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Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel

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MessageSujet: Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel Sam 21 Fév - 8:31

L’air vif d’une matinée new-yorkaise piquait la peau de la demoiselle sans pour autant qu’elle y prête attention. Jetant frivolement son sac de cours par-dessus la barrière qui d’un côté proposait la liberté et de l’autre l’enfermement, le sort était jeté. Retombant promptement sur le sol, son visage s’éclaira de ce rire enfantin qui la caractérise. Sa complice du moment hésitait dans leur entreprise, par peur des réprimandes. Serah haussa les épaules, décidée à ne pas accomplir le chemin la séparant de son but seule. Elle tendit la main droit devant elle comme un appel auquel on ne peut déroger. La blondinette l’accompagnant sauta le pas et la rejoignit. Les grilles de l’école de musique étaient déjà loin derrière elles lorsqu’elle décidèrent de se retourner afin de contempler leur œuvre. Il y avait une seule et unique raison pour laquelle la donzelle avait transgressé une fois de plus le règlement, ses professeurs n’avaient accédé à sa requête, celle de la laisser filer pour assouvir plus grand dessein. Désormais, elle prenait son destin en main et longeait les rues – ces rues si coutumières – qui la mèneraient vers l’objet de son affection. Naïve petite fille qui se précipite vers cet orgueilleux prince sans aucune arrière-pensée ni perplexité, si ce n’est celle de retrouver la chaleur de son « foyer ». Le teint maussade, le vent mordant et la neige quasi existante par flocons épars n’offrait pas la même onctuosité – que ses bras enivrants – que la douce tiédeur d’un foyer. Hélas, au regard de l’heure matinale, il serait impensable de le trouver en son domicile c’est pourquoi ses pas suivirent le chemin de son entreprise, ce lieu inédit où elle aimait se trouver à plusieurs moments.

Lilian, car son amie du moment se nommait ainsi profitait de cette nouvelle liberté mais restait captive de par ses idées. Serah lui prit la main afin de l’emmener se réchauffer autour d’un café, haïssant au plus haut point cette boisson mais ayant décidé de rentrer dans le monde des adultes par ce biais. Elle faillit recracher le breuvage par trois fois mais réussit à finir sa tasse avant de se réconforter face à un chocolat, mordant par à-coups dans un beignet, bien plus fructueux qu’une matinée à écouter un vieux coq radoter autour des différentes symphonies de Beethoven. Autant se laisser distraire par l’appel de la télévision et regarder la beaucoup plus célèbre saga du Saint Bernard à la frimousse plus abordable que la calvitie du Professeur T. Cependant, le séduisant spécimen qu’elle allait rencontrer ne présentait ce genre d’inconvénients, encore dans la fleur de l’âge, pouvant facilement attiser le regard de ces belles au cerveau digne d’un pois chiche et à l’égo pas assez mesuré selon la brunette. N’était-elle pourtant pas la même ? Soupirant, elle se lassa vite de l’endroit où elles déjeunèrent et emprunta de nouvelles rues avant de décider que marcher n’accentuerait que les gerçures sur son visage et n’appellerait point Ezechiel à la dévorer du regard. Oui, car là était son centre de gravité en cet instant, elle pensait, respirait et vivrait peut-être totalement Ezechiel. Situation délicate pour un être aussi futile qu’elle l’est. Pourtant, elle monta dans cet ultime tramway, oubliant presque sa binôme qu’elle salua d’un geste éclectique de la main. Son entrée devait être magistrale c’est pourquoi elle sortit sa panoplie complète et remaquilla ce qu’il restait de son visage engourdi par le froid. Le reflet que renvoya le miroir la satisfaisait bien qu’elle déplora le temps pour être autant couverte, un atout en moins dans sa manche. Qu’à cela ne tienne, elle détacha sa crinière ébène pour s’assurer de son succès, après tout, venir déranger ce loup de la finance en plein travail ne serait sûrement pas chose aisée.

Adressant un sourire narquois à la secrétaire –personnelle ?- de Mr Rosenbah, elle ne se soucia guère plus des conséquences, le chemin étant coutumier de ses mirettes dévoreuses au fur et à mesure qu’elle progressait. Les locaux transpiraient la luxure, cette même luxure qu’il pouvait lui apporter. Etait-là simplement pour cet état de fait ? Elle ne désirait le costume, mais l’homme. Les apparats sont comme les lucioles, brillantes de mille feux mais peuvent disparaissent en un éclair tandis que l’être demeure, aussi indomptable qu’à portée de main. D’ailleurs, c’est vers ce bureau qu’elle connaissait qu’elle se dirigeait, traversant ces longs corridors croisant des gens auxquels elle ne prêta qu’une infime attention afin de déchiffrer leur allure, cherchant son marchand de rêve. Elle finit par joindre ses locaux, le cœur battant, l’air néanmoins assuré de celle qui sait ce qu’elle veut. Son ascension ne fut ponctuée d’aucune embûche si ce n’est cette petite demoiselle qui se planta devant elle, bras croisés et l’air pincée des gens trop sévères.

« Puis-je savoir ce que vous faites ici ? A cette heure-ci, vous devriez être au collège. Je vais téléphoner à vos parents. » Collège, parents ? La rage gagnait peu à peu Serah, cette pimbêche l’insultait et se faisait le chien de garde d’un homme qu’elle –espérait-on- n’avait point. Les rôles semblaient inversés, elle était son bodyguard. Levant les yeux en signe d’innocence face à cette morue mal léchée, la jeunette désigna son sac et ajouta : « je suis Serah, enchantée de vous rencontrer. » Joignant le geste à la parole, elle tendit sa main en signe de haute diplomatie puis continua : « Mr Rosenbach ne vous a pas mentionné ma venue ? Nous avons convenu qu’il me prendrait en stage. » Il avait mentionné, en effet, de ne pas exposer notre relation. Je n’exposais rien mais si cette malautru ne me laissait pas passer, l’esclandre que j’allais provoquer lui vaudrait de se faire remonter les bretelles par Ezechiel. Evidemment, Serah pensait ne rien risquer, protéger par on ne sait quelle aura bienfaitrice puisqu’elle était celle qui exaltait ses nuits. Pensons mal peut-être. Néanmoins, cette fois-ci, elle avait désiré agir dans la diplomatie, allez savoir. Perplexe, miss coincée allait exiger des papiers, un certificat ou même une convention de stage qu’Ezechiel lui fournirait assurément. D’ailleurs, pour en être sûre, l’innocente fit mine de chercher son cher et tendre des yeux, roulant des iris dans la pièce avoisinante : « Ez…Monsieur Rosenbach, je ne suis pas en retard ? Nous avions bien mentionné  10 heures pour notre premier jour ? » Notre premier jour…cela sonnait comme un appel à la débauche. Ce mot glissait aussi bien sur sa langue qu’en d’autres endroits tenus secrets.

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MessageSujet: Re: Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel Dim 22 Fév - 18:56

le débarquement
Serah & Ezechiel


« Et vous ne le regretterez pas, Monsieur McKey ! » Sa verve n'avait d'égal que son charisme brut, poli au dollar et à l'assurance. Le visage buriné par le triomphe, Carter se leva fièrement de son bureau, s'étira mollement les bras (qu'il avait balancés tout à l'heure en de grands gestes véhéments ; accompagnant le geste à la parole extravertie lorsqu'il eut fallu vendre quelques actions à son client réfractaire) puis dodelina du chef comme un accord tacite envers lui-même. Il accéléra le pas jusqu'à l'ascenseur, promena son regard plein d'appétence sur le séant de la nouvelle employée avant d'écarquiller les sourcils en guise d'approbation. Le « Ding » sonore mit fin à l'acquiescement du vice-président, lequel s'engouffra dans l'élévateur avec la force de l'impatience : quand bien même il ne put accélérer la torpeur de ces portes se fermant trop mollement à son goût, Carter pointa ses pupilles ocres sur sa rollex en une moue exaspérée. 'Le temps c'est de l'argent', s'entêtait-il à dégoiser parfois, tel un slogan publicitaire certes caduc mais véridique. Aussi se dégagea-t-il de l'ascenseur d'un pas prompt dès lors qu'il eut rejoint le rez-de-chaussé, écrivant des traits confondus sur son visage dès lors qu'il entendit le timbre doux et cristallin (ironie en vérité. Il ne demeurait pas plus désagréable que ces inflexions aiguës voire grinçantes, telle une fourchette martyrisant de bon gré une assiette) de la secrétaire d'Ezechiel. Carter s'arrêta par curiosité, prêta l'oreille à l'ubuesque discussion se heurtant tout contre les grands couloirs de l'entreprise. « Ez…Monsieur Rosenbach, je ne suis pas en retard ? Nous avions bien mentionné  10 heures pour notre premier jour ? » « Ohoh. » siffla-t-il avec entrain. Aussi grand connaisseur de bon vin que de jolies filles. Carter avait deviné dans cette voix le charme inépuisable de la jeunesse. Un grain juvénile, presque espiègle. Timbre dans lequel se laissaient deviner des petits seins fermes, un ventre plat – du moins l'espérait-il – un épiderme laiteux. Mais lorsque la voix de la secrétaire résonna à nouveau, Carter plissa le nez dans une moue lourde de déplaisir. C'est alors qu'il décida d'intervenir, comme pour mettre fin au supplice. « N'essayez même pas de me duper. » « Ohlà, Amelia, tout doux. » « Ah. Manquait plus que toi. » Elle croisa ses bras tout contre sa poitrine. Lèvres pincées, regard sec. Un soupir glacé et glaçant perlant à la commissure de ses lèvres. « Ezechiel t'a-t-il parlé de prendre une stagiaire ? » « Oh pour sûr, il va la prendre. » Il ricana brièvement. Le stupre de ses palabres s'éclatait contre sa bouche. L'on eut dit qu'une vague de turpitude indigeste se mourait tout contre sa langue, à mesure qu'il toisait la jeune fille. Amelia grinça. « Ne commence pas, Carter. Pour la centième fois, le Times vient aujourd'hui interviewer Ez, et vous voulez lui foutre une môme de quoi... seize ans à tout casser, dans les pattes ?  C'est sérieux ça ? » « Va falloir qu'on range le bordel qu'il y a là-haut, c'est sûr. » Carter plongea un instant dans ses réflexions, lissant soudain son visage sec d'un sérieux jusque là inusité. « C'est tout ce que t'as à dire ? D'abord la PETA, ensuite cette association de nains là... bref. Vous voulez quoi maintenant, l'UNICEF au cul ? » Echauffée par son discours véhément, Amelia se voyait seule, debout sur le dernier rempart de la civilisation alors qu'elle dardait le vice-président d'un œil dur. Ce dernier rendit les armes, paumes levées vers elle. « Ca va, ça va. J'ai compris. » Puis, se tournant vers la midinette à la gueule d'ange : « T'as quel âge ? » La môme n'eut pas même le temps d'ouvrir les lèvres – qu'elle avait pulpeuses, au passage – que Carter renchérit aussitôt : « On s'en fout. Suis-moi. » Puis congratulant Amelia d'un signe obscène, l'homme puéril fit signe à la pseudo stagiaire de le suivre jusqu'au sein de l'ascenseur.

« On s'est pas déjà vus ? » Oeillade en biais tandis qu'il ne se remettait que difficilement de ce visage juvénile. Le 'Ding' sonore coupa court à ses réflexions, avant d'ouvrir sur les deux protagonistes un paysage aussi burlesque qu'apocalyptique : la salle gargantuesque était emplie d'employés parlant fort et s'agitant avec entrain tout contre leurs téléphones, quand d'autres hurlaient vaillamment contre une piñata géante titillée par l'un d'entre eux. Yeux bandés, batte de baseball à la main, il cherchait avec violence la poupée de papier mâché sous les encouragements de ses comparses et les applaudissements de quelques filles dénudées, dont les seuls sous-vêtements étaient faits de dollars. Et tandis qu'il la menait à travers ce royaume de débauche, Carter promena son regard sérieux sur Serah : « Quand on passe le milliard, c'est journée piñata. Tu pourras venir jouer après si t'es sage, baby girl. » Aucune intonation lubrique dans sa voix pourtant. Un ton de connivence au contraire, comme si tout ce dégueulis d'excès était normal. Puis d'un geste assuré, Carter frappa trois coups secs contre la seule porte des lieux. Une voix suave, à la fois chaude et autoritaire, les convia à entrer.

Le bureau s'avérait titanesque. Couleurs claires, presque agressives. Le panorama new-yorkais s'offrait à eux par le prisme de grandes baies vitrées inondant les lieux de lumière. Ezechiel s'activait au téléphone avec un client, dos tourné aux intrus il ne leur donnait à voir que le large dos de cuir de son fauteuil. Tout ici paraissait démesuré ; de la toile d'art contemporain aux plantes vertes, il n'y eut pas de détail prônant la petitesse. La voix même d'Ezechiel se perdait en des éclats tantôt autoritaires, tantôt adoucis : le courtier menait par sa simple inflexion une joute délicieuse dont il prenait l'ascendant. Et quand enfin il raccrocha, il se tourna derechef et posa son regard fauve sur la jeune fille. Son rictus conquérant se mua en pâle sourire dès lors qu'il la toisa.

Elle était belle. De cette beauté que l'on ne décrit qu'avec d'innombrables points de suspension. Dans la fraîcheur de l'âge, à la fois insolente et conquérante. Des formes fragiles mais une force de caractère à toute épreuve. Mais pour seule parole, Ezechiel coula son regard mordoré sur son comparse, comme une interrogation acérée. « Ta stagiaire est arrivée. » Moment de flottement. Ezechiel se reprit néanmoins. « Oui. Ma stagiaire. Merci Carter. » Ce dernier ainsi congédié les laissa seuls, quand le propriétaire des lieux se leva non sans hocher la tête d'un signe négatif. « Serah, on était d'accord là-dessus. Pas au boulot. » Son timbre paternel se chargeait de nuances moralisatrices quoique chaudes. Quand bien même Ezechiel se targuait d'avoir un caractère presque imbuvable, il lui était difficile de se rendre odieux auprès de sa petite brunette. « Et merde, c'est pas un endroit pour toi. Filinger t'a matée ? » Il jugula difficilement sa jalousie quant à cette idée. Pis encore, s'il ne considérait pas Serah comme une prude, il ne put s'imaginer la laisser seule ici au Royaume de la débauche. « Un grand blond ventripotent. Oeil torve. Cravate d'un mauve dégueulasse. » Le genre qui saute tout ce qui bouge. Le PDG soupira. « Je ne veux pas que tu restes ici. Tu vas te faire bouffer si tu restes dans le coin. » Et Ezechiel se garda bien de dégoiser le véritable sens de sa phrase, véritablement lourde de perversité malgré l'intonation inquiète de sa voix. Laisser son amante au sein d'une meute de loups affamés, quelle idée.

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MessageSujet: Re: Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel Ven 27 Fév - 19:18

LE DEBARQUEMENT × ft. EZECHIEL & SERAH
Les mains plaquées le long de son corps, une moue  doucement acerbe flanquée sur son visage, elle ne soufflait mot. Les palabres de ce dédaigneux personnage ne rendaient sa traversée que plus sinueuse tandis qu’elle s’efforçait de ne pas montrer une exitation naissante, se vivifiant au fur et à mesure que le chemin vers le bureau d’Ezechiel raccourcissait. Avait-elle seulement retenu son nom ? Car…quelque chose ? « Car ta tête de prédateur aux griffes boudinées ne me revient pas » ? Feignant un intérêt modéré pour ses propos, les idées de Serah étaient tournées vers ce lieu qui était sa destination là où elle retrouverait l’objet – ô combien plus séduisant – de sa convoitise. Ce petit jeu ne la lassait point même si les donzelles à la vertu aussi courte que les sous-vêtements les habillant eurent don de faire bouillir une rage qu’elle ne soupçonnait guère en mettant les pieds ici. Néanmoins, petite fille modèle dans un monde rempli d’adultes à l’envie un peu trop portée vers des choses futiles, sa moue resta fixe et ses yeux rivés sur la porte qu’ils approchaient. Silencieusement, elle sentait déjà des frémissements parcourir son corps lorsque le bellâtre ordonna leur venue, sans détour. Ce son s’inséra jusqu’aux plus profonds de ses entrailles réveillant un désir déjà exploré au grand jour de ces plaisirs tactiles dont ils étaient friands. Son esprit jouait depuis son entrée toutes les scènes possibles et inimaginables mais ce qui l’attendait fut encore plus irrésistible. Dès qu’elle passa le pas de la porte, les traits de son visage se délièrent poussant un soupir inavouable alors que ses mains se balançaient à nouveau le long de son corps.

Un instant, perdu dans l’immensité de ce lieu à la démesure évidente mais qui portait si évidemment la marque d’Ezechiel, elle sut qu’elle avait surpris le bel dès que son croisa se planta dans celui de ce dernier sans vouloir le quitter, bouée de sauvetage dans cet océan qui devenait de plus en plus flou. Le décor s’estompait pour ne laisser que cet être face à elle…un être qui ne se fondrait jamais dans un tel décor car toutes les babioles environnantes pouvaient bien se jeter par la fenêtre pourvu qu’il demeure ici, en ce moment et sien. Elle afficha un bref sourire satisfait mais fit taire son envie insatiable de se jeter sur le beau brun. Les mœurs interdisant le dit crime, elle se contenta de hocher hâtivement la tête lorsque son interlocuteur la présenta en tant que stagiaire. Aucune parole n’avait encore osé traverser l’immaculé pêche de ses lèvres, pourtant, de nombreux se bousculaient aux portes de celles-ci. Ils se retrouvèrent donc seuls, comme auparavant, comme il y a peu et comme aujourd’hui. L’incandescent regard de la belle s’accentua à cette délicieuse pensée. Elle se lova confortablement dans le siège réservé aux « clients », déposant son sac d’un geste peu honteux sur le sol brillant, il partit traîner quelques mètres plus loin. Sermons moralisateurs, regards accusateurs, elle fondait. Il était « sexy » dans cette position du père qui prend sa fille en faute. Hélas, il n’avait guère l’âge de la porter sur ses genoux telle une innocente enfant – quoi que – et elle préférait de très loin être celle qui le chevauchait telle une monture. Les jeux anodins ne l’intéressaient que s’ils prenaient un sens différent de ceux enfantins. Caressant le cuir des accoudoirs, elle le laissa terminer son monologue en prenant sa voix de jeune fille prude : « Filinger ? Un amour. Il m’a indiqué où se trouvait sorcière Amélia. » Affectueux surnom pour ce dragon tyrannique qui avait essayé d’entraver ses plans. «De là, j’ai été escortée par Bave qui coule. » Carter, un peu trop reluquant à son goût. Elle se redressa s’approchant d’Ezechiel d’un pas souple, trop enfantin pour la femme qu’elle était, se posant à moins d’un mètre de lui, balayant du regard l’ennuyeuse paperasse qui siégeait sur son bureau, y déposant à la place son fin postérieur. «Je suis votre stagiaire M. Rosenbach ce qui inclue des services auxquels ni M. Filinger ni M. Carter ne peuvent prétendre. » Croisant ses cuisses futilement, elle s’arrêta un instant sur l’horizon, un vaste empire qu’il gouvernait et où elle se permettait le moindre de ses caprices. Jamais l’ingénue n’avait été frappée par un éclair de lucidité, ce genre de manigances n’étaient coutumières que de sa petite personne. Une dame avec un peu de jugeote aurait simplement téléphoné. Néanmoins, le jeu rendait les choses beaucoup plus palpitantes.

Détachant ses cheveux noués en une tresse trop stricte à bien des égards pour ce qu’elle désirait entreprendre, le hochement de sa tête afin que ceux-ci se dispersent tout autour de son frêle visage n’était-il pas aussi prémédité ? Attrapant le premier papier qui lui tomba sous la main, elle le tendit machinalement à Ezechiel, son regard brûlant venant capturer le sien. « Nous étions à peine arrivés aux termes de là où commencent les fonctions M. Rosenbach. Je suis encore jeune et je ne encore pas tous ces mots compliqués. » Regard en coin, désir à peine dissimulé, les pommettes légèrement rosies par l’exaltation provoquée par la proximité du prédateur, les mots s’étaient tus laissant place à un duel inaudible et seulement discutable à partir de ses iris. L’endroit était peut-être inconvenant, Serah avait choisi une façon peu orthodoxe d’intégrer les locaux de son cher et tendre mais qu’importe. Sa candeur n’était-elle pas ce qui faisait vibrer le ténébreux ? N’alliait-elle pas la minauderie et la fugacité qu’il recherchait dans les méandres de son corps ? Elle ne songeait à quitter les lieux, quand bien même aurait-il haussé le ton. Sa poigne vivifiante serait devenue douceur, ses mots bruts de simples implorations pour qu’elle reste et ses réprobations un appel à ce qu’elle siège à ses côtés. Comment déformer une vérité si mal déguisée ? Ressentait-il ce qu’il provoquait en son for intérieur ? Ces autres écervelées sans la moindre once d’élégance étaient-ils tout ce qu’il désirait en cet instant ? Ce passif arqua son visage d’un voile à peine dissimulé tandis qu’elle susurrait en serrant les dents : « à moins que votre menu ne se compose d’une blondasse aux seins refaits ? Dîtes-moi M. Rosenbach, êtes-vous vraiment fâché que je sois ici ? » Si près, avais-je envie de déclamer. « Et si je me perds parmi…des loups, vous serez-là, j’en suis certaine. » Ces traitres mots finirent mon monologue suave et édulcoré, jeu d’une adolescente trop espiègle et peu réfléchie.  

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MessageSujet: Re: Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel Ven 6 Mar - 23:29

le débarquement
Serah & Ezechiel


La fraîcheur de la femme-enfant dissipa la barre de son front soucieux, lorsque ce corps ferme et laiteux prit nonchalamment ses aises sur le bureau encombré de paperasse. Ezechiel la toisa d'un œil aussi charmé qu'alerte, lorsque craignant la suspicion de ses employés il jetait de temps à autres un regard vers la porte – quand bien même cette dernière ne serait jamais ouverte à la volée. Il n'ignorait pas pourtant les retombées terribles si l'on venait à apprendre qu'un homme de son envergure venait à 'profiter' d'une nymphette à peine majeure ; état de fait pourtant courant au sein du royaume putride de Wall Street, mais que l'on conservait bien au chaud entre les murs des nantis.  Ainsi et parfois, Ezechiel se laissait aller au jeu (un peu barbant, faut-il l'avouer) de la lucidité, pensant qu'il serait plus judicieux de couper court à sa relation avec sa midinette. Néanmoins Serah avait cela de transcendant qu'elle insufflait en lui une bouffée d'air vivifiant, par sa beauté sans doute et sa jeunesse très certainement. La demoiselle n'avait pas les airs de ces grandes dames vénales ou blasées, elle avait encore l'innocence au creux du ventre (malgré le feu brûlant entre ses deux reins) ; celle-là même qui lui imputait une spontanéité ainsi qu'une insolence fraîche amusant son amant. Il aima à ce qu'elle ne s'exalte d'un rien, sa libido jamais repue, ses yeux brillant d'un éclat malicieux et son regard sur le monde. Là où Ezechiel l'épinglait par la force de ses pupilles amères, Serah n'y percevait qu'un immense terrain de jeu, sans perfidie ni fausseté. Aussi et lorsque la brunette encensa le crasseux Fillinger pour mieux avilir Carter, le courtier ne s'en offusqua guère. S'en amusa au contraire lorsque, d'un pas de prédateur aussi appétent que charmé, il s'approcha de celle qui allumait en lui le feu ronronnant de la lubricité.

Elle avait détaché ses longs cheveux en un flou sauvage, appelant à leurs nuits passionnées et chaudes. Cette simple tignasse au parfum de miel agita le trouble de l'amant, lequel ne put s'empêcher de dévorer la concernée de ses yeux fauves : il l'observa à la dérobée, s'enquit de lui faire l'amour à distance et, parce qu'elle fit naître en lui les braises du désir, en oublia de sitôt sa lucidité claironnant quelques glas muets et raréfiés. « Nous étions à peine arrivés aux termes de là où commencent les fonctions M. Rosenbach. Je suis encore jeune et je ne encore pas tous ces mots compliqués. » Un papier tendu pour une main qui ne vint guère l'accueillir, préférant se poser sur la cuisse blanche féminine. Pétrir sa chair et la sculpter de ses doigts quémandeurs, d'une poigne jamais sage ni même repue puisque trop audacieuse : alors même qu'Ezechiel était venu se caler entre les cuisses de sa dulcinée, ses caresses se firent alanguies et remontèrent sous la jupe. Une sensualité fiévreuse qui troubla à peine la fausse effarouchée, laquelle préféra se rouler dans la fange de la morosité. « à moins que votre menu ne se compose d’une blondasse aux seins refaits ? Dîtes-moi M. Rosenbach, êtes-vous vraiment fâché que je sois ici ? Et si je me perds parmi…des loups, vous serez-là, j’en suis certaine. » « Vous êtes bien insolente, Miss Rivers. De plus, ne seriez pas un peu jalouse ? » Rictus taquin à la lippe lorsque, invoquant une jalousie qu'il employa lui-même tout à l'heure (admettons que la savoir au centre des fantasmes de Fillinger importunait à ce point Ezechiel qu'il ne se gênerait point pour virer le pauvre fauteur de trouble à l'occasion). Mais qu'importait cependant, car en l'instant seul l'appétit lubrique prévalait, attisant sa faim et le feu de son désir lorsque, penché sur sa douce il buvait déjà à la coupe de ses lèvres. D'un baiser aussi tendre que mordant, arguant une complicité évidente par les quelques rires lâchés aux commissures de leurs lèvres pécheresses. Tandis que ses mains – ah ces mains faites pour pétrir et faire l'amour. A la fois viriles et douces – s'égaraient déjà dans le sillon d'une jupe qu'il s'efforçait à remonter encore. Tant pis pour les suspicions, tant pis pour son image, tant pis pour... « Ezechiel ? » De longs coups toqués à la porte, pressés et pressants. Sans pour autant déloger l'amant fougueux de sa belle, du moins pas avant que la voix d'Amelia ne l'interpelle encore deux ou trois fois. « Ez', le Times est là. Vraiment je sais que tu aimes te faire désirer, mais le Times c'est pas Fox News. Tu ne peux pas te permettre de les faire attendre. »

La secrétaire le fustigeait de son impatience. Persuadée que le grand patron s'affairait encore à quelque affaire importante derrière son téléphone, elle se contentait de taper du pied d'angoisse. Ezechiel, las et exaspéré, dut interrompre l'étreinte furtive comme il se redressa dans un soupir, adressant un regard de connivence à Serah tout en posant sur ses hanches fines deux mains la soulevant du bureau afin de la poser à terre. « Viens avec moi. » souffla-t-il avec l'intonation qui ne laissa place à aucune contradiction, comme il se dirigeait déjà vers la porte, l'ouvrant à la volée. Et d'un pas princier et prompt, de traverser l'immense open-space tout en frappant ses mains : « Au boulot tout le monde, on range la piñata et on remet les tangas. Les filles, cassez-vous. » Inflexion virulente quoique jamais agressive à l'encontre de ces danseuses nues ; mais après tout, il eut bien fallu se montrer autoritaire, sans quoi la luxure ne tarderait pas à s'immiscer entre les murs. Et Ezechiel, malgré ses caprices bon enfant afin de divertir ses employés, savait pertinemment quand il s'avérait nécessaire de travailler. Preuve ultime de son franc parler habituel, Amelia continuait de trottiner dans son sillage sans même arquer un sourcil d'étonnement. Elle avait au contraire plongé son nez fin dans son calepin, et continuait de meugler ses recommandations jusque dans l'ascenseur. « La journaliste venue t'interviewer se nomme Deborah White. Elle a des questions très pointues et pertinentes sur la finance, mais ne se tiendra pas à l'écart de ta vie person... Excusez-moi mais qui vous a dit de venir ? » Lèvres pincées, regard de chouette offusquée, Amelia darda Serah avec autant d'étonnement que de courroux. L'ambiance entre les portes de l'ascenseur ainsi emprunté, s'avérait glaciale. « C'est moi. Miss River est ma stagiaire, il faut bien qu'elle apprenne. » « Apprendre quoi ? C'est une interview, suivi d'un shooting en salle et... » « Shhht. Amelia, tu entends ? » Elle tendit l'oreille, troublée. Quelques secondes muettes pour un Ezechiel irrité. « Le silence. Il me plaît. Ferme ta grande bouche et contente-toi de faire ton boulot. Ce ne serait pas du luxe. » La concernée acquiesça non sans rougir, consciente que les premiers mots irrités de Ezechiel nourrissaient en général une mauvaise humeur patentée pour la suite, ainsi qu'un cynisme des plus noirs.

Tous trois finirent par se diriger vers une salle d'une blancheur immaculée. Au fond, s'agitaient déjà le photographe et son assistant, lesquels se débattaient avec leur lourde toile de daim noir. Deborah White quand à elle – la quarantaine, une beauté pas même fânée, tailleur impeccable – se leva de sa chaise et tendit la main au PDG non sans glisser son regard curieux sur Serah. « Mr Rosenbach, c'est un plaisir de pouvoir interviewer un requin tel que vous. Vous êtes venu avec votre petite amie ? Fort jeune... » Première pique. Il maugréa. « Ma stagiaire, Miss Serah Rivers. Au vu de votre âge, tout doit vous paraître plus jeune. » Sourire hypocrite victorieux. La journaliste ramassa ses longs cheveux châtains en arrière, déglutit difficilement l'amertume de cette attaque, puis coula à nouveau son regard sur Serah – à croire qu'elle eut comme un sixième sens pour les histoires croustillantes. « Bien sûr. Et votre stage ici vous plaît mademoiselle ? Vous êtes étudiante en …. ? » La journée s'avérerait longue et éprouvante.

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MessageSujet: Re: Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel

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Le débarquement ∞ Serah & Ezechiel

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