne ma douce. » Souffle-t-elle, doucereuse à souhait avant d’aviser rapidement son cœur. Elle avait de la chance, quand bien même la grossesse avait arrondit ses fesses et ses hanches, ces nouvelles formes de mère ne venait en rien l’enlaidir. « Et j’ai bien compris. Je vais te préparer un petit programme de mon cru, tu auras vite fait de retrouver le corps que tu veux. Puis… Tu as de la chance, bébé Louis ne t’as pas laissé trop de séquelles. » Elle sourit tout en songeant à qu’elle point il devait être peu évident de demeurer femme tout en étant mère aussi, comptait-elle bien user de son expérience pour permettre à son amie de se sentir bien dans son corps. « Tu vas être étonnée mais les bases du pole dance peuvent s’apprendre très vite. Tu as déjà la grâce nécessaire, il va falloir travailler un peu ta souplesse et ta tonicité musculaire mais… ça ira tout seul, tu verras. » Nouveau sourire de connivence, regard plein d’assurance avant qu’Astaria ne l’invite à la suivre. Elles traversèrent le vaste couloir, dépassèrent leur chambre respective avant d’arriver devant une vaste pièce dans laquelle trônait un petit lit d’enfant. Astaria eut tôt fait de la pousser en avant et J découvrit, ébahit, la quantité de vêtements en tous genre, rigoureusement classés par ordre de taille et de saison. La bouche entre-ouverte, la danseuse s’approcha et, dans un geste délicat, toucha la surface doucereuse des vêtements. Sa tante et Solal ne c’était pas moqués du petit. En plus de lui offrir des habits pour les dix prochaines années ils avaient choisit de très bons tissus, si doux que bébé ne risquerait pas de voir sa petite peau fragile irritée.   « Waouh. » Souffla-t-elle alors qu’Astaria, le regard brillant, saisit entre ses mains des petits chaussons batman. Sérieusement ? « Ca ne m’étonne pas de ta tante mais de Solal. Il va vouloir jouer à la poupée avec Louis. » Elle voyait d’ici la scène. Solal, s’occupant soigneusement du style vestimentaire de bébé Louis et s’évertuant, des sa jeunesse, à lui apprendre toutes les manières de séduire une femme. « Il sera pire qu’un prince du Quatar si Sol continu comme ça. » Répliqua-t-elle, sourire jusqu’aux oreilles et regard pétillant de malice. « Roo c’est parfait ! Je vais pouvoir vous cuisiner des petits plats. » La danseuse de frotte les mains heureuse de pouvoir prendre en charge l’alimentation de la famille. Il faut dire qu’elle était plutôt pointilleuse à ce sujet, surveillant de prêt son équilibre alimentaire sans quoi, son corps serait absolument incapable de suivre le rythme qu’elle lui imposait.  Sortant de la chambre de petit Louis, elles s’engagèrent dans le couloir avant qu’Astaria n’ouvre la porte d’une nouvelle chambre. Vaste, spacieuse, mitoyenne à celle de Louis et avec une salle de bain indépendante sauf que… C’était celle du géniteur, le papa illégitime et J ne put que serrer la main libre de son amie lorsqu’elle en fit vaguement référence. « Ca pourrait être bien pour moi et puis je pourrais te remplacer auprès de bébé Louis de temps à autre mais… Je veux être sûr que c’est bon pour toi Asta. » Souffla-t-elle, souriante tout en songeant qu’elle allait vraiment de la chance d’avoir cette fille dans sa vie. Chose qui l’étonnait toujours au vu de leur caractère respectif : elles étaient indépendantes, bornées, têtues, sarcastiques, deux électrons libres qui, malgré la force de leur caractère fonctionnait parfaitement ensemble. « Pas loin de 500$. » Une folie en y pensant. Quand bien même son studio fut-il fonctionnel et refait à neuf depuis peu il n’en demeurait pas moins petit et dans un quartier quelque peu difficile ça sans compter le propriétaire absolument imbuvable, désagréable à souhait. «Combien pour le loyer ici ? » Demanda-t-elle tout en s’engageant auprès d’Astaria qui la guida jusqu’au vaste escalier en colimaçon non sans lui demander de couvrir les bruits de son frère. J pouffa à cette pensée lorsque la sœur amusée, l’emmena jusqu’à la chambre du concerné qu’elle ouvrit délicatement. Solal était là, avachit sur son pieu, dormant profondément, un léger ronflement s’échappait de ses lèvres entre-ouverte, il était à croquer. « Moi je le trouve à croquer. Bon sang, je me ferais une joie d’aller le réveiller quand je serais là. » Murmura-t-elle un sourire malicieux aux lèvres alors qu’Astaria refermait doucement la porte pour aller ouvrir les rideaux laissant entrer un soleil radieux. « Oh gosh, je suis au paradis. Murmura-t-elle à la vue de la vaste terrasse leur offrant une vue splendide sur New-York. « Non mais… C’est parfait ! Je vais être comme une reine ! On pourra faire des barbecues à la française, faire du sport, des photos ! Fiouuuuu. Je signe où hein dit ? »
J sautillait comme une enfant, déposa un énorme baiser sur la joue d’Astaria puis de bébé Louis, ronronnant et dégoulinante de joie. « Merci douce, vraiment… Tu n’imagines pas comme… Je veux dire… Merci. » J et l’expression de ses sentiments. Elle était adorablement maladroite.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Dim 15 Mar - 1:16



lendemain
« Mais tu es déjà une magicienne ma douce. » Oula, non ! Elle avait pas du me voir souvent danser, c’est pour ça. Parce que niveau maîtrise de mon corps j’étais comme Bambi découvrant le lac gelé, pas très audacieuse ni habile. Je ne savais que danser à deux, et souvent je transformais ça en préliminaires. J’étais pas un exemple pour les moins de dix-huit ans, quoi. « Et j’ai bien compris. Je vais te préparer un petit programme de mon cru, tu auras vite fait de retrouver le corps que tu veux. Puis… Tu as de la chance, bébé Louis ne t’as pas laissé trop de séquelles. » Ouai, enfin... « Il suffit de pas grand chose pour plus se reconnaitre. » J’avais pas beaucoup prit pendant ma grossesse, essentiellement parce que j’avais fait comme une forme de déni, refusant de prendre conscience du temps passant. J’avais jamais nié le fait d’être enceinte, juste pas vraiment réalisé à combien de mois j’en étais. Si bien qu’à sept mois, j’étais encore en train d’envisager l’accouchement comme quelque chose de super loin dans le temps. Et puis... J’aurais pu manger comme vingt, sans pour autant défoncer la moindre balance. La faute au deuil. Même avant le deuil, en fait. Les années de maladie, les années d’impuissance face à cette dernière, les jours passés à voir ma mère dépérir, souffrir, s’épuiser, m’avait coupé l’appétit. C’est ainsi que j’évoquais mes quatre années d’anorexie, une simple perte d’appétit. En réalité, je ne mangeais plus rien, parce qu’à défaut de contrôler le reste, je me rassurant en contrôlant mon corps, ne laissant plus rien le pénétrer, de la nourriture solide, jusqu’à la nourriture charnelle. Au début, ça n’avait inquiété personne, quittant l’adolescence en abandonnant ses rondeurs caractéristique, m’affinant pour devenir femme. C’est lorsque ça ne s’était pas arrêté là, mon entourage me voyant devenir de plus en plus fine et fragile, qu’on avait commencé à me parler en ces termes, ce terme. Anorexie. Moi, je ne voyais rien, juste mon incapacité à avaler quoique ce soit. J’avais beau m’être tirée de là, avoir stabilisé mon poids depuis quelques années, le décès de ma mère m’avait forcé à la rechute. Ça, et ma vie de bohème à New York. Finalement, c’était Louis qui m’avait réappris à manger. À manger pour quelqu’un d’autre que moi. Lui, qui m’avait empêché d’inquiéter mon frère à son arrivée. Sans ma grossesse, Solal aurait découvert sa soeur avec six kilos de moins qu’à son départ. Grâce à Louis, il m’avait découverte avec le même poids, le ventre en plus. Il n’avait rien su de ma rechute, et c’était très bien ainsi. Mais qu’importe, grossesse ou non, mon regard sur mon corps demeurait biaisé, et il suffisait qu’on ne voit plus mes côtes pour que je m’estime grosse. Ridicule, je sais, pas besoin de me le rappeler. « Tu vas être étonnée mais les bases du pole dance peuvent s’apprendre très vite. Tu as déjà la grâce nécessaire, il va falloir travailler un peu ta souplesse et ta tonicité musculaire mais… ça ira tout seul, tu verras. » La grâce ? J’en lâchais un ricanement amère tout en récupérant mon fils pour partir à la découverte de l’appartement, le tour du propriétaire, quoi. « J’suis aussi gracieuse qu’un membre du choeur de l’armée rouge. J’maîtrise pas du tout mon corps, j’sais pas si t’es au courant ? » Solal aurait pu confirmer, mais il n’était jamais là lorsqu’on avait besoin de lui, c’est bien connu. D’ailleurs, en parlant de lui, je conduisais J jusqu’à la chambre de L pour lui montrer les dépenses colossales de S. Des fringues, des jouets, des peluches en pagailles. Beaucoup de sa part, d’autres de la part de ma grand-tante, mais l’ensemble formait un ‘trop’ des plus conséquent. J semblait d’accord avec moi, à en croire le sifflement s’échappant d’entre ses lèvres. « Ca ne m’étonne pas de ta tante mais de Solal. Il va vouloir jouer à la poupée avec Louis. » Il le faisait déjà. D’ailleurs, je risquais de me faire engueuler si, en se levant, il découvrait son neveu dans la simple grenouillère que je lui avais enfilé. « Il sera pire qu’un prince du Qatar si Sol continu comme ça. » Il allait continuer, le connaissant. Mais vu le plaisir qu’il y prenait, ce n’était pas moi qui allais lui faire la moindre réflexion. « Et puis... C’est déjà un baron, mon fils. » Enfin, un futur baron puisque, pour l’instant, le titre était porté par mon père, puis ce serait mon tour, et enfin celui de Louis. Alors, ok, c’était pas un prince du Qatar, mais ça avait un peu la classe, quand même, non ? Non, on s’en fout, d’accord. Après une conversation sympatoche sur l’alimentaire et les plats qu’elle se promettait de nous préparer, je l’entrainais vers la chambre vacante, la grande chambre qui sonnait trop vite, la lui proposant si elle se sentait de passer ses nuits à une porte d’un braillard. « Ca pourrait être bien pour moi et puis je pourrais te remplacer auprès de bébé Louis de temps à autre mais… Je veux être sûr que c’est bon pour toi Asta. » souffla-t-elle en serrant ma main dès l’instant où elle avait sentit le malaise. C’était ça, aussi, le pouvoir de Jénova. « C’est bon pour moi, je t’assure. C’est même préférable. On va tout changer, tout refaire, peinture, sol, déco, et en vendant le matériel médical, on pourra même tirer un bon prix. J’vais pas condamner et perdre une pièce sous prétexte que son géniteur est un abrutit, hein. » Je ne voulais surtout plus voir cette pièce vide, sous aucun prétexte. Deux semaines s’étaient écoulées, c’était bien assez. Maintenant, show must go on. Et puisqu’on parlait logement, argent, tout ça, je l’interrogeais sur le prix de son loyer, dans le Bronx. 500$ ? Sérieusement ? Ça faisait cher le mètre carré, ça. « Combien pour le loyer ici ? » Vaste débat ! D’après mes renseignements, un logement comme celui-ci, aussi grand, en duplex, avec une terrasse et dans un tel quartier, c’était minimum 4000$ par mois. Sauf que la propriétaire étant une de Salignac, elle ne nous demandait que... « 800$ par mois plus l’eau et l’électricité, évidemment. » Donc, en gros, quelque chose comme 1200$. Quasi donné pour le quartier et la qualité du logement, mais un peu trop cher pour une artiste/mère célibataire/unique revenu du foyer. « Du coup, ça te ferait 400$ par mois. Pour 100$ de moins, tu dois gagner quelque chose comme 100m carré. » Oui, je lui demandais la moitié du loyer, mais je me gardais toutes les autres charges pour moi. On était deux, nous, Solal et moi, alors il était normal que je paye plus qu’elle. L’argument était assez recevable pour elle ? Dans le doute, je poursuivais ma visite guidée, bébé sur l’épaule, retournant au salon pour emprunter l’escalier en colimaçon jusqu’à la bibliothèque, avant de lui ouvrir la porte de mon frère. Un frère qui pionçait bouche ouverte, étalé comme une crotte au centre de son matelas. Il avait l’air con. Un adorable con. « Moi je le trouve à croquer. Bon sang, je me ferais une joie d’aller le réveiller quand je serais là. » Je pouvais comprendre, mais... « Ca, c’est mon privilège personnel. » le réveiller à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, en bonne soeur tyrannique. « Mais, j’suis pas égoïste, je refilerais quelques uns de mes réveils contre tes cours de danse. Par contre, avant de le réveiller, vérifie bien que je sois pas dans le lit aussi, j’ai... Heu... Comment dire... » Oui, comment expliquer ça ? Surtout alors que la majorité des gens avait tendance à trouver ça bizarre. « Je squatte souvent son lit et réciproquement. » C’était pas malsain, c’était tout sauf tendancieux, c’était juste une manière de se rassurer l’un l’autre, une habitude prise dans notre enfance et qui nous avait rarement quitté depuis. Ce qui expliquait encore mieux la douleur de notre séparation, lorsque j’étais à New York et qu’il était resté à Paris. On était tellement soudé, tellement complémentaire et fusionnel qu’il était impossible de se faire une place au sein de notre duo. Sauf pour J, qui y était parvenue brillamment. Peut-être parce qu’elle nous comprenait, ne nous jugeait pas, n’essayait pas de nous changer ou de rivaliser en terme d’importance. Elle était restée elle-même, avait trouvé sa place sans avoir à pousser l’un ou l’autre de Solal et de moi. Une place vacante qu’on ne savait même pas présente. Peut-être qu’elle l’avait créé, tout simplement, ou alors qu’elle était restée insoupçonnée tout ce temps, quoiqu’il en soit, elle était sienne désormais, et personne ne pourrait l’en déloger. Au même titre que personne ne pourrait prendre ma place auprès de Solal, au même titre que personne ne pourrait prendre celle de Solal pour moi, personne au monde ne pourrait prendre celle de Jénova. Ni demain, ni jamais. C’était comme ça, et ça ne s’expliquait pas. Y avait pas besoin d’explication, de toute façon. « Oh gosh, je suis au paradis. » murmura-t-elle, d’ailleurs, alors que j’ouvrais les rideaux pour lui découvrir l’accès à la terrasse. Une belle et grande terrasse avec vue sur l’Empire State Building. Une terrasse composée, également, de coins et de recoins. C’était ce qui m’avait plus aussi, cette ambiance bordélique et bizarre, loin des lignes droites et de la symétrie industrielle si chère au coeur des américains. « Et là bas, dans le coin, on peut pas le voir, mais il y est, y a une pergolas abritant un jaccuzzi. » C’était pas de mon fait, c’était l’oeuvre des précédents propriétaires. « J’ai pas eu l’occasion de le tester, mais dès qu’il arrête de neiger... » Oui, enfin et que les températures remontent, hein, parce que c’était pas la neige le plus gros problème, c’était de m’imaginer à moitié à poil par -40°. « Non mais… C’est parfait ! Je vais être comme une reine ! On pourra faire des barbecues à la française, faire du sport, des photos ! Fiouuuuu. Je signe où hein dit ? » Un sourire, un sourire franc et massif s’inscrivit sur mes traits face à son enthousiasme, face à la perspective de réaliser tout ce qu’elle venait de dire. On allait le faire. On allait vraiment le faire, et je regrettais qu’on ne l’ait pas fait plus tôt, finalement. C’était évident, ça crevait les yeux, c’est ainsi que les choses auraient toujours du être. « Merci douce, vraiment… Tu n’imagines pas comme… Je veux dire… Merci. » bégaya-t-elle, d’ailleurs, après avoir honoré ma joue puis celle de LittleL. « Ca mérite qu’on se fasse un petit plaisir, je crois... Viens. » je chuchotais, conspiratrice, en retournant sur mes pas jusqu’à la porte de mon frangin. « Tu peux protéger les oreilles de Louis ? » je demandais, une main tenant mon fils, justement, et l’autre sur la poignée de la porte. « Prête ? » j’interrogeais, pour la forme, une fois l’ouïe de Louis protégée. Puis, j’ouvrais la porte en grand tout en hurlant « SOLAAAAAAAAAAL ! » juste pour le plaisir de le voir se redresser d’un coup, un oeil clos et l’autre à peine entrouvert, la marque de l’oreiller sur tout un côté de la face, l’intégralité de ses cheveux dressée sur le côté opposé, et la bouche pâteuse qui s’ouvrait et se fermait pour s’hydrater. Un grognement plus tard, il replongeait dans ses coussins, et je refermais la porte, parfaitement satisfaite. Et mon frère ? Il s’était probablement déjà rendormi, il avait l’habitude de mes happening matinaux. À tel point que, lorsqu’il descendrait prendre son petit déjeuner, il serait bien incapable de dire s’il avait vraiment vécu ce réveil en fanfare, ou s’il s’agissait juste d’une réminiscence. « Allez, viens, j’te montre le reste. » je lui glissais en l’attirant, à nouveau, vers la bibliothèque. Une bibliothèque en forme de palier du dernier étage, mais un palier immense avec l’escalier en colimaçon en son centre, et mon bureau dans un coin. Enfin le bureau puisqu’il n’était pas particulièrement à moi, mais puisque j’étais la seule à m’en servir. « Y a de quoi faire, comme tu peux le constater. » j’évoquais les étagères bien remplies et grimpant jusqu’au plafond, tandis que nous, nous redescendions dans le salon/salle à manger/cuisine. Un espace immense qui, en réalité, était composé de deux salons, d’une grande table pouvant recevoir une dizaine d’invités, et la cuisine d’apparat. « Alors, là t'as le salon dit de réception, les précédents proprio s’en servaient pour accueillir leur invités, nous on l’utilise pour pioncer ou entreposer des trucs, comme tu peux le constater... » Entreposer les affaires de Louis, en fait, avec son tapis de jeu, encore d’autres peluches, un autre couffin, etc... « Le vrai salon qu’on squatte vraiment, c’est celui-là, là-bas, celui avec l’oeil de boeuf... Parce que c’est le salon-télé. » Et cheminée aussi. Et puis, il était plus petit, plus confiné, plus douillet. « Et bonus offert par Liliane, on a toutes les chaines françaises, et Being Sport. » Ce dernier point n’intéressant, normalement, que Solal, mais lorsque le sport était international, genre équipe de France, j’étais aux premières loges aussi. « Et ça, c’est juste la cuisine de surface. Y en a une autre plus grande juste derrière. C’est là que la domesticité oeuvrait, avant d’apporter les plats dans cette cuisine là. Comme ça, proprio et invités voyaient pas le bordel derrière. Mais vu que je cuisine pas vraiment, j’me contente de celle-ci. Si tu veux des fours de compet etc, tu pourras aller jeter un oeil derrière. » Oui, parce que je comptais toujours sur ses bons petits plats, là. « Et si on parlait déco, maintenant ? » je demandais en me laissant tomber sur l’un des grands canapés du salon de réception, déposant ma progéniture sur mes cuisses resserrées. « Celle de ta nouvelle chambre. T’as beaucoup de meubles dans ton studio ? » Histoire de savoir si le déménagement serait conséquent, mais surtout si on allait pouvoir se faire plaisir en allant chiner et arpenter les magasins de meubles et déco. C’était cool, Chelsea, pour ça. Ça, et le marché bio à deux pas, tous les mercredis et dimanches. Pour les françaises que nous étions, pas super habituées à manger sous vide, ça, c’était un vrai luxe, un peu de Paris au pied de l’immeuble. Le top.


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Lun 16 Mar - 0:51

Une magicienne des images, créatrice d’émotions, capable de saisir l’instant le plus intime pour l’offrir au regard du monde. Ces photographies étaient tour à tour intimes, fragiles, loufoques ou, quelque fois, érotique sans pour autant sombrer dans le vulgaire. C’était cela la magie d’Astaria, sa finesse sous une apparente brutalité, sa force sous l’écorce de sa fragilité. Car elle l’était fragile et elle le comprit d’autant plus en avisant sa réponse d’un regard de connivence. Astaria souffrait-elle réellement des quelques rondeurs désuets visibles sur son corps ? J demeure dubitative, incapable de figer une réponse distincte à cette question. Après tout, elle ne connaissait pas tant son amie. Son passé, sa vie, ses douleurs, ses batailles. Tous cela ne formait qu’une masse mystérieuse d’un nuage qu’elle n’avait jamais cherché à troubler. Peut-être est-ce pour que les deux femmes c’étaient, par ailleurs, si bien entendu. Jamais l’une n’avait cherché à violer l’intimité de l’autre. Jamais elle n’avait empiété sur les secrets respectifs, acceptant simplement l’autre dans son entièreté sans jamais porter le moindre regard de jugement. Entité étrange, sans réel ancrage et, contre toute attente, c’était cette petite furie aux boucles brunes qui allait réussir l’exploit de figer la danseuse quelque part. Car en venant ici, la danseuse n’envisageait que les esquisses d’une vie qui ne durerait certainement pas. Elle c’était vue vivre à New-York durant quelques temps pour, finalement, prendre le premier avion et partir s’établir ailleurs. Parce que Jénova n’avait rien d’une sédentaire, parce qu’elle errait plus qu’elle ne vivait, survolait des tranches de vie sans jamais y appartenir véritablement. Par peur, par fuite, parce qu’il était plus aisé de ne jamais s’attacher que prendre le risque de perdre quelque chose d’important. A l’image de sa mère défunte qu’elle n’avait jamais su aimer à sa juste valeur. A cause de ce passé lointain, obscur lui éclatant à la gueule comme une vérité atroce : tu as été achetée. Vérité suffisante pour que jamais la danseuse ne pardonne à sa mère. Pour que jamais elle ne parvienne à s’estimer autrement que comme une monnaie d’échange, une jolie chose que l’on achète et que l’on cède au plus offrant. C’était assurément absurde mais cela, jamais personne ne put lui dire. Car J demeurait fermée, interdite, mystérieuse ne laissant jamais jaillir le moindre éclat de sa vie. Ainsi, tout comme elle ne connaissait que peu de choses d’Astaria cette dernière n’avait aucune idée des origines de la demoiselle, de son histoire ou même de son titre de noblesse cachée lorsqu’elle eut décidée de changer de nom. Un nom que personne ne connaissait, un nom choisit, aux consonances russes, unique moyen pour elle de faire honneur à son véritable pays qui demeurait unique garant véritable de son identité quand bien même fut-il imaginé.

« La grâce n’est pas que dans le mouvement. Il est dans un regard, dans un geste, dans l’éclat de caractère. Je vais t’apprendre à en avoir conscience, à l’utiliser, tu manques juste de confiance en toi et de lâcher prise. » Affirma-t-elle non sans lui sourire tendrement. Elle ne savait pas utiliser son corps parce qu’elle n’avait jamais véritablement apprit à le connaître, qu’elle l’avisait avec défiance. Était-ce la le signe d’un traumatisme quelconque ? Qu’importe, toujours est-il que Jénova comptait bien l’aider à reprendre possession de ce dernier, à en devenir le maître comme elle c’était toujours évertuée à le faire.
Elles sortent de la chambre, s’avance vers la prochaine. J sert la main d’Astaria, le geste remplaçant les mots. Un sourire sur les lèvres, J opine du chef. Oui, elle viendrait gommer le souvenir du géniteur. « Vendue ma belle ! » Nouveau sourire, elle se voyait déjà repeindre toute la pièce en sa compagnie, perspective alléchante, qu’il était étrange de faire des projets de prendre un réel plaisir à cela.
Elles poursuivent leur chemin et J hausse un sourcil lorsque Astaria lui annonce le prix du loyer. « C’est… Plutôt inespérée je dois dire. Mais ça marche, en revanche, n’hésite pas à me solliciter si tu as le moindre soucis financier d’accord ? Si je dois vivre avec vous je veux partager équitablement et pouvoir être là en période de galère. » Répliqua-t-elle. C’était après tout, la moindre des choses, Astaria lui permettait de vivre dans un véritable palace, d’accéder à un confort qu’elle n’aurait jamais cherchée à obtenir d’elle-même alors… C’était important, cruciale même qu’elle se montre réellement présente pour ses futurs colocataires. Elle qui, jusqu’ici, n’avait été que vent passant de temps à autre dans leur vie souhaitait à présent y planter racine. Pour se faire, J avait besoin de se sentir utile et impliquée, la contredire sur ce point là aurait été une erreur.

Sans cesser de piailler joyeusement. Les jeunes femmes joignent la chambre de Solal et J ne peut que sourire, attendrit en voyant son frère de cœur vautré comme un pacha sur son lit. Oh ça oui elle comptait bien le sortir des bras de Morphée lorsque l’envie lui prendrait. Pourrir la vie de Solal avec force d’ingéniosité était une activité qu’Astaria pratiquait avec savoir faire. J comptait bien s’en inspirer et taquiner Solal à tel point qu’il regretterait sans doute de la voir vivre avec eux. Non. Bien sûr que non. Des deux Salignac Solal fut le plus présent, venant lui rendre visite presque tous les soirs après son travail si bien qu’il devint rapidement un véritable point d’encrage quand bien J ne lui eut jamais véritablement avouée toute la tendresse qu’elle ressentait à son égard. Avait-elle seulement besoin de mots ? La complicité et la douceur qui les unissait se suffisait, après tout, à elles-mêmes. « Marché conclu.[i] » Lança-t-elle non sans sourire lorsqu’Astaria lui avoua leur étrange rituel. « [i] J’ai hâte de voir la tête que tu feras quand tu seras victime de mes frasques. » Grand sourire aux lèvres, si Astaria croyait que sa présence dans les draps de son frère allait freiner les coquineries de J elle se mettait les doigts dans l’œil. Bon, c’était évidemment, à ses risques et périls. Autant Solal était compatissant et peu revanchard autant Astaria aurait sans doute tôt fait de lui sauter à la gorge pour lui faire payer son geste. Qu’importe, cela n’en serait que plus amusant et J avait cruellement besoin de cette folie dans sa vie.
Et puis les rideaux qui s’ouvrent, et puis cette terrasse magnifique. Elle peinait à en croire ses yeux et applaudit telle une enfant lorsqu’Astaria lui apprit la présence d’un jacuzzi. Elle s’y voyait déjà, reine sirotant un petit cocktail de son cru et profitant du soleil New-Yorkais. C’était partie. J voulait vivre cette aventure et Astaria accueillit son empressement dans un sourire qui lui fit chaud au cœur. Elle l’entraina de nouveau vers la chambre de Solal et, obéissante, J protégea les oreilles de bébé Louis non sans grincer des dents lorsqu’elle se mit à hurler. Le frère se redressa hâtivement, leur offrit un regard voilé avant de retomber la tête la première dans ses coussins. J pouffa alors qu’Ast’ refermait la porte derrière elle. « Ca va que c’est un pacifiste. » Lança-t-elle, complice alors que la photographe termina la visite non sans laisser une J dubitative face à tant de grandeur. De l’espace encore et encore de l’espace. Et eux quatre. Famille merveilleuse, sans doute en eut-elle versée une larme si elle fut plus encline à montrer ses émotions, se contenta de quelques mots balbutiées, des remercîments qui ne valaient pas grand-chose tant cela ne suffirait jamais à leur faire comprendre combien elle leur était reconnaissante. Ils lui offraient une famille, l’accueillaient avec amour et tranquillité. C’était inespérée.
« Je me charge d’investir la cuisine pour la pendaison de crémaillère. Je vais vous faire un festin de roi. » Parce qu’il fallait bien marquer le coup.

Se laissant à son tour choir sur un canapé, J replia ses jambes sous elle et soupira d’aise alors qu’Astaria reprenait de plus belle. « Ba… Je n’ai pas grand-chose en faite… Je ne m’étais pas vraiment imaginée faire de vieux os ici alors je n’ai pas investit dans grand-chose et puis… Je suis nulle en déco, je suis jamais vraiment chez moi donc… » Seconde de silence. Vrai que J s’attachait aussi peu aux objets qu’aux gens, n’investissait jamais réellement son intérieur alors… « J’ai bien envie de profiter de mon installation ici pour tout reprendre un zéro. Et puis… Profiter de ton goût pour la déco, je suis absolument nulle pour ça, je ne l’ai jamais vraiment fait… Tu m’aideras ? » Et parce que la perspective de se perdre des heures durant dans les magasins et autres brocantes à la recherche du meuble parfait avec elle la ravissait. Il était temps de prendre réellement sa vie en main, de commencer quelque chose, enfin.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Lun 16 Mar - 3:20



lendemain
« La grâce n’est pas que dans le mouvement. Il est dans un regard, dans un geste, dans l’éclat de caractère. Je vais t’apprendre à en avoir conscience, à l’utiliser, tu manques juste de confiance en toi et de lâcher prise. » Lâcher prise, vraiment ? « Regarde le résultat de mon dernier lâcher prise. » je répondais, usant et abusant de ce sarcasme si cher à mon coeur, tout en dodelinant du coude pour entrainer mon fils dans ce même dodelinement. Mon corps et moi nous avions une relation étrange, si étrange que lorsque je lâchais prise, lorsque je m’autorisais juste ça, je finissais par le payer pour les dix-huit années suivantes. Non pas que je regrette sa présence, non, il me suffisait d’observer ses yeux grands ouverts sur le monde pour savoir et comprendre que malgré toute l’amertume que je nourrissais envers son géniteur, au moins, il m’avait fait ce beau cadeau, un bébé parfait, en bonne santé, et particulièrement éveillé. D’ailleurs, en parlant du géniteur, J venait d’hériter de sa chambre, cette grande chambre que je ne supportais plus de voir vide. C’est moi qui l’avais voulu ainsi, vide de sa présence, mais désormais je souhaitais qu’elle soit pleine, pleine d’une autre présence, celle de J. « Vendue ma belle ! » Vendu, pas tout à fait, mais loué, oui, volontiers. Et concernant le prix, il ne pourrait que faire plaisir à mon amie. Du moins, je l’espérais, puisque 400$ sur New York, finalement, c’était de l’ordre du miracle. « C’est… Plutôt inespérée je dois dire. Mais ça marche, en revanche, n’hésite pas à me solliciter si tu as le moindre soucis financier d’accord ? Si je dois vivre avec vous je veux partager équitablement et pouvoir être là en période de galère. » C’était pas déjà très équitable, sachant qu’elle payait plus que moi sur le loyer. Pour être parfaitement équitable, il aurait fallut que chacun de nous paye 300$, Solal compris. Mais j’avais promis de prendre soin de mon frère comme il avait prit soin de moi en me laissant m’envoler pour New York. C’était à son tour de chercher et tenter son rêve. En attendant, j’étais là pour assurer son confort matériel. Un frère que nous montions rejoindre, sans l’éveiller dans un premier temps, juste pour montrer chambre et emplacement à J. Une J qui s’imagina, déjà, en train de réveiller Solal le matin. Je voulais bien partager cette activité de droit divin, mais je la prévenais de bien vérifier que je n’étais pas avec mon frère, ces matins-là. Aucune envie de goûter aux réveils musclés de J. « Marché conclu. J’ai hâte de voir la tête que tu feras quand tu seras victime de mes frasques. » Quoi ? Non, elle avait pas compris ou quoi ? « N’essaye même pas, J. Certains sont morts pour moins que ça. » je menaçais, pas super convaincante, avant de le conduire jusqu’à la baie vitrée donnant sur la terrasse. Clairement, j’étais la moins indulgente des deux Salignac, j’étais même, comment dire ? La plus infecte ? Oui, voilà, avant mon café -et même après, dirait certain- j’étais imbuvable, revancharde et soupe au lait. Solal le savait, voilà pourquoi il me laissait lui pourrir l’existence sans jamais tenter de me rendre la monnaie de ma pièce. Ou alors était-ce parce que, à côté de ça, le reste du temps, j’étais d’une douceur et d’un réconfort débordant envers lui ? Peut-être. En attendant, lorsque je le réveillais en hurlant, les mains de J protégeant les oreilles de Louis, il ne mit qu’un quart de secondes à se rendormir. « Ca va que c’est un pacifiste. » commenta-t-elle tandis que je refermais la porte. « Il n’est pas né comme ça, il s’est prit de nombreuses raclées avant de comprendre qu’il pouvait pas rivaliser avec moi. Et puis, surtout, là, il est trop crevé pour réagir, au réveil il sera persuadé d’avoir rêvé. » j’expliquais, dans un sourire amusé, tout en redescendant vers notre étage, pour lui expliquer un peu mieux les pièces communes, notamment les cuisines et les salons. « Je me charge d’investir la cuisine pour la pendaison de crémaillère. Je vais vous faire un festin de roi. » La pendaison de crémaillère... Voilà encore un truc qu’on avait oublié de faire. En même temps, j’étais enceinte jusqu’aux yeux lorsqu’on avait emménagé, il y a un mois. Et puis, après ça, entre l’accouchement et le vernissage, on avait un peu eu la tête ailleurs. De toute façon, on n’avait personne à inviter. On se suffisait tellement à nous-même que nous n’avions pas d’amis. Des connaissances, si, des plans culs de Solal aussi, mais des vrais amis, on avait que Jénova. Et elle, est-ce qu’elle avait quelqu’un d’autre à part nous ? Je veux dire des amis réellement, et pas de simples connaissances, potes, etc...? Cela dit, avant de songer à la crémaillère, il fallait envisager le déménagement. Raison pour laquelle je l’interrogeais sur le nombre de meubles entassés dans son petit studio, tout en m’installant dans le canapé, Bébé L étalé sur mes cuisses. « Ba… Je n’ai pas grand-chose en faite… Je ne m’étais pas vraiment imaginée faire de vieux os ici alors je n’ai pas investit dans grand-chose et puis… Je suis nulle en déco, je suis jamais vraiment chez moi donc… » Je craignais de n’être guère plus douée qu’elle, mais gardais le silence pour lui laisser conserver un peu de ses illusions envers ma personne. « J’ai bien envie de profiter de mon installation ici pour tout reprendre un zéro. Et puis… Profiter de ton goût pour la déco, je suis absolument nulle pour ça, je ne l’ai jamais vraiment fait… Tu m’aideras ? » Des illusions un peu trop profondes, pour le coup, me provoquant une grimace désolée. « J’ai peur que tu me surestimes un peu, J. La déco, c’est comme pour la cuisine, j’ai pas du naître avec les bons chromosomes, mais... Jette un coup d’oeil là-dessus. » Du pied, j’allais tapoter les magazines entassés en piles régulières sur la table basse. Outre les livres sur la grossesse et la maternité, elle trouverait de nombreux magazines de décoration d’intérieur qui m’avaient bien aidé durant la réfection de cet endroit. « Sol a pillé le kiosque. C’est lui qui gère ces trucs-là. » j’ajoutais. « Enfin, la déco, hein, pas les pillages de kiosques... » Quoique... « Je lui dis ce que je veux, et il traduit ça en langage humain. » Parce que, en bonne artiste, je m’exprimais de manière trop imagée pour parvenir à me faire comprendre, ou même a mettre des mots concrets sur mes désirs. C’est comme ça qu’il était parvenu à me créer l’exacte réplique de la chambre de bébé que je voulais. Je lui avais expliqué ce que je voyais en pensée, et il avait lancé ses recherches, trouvés les éléments, m’avait entrainé dans plusieurs magasins, et pour finir, m’avait aidé à tout repeindre et à monter chaque meuble. « Du coup, j’ai développé une technique imparable ! Tu fouines dans ces magazines, tu découpes tout ce que tu trouves à ton goût, et tu assembles le tout sur une feuille blanche. Après, il suffit d’aller dans les boutiques avec la feuille, et de la montrer aux vendeurs. Bon, évidemment, je prétends pas que tu vas passer pour une fille parfaitement équilibrée, mais au moins, c’est efficace. » En tous cas, ça avait fonctionné pour moi, avec un gain de temps considérable. « Et si on commençait par définir les couleurs ? Pour ça, j’peux être utile. » j’affirmais en me relevant, entreprenant de marcher un peu, en long, en large, en travers, toujours dans la proche périphérie du canapé, afin d’éteindre immédiatement les récents chouignages de LittleL. « Et surtout, quelle ambiance ? Parce que j’ai appris qu’en déco, on parle d’ambiances ! Pop, rustique, bohème, contemporain, cosy, moderne, vintage, city, loft, zen, japonisant, campagnard, urbain, épuré... Ha, et Arty aussi. » D’ailleurs, il allait falloir que je vois pour ma chambre, aussi, puisqu’il s’agissait de la seule pièce n’ayant pas été redécorée. J’avais passé tant de temps sur le reste, que j’avais remis cette tâche à plus tard, lorsque j’aurais du temps. Maintenant, donc, non ?  


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Lun 16 Mar - 21:57

«  Tu le fais exprès ? » J fronça les sourcils avisant Astaria d’un regard faussement contrarié, réagissant à son sarcasme avant de rouler les yeux au ciel. « On t’as déjà dit que tu manquais de tempérance ? » Certes, le dernier lâcher prise de la photographe lui fit prendre à perpet néanmoins, ne pouvait-elle pas décemment envisager de maîtriser son corps sans pour autant sombrer dans un extrême ? La chose serait peut-être peu aisée néanmoins, Jénova comptait bien l’aider après tout, elle-même avait traversé quelques déboires étant jeune notamment les premières années en tant que steapteaseuse. Il était peu aisé de vouloir devenir un objet de désir sans pour autant sombrer dans les affres de la luxure et la facilité des relations fausses qui ne laissaient sur la langue que le goût acre et douloureux de l’amer regret. Combien de fois avait-elle franchit le cap de l’abandon entre les mains d’un homme peu respectable ? Combien de fois avait-elle cédée aux avances du premier venu, espérant sans doute qu’elle serait plus qu’un simple objet que le consomme et que l’on jette ? Des dizaines et des dizaines de fois jusqu’au jour où l’un deux lui fit connaître l’étape douloureuse de l’avortement. Quel âge avait-elle alors ? 20 ans, l’aube de la jeunesse et aucun adulte vers qui se tourner. Il n’y eut plus qu’elle et sa honte, elle et son envie de se débarrasser à jamais de cette graine de vie peut désirée sans pour autant assumer l’acte qui laissa en son sein la marque indélébile de la culpabilité. Néanmoins, comme toute erreur de jeunesse cela contribua à lui foutre un sacré coup de pieds au cul et à cesser aussitôt tout conquête du corps de l’autre. Car si J fut une naïve petite fille, elle fut aussi folle aventurière à la recherche de cette passion charnelle qu’elle lisait dans les livres. Combien de fois rêva-t-elle de connaître cette explosion qui renverse le monde, trompe la mort et transcende les sens ? Passion qu’elle ne connut que des années plus tard, dans les bras de celui qui représentait tous ce qu’elle pouvait exécrer.
Un frisson traversa son être à la simple pensée de son regard fauve, sensation qu’elle balaya d’un regard, se concentrant sur l’instant présent alors qu’elle s’imaginait prendre possession de cette chambre de vide. Investir un lieu, planter racines enfin et ce, pour un prix dérisoire. A l’entendre ainsi, J eut l’impression que son amie lui ouvrait les portes inespérées de l’Eden. Pouvait-elle alors réellement espérer avoir enfin un chez elle ?

Elles passèrent rendre visite au frère et J ne put que rire lorsqu’elle avisa le regard noir d’Astaria. Elle se contenta alors d’hausser les épaules et de lui tirer la langue, parfaitement gamine non sans songer à la petite blague qu’elle lui réserverait et ce, malgré les recommandations de la photographe. Cette dernière la guida jusqu’à l’incroyable terrasse, réveilla en fanfares un Solal qui, aussitôt, recouvra les bras de Morphée bien trop habitué aux frasques de sa sœur pour y porter une plus ample attention. Ce que la concernée lui confirma aussitôt tout en l’entraîna dans le centre de l’appartement lui présentant les derniers lieux de l’habitat avant de s’écrouler sur le canapé aussitôt imitée par J. « Quand je parle crémaillère je ne songe qu’à nous hein ? Un bon repas à quatre pour fêter ma venue. » Oui parce qu’elle ne se voyait absolument pas organiser une quelconque fête. D’autant plus qu’elle n’avait pas tant de relations dans sa sphère amicale. Des connaissances certes bien que… Il était là lui mais J ne pouvait décemment lui proposer de venir, Astaria aurait sans doute tôt fait de faire la peau à cet homme sans compter sur Solal qui verrait peut-être cette relation d’un mauvais œil. D’ailleurs, pouvait-elle réellement parler de relation ? Qu’étaient-ils au juste ? Soupire, J secoue la tête, souhaitant se débarrasser de son fantôme alors qu’Astaria l’entraine sur des questionnements dont elle ne c’était jamais affublée jusqu’alors. « C’est curieux, je me suis toujours dit que tu étais bonne décoratrice d’intérieur. » La faute à son talent pour la photographie sans doute, comme quoi, l’habit ne faisait pas le moine. Enfin, casse la tienne, elle se saisit du magazine en question et parcouru d’un regard paresseux les dizaines de photos proposant diverses ambiances tout en écoutant les idées d’Astaria. J arqua un sourcil, s’imaginant brandir sous le regard d’un vendeur une feuille remplit de meubles sans aucun rapport les uns avec les autres. « Ma chambre va ressembler à du Kandisky. » D’ailleurs, en parlant de couleur. « Mais c’est ça ! Je veux qu’on peigne aléatoirement tout un pan du mûr. Du n’importe quoi, des phrases, des mots, des jets de peinture ! De l’expression de toi, de Sol et de moi sur le mur ! » Regard brillant, pourquoi diable s’évertuer à faire concorder les choses alors qu’elle n’était qu’un abominable four tout. « Je peux le prendre un peu ? » Demanda-t-elle en la voyant tenter de bercer bébé Louis, c’est qu’elle voulait l’avoir un tout petit peu contre lui ce petit ange. « Quant à l’ambiance… Je veux du bohème ! Avec une grande tête de bœuf ! Je veux pouvoir suspendre tous mes bijoux aux cornes ! Oh et… Des tentures derrière ma tête de lit et… Des tapis, au moins un et… Il me faut une penderie gigantesque… Mais… Vintage celle-là… Histoire de mélanger les genres. » Grand sourire et regard brillant, J se voyait déjà le bordel de sa chambre, à l’image de ce qu’elle était.
« Ca va être bien non ? » Complètement dingue, absurde et d’un goût étrange certes mais… Bien quand même.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Mar 17 Mar - 1:30



lendemain
« On t’a déjà dit que tu manquais de tempérance ? » Peut-être, oui. On m’avait déjà dit un tas de choses, qualifié d’un tas de choses, et il me semble que le manque de tempérance en faisait partie. Qu’importe, ma connerie n’était pas aussi foireuse que ça. Certes, elle me dérobait l’intégralité de ma vie future, mais... Quelque part, ça devait en valoir la peine. J’avais longtemps eu peur que cette ‘erreur’ prenne les traits de son géniteur chaque fois que je poserais le regard sur lui. Mais il n’en était rien. C’était Solal que je voyais, un peu de mon père aussi, et beaucoup de ma mère. La couleur de ses yeux ne venait pas de notre côté, mais qu’importe, il était lui, pas quelqu’un d’autre, surtout pas un absent. D’ailleurs, c’était lui que j’observais tandis que J parlait crémaillère. Lui et ses grands yeux ouverts fixant tout ce qui passait à proximité. Y compris J, me contournant pour venir s’affaler à côté de moi. Je n’étais pas très au fait de ce qui était normal ou non pour un bébé de son âge, ni si j’étais très objective, mais je trouvais Louis très éveillé et calme, aussi. N’avait-il pas passé l’intégralité du vernissage bien sagement dans son couffin ? C’était aussi pour ça que je ne le lâchais pas d’une semelle, ce matin, pour faire taire ma culpabilité née la veille au soir. « Quand je parle crémaillère je ne songe qu’à nous hein ? Un bon repas à quatre pour fêter ma venue. » Hummmm ? Je n’écoutais pas, désolée, mais du coup, tentais de me remémorer ce qu’elle venait de dire. Ha oui, la fameuse crémaillère. « Tu as le droit d’inviter du monde, tu sais ? Crémaillère ou non. Si tu veux vraiment te sentir chez toi, ici, tu dois te sentir capable de ramener quelqu’un si tu le souhaites. » Et par quelqu’un, je ne parlais pas d’un coup d’un soir, mais bien d’amis, de connaissances, de collègues, etc... Et coup d’un soir aussi, si elle le souhaitait, du moment que, comme Solal, c’était pas chaque nuit une nouvelle conquête. Viré une fille c’était facile et ludique, mais virer un mec... Tiens, voilà que je me surprenais à m’imaginer en train de virer un mec, ce que j’inventerais comme grande scène pour le faire fuir rapidement. « Bref, t’es chez toi, tu ramènes qui tu veux. Et si tu dois héberger temporairement quelqu’un dans la merde, tu peux aussi, on a encore deux chambres de libre. » j’ajoutais en me redressant pour faire dodeliner Louis entre mes bras. Monsieur en avait marre d’être immobile, ce que je pouvais comprendre, mais durant les prochains mois, sa mobilité se traduisant par moi-même, j’étais condamnée à bouger lorsqu’il me l’ordonnait. Cela dit, grâce à J, je pouvais arpenter la pièce tout en discutant. Un grand progrès par rapport à hier, où j’avais du parcourir plusieurs kilomètres dans le salon, toute seule, sans personne pour me distraire. Évoquer la déco, c’était quand même plus fun, et moins aliénant intellectuellement. « C’est curieux, je me suis toujours dit que tu étais bonne décoratrice d’intérieur. » Oui et non. J’avais bon goût, mais j’avais du mal à faire rentrer toutes mes idées dans une seule et même pièce. « J’ai l’imaginaire trop vaste, ça rentre pas dans les cases. » J’avais pas les mots non plus, pas les mots techniques en tous cas, juste un ensemble d’impression et un descriptif très imagé qui ne parlaient à personne, hormis mon frère. « Ma chambre va ressembler à du Kandinsky. » Kandinsky ? J’adorais l’idée, mais... « Faudrait que tu puisses dormir, dans cette chambre, quand même. » V’là les insomnies avec toutes ces couleurs. « Mais c’est ça ! Je veux qu’on peigne aléatoirement tout un pan du mur. Du n’importe quoi, des phrases, des mots, des jets de peinture ! De l’expression de toi, de Sol et de moi sur le mur ! » « Et de Louis. » j’ajoutais en lui jetant un coup d’oeil. « T’es d’accord buddy ? » Vu la bavouille qu’il laissa sur mon épaule en guise de réponse, j’estimais que oui. « Je peux le prendre un peu ? » De quoi ? Le magazine qu’elle consultait ? Oh non, Louis ? « Oui, bien sûr. Mais faut le promener un peu, c’est son quart d’heure sport. » j’expliquais en l’observant se lever et s’approcher. « Tiens bien sa tête. » j’expliquais tout en plaçant l’enfant entre ses bras, ajustant la position si nécessaire, puis déposant le doudou sur son épaule à elle, la protégeant de la bave à venir. Il ne chouignait plus, c’était déjà ça. « Quant à l’ambiance… Je veux du bohème ! Avec une grande tête de bœuf ! Je veux pouvoir suspendre tous mes bijoux aux cornes ! Oh et… Des tentures derrière ma tête de lit et… Des tapis, au moins un et… Il me faut une penderie gigantesque… Mais… Vintage celle-là… Histoire de mélanger les genres. » « Une tête de cerf serait plus appropriée pour entreposer tes bijoux, et surtout plus simple à trouver, tu crois pas ? Et si on pouvait opter pour une fausse, histoire de pas avoir la tête géante d’un animal mort dans l’appart... » Ewwwww.... Rien que de l’imaginer... Et dire que j’avais fait la guerre à mon paternel chaque fois qu’il avait eu dans l’intention d’aller à la chasse. « Ca va être bien non ? » Bien n’était peut-être pas le terme, mais ça lui ressemblerait, ce serait à son image. « Attends, je réfléchis... » Une réflexion rapide, finalement, puisque brusquement je lui demandais : « T’as quelque chose de prévu, aujourd’hui ? » genre ce matin, ce midi, cet après-midi, et éventuellement ce soir ? Je devais, moi-même, retourner à la galerie, mais ça pouvait attendre la fin d’après-midi, ça. « Parce que... Il me reste des pots de peintures d’à peu près toutes les couleurs, des bâches, des pinceaux, et une salopette supplémentaire super sexy qui t’irait à merveille. On pourrait attaquer ce pan de mur dès maintenant, si tu veux ? Et Solal pourrait nous rejoindre à son réveil. » Oui, parce qu’on aurait besoin de lui pour virer les quelques meubles, dont le lit. Ça, c’était un travail d’homme. Nous, on ferait juste mumuse avec les couleurs. « Je sais déjà ce que je vais faire sur ce mur, et ce que Loulou fera aussi. Pas vrai, fils ? » je l’interrogeais en attrapant sa petite main. « Oui, oui, on s’est compris, toi et moi. » On se comprenait toujours. Ou alors, je lui prêtais des pensées qu’il n’avait pas ? Au pire, il avait qu’à apprendre à parler, s’il n’était pas content, hein.   


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Mar 17 Mar - 19:19

« Ba je vas-y ! dis le si je t’ennuie ! » Lança-t-elle faussement boudeuse lorsqu’Astaria lui répondit enfin, d’une voix absente, l’avisant d’un regard hésitant. J roula des yeux, faussement irrité -en réalité- véritablement ravie. « Je n’aime pas ramener du monde chez moi mais d’accord douce. » Que ça soit à Paris ou dans son studio au Bronx, J n’avait jamais permis à personne de rentrer chez elle désireuse de maintenir toute personne loin de ses secrets d’autant plus que l’intérieur d’une maison demeurait bien souvent révélateur de la personne à qui vous avez à faire, raison de plus. Première règle de sécurité pour la danseuse : maintenir autrui à distance respectable de son intimité. En revanche, J était toujours la première à squatter chez les autres ou dans les bars, ou dans la rue, ou dans les squattes miteux d’un Paris oublié. Une vie de bohème en y songeant si bien que J était rapidement devenue une adepte de la débrouille quand bien même pouvait-elle passer pour une voleuse, prenant ce qu’il y avait à prendre pour mieux repartir ensuite. Cependant, personne ne lui avait jamais fait la moindre remarque à ce sujet, sans doute parce qu’elle donnait de son temps, de sa patience et de sa douceur à chaque rencontre. Un peu de son cœur contre une nuit loin de sa demeure maternelle, un peu de sa folie salvatrice contre un repas sur le pousse.
Astaria se leva, bébé Louis logé dans ses bras dont les larmes se tarirent pour laisser place à un hoquet satisfait. Il demeurait bien sagement contre sa mère à observer d’un regard curieux les deux adultes offrant à Jénova l’image d’un bébé curieux et éveillé, elle ne doutait pas qu’il apprendrait bien vite à parler et cette pensée la fit sourire. Elle avait hâte de l’entendre dire ses premiers mots, de le voir faire ses premiers pas et ses premières bêtises.
« Je suis capable de m’endormir à peu près n’importe ou alors tu sais… Puis j’aime les couleurs. » Répliqua-t-elle, souriante, et c’était bien vrai. Combien de fois c’était-elle endormit sur le fauteuil des loges grappillant quelques minutes de sommeil en plus afin de compenser les excès de la veille ? Son rythme de vie particulier exigeait qu’elle puisse s’endormir rapidement et récupérer tout aussi vite alors ce n’était pas un mur remplit de couleurs jetés au grès du hasard qui allait lui faire peur.   « Et de Louis oui. Je veux la marque de ses petites mains. » Et de ses petits pieds et puis ses dessins lorsqu’il sera en âge de barbouiller ses premières feuilles d’un élan créateur tout enfantin.

J se leva, s’approcha d’Astaria et accueillit dans ses bras l’enfant tout en prenant bien soin de suivre les conseils de la photographe. Un sourire transit fleuri sur ses lèvres alors qu’elle couvait l’enfant d’un regard tendre. Elle imita bien vite Astaria, berçant l’enfant dans ses bras non sans s’extasier devant la bouille adorable de Louis qui la fixait, étonné d’être dans ses bras nouveaux. « J’espère qu’il m’aimera. » Murmura-t-elle, parlant à elle-même tout en marchant dans la pièce sans s’éloigner du canapé, imitant quelques lents pas de danse tirant ainsi un sourire adorable du bébé.
« Oui. C’est à ça que je pensais en faite, merci de faire décodeur Ast.’ » Non parce qu’une tête de bœuf… « Puis je parle d’un crâne. J’ai du mal à trouver mes mots ce matin. » Regard au ciel, ce qu’elle pouvait s’épuiser par instant. Elle opina du chef quant à la suite de sa proposition. Une fausse bien entendue, déjà que l’idée en soi était étrange, autant ne pas en rajouter et éviter une crise cardiaque à Astaria dès qu’elle rentrerait dans sa chambre. Quoi qu’il en soi, ça allait être bien et J avait déjà hâte de pouvoir entreprendre les travaux lorsqu’Astaria lui coupa l’herbe sous le pied provoquant un immense sourire à la jolie danseuse. « I’m freeeeeeeeee ! » » Claironna-t-elle, modulant sa joie afin de ne pas briser les tympans du petit Louis qui hoquetait partageant la bonne humeur des deux adultes sans bien comprendre de quoi il en retournait. « Je ne travaille pas ce soir, j’ai tout mon temps pour une fois. Tu vas faire quoi hein dis hein ? » Et la voilà qui gazouillait à son tour à l’image de bébé Louis qui remuait ses petites mains potelés fixant sa mère en souriant.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Mer 18 Mar - 1:33



lendemain
« Je suis capable de m’endormir à peu près n’importe ou alors tu sais… Puis j’aime les couleurs. » Remarque, j’étais un peu comme elle, ces derniers temps, capable de m’endormir n’importe où, n’importe quand. J’avais même fait une micro-sieste lors de l’accrochage des clichés dans la galerie. Tout le monde pensait que je m’occupais de décharger les oeuvres, alors qu’en réalité, appuyée contre un mur, je dormais. Je dormais vraiment, pas de manière superficielle, profondément avec rêves et tout et tout. Mais ça, c’était l’effet bébé. C’était quoi, son excuse, à J ? Quoiqu’il en soit, si elle voulait de la couleur, elle aurait de la couleur, ce n’était pas un problème. Et si, en plus, elle m'appâtait en m’invitant à y laisser ma patte, je ne pouvais que signer sur le champ. Bon, fallait pas oublier Loulou non plus. « Et de Louis oui. Je veux la marque de ses petites mains. » C’est ce que j’avais dans l’idée, aussi, mais... Il allait falloir que je trouve de la peinture hypoallergénique. J’allais pas appliquer n’importe quoi sur la peau de mon bébé. J’avais beau être particulièrement insouciante, ne pas avoir les traits de la mère traditionnelle, j’avais quand même des réflexes propres à ma fonction. En parlant de lui, justement, Jénova le réclamait, et je le lui laissais volontiers. Il avait beau ne pas peser lourd, à force de le porter, mes bras s’en trouvaient rapidement ankylosés, grande sportive que j’étais. D’ailleurs, je secouais les bras après l’avoir déposé dans les siens, cherchant à y faire circuler le sang à nouveau. « J’espère qu’il m’aimera. » murmura-t-elle, pas consciente, je pense, de l’avoir dit à voix haute. « Il aime tout le monde. » je répondais tout de même, en lui jetant un coup d’oeil. « C’est l’avantage avec les bébés, ils sont pas difficiles. Et puis, il va mettre du temps avant de remarquer que notre anormalité n’est pas la normalité, justement. D’ici l’adolescence, on a le temps de voir venir. Et puis, là encore, avec une danseuse comme toi à la maison, ce sera le gamin le plus envié de toute son école. » Oui, je nous projetais loin, genre dans dix ans, et ça ne me posait aucun problème. Parce que, oui, dans dix ans, je nous voyais encore vivre ensemble, éternels célibataires, tous autant que nous étions, parce que incapable de trouver un être supplémentaire apte à s’insérer, sans dommage, dans le tableau expressionniste que nous formions. En parlant de tableau, elle me décrivait celui de sa chambre, évoquant une tête de boeuf là, où, moi, je voyais plutôt une tête de cerf, et une fausse si possible. « Oui. C’est à ça que je pensais en faite, merci de faire décodeur Ast.’ » Pas de problème, je faisais aussi office de décodeur pour Solal. J’maîtrisais bien, désormais. « Puis je parle d’un crâne. J’ai du mal à trouver mes mots ce matin. » Des mots en français, qui plus est, ce qui n’engageait rien de bon. D’ailleurs... « Tu crois qu’il faut que je parle en anglais à Louis pour qu’il devienne bilingue, ou bien le simple fait de vivre à New York va s’en charger, peut-êt...? » Un questionnement que j’interrompais de moi-même pour lui poser une toute autre question après une brusque idée/envie émergeant des profondeurs de mon cerveau endormi, celle de tout repeindre aujourd’hui, sans attendre, parce que... À quoi bon attendre ? J’avais déjà tout le matériel sur place, notre aménagement ne datant que du mois dernier. Elle faisait quoi, aujourd’hui ? « I’m freeeeeeeeee ! » Son enthousiasme dupliqua le mien, démultiplia le mien. Ça voulait dire ce que je croyais ce que ça voulait dire ? On allait le faire ? On allait le faire maintenant ? C’est ce que j’aimais avec J, bien que l’idée vienne de moi, et le caractère impromptu aussi, elle était toujours là pour me suivre. Et alors que j’étais partie pour une énième journée à jongler entre les couches et les tétés, j’allais, en fait, repeindre une pièce en faisant preuve de cette créativité qui me caractérisait le mieux. « Je ne travaille pas ce soir, j’ai tout mon temps pour une fois. Tu vas faire quoi hein dis hein ? » Lui dire ? « Si je te le dis maintenant, elle sera où, la surprise ? » Fallait bien que je garde une part de mystère, non ? « Tu peux le garder un moment, le temps que j’aille chercher ce qu’il nous faut ? On se retrouve dans ta chambre. Enfin ta future chambre qui est ta chambre, pas ta future chambre... Bref !!! On se retrouve dans la grande chambre du fond. » je résumais en récupérant le doudou de mon fils pour me le passer dans le cou, avant de le lui rendre. J’en avais pas pour longtemps, vraiment pas longtemps du tout, en fait, mais je ne prenais pas de risque, laissant mon odeur histoire qu’il ne tape pas une crise de larmes juste durant mes cinq minutes d’absence. C’était un coup à dégouter J, ça. Après un bisou au fiston, et un autre déposé sur l’épaule de mon amie, j’empruntais l’escalier en colimaçon pour rejoindre l’étage supérieur, contourner la chambre de mon frère -sans l’éveiller, cette fois, bien que la tentation fut graaaaaaaande-, longer la terrasse, et me rendre dans cette pièce inutilisée, pour l’instant, mais supposée être un jardin d’intérieur, dans laquelle on avait entreposé tout le matériel de réfection. Pots de peintures, pinceaux, bâches, diluants, rouleaux, mélangeurs, que je déposais dans la cabine d’ascenseur, ce même ascenseur qui descendait directement dans la future chambre de J. C’était l’accès handicapé prévu pour le géniteur afin qu’il puisse accéder au deuxième étage et à la terrasse. Il n’en aurait plus besoin, mais J pourrait en profiter. Depuis la cabine, je récapitulais mentalement tout ce que nous avions là, tout en pressant le bouton pour rejoindre la chambre. Et lorsque les portes s’ouvrir, l’inventaire était fait. « On a... Du rouge carmin, du bleu anthracite, du gris mat et du gris brillant... Ficelle, coquille d’oeuf, prune, jaune, noir, du brun aussi, du gris plus clair que l’autre gris. Du orange jamais utilisé. Du doré... Qu’est-ce qu’on avait prévu de faire avec du doré ? » Aucune idée, on ne l’avait jamais ouvert. « Du vert bouteille, du bordeaux, et un tas d’autres couleurs aux noms bien chelou. Tiens, file-moi bébé. » j’ajoutais en récupérant mon fils, avant d’ouvrir, de ma main libre, la double porte coulissante donnant directement dans la chambre de Louis. Un Bébé que je déposais dans son cosy placée face aux portes et donc face à la chambre de J, mais suffisamment éloigné pour qu’il ne finisse pas shooté aux odeurs de peinture. Encore une fois, un réflexe de mère que je m’expliquais mal. « Je vais chercher de quoi nous mettre en tenue, tu peux étendre la bâche sur le sol au niveau du mur que tu veux ? » Bah oui, parce qu’il fallait qu’elle définisse ça, aussi, l’endroit qu’elle voulait qu’on peigne. En attendant, je traçais tout droit dans la chambre de mon fils, ouvrant l’autre double porte coulissante en face de la première, donnant sur ma chambre celle-là, ne formant plus, ainsi, qu’une seule et même grande pièce à travers laquelle on communiquait via de grandes portes ouvertes. C’était le principe de base, en fait, afin que le géniteur comme la génitrice puisse accéder à la chambre du bébé sans difficulté. Dans mon dressing je récupérais deux des salopettes que j’avais utilisé pour repeindre l’appartement, ainsi que deux tee-shirt puisque, les salopettes étant des salopettes pour grosse -ou femme enceinte, en fait-, il allait nous falloir les ajuster à ma nouvelle taille et à celle, immuable, de J. Revenant sur mes pas, mais restant dans la chambre du fils, je quittais mon bas de pyjama -un truc à Solal, encore- pour enfiler la combi, puis mon tee-shirt. « Tiens, viens, enfile ça ! » j’annonçais en lui tendant les vêtements que j’avais prévu pour elle, avant d’enfiler, moi-même, l’un des débardeurs tachetés. « J’ai l’air de quoi ? J’ai trop la classe, pas vrai ? » j’ironisais tout en nouant les bretelle de la salopette autour de mes hanches, histoire de l’ajuster le plus possible. Voilà, on allait pouvoir passer aux choses sérieuses.  


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Ven 27 Mar - 9:43

Il aime tous le monde. La réponse fit sourire la danseuse et coula sur l’enfant un regard transit d’amour avant que ses lèvres n’éclatent en un baiser sucré sur sa joue potelée. « Pour Louis ce seront les autres qui seront anormaux… » Car il grandirait dans une famille étonnante, discordante, fonctionnant car lié par le seul pouvoir de l’amour et de la tolérance. En souffrira-t-il pour autant ? Lorsque la lippe enfantine perdra de son innocence et viendra murmurer les questions qui fâchent ? Lorsqu’il souhaitera comprendre son histoire et, souffrira peut-être de l’absence d’un père et en voudra peut-être à sa mère d’avoir décidé de l’élever seule, envers et contre tout. N’était-ce pas cela l’adolescence ? Se construire en rejetant la mère, faire de celle-ci la coupable parfait de tous les maux que rencontrent un enfant qui grandit ? J secoua la tête, chassant ses idées noires alors qu’elle continuait de bercer Louis tout contre son buste. L’enfant silencieux, la fixait avec ses grands yeux noirs et J ne put que sourire à nouveau, attendrit. Elle ne pouvait pas laisser ses vieux démons nourrir ainsi des inquiétudes qui n’avaient lieu d’être. Cet enfant n’était pas elle et il était vain de projeter sur lui l’échec de sa propre adolescence où elle n’eut de cesse de traiter sa mère en palabres infectes. Que lui restait-il aujourd’hui si ce n’est le fantôme de ce visage vieillissant ? Un bref soupire alors qu’Astaria la tire de ses songes torturés. L’euphorie retrouvée, Jénova accepte avec joie la proposition de son amie. Tout repeindre des aujourd’hui, lancer la couleur, recréer l’espace pour mieux préparer son arrivée prochaine. La danseuse avait encore du mal à y croire tant les décisions furent prises rapidement. Elle eut à peine le temps d’observer l’euphorie de la photographe que déjà, cette dernière prenait les commandes de l’opération. « Pas de soucis. » Elle opina du chef, prit le doudou et disparu jusqu’à la chambre non sans continuer d’esquisser quelques pas de danses tout en berçant joyeusement l’enfant. « On va refaire la chambre petit Louis, tata J sera juste à coté de toi. » Expliqua-t-elle au bébé, soutenant ce grand regard curieux alors qu’il secouait ses petites mains en tous sens, se laissant gagner, lui aussi, par la bonne humeur des adultes l’entourant. Il faudrait que cela soit toujours ainsi, que ce bébé grandisse entouré de sourire, de joie, de chant, de danse et de photo. Qu’il demeure protégé, qu’il sache qu’entre ses murs, il serait toujours choyé, compris et écouté.

Astaria revint, récupéra bébé qu’elle allongea dans son cosy, suffisamment loin de la chambre pour que son petit nez ne soit pas importuné par l’odeur de la peinture avant de lui faire l’inventaire des couleurs qu’elle possédait. « Ton appart c’est un bricorama en faite ? » Plaisanta-t-elle tout en jetant un coup d’œil aux pots de peinture. Il s’agissait de peinture à l’eau une bonne chose, cela serait moins difficile à nettoyer si jamais il y avait un accident de parcours. Ast’ repartit, tornade blanche alors que J repoussa le lit présent contre le mur d’en face, récupéra la bâche et, conformément à la demande d’Astaria, la déplia afin de protéger le parquet. La fresque serait là, mur de gauche afin que personne ne puisse se douter de son existence J préférant garder celui en face de la porte blanc et saint. Peut-être y installerait-elle quelques étagères afin de ranger ses livres et ses vinyles… C’était une possibilité, cette chambre allait être un trésor de bordel.
Astaria revint et lui passa une salopette bien trop grande pour elle. S’exécutant, J éclata de rire lorsqu’elle avisa la tenue de la photographe tout en nouant à son tour les bretelles autour de sa taille. « On devrait peindre nu. » Sourire au coin et regard pétillant, la tendance exhibitionniste de la jeune femme n’était pas un mythe. « Mais je déconne, promis je ne traînerais pas à poil dans l’appart. » Reprit-elle dans un sourire. « Et tu es sexy en diable ! Je devrais te prendre en photo tiens. » Oui, il n’y avait pas de raison qu’elle ne passe jamais de l’autre coté de l’objectif. Suivant son idée, J disparue non sans crier un « Je reviens » à Asta. Alla jusqu’à sa la chambre d’ami, fouilla dans son sac pour la rejoindre avec son petit appareil photo. Elle en prit une en souriant. « Regardez moi cette tête de pas contente ! » J sourit tout en montrant le cliché d’Astaria avant de prendre la photo du mur désireuse d’immortaliser les diverses étapes de la création de la fresque. Elle posa ensuite l’appareil sur le lit et se rapprocha d’Ast’.
« Bon. Je me disais qu’on pourrait faire deux bandeaux verticales en doré au milieu du mur, pour le coupé en deux. Ça sera l’espace réservé à Louis, on pourrait même marquer d’un coup de crayon sa croissance lorsqu’il sera en âge de tenir sur ses petits pieds tout seul ? » Elle accompagne ses propos de gestes, se retourne vers Astaria un sourire euphorique lui bouffant le visage. « Pour le reste c’est free partie. Dessins, mots, tags, des trucs what the fuck qu’importe. Ah et le gris brillant ! Je pensais installer des étagères sur le mur d’en face, le gris sera parfait je pense. » 

J ouvrit le pot de peinture doré, saisit un pinceau, fit un salut militaire et s’égosilla : « Je déclare la séance What the fuck ouverte ! Chers amis, amusez-vous !
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain Sam 28 Mar - 1:20



lendemain
« Ton appart c’est un bricorama en faite ? » Lâcha-t-elle après que j’eue énuméré tous les pots de différentes peintures à notre disposition... Hum... Oui, y avait de quoi faire. Mais c’était parce qu’on avait refait l’appartement à neuf moins d’un mois auparavant, alors, forcément... Et puis, on avait prévu trop, et j’avais changé quinze fois d’avis pour chaque pièce, envoyant Solal négocier, à nouveau, dans son anglais approximatif, pour d’autres couleurs. D’ailleurs, certains pots étaient intacts, j’avais changé d’avis avant même de les ouvrir. Le plus dur, ça avait été pour le salon, parce que le salon chacun avait eu son avis, mais personne n’avait eu le même. Après, il y avait eu la chambre de Louis qui était passée par toutes les couleurs. Sauf le rose. J’avais voulu la faire très masculine, mais puisque son géniteur ne souhaitait pas connaître le sexe du bébé avant la naissance. Ah, il m’aura fait chier jusqu’au bout, celui-là ! En parlant de Louis -et non lui-, je le plaçais dans son cosy avant de rejoindre ma propre chambre pour récupérer de quoi protéger nos vêtements. Sauf que, ayant été enceinte jusqu’aux yeux durant la rénovation des lieux, je n’avais que des salopettes en king size. Tant pis, je passais le pantalon et nouais les bretelles autour de ma taille. Ça le faisait ou pas ? Au vu du rire de J, j’avais comme un doute. « On devrait peindre nu. » Doute renforcé. « Tu veux traumatiser Solal à son réveil ? » pas mon fils, non, lui il était trop petit pour prendre toute l’ampleur de la vision de deux nanas peignant à poil. Mais mon frère... C’était une autre histoire. « Mais je déconne, promis je ne traînerais pas à poil dans l’appart. » Oh, elle pouvait si elle voulait, ce n’était pas moi que ça allait déranger. Solal un peu plus. Il aurait bien du mal à continuer de la considérer comme une soeur si elle lui agitait du téton sous le nez. Moi-même, je n’étais pas des plus pudiques, mais j’avais toujours au moins un tee-shirt trop large ou une chemise sur le dos. « Et tu es sexy en diable ! Je devrais te prendre en photo tiens. » Ouai, au moins, ouai. Heeeey ! Qu’est-ce qu’elle faisait, là ? Où elle allait ? Elle était pas sérieuse avec son histoire de photo, quand même ? J’étais la photographe, pas le modèle, même si, parfois, je m’adonnais à l’autoportrait. En attendant qu’elle revienne de je ne sais où, j’inspectais la pièce, vérifiant que la bâche était bien mise, coinçant cette dernière avec des pots de peintures, puis m’éloignant pour observer le mur qu’elle souhaitait peindre. On allait avoir besoin de l’échelle. Sauf que je savais plus vraiment où elle était rangée. Ce fut sur cette interrogation que je pivotais vers mon fils et me mangeais un flash dans la tronche. « Regardez moi cette tête de pas contente ! » Surprise, surtout. « Pose ça ou donne-le moi. Tu veux me foutre au chômage, ou quoi ? » C’était moi la photographe professionnelle, là. Et puis, j’étais moche en photo, donc bien contente qu’elle reporte son attention sur le mur blanc qu’elle immortalisait. « Bon. Je me disais qu’on pourrait faire deux bandeaux verticales en doré au milieu du mur, pour le coupé en deux. Ça sera l’espace réservé à Louis, on pourrait même marquer d’un coup de crayon sa croissance lorsqu’il sera en âge de tenir sur ses petits pieds tout seul ? » J’observais ses gestes, tâchant de me représenter et visualiser le tout, imaginer les deux traits dorés, et puis le reste aussi... Oui, ça pouvait être pas mal. Mais j’allais vraiment avoir besoin de l’échelle, du coup. « Pour le reste c’est free partie. Dessins, mots, tags, des trucs what the fuck qu’importe. Ah et le gris brillant ! Je pensais installer des étagères sur le mur d’en face, le gris sera parfait je pense. » D’accord, mais... « Le lit, tu le mets où ? » parce qu’initialement il était face à la porte, là où elle voulait peindre en gris brillant et poser des étagères. Si elle souhaitait toujours sa tête de lit géante avec... C’était quoi déjà ? Des tapis ? Alors, ça n’allait pas forcément être compatible. Lui restait l’option mur mitoyen avec la chambre de Louis, mais là encore, c’était pas nécessairement la meilleure des idées. Il suffisait qu’elle se retourne sur le matelas, tape la tête de lit contre le mur, et bébé se mettrait à hurler aussi efficacement qu’une alarme incendie. « Moi, j’te conseille de faire les trois autres murs en gris brillant, et les étagères tu les poses là. » je désignais le mur aux portes coulissantes, ouverture donnant sur mon fils dévorant son pied. C’est bien, mon fils, continue. « Et le lit, là. » Face à la porte. Feng Shui, quoi. Entretemps, elle s’était emparé d’un pinceau et avait ouvert le pot de peinture doré, avant de s’écrier : « Je déclare la séance What the fuck ouverte ! Chers amis, amusez-vous ! » dans un salut militaire. « Oulaaaaa, malheureuse ! » je m’exclamais à mon tour en me précipitant pour immobiliser son poignet tenant le pinceau. « Tu comptes faire ça à main levée ? Comme ça, à l’approximatif, à vue d’nez, à la viking ? » Oui, viking, barbare, du pareil au même. « J’veux bien qu’on y aille en freestyle, mais... Si tes cadres de séparation sont pas droit, psychologiquement j’vais pas m’en remettre. » Oui, j’avais un petit souci avec mon besoin de symétrie. En gros, j’passais ma vie à remettre tableaux et cadres photos bien droit sur les murs. Chez moi comme chez les autres, hein, pour plus de fun. « Non, non, on va délimiter des axes bien droits. » je décrétais en récupérant le rouleau d’adhésif, celui sous forme de pistolet que j’amorçais comme s’il s’agissait d’une arme. « Par contre, j’sais pas où j’ai foutu l’échelle, donc... » donc quoi ? J’en avais pas la moindre idée. Putain, il était où McGiver lorsqu’on avait besoin de lui ? À moins que... ? Le fauteuil, là, que je poussais contre le mur, n’était pas assez haut, même si je montais dessus, mais... Avec cette chaise-là par-dessus. « Ok, va falloir que tu tiennes bien la chaise, j’voudrais pas mourir sous les yeux de mon fils. » j’annonçais à J en grimpant, d’abord, sur le fauteuil. « Après il en aurait pour quinze ou vingt de psychanalyse, ça vous coûterait un fric fou à Solal et toi. » Bah oui, parce qu’après ma mort, ce serait eux qui hériteraient de mon môme. « Et prions pour que Solal descende pas juste maintenant, parce que si je survis à ça, il me bute. » Drôle de concept de protection, il serait tellement en colère que je me mette en danger pour une bande de peinture qu’il déciderait de me tuer. Logique.   


with: jénova | date: 20/02/15
cassie at atf.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [Astaria] Lendemain

Revenir en haut Aller en bas

[Astaria] Lendemain

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
i have a motherfucking dream ::  :: Archives :: Anciennes Archives-