It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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We've come here to stare. [Jénova]

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MessageSujet: We've come here to stare. [Jénova] Ven 13 Fév - 19:08

Hey, Stripper
Jénova & Ezechiel

Les démons troubles s'agitent en son sein, ronronnent contre son flanc, s'époumonent lascivement contre son crâne : à petit verre, pas de petit profit. Ezechiel lève le coude, à l'unisson de ses comparses – golden boys, cheveux gominés pour la plupart, chaussures italiennes, beau cuir, vernis impeccable – comme il avale d'une traite le gin-vodka ainsi offert. La démesure est sa compagne, bien plus que la lucidité (euphémisme que voilà) mais bien moins que la débauche. Pour autant s'il lui faut survivre parmi les requins, mieux vaut s'engoncer dans l'excès et ses fioritures : ce qui ne tue pas les rend plus forts. La cocaïne pour mieux supporter la charge énorme de travail, l'alcool pour oublier l'infamie pourrissant leur moelle, les femmes pour éprouver un cœur rongé par la connerie. Que le myocarde ne batte au moins lors de la copulation ; vaillant et sportif, les artères gonflées par l'ivresse du plaisir, à défaut de ressentir quelconque sentiment. Ezechiel les entend s'égosiller, ces comparses de travail à la pupille dilatée ; alors et derechef, le jeune PDG lève son regard de braise vers les demoiselles qu'ils envisagent. Des sifflements ont fendu leurs lèvres humides comme ils toisent ces escorts-girls tels des morceaux de viande. Ezechiel ne pipe mot mais ne s'en offusque guère : dans leur monde, tout est consommable. Tout s'achète. Tout se négocie. Seule la connerie humaine persiste et encrasse leurs myocardes déjà noircis par le capitalisme et leurs égos cristallisés.

Il se lève cependant et s'éloigne du bar, le pas prompt et assuré mais pour autant hésitant pour qui a la pupille avisée. Car la soirée n'a pu s'esquisser sans une ligne de poudre blanche, puis quelques cachets. Un ou deux. Peut-être trois. Ce qui lui passait sous la main, en vérité. Diable, c'est qu'il aurait préféré que Yanah ne passe à ce moment là (magnifique russe à l'accent tranché. Bien plus suave et désirable lorsqu'elle ferme sa grande bouche. Quoi que.) Ezechiel bougonne quelque peu à l'idée, plisse son nez de déplaisir et esquisse ainsi une moue presque infantile, charmante, attendrissante. Du moins parait-il débonnaire ainsi vu de l'extérieur – malgré son costume Saint Laurent à 3625$ – alors que son âme se putréfie en dedans. Et que ça s'habille classe, et que ça consomme bien. Cuirs véritables, textile de luxe, voiture de rêve. Ca rentre dans la case du parfait petit capitaliste mais ça déborde de partout. « Heyyyyy. Rosenbach ! » Cette voix anguleuse, presque sèche et pourtant teintée d'une forte amitié, ne peut être que celle de Carter. La main fraternelle posée sur son épaule corrobore aussitôt sa pensée. Il redresse la nuque, braque sa rétine assurée sur son vis-à-vis, ourle à la lippe un rictus arrogant. « Carter. Je te croyais en train de baiser l'autre blonde anorexique. Amy. » « Betty. » « C'était pas Daisy ? » « Hmm... Ou Kelly. Oh laisse tomber. T'avais raison. Un laideron, cette nana. » Sourire de connivence, hochement de tête approbateur. De ceux qui transpirent les « je te l'avais bien dit », quand bien même la lippe reste muette. Car Ezechiel de son œil jamais émoussé, avait toisé ladite blonde d'un regard inquisiteur : jolies jambes, belle cambrure, mais diable que ce visage était laid. Ainsi avait-t-il proposé à Carter – et ce avec beaucoup de sérieux – de ne forniquer avec elle que s'il prenait ses précautions. A savoir avec un sac de papier à glisser sur sa tête. « J'ai trouvé mieux. Mate ! » Le doigt de son ami pointe vers une jolie danseuse, le corps famélique, presque osseux. Chevelure chrysocale retombant sur ses frêles épaules tel un manteau. « Jénova, qu'elle s'appelle. » « Tu perds pas de temps. » Ezechiel détourne le regard, un peu las, un peu ennuyé. La drogue s'évapore de son sang et la rechute s'avère immédiate ; si l'extase a trompé ses sens, il lui faut à présent accuser le retour à la réalité. Génération contaminée par l'acide : tout ce qui monte doit redescendre. Et Ezechiel s'avère être bien trop en hauteur. « J'le sais parce que j'ai demandé à des habitués. » ronronne-t-il fièrement, toisant toujours la mirifique créature au déhanché lascif. « Viens. » Voilà qu'il l'entraîne dans son sillage ; Carter exalté par la cocaïne s'approche prestement de sa proie, lorsque Ezechiel accepte de le suivre afin de tromper l'ennui. Son regard est cependant fuyant, à l'affût d'une jeune femme pouvant dès lors combler cette lassitude. Par un obscur truchement cependant, le ténébreux courtier convient à se dire qu'aucune ici n'a trouvé grâce à ses yeux. Ainsi écoute-t-il d'une oreille distraite, les élucubrations cocaïnées de Carter envers ladite Jénova. « Hey beauté. Je peux faire partie de ta secte? » « La secte dont du parles c'est Jehovah, crétin. » « Jehovah... Sans N ? » « Mais oui, sans N. » La complicité des deux hommes put être touchante, si l'un d'entre eux alors impulsé par ses pyschotropes, ne tentait pas d'alpaguer sans gêne une danseuse sur son lieu de travail.

electric bird.
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Ven 13 Fév - 21:57

We've come here to stare.
J&Ez.
Les corps volubiles s’agitent, se mélangent, se bousculent cherchant désespérément l’écrin de satin qui viendra, ce soir, revêtir leur peau. Entre nacres cendreux et noirs de jais, les corps se tordent, appliquent sur leurs chair diverses huiles, entre argent métallique et or mystique, elles serviront à capturer la lumière offrant aux spectateurs l’attrait d’une perfection faussée par deux heures de préparation. Et dans l’air les odeurs s’agitent, parfum de karité et douceur d’abricot, l’air vibre d’une féminité bientôt remplacée par celle de la luxure. Au-dehors, la musique fait rage, propulsant des ondes lubriques venant attiser les sens des preneurs de drogues. Entre techno ravageant les esprits et sons psychédéliques, elle imagine sans mal les pupilles dilatés et les nez affutés. Dans quelques minutes ils seront là. Chair offerts, étouffés dans leurs parures de richesses cherchant désespérément à attirer la pupille d’une des danseuses. Elles répondront à l’appel, s’offrant sans jamais se livrer, apportant le pêché sur un plateau d’argent, créatrices de désirs mais jamais ne s’ouvrant. Des fleurs… De pauvres fleurs s’étant trompées de jardin, se pavanant dans le seul but de subvenir à leur besoin, de clore les fins de mois dans une sensation d’abondance mais ne laissant en leur cœur, que le goût affreux de l’amertume. Et au milieu de ces putains débauchées, perdues dans les vagues écumeuses d’un destin inexistant elle demeure immobile. Le regard figé sur le miroir, elle se jauge, se demande -encore- ce qu’elle fait ici, si tout cela à un sens, si sa place ne demeurait pas entre ses quatre murs froids légués par sa défunte mère. Car la putain n’a pas sa place. Elle pourrait décemment profiter du fastueux héritage de son fantôme mais sa fierté l’en empêche. Est-ce le besoin d’exister qui la pousse ainsi à se produire au milieu de ses catins ? Elles s’agitent encore, un pantin la bouscule, lui offre un sourire carnassier emplit d’un dédain certain qui ne trouva, cependant, aucune grâce aux yeux de la belle.
« Bouge ton ptit cul la blonde, c’est à nous dans deux secondes. » La brune à l’écrin  terreux lui offre une claque inappropriée sur les fesses avant de rejoindre la scène.
La blonde soupire, hausse ses chaussures dangereusement haute et se dirige d’une démarche féline sur la piste.

Les lumières d’opales embrasent son regard. Les visages se croisent, se divisent et se perdent bientôt dans les volutes de fumées crachées par les imposantes machines entourant la scène. Une musique langoureuse, d’une lascivité annonçant un show érotique annonce sa venue. Elle apparait sous une lumière blanche, à peine discernable tant sa peau, absente de toute huile, ne capture pas la lumière. La blonde se distingue par la finesse de son corps, la musculature de son ventre qui ondule, répondant aux rythmiques imposées par  la musique angoissante. Elle danse, s’agite, se synchronise avec les autres danseuses tout en masquant son ennui sous un sourire de façade. Elle n’a jamais aimé ce produire entourée des autres danseuses. Elle détestait devoir s’approcher des clients, tisser une intimité factice entre elle et eux, draguer outrageusement en offrant à leur regard de rapace ses petits seins insignifiants.
Les danseuses s’éparpillent sur la scène et la musique se transforme. La techno surgit à nouveau, le rythme s’accélère, Jénova connait le signe. Elle s’avance au centre de la scène en effectuant un arabesque plus emprunté au hip-hop urbain qu’à la gymnastique langoureuse propre au stip-tease. Elle marque son arrivée en terminant sa figure en un grand écart contrôlé. Son corps se cambre, mimant un éclat de désir lorsque son regard rencontre celui d’un client. Pupille dilaté, corps explosé, elle note en un instant l’espèce à lui faisant face. Rapace remplit d’argents, nez cocaïné et esprit embrumé par l’alcool. Le mec s’égosille, c’est à peine si ses remarques lui parviennent.
Jénova glisse vert lui, serpent d’approchant de sa proie et sa main droite capture sa cravate satinée. Elle l’attire lentement à lui, surveillant du regard son patron attentif aux comportements de ses danseuses. Son regard s’anime d’une flamme dangereuse alors que le rapace croit saisir sa chance. Son visage s’approche, ses lèvres frôlent celles de l’opportuniste et, profitant de sa méfiance endormit sa main droite et soudain rejointe par celle de gauche qui, dans un mouvement sauvage envoie valdinguer l’inopportun en arrière.
Instant calculé et, dans un sourire triomphant la blonde se redresse alors que le noir se fait sur la piste. Elles disparaissent, la blonde rejoint les loges, troque ses portes jarretelles contre un boxer de satin rouge. Elle ne prend la peine d’enfiler un soutien-gorge et laisse la maquilleuse venir étaler une peinture rouge et noir, traçant sur sa poitrine des arabesques parfaites la transformant en une guerrière amazone. « Renji vas te tuer. Tu sais qui sait le type que tu viens d’envoyer par terre ? » « Un connard m’ayant confondu avec une pute. » La maquilleuse s’arrête et la sonde de ses pupilles sombres. « C’est Carter. Il est plein de fric, vraiment, vraiment plein de frics et… C’est un bon client. « Si Renji te demande c’est un accident, il a perdu l’équilibre quand je me suis redressée et c’est tout. C’est crédible, Renji sait très bien que les mecs de sa trempe se la mette minable. »
Sourire sincère mais regard appuyé, la maquilleuse ne cherche à en dire plus. Dans un soupire soumis elle termine son œuvre, offre une tape d’encouragement à la danseuse alors que celle-ci rejoint à nouveau la scène.

Il n’y a plus qu’elle. Elle et la scène, elle et les hommes ivres, qui attendent, hurlent son prénom en tapant furieusement dans leurs mains. C’est toujours ainsi. Une fois par semaine une danseuse se produit seule sur scène. Certaines se limitent à l’effeuillage, d’autres offrent une représentation plus chorégraphiée, J elle, à choisit la barre.
La musique s’enclenche, les dernières notes de cette techno infâme disparaissent sous l’agression soudaine d’un son psychédélique. Elle s’approche, lentement, d’une démarche sensuelle, féline, elle ferme les yeux, inspire, s’arrête au coté de la barre et tend son bras gauche. Ses doigts se referment autour du fer dont la froideur mord sa peau brûlante. Elle se propulse, s’enroule autour de la barre comme un serpent capturerait sa proie. Ses jambes la tiennent en suspension au dessus du sol, elle se laisse glisser, s’arrête à l’instant où son nez frôle le sol. La musique s’arrête une seconde, le temps d’une respiration et elle reprend sur un rythme trépidant, infernale imposant à la danseuse une intensité de mouvements violents et difficiles à réaliser.
Elle tient le rythme, s’élance, décrit des arabesques fascinants, devenant guerrière, sauvage démone inondant les hommes de son regard arrogant. Elle s’enflamme, son corps n’est plus qu’un feu embrasant les spectateurs dans une danse transcendantale. Elle n’existe plus. Elle n’est plus que muscles et musiques, muscles obéissant à ses impulsions et lorsque les dernières notes s’éteignent J vient mourir au devant de la scène dans une dernière cambrure sensuelle.
Danse brutale, animale, imparfait. Bien loin des stéréotypes habituels. C’est ainsi qu’elle se démarque, ainsi qu’elle existe, en proposant autre chose à ces regards affamés qui, dans leur débauche, parviennent à saisir la nuance. Les sifflements surgissent, les applaudissements et les cris enthousiastes étouffent les dernières notes de musique alors que le noir tombe à nouveau.

« C’était chouette J. » Délilah qui lui fait un compliment, voilà de quoi satisfaire une fin de show éprouvante. Elle la remercie du bout des lèvres tout en hottant avec peine les peintures de guerres rougissant sa peau. Elle troque sa tenue légère pour un jean blanc et un haut noir s’arrêtant tout juste à la lisière de son nombril. Elle attache ses cheveux dans un chignon négligé avant de rejoindre le tumulte de la soirée. A cette heure, les danseuses ne se représentent plus et les hommes sont en droit de demander une danse privée. Pour une fois, J échappe à cette corvée et rejoint d’un pas franc le bar où elle s’installe dans un mouvement nonchalant.
« Un whisky s’il te plais. » « Tu étais vraiment bandante tu sais ? « Et toi tu n’as toujours pas compris comment complimenter une femme. Active toi Marc ! J’ai soif ! »
Le serveur rougit et Jénova soupire en secouant la tête. Se retournant, elle observe les corps se pliant sous l’éclat d’un rire ou dans l’étreinte d’une danse charnelle. Elle étend ses jambes, hôte ses échasses qu’elle laisse sous son tabouret, heureuse de pouvoir se libérer de son fardeau. En redevenant cliente elle redevient femme et les hommes l’entourant sont tant bourrés qu’aucun ne semble reconnaître la guerrière qui, tantôt, enflammait pourtant la foule.
Jusqu’au moment où ses pupilles argentés rencontrèrent ceux fauves d’un homme tiré à quatre épingle dans un costard traduisant sans mal la qualité de ses revenues. Il était le compagnon de l’homme qu’elle envoya à terre sans préavis. Ami peut-être ? Comment disait-elle qu’il s’appelait déjà ? Carter ? J cherche dans sa mémoire, se demandant si les inquiétudes de la maquilleuse n’étaient pas justifiées avant d’hausser les épaules. Se retournant, elle saisit son verre qu’elle avale d’une traite dans un soupire de ravissement. « Tiens ma fille, ça va te donner un peu de bonheur. » Le barman glisse un petit pochon sur la table et J à tôtt fait de le laisser fondre sous sa langue. « Ba voilà ! Tu apprends vite mon chou. » Elle sourit, lui offre un clin d’œil faussement complice et s’avale un second verre. Ivresse tu pouvais m'étreindre.
crackle bones


Dernière édition par Jénova Arov le Sam 14 Fév - 14:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Sam 14 Fév - 13:15

Hey, Stripper
Jénova & Ezechiel

Le regard du riche quidam s'abîme contre la marée humaine et perce de sa cornée incisive cette ondulante silhouette qu'il ne reconnaît que trop. Delilah s'est penchée, féline, sur un client, attisant derechef la possessivité d'Ezechiel. Il amorce un geste en sa direction, le regard presque poupin, défoncé par l'acide et l'humanité jugulant sa scélératesse, lorsqu'un bruit sonore et lourd retentit à ses oreilles. La musique sourde bat ses tympans, se fait bestiale, métallique et sensuelle. C'est pourtant le gémissement de douleur, long, entrecoupé de Carter qui l'interpelle. « Elle m'a poussé, la salope. » Ezechiel étouffe un rire moqueur mais la rétine hébétée de son ami le rappelle à l'ordre. L'alcool a dissipé le sombre personnage : Ezechiel s'illumine. Sourit. Raille. S'amuse. Se noie dans l'atmosphère fantasmagorique des lieux, entre rêve et réalité. Miracle jamais espéré ; le jeune PDG offre une main salvatrice à son comparse afin de l'aider à se lever. « Elle veut pas de toi dans sa secte. » Carter grogne et s'époussette, lance une dernière oeillade assassine en avant de la scène et glisse sur ses lèvres pincées quelques insultes rogues.

~*~

Elle a quitté son costume de danseuse ; ce voile léger de mousseline habillant furtivement son corps gracile est tombé. Delilah s'enveloppe dans une nudité crue et équivoque : sous-vêtement de dentelle, talons hauts pour tout apparat. Du porno-chic pour toute prestation, lorsqu'elle se meut contre Ezechiel afin de satisfaire sa demande de danse privée. Le regard fauve du client la dévore et la consomme, la consume même, du feu de son désir. Lui faire l'amour à distance. Elle en frémit, se cambre, dodeline sensuellement. Et plus il la toise moins il se repaît. La drogue quitte peu à peu l'écrin de ses veines comme elle éteint les dernières lumières de l'extase en son crâne. C'est un Ezechiel blasé, un peu froid, un peu austère, qui cloue de sa pupille la jolie danseuse qu'il désirait tout à l'heure. A y regarder de plus près, elle n'est pas si belle. Le pourtour de ses sourcils a été épilé, surligné au crayon de façon provocante, mais la nature s'est obstinée à reprendre ses droits et en redessiner les contours de sorte à lui donner un air imprécis. Et lorsqu'elle danse, ses gestes, ses hanches chaloupées, son sourire deviennent plus violemment affectés. Elle le violentait de sa pseudo beauté, de son corps de femme, de sa position de soumise. L'argent lui semblait soudain poisseux, le sentiment de pleine puissance aussi. Putain de rechute. Merde. Ca lui a foutu la nausée et un haut le cœur monumental. Alors et sans attendre la fin de la prestation, Ezechiel s'est levé et a quitté la cabine sous l'oeil hagard – presque vexé – de Delilah. En plus, cette putain porte le prénom de sa fille.

« Carter, qu'est-ce que tu fous ? » Voix suave, chaude et lasse. A peine échappé de son tête-à-tête, Ezechiel aperçoit au loin son ami sombrement remonté. Ses cheveux habituellement impeccablement bien coiffés sont hirsutes, sa bouche se tord de menaces sous le joug de l'humiliation qu'il a subie, quand son regard assassin fusille une demoiselle alors assise au bar. Le PDG fronce dès lors les sourcils et comprend aussitôt que Carter a trop consommé, s'est laissé embarqué par les démons psychotropes puis s'est laissé porter par la violence de ces derniers. Un Carter allumé est un Carter con. Enfin, bien plus que d'accoutumée. Ce que Ezechiel peine à comprendre cependant, c'est cette fille a l'air bourru et revêche : Carter est beau garçon malgré ses quarante ans grisonnants, et détient un bon paquet d'argent. Ce dernier point lui paraît même culminant. « Hey toi. » Il attrape Jénova par le bras, dégoise des palabres incompréhensibles comme il crache son mécontentement. Ezechiel bondit vers son comparse afin de le tirer par le bras ; non par crainte pour ce dernier, mais parce qu'il ne veut pas être interdit d'entrée à ce club. Il pense à Delilah. « Fous lui la paix, merde. » « Non non, je veux savoir pourquoi l'autre salope m'a poussé. Je t'ai rien fait, que je sache ? » Ses sourcils se sont froncés avec véhémence et l'on peut voir se miroiter dans sa pupille assassine et cette poigne saisissant le bras féminin, tout le mépris qu'il éprouve pour elle. « On t'a jamais dit de pas t'en prendre à une femme ? » Tiens, c'est nouveau ça. Le Ezechiel qui fait une rechute est un Ezechiel humain, avec des valeurs et des belles tournures morales. Ou bien est-ce l'ecstasy qui lui confère une âme de super-héros. Quelle merde ce truc, il n'en reprendra plus. « Les putes, c'est différent. » assène alors Carter d'un timbre vacillant, ne laissant plus douter quant à son degré d'alcool fortement présent.

electric bird.
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Sam 14 Fév - 14:13

We've come here to stare.
J&Ez.
Les paupières lourdes se referment sur ses billes d’hivers. La tête se renverse en arrière, ses jambes s’agitent suivant aléatoirement la rythmique imposée par les notes oppressantes. Son corps tremble légèrement, accusant avec peine les tourments que la belle lui impose, soir après soir. Les muscles se tendent, la mâchoire se crispe, les pupilles s’ouvrent, se dilatant, appelant à happer les moindres détailles de cette salle obscure. Les hommes et les femmes ne sont plus des ombres lointaines livrées aux affres de la débauche. Odeur de sueur, de parfum et d’alcool. Le sang pulse contre ses tempes meurtris, le poison explose et les connexions de ses neurones s’agitent, excités par le pochon de md avalé qui, déjà, agit en son sein. Une pulsation, ses paupières s’ouvrent, son corps se tend. Elle se cambre légèrement comme accusant un coup violent. Un sourire se dessine sur ses lèvres pleines, le poison la tourmente, la production de sérotonine augmente, une joie sans raison capture son cœur, elle a soudain envie d’embrasser le monde. Et le corps pulse, encore. Elle se retourne brutalement, demande un troisième verre tout en tapotant nerveusement ses doigts manucurés sur le bar. La musique n’est plus qu’un fon informe de son tambourinant contre son corps qui, malgré l’envie de rejoindre l’effervescence de l’abîme peine à retrouver ses forces. Elle se sent mal. Partagée entre l’extase et cette épuisement soudain qui émousse ses sens et lui donne envie de vomir. Elle prend la tête entre ses mains, s’efforce de retrouver une respiration normale sans pour autant parvenir à ralentir les battements désorganisés de son palpitant. Putain. Le regret jaillit en elle sans qu’elle ne parvienne à le contrôler. Elle ne s’y attendait pas. Le bad tripe est un voyage qu’aucun ne souhaite connaître et qui, pourtant, une fois présent vous emporte dans les tourmentes qui ne s’arrête que lorsqu’enfin le produit cesse d’envahir votre sang, vos neurones, votre esprit. T’as pas un truc à manger ? Qu’elle demande au serveur qui, dans un signe négatif lui propose comme seul recours à sa défaite un vulgaire verre d’eau. Bois J, il n’y a que ça. Il a raison. Sous md impossible d’avaler la moindre consistance solide sans avoir l’impression de croquer dans une infâme substance molle impossible à avaler. Seule l’eau permet au corps de se réhydrater péniblement et de lutter contre le produit qui assassine les reins et le système urinaire. Elle saisit le verre, le boit d’une traite, détend péniblement sa mâchoire, garde la bouche ouverte pour empêcher ses dents de claquer nerveusement les unes contre les autres. Elle aimerait que Marc l’aide mais le voilà qui repart. Le travaille l’attend aussi, tente d’elle désespérément d’alpaguer un autre regard, un secours, une solution qui lui permettrait de quitter ce chemin de moisissure obscure et puant dans lequel elle venait de s’engager.

Un regard fauve, encore et puis, celui assassin d’un homme déjà vu. Elle se mord la lèvre inférieur, détourne la tête sans pour autant parvenir à devenir invisible. Elle pourrait partir, rejoindre les loges, quitter discrètement le bar mais son cul demeure obstinément collé à son tabouret. D’un geste malaisé elle parvient néanmoins à remettre ses échasses alors que l’autre s’avance. Cheveux décoiffés, rictus haineux pendant sur ses lèvres criantes de biens sombres promesses. La blonde s’accroche, son regard perçant aux pupilles exagérément dilatés s’accroche au visage du fameux Carter. Et, en une seconde, il est là. Ses doigts de rapace puant l’argent, la drogue et la sueur accroche son bras gauche. J fronce les sourcils, ses sens sont décuplés, la main de l’inconnue est une morsure insupportable traçant sur sa peau des sillons d’agressivité néfaste. L’autre s’égosille, ombre sauvage rejoint par son compère tentant de le raisonner. J accroche le regard fauve de l’inconnu, semble lui demander secours avant d’abandonner l’idée. L’ami semble en proie à une descente infernale le rendant aussi inutile qu’une poupée de chiffon. L’autre s’insurge encore, il la secoue et Jénova résiste demeurant cloué sur son tabouret accusant le regard assassin de Carter d’un sifflement emplit de dédain.   « On ne m’alpague pas. Tu as misé sur le mauvais cheval ordure. » Elle répond, voix calme, tente de se justifier aux yeux d’un homme qui pense que tous lui est du. Elle sait que cela ne mènera à rien. Elle était censée accepter ce genre de comportement, ne jamais répondre aux insultes, aux agressivités, aux tentatives désespérés d’un con cherchant à s’obtenir les bonnes grasses d’une danseuse. Hélas, elle n’avait jamais su agir ainsi. Lionne sauvage, elle était connue pour son talent mais aussi pour son caractère épineux. Ce n’était pas la première fois qu’un incident de la sorte se produisait. La seule chose qui lui permettait de garder sa place était son talent, rien d’autre néanmoins, une petite voix lui laissait à passer que cette fois-ci, son patron n’accepterait pas ses frasques. Elle n’aurait jamais du bousculer cet homme, que pouvait-elle bien chercher à prouver ? Qu’elle était différente ? Odieux sentiment que celui d’être vaincu. Sa tête dodeline, Carter éructe à nouveau alors que l’inconnu au regard fauve prend la parole. J accroche son regard une fois de plus, le temps d’une seconde, d’une respiration avant que le rapace lui assène l’insulte insupportable. Ses veines explosent, son regard se voile, seule résonne à ses oreilles le mot « pute » effaçant toute raison, toute possibilité de ne pas terminer cette scène dans une explosion de violence.

Le serveur ayant assisté à la scène tente d’intervenir en posant sur l’épaule de Jénova une main salvatrice. Elle ne saisit pas sa chance, sa main gauche s’élève et, dans un mouvement d’une violence inouïe elle décoche à l’affreux un uppercut sauvage. Frappe l’arrête du nez en cas d’agression, la douleur devient alors si vive que ton agresseur sera déséquilibré, à ce moment là, c’est toi qui a les cartes en main pour le mettre à terre. Les conseils de son ancien professeur de boxe résonne à ses oreilles alors qu’elle s’éjecte de son tabouret repoussant le rapace qui, une fois encore, se retrouve à terre.
Le temps s’arrête. J demeure immobile, les bras ballants, observant impuissante le corps au sol qui se tient fermement le nez, hurlant qu’elle venait de le lui briser. Elle se recule, s’acculant contre le bar avant de jeter un regard à l’accompagnateur, elle l’interroge du regard, dubitative, elle-même surprise par son excès de violence.
« Il… Les vigiles vont le faire sortir… On agresse pas les danseuses il… Je ne voulais pas vraiment faire ça… » Les mots perdent en consistance, se brisent contre ses lèvres, ne trouvent aucune porte de sortie. Elle retombe sur son tabouret alors que son regard capte la carrure des hommes baraqués brisant la foule pour intervenir. « C’est finit pour lui mais… Pour toi… Pour vous… Ça ne risque rien, ce n’est pas grave. » Elle parle sans le regarder, le regard obstinément figé sur Carter qui se redresse lentement, le visage en sang alors que les vigiles arrivent enfin à leur niveau. Jolie pagaille…
crackle bones


Dernière édition par Jénova Arov le Dim 15 Fév - 12:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Dim 15 Fév - 11:05

Hey, Stripper
Jénova & Ezechiel

Le malaise est tangible, palpable, broie leurs os et leurs consciences. Du moins ce qu'il en reste. La pupille fauve d'Ezechiel s'abîme contre ce petit bout de femme pugnace, piqué par un intérêt certain. Vivant en dehors, mort en dedans. La drogue a tué son cœur et son cerveau, muselé ses sentiments, gonflé son amertume. Et que ça allonge les dollars, les lignes blanches et les verres de gin, sans jamais s'émouvoir. Le désenchantement a pris possession de son corps, autant que son indifférence léchant ses entrailles. Il réagit à peine lorsque Carter, engoncé dans son ivresse puante, se ramasse une baigne en pleine figure. Un seule rictus ourle sa lippe sans qu'il n'en soit certain. Cette fille l'amuse mais rien de ce qui l'entoure ne le percute ni le saisit : il est dans un entre deux. La rechute le rend las et nerveux ; Ezechiel cherche dans sa poche ce qui lui sera salvateur. Une clope, un tube de coke, un dollar. N'importe quoi pouvant provoquer le Salut de son âme. Foutaises. Achète toi ce que tu veux, cela n'emplira jamais le vide de ton cœur. Foutue pompe aortique. « Monsieur Rosenbach. » D'où ils viennent, ceux-là. Le ténébreux se tourne vers les vigiles ayant fendu la foule avec véhémence, tels des gorilles apprivoisés accourant au moindre glas de cloche. Ezechiel se souvient alors de la scène cocasse : la petite blonde frappant le grand capitaliste, ses yeux de chien battu lorsqu'elle l'a toisé lui, dans un appel au secours. Pas foutu de l'en dépêtrer, trop défoncé à l'acide pour ce faire, seulement perdu dans ses grands discours. « On ne frappe pas une femme. » Ca se tient. Mais lorsqu'un enfoiré capitaliste s'en prend plein la gueule, ce sont les primates en costard qui rappliquent afin de l'en défendre. La société, frelatée jusqu'à la lie, a décidé de secourir les riches et de condamner les nécessiteux. C'est qu'ils devraient y réfléchir à deux fois, avant d'être pauvres.

La main qu'il a plongé dans la poche lui confère un air de dandy ; charme brut, assurance incisive, pupille dilatée. La différence entre un courtier et un junkie ne subsiste que dans les atours : le camé est repérable à ses oripeaux, jean délavé, baskets crasseuses. Quand son pendant a l'intelligence d'endosser une veste Gucci ainsi qu'une chemise Versace, inspirant dès lors le respect de ses paires et le silence de ces derniers. « Que s'est-il passé ? » meugle l'un des vigiles tandis que les deux autres s'obstinent à relever un Carter à la patience érodée, sa voix rocailleuse scandant des insultes envers son assaillante. L'oeil mordoré d'Ezechiel accroche brièvement son ami à la démarche vacillante, jauge la situation du peu de lucidité qui lui reste, suppute que demain Carter aura tout oublié. Lui aussi probablement. Du moins s'il s'obstine à boire encore afin d'oublier cette soirée désastreuse. Bad trip et fille absente à son bras. C'est que cela le mettrait presque sur les dents. C'est alors que s'entame la bataille intérieure, nourrie par les résidus d'ecstasy et d'alcool, entre son amusement malsain et son intérêt piqué à vif. Ezechiel glisse une oeillade rapide sur la petite blonde : grand front blanc, lèvres charnues, une beauté morbide et froide. Différente de ces félines juste bonnes à miauler à chaque caresse. Il l'envisage comme il la dévisage, se dit qu'il n'a jamais couché avec une taularde, tiens. Et cette petite blonde pourrait bien être sexy en combinaison d'un orange criard, quand bien même cela jurerait un peu trop d'avec son teint opalin.

« Il a glissé. » « Glissé ? » Le gorille arque un sourcil sous l'aveu impromptu. La chute est trop violente pour en accuser les lois de l'apesanteur, et plus encore, les insultes butant contre la lèvre ouverte de Carter accusent la danseuse et non pas le sol trop lustré. Les griefs sont vociférés avec haine et véhémence. « Glissé. » Insiste alors Ezechiel, le regard rembruni par l'irritation. « Remettez-vous ma parole en doute ou êtes-vous trop stupide pour voir qu'il est complètement défoncé ? » Bref coup de tête envers Carter. Lequel traîne une patte qu'il croit folle alors qu'il demeure tout à fait valide. L'absurdité misérable des grands pontifes capitalistes se miroite à cette seule scène : le besoin de tout ressentir à haute dose les cloue au pilori de la honte. Inconscients qu'ils sont lorsque la drogue investit leur organisme, ils s'adonnent à des jeux et des plaisirs laissant dubitatifs le commun des mortels. Comme noyer un hélicoptère dans une piscine. « Non je... du tout. » « Bien. Ramenez-le chez lui. Estimez-vous heureux qu'on ne vous traîne pas en justice. » Le concerné opine du chef bien qu'il n'ose s'offusquer face à cette injonction n'entrant pas dans le cadre de son travail. Les primates s'éloignent cependant, et aveux eux se dissipe la voix courroucée de Carter.

« Ne me dis pas que ça t'a troublée. » Il se remet brièvement les paroles de la petite blonde. Le puzzle de son esprit a ramassé les miettes de sa mémoire immédiate, bribes de souvenirs s'imbriquant trop mal les uns dans les autres. Comme un mauvais rêve. Ou un bad trip. Ses paroles hésitantes, son regard perdu et ses bras ballants. Ce qui a semblé la mener en déroute a grandement amusé Ezechiel. « Ce n'est pas la première fois que tu fais ça. Comment tu t'appelles, déjà ? » Katja, Anna ? Un truc en 'A', consonance sectaire. Euthanasia ? Diable, cela ne lui correspondrait que trop.

electric bird.
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Dim 15 Fév - 12:37

We've come here to stare.
J&Ez.
Le temps suspens son vole, le vide bourdonne d’un son informe nourrissant les obscurités de son esprit. Ses paupières s’agitent, ses yeux vont et viennent, s’arrêtant un instant sur le visage impassible de l’inconnu, sur celui, explosé de Carter et sur son poing serré. Une douleur vive s’empare de sa main dont les tremblements agitent les chairs légèrement ouvertes. Grincement de douleur, respiration haletante, envie de fuir mais incapacité de réagir. Elle se contente de demeurer immobile, réduit au silence, le pantin attend les directives du marionnettiste qui, elle peine à se l’avouer, n’est autre que l’homme au regard fauve. Un tremblement, nouveau sursaut de désespoir alors qu’elle s’assoit sur son tabouret, croise les jambes dans un mouvement de nonchalance feint. Son regard détaille l’inconnu parfaitement tenu dans son costard aux tissus nobles. Elle soupire, alors que les gorilles s’avancent, fondant la foule, jouant des coudes et s’approchant de leur démarche éléphantesque dépourvue de toute grâce, payés pour faire peur, payés pour imposer le silence et le respect. Mais, face à eux, se dresse un ennemi plus grand dont la posture et la tranquille froideur de son regard glacerait le sang au plus téméraire des gorilles. Un nom sort de leurs lèvres. Un nom provoquant un frisson dans le corps de la demoiselle qui comprend qu’elle n’a plus les cartes en main, qu’elle ne les a jamais eu. Rosenbach… Pas besoin de lire la presse New-Yorkaise pour connaître ce nom. Courtier, homme puissant dont l’intelligence redoutable n’a d’égal que sa richesse. Or, qui dit richesse sous-entend pouvoir et lorsque son regard croise sa pupille sombre, Jénova comprend que lui seul pouvait décider de son destin. Frisson et rictus de dégoût, elle détourne le visage, attend impassible que l’homme prenne sa décision. Est-ce cela être riche ? Pouvoir commettre toutes les frasques possibles et inimaginables sans pour autant craindre une quelconque retombée néfaste ? La blonde songe à son propre argent dormant tranquillement sur un compte en banque. Richesse outrancière à laquelle elle ne touche jamais, héritage refusé, oublié, destiné à lui apporter chaque mois toujours plus d’intérêt sans que jamais elle n’ouvre son livre de compte. Elle a troqué sa demeure pour un appartement sans prétention. La classe parisienne pour les sobriquets du Bronx et pour la moiteur de cette boîte de pétasses dansantes, sans avenir.

Et lui… Tranquille assurance, regard droit, homme habitué à la puissance, accoutumé à la parole salvatrice qui sera aussitôt écouté. Le seul Dieu de ce monde pourri jusqu’à son essence à le visage d’un billet vert et la blonde ne peut qu’en ressentir un certain dédain. Cet homme représente tout ce qu’elle exècre, ce qu’elle évite et pourtant, sa décision seule décidera de son sort. L’envoyer à la guillotine où lui laisser continuer son existence paisible de danseuse perdue dans les affres laiteuses d’une destinée obscure ?
Carter hurle, il éructe à son encontre, chien abjecte. J le fixe, pupille vide, passivité extrême qui fut remplacé par une moue de surprise à l’écoute des mots d’une jeune courtier. Elle hausse un sourcil, lui jette un bref regard avant de reporter son attention sur Carter. Un sang hideux tâche son visage, coule le long de son menton, s’écoule sur le tissu soyeux de son costard cravate. Jénova cache avec peine un sourire amusé alors que Rosenbach conseille aux vigiles de le raccompagner chez lui. Les vigiles râles mais non guère le choix que de se plier aux exigences du richissime Rosenbach. Jénova leur adresse un regard contrit, balbutie quelques mots, encore surprise par la tournure que prenait la situation. Elle songe à son patron, à la maquilleuse et, à nouveau, à Carter qui disparait bientôt dans la foule ne devenant plus qu’une boule informe qui sera, dans quelques jours, jeté à la poubelle de ses souvenirs. Néanmoins, elle ne peut réprimer quelques inquiétudes. Si il revenait ? S’il tachait de lui nuire d’une quelconque manière que se fut ? Que risquait-elle ? Elle se promet de toujours garder une arme dans son sac désormais lorsque la voix du dandy la ramène à la réalité. Elle pose sur son visage ses billes divers, parvient à peine à figer son visage dans son esprit tant les affres de l’alcool et de la drogue faussent ses sens. De son visage elle ne s’accroche qu’à son regard mordoré et à ses lèvres doucereuses. Lèvres qui s’ouvrent, murmures. Voix lointaine, résonnant en son esprit comme un échos fantomatique.
« Troublée n’est pas le mot. » Elle reprend possession de sa langue, de son esprit, trouve une porte de sortie lui permettant de chasser les pantins de son inconscience. Ses pupilles accrochent à nouveau les siennes, ne le les lâches plus, seules lumières lui empêchant de sombrer. Doit-elle le remercier ? Les convenances l’imposent et pourtant, elle a bien du mal à avouer dans un souffle son infériorité, sa chute, le regret d’un éclat de colère incontrôlé et incontrôlable. Elle a horreur de ça la demoiselle, demeurer prisonnière de ses émotions, ne pas pouvoir maintenir sa raison maitre de ses actions. Révélateur d’un problème avec les hommes, d’un besoin de domination, de suprématie, de contrôle sur ces ombres belliqueuses dont les mains sales cherchent sans cesse à déposséder les femmes de leur fierté.
« Non. »
La conversation se poursuit, elle s’y accroche, répond du bout des lèvres sans quitter le réceptacle de ses matrices dorées. « Mes victimes n’ont, d’ordinaire, pas ta stature. » Sourire amusé, éclat d’euphorie traversant ses pupilles bleuté au blanc laiteux devenu un rouge éclaté. « Je n’ai jamais cassé de nez non plus. » Elle quitte l’habitacle mordoré, fixe son poing toujours serré comme prêt à en découdre à nouveau d’un air étonné. Elle détend ses doigts lentement, abandonne quelques secondes le courtier lorsque sa question brise les danses écumeuses de son esprit émoussé. « Jénova. »Répond-t-elle sur un ton absent. Dans un mouvement, elle commande un nouveau verre au serveur qui lui assène un regard inquiet. Elle lui sourit, air lointain peint sur son visage défait. Elle ne sentait pas plus en sécurité maintenant que demeurait à ses côtés cet homme dont la prestance provoquait en elle d’amer sensation. Entre fascination, crainte et besoin d’affirmation, de provocation. Elle se contrôle néanmoins, sait bien qu’elle n’aura jamais la main face à un homme de cette stature dont la froideur l’incommode quelque peu. Elle qui saisit si rapidement les nuances de caractère des êtres lui faisant face peine à pénétrer la carapace du richissime aux yeux fauves.
« Et toi ? » Son regard conquit à nouveau le sien dans un élan de curiosité. Elle connait le nom mais préférait pouvoir l’alpaguer par son prénom. Intimité non nécessaire mais qui viendrait rééquilibrer la balance de sa connaissance de l’autre.
Le serveur revient, deux gins-vodkas qu’il dépose d’un bruit sec sur le bar signe de mécontentement. C’est à peine si J saisit l’excès de jalousie alors qu’elle tend un verre à monsieur propre. « Merci. » Elle le murmure enfin ce mot qui lui écorche les lèvres dans un frisson d’amer échec.
« Tu as besoin de quelque chose ? » De danseuses, de drogues, de tous ce que J, en habituée des lieux était capable de lui trouver. Bien maigre compensation mais seule manière de se débarrasser au plus vite d’une présence dont elle ne savait que faire. Le rapport de domination était trop importante, la suprématie de l’être trop étouffante, son monde de chacal trop éloigné du sien.
crackle bones


Dernière édition par Jénova Arov le Dim 15 Fév - 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Dim 15 Fév - 15:25

Hey, Stripper
Jénova & Ezechiel

Les pupilles s'épinglent et se cherchent. La poupée blonde a dégoisé quelques mots, affirmé n'avoir jamais participé à telle esclandre auparavant. Son vis-à-vis opine alors mollement du chef, comme un 'dommage' résonnant taciturne sur ses lèvres carmins. Car la scène, bien que cocasse – et avouons-le également, prompte à nourrir le pathétisme de cette soirée – l'eut bien amusé l'espace de quelques instants. S'est brisée tout contre sa routine faite d'excès outranciers, a piqué sa réalité cotonneuse d'homme aisé. Ezechiel sent pourtant la rétine de la jeune femme se faire inquisitrice ; elle le sonde d'un regard en biais, le jauge mais le lit à peine. Ce qui bien sûr n'émeut ni ne secoue notre quidam capitaliste, lequel peut bien se foutre de ce que l'on pense de lui. L'avantage du pouvoir du dollar, c'est qu'il s'érige comme un dernier bastion et bâtit des murs que nul ne peut éroder. Les opinions des autres se fendent tout contre les billets verts puis s'étiolent face à la vénalité des richissimes. La société est ainsi faite : pas d'argent, pas d'opinions. Ou du moins feint-on de les entendre sans pour autant les mettre en pratique : l'on appelle ça la démocratie. Histoire que la populace se persuade de contrôler quelque chose, l'on donne à bouffer à cette vindicte populaire toute forme de tyrannie afin qu'ils ne la broient. Mais les véritables oppresseurs sont les milliardaires de ce monde. Et la plèbe n'y voient que du feu. « Jénova. » Ezechiel acquiesce alors (fait rare : il mime au moins un intérêt pour la réponse, lui l'imbuvable quidam) et est enclin à la réplique : « Ezechiel. » Inutile de tromper leur monde. Les présentations sont faites mais s'en rappelleront-ils le lendemain ? Sont-ils vraiment piqués d'intérêt par leur ersatz de conversation ? Laquelle s'avère bien plus policée qu'intrigante, car ni l'un ni l'autre ne semble porter un réel intérêt à son interlocuteur. Elle, le toise comme un indésirable mais se retient de le clamer haut et fort. L'on appelle ça la reconnaissance de l'instant. Lui, n'a ni le temps ni l'envie de s'épancher sur une conversation qui ne mènera à rien.

Le glas des verres plein élague quelque peu les fioritures gênantes de leur discussion polie. D'un verre de gin à la lippe, Ezechiel ne voit pas même le serveur le toiser de ses yeux assassins. Ne semble se focaliser que sur l'étrange petite blonde... Et Delilah en arrière plan. « Tu as besoin de quelque chose ? » Ezechiel pince sa lèvre de façon incommodée, mais peine à juguler une réplique acide : « Si j'avais besoin de quelque chose, je ne viendrais pas m'emmerder ici. » Pauvre petit capitaliste trop blindé. Sans privation ni dénuement, ayant comblé tous ses besoins par l'argent. La fringale de la vie se fait trop grande ; il a besoin de tester ses limites pour exulter et ressentir. Dernière oeillade envers la jeune femme soudain guindée, comme engoncée dans une gêne que de le savoir à ses côtés. Sa nuque s'est raidie, autant que son buste. Alors pour seule salutation, Ezechiel lui octroie un regard aussi irrité que polaire ; comme pour la défier de lui scander qu'il l'emmerde à respirer son même oxygène et occuper son espace vital. Peu importe, le riche quidam tourne alors les talons et s'en rejoint trouver Delilah afin de se repaître de stupre et de luxure.

electric bird.
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova] Dim 15 Fév - 16:29

We've come here to stare.
J&Ez.
Le tout se brise. Ses mots n’ont aucunes valeurs, ne trouveront aucune satisfaction auprès de cet homme dont les pupilles dilatés traduisent un ennui profond. Pour la vie, pour autrui, pour ces personnes qui ne s’achètent pas, pour toutes ces âmes perdues vivant au-delà des réalités d’un capitaliste cerné par l’argent, pourrit par l’opulence, par l’excès, par le vide qui n’a jamais de cesse de vouloir être comblé. C’est un gouffre, un machiavel dont la réalité échappe aux bonnes grâces de la jolie blonde. Elle n’a jamais aimé ce genre de personnes, n’a jamais su quoi leur dire. Trop lointain, trop insaisissable, l’âme déjà livré aux démons de l’opulence qui, toujours, appel à un vouloir plus. Et elle… Elle qui se contentait de rien, qui vivait à travers ces instants où la musique transcendait son âme pour la porter à la frontière de l’exaltation. Qu’elle intérêt une petite sotte dans son genre pourrait-il bien trouver à ses yeux ? Le souhaitait-elle seulement ? Elle le regarde, saisit son trouble, sa décadence, sa puissance et une moue sombre de dégoût remplace le sourire contrit ornant ses lèvres.
Elle lui donne son nom. Mouvement de tête imperceptible, voix sombre, hésitante, elle n’apprécie pas ce don de soi. Elle regrette déjà de lui donner, de ne pas demeurer la petite blonde indocile qui, le temps d’une brève seconde, éveilla son intérêt. Intérêt vite retombée, l’homme semblait plus prompte à redescendre et à s’étaler dans les affres de l’oubli qu’à exister sous l’euphorie et la sincère curiosité permettant à deux âmes de se rencontrer. Est-il seulement possible de le rencontrer ? Lui qui n’est que billet vert, qui paye les filles, court après un rien, qui ne trouve jamais grâce auprès de rien. Tout d’un coup, le riche courtier lui semble bien pathétique et bien triste. Il faisait partie des dirigeants de ce monde, pouvait tout obtenir en un claquement de doigt mais ne possédait aucunement la richesse du cœur et de l’esprit. Il ne valait pas mieux que ce pauvre junkie faisant la manche dans l’espoir de se payer sa dose d’héro pour échapper à la souffrance d’une nuit de manque. La seule différence demeurait en le fait que son argent lui permettait de n’être jamais à cours de dose, jamais à cours d’excès et de ne pas être relégué dans la case « pitoyable merde droguée » qui ne trouvait aucune révérence aux yeux d’une société étranglée par la force de l’argent.

Il lui dévoile son nom et J se bouche les oreilles. Elle a changé d’avis, elle ne veut plus savoir, l’équilibre n’a pas de sens, elle préfère demeurer à ses yeux une vulgaire petite catin, cela n’a pas d’importance. De son identité elle n’entend donc que le Ez ce à quoi elle répond par un soupire indistinct. Elle sait qu’il remarque son ennui, qu’elle se censure, se retient de lui cracher son dédain au visage. A quoi bon ? Il s’en fiche. Son avis, son jugement, ne vaut pas mieux que celui de son ivrogne de collaborateur qu’il laissa aux mains de gorilles. Néanmoins, il lui a empêché de bien sombres ennuis si bien qu’elle lui offre un verre pour le remercier. A ces yeux ce geste ne trouvera sans doute aucune grâce cependant, cela suffit à rasséréner Jénova. Dans le même souhait de répondre à ses valeurs humanistes, elle propose son aide à baron perché qui lui répond d’une voix emplit de dédain et d’arrogance. Elle lui répond dans un sourire, un sourire triomphant quoi que quelque peu attristé. « Bonne chance Ez. » S’entend-elle dire alors qu’il s’éloigne, disparaissant dans la foule et la laissant seule avec son verre à moitié vide. Un coup sec et elle disparaît à son tour désireuse de retrouver son lit et d’oublier bien vite cette soirée qui ne fut qu’un long et douloureux échec.

Demain sera un autre jour…
crackle bones
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MessageSujet: Re: We've come here to stare. [Jénova]

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We've come here to stare. [Jénova]

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