It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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[LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge.

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MessageSujet: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Mer 4 Fév - 15:34

La neige était tombée apportant avec elle vent glaciale et silence cotonneux. La ville demeurait figée. Figée dans un étau de glace obligeant les citoyens à réfléchir à deux fois avant de sortir en ville. Les routes étaient coupées, les transports presque inexistants et les rues si glissantes qu’il était conseillé de se déplacer en patin à glace. Une semaine que cela durait. Une semaine que J râlait lorsqu’elle voyait, anxieuse, arriver l’heure de se rendre au travail. Chose malaisée quand votre travaille consiste à échauffer les foules en offrant votre corps au regard des âmes perdues du soir. Chose malaisée quand même les hommes les plus en manque de tout New-York préféraient rester chez soi devant un bon porno. Se déplacer par un temps de chien pour danser devant quelques rares cloportes J détestait cela. Néanmoins, son patron ne semblait pas d’accord quand elle lui suggéra de fermer boutique le temps que les choses se calment. Que LA chose se calme : ce temps, ce putain de temps.

Morose fut son humeur lorsqu’elle s’éveilla se matin là. Laissant glisser une jambe hors du lit, elle frissonna au contact de l’air glaciale malgré la température élevée régnant dans son appartement. Grognant, elle s’agita plusieurs secondes dans son lit, ferma les yeux cherchant à reconquérir le sommeil lorsque son ventre fit entendre son mécontentement. La faim. Second ennemi pernicieux quand une semaine de boulot et de neige vous avait empêché de faire les courses. Ennemi coriace quand votre unique jour de repos portait le nom de dimanche. Dimanche… Casse la tienne me direz-vous ! Nous sommes à New-York. Un New-York transformé depuis une semaine en glaçon géant et où il fallait parcourir plusieurs kilomètres pour trouver un supermarché d’ouvert.
Nouveau grognement, son estomac se tordait et J trouva enfin la force de se redresser. Un regard au dehors et le désespoir revient au galop : il neige encore, le ciel est blanc et son frigo est vide.

Elle s’assoit au bord de son lit, termine les quelques lattes de son joint de la veille avant de s’emmitoufler dans sa robe de chambre cotonneuse. Allant jusqu’à la cuisine, elle ouvre les placards, cherche désespérément de quoi se mettre sous la dent lorsque son regard repère une  boite de chocolat. N’écoutant que les complaintes de son ventre, ses doigts se saisissent du paquet, arrache l’emballage d’un petit chocolat blanc dans lequel ses dents croquent avec gourmandise. Goût acre, visqueux, mauvaise surprise. J recrache soudainement du chocolat prémâché dans le creux de sa main et découvre avec surprise un petit fil blanc s’agitant. Putain. Rictus de dégoût et trois cracha plus tard la voilà qui se débarrasse de ces monstres de gourmandises rongées par les vers tout en luttant contre l’idée que ses dents, ses douces dents avaient éclatés en deux morceaux distinct un affreux lutin blanc.  

Une douche et deux lavements dentaires plus tard là voilà qui s’apprête à affronter le froid. Trois collants enfilés, un jean ajusté, une paire de chaussette, des bottes, trois sous pull et un manteau devrait suffire à affronter le vent glacial. Soupirant, elle attrape son sac bien décidée à trouver un bar d’ouvert avant de descendre les marches de son immeuble quatre à quatre.
La lumière hivernale lui arrache les yeux alors qu’elle s’élance dans la rue. De la neige, de la glace et une luge. Une putain de luge abandonné par un connard de gamin pile poile DEVANT la porte du hall de son immeuble. Le temps s’arrête. Elle sent bien que son pied vient de se bloquer dans quelque chose mais elle est incapable de lutter. Un cri, son corps se pli en deux, ses mains tentent désespérément de s’accrocher à quelque chose de stable alors que sa course commence. Elle cri, se cramponne comme elle peut à ce bout de plastique rouge qui dégringole à une vitesse incroyable sa rue. La chute est proche, elle se cramponne essaye de se saisir des freins de l’engin lorsqu’il percute violemment ce qui semble s’apparenter à des jambes dont la rencontre providentielle vint stopper net sa chute.

Se débattant dans son grand manteau J parvient enfin à retrouver l’endroit de l’envers, tête en haut et jambes à terre, voilà. Levant les yeux, elle cherche un contact avec l’individu qu’elle venait d’heurter tout en essayant de garder une certaine dignité, cela fut sans compter le grondement de son ventre qui vint ruiner sa possibilité de ne pas paraître complètement dingue aux yeux de l’inconnu. Manquerait plus que ce dernier l’est déjà vu su scène et ça serait la fin des haricots.

« Je suis vraiment désolée je… C’est la luge là devant chez moi et… Je ne vous ai rien cassé ? » Elle s’inquiète tout reprenant son souffle. Le cul par terre et les mains dans la neige, elle vient de se rendre compte qu’elle a oublié l’essentiel : ses gants.

Journée de merde.


Dernière édition par Jénova Arov le Ven 13 Fév - 14:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Jeu 5 Fév - 11:44


Jenova & Joy
Mal de tête affreux, je tentais tant bien que mal de me lever alors que j’avais juste l’impression qu’une barre traversait ma tête de part en part. C’était ça à chaque fois que je goutais la cam que je devais vendre. Je me devais d’être connaisseuse à chaque nouvelle cam qui arrivait. Et cette merde allait me rendre barge. Si j’étais clean en temps normal, je commençais un peu à avoir peur de tomber accro à l’héroine et toute autre merde de ce genre à force de gouter. Même si c’était moindre, juste de quoi tremper le petit doit dedans, j’avais l’impression qu’à chaque fois, j’avais de plus en plus mal partout. Toussant franchement, je crachais mes poumons, la gorge enrouée. Putain de froid. Tâtant la table de chevet j’attrapais des médicaments achetés la veille avant de les avaler. Fallait que je me bouge. Quelle heure il était ? Je n’en savais rien. Mais je devais me bouger et aller vendre la cam. Dur d’être une nana dans ce genre de milieu. Passant une main dans mes cheveux je me levais tout en titubant jusqu’à la salle de bains. Glissant sur la serviette encore mouillé de la veille, je me pris le lavabo en plein ventre avant de m’étaler par terre. Doux jésus. Ma vie était merdique. Restant au sol un long moment, je soupirais avant de me relever pour aller dans la douche. Eau brulante sur mon corps, je mis plusieurs minutes à comprendre qu’un truc n’allait pas. Mes fringues. Posant mes mains sur le mur, je laissais mon front s’éclater à son tour dessus. Maman, si tu me vois de là-haut, pitié, ne me juge pas. Voilà ce que je pensais à chaque fois que j’avais honte. Enlevant mes fringues, avec une difficulté pas possible, quelle idée d’être si lourd une fois imbibé d’eau ! Avant de les balancer dans le lavabo. Une fois réchauffée et surtout propre, je sortis, m’enroulant dans une serviette à la rache je cherchais des fringues propres avant de me dire qu’il serait peut-être temps, oui, de faire une machine. Histoire d’avoir des fringues propres quoi. Qui sentent bon. Qui ne put pas quoi. Plissant le nez sous l’odeur de certaines chaussettes, je me mis à faire le tri avant d’enfiler ce qui était propre, ou du moins, semblait l’être au vu de l’odeur. Un simple jean et un simple pull. Ma foi, j’avais l’habitude de me geler les nichons alors au point où j’en étais. Enfilant des baskets, je cherchais ma veste et mon écharpe avant d’enfiler le tout. La machine attendra. Je crevais la dalle et je devais trouver de quoi bouffer. J’étais tellement souvent chez moi, que je n’avais même pas besoin de fouiller les placards pour savoir qu’il n’y avait rien à manger. Briquet en main, paquet de clope de l’autre, je mis plus de vingt minutes à trouver mon téléphone, qui se trouvait sous mon matelas. Comment il avait atterrit ici ? Je ne préférais pas savoir la réponse. Reniflant, je quittais mon appartement, miteux, avant de dévaler les escaliers et sortir dehors. Frissonnant, je soufflais dans mes mains avant de partir pour trouver de la nourriture. Entendant un drôle de bruit derrière moi, je me retournais pour voir ce qu’il se passait avant de me faire couper les jambes et me retrouver au sol dans la neige. Glissant un peu, je roulais sur moi-même avant de m’arrêter face dans la neige. Toussant, je me redressais comme je pus en me demandant si j’avais toujours mes jambes accroché à mon corps. Je ne les sentais plus. « Je suis vraiment désolée je… C’est la luge là devant chez moi et… Je ne vous ai rien cassé ? » Une fois de fille. Tournant la tête vers elle, je vis une blondinette sur la luge, en effet. Foutu luge. Elle sortait d’où hein ? « Je sens plus mes jambes. » Dis-je en me contorsionnant pour les toucher. Ça serait plus facile si je tournais sur le dos pour m’assoir. Mais non, fallait que je fasse dans le compliqué, c’était bien plus fun. N’arrivant pas à mes les toucher, je finis par rouler sur le dos avant de voir mes jambes accrochés à mon corps et qui semblaient plutôt bien. Je les bougeais, légèrement, la douleur commençant à se faire sentir. « Elles reviennent. » Dis-je alors en me les tâtant comme une débile. « Enfin. Je les sens, et pas qu’un peu là. » Dis-je en grimaçant légèrement. J’étais tout de même balèze, parce qu’avec le choc, j’aurai pu avoir une jambe cassée ou que sais-je encore. Je n’y connaissais rien en corps moi. A part sexuellement parlant. « Et vous ? Ça va ? Votre cul ? Ou votre dos ? Tomber là-dessus, ça doit piquer. » ajoutai-je alors en me relevant doucement pour me masser l’arrière des jambes, à l’endroit où ça me faisait mal. L’observant longuement, je me demandais si elle vivait dans le coin. Je ne l’avais jamais vu. M’enfin, j’étais jamais là, donc forcément, je ne connaissais même pas mes propres voisins… alors… ça ne m’étonnait même pas de ne pas la connaitre elle. « Enfin. Faudrait tuer ce gamin, là. Non parce que cette luge-là, elle ne peut qu’appartenir à un gosse. Foutu gosse. Foutu parent. » crachai-je en lui tendant la main pour qu’elle se relève.

Chocolat blanc et luge rouge.



j'ai vu que c'était libre et comme Joy vit dans ce quartier ça dérange pas hein ? 10
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Jeu 5 Fév - 13:22

Ses doigts sont glacés, sa respiration difficile, sifflante. L’instant du choc passé, J se rend compte combien elle avait de la chance de ne ressentir que quelques douleurs et un fichu mal de crâne. Néanmoins, elle avait bien du mal à remettre de l’ordre dans ses idées. Le regard figé dans une expression choquée sur l’individu lui faisant face, elle crut un instant l’avoir tué tant l’impact fut violent. Les jambes de l’inconnue furent coupées et elle tomba dans la neige, s’effondra sous l’impact sans avoir la chance de comprendre ce qui se passait. Lorsqu’elle lui annonça d’une voix entrecoupée qu’elle ne sentait plus ses jambes J sentit un vent de panique l’envahir. Les battements de son cœur heurtèrent plus violemment encore sa poitrine alors qu’elle se voyait déjà appelant les urgences pour venir en aide à la jeune femme. Autant vous dire que cette idée ne lui plaisait guère et un réel soupire de soulagement s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle vit les membres de l’inconnue réagir. Plus de peur que de mal, trois jours de courbatures et toute cette mésaventure pourra être racontée dans un éclat de rire. La vie offrait parfois de bien drôle de situation.

La demoiselle réagit plus vite qu’elle. La voilà déjà debout s’inquiétant de l’état de Jénova qui, comme perdue dans un rêve revient difficilement à la réalité. Elle bouge les mains, accepte l’aide de l’inconnue et se redresse enfin avec difficulté. Ses jambes crient, ses bras tremblent et son crâne est assaillit par un orchestre de timbales et de tambours. Elle titube un instant, s’écarte de la luge et enlève enfin la neige la recouvrant. « Je crois que je vais m’en remettre. » Finit-elle par articuler d’une voix tremblant avant de jeter un regard à la rue qu’elle venait de dévaler à toute vitesse. Son esprit papillonne, le stick fumé plutôt agit soudainement sur elle si bien qu’un léger voile blanc passe devant ses yeux. Non. Ce n’est pas le moment de s’effondrer, pas le moment de laisser la fatigue l’emporter, elle c’était bien suffisamment ridiculisée comme ça. La voix de la jeunette lui parvint, elle se retourne et fixe pour la première fois son visage. Visage de poupin, délicieusement rond, un regard en amande, des yeux fatigués, cernés, elle n’a pas l’air en meilleur état qu’elle. Curieusement, cela la rassure. « Et bien… Il est clair qu’il doit manquer d’éducation ce gosse… Ou de surveillance, qu’importe. » Elle râle quelque peu avant de pousser la luge dans un coin, s’assurant que personne ne risquerait de vivre le même accident qu’elle.

« Encore désolée. On a eu de la chance finalement. » Elle sourit légèrement, reprend en consistance avant de tendre sa main à l’inconnue : « Je suis Jénova mais appelle moi J. J’allais prendre un café et trouver un truc à me mettre sous la dent. Je peux t’inviter ? Ca sera ma manière de me faire pardonner. »
Elle sourit à nouveau, plus à l’aise à présent et également heureuse d’avoir trouver une compagne d’infortune pour quelques heures.


H.S : Chui contente dis ! Ma réponse n’est pas géniale je m’excuse… Je me rattraperais au prochain poste !


Dernière édition par Jénova Arov le Lun 16 Fév - 18:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Mer 11 Fév - 12:10


Jenova & Joy
Dans le genre pas de chance, on pouvait aisément me nominer. Pas que j’attirais la malchance, ou la poisse autour de moi à chaque fois, mais… On ne pouvait pas dire que j’avais souvent de la chance pour autant. C’était surement mon karma. Qui avait commencé ce jour-là, alors que je n’avais que six ans. Ce jour où ce type avait fait tuer ma mère et mon nouveau père sous mes yeux, sans qu’il sache que j’étais dans le placard de la chambre. Je n’avais jamais pu oublier ses yeux, sa voix… Son visage. Soupirant, je chassais ses pensées de ma tête, ne voulant pas y penser dès le matin. Ou plutôt dès mon réveil. Et puis pour le moment j’avais autre chose à penser. Comme m’occuper du fait que je venais d’être fauchée par une luge en folie et une petite blonde à son bord. Apparemment luge postée devant chez elle. Foutu gosse… On n’y pouvait rien d’ailleurs. « Je crois que je vais m’en remettre. » Je l’espérais, enfin, au moins elle avait l’air de ne pas s’être fait mal, c’est tout ce qui comptait. Ça serait un comble que de se casser quelque chose de cette façon, surtout à cause d’une luge d’un gosse mal rangée. « Et bien… Il est clair qu’il doit manquer d’éducation ce gosse… Ou de surveillance, qu’importe. » « Faut dire que le quartier malgré sa beauté… N’attire pas que des lumières. » Pas besoin de préciser de quelles lumières je parlais. Ça voulait tout dire. Le Bronx était loin d’avoir une classe sociale assez faramineuse. C’était surement cliché de ma part… Mais je ne faisais que constater. Les gosses faisaient ce qu’ils voulaient et les parents ne s’en occupaient pas. C’était là, un bel avenir qui promettait. Ou pas. « Encore désolée. On a eu de la chance finalement. » Secouant la tête, comme pour lui faire comprendre que ce n’était rien, e regardais la dite luge avant de regarder autour de nous. Personne à l’horizon, elle était de couleur rouge, ils ne pourraient pas la rater. Personne ne pourrait refaire ce qu’elle venait de faire. « Je suis Jénova mais appelle moi J. J’allais prendre un café et trouver un truc à me mettre sous la dent. Je peux t’inviter ? Ça sera ma manière de me faire pardonner. » Tendant ma main à mon tour j’attrapais la sienne dans un signe de politesse le sourire aux lèvres. « Je m’appelle Sunny. Mais tu peux m’appeler Sun, ou SunSun. Et pourquoi pas. J’allais moi aussi me chercher à manger à vrai dire. » Dis-je en lâchant alors sa main avant de les enfouir dans mes poches pour me réchauffer un peu. « Je ne t’ai jamais vu dans le coin ? T’es nouvelle ? » Bon peut-être pas, mais comme je n’étais pas là souvent, je ne faisais même pas attention… Manquant de glisser sur une plaque de verglas, je me rattrapais in extrémis avant de ruminer. « Putain de neige. Parfois je rêve de vivre sur la côte ouest. Au sud. Genre Los Angeles. San Francisco. Bref, là où la neige ne va jamais. » Mais c’était un doux rêve. Et puis, avant de pouvoir y aller, j’avais des choses à régler ici. Comme assouvir cette vengeance. Et rendre justice à mes parents…

Chocolat blanc et luge rouge.



T'inquiète Je sais pas si t'as vu mais je t'ai fais les gifs 67 ils sont sur bazzart hihi
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Ven 13 Fév - 14:08

L’instant du désarroi passé, Jénova retrouva bien vite une contenance et se débarrassa de la maudite rouge tout en pestant silencieusement contre son propriétaire. Reportant son attention sur la demoiselle, elle lui offrit un léger haussement d’épaule marquant sa passivité lorsqu’elle fit état des personnes fréquentant le quartier. Elle n’avait pas tord bien sûr. Le Bronx n’était pas habité par les bourgeois de New-York et c’est en son sein que se mêlait pauvres gens aux revenues modestes et brigands faisant leurs lois. Cependant, et bien qu’elle eut l’argent nécessaire pour habiter dans un lieu plus sécurisant J aimait l’ambiance toute particulière de son quartier. Bien qu’on y fut pas toujours en sécurité et que les règlements de comptes rythmaient les nuits du Bronx chaque lieu était néanmoins emprunt d’authenticité. Jénova avait toujours préféré fréquenter les bas quartiers que ceux avoisinants. Ici, elle retrouvait des bars de Jazz, pouvait se perdre des nuits durant dans les rues vibrant au son d’un lourd hip-hop craché par l’autoradio d’un break-danseur de talent, rencontrer des gens vrais, marqués par la vie mais dont l’état d’esprit demeurait plus près de ses valeurs et de ses idées. Elle vivait ainsi parmi les pauvres en cachant sa richesse, avait préféré troqué sa vieille demeure parisienne pour un petit appartement sans prétention et se trouvait bien mieux dans son élément à présent.
« Le monde est peuplé de cons. » Conclu-t-elle finalement, marquant fin à ses réflexions avant de serrer la main à son inconnue qui lui dévoila finalement son identité. Sunny… Un prénom plein de fraîcheur et d’enthousiasme qui contrastait avec l’attitude fatiguée et l’apparente lassitude transpirant à travers les mots de la jeune femme. Jénova lui offrit un sourire, intriguée par le caractère piquant que semblait posséder la jeune femme. « J’aurais préférée te rencontrer dans d’autres circonstances mais… Enchanté Sun. »

Enfouissant les mains dans les poches de son manteau, elle invita Sun à se joindre à elle pour s’excuser mais également pour fuir la solitude de son appartement. Bien que fatiguée par ses soirées de travailles Jénova se refusait à prendre un peu de repos. Manière pour elle de fuir ses silences, ses fantômes et ses questionnements. Elle préférait les banalités échangées au court d’une brève rencontre plutôt que l’amer odeur de la solitude qu’elle ne supportait décidemment bien difficilement.
« Il y a un fast-food un peu plus loin. » Lâcha-t-elle tout en prenant la route d’un pas rapide ayant à présent hâte de trouver quelque chose à se mettre sous la dent.
« Ca fait quelques mois que je suis là maintenant… Cela dit, je ne t’ai jamais vu non plus. » Répondit-elle tout en faisant attention où elle mettait les pieds. Sun, quant à elle, manqua de tomber une nouvelle fois et J l’aida à retrouver son équilibre non sans sourire, amusée par cette poisse qui semblait vouloir les poursuivre.
« L’avantage à New-York c’est que chaque période de l’année est contrastée. A Paris l’hiver se résume à un ciel gris et de la pluie et l’été est gorgée d’humidité et rythmé par les orages. »
Répondit-elle dans un sourire, trouvant toujours le moyen de tirer le positif d’une situation.

Arrivée devant le fast-food, elle entra et se dirigea près d’une borde de commande le ventre grognant d’impatience.
« Prends ce que tu veux. » Lança-t-elle à l’attention de Sun tout en comandant un burger, des frittes, un soda et un beignet en guise de dessert. Il était certes, un peu tôt pour se gaver de la sorte mais cela ne semblait déranger la jolie blonde qui, entre sa pratique de la boxe et son travaille n’avait guère à se soucier de l’entretient de sa ligne. Elle pouvait avaler n’importe quoi à n’importe quelle heure sans que cela engendre la moindre différence sur la balance. Une liberté de manger dont elle ne se privait pas.
« Et toi alors, tu vis ici depuis longtemps ? »
Reprit-elle tout en laissant à Sun la possibilité de passer à son tour commande.
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Dim 15 Fév - 23:38


Jenova & Joy
« Le monde est peuplé de cons. » J’hochais la tête en lui serrant la main. « Heureusement qu’on n’enferme pas les cons en prison. On y serait surement. » Autant être honnête… On était tous un peu con dans le fond. « J’aurais préférée te rencontrer dans d’autres circonstances mais… Enchanté Sun. » « Au moins on pourra dire qu’on a eu une rencontre original. Ce n’est pas tous les jours que ça se passe ce genre de rencontre. » Une luge sur le trottoir et le dévaler le cul dessus non plus ce n’était pas courant. Ou alors j’avais raté un truc. Mais j’en doutais. Ce n’est pas comme si y’avait de la neige tous les hivers sur New-York. Marchant à ses côtés j’enfouissais bien mes mains dans mes poches, sautillant de temps en temps, comme si je marchais sur des ressorts. J’aimais bien sautiller, c’était cool de sautiller. « Il y a un fast-food un peu plus loin. » Good un fast-food. Je ne pouvais pas rêver mieux ! « Ca fait quelques mois que je suis là maintenant… Cela dit, je ne t’ai jamais vu non plus. » « Je suis rarement chez moi en fait. » Et c’était vrai. Ou quand j’y étais, je ne sortais pas, et personne ne pouvait savoir si quelqu’un vivait dans l’appartement ou pas. « L’avantage à New-York c’est que chaque période de l’année est contrastée. A Paris l’hiver se résume à un ciel gris et de la pluie et l’été est gorgée d’humidité et rythmé par les orages.  » Oh vraiment ? J’essayais d’imaginer ce que ça pourrait donner sur la grosse pomme mais j’avais du mal. Beaucoup de pluie et d’humidité en été ? Ça devait être bizarre. Ça me faisait penser au climat tropical tout ça moi. « Ça me fait penser aux climats tropicaux. C’est normal ? » Demandai-je en tournant le regard vers elle tout de même sacrément curieuse pour le coup. Pourtant que je sache, la France n’était pas dans un climat tropical, ou alors j’avais raté mes études. Enfin… Je ne m’étais pas non plus foulée à l’école, ça pourrait expliquer pas mal de choses… Arrivant dans le fast-food, je me posais derrière elle, à la borne, prête à passer commande. « Prends ce que tu veux. » Vraiment ? Ne répondant rien, je la regardais faire, pour voir ce qu’elle prenait. Wouha. Si chétive et elle mangeait autant. Cool. Je ne passerai pas pour une folle donc. « Et toi alors, tu vis ici depuis longtemps ? » Souriant en coin, une fois qu’elle eut fini, je passais à mon tour la commande. Un hamburger, des frites, une grande boisson, des chicken Wings, et une glace en dessert. Me léchant les babines l’air de rien, je salivais déjà sur tout ça. « Je vis ici depuis un an, mais j’ai toujours vécu sur New-York, en fait. » Mais ici c’était cool, et puis soyons honnête, pour vendre la drogue, c’était encore plus pratique, ici, pas mal de demandes se faisaient. « Et toi ? T’as toujours vécu sur New-York ? » Demandais-je en attrapant le papier de la commande que venait de pondre la machine avant de le regarder, comme s’il s’agissait du saint graal. Ouais, bon c’était presque ça. Mon ventre criait encore plus famine rien qu’à la lecture du récapitulatif du menu. Déglutissant, je sautillais l’air de rien avant de regarder en direction du comptoir, les nanas s’attelaient à la commande. Cool ! « Je pète la dalle. Je mangerai un bœuf. » Dis-je plus pour moi-même que pour ma nouvelle amie. Je lui fis signe de m’attendre avant d’aller prendre les plateaux qui étaient déjà prêt. Laissant la femme cocher que les desserts n’étaient pas pris, je pris un numéro avant de la rejoindre les bras chargés. « C’est bon ! On peut aller s’empiffrer ! » Ajoutai-je en posant le tout sur la première table qui passait près de moi, parce que oui, c’était les tables qui passaient prêt de moi et pas moi, c’était bien connu.  

Chocolat blanc et luge rouge.


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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Lun 16 Fév - 18:42

Un bref éclat de rire amusé franchit la barrière de ses lèvres à sa réplique. Elle n‘avait pas tord hélas, nous étions tous le con de quelqu‘un, l’insupportable, le désaimé, qu’importe l’être que vous pouviez être. « Heureusement que ce n’est pas le cas alors, ça serait la mort de la civilisation. » Sourire complice, Jénova se sentait déjà plus à l’aise en compagnie de la jeune demoiselle dont la vivacité d’esprit faisait naître en elle une innocence oubliée. Reprenant la route, elle écouta ses dires sans se départir de son sourire. Certes, sans cette luge, sans cette chute incroyable sans doute n’aurait-elle jamais eu l’occasion de la rencontrer et qui, sait, peut-être trouver une nouvelle âme qui serait la complice de ses heures de solitudes. « Original, c’est le mot. Du coup, je suis plutôt reconnaissante à cette luge et à ce gosse. » Nouveau sourire, tranquillité d’esprit remplaçant la morosité précédente. Les nuages disparaissent pour laisser place à une curiosité sincère alors qu’elle laisse son regard errer sereinement sur les alentours. La neige faisait fuir les plus courageux, les rues demeuraient vides au même titre que les routes d’ordinaire emplit de monde à cette heure-ci. Silence doux, même les flocons continuant de chuter du ciel ne parvenait à chasser son sourire perlant ses lèvres. « Ahah oui, mais rassure toi, ce n’est pas encore l’Amazonie disons que… Le climat change avec les années. La faute à la pollution ou… Peut-être que la nature suit son cours et se transforme d’elle-même. Quoi qu’il en soit, le climat s’en ressent mais on est encore bien loin d’un véritable climat tropicale, fort heureusement. » Elle répond d’une voix douce se perdant dans ses souvenirs lointains où, jeune tête blonde, elle se livrait à des courses effrénées dans les rues d’un Paris déserté par les habitants. Peut-être était-ce là le seul véritable bon souvenir qui demeurait de son enfance. L’été en ville, le silence, la douce chaleur et l’impression de pouvoir conquérir la ville. Autre monde, autre époque, parfum d’innocence trop vite assombrit par des questionnements d’adultes intervenues trop rapidement. Elle se sentit soudainement si vieille et dépassée que voir Sunny sautiller à ses cotés la fit sourire à nouveau. Elle aimait cette euphorie, cette indolence, cette fraîcheur. C’était rafraichissant et elle se sentit soudainement plus légère, tranquille comme si la rencontre avec cette demoiselle lui permettait d’appuyer un instant sur « stop ».

Elles entrèrent dans la fast-food, J prit sa commande avant de laisser faire Sun. Celle-ci ne s’en priva pas et choisit de quoi caler le plus gros des appétits. Point commun amusant qui ravit la jolie blonde. Se hâtant de régler la commande, elle laissa Sun se saisir du ticket sur lequel elle porta un regard si plein d’entrain que J ne put se retenir de pouffer de rire. Elle adorait ça, cette manière de s’extasier pour un rien si bien qu’elle-même se mit à se frotter les mains ayant hâte de pouvoir estomper les derniers embruns d’alcool continuant d’obscurcir son esprit.
Sun répondit à sa question. Une natif, une vraie new-yorkaise. Blondie songea que son excentricité venait sans doute de cela. Les américains étaient plus fous, plus enclins à la dérision que les français bien trop froid, bien trop sérieux, toujours prêt à porter sur son voisin un jugement dangereux, hâtif. Sans doute est-ce pour cela que J avait choisi de se construire dans un mouvement de provocation, refusant les cases, refusant les codes, désireuse de choquer pour mieux exister, pour mieux s’imposer. Ici ce n’était pas la peine, vous pouviez très bien choisir de sortir avec une plume dans le cul que personne ne trouvait rien à y redire, d’où ce sentiment de vide étrange, ici, elle n’était qu’une fourmis parmi les fourmis, contraste brutale.
« Non. Je suis une parisienne attirée par la fièvre new-yorkaise. Je ne suis pas déçue du voyage. » Moue amusée, Sun va se saisir de leur commande et elles s’installent enfin à table. « Et moi donc ! » J se frotte les mains, attrape son burger qu’elle sort en vitesse de son emballage avant de croquer ses dents dedans. Moment d’extase pur, elle se rejette en arrière, ferme les yeux et soupire de bien être. « Putain. C’est bon ! » Elle avale encore deux bouchés avant de retirer son manteau et son écharpe. « Bon gueuleton. » Elle laisse retomber le silence permettant à chacune de satisfaire leur appétit et engouffre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire son burger. Ventre content et vapeur d’alcool disparaissant enfin. « Donc tu n’es jamais sortie de New-York ? Tu n’as jamais eu envie d’aller voir, ailleurs ? »
Elle interroge tout en reportant son attention sur la demoiselle. Prenant ses aises, J fait comme à son habitude et retire ses chaussures avant de s’installer en lotus sur sa chaise.
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Sam 21 Fév - 16:49


Jenova & Joy
« Heureusement que ce n’est pas le cas alors, ça serait la mort de la civilisation. » En effet. Il n’y aurait plus un seul chat sur terre. Dans tous les sens du terme. Parce que même les animaux pouvaient être cons parfois. Et c’était peu dire. « Original, c’est le mot. Du coup, je suis plutôt reconnaissante à cette luge et à ce gosse. » « Moi aussi. T’as l’air cool comme fille. » Et aussi barré que moi. Mais ça, je préférais attendre avant de le dire. Sait-on jamais. Je ne voulais pas l’offusquer aussi, dans un sens… Puis on se mit à parler météo. Sur Paris. Oui, pas n’importe quelle ville en clair. « Ahah oui, mais rassure toi, ce n’est pas encore l’Amazonie disons que… Le climat change avec les années. La faute à la pollution ou… Peut-être que la nature suit son cours et se transforme d’elle-même. Quoi qu’il en soit, le climat s’en ressent mais on est encore bien loin d’un véritable climat tropicale, fort heureusement. » J’hochais la tête en essayant de comprendre ce que ça pouvait donner comme météo, mais je pense avoir compris, plus ou moins. Ce n’était pas tropicale totalement, mais ça y ressemblait un peu, et tout ça c’était à cause du climat qui changeait. Surement à cause de la pollution ou un truc du genre. Après tout parait-il qu’on tuerait la planète à petit feu et que dans quelques années, elle risquait d’exploser, ou dieu sait quoi. Peut-être que la terre s’adaptait à notre mode de vie ? Ou peut-être que c’était déjà arrivé dans le passé. Je n’étais pas calée dans le domaine de toute façon. Et puis nous n’y pouvions rien malheureusement. « C’est un peu comme ici ! Genre la vague de froid qu’on s’est chopé là. C’est rare ça. Et parait que les hivers à New-York seront de plus en plus froids. » Et ça m’emmerdait. On n’était pas au pôle nord merde. Que le froid regagne son lieu naturel pour que les glaciers cessent de fondre. On n’avait pas besoin de froid ici. Et ce n’était pas que mon avis. C’était l’avis de millions de personnes vivant ici. Peut-être que si on signait une pétition, la météo nous entendrait ? Mais j’avais du mal à croire à ce genre de chose. Filant alors dans un fast-food, on se mit à parler de savoir si nous étions là depuis longtemps ou pas. Tout en passant notre commande à une borne. Elle n’avait pas l’air d’être d’ici depuis longtemps mais je voulais tout de même savoir. « Non. Je suis une parisienne attirée par la fièvre new-yorkaise. Je ne suis pas déçue du voyage. » New-York attiré toujours beaucoup de monde, et je n’arrivais jamais à comprendre pourquoi. Peut-être parce que j’étais née dans cette ville et n’y étais jamais partie. Je ne connaissais rien d’autre que cette ville. Peut-être que c’était là, la cause réelle du fait que je ne puisse pas comprendre les étrangers.

« Qu’est-ce qui t’as attiré exactement ? Je ne trouve pas New-York attirant. C’est… Pollué. Et blindé de monde. » Enfin, je savais que pour ma part, si je n’avais pas à venger la mort de mes parents, je serais surement partie de là, car ici, c’était loin d’être super. Je savais pertinemment qu’il y avait meilleur ailleurs. Même si New-York était l’une des plus grosses mégapoles du monde et pouvait aussi être attirante à sa façon, ben pas pour moi. Une fois installées, on se mit juste à manger et je ne perdis pas de temps pour déballer mon hamburger pour en croquer un bout. Mon dieu, mon ventre se sentait mieux. « Putain. C’est bon ! » J’hochais la tête, la bouche trop pleine pour pouvoir répondre quoi que ce soit. Je n’avais même pas avalé ma bouchée, que je pris un chicken pour le mettre dans ma bouche, préalablement trempé dans la sauce aux herbes. Oui, j’étais du style à manger comme un porc, et sans me soucier du regard des autres. « Bon gueuleton. » Levant le pouce en l’air, je marmonnais un truc identique, mais avec la bouche pleine, autant ne pas s’attendre à grand-chose. Avalant, je fis passer le tout avec un coup de boisson. Me tapant la poitrine je soupirais avant de me caler au fond du siège me léchant les doigts, la tête légèrement relevé en arrière. « Donc tu n’es jamais sortie de New-York ? Tu n’as jamais eu envie d’aller voir, ailleurs ? » Baissant la tête vers elle, je la scrutais longuement avant de soupirer. Bien sûr que si, et pas qu’une fois. Je me suis même demandé si cette vengeance en valait la peine. Mais je ne pourrais jamais oublier ce jour… La voix de ce type, son visage, et l’odeur du sang qui avait coulé. Il avait fait tuer ma mère et son futur mari devant mes yeux. Si je n’avais pas eu l’idée de me cacher dans le placard pour faire une farce à mon beau père, je serais surement morte moi aussi. Attrapant ma boisson, je pris la paille dans ma bouche aspirant longuement restant silencieuse un moment avant de poser le carton et reprendre mon burger dans mes mains. « Pas vraiment. Je commence tout juste ma vie. Je n’ai pas d’argent pour partir. Je sors d’un orphelinat. » dis-je en souriant en coin. « On dirait pas mais y’a beaucoup d’enfants là-bas. Et puis c’est un peu une tradition tu sais. Les aînés qui quitte le foyer, reviennent pour filer un peu d’argent aux gosses et leur acheter des trucs. C’est la famille quoi. J’ai beaucoup de frères et sœurs. » Vraiment beaucoup. Aucun de façon sanguine, mais dans mon cœur c’était ma nouvelle famille et j’aimais bien leur faire plaisir. Parce que moi aussi, fut une époque où j’attendais impatiemment qu’un aîné vienne pour nous apporter une télé, ou un jeu, ou n’importe quoi qui pourrait nous permettre de nous amuser et de passer du bon temps. « Et toi ? T’as des frères et sœurs ? » Oui autant tourner la conversation sur elle que sur moi pour le coup.
 

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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Lun 23 Fév - 19:51

Le compliment la touche, elle sourit offrant à la demoiselle un regard pétillant, signe d’une complicité naissante quand bien même fut-elle -peut-être- demeurée à être éphémère. Elles poursuivent leur conversation, J s’agite, s’éveille, trouvant une satisfaction véritable à pouvoir parler d’autre chose que de la danse et des coucheries de ces collègues. Elle parle de la France, de son Paris, de sa grisaille et de son humidité générale. Son regard se voile, elle fixe l’horizon à mesure que les souvenirs resurgissent. La voilà tantôt errant dans les rues du 16 ème, tantôt dans sa fastueuse chambre à vivre mille aventure aux cotés de ses auteurs favoris. Et elle livre à la demoiselle quelques désavantages de sa ville, tâche de lui comprendre, sentir les mouvements d’un temps capricieux, offrant au regard un ciel plus souvent gris que délicieusement bleu. Joy reprend, J avise un regard entendu tout en opinant du chef. Il semblerait effectivement que jamais New-York n’avait connu pareil froid et, quand bien même J pouvait haïr et maudire la neige elle ne pouvait ignorer la beauté de la ville figée sous un étau de glace. Elle aimait pouvoir voir le lac de central Pack figé par la glace, savourait le silence reposant de la ville, le craquement de la neige étouffant ses pas. Et quand bien même maudissait-t-elle des journées comme aujourd’hui, des froids glaciales vous cisaillant les lèvres en mille gerçure, elle aimait pouvoir s’envelopper dans son grand manteau de fourrure, sentir le froid mordre ses joues sans pour autant atteindre la totalité de son corps savamment protégée par des couches de vêtements. Et puis, c’était compter sans les soirs où elle se retrouvait bien au chaud dans son appartement à savourer un délicieux chocolat chaud tout en observant tomber la neige. N’y avait-il rien de plus doux et de plus réconfortant que de lire un bon livre, dorloté dans la chaleur d’un plaid alors que le froid ronfle son agressivité au dehors ? « La nature c’est adaptée à notre présence, il est temps d’en faire de même. » Répond-elle en souriant, soudain rêveuse avant d’aviser l’entre de la mal bouffe qui, néanmoins, suffirait pour aujourd’hui. Sans doute est-cela qui lui manquait le plus, la qualité de la gastronomie française et le moelleux d’un bon vin rouge. J n’était pourtant pas une amatrice des grands restaurants ni même une grande cuisinière néanmoins, son palais savait apprécier la bonne nourriture et profiter des bonnes choses. Un trait de caractère typiquement français qui, aussitôt arrivée ici, l’avait distinguée des autres. Qu’il était étonnant d’être et de se sentir véritablement étrangère pour la première fois de sa vie.

Elles passèrent commandes, s’installèrent confortablement et commencèrent à s’empiffrer joyeusement. C’est à peine si Joy répondit à sa marque de politesse toute française tant sa bouche était pleine à craquer de son burger. Cela fit d’ailleurs sourire J qui, elle-même, s’empiffrait joyeusement quoi qu’avec plus de retenue tout en prenant soin de s’hydrater. L’ice-tea c’est la vie, songea-t-elle alors que Joy l’interrogeait sur ses motivations. « Votre culture est tellement différent de la notre. L’Etats-Unis est le pays dont l’existence est la plus récente et pourtant, le modèle américain domine le monde ! New-York… C’est fastueux, ça bouge sans arrêt et la richesse de la ville et tout de même impressionnante ! Puis… Les américains vous avez une personnalité incroyable. Sans gêne, brusques parfois brutales, excessifs dans tous ce que vous entreprenez. C’est cela qui m’a attiré, pour me confronter à un univers véritablement déstabilisant alors que seul quelques milliers de kilomètres nous sépare ! » Ses mains s’agitent, J s’exprime avec fièvre, le regard pétillant. «  Alors oui. Il y a beaucoup d’aspects négatifs mais… C’est le cas pour tout et puis… Tu es une native, c’est bien connue, on pense toujours que l’herbe est plus verte ailleurs. » Elle sourit, amusée avant de finir son burger et de s’attaquer à ses potatoes qu’elle trempe dans la sauce correspondante non sans saliver à l’avance.
C’est à son tour de s’intéresser à Joy. Comme d’habitude, J aime entendre les autres raconter une tranche de leur vie. C’est une aventure qu’elle vit par procuration tentant chaque fois, de voir à travers le regard de l’autre, de se détacher d’elle-même pour mieux rencontrer, pour donner plus de vérité et de saveur à un instant partagé. Joy lui répond que non, qu’elle vient d’un orphelinat et J ne peut s’empêcher d’afficher un sourire tranquille lorsqu’elle lui conte combien les orphelins étaient, à son regard, une famille. J s’amuse a essayé d’imaginer la jeune femme devenue petite fille sous les inclinations de son imagination. Elle l’imagine candide mais d’un tempérament fiévreux, peut-être par instant bagarreur et redoutablement protecteur. Elle l’a voit sans mal s’opposer aux règles, aux injustes et s’imposer avec véhémence lorsqu’une idée lui déplaisait. Sans doute rêvait-elle d’avoir des parents, une véritable famille, des cadeaux, un espoir pour son futur à l’heure où J, s’endormait dans une imposante demeure, partageant sa vie avec une femme vieillissante tentant difficilement de faire office de mère. «  L’union fait la force. » Murmure-t-elle d’un air rêveur avant de croquer dans une nouvelle pomme de terre. Elle aurait volontiers proposée une somme d’argent conséquence à Joy, parce qu’elle en avait à ne plus savoir qu’en faire, parce qu’elle le pouvait néanmoins, elle préféra s’abstenir encore un instant, désireuse de s’assurer que Joy n’était pas une fille dangereuse qui pourrait lui apporter son lot de problème si jamais elle comprenait que J était, en vérité, richissime.

La conversation prend un nouveau tournant. Le visage de J change imperceptiblement. Ses lèvres se pincent, son regard se durcit, rencontre les pupilles de Joy avant de s’adoucir. La jeune femme ne l’agresse pas, elle se contente d’animer la conversation en se tournant sur des questionnements faisant resurgir des souvenirs et des émotions qu’elle n’apprécie pas. Aucune agression, J se détend, saisit sa boisson, prend le temps de boire quelques gorgées. « Non. Fille unique, j’aurais souhaitée avoir un frère. » Elle déguise la vérité, la rend plus convenable, plus acceptable avant de s’attaquer à son dessert. Elle a peur à présent de poursuivre la conversation, craint que la jeune femme ne cherche à se centrer sur sa vie à elle, tente, désespérément de trouver un sujet de conversation innocent, facile.
«  Tu dis que tu n’aimes pas New-York mais quand même… Il y a bien des choses sympas qui trouvent grâce à tes yeux non ? Des musées ou autres lieux sympatoches ? » Son regard s’anime à nouveau, elle a trouvé sa porte de sortie et se sent à nouveau tranquille, protégée par la tranquillité d’une conversation innocente.
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Lun 2 Mar - 16:59


Jenova & Joy
« La nature c’est adaptée à notre présence, il est temps d’en faire de même. » C’est vrai. La nature s’était adaptée, et pas qu’un peu. E il faut même dire, que plus le temps passait, et plus nous détruisions cette nature. Suffisait de voir la déforestation en Amazonie. Je n’étais pas non plus l’écolo de base, mais… Je trouvais ça dommage de détruire la nature. C’est le cœur de la terre, c’est notre source de vie et c’est idiot de la détruire. « Tu as raison. J’aurai aimé vivre à l’époque où l’on vivait de son potager, ou l’ambiance était plus chaleureuse et solidaire, ou la nature était respectée. » Même si ces périodes-là, furent tout de même très dures pour eux. Je n’en étais pas dupe non plus. Mais c’était une expérience qui m’aurait surement plus. Peut-être même avais-je vécu cette période ? Mais je ne m’en souvenais pas ? Après tout, on ne savait toujours pas ce que l’on devenait après notre mort. Alors tout était possible. Nous existions bien. Pourquoi le reste ne serait pas possible ? « Votre culture est tellement différent de la nôtre. L’Etats-Unis est le pays dont l’existence est la plus récente et pourtant, le modèle américain domine le monde ! New-York… C’est fastueux, ça bouge sans arrêt et la richesse de la ville et tout de même impressionnante ! Puis… Les américains vous avez une personnalité incroyable. Sans gêne, brusques parfois brutales, excessifs dans tous ce que vous entreprenez. C’est cela qui m’a attiré, pour me confronter à un univers véritablement déstabilisant alors que seul quelques milliers de kilomètres nous sépare ! Alors oui. Il y a beaucoup d’aspects négatifs mais… C’est le cas pour tout et puis… Tu es une native, c’est bien connue, on pense toujours que l’herbe est plus verte ailleurs. » Elle avait surement raison dans le fait que j’étais une native et que par conséquent à mes yeux, l’herbe était bien plus verte ailleurs. Mais est-ce que tous les natifs de ce monde pensaient la même chose de leur lieu de naissance ? Peut-être pas. Il y avait bien des gens qui vivaient toute leur vie dans leur ville de naissance. C’est qu’ils s’y plaisaient non ? « Tu as raison, je ne pourrais pas te contredire sur tout ce que tu as dit. Mais il n’y a pas que ça… à mes yeux, New-York, c’est synonymes de meurtres, d’agression, de violences, de pollution, de discrimination, de quartiers chaud, de règlement de compte, de mafia, de drogue, et j’en passe. » Parce qu’au final, c’était comme à la télévision. New-York était une ville avec un fort taux de criminalité, faut pas croire. Certes nous n’étions pas Chicago, et les touristes ne voyaient pas les mêmes choses que nous. Même moi, je n’étais pas un modèle dans le fond. Dealeuse à mes jours perdus, je n’étais pas de la haute société, non j’étais de la basse, basse, et dans le camp des criminels. Mais ça, j’avais mes raisons. « Je dramatise un peu c’est ça ? Toutes les villes sont comme ça ? Paris est comme ça ? » Demandais-je alors curieuse de sa réponse. Et puis la ville était cher… Si c’était pour décoiffer la girafe toute sa vie sans pouvoir en profiter, à quoi ça servait de vivre ? Telle était la question. Parlant un peu de moi, du fait que je sois orpheline, et par conséquent avoir une famille assez nombreuses, je lui racontais, un peu, comment ça se passait pour nous, les orphelins dans notre logement, dans nos habitudes. « L’union fait la force. » Je souris doucement à ses paroles. Elle avait raison.

Mais parfois, la solitude pouvait être une force. Dans mon cas, malgré la famille que j’avais, j’étais seule dans mon combat et c’est peut-être ce qui faisait ma force. Pour pouvoir avancer et ne rien avoir qui puisse me retenir ou me faire changer d’avis. Ne répondant rien, ne préférant pas polémiquer, je lui demandais tout simplement pour elle, parce que je voulais aussi en savoir sur elle. Elle semblait intéressante comme fille. En fait, elle me plaisait déjà. C’était rare de rencontrer des gens avec qui l’on pouvait s’entendre si rapidement. « Non. Fille unique, j’aurais souhaitée avoir un frère. » Nous avions là un point en commun. Nous étions toutes les deux filles unique. Sans aucun frère ou sœur pour s’amuser. Même si pour ma part, je considérais les gosses de l’orphelinat comme des frères et sœurs. Une grande famille dans le cœur et dans la vie, mais rien par rapport au sang. Mais les liens de sang ne faisaient pas tout non plus. La preuve, on pouvait très bien vivre dans une famille avec aucun lien de parenté avec nous. Tout se passait dans la tête et le cœur. « Je comprends parfaitement…  Être seule c’est pas ce qu’il y a de plus génial. » Pour un enfant, c’était surement primordial d’avoir un autre enfant avec qui passer du temps. Surtout quand les parents n’étaient pas super présent et passaient la plus part de leur temps à bosser. « Tu dis que tu n’aimes pas New-York mais quand même… Il y a bien des choses sympas qui trouvent grâce à tes yeux non ? Des musées ou autres lieux sympatoches ? » Aspirant fortement sur la paille, la mâchant au passage, je laissais le liquide entrer dans ma bouche avant de cligner des yeux et la fixer longuement. Des lieux sympathiques ? Oui, bien sûr qu’il y en avait des tas sur New-York, comme dans toutes grandes villes, je présume. Je les connaissais tous, ou pratiquement. Quand on arpente plus souvent les rues qu’autre choses, on apprend à connaitre le cœur de la ville, la vieille ville et tout ça. « Ouais, y’a des musées, des petits parcs assez tranquilles et sympas… Y’a des lieux qui sont superbe et que les touristes ne voient pratiquement jamais car ce n’est pas dans leur bouquin de voyage… » Parce que bien évidemment, on préférait envoyer les touristes dans les endroits justement touristiques et bien cher pour qu’ils dépensent beaucoup. Tout n’était qu’une question de fric bien évidemment. « Mais ce n’est pas ce qui m’attire le plus. Je ne dis pas que la ville est laide tout ça. Juste… Je ne m’y sens pas à ma place. Si je le pouvais, un jour, j’aimerai aller ailleurs. Peut-être dans des villes de campagne ? Là où l’on peut trouver sérénité, tranquillité, calme et tout ça… Pas l’ambiance métro boulot dodo… » Etais-je bizarre de vouloir ce genre de chose ? Peut-être que les grandes villes n’étaient pas faite pour moi tout simplement. Peut-être même que c’était l’Amérique en elle-même qui n’était pas pour moi. Aller vivre en Corée, pays natal de ma mère serait un luxe pour moi, mais malheureusement j’avais encore des choses à finir ici. Et puis… Je ne parlais pas la langue, juste la base. Rien de bien glorieux. « Je dois être bizarre à tes yeux… Mais dans un sens la normalité ce n’est pas trop mon truc. » Dis-je en attrapant ma dernière petite aile de poulet pour sucer l’os et garder le gout en bouche encore un moment. Parce que le poulet c’est la vie.
 

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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Ven 6 Mar - 13:56

A l’époque où l’on vivait de son potager. J sourit, imaginant sans mal la vie d’antan où l’existence se calait au rythme paisible des saisons, obéissant aux caprices de la nature la laissant maître de votre destin. Hélas, il n’était pas dans la nature de l’Homme de se laissait ainsi gouverner par des forces lointaines. Il tirait sa force de son intelligence et, durant des siècles, s’évertuait à comprendre la nature pour s’en faire maître et devenir maître suprême. Les montagnes furent ainsi dominées, éventrées, lacérées pour permettre à des générations de fourmis humaines d’y vivre tranquillement. Les déserts furent également maîtrisés et les hommes se plaisaient à se pâmer de maîtriser les forces d’une nature qui, hélas, demeurait notre seule chance de survit. Et aujourd’hui, nous n’avions plus rien que des déchets et des hommes courrant sans cesse après l’amélioration de leur existence. Quitte à détruire, quitte à mettre en périle leur propre existence. L’humain était fatiguant, il se songeait immortel alors qu’il n’était qu’éphémère et demeurait incapable de prévenir ses fautes. Qu’adviendrait-il lorsque l’air serait payante et se consommera en bouteille ? Qu’adviendra-t-il lorsque tout eau potable aura déserté de notre planète ? Que les plantes refuseront de pousser, que les insectes mourront un à un détruisant ainsi l’équilibre fragile de la chaîne alimentaire ? La nature possédait une logique, un langage qui permettait à chaque être de coexister ensemble et, en refusant cette logique, l’être humain courrait pour sûr à sa perte. Ainsi, quand bien même J ne fut pas partie des férues de l’écologie elle demeurait néanmoins attentive, prenant soin d’agir à son humble niveau ayant conscience que seul un acte uni et solidaire visant à préserver la planète pourrait, peut-être, permettre à cette dernière de respirer encore suffisamment longtemps pour cohabiter avec l’espèce humaine.

La conversation s’enchaina et J avisa d’un regard curieux le visage de la jeune femme lorsque cette dernière lui expliqua sa vision de la grande pomme. Certes, elle avait raison mais c’était également pour cela qu’elle aimait cette ville sans pour autant accepter toute la violence se déchainant en son sein. L’Amérique était divisé en plusieurs états, ne possédait pas les mêmes législations d’une ville à une autre et n’importe quel gangster de bas étage pouvait espérer creuser son sillon de criminalité en venant ici bien plus aisément quand France. Etonnamment, c’était cela qui lui plaisait également. Les new-yorkais n’étaient pas des fous furieux dans leur rapport aux gens pour rien, l’inconscient collectif était pollué par cette violence, par cette folie furieuse qui inspirait autant qu’elle effrayait. C’était une ville vivante, condamnable sans aucun doute, mais vivante et laissant exister en son sein toutes les misères possibles alors que la France s’évertuait à les cacher, à les oublier, lançant le compte à rebours d’une bombe dangereuse qui, lorsqu’elle exploserait, sonnerait le glas de la fin d’un règne. Il en avait toujours été ainsi, ce n’était pas pour rien que sa terre se faisait nommer le « pays des révolutions. »

« Paris est une ville de riches. Il y a les pauvres qui vivent dans les rues et côtoient les dames de la haute, c’est un contraste affligeant. Il y a les quartiers chauds également, les oublieux qu’on a enfermés dans les années 70 et qui, aujourd’hui, ont constitués une communauté obéissant à leur propres lois. » Elle explique sa ville d’une voix devenue plus austère, plus froide et attristée. «  Il y a du bon et du mauvais partout tu vois. Tu condamnables et du respectable, à l’image de ce qu’est l’homme. »
Elle sourit avant de l’écouter lui parler d’une vie d’orpheline. Un sourire doux vient fleurir à l’abord de ses lèvres alors qu’elle entrevoit une vie dont elle ne connait rien. Elle était orpheline aujourd’hui. Une sans famille portant les lourdeurs d’une histoire compliquée venant tracer en son âme des meurtrissures invisibles. Joy était ainsi mais portait en son sein la fougue de la jeunesse, le regard ardent d’une lionne battante désireuse de foutre quelques coups de poings à une vie qui ne semblait pas lui avoir fait de cadeau. En ce sens, elle devenait attachante et J remercia silencieusement cette luge de l’avoir mit sur le chemin de cette demoiselle. Les caprices du destin faisaient parfois bien les choses.
J opina du chef à sa réponse, sourire de connivence de deux êtres qui, malgré tout, se retrouvait dans quelques subtilités de leur vie. La solitude… J avait apprit à en faire son amie, son amante, apprenant à maîtriser le silence, à danser avec les fantômes qu’elle s’inventait au détour d’un mot dévoré, d’une musique luttant contre le vide coulant sur son palpitant les douceurs d’un langage mystérieux. Cela ne fut jamais évident certes néanmoins, cela lui avait permit d’apprendre l’indépendance, d’obtenir les choses par soit même quand bien même n’emprunta-t-elle jamais les chemins les plus attendues. Elle choisit la barre et le strip-tease alors qu’elle eut pu suivre des études qui l’aurait menées à un emploi plus noble. Mais qu’importe, quand bien même remettait-elle aujourd’hui sa carrière en question, J ne regrettait pas ses choix ni l’amour qu’elle portait pour son art. La danse demeurait son terrain d’expression, de jeu, elle réinventait un art, le faisait sien et quand bien même l’explorait-elle dans les ruelles sombres d’une humanité s’oubliant dans les affres de l’alcool elle n’en demeurait pas moins satisfaite. Amour curieux pour le sombre et le détestable, comme si jouer avec l’intimité moribonde d’une humanité s’approchant de l’échec suffisait à la satisfaire.

Terminant son sandwich, J interrogea Joy sur les attraits de New-York et lui prêta une oreille attentive non sans pouvoir s’empêcher de sourire doucement. Elle comprenait sans mal le besoin de repos dont elle souffrait, soulignant les aspects d’une vie difficile ou chaque éveil demeurait synonyme de combat. Il n’y avait rien d’étrange en cela et Jénova devinait que la jeune femme avait connu plus de sombres heures que de joyeuses. « Bizarre ? Parce que tu aspires à un peu de repos et de… paix ? Non. C’est tout à ton honneur et je te souhaite de pouvoir quitter New-York un jour si c’est ton moyen d’accéder au bonheur. »  Après tout, qui était-elle pour juger les aspirations de chacun ? Elle-même ne pouvait véritablement se considérer comme appartenant à la « normalité » que la société voulait imposer. Plutôt marginale même, jamais en phase avec autrui et portant sur le monde un regard différent. « Tu serais d’accord pour me faire visiter les recoins mystérieux de New-York un jour ? La ville est tellement grande… C’est pas toujours évident de s’y retrouver quand on vient de débarquer. » Nouveau sourire, regard complice, invitation silencieuse à se revoir et devenir peut-être, plus, que de simple connaissance.
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MessageSujet: Re: [LIBRE]Chocolat blanc et luge rouge. Dim 15 Mar - 12:18


Jenova & Joy
« Paris est une ville de riches. Il y a les pauvres qui vivent dans les rues et côtoient les dames de la haute, c’est un contraste affligeant. Il y a les quartiers chauds également, les oublieux qu’on a enfermés dans les années 70 et qui, aujourd’hui, ont constitués une communauté obéissant à leur propres lois.» Hum, Paris n’était pas aussi belle que l’on pourrait croire. « Il y a du bon et du mauvais partout tu vois. Tu condamnables et du respectable, à l’image de ce qu’est l’homme.  » Oui. C’était un peu partout pareil, malheureusement. Je doutais que sur terre, il puisse y avoir une ville parfaite. Sans trop de riche, trop de pauvre, trop de sdf, et tout ça. Non, ça n’existait pas. La mixité existait partout sur plusieurs plans différents. « Ouais je vois. Beaucoup de gens adulent Paris, et la France en général. Pour la langue, les paysages, et tout ça. » J’avais un peu appris quand j’étais au lycée, sur la France, mais c’était tellement loin les cours. « Mais bon, comme tu le dis, y’a du bon et du mauvais partout. Le monde tout rose, tout blanc, ça n’existe pas. Je me demande même si un jour ça a pu exister… dans un passé vraiment lointain. Mais vraiment loin… Quand l’ère humaine commençaient à peine peut-être… Je me demande comment c’était à cette époque-là… » Et quand on y pensait… C’était tout de même fascinant… A l’époque, il ne devait pas y avoir beaucoup d’humain sur terre… Alors dans le fond, peut-être que nous étions tous plus ou moins parenté… Dans le genre, vraiment lointain. Tout ça, ça me fascinait. Peut-être que là où nous nous tenions, d’autres y vivaient ? Ou se battaient… Ou que sais-je encore. Dans tous les cas, c’était fascinant. L’histoire était fascinante, parce que c’était grâce à eux, aujourd’hui, que nous vivions ainsi. On ne pouvait que les en remercier. C’était nos ancêtres, ceux qui ont fait de cette terre, ce qu’elle était aujourd’hui. «  Bizarre ? Parce que tu aspires à un peu de repos et de… paix ? Non. C’est tout à ton honneur et je te souhaite de pouvoir quitter New-York un jour si c’est ton moyen d’accéder au bonheur. » Elle avait raison. Ce n’était pas si bizarre que ça. C’était même peut-être normal.

Après tout, beaucoup, de gens de la campagne, voulaient vivre à la ville, pour se sortir justement du trou paumé ou ils vivaient. On était tous différent. Ce qu’on avait ne nous suffisait pas, on voulait toujours plus, ou avoir autre chose. L’insatisfaction faisait partie de nos gênes. Ça me rappelait alors les cours de philosophie au lycée, ou nous débattions sur ce genre de sujet. C’était intéressant, de voir qu’on fond, nous étions plus ou moins, tous pareils. « Tu serais d’accord pour me faire visiter les recoins mystérieux de New-York un jour ? La ville est tellement grande… Ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver quand on vient de débarquer. » Relevant le regard vers elle je souris doucement tout en hochant la tête. « Bien sûr que je peux. Avec moi, t’es sûre de pouvoir connaitre tous les recoins de New-York. Je le connais par cœur ! Les yeux fermés. » Pas que je sois du genre à me vanter, mais c’était la vérité. A force d’arpenter les rues pour vendre la drogue, j’avais appris à connaitre, des rues assez sombres, et que je ne connaissais pas avant. On s’habituait. Après tout, New-York était différent à bien des façons. C’était peut-être le cas de plusieurs autres villes. Attrapant une serviette, je m’essuyais les doigts avant de tapoter mon ventre, à la peau tendu avant de sourire un peu. « J’ai bien mangé, j’ai bien bu, je peux aller, dormir ! » Dis-je en riant faiblement. Bien évidemment, je n’allais pas retourner dormir, je me levais après tout. Je n’étais pas si flemmarde que ça. Pas encore du moins. Me levant, je fouillais dans mes poches à la recherche de mon téléphone, avant de le faire tomber malencontreusement. Poussant un léger cri, je me penchais pour le ramasser. Il était cassé. « Je viens de l’acheter. » Lâchai-je dans un ton de désespoir. Et sans aucune garantie. Plissant les lèvres, je soupirais avant d’hausser les épaules et le remettre dans ma poche. J’en rachèterai un autre, m’enfin, ça me faisait chier, je venais de l’acheter et… Quelle idée de faire des écrans si fragile. « Pas grave. Tu veux qu’on y aille vu qu’on a fini ? u tu dois aller autre part ? » Oui, je n’allais pas la forcer non plus. Ce n’était pas le but. Et puis, après tout on ne se connaissait que depuis quelques minutes. Autant dire, pas longtemps.
 

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