It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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the girl next door Ϟ astaria

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MessageSujet: the girl next door Ϟ astaria Sam 31 Jan - 6:23



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Bordel, pourquoi c’est si dur de bosser? Je gérais un resto et un nightclub, c’était pas si compliqué merde, j’étais pas à Wall Street non plus! Je serais les poings. J’étais ce genre de gars qui s’énervait quand il n’atteignait pas ses objectifs, quand il n’arrivait pas ce qu’il voulait. Et à cet instant précis, c’était ce qui était en train de se passer. Ok Lenzo, calme-toi. Ce n’était pas bien grave après tout, seulement de la paperasse à remplir, trier et mettre à jour, des coups de téléphone à passer aux fournisseurs, des factures à régler, les comptes à refaire, et en plus, le design actuel du restaurant ne me plaisait plus, et je m’étais mis en tête de le changer un peu, de l’améliorer. Celui du nightclub contenait quelques petites choses qui me dérangeaient également, mais merde on n’avait pas budget no limit. Oh, mon père si, et Renji probablement aussi, mais hors de question que je demande de l’aide. Faut pas rêver non plus, c’est pas mon genre. Je sais me démerder seul. Du moins, je fais aller du mieux que je peux. Je fais de mon mieux, c’est le principal, non? Tss, ça me désole de voir que dans cette foutue mégapole on se fait plus de fric en ayant un club de striptease, des escort girls et des putes et tout ce qui est illégal, qu’en tenant un resto et un nightclub qui se respectent. Merde à la fin, c’était quoi le problème ici? Putain de New York. Je donnerais tout pour reprendre un aller simple direction l’Australie. La vie là bas est bien plus tranquille, il y a beaucoup moins de pression inutile — beaucoup moins de pression tout court en fait, c’est pas pour rien que notre slogan est « no worries mate ».

Ça me rappelle une campagne touristique que j’avais aperçu avant qu’on déménage, qui disait « No worries, be happy — Australia : The Place To Be ». Pour une fois que les gérants marketing ne mentaient pas. No worries… The place to be… Ouais, et moi j’étais là à perdre mon sang froid et mes cheveux pour des putains de feuilles de papier. Papa, pourquoi tu nous as fait ça? On était tellement bien là bas. On avait des kangourous dans le jardin qui nous visitaient de temps à autre, on sortait dans la rue et on croisait les opossums ou les oiseaux coureurs, on avait des lieux géniaux pour repérer les koalas, et on pouvait sympathiser avec les lézards. Ok, il y avait le problème des araignées et des requins, mais si on prêtait un minimum d’attention, on pouvait ne jamais y avoir affaire. Et puis merde, on avait le surf là bas. Tu savais à quel point c’était important pour Renji et moi. On passait nos journées sur la côte à glisser sur les vagues, rien que lui et moi. C’était nos moments. T’as tout ruiné. La famille, c’est sacré? C’était ce que tu répétais tout le temps, et pourtant t’as pas hésité une seule seconde à la quitter pour aller t’installer à l’autre bout du monde juste pour te remplir les poches encore plus qu’elles ne l’étaient déjà. T’es qu’un bel enfoiré. T’as pensé qu’à toi, encore une fois. Comme toujours. Et le pire? C’est que t’as embarqué Renji dans tes affaires malsaines, et je crois bien que c’est ça qui me fout le plus en rogne. Il ne méritait pas ça. Il vaut bien mieux qu’un réseau de prostitution. Mais ça, tu t’en fous. Tant qu’il reprend le business. J’hallucine. Fais chier! Je donnais un gros coup de pied dans mon bureau sous l’influence de la rage, étant debout devant celui-ci depuis un bon bout de temps à faire les cents-pas et essayer de me concentrer sur le travail.

Je basculais la tête en arrière, face vers le plafond, et passais finalement mes mains sur mon visage dans un long soupir. Reprends-toi, à la fin. J’allais dans la petite salle d’eau à laquelle était relié mon office d’un pas rapide. Une fois au-dessus du petit lavabo, j’allumais l’eau et rassemblais mes mains pour former un récipient se remplissant rapidement sous le jet. Je balançais le tout sur mon visage, répétant l’opération plusieurs fois. Ah, ça fait du bien… Rien de tel que l’eau glacée pour te remettre les idées en place. J’essuyais mon visage et mes mains à l’aide de la serviette qui se trouvait à proximité, puis retournais dans la pièce principale, allant m’assoir derrière le meuble imposant. Je regardais les papiers, les fouillais, les tournais et retournais, les remettais à leur place — je faisais toutes sortes de choses sans rien faire à la fois. C’était pas mon jour apparemment. Cédant une nouvelle fois, je me relevais et repassais devant la table qui me tenait comme derrière des barreaux. Je décidais de me poser sur le fauteuil, seul semblable de confort ici. Mais en vain, puisque je me tenais de nouveau sur mes pieds à peine dix secondes après m’être assis. Je me remis donc à faire les cents pas ça et là, jouant avec mon smartphone entre mes doigts, sans vraiment y prêter attention. J’avais juste besoin de toucher quelque, d’avoir quelque chose entre les mains, sinon j’allais tout envoyer valser. Et je ne voulais pas perdre le contrôle.

Une idée me vint alors à l’esprit. Je n’arriverai à rien ici pour aujourd’hui de toute façon, c’était clair et net. Alors pourquoi je n’irais pas voir comment se passent les affaires pour mon frangin? On avait l’habitude de s’échanger nos places, et tout le monde n’y voyait que du feu. Faut dire qu’on était exactement pareil. A chaque détail près. Même nos propres parents nous confondaient tout le temps. Personne, et je dis bien personne, n’arrivait à nous distinguer. Et c’était ça qui était marrant. Ca voulait dire qu’on pouvait s’échanger nos vies quand on le voulait sans avoir aucun problème. Bon, la vie de Renji, très peu pour moi hein. Je détestais son mode de vie. Mais c’était toujours drôle de me glisser dans sa peau. Ça ne me ressemblait tellement pas, mais ça mettait mes talents d’acteur à l’épreuve, et j’aimais relever des défis. Même si ça voulait dire que je devais me séparer de mon magnifique accent australien pour quelque temps. Magnifique, je déconne. Tout le monde trouve l’accent des aussies horrible, bien trop brute et trop prononcé, mais moi, je l’adore. En plus, je crois que je dois être un des rares de ma génération à l’avoir ainsi. J’y peux rien, je ne sais pas pourquoi moi et pas un autre, mais j’en suis bien content. Je suis fier de mes origines. Mais avoir l’accent australien et utiliser les slangs de là-bas aux États-Unis, ça pose quelques problèmes puisque personne n’y comprend rien. J’ai ce même exemple en tête à chaque fois que je parle de mon accent : un américain vous dira dans la rue pour vous saluer « hey dude, how are you doing? » alors que moi, ça serait plutôt un truc du genre « g’day mate, ‘ow yer goin’ ? » Ouais, pas facile, je le sais bien quand je vois leurs yeux s’écarquiller comme deux billes à chaque fois que j’ouvre la bouche. Mais ça me plait comme ça. Et je ne compte pas changer. Mais pourtant, quand je me mets dans la peau de mon frérot, j’y suis bien obligé. Et en faisant un petit effort, j’arrive à imiter son accent mi-américain mi-australien.

Du coup, je rangeais mon téléphone et décidais de jouer un peu. Ça faisait un petit moment qu’on n’avait pas fait ça, et j’espérais qu’il n’était pas au taff parce qu’on se ferait griller pour de bon et on n’aurait plus rien pour nous divertir dans le futur. Ça serait bien con, vu comment on se fait souvent chier. Moi sûrement plus que lui, vu qu’il baise tout ce qui bouge. Du coup, il a bien moins de temps que moi, qui suis plus du genre posé, et non pas conquêtes d’un soir. M’enfin bref. Aller, c’est parti. Je me postais face au miroir dans la pièce — non, je ne suis pas narcissique, c’est Renji qui l’a fait installer ici pour quand il squatte mon bureau. Il a toujours besoin de s’admirer, et ça lui fendrait le cul de se déplacer dans son bureau, la pièce juste à côté, quand il veut se recoiffer. En parlant de coiffure, je plaçais mes cheveux comme il avait l’habitude de le faire avec les siens, puis me dirigeais vers notre petit passage secret d’une pièce à l’autre. Mon père était peut-être con et aveuglé par sa fortune, mais ça nous a offert cette petite merveille bien inutile : une porte style Tomb Raider, le genre qu’il faut incliner un livre sur une étagère d’une bibliothèque pour que la porte s’ouvre. Nous, il fallait juste appuyer une certaine partie du mur, que nous seuls connaissions. Sinon, plus d’intérêt. Je pressais la cloison et m’engouffrais dans l’espace personnel de mon frangin, prêt à arborer mon plus bel accent américain.

Mais mes yeux s’écarquillèrent à la manière des gens à qui je parle australien, puisque je tombais nez-à-nez avec une fille. Enfin, une femme. Euh… what? Elle était debout derrière son bureau, avec un bel air de fouineuse à mes yeux. Pourquoi il y avait une femme qui se trouvait dans le bureau de mon frère, sans mon frère à l’intérieur? Elle foutait quoi là, elle? Bouche bée, je la détaillais du regard. Et la vache, imaginez la tête que j'ai tiré quand j'ai vu que sur le bureau de mon frangin, était posé un couffin. Oh putain. Non, Renji, me dis pas que tu t’es fourré dans une merde pareille… Et si c’est le cas, tu vas m’entendre que tu m’aies rien dit, espèce d’idiot!

Je toussotais légèrement. Aller, c’est parti. Mon mode investigation est passé de off à on. C’était qui déjà? Un coup d’un soir encore? Avec un bébé, putain de merde. Bon sang, je vais le tuer. Je fis discrètement craquer mes doigts. « Salut?… » lançais-je, l’intonation légèrement montante, comme pour quémander indirectement des explications. Qu’importe que je ne connaissais pas son prénom, ni rien d’elle — Renji ne devait même pas s’en souvenir lui-même, je le connaissais bien.

© Pando
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Sam 31 Jan - 23:13



the girl next door
Il était où ? Impossible de foutre la main sur le moindre mâle, hormis le format miniature qui hurlait entre mes bras. J’arpentais les quatre hectares de l’appartement qui n’en faisait pas autant mais... En l’état, tout me semblait ‘plus’. Plus grand, plus long, plus bruyant, plus interminable. Première fois de ma vie que j’avais l’impression de journée à la fois trop courte et définitivement trop longue. Depuis quand j’avais pas pioncé ? Ha oui, deux semaines ! J’étais dans un état de fatigue ayant largement dépassé l’épuisement,  et dans ce contexte, fallait pas trop me faire chier. Il était où, bordel de merde ? Le gamin sous le bras, je maudissais ces mâles qui m’avaient assuré, l’un comme l’autre, leur présence et soutient à mes côtés. Lawrence bossait, il avait une excuse recevable, mais Solal ? J’avais des courses à faire, une course en particulier, et il était hors de question que je m’y rende avec un bébé. J’étais déjà suffisamment réticente à l’idée de sortir le nourrisson de l’appartement, alors me rendre dans Brooklyn et trimbaler un couffin dans un club de strip... J’allais être élue ‘mère de l’année’, tiens. J’avais pas le choix, je ne pouvais pas repousser, je devais m’y rendre et récupérer le matériel que la moi grosse d’il y a quelques mois, avait eu la flemme de ramener. L’exposition n’était plus qu’à quelques jours de distance, et j’avais un dernier projet à achever. J’avais besoin de mon objectif, mon trépied et cet obturateur spécifique qui coûtait une blinde, un ensemble d’objets indispensables que j’avais laissé derrière moi, au MiHo, avec l’intention de récupérer le tout très très vite. C’était il y a plusieurs mois. Après avoir emmitouflé Little Satan dans plusieurs couches de vêtements, le tout en râlant proprement, je quittais l’immeuble en invitant le gardien à ne laisser entrer personne en mon absence, pas même ces deux abrutis déserteurs. Surtout pas ces deux abrutis déserteurs. Ils y réfléchiraient à deux fois avant de m’abandonner, après avoir passé quelques heures à la porte, dans le froid. Ouai, fallait pas me faire chier, j’avais prévenu.

Il était où ? Il était tôt, certes, mais... N’avait-il pas des comptes à faire, des commandes à passer, des meufs à détrousser ? « Non. » m’avait répondu le videur, pas encore en costume, fumant sa cigarette à la porte, lorsque je lui demandais s’il était là. J’avais pas besoin de préciser de qui je parlais, il savait. Et il souriait comme un môme en faisant des grands sourires crétins à mon baby suspendu à mon coude. « Tant mieux. » j’avais répondu, très sincère. C’était mieux qu’il ne soit pas là. J’avais toujours cette trouille incompréhensible et irrépressible de le croiser et de merder. Il n’avait pas à fournir d’effort particulier, il lui suffisait d’apparaître et je... J’sais pas, peut-être que deux fils dans mon cerveau se mettaient à se toucher, bref, je disjonctais. Durant tout le trajet en voiture j’avais tenté de me convaincre que je ne risquais rien, que j’étais encore trop grosse, trop moche et trop déglinguée du bas pour me laisser avoir par ses regards et ses sourires, mais c’était encore mieux s’il n’était pas là du tout. J’avais juste à rentrer, récupérer mes affaires vite fait, et me barrer aussi vite que possible. À l’intérieur, la fourmilière s’activait, quelques rares filles répétaient, du personnel de ménage astiquait, et le barman, mon grand pote, comptait ses bouteilles. « Il est pas là. » m’informa-t-il en me voyant déplacer mes trois kilos de trop jusqu’à lui. Oui, trois kilos, je sais, c’est ridicule, mais pour une brindille comme moi, c’est la dépression nerveuse. « Je sais. » Qu’est-ce qu’il croyait ? Que c’était la seule raison qui me poussait à me rendre ici à chaque fois ? Je venais jamais pour lui, toujours pour la photo. Pas vrai ? « Qu’est-ce que tu fais ici, alors ? » Visiblement, c’était pas clair pour tout le monde. « Je viens récupérer mon matos. Tu sais où c’est ? » demandais-je en posant Little Satan sur le comptoir, tandis que l’autre grand con agitait son torchon façon marionnette. Le tout accompagné de petits bruits de bouche très étranges. « Super viril. » je ponctuais dans le soulèvement d’un seul sourcil. Pas très viril, et surtout très inutile, puisque l’alarme ambulante c’était endormi dans la voiture. « Dans le bureau du boss. » m’informa-t-il sans détacher les yeux de mon fils, ni se départir de son sourire tarte. « Passe-moi les clefs. » Oui, parce que si je savais que Renji cadenassait toujours son bureau en son absence, je savais aussi qu’il existait un double en cas d’extrême nécessité. Un double dont personne n’oserait jamais se servir. À part moi. D’ailleurs, il hésita. Devait-il, oui ou non, me remettre la clef ? Est-ce que Renji risquait de lui en vouloir de me l’avoir donné, ou au contraire, de ne pas me l’avoir donné ? Mon statut semblait flou, très flou, et j’en profitais. J’étais pas plus légitime qu’une autre dans le bureau de son boss, mais ça, Jack n’en était pas certain. Et un regard de défi plus tard, il déposait la fameuse clef dans ma paume déterminée.

Il avait proposé de me garder Little Satan, aussi, mais en bonne mère/indigne/louve, j’avais préféré grimper l’escalier interminable pour déposer l’enfant sur le grand bureau de cette pièce trop vaste, trop vide. Ce n’était pas la première fois que je m’y retrouvais seule, mais... Cette fois, il ne savait pas. Il y avait ce sentiment d’urgence, je voulais trouver vite, et partir tout aussi vite. Je ne voulais pas le croiser, je ne voulais surtout pas le croiser. Je ne voulais pas prendre ce risque, celui qu’il me voit comme ça, celui qu’il me voit là. Pourquoi, d’ailleurs ? Normalement, je me foutais de tout, je devrais me foutre tout, surtout de lui. Alors, je chassais cette pensée de ma tête, et toutes les interrogations à la con qu’elle engendrait, et patientais une petite seconde, m’assurant que mon fils n’allait pas se réveiller, avant de passer à la fouille archéologique du bureau. Y avait un million de rangements, et aucun indice laissant entendre lequel accueillait mon matériel. C’était d’ailleurs ce que j’observais, ce milliard de possibilités tout autour du bureau, tout en berçant légèrement le bébé toujours endormi. Du moins, jusqu’à ce grincement étrange, qui attira mon attention vers ce... What ?! J’avais pas eu le temps de bien voir, mais j’avais pas rêvé, hein ? Il était bien sortit du mur, là, pas vrai ? De fait, j’étais doublement surprise. Un, de le trouver là, deux, de le voir apparaitre façon James Bond. Surtout l’apparition à la James Bond, je dois bien dire. Du coup, je ne refermais la bouche qu’à son toussotement, et m’employais à froisser les sourcils pour bien lui exprimer mon mécontentement de le trouver ici. Non, sans déconner, si on pouvait même plus compter sur les « Il est pas là. » où va le monde ? Et pourquoi il me regardait comme ça ? Il avait toutes les raisons du monde d’être surpris, certes, mais là, il y avait autre chose, un truc inconnu teintant sa rétine. Non, c’était pas un truc en plus, c’était un truc en moins. Il manquait quelque chose dans ses yeux et dans ses traits. Surtout dans ses yeux. Il ne me regardait pas comme d’habitude. Il me regardait comme... je ne sais pas... comme si je n’allumais rien en lui. J’étais trop grosse, c’est ça ? Trop moche ? Trop fatiguée ? Sûrement le tout, en fait. D’un rapide coup d’oeil j’observais ma tenue, un vieux jean, un gros pull sous un manteau d’homme que je n’avais pas pris la peine d’ôter, et regrettais de ne pas avoir fait un effort. Puis, je me giflais mentalement d’avoir osé penser un truc pareil. Un effort ? D’où je devais faire des efforts pour lui ? Et surtout, à quel moment, moi, Astaria, j’éprouvais le besoin de faire des efforts pour lui. Putain, l’épuisement me faisait vraiment faire n’importe quoi. C’était comme une cuite longue durée, avec que les effets néfastes. Et puis, qu’est-ce que ça pouvait bien me faire qu’il n’ait plus ce feu dans les yeux en me regardant ? C’était tant mieux, finalement, ça anéantissait tout risque... Mais quand même... À ce point-là ?! « Salut?… » Salut ? Salut ?! Ok, c’était quoi ce délire ? Pas de blague salaces ? Pas de réflexions de mauvais goût ? Il hurlait même pas ? C’était quoi cette neutralité soudaine ? « Qu’est-ce que tu fais là ? » Oui, cette question sortait de ma bouche. Logique. Une question que je posais sans jamais cesser de l’observer, afin de trouver le truc, ce détail qui me dérangeait tant et qui rendait le tableau, le tableau qu’il composait, totalement incohérent. C’était peut-être la précision de mon oeil de photographe qui me faisait voir ce que personne d’autre ne voyait, mais il y avait quelque chose... un truc... Et plus les secondes défilaient, et plus mes yeux se plissaient, mes sourcils se fronçaient, mes lèvres se pinçaient, sans définir le truc. C’était Renji, évidemment que c’était Renji. Mais c’était pas lui. C’était un Renji, mais c’était pas le mien. Cette réflexion me sembla tellement stupide, que j’imputais la responsabilité à ma fatigue, et détournais le regard, le reportant sur mon fils dont les si fines paupières vibraient. « Shhhhhhhh... » je sifflais, un index contre les lèvres, à l’attention du fake-Renji. « Il dort enfin. » Traduction : ne parlons pas trop fort, sinon je me jette par la fenêtre et te laisse mon orphelin sur les bras. Et, prenant soin de ne pas croiser le regard dérangeant de pas-mon-Renji, je contournais le bureau, comblant la distance et jetais un regard circulaire à la ronde. « T’as rangé où mes affaires ? Faut pas que je tarde. » Surtout pas. Et puis, j’avais pas envie de fouiller non plus. Mais en me retournant vers lui, après lui avoir tourné le dos un instant, j’étais de nouveau happée par ce truc, cette différence monstrueusement vaste. J’étais face à un étranger. Comment ça pouvait être lui, sans être lui ? J’allais peut-être passer pour une folle, mais, il fallait que je sache, que je teste. Et puis, Renji savait déjà que je n’étais pas très équilibrée. Alors... « J’risque de rentrer tard, ce soir. Tu peux t’absenter du club, ou bien on appelle une babysitter pour ton fils ? » Ce fut infime, une micro réaction qui suffit à me confirmer que je n’étais pas folle, ou du moins pas plus que d’ordinaire. Soit Renji était amnésique, soit ce n’était pas du tout Renji. Mais alors, qui était-il ? La réponse était évidente, mais elle ne me sautait pas aux yeux. Il m’avait parlé de son père. Pourquoi aurait-il tut l’existence d’un frère ? D’un jumeau qui plus est ? J’aurais pu arrêter là la supercherie, et simplement lui demander son prénom, mais j’avais envie de jouer un peu, et de l’observer sortir les rames. Comment il allait se sortir de cette situation, le pas-Renji ? Et après, on parlerait de cette porte dans le mur. Si, si, j'y tenais.



with: Lenzo | date: 17/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 0:23



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Ok, alors j’étais clairement pas réjoui de voir cette meuf dans le bureau de mon frère et de tomber sur elle de cette façon. Pourquoi? Premièrement, j’étais dégoûté qu’elle soit au courant de notre passage secret. Ouais, ça pouvait être puéril comme première pensée, mais merde quoi, c’était un truc entre Renji et moi, c’était notre secret de frangins, et ça devait rester secret. Normalement, personne ne venait dans nos bureaux à part l’un et l’autre, c’est bien pour ça que ça avait pu rester un secret depuis tant de temps. Et en trois secondes, tout était ruiné. Tomb Raider serait morte sur le coup, parce que ça aurait été un ennemi, cette fille. Et sous la surprise, elle aurait eu un temps de réaction bien trop longue pour éviter les balles ou les flèches ou quoi que ce soit. Mon égo en prenait un coup. Ne jamais baisser sa garde, Lenzo. Règle numéro une. Deuxièmement, qu’est-ce qu’elle pouvait bien foutre là? Mon frère ne laissait personne entrer dans son bureau, et encore moins en son absence. Et je savais qu’il n’était pas au club. Le personnel allait l’entendre quand je lui dirai qu’il y en a un qui a donné la clé sans broncher. Sans broncher oui, parce que j’imaginais bien que la demoiselle face à moi n’avait pas provoqué de bagarre au rez-de-chaussé, surtout avec son bambin.

En tout cas, elle avait l’air aussi surprise que moi, et c’était tant mieux. Elle refermait enfin la bouche quand je repris mes esprits et toussotais, et elle fronça les sourcils. C’était quoi son problème? Renji avait couché avec et ne l’avait pas rappelée? Ouais, ben, désolé ma jolie mais c’était comme ça à chaque fois, je ne peux rien faire pour toi… Mais ça n’expliquait toujours pas pourquoi elle était là, et ce qu’elle semblait chercher. Elle avait la tête d’une voleuse surprise en plein crime. Je la vis baisser les yeux pour inspecter sa tenue, et plissais le front. C’est quoi le délire? D’ailleurs, je suivais son regard et me rendais compte que c’était pas le genre de Renji. Enfin, elle était superbe, mais de un, elle avait un gosse, et de deux, ses fringues en mode casual, très peu pour lui. Elle n’avait même pas de décolleté. Pourquoi il craquerait pour elle? Elle avait l’air d’une fille sérieuse et posée ; tout le contraire de ce que mon frère recherchait. Moi, je l’aimais déjà bien. Elle m’inspirait confiance. Ok, contradictoire étant donné que j’ai l’impression qu’elle est en train de chercher à dérober mon frangin, mais sinon, ça m’allait. Mais si moi elle m’allait, comment elle pouvait avoir une quelconque relation avec lui? On était des opposés, en tous points, et encore plus pour les filles, alors là c’était chelou. Il y avait bien de quoi se poser des questions.

Et je me sentais super mal à l’aise. Elle me fixait comme si elle essayait de lire à travers moi comme dans un livre. Elle avait les yeux plissés, les sourcils froncés, la mine sérieuse et concentrée. Ça faisait presque flipper. Du coup, j’ouvrais la conversation avec un simple « salut ». Parce que là, on avait un peu un comportement animal : on se regardait, s’épiait, sans rien dire, sans bouger. Manquait plus qu’on se renifle mutuellement et ça serait le pompom. Puis à son regard, j’eus envie de me taper la tête dans le mur. Salut? T’es sérieux Lenzo? Renji ne dirait jamais ça s’il venait à surprendre une jolie fille — certes, avec un môme — en train de fouiner dans ses affaires. Quel con. M’enfin, elle ne devrait pas prendre ça en compte. Elle avait juste couché avec lui, donc elle ne le connaissait pas et ne saurait pas ses petites habitudes. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Qu’est-ce que je fais là? Elle était stupide ou quoi? « C’est plutôt à moi d’te demander ça. Qui est-ce qui t’as permise d’entrer et filé la clé de secours? » Le ton de ma voix ayant légèrement monté, elle me réprimandait en me disant limite de me la fermer pour ne pas réveiller son bébé. Ça va, je vais chuchoter, je suis pas con… Je sais comment fonctionnent les mômes, et il avait l’air tout frais. La pauvre, ça se voyait qu’elle était crevée, elle avait des cernes jusqu’en bas des joues. Elle contournait le bureau et jetais un coup d’oeil tout autour d’elle. « T’as rangé où mes affaires ? Faut pas que je tarde. » Alors elle cherchait bien quelque chose. Ses affaires? Elle ne volait pas apparemment. C’était toujours bon à savoir. Mais comment j’allais m’en sortir moi, là? Je n’avais même pas idée de quelles affaires elle parlait. Mais je savais où Renji rangeait tel ou tel truc. Et tout ce qui ne lui appartenait pas, ça allait dans l’armoire là bas, que je me contentais de pointer du doigt, de façon la plus naturelle possible, cachant mes doutes. Pourvu que ce soit là-bas. « Tu vas où? » Oui, Renji était curieux en général, alors autant m’avancer à demander. La pêche aux infos, c’était son truc. Et à cet instant, ça m’arrangeait bien. J’avais bien envie de savoir qui elle était, et pourquoi elle avait le privilège d’entrer dans le bureau de mon bro sans que celui ci y soit.

Puis elle balança la bombe, à cause de laquelle je faillis m’étouffer. « J’risque de rentrer tard, ce soir. Tu peux t’absenter du club, ou bien on appelle une babysitter pour ton fils ? » Mon quoi? Non non non, ça ne pouvait pas être vrai. Oh la vache. Oh le con. Oh… mon dieu. Bon sang d’bonsoir. Puis, je repris mes esprits. Non. Renji n’aurait pas fait ça. Je le connaissais à la perfection, et je savais qu’il mettait toujours une capote, et que si elle avait craquée, il m’en aurait parlé parce qu’il aurait été flippé à mort. Heureusement qu’il mettait toujours des capotes, avec toutes les meufs qu’il se tapait. Et impossible que ce soit volontaire, il avait horreur des gosses et puis quoi, lui, être père? Grosse blague. « Arrête de me faire chier avec ça, c’est pas mon gosse. » me contentais-je de répliquer. Oui, parce que c’était impossible. Et si elle lui faisait le coup à chaque fois, le pauvre, il devait bien être vanné.

© Pando
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 1:50



the girl next door
Je ne connaisais pas Renji. Du moins, je refusais d’admettre que je le connaissais. De manière traditionnelle, c’était vrai, d’ailleurs. On passait pas notre temps à se raconter nos vies, et si je détenais bien quelques informations sur lui, c’était pas assez pour écrire une biographie d’une page. Qu’est-ce que je savais de lui, objectivement ? Qu’il possédait ce club qu’il tenait de son père, que son père, justement, était dans le business depuis toujours, et fréquentait des hommes influents, type politicien, qu’il était Australien, qu’il pensait ne pas aimer le lapin, mais que finalement, il kiffait bien, que le gâteau au chocolat passait nikel aussi, qu’il aimait les femmes apprêtées, voir carrément à poil, qu’il avait du mal avec les jeans et préférait voir les jambes, qu’il s’aimait profondément mais dissimulait une faille que j’avais décelé mais pas encore analysé complètement, qu’il avait 26 ans, qu’il ne réfléchissait pas avant de baiser, et que c’était pas un connard, même si j’étais chargée de maintenir sa couverture intacte. Pas grand chose, quoi. Dans les faits. Pas de quoi le différencier de son portrait craché, à priori. Et pourtant... C’était évident que ce mec, devant moi, n’était pas totalement Renji. Il l’était dans le packaging, mais le contenu sonnait différemment. Il ne me regardait pas de la même manière, et au-delà de ça, n’agissait pas de la même manière. Je me souvenais parfaitement de sa réaction en découvrant mon ventre rond, alors, forcément, en percevant mon fils sur son bureau, il ne se serait pas contenté d’un vague ‘Salut’ interrogatif. Alors, soit il était shooté, soit c’était pas lui. Et que dire de sa réaction lorsque je l’interrogeais sur sa présence ici ? « C’est plutôt à moi d’te demander ça. Qui est-ce qui t’as permise d’entrer et filé la clé de secours? » avait-il répliqué. Renji m’avait laissé traumatisé ses employés, alors Renji se serait très vite douté du ‘qui’ et du ‘pourquoi’. Il n’aurait pas posé la question, il aurait juste soupiré. Ou sortit son plus beau sourire carnassier, celui qui voudrait dire que j’avais fait une connerie en venant ici, que je m’étais jetée dans la gueule du loup, et que j’allais devoir en payer la taxe. Alors que lui, là, il m’engueulait. Renji m’engueulait pas. Il aurait pu, il aurait sûrement du, mais il ne le faisait pas assez, à mon goût. Quelle mouche le piquait ? Parce que oui, là, en cet instant, j’espérais encore être victime d’un AVC, et que c’était ce dernier qui me faisait imaginer un autre Renji sous les traits de Renji. D’ailleurs, j’en fus presque convaincue lorsqu’il cessa de parler sur un simple ordre de ma part. Il ne fallait pas réveiller le bébé. Renji-ou-pas-Renji obéissait. De mauvaises graces, d’accord, mais il obtempérait. Ça lui ressemblait ça. Son regard n’était toujours pas le bon, mais son attitude collait un peu plus, déjà. Et lorsque je lui demandais où il avait rangé mes affaires, il indiquait, sans réfléchir, un placard. S’il savait où était les choses, c’est qu’il n’était pas amnésique, donc. Bon point pour lui. « Tu vas où? » mauvais point pour lui. Dans mon avancée jusqu’au placard, j’avais même accusé un micro-stop. Où j’allais ? Ça avait peut-être du sens, sa question, dans un autre contexte, mais sachant que je m’apprêtais à récupérer mon matériel photo que j’avais laissé en dépôt - bien trop longtemps- ici, ça ne rimait à rien. Je n’allais nulle part, je ne faisais que le débarrasser d’encombrantes petites choses qui devaient bien le faire chier, d’ailleurs. Tout ceci sonnait tellement faux. Affreusement faux. Comme si... Comme si... Oh, je sais, Solal aurait une explication toute trouvée : un enlèvement extraterrestre ou un virus relâché par le gouvernement pour réduire la population à l’état de zombie. Était-ce un Renji-Zombie ? Était-ce contagieux ? Devais-je supprimer l’accès internet de mon frère ?

Prudente, j’ouvrais le placard... et n’y trouvait pas mon matériel. C’était pas Renji. Pas même un Renji Alien ou Zombie, c’était juste pas du tout Renji. Alors c’était qui ? Récupérant un truc au pif, dans le placard, histoire de le mettre en confiance et le laisser entendre que je pensais encore qu’il s’agissait bien de lui -enfin du lui pas lui qui était lui sans être lui-, des fois qu’il soit un serial killer ayant fait de la chirurgie plastique pour voler son identité à Renji et préférant éliminer toutes menaces envers sa supercherie, je me retournais vers lui pour le tester une dernière fois. Je devais être absolument sûre, et lui sortais le premier truc me passant par la tête : son fils. Alors, ce ne fut presque rien, mais ça roula sur sa rétine l’espace d’une fraction de seconde. La surprise, le doute, l’interrogation. Définitivement pas Renji. Il semblait s’interroger encore sur la viabilité de ce que j’avançais, tandis que je retournais vers lui, tentant de réduire à néant ce sourire victorieux que je crevais d’envie de laisser éclater. Non, c’était tellement plus drôle de le voir ramer. « Arrête de me faire chier avec ça, c’est pas mon gosse. » tenta-t-il, d’ailleurs, de donner le change. Pas mal, j’avoue, assez ressemblant même. Mais encore une fois, dans un autre contexte, éventuellement. Renji savait parfaitement qu’il ne s’agissait pas de son fils, et j’avais jamais joué là-dessus, au contraire, je n’avais eu de cesse de le lui répéter afin qu’il arrête de flipper en observant mon ventre. Faisant tourner le bout de tissu que j’avais récupéré dans l’armoire, autour de mon index, je m’arrêtais devant lui, l’air soucieux, tout à coup, avant de déposer ma main sur son front, comme je l’avais déjà fait, auparavant. « T’es sûr que ça va ? » j’interrogeais, faussement inquiète, ma paume s’assurant l’absence de fièvre. « Que tu ne veuilles pas que ça s’ébruite, ok, mais là, à priori... » j’enchainais, en jetant un coup d’oeil autour de nous. « ...personne ne peut nous entendre. Si ? » Je jouais le doute, puis l’apaisement, et finalement, la compagne aimante cherchant à calmer les inquiétudes de monsieur. Et sans lui laisser le temps de réagir ou m’inventer une nouvelle répartie renjiesque hors contexte, je me réhaussais sur la pointe des pieds, et allais déposer chastement mes lèvres sur les siennes. Comme le bisou magique qu’on fait aux mômes pour calmer les bobos. Ce fut bref, très bref, presque furtif, et je m’éloignais rapidement, me retournant en même temps, pour ne pas lui laisser voir mon amusement. C’était tellement pas Renji. Si Renji avait été une pièce de monnaie, je venais de tomber sur son côté pile. J’avais beau trouvé amusant de me jouer de celui qui avait voulu se jouer de moi, j’étais pas vraiment à l’aise dans ce jeu de dupe. Pas à l’aise avec le rôle que je jouais, celui de la compagne de Renji -Duh !-, et surtout pas à l’aise de jouer à ça avec lui, ce type qui n’était pas Renji. Alors, de retour contre le bureau, je m’installais dessus, poussant de la fesse le téléphone, avant d’observer attentivement mon observateur, puis me fendre d’un sourire. « C’est quoi ton prénom, à toi ? » je tombais les masques. « Attends, laisse-moi deviner... Hum... Kenji ? Benji ? Tenji ? Senji ? Venji ? Ouuuuh, non, je sais ! Lenji ? » Ayé, j’étais comme une môme, un peu moqueuse, certes, mais terriblement amusée par ce nouveau jeu. « Moi, c’est Astaria, et tu as forcément jamais entendu parler de moi. » Normal. Et ça n’avait pas l’air de me déranger plus que ça, puisque je continuais de sourire en faisant tournoyer le bout de tissu autour de mon index. « Et là, derrière, c’est mon fils, Renji Junior, mais tu peux l’appeler Junior, et.... Oh merde ! » je venais de jeter un oeil plus attentif à ce bout de tissu et de remarquer -enfin !!!- qu’il s’agissait d’une culotte en dentelle. Une culotte qui fit un vol plané jusqu’à l’autre bout de la pièce. Beurk. « Sans déconner, il conserve vraiment ces trucs ? Il a quoi ? Quatorze ans d’âge mental ? » je soupirais en réprimant un frisson me secouant l’échine.



with: Lenzo | date: 17/02/15
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 4:32



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Mon doigt se pointait vers l’armoire du fond alors que cette mystérieuse demoiselle me demandait où se trouvaient ses affaires. Intérieurement, je priais de tout mon coeur, les mains jointes, pour qu’elle y trouve son bonheur. Je la vis attraper quelque chose, et je me sentis soulagé. Il ne fallait pas que je laisse tomber ma couverture, je comptais bien en apprendre un peu plus, creuser davantage sur qui elle était. Je voyais bien qu’elle avait de gros doutes sur qui j’étais vraiment. En tout cas, son regard inquisiteur montrait qu’elle connaissait Renji plus que j’imaginais, et que du coup, elle savait que ce n’était pas lui devant elle en cet instant. Merde. Et elle joua la bonne carte quand elle lança que c’était mon fils. Enfin, le fils de Renji — échanger ses vies ça finit par provoquer la schizophrénie, croyez-moi. Sur le coup, je fus désemparé. Puis je me repris, et lui rétorquais sur un ton arrogant à la Renji que je savais très bien que ce n’était pas mon fils.

Elle finit par s’approcher de moi, réduisant presque la distance qui nous séparait à néant. Elle leva la main et j’eus un petit réflexe de me pencher en arrière sur le moment, avant qu’elle ne la dépose gentiment sur mon front. « T’es sûr que ça va ? » Elle feint de vérifier si j’avais de la fièvre. Je levais les yeux au ciel. « Que tu ne veuilles pas que ça s’ébruite, ok, mais là, à priori… personne ne peut nous entendre. Si ? » La vache, elle était coriace comme meuf. A présent, c’était clair que j’étais grillé. Mais je gardais le silence, pour voir quelles autres belles conneries elle pouvait bien me sortir pour me faire faillir. Et là, elle se hissait sur la pointe des pieds et m’embrassait. Elle ne fit que déposer ses lèvres sur le bout des miennes de façon très chaste, et heureusement, puisque je réagis au quart de tour. Posant mes mains fermement sur ses épaules sans pour autant être violent, je la repoussais. « Woooow, on va se calmer là ! » Elle s’éloignait comme si de rien n’était, et allait poser ses fesses sur le bureau de mon frère. Puis, son sourire victorieux la trahit enfin. Oui, je m’étais grillé tout seul en beauté là. Mais je n’étais pas du genre à embrasser les filles comme ça. La plus grosse différence entre Renji et moi, c’était bien ça. Niveau sentimental, j’étais un gars posé et sérieux, et si j’embrassais une fille, ça voulait dire quelque chose. Et ce n’est pas parce que j’étais dans la peau de Renji que j’allais en profiter ; ça c’était bien la limite de nos petits jeux de rôle de mon côté.

« C’est quoi ton prénom, à toi ? Attends, laisse-moi deviner... Hum... Kenji ? Benji ? Tenji ? Senji ? Venji ? Ouuuuh, non, je sais ! Lenji ? » Je me mis finalement à sourire. Et là, on voyait vraiment que j’avais lâché le rôle. Renji et moi on avait un sourire bien différent. Le sien paraissait plutôt séducteur, à n’importe quel moment — sauf quand il était avec moi, alors il ressemblait à un gosse de quatre ans — alors que le mien se voyait plus sincère. Je ne souriais que quand j’en avais envie. Par exemple, si la personne ne me revient pas, que je suis énervé, que je passe une journée de merde, je ne suis pas le genre de mec qui va se forcer à sourire de façon hypocrite. C’était ça, la différence entre le sourire de Renji et le mien. Et c’était flagrant. « Presque. » Je riais doucement, puis ajoutais : « Lenzo. » A ce que je voyais, tout ça l’amusait bien. J’avoue que c’était comique, comme situation. Avec Renji, on avait l’habitude, mais personne ne s’en rendait compte, alors là c’était tout nouveau pour moi, de me faire démasquer — et aussi facilement, en plus… La honte. Mon égo en prenait vraiment un coup, moi qui croyait être un parfait acteur. Merde alors… Mais d’ailleurs, ça amenait pleins d’autres questions dans ma tête. Si elle m’avait reconnu — du moins avait su que ce n’était pas Renji — la question était comment? Ou pourquoi? Elle devait vraiment bien le connaitre, pas qu’en surface, considérant que même nos propres parents ne nous différenciaient pas tout le temps. Ce qui laissait présumer qu’ils n’avaient pas que couché ensemble. Il y avait plus. Mais ils n’étaient pas ensemble. Non, Renji m’en aurait parlé. Enfin… je crois… Du moins, j’espérais. Sinon je le prendrais très, très mal. Putain mais c’était qui ?Et elle semblait lire dans mes pensées, puisqu’elle s’empressa d’ajouter : « Moi, c’est Astaria, et tu as forcément jamais entendu parlé de moi. » Bingo. Astaria. Tiens, ça me fait penser au nom d’une étoile. Je trouvais ça joli. Mais ça ne me disait toujours pas quelle relation elle avait avec mon frangin. Je gardais le silence, attendant si elle allait me donner plus d’explications. Mais mon regard se posa sur le bout de tissu qu’elle faisait tournoyer autour de son index. Quand je pris conscience de ce que c’était, un sourire amusé étira mes lèvres. Elle plaisanta sur son fils qui s’appelait ‘Renji Junior’ — et je n’y croyais toujours pas au passage — puis lâcha un juron quand elle remarqua enfin que ce qu’elle s’amusait à faire tourner, ce n’était rien d’autre qu’une petite culotte en dentelle. « Hm, tu viens rechercher tes… affaires — c’est bien ça? » lui lançais-je, le ton joueur. Punaise, c’était bien marrant tout ça, et je me retenais de toutes mes forces pour ne pas éclater de rire et réveiller son petit bébé. Elle lança le sous-vêtement à travers le bureau, comme dégoûtée. « Sans déconner, il conserve vraiment ces trucs ? Il a quoi ? Quatorze ans d’âge mental ? » J’haussais les épaules, l’air de dire « c’est pas ma faute m’dame ». A mon avis, il ne la conservait pas ; c’était plutôt la fille qui l’avait oubliée là durant une soirée torride. Je ne connaissais pas exactement la vie sexuelle de mon frère — et heureusement j’ai envie de dire, je m’en passe et m’en porte beaucoup mieux — mais je l’imaginais bien draguer avec la technique du « tu veux voir le bureau du patron? ». Je roulais des yeux rien qu’en y pensant. Je réprimais un frisson de dégoût. Je ne voulais pas penser à ça.

A mon tour de parler un peu. Les questions me brûlaient littéralement les lèvres, et j’allais m’assoir sur le canapé. Je ne savais pas vraiment par quoi commencer. « Enchanté, en tout cas. Comme tu l’as deviné, je n’suis pas Renji. Je suis son frère. Ça te parait utile si je précise qu’on est jumeaux, ou…? » Je me passais la main dans les cheveux. Question rhétorique évidemment. Je levais les yeux vers elle. « Comment t’as su? Que c’était pas lui, je veux dire. » Ok, c’était peut-être un peu brutal comme approche, et ça ne me ressemblait pas. Mais j’étais vraiment curieux sur ce point. « Désolé, je voulais pas paraître abrupte. Je veux dire, t’es la première à nous différencier. On fait ça souvent, se faire passer pour l’autre. Et même nos parents nous confondent. » Mon regard était perçant. Pas d’une façon négative. J’étais juste impressionné, un peu admiratif même. Elle mériterait bien un beau trophée en or massif. Elle devait avoir un don, ou un truc du genre. Soit elle bossait dans la psychologie, ou dans le graphisme. Ou un truc se rapprochant. Un métier où elle se devait de capter tous les détails, les plus précis qu’ils soient. « Félicitations, j’ai envie de dire. Mais effectivement, je n’ai jamais entendu parler de toi… Pourtant, tu m’as l’air bien importante. Alors, tu ferais pour moi le travail que cet idiot a oublié de faire? S’il te plaît? » J’avais vraiment besoin de savoir ce qu’il se passait, sinon j’ai devenir dingue. « Oh et, désolé. De t’avoir repoussée de la façon dont je l’ai fait. C’est juste que, c’est pas mon genre. C’est contre mes principes. » Je crois que là, elle va être sous le choc de voir combien Renji et moi étions différents l’un de l’autre. Ça crevait les yeux. Surtout si elle le connaissait autant que ce qu’elle laissait paraître.

© Pando
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 14:21



the girl next door
Le bisou n’était probablement pas nécessaire, mais absolument, divinement amusant. Non pas que j’eue ressentit la moindre excitation, à part celle d’une gamine chieuse s’apprêtant à jouer un tour, mais son malaise était si évident que je me devais d’enfoncer le clou, d’achever ma connerie avec un feu d’artifice. Sinon, je ne serais pas Astaria. J’avais un bébé avec un paraplégique mauricien souvent insupportable et dont je n’étais, ni de près, ni de loin, amoureuse, j’avais une formation d’avocate tout en finissant photographe... Ouai, en gros, la simplicité c’était pas mon truc. J’aimais bien tout ce qui explosait. À l’exception de la couche de mon fils, évidemment. Aussi, sa réaction de rejet et son exclamation, à savoir : « Woooow, on va se calmer là ! » m’amusèrent au plus haut point. Une autre aurait probablement été vexée, mais pas moi. La preuve, en tailleur sur le bureau, je souriais comme je n’avais plus souris depuis... depuis que je ne dormais plus, en fait. Alors, merci Fake-Renji pour ça. Je n’avais pas vraiment eu besoin de ça pour avoir confirmation qu’il ne s’agissait pas du bon, mais il fallait bien avouer que si une preuve supplémentaire avait été nécessaire, celle-ci était criante. Et victorieuse, très amusée, je tentais de lui trouver un prénom qui pourrait aller avec sa gémellité. Fallait que ce soit aussi improbable que Renji, aussi, peu sérieuse, je tentais toutes les consonnes pouvant précéder ‘enji’. J’avais huit ou neuf ans, en cet instant, et lui... lui... Il souriait comme son frère. Comme si j’avais le pouvoir d’amuser et attendrir tous les Renji et ses clônes. Tiens, c’était une option que j’avais oublié d’envisager, ça. Un clone de Renji. Il s’aimait tellement, que c’était le genre de démarche narcissique qu’il pouvait entamer : s’offrir son propre clone. Sauf que, pour ça, il aurait fallu que le clonage existe, mais... C’était un détail. « Presque. » me coupa-t-il dans mes réflexions alors que je venais de conclure avec un Lenji relativement improbable. Presque Lenji ? Hum... « Lenju ? Lenja ? Lenje ? Lenjo ? » Oui, non, on ne m’arrêtait plus. « Lenzo. » Je levais les deux bras en signe de victoire. Bien que Lenzo soit un prénom et Lenjo absolument pas, j’estimais m’être approchée suffisamment pour décider que j’avais gagné. Ce qui avait l’air de faire marrer le clone. Ou Lenzo. Ce ne fut que sous son regard interrogatif que je me rappelais la bienséance. Avec tout ça, j’avais oublié de me présenter, et si je savais qui il était, dorénavant, on ne pouvait pas en dire autant de lui. Aussi, je lui fournissais ces informations indispensables, à savoir mon prénom, le fait que je savais qu’il ne savait rien de moi, et que ça ne me dérangeait pas, et poussais même le vice jusqu’à enfoncer le clou en prénommant mon bébé comme son frère. Peu crédible, on est d’accord, mais j’avais la blague tenace. Enfin, ça, c’était avant que je ne remarque que le tissu, au bout de mon doigt, n’était autre qu’une culotte, et que je lui fasse faire un vol plané jusqu’à l’autre bout de la pièce -pourtant vaste- en réprimant un frisson de dégoût. Beurk. « Hm, tu viens rechercher tes… affaires — c’est bien ça? » Crétin ! Un crétin dont l’humour moqueur me plaisait, ce qui justifiait le sourire supplantant la grimace sur mes lèvres. « Pas ce type d’affaires. » Quoique... De mémoire, Renji avait kidnappé mes sous-vêtements, aussi. Il faisait ça avec tout le monde ? Lenzo se contenta d’un haussement d’épaules, mais en l’observant plus avant, je pouvais presque voir la réflexion faire son chemin dans les méandres de son esprit, jusqu’à ce frisson final qui me tira un rire irrépressible.

« Enchanté, en tout cas. Comme tu l’as deviné, je n’suis pas Renji. Je suis son frère. Ça te parait utile si je précise qu’on est jumeaux, ou…? » décida-t-il de lancer les hostilités après avoir élu domicile sur le canapé. Je réprimais un sourire afin de lui répondre, le plus sérieusement du monde : « J'hésitais entre l’enlèvement extraterrestre, la prise de pouvoir des Robots sur les Hommes, le clonage humain, et un Renji totalement amnésique et bourré. J’suis presque déçue que la réponse soit si simple. » J’avais dit ça sur le même ton que lui, sérieux sans l’être, pas même un peu. Ma folie à moi ne se situait pas à ce niveau-là, elle était plus caractérielle que théorique. Ma folie c’était comprendre que je n’étais pas en face du bon mec et me jouer de lui, ce n’était ovni et théories du complots. « Comment t’as su? Que c’était pas lui, je veux dire. » Pour toute réponse, j’haussais les épaules. Ça n’avait rien d’un incroyable prouesse. Au contraire, c’était évident qu’il n’était pas Renji, comme il était évident que Renji n’était pas lui. Je ne connaissais rien de Lenzo, et pourtant, je savais déjà que, par opposition, il n’avait rien à voir avec son frère sur bien des points. Cela dit, j’avais l’intuition que si j’étais parvenu à les différencier lorsqu’ils cherchaient à se confondre, je n’avais pas de mal, non plus, à déceler les ressemblances, toutes aussi évidentes, lorsqu’ils se pensaient si différents. « Désolé, je voulais pas paraître abrupte. Je veux dire, t’es la première à nous différencier. On fait ça souvent, se faire passer pour l’autre. Et même nos parents nous confondent. » Sérieusement ? « Les autres sont aveugles, alors. » je répondais, sous son regard insistant. Il cherchait quoi ? À me lire ? À me comprendre ? À définir qui j’étais pour avoir accompli cette prouesse ? Ce n’en n’était pas une, vraiment, ça avait été facile. Très facile. « Tu ne me regardais pas comme lui. » je consentais, finalement, à répondre, après un moment de silence. « Je veux dire, avant même que tu n’ouvres la bouche, tu étais déjà trop différent pour être lui. Et ton sourire sonnait différent. Maintenant, tu souris comme lui. » avec sincérité et amusement. Oh, je ne parlais pas du sourire carnassier, celui-là, évidemment, Lenzo ne l’affichait pas, mais je parlais de l’autre, celui que Renji avait lorsque je sortais une connerie, lorsque sa réaction était souvent de me pincer le nez ou les joues. Gosh, je détestais ça. « Félicitations, j’ai envie de dire. Mais effectivement, je n’ai jamais entendu parler de toi… Pourtant, tu m’as l’air bien importante. Alors, tu ferais pour moi le travail que cet idiot a oublié de faire? S’il te plaît? » Importante ? Oula, non, pas du tout. « Je ne suis personne. » je lui offrais même, précipitamment, tout en sautant du bureau pour me diriger droit vers le mini-frigo où je savais trouver de l’eau. « Tu veux boire quelque chose ? » je demandais, le nez dans ce dernier, sans prendre conscience du paradoxe que j’offrais en prétendant n’être personne, tout en agissant en propriétaire. Lenzo était plus légitime avec cette question. « Oh et, désolé. De t’avoir repoussée de la façon dont je l’ai fait. C’est juste que, c’est pas mon genre. C’est contre mes principes. » Ses principes... « Je sais. » je répondais en me redressant, lui envoyant une bouteille, tout en conservant la mienne. « Disons que ton mouvement de recul face à ma main contre ton front était un bon indice. Je ne l’aurais pas fait, si je n’avais pas eu l’absolue certitude que ça allait te mettre mal à l’aise. D’ailleurs, c’est ce qui a achevé de te trahir, ton malaise. Renji n’est jamais mal à l’aise. Il est confiant, surprit, intrigué, amusé ou curieux, même face à une situation inattendue, mais jamais mal à l’aise. » Oh, bien sûr, Lenzo le connaissait mieux que moi, mais le connaître en tant que frère était sensiblement différent de le connaître tout court. Renji n’était forcément pas avec Lenzo comme il était avec le reste de l’humanité. « Et non, je ne suis pas importante du tout. » j’affirmais, en retournant m’installer en tailleur sur la bureau tout en ouvrant ma bouteille d’eau. « Je suis photographe. Je prépare une expo sur le thème de l’intimité sous toutes ses formes, et je trouvais qu’un club comme celui-ci était une approche intéressante. Renji m’a laissé agir à ma guise. C’était ça que je venais récupérer, mon matériel photo. La dernière fois que je suis venue ici, j’étais tellement énorme que j’ai pas eu la force de tout transporter. » j’expliquais sans cesser de l’observer. C’était fascinant. Lui. Lui était fascinant. Cette ressemblance. J’avais un oeil plus affuté que la normale, et pourtant... « Désolée. » je réagissais après avoir pris conscience d’être en train de le fixer depuis un moment. « C’est juste que c’est fou à quel point vous êtes semblables physiquement. Y a juste le regard et tes gestes qui diffèrent. L’intonation de ta voix aussi. T’es plus... Comment dire ? T’es plus discret. Moins show-off. Plus posé aussi. Parfois, Renji est comme ça, aussi, mais seulement lorsqu’il n’est pas dans le contrôle, lorsqu’il se laisse aller. » je me surprenais à lâcher, prenant conscience, seulement maintenant, de toutes ces choses que je savais sans le savoir. J’allais imputer la responsabilité à mon oeil de photographe, plutôt que de m’avouer que je pouvais avoir été intéressée par quoique ce soit concernant Renji. « Pourquoi il ne m’a jamais dit qu’il avait un frère ? » je coupais court, du coup, glissant vers un sujet moins dangereux. « Si j’avais su, je n’aurais pas eu ce moment de flottement après ton entrée. Il te cache ? Comme Leonardo Di Caprio dans l’Homme au masque de fer ? Tu vis derrière ce mur et on ne te laisse sortir que la nuit ? » je demandais, amusée, en désignant, de l’index, le mur désormais totalement refermé et qui m’intriguait toujours autant. Y avait quoi, là, derrière ? « Si je promets de le répéter à personne, tu me laisseras être Lara Croft juste une fois ? » je voulais, moi aussi, soulever un chandelier et dévoiler la porte secrète. Allez, steuplé ! Est-ce que mes grands yeux suppliants marchaient aussi bien sur lui que sur son frère ? On allait le savoir rapidement.  



with: Lenzo | date: 17/02/15
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 18:32



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Quand je lui annonçais finalement mon prénom après qu’elle eu presque essayé toutes les consonnes et voyelles de l’alphabet, elle levait les bras en signe de victoire. La blague, elle n’avait pas trouvé toute seule alors elle n’avait certainement pas gagné! Mais je devais bien avouer que Lenjo était assez proche, alors soit. Elle se présenta à moi ensuite, précisant qu’elle se doutait que je n’avais jamais entendu parler d’elle, et ça me gênait quelque peu. Elle avait vraiment l’air d’avoir un truc avec Renji — et réciproquement de son côté à lui — sinon elle ne serait pas là. Et puis, je n’étais pas con. J’avais beau être bien plus discret que mon frère, mais j’étais aussi un bien meilleur observateur. Des fois, je me dis même que j’aurais pu partir dans le domaine de la psychologie, mais mon cher père en a décidé autrement.

Puis vint l’épisode de la petite culotte, et je m’autorisais à plaisanter sur le fait que c’était ce qu’elle était venue chercher ici, même si j’en doutais fortement. A ma petite blague, ses lèvres s’étirèrent en un sourire sincère et je lâchais un petit rire lorsqu’elle m’avoua que ce n’était pas la sienne, avec le ton dégoûté. Elle me demanda — à vrai dire, je ne savais pas si c’était une question rhétorique ou pas pour elle — si Renji gardait les sous-vêtements comme ça, en guise de collection ou je ne sais quoi, et je me contentais d’hausser les épaules. Aucune idée. Peut-être. Mais si c’était le cas je le prendrais pour un psychopathe et on aurait une petite conversation sur le champ. Quel dégueulasse, franchement.

Je finis par lui donner quelques explications, notamment sur le fait que j’étais le frère de Renji, et si c’était vraiment utile que je précise qu’on était jumeaux. « J'hésitais entre l’enlèvement extraterrestre, la prise de pouvoir des Robots sur les Hommes, le clonage humain, et un Renji totalement amnésique et bourré. J’suis presque déçue que la réponse soit si simple. » Je riais quelque peu. « Eh ben, tu manques pas d’imagination toi. Navré de te décevoir! » Un point sur lequel je comprenais pourquoi Renji s’intéresserait à elle plus que pour un soir : elle était dérangée. J’imaginais bien leurs conversations improbables, plus farfelues les unes des autres, et je finis par secouer la tête pour me chasser ça de l’esprit, parce que franchement, il y avait bien plus important en ce moment. Revenant à la réalité, je lui demandais comme elle avait su que ce n’était pas Renji, puisque personne n’avait ce pouvoir, mais elle se contentait d’hausser les épaules. Euh? Pardon, mais j’ai bien peur que ça ne soit pas suffisant comme réponse… Du coup, j’attendais. J’attendais qu’elle ajoute un truc. Mais rien. Je soupirais et finis par m’excuser de mon côté trop direct. Peut-être cela l’avait-elle dérangée. « Les autres sont aveugles, alors. » Waouh, bah celle la alors, je ne l’attendais pas. Elle m’avait sorti ça du tac au tac, comme si c’était tellement logique à ses yeux. Puis vint son aveu. « Tu ne me regardais pas comme lui. » Oups. Oui ben ça c’était bien normal, je ne brûlais pas de désir pour elle en ayant qu’un seul truc en tête : la pencher sur le bureau pour tirer mon coup, au contraire de Renji. Bon, il devait y avoir plus que ça de son côté, mais je savais très bien qu’il ne pouvait se détacher de ses envies, et qu’à chaque fois qu’il la regardait ça devait bien se remuer dans son cerveau. « Je veux dire, avant même que tu n’ouvres la bouche, tu étais déjà trop différent pour être lui. Et ton sourire sonnait différent. Maintenant, tu souris comme lui. » J’haussais les épaules. « Ouais, j’ai encore un peu de boulot pour avoir l’air d’un total connard narcissique et qui s’aime de trop. » Le sourire aux lèvres, je la regardais. Ce n’était pas méchant envers mon frérot, puisque je savais que ce n’était que du paraître, et que dans le fond, il était bien bien loin d’être un connard narcissique. Ok, il s’aimait à la folie. Mais qu’importe, puisqu’il m’aimait encore bien plus que ça. Cette idée me fit doucement sourire.

Du coup, je me contentais de la féliciter. Oui, bon, même si elle assumait la tâche avoir été super facile, c’était la première à l’avoir accomplie. Elle méritait bien ça. Mais je lui confirmais qu’effectivement, je n’avais jamais entendu parler d’elle et lui demandait si elle pouvait m’en dire plus, parce qu’à ce que je constatais elle était assez importante dans la vie de mon frère. Mais elle me rétorquait en une fraction de seconde après « Je ne suis personne. » La vache, c’était brutal ça. Je sentais qu’elle était sur la défensive, ce qui était totalement en contradiction avec ses mots. « Mh. » me contentais-je de répondre. Ou alors elle ne voulait pas l’avouer, ou alors elle ne le savait pas encore parce que le bro aura encore bien caché son jeu. Je réprimais un soupir. Il est con lui, aussi. Elle sautait vivement du bureau où elle était paisiblement assise en tailleur pour poser ses pieds de nouveau sur le sol, me demandant si je voulais boire quelque chose, se dirigeant vers le mini-frigo comme si elle avait fait ça toute sa vie. Et tout ça bien trop précipitamment pour quelqu’un qui n’a rien à se reprocher, ou rien à cacher. « Non merci, j’vais bien. » Puis après quelques secondes de réflexion, son baiser me revenait en tête. Et ma réaction également. Du coup, je m’en excusais, lui avouant que ce n’était pas contre elle, juste que ce n’était pas dans mes principes d’agir de la sorte. « Je sais. » Hein, quoi? Comment ça, elle savait? En un réflexe, je rattrapais la bouteille qu’elle m’envoyait, bien que je lui avais dit que je n’avais pas soif. « Disons que ton mouvement de recul face à ma main contre ton front était un bon indice. Je ne l’aurais pas fait, si je n’avais pas eu l’absolue certitude que ça allait te mettre mal à l’aise. D’ailleurs, c’est ce qui a achevé de te trahir, ton malaise. Renji n’est jamais mal à l’aise. Il est confiant, surprit, intrigué, amusé ou curieux, même face à une situation inattendue, mais jamais mal à l’aise. » Je sais bien, que Renji n’est jamais mal à l’aise et que c’était ça qui m’avait trahi. En même temps, je n’allais pas en profiter non plus. Puis elle fit un nouveau mini-portrait de Renji. Ah bah non, elle n’était pas importante, elle le connaissait presque aussi bien que moi tiens, c’était trois fois rien… Et comme si elle lisait une nouvelle fois dans mes pensées, elle lâchait « Et non, je ne suis pas importante du tout. » Je roulais des yeux. Exaspérante cette fille. Comme mon frère. Je la suivais du regard alors qu’elle prenait à nouveau place sur le bureau en tailleur, ouvrant sa bouteille d’eau. « Je suis photographe. Je prépare une expo sur le thème de l’intimité sous toutes ses formes, et je trouvais qu’un club comme celui-ci était une approche intéressante. Renji m’a laissé agir à ma guise. C’était ça que je venais récupérer, mon matériel photo. La dernière fois que je suis venue ici, j’étais tellement énorme que j’ai pas eu la force de tout transporter. » J’hochais la tête. Légitime. Je savais qu’elle faisait un truc qui se rapprochait du graphisme. Quand je dis que je pourrais être psychologue… Son projet m’avait l’air intéressant. « C’est quand l’expo? » m’intéressais-je alors. Bah quoi, j’aimerais bien voir son travail. Encore plus si elle s’était occupée du club de mon frangin. J’espérais juste que ce n’était pas sur invitation, sinon je devrais encore me faire passer pour Renji, et avec elle c’était vraisemblablement mission impossible.

C’est alors que je notais qu’elle m’observait. Non, qu’elle me fixait. Et je détestais ça. Je détestais quand on me fixe du regard comme ça, qu’on essaye de m’analyser, de voir à travers moi, de repérer tous mes défauts et toutes mes failles. C’était l’impression que ça me donnait en tout cas, et ça avait le don de me foutre encore plus mal à l’aise. « Quoi? » lâchais-je un peu trop abrupte. « Désolée. C’est juste que c’est fou à quel point vous êtes semblables physiquement. Y a juste le regard et tes gestes qui diffèrent. L’intonation de ta voix aussi. T’es plus... Comment dire ? T’es plus discret. Moins show-off. Plus posé aussi. Parfois, Renji est comme ça, aussi, mais seulement lorsqu’il n’est pas dans le contrôle, lorsqu’il se laisse aller. » Ben ça alors. Elle était décidément pleine de surprises. Non seulement elle analysait toutes les ressemblances et différences qu’il y avait entre Renji et moi, mais elle prouvait une fois de plus qu’elle ne le connaissait que trop bien. Je riais légèrement lorsqu’elle parlait de ma voix, me rappelant mon accent. Accent que j’avais repris d’ailleurs dès qu’elle avait posé chastement ses lèvres sur les miennes, redevenant moi-même en une fraction de seconde. « Je bosse toujours sur l’accent de Renji. C’est pas évident, il mélange tout. » Je levais les yeux au ciel. Le don de compliquer les choses. « Me dis pas que j’ai un fort accent là, je le sais déjà, on me fait le coup à chaque fois. » J’haussais les épaules l’air de dire ‘sorry not sorry’.

Puis vint une nouvelle bombe, coup de poing reçu de plein fouet dans le nez. « Pourquoi il ne m’a jamais dit qu’il avait un frère ? » Je me surpris à la regarder d’un air confus. « Euh… J’en sais rien… Je pensais pas qu’il te l’avait caché. » avouais-je. Ce n’était pas son genre. J’allais vraiment devoir lui parler. « Si j’avais su, je n’aurais pas eu ce moment de flottement après ton entrée. Il te cache ? Comme Leonardo Di Caprio dans l’Homme au masque de fer ? Tu vis derrière ce mur et on ne te laisse sortir que la nuit ? » Ça avait plutôt l’air de l’amuser, mais moi j’étais plutôt frustré, vexé, confus, attristé. Il me cache? Bah merde alors, et si c’était vrai? « J’ai jamais vu ce film. » me contentais-je de rétorquer. Elle pointait du doigt le mur magique qu’on avait entre nos deux bureaux, de façon intriguée. Tu m’étonnes. C’était pas commun, je la comprenais qu’elle se posait des questions. « Si je promets de le répéter à personne, tu me laisseras être Lara Croft juste une fois ? » Je reportais mon attention sur elle. « T’as intérêt de le dire à personne. C’est un secret de frangins. » Malgré tout, je lui faisais confiance, et du coup je me levais, lui indiquant de me rejoindre. « A toi de trouver comment ouvrir le passage secret. Si tu y arrives, tu sauras ce qu’il y a derrière ce mur. Sinon… Tant pis. » lui lançais-je dans un sourire amusé.


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 1 Fév - 21:26



the girl next door
Tout ceci m’amusait terriblement. Et dire que j’avais appréhendé cette visite. J’aurais eu toutes les raisons du monde, évidemment, si j’étais tombée sur Renji. Mais là, avec son sosie, c’était juste le meilleur instant de ma vie. Ok, j’exagérais un peu. Mais puisque depuis quinze jours, mes heures n’étaient rythmées que par les couches, le sein, les couches, le sein, le bain, les couches, le sein, dodo, le sein, dodo, le sein, insomnie, le sein, les couches, et le sein, et bien, cet échange haut en couleurs avec le frère caché du faux-connard, prenait des allures de point culminant de ma vie. Rien que ça ! Et puis, il était drôle. Sarcastique, moqueur, tout ce que j’appréciais chez quelqu’un. Il avait plein de questions, certes, ce qui me posait plus de problème, mais je ne pouvais pas le lui reprocher, il venait de tomber nez à nez avec une inconnue dans le bureau de son frère, une inconnue qui n’avait pas mit vingt secondes à le démasquer. Ça ne ressemblait pas à une prouesse, selon moi, mais Lenzo n’était pas de cet avis. Et puis, lui, de son côté, n’avait pas l’air de s’en plaindre. Au contraire, mon excès d’imagination, comme en témoignait sa dernière répartie, avait le don de le faire rire. Mais, ce qui le fascinait le plus, outre mon imagination et mon déséquilibre mental, c’était de savoir comment j’avais pu savoir, justement, que ce n’était pas lui, qu’il n’était pas Renji. J’avais pas de réponse satisfaisante à lui servir. Ça me semblait tellement évident qu’il ne s’agissait pas de Renji. Et encore, si j’avais été si longue à la détente, c’est parce que j’ignorais qu’il avait un frère, un jumeau qui plus est. Si j’avais été informé, alors j’aurais su au premier regard. Les autres ne voyaient rien ? Les autres étaient aveugles, alors. Ça ne sautait pas aux yeux physiquement, puisqu’ils étaient identiques, mais... C’était l’âme qui différait. Oh, bordel, j’avais envie de me coller des gifles, de penser ainsi, mais... Ouai, s’il s’agissait du même contenant, le contenu n’avait rien à voir. Et pour moi, c’était de l’ordre de l’évidence. « Ouais, j’ai encore un peu de boulot pour avoir l’air d’un total connard narcissique et qui s’aime de trop. » J’en lâchais un rire enchanté et spontané. Je n’étais, bien évidemment, pas d’accord avec la description qu’il faisait de son frère, mais je n’avais pas besoin de lui préciser qu’il n’était pas comme ça, il le savait déjà. Le connard narcissique amoureux de lui-même, ça, c’était l’image qu’il servait en public. Une image qu’il avait tellement pratiqué qu’il avait fini par se convaincre que c’était réellement ce qu’il était, oubliant qu’il était profondément autre chose. Et si je me gardais de le dire à Lenzo, aussi, c’était à cause de son regard insistant, et de toutes ces interrogations que je lisais en lui. Je ne voulais pas qu’il s’imagine des choses. Je n’étais rien pour Renji, et surtout, Renji n’était absolument rien pour moi. Pas vrai ?  C’est d’ailleurs ce que je m’efforçais à lui faire comprendre en allant me chercher de l’eau, et en lui imposant une hydratation forcée, en lui en envoyant une bouteille aussi. J’étais personne. Mais j’avais beau le lui répéter, il n’avait pas l’air d’y croire. Pourquoi ? Juste parce que j’étais parvenue à faire la différence entre son frère et lui ? Pfff ! Ça ne voulait rien dire ! J’étais juste très douée pour voir les choses, comme lorsque j’avais perçu sa réticence à mon contact, en posant ma main sur son front. Son malaise évident m’avait poussé à le faire chier un peu plus, le provoquer un peu plus, le punir de se moquer de moi en allant déposer mes lèvres contre les siennes. Ce qui avait eu le mérite de lui permettre de tomber le masque. Et lorsque je parlais de malaise, je n’évoquais pas seulement ça. J’évoquais l’intégralité de cette scène, dès le début. Dès son salut, il avait été mal à l’aise de me trouver là. Renji ne l’aurait pas été. Et si j’avais remarqué ça, ce n’était pas parce que je connaissais super bien Renji, mais juste parce que j’étais photographe, donc très observatrice. C’est d’ailleurs ce que je tentais de lui exposer, lui expliquant mon métier et la raison qui m’avait amené à croiser la route de son frère, tout en m’efforçant de faire taire cette petite voix dans ma tête qui me trait de menteuse en se foutant de ma gueule. Pourquoi cette voix était celle de mon frère, d’ailleurs ? Esprit sadique !! J’étais venue pour la photo, et j’étais revenue pour Renji. Tout le monde savait ça, à part moi, peut-être... Et Renji, aussi. « C’est quand l’expo? » Quoi ? Sérieusement ? Il était sincèrement intéressé ? « La semaine prochaine. » je répondais dans un froncement de sourcils. C’était pas un piège, hein ? Parce que j’avais pas prévu que Renji vienne, je ne sais pas, quelque part, quelque chose me dérangeait dans l’image de lui au milieu de mon univers à moi. Mon univers intime et personnel. Ce qui était pardoxal, puisque je l’ouvrais à tout le monde, cette expo. Alors pourquoi pas Renji, finalement ? Parce que c’était différent ? Pourquoi ce serait différent ? Oh, merde, fallait que j’arrête de réfléchir, en fait. Du coup, ce fut totalement sans réfléchir que je m’étirais vers l’arrière, afin de ramasser mon sac déposé sur le bureau, à côté de mon fils, et entreprendre sa fouille scrupuleuse. J’avais quelques cartons d’invitation sur moi, on ne sait jamais, alors j’en sortais un, présentant nom, prénom, nom de la galerie, adresse de cette dernière, date et heure, le tout illustré de l’un de mes clichés, mon modèle, Jénova, de dos, de loin, capturée à son insu, ou presque, présentant cette beauté mystérieuse qui ne me devait rien. « Le vernissage est dans trois jours, si ça te dit... » je me surprenais à lui proposer, tout en lui tendant le carton. « Juste toi. » je précisais, malgré tout. Et je n’avais pas l’intention de m’expliquer là-dessus.

Au lieu de quoi, je le fixais. Je le fixais tant et si bien que j’en venais à m’excuser et m’expliquer. C’était cette similarité physique qui était juste fascinante. Surtout pour mon oeil d’une précision inhabituelle. Ça allait jusqu’à la même longueur de cheveux ou de barbe, à croire qu’ils se rendaient en même temps chez le coiffeur, armés d’un double décimètre. Son attitude était différente, cela dit, et son intonation de voix. « Je bosse toujours sur l’accent de Renji. C’est pas évident, il mélange tout. » Comment ça ? Je ne comprenais pas. « Me dis pas que j’ai un fort accent là, je le sais déjà, on me fait le coup à chaque fois. » Oh, il avait un accent si fort que ça ? « Je suis française, je ne remarque pas ces choses-là. J’entends bien que tu manges tes mots, mais... Pas plus qu’un texan, par exemple. L’anglais n’étant pas du tout ma langue maternelle, j’ai pas la précision des prononciations comme vous. » Bah oui, ils avaient beau être australiens, ils parlaient l’anglais. J’arrivais à faire la différence entre l’accent anglais et l’accent américain, mais pas encore totalement entre l’américain, le canadien et l’australien. Ça viendrait, cela dit.  Renji avait un accent, aussi ? Je n’avais pas remarqué. Sauf lorsqu’il râlait et utilisait des mots qui m’étaient inconnus. D’ailleurs, en parlant d’inconnu, pourquoi il ne m’avait pas parlé de son frère ? Il avait bien évoqué son père et m’avait fait parler de ma propre famille, de mon père, de mon frère, et même de mon oncle et mes cousins. Putain ! Je lui avais parlé de bien trop de trucs ! C’était quoi mon problème ? Ha oui, je sais, les hormones. Pendant huit mois, je n’avais pas vraiment été moi-même. « Euh… J’en sais rien… Je pensais pas qu’il te l’avait caché. » Pourquoi ça me vexait ? Ça n’aurait pas du. Après tout, il n’avait pas obligation à me raconter sa vie, non plus. Mais... Bref. En attendant, tout ceci me faisait penser à l’Homme au Masque de Fer. « J’ai jamais vu ce film. » Oh, vraiment ? « C’est un film qui parle de Louis XIV, le Roi Soleil. Tu connais ? Ça traite d’une vieille légende qui évoque un prisonnier de l’époque que même ses geôliers ne pouvaient voir, puisqu’il portait un masque de fer sur le visage. L’histoire voudrait qu’il s’agisse du frère jumeau de Louis XIV. Louis XIV qui ne serait pas Louis XIV mais son frère, ayant usurpé identité et trône, avant de masquer le véritable Louis, et l’enfermer dans une cellule. Un peu comme si toi, tu voulais récupérer la vie de Renji, et que tu le masquais et l’enfermais, pour simuler la disparition de Lenzo et devenir Renji. Tu vois ? » Ouai, c’était un peu compliqué, l’Histoire de France. Et après on s’étonnait que je le sois, moi ? J’étais juste une bonne française, à l’image de l’Histoire de mon pays. D’ailleurs, en parlant d’Histoire, y avait moyen que je me la joue Lara Croft, un peu ? Même que je promettais de ne le répéter à personne. « T’as intérêt de le dire à personne. C’est un secret de frangins. » Raaaaah, il cèdait ! Et mon sourire s’accentuait, rayonnait. « J’ai jamais répété à personne que ton frère était pas vraiment un total-connard, tu sais ? Tu peux me faire confiance. » Ouai, j’étais une tombe. Et sur un signe de sa part, je me levais pour le rejoindre près du mur. Il allait me montrer ? « A toi de trouver comment ouvrir le passage secret. Si tu y arrives, tu sauras ce qu’il y a derrière ce mur. Sinon… Tant pis. » Ha non, il allait pas du tout me montrer. « Là, tu vois, t’es typiquement ton frère. Sadique ! » je sifflais sans parvenir, toute fois, à réprimer un sourire amusé.

Bon... Par où je devais commencer ? Du regard, je faisais un tour d’horizon, des fois que le mécanisme caché soit dissimulé loin du mur. Ça aurait été plus intelligent, mais moins pratique. Ceci dit, il n’y avait ni chandelier, ni portrait à faire pivoter, rien de ce qu’on trouvait dans Indiana Jones, quoi. Pas très sûre de moi, je retournais vers le bureau, cherchant sur celui-ci, quelque chose à soulever, ou un bouton caché. Mais il n’y avait que mon fils, et je doute que celui-ci fasse partie du mécanisme. D’ailleurs, j’en profitais pour m’immobiliser devant l’endormi, et lui dézipper sa combinaison trop chaude. Puisqu’on restait un peu, autant m’arranger pour que le monstre ne meurt pas de chaud. Je lui ôtais son bonnet, sans le réveiller, et après quelques instants de fascination toute maternelle, je me rappelais pourquoi j’étais venue jusqu’au bureau. Ha oui, le mur ! « Désolée, parfois je beug. C’est assez étrange l’instinct maternel. T’as beau pas le vouloir, parfois tu ne peux penser qu’à ça. » je m’excusais, en revenant jusqu’à lui et donc au mur. Je ne savais pas trop comment c’était arrangé de l’autre côté, mais ici, le mur de briques était occupé par une étagère incrustée remplie de livres et d’objets de valeur. Enfin, ça semblait avoir de la valeur. Je devais trouver quelque chose qui sortait de l’ordinaire. « Oh putain, mais oui ! C’est évident ! » je réagissais en passant directement à l’action, écartant un à un tous les livres se trouvant sur l’étagère. Renji était pas du style littéraire, alors quelle autre raison qu’un mécanisme à la con, pour expliquer leur présence ici ? Sauf que, le mur restant désespérément immobile, je devais bien me rendre à l’évidence : « Il lit des livres, Renji ? » Pourquoi j’étais si surprise que ça ? « Même ça ?!? » j’insistais en tirant un vieil exemplaire du Hamlet de Shakespeare. Parce que le Coben, Vargas ou King, sur les étagères, je pouvais encore à peu près l’accepter, mais du Shakespeare ? Est-ce que j’étais impressionnée ? La ferme, ma conscience ! La ferme ! J’étais surprise, c’est tout. Le pire, c’est qu’à présent, je ne voyais plus rien pouvant sortir de l’ordinaire. « Si je trouve pas, tu vas vraiment pas me montrer ? » je demandais, quand même, le regard plaintif et désespéré. « Tu oserais me priver du rêve de toute une vie, moi qui voulait être Indiana Jones de l’âge de six ans jusqu’à mes seize ans ? » Ouai, parce qu’après, j’avais du faire avocate, malheureusement. Dans un dernier effort, une vaine tentative, j’essayais d’appuyer sur toutes les briques encadrant l’étagère, frénétiquement, comme une folle, avant de m’affaler contre le mur, dépitée. Du moins, jusqu’à ce que l’un de mes coudes ne presse quelque chose de dur et froid, et qu’un déclic se fasse entendre. Je n’eus pas le temps de me retourner pour observer quel objet de l’étagère j’avais déplacé, que déjà le mur pivotais en m’entrainant avec lui. Je ne l’avais absolument pas fait exprès, d’appuyer sur cette émeraude posée là, mais ça ne m’empêcha pas de lâcher un « Je suis trop forte ! » à l’attention de Lenzo, avant de me retourner pour découvrir... Son bureau ? C’était comme être de l’autre côté d’un miroir déformant. La même pièce, les mêmes proportions, les mêmes fonctions, le même agencement, et tout le reste de différent. C’était lui, c’était Lenzo le proprio du restaurant d’à côté ? « Je suis déçue... Moi qui pensais découvrir une cellule secrète de laquelle tu chercherais à t’évader en te laissant pousser les cheveux... » Même si, niveau capillaire, il avait encore du boulot...  



with: Lenzo | date: 17/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Lun 2 Fév - 1:06



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Elle me parlait de son métier et de son projet, et je me surpris à lui demander la date, curieux d’y faire un tour si j’en avais la possibilité. La semaine prochaine, m’annonçait-elle. Super. Puis me vint à l’esprit que peut-être, il fallait une invitation, en fait. Ça serait logique au final. Du coup, je me résignais déjà à l’idée — bah oui, je n’allais pas lui en quémander une, on ne se connaissait même pas — alors qu’elle alla fouiller son sac pour me tendre un petit carton. « Le vernissage est dans trois jours, si ça te dit... » Je lui prenais des doigts, un sincère sourire s’affichant sur mes lèvres. « Merci. Je serais là, t’en fais pas. T’as l’air vraiment douée. » ajoutais-je alors que mon regard se posait enfin sur le bout de papier, la photographie retenant mon attention. « Juste toi. » Ah. Bon. Renji, désolé mon loulou, mais cette fois tu restes en touche. Je savais qu’elle ne souhaitait pas en causer, mais moi je restais curieux. « Pourquoi juste moi? Pourquoi tu veux pas qu’il vienne voir ton travail? En plus, c’est sur son club, alors si tu crois qu’il va manquer ça… » Je savais à quel point lui importait son business, et si on en parlait dans des brochures, des magazines, ou pire, qu’on en faisait une expo d’art, il fallait qu’il voit ça. En tout cas, si elle ne voulait que moi, il n’y avait pas de soucis, je n’irai pas vendre la mèche ni essayer de la faire changer d’avis. Ça me paraissait être une femme bien déterminée de toute façon. Je voulais juste savoir pourquoi.

Puis elle me fixait, son esprit jouant au jeu des sept différences entre Renji et moi. Elle m’avouait que le ton de ma voix l’avait aussi mise sur la piste, et je lui répondais que j’avais toujours un peu de mal à prendre l’accent si spécial de mon frère. Mais elle avait l’air perdue. Je précisais donc que j’avais un fort accent, et qu’elle n’avait pas besoin de faire semblant de ne pas l’entendre. « Je suis française, je ne remarque pas ces choses-là. J’entends bien que tu manges tes mots, mais... Pas plus qu’un texan, par exemple. L’anglais n’étant pas du tout ma langue maternelle, j’ai pas la précision des prononciations comme vous. » Oh, bah tout s’explique. Française? La classe. Oui, nous, les australiens, on rêvait de la France. C’était comme le Pays Des Merveilles pour Alice. Un peu ce qu’était l’Amérique pour les Européens à sa découverte. Pleine de surprises, pleine de classe, pleine de possibilités. Pleine de tout ce qu’on désirait. Du coup, j’hochais la tête à ses propos. « Effectivement, je comprends mieux… Et je mange pas mes mots, d’abord! Non mais… et ne compare pas mon magnifique accent avec celui des Texas Rangers, tu m’offenses là. » lui dis-je en la regardant d’un air sérieux. S’il y avait bien un truc dont je me vantais, c’était mon accent — bien que personne ne me comprenait et tout le monde le détestait. Alors le comparer à celui du Texas… sérieux? « La France et ses 66 millions de français baissent dans mon estime à cause de toi. » plaisantais-je, tout en gardant mon air faussement sérieux. « Je t’apprendrai l’accent australien, si ça te dit. » lui proposais-je alors. Si elle était curieuse et vraiment intéressée, ça me ferait plaisir. Je préférais ça plutôt que les gens qui se contentaient de râler quand ils ne me comprenaient pas et de s’en aller, sans même chercher à comprendre. Eux, j’avais envie de les claquer dans le mur.

Changement de sujet, et pas des moindres : j’apprenais que Renji avait caché mon existence à Astaria. Et j’avais beau me retourner le cerveau dans tous les sens, je ne comprenais pas pourquoi il aurait fait ça. Qu’est-ce qu’il craignait? Qu’est-ce qu’il me cachait? Mais elle, ça ne semblait pas la perturber plus que ça, puisqu’elle se contenta de me résumer le film qu’elle avait mentionné. « Ah, ouais, non, je suis pas trop films d’Histoire. Mon genre c’est plus Captain America et Iron Man, tu vois. » me contentais-je de lui répondre, ne l’ayant pas totalement écoutée, trop préoccupé par le fait que mon propre frère m’avait gardé secret aux yeux de sa belle.

Mais elle me tira de mes pensées une fois de plus en me demandant si elle pouvait se la jouer Lara Croft elle aussi. Ouais. Après tout elle connaissait l’existence de notre passage secret alors il n’y avait plus de mystère et je n’avais pas de raison de lui refuser ce plaisir. Je me dirigeais vers le mur du coup, et lui dis que si elle voulait savoir ce qu’il y avait de l’autre côté, elle devait trouver la combine d’elle-même, sinon elle n’aurait pas cette chance incroyable. Bon, ok, j’exagérais vachement — après tout ce n’était que mon bureau de l’autre côté et il n’y avait rien de bien intéressant. « Là, tu vois, t’es typiquement ton frère. Sadique ! » Je lâchais un rire amusé. Je l’aimais bien cette fille, qui qu’elle soit. C’était pourtant rare que j’appréciais les fréquentations de mon frère. « Tais-toi et cherche, Lara. » lui rétorquais-je, prenant la voix off du jeu vidéo. Elle regardait premièrement tout autour d’elle mais apparemment ne trouvait rien qui l’inspirait puisqu’elle se dirigeait vers le bureau, le fouillant pour trouver un bouton ou un truc du genre qui ouvrirait la porte. Elle s’occupait d’ouvrir le vêtement de son fils et de lui retirer son bonnet, avant de bloquer quelque temps sur lui, simplement le regardant. Et je me surpris à sourire en voyant ses yeux briller devant le fruit de ses entrailles. « Désolée, parfois je beug. C’est assez étrange l’instinct maternel. T’as beau pas le vouloir, parfois tu ne peux penser qu’à ça. » Je riais en hochant doucement la tête. « J’imagine bien. Il s’appelle comment? » Puis je me rappelais de ses mots. « Il n’était pas voulu? » m’inquiétais-je quelque peu. Pourquoi elle n’avait pas avorté alors? Merde, il fallait que j’arrête d’être aussi curieux moi. Je me surpris à m’imaginer avec une famille à mon tour. Une compagne, un bébé. Ça sonnait encore bizarre, mais sûrement parce que je n’avais personne dans ma vie avec qui projeter un quelconque futur. Mais je ne perdais pas espoir.

Elle revenait vers moi, se plantant face au mur de nouveau. « Oh putain, mais oui ! C’est évident ! » lâchait-elle après quelques secondes d’observation. Non, dites moi que je rêve, aussi vite? Elle n’était pas photographe celle là, elle était médium. Elle cherchait à écarter tous les livres de la bibliothèque. Non, désolé chérie, c’est pas là… Elle s’épuisa apparement et resta immobile devant la porte cachée. « Il lit des livres, Renji ? (…) Même ça ?!? » Je regardais l’exemplaire qu’elle avait dans la main, tout frais sorti de l’étagère. Hamlet? J’arquais un sourcil. « Aucune idée… C’est peut-être mon exemplaire. Ou alors c’est le sien, mais j’pense bien qu’il n’y a jamais jeté un oeil, ne te fais pas trop d’illusions… » Je levais les yeux au ciel. « Si je trouve pas, tu vas vraiment pas me montrer ? Tu oserais me priver du rêve de toute une vie, moi qui voulait être Indiana Jones de l’âge de six ans jusqu’à mes seize ans ? » Je secouais négativement la tête. La pauvre. Elle avait vraiment rêvé d’être Indiana Jones? Je n’avais jamais vu ce film là non plus d’ailleurs… Oh la vache, je devais me faire un marathon des classiques, me rendais-je compte. Dans une dernière tentative, elle se mit à presser de ses doigts toutes les pierres qui entouraient le meuble. Merde, si elle continuait comme ça, elle allait trouver. Elle abandonnait finalement, s’affalant contre le mur. Je riais doucement. « Tu t’avoues vaincue? » Mais c’est à ce moment que le mur basculait, laissant le passage. Non sérieux? J’avais gagné, elle avait abandonné! Ça compte pas, c’est pas du jeu. Je l’enjambais alors qu’elle était toujours assise par terre pour entrer dans mon espace. « Je suis déçue... Moi qui pensais découvrir une cellule secrète de laquelle tu chercherais à t’évader en te laissant pousser les cheveux... » Je levais les mains en haussant les épaules. « A croire que je ne fais que te décevoir, dis donc! Oui, ce n’est que mon bureau. Encore plus ennuyant que celui de Renji, puisqu’il n’y a pas de bouts de dentelle dans mes placards. » Je levais les yeux au ciel en repensant à ça. Quel dégueulasse. « Mais c’était super drôle de te voir toute excitée comme une gosse à te demander ce qu’il y avait de l’autre côté. » lâchais-je finalement, avant d’aller prendre place sur mon canapé.


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Lun 2 Fév - 3:54



the girl next door
« Pourquoi juste moi? Pourquoi tu veux pas qu’il vienne voir ton travail? En plus, c’est sur son club, alors si tu crois qu’il va manquer ça… » Et pourquoi il posait autant de questions, lui ? Son frère ne s’en posait pas, de son côté. J’savais pas comment lui expliquer, comment lui faire comprendre que j’étais pas moi-même quand j’étais ici, que j’étais faible, et que... J’m’en voulais d’être comme ça. Ici j’étais pas moi, mais ailleurs je l’étais. Et dans cet ailleurs, j’avais une vie, des amis, un frère, un fils, un amant, j’avais un métier, une reconnaissance à gagner. Je ne voulais pas que Renji soit là, je crois, parce que je pouvais pas tout mélanger. Il était cette erreur de parcours que j’aurais voulu oublier et que, bizarrement, je retournais voir malgré moi. Cette erreur que je ne voulais SURTOUT pas voir dans la même pièce que mon frère. Si Solal découvrait quoique ce soit... certes, il détesterait probablement moins Lawrence, pour le coup, mais il risquait de péter la tronche de Renji au premier sourire venu. Même si ça me faisait un mal de chien de l’admettre, Renji était un peu mon dirty little secret. Et je le connaissais suffisamment pour savoir qu’il ne se contenterait pas que je le présente comme le propriétaire du club dans lequel j’avais sévit. Il voudrait me provoquer, me mettre mal à l’aise, me torturer. Peut-être pas, d’ailleurs, peut-être que j’imaginais le pire et lui prêtais des intentions qu’il n’aurait jamais eu. Mais je ne voulais pas prendre le risque. Il me faisait peur. Il m’avait toujours fait peur. C’était l’effet qu’il avait sur moi qui me terrifiait, parfois. Même si je préférais me dire que je n’en avais rien à foutre, et rejeter la responsabilité de son absence d’invitation à mon vernissage, sur le fait que j’en avais fini avec son club, à présent, et que je me passerais volontiers de le revoir. C’était l’excuse que je me servais. Une excuse que je ne pouvais pas présenter devant son frère, encore moins alors que je me tenais dans son bureau. Oui, c’était comme dire ‘je suis intolérante au gluten’ chez McDo. Alors, à la place, j’haussais les épaules, et me contentais d’un « C’est pas son truc, et tu le sais. Il ne viendrait que pour faire son Renji, et... C’est important pour moi, c’est ma première vraie expo. Y aura beaucoup de critiques présents. Mon avenir professionnel se jouera ce soir-là. » Et Renji, il le savait aussi bien que moi, n’avait pas sa place dans ce contexte. Je n’avais pas peur qu’il fasse une connerie, j’avais peur qu’il me pousse à en faire une. C’était moi-même que je redoutais, à travers lui. Mais ça, je me gardais bien de le dire à Lenzo.

Au lieu de quoi, je m’intéressais à lui, Lenzo, cherchant à comprendre qui il était par comparaison. Il n’était pas Renji, ça c’était un fait déjà établi, mais qui était-il, alors ? Qui était Lenzo. Sa discrétion toute relative, et son accent dont il parlait avec tant de fierté. Moi aussi, j’étais fière du mien. Il suffisait que j’ouvre la bouche pour qu’on me laisse faire tout et n’importe quoi. ‘Raaaah, lé pétit’ françéce’ pouvaient faire tout ce qu’elles voulaient dans ce pays. Il n’en allait pas de même pour les français. Mon frère galérait tant les américains pouvaient pas l’encadrer, tandis que moi, je souriais, et on m’offrait des trucs. Donuts gratuits, café gratuits, des places assises dans le métro, etc... Mais son accent à lui, si je l’avais remarqué, ne m’avait pas semblé aussi important. Peut-être du fait de ma propre nationalité ? « Effectivement, je comprends mieux… Et je mange pas mes mots, d’abord! Non mais… et ne compare pas mon magnifique accent avec celui des Texas Rangers, tu m’offenses là. » Il ne les mangeait pas, il les dévorait ! « Critique pas Chuck Norris, il pourrait te tuer par simple télépathie. » je rétorquais, rebondissant sur Walker Texas Ranger. Mais peut-être qu’il ne connaissait pas ? En attendant, il me proposait carrément des cours d’accent australien si ça me disait. Est-ce que ça me disait ? J’en voyais pas trop l’utilité, mais pourquoi pas. « J’sais déjà dire des trucs, dans ton dialecte. » j’affirmais avant de m’octroyer quelques instants de réflexion afin de fouiller ma mémoire. Ha oui ! « G’day, i’ll  take the arvo around an esky, then, i’d like to eat a sanger thru’ my trackie daks. Damn’d mozzie ! » je tentais en mâchouillant mes mots pour plagier son propre accent, tout en remontant mes couilles invisibles, d’une main. Pourquoi ? Parce que je ne connaissais que deux vrais australiens : Renji et Crocodile Dundee, et tous deux étaient bien du genre à faire ça. Ça n’avait pas grand sens, c’était même carrément pourri comme sentence, mais qu’importe, j’savais dire des trucs dans son argot. « C’était comment ? » je quémandais son avis. « Pourri, hein ? » Il notait l’effort, quand même, non ?

Mais revenons-en à son sujet favori -pas le mien, même sous la torture, j’avouerais rien-, son frère. Pourquoi je savais pas qu’il avait un jumeau ? Bonne question. Il avait eu l’occasion de me le dire, certes, mais n’en avait probablement pas ressenti la nécessité. En réalité, je ne savais pas grand chose de Renji. La première fois, on n’avait pas exactement eu l’occasion de papoter, les autres fois non plus, et la dernière fois, il avait préféré parler de moi, de mon ventre, de ma grossesse, et du géniteur. Il ne parlait pas de sa famille aux nanas qu’il avait sauté, c’était logique quelque part. Bon, ok, il avait évoqué son père, mais uniquement pour me dire qu’il tenait ce club de lui, et parce que j’avais posé des questions ensuite. Peut-être que si je lui avais demandé s’il avait des frères et soeurs, il me l’aurait dit. Voilà tout. Par contre, ce qui m’intriguait plus, c’est que Lenzo ne connaisse pas l’Homme au Masque de Fer. C’était quand même un film à gros budget. « Ah, ouais, non, je suis pas trop films d’Histoire. Mon genre c’est plus Captain America et Iron Man, tu vois. » Ok, peut-être pas aussi gros budget que ça. Une liste de films qui, bizarrement, dans ma tête, correspondait plus à Renji qu’à lui. Je l’avais imaginé plus intello que son frère. J’avais tort. Cela dit, j’étais également fan de Comics et Marvel. Tout comme j’étais fan de Tomb Raider et Indiana Jones. Voilà pourquoi la découverte de ce mur me passionnait tant. Je voulais qu’il me montre, il voulait que je trouve toute seule. Aussi sadique de son frère. Réflexion que je lui faisais. « Tais-toi et cherche, Lara. » lâcha-t-il, façon voix off, après un rire.  « Et c’est là qu’on voit que tu n’es pas ton frère, quand tu me donnes un ordre, j’ai pas l'irrépressible envie de t’exploser contre un mur. » je rétorquais, toujours sur le même ton, très nonchalant, en commençant, déjà, à regarder partout autour de moi.

Y compris sur le bureau, où je ne trouvais que mon fils. Un fils dont je m’occupais un peu, et regardais longuement. Il était devenu ma priorité absolue. Ce n’était même pas réfléchi, ça se faisait naturellement, malgré moi. Il fallait que je le vois, que je le touche, et je n’avais aucun contrôle là-dessus. C’est d’ailleurs, presque en ces termes que je m’excusais auprès de Lenzo, que j’avais abandonné près du mur. « J’imagine bien. Il s’appelle comment? » Ha oui, c’est vrai qu’il en était resté à Renji Junior, lui. Et j’en souriais rien qu’en y repensant. Enfin, je souriais jusqu’à ce qu’il me coupe dans mon élan. « Il n’était pas voulu? » Quoi ? Il avait dit ça avec une telle inquiétude que je comprenais ce qu’il pensait en cet instant, mais... « Non, quand je disais ‘pas le vouloir’, je parlais du fait d’être ridiculement scotchée à mon fils en permanence. Tu m’aurais rencontré avant, avant lui, avant tout ça, tu comprendrais à quel point ce rôle n’était pas supposé être pour moi... » Garçon manqué, sentimentalement instable, situation financière précaire, et surtout, surtout, zérooooooo instinct maternel. Zéro envie de maternité, aussi. « Mais, oui, non, il n’était pas prévu. Accident d’ascenseur. » j’expliquais, comme à mon habitude, persuadée que les gens pouvaient comprendre que mon fils était un accident conçu dans un ascenseur. C’était clair, non ? « J’en reviens toujours pas d’avoir créé quelque chose d’aussi... beau. » j’allais dire ‘parfait’, mais j’avais tendance à moins le trouver parfait lorsqu’il hurlait à la mort et m’offrait des couches bien garnies. « Il s’appelle Tristan Devaux de Salignac de la Mothe Fénelon. Tristan, quoi. Mais tu peux l’appeler Little Satan. » C’est comme ça que je l’avais surnommé durant toute ma grossesse, en me disant que ça disparaitrait à sa naissance. C’était resté. #mèreindigne. En attendant, je cherchais toujours ce foutu mécanisme, celui qui m’ouvrirait le mur, découvrant par la même occasion, des lectures insolites dans l’étagère de Renji. Hamlet ? Sérieusement ? Il lisait ça ? « Aucune idée… C’est peut-être mon exemplaire. Ou alors c’est le sien, mais j’pense bien qu’il n’y a jamais jeté un oeil, ne te fais pas trop d’illusions… » J’en laissais échapper un nouveau rire. Me moquer de Renji était une passion, me moquer de Renji avec son frère jumeau était ma nouvelle très grande passion. « Ca marche toujours auprès des jeunes naïves, quelques grands classiques en évidence. Ça fait voler les culottes plus rapidement. » j’acquiesçais tout en cherchant, encore et toujours. Il allait me laisser chercher longtemps, comme ça ? Visiblement oui. Et j’achevais ma course contre le mur, frustrée et contrariée. « Tu t’avoues vaincue? » Ha tiens, finalement si, lui aussi j’avais envie de l’encastrer dans un mur. Et je lui jetais un regard noir. Je m’apprêtais à lui répondre avec fierté, lorsque le mur parla pour moi, pivotant sur lui-même, et moi avec.

Si c’était pas une chance de cocue, ça ! Monsieur me dépassa, faisant fi de mon exclamation victorieuse. Quoi ? Il était mauvais perdant ? Et il entra dans ce bureau qui devait être sien. Moi qui pensais trouver un truc lugubre et ancestral. Ouai, c’était idiot et naïf, mais l’espace d’une seconde, j’y avais réellement cru. « A croire que je ne fais que te décevoir, dis donc! Oui, ce n’est que mon bureau. Encore plus ennuyant que celui de Renji, puisqu’il n’y a pas de bouts de dentelle dans mes placards. » Lui tapotant l’épaule, je lui affirmais que : « Un jour tu parviendras à ne pas décevoir une femme, t’en fais pas. » bien moqueur comme il se doit, avant de laisser échapper un léger rire, et m’éloigner de lui pour mieux découvrir la pièce. « Mais c’était super drôle de te voir toute excitée comme une gosse à te demander ce qu’il y avait de l’autre côté. » Oui, en même temps, n’importe qui l’aurait été autant que moi, non ? « Avoue que c’est pas commun, un mur qui pivote pour dévoiler un passage secret ! T’as d’autres surprises en stock, James Bond ? » Télescope qui sort du toit ? Oubliettes gardées par des crocodiles ? Bibliothèque se transmutant en Transformers ? Chaussure allume-cigare ? Je fouinais, mais pas trop, observant tout de loin, sans réellement m’éloigner du mur pivotant. J’avais peur qu’il se referme, laissant mon démon seul, de l’autre côté. J’avais beau être ultra novice dans le rôle de mère, je savais que ça, ça faisait partie des trucs que je pouvais pas faire. Surtout que, vu l’heure, il n’allait pas tarder à se réveiller pour réclamer sa pitance. J’avais hâte qu’il passe au biberon, d’ailleurs, bien que... Ouai, clairement, j’allais regretter cette poitrine-là, lorsque je devrais retourner à mon tout petit B. « Donc, t’es le proprio du restaurant d’en dessous. » je présumais, sans trop prendre de risque. « Un choix très différent de celui de ton frère, malgré l’emplacement et la porte secrète. C’est ton père qui a payé pour ça, aussi ? » Oui, puisque je savais que Renji tenait son club de son père, je supposais qu’il en allait de même avec le restaurant-club de Lenzo. À tort, peut-être. « D’ailleurs, qu’est-ce que tu allais faire chez Renji pendant son absence ? Je t’ai interrompu ? »  Je n’étais peut-être pas en position de poser ce genre de questions, mais j’étais curieuse. Et puisque, de son côté, il ne se gênait pas pour m’interroger sur tout, je ne me privais pas, non plus. Et toujours cette fascination lorsque mon regard se posait sur lui. Ce n’était pas lui, qui me fascinait, c’était mon absence d’attirance envers lui. Pourtant, à physique similaire, j’aurais dû... Oui, j’aurais dû. Mais il n’en était rien. Il ne se passait rien. Fascinant.  



with: Lenzo | date: 17/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Lun 2 Fév - 14:36



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Au niveau de son excuse pour son exposition, elle n’avait pas tort. Mon frère n’était pas si con et savait se tenir, encore fallait-il le vouloir. Dès fois il avait juste envie de faire chier son monde et rien ni personne ne pourrait l’en empêcher. Du coup, je me contentais d’hocher la tête. Changement de sujet maintenant. Un que je préférais largement : les accents. Pas seulement le mien, j’aimais en apprendre sur tous les accents. Et c’est vrai que maintenant qu’elle me l’avait fait remarqué, je pouvais entendre son anglais à la française. Et elle fit la grosse erreur de comparer mon accent à celui du Texas. Quoi? Sérieusement, quoi? J’allais être vexé, et je ne lui cachais pas. « Critique pas Chuck Norris, il pourrait te tuer par simple télépathie. » Je levais les yeux au ciel, me demandant quelle était la limite de son imagination. « Tu t’arrêteras jamais hein? » Question rhétorique. J’en venais à lui proposer de lui apprendre quelques différences entre l’accent américain et l’accent australien, et elle me rétorquait qu’elle savait déjà des choses dans mon ‘dialecte’. C’était pas un dialecte, c’était un accent, rien de plus, oh… « G’day, i’ll  take the arvo around an esky, then, i’d like to eat a sanger thru’ my trackie daks. Damn’d mozzie ! » Oh. Mon. Dieu. Et en plus, son geste du style j’ai des couilles. Non, c’était trop. Et là, j’éclatais clairement de rire. A mes oreilles, c’était totalement hilarant. Non pas seulement son imitation fébrile de mon accent, mais aussi la phrase tout faite qu’on donnait à tout le monde pour témoigner de l’accent australien. Oh non. « Waouh! Je suis impressionné, vraiment, bravo! » et je tapais des mains, me moquant légèrement d’elle, toujours en riant. « Cette phrase n’a même pas de sens et tout le monde l’apprend en tant que référence du slang australien… Quelle honte! » Je réfléchissais deux minutes pour la faire basculer en anglais américain avec les mots justes. « Hey, I’ll take the afternoon around a portable cooler, then, I’d like to est a sandwich through my tracassait pants. Damn mosquito! » dis-je en prenant un fort accent américain très laid, puisque c’était loin d’être mon habitude. « Ahlala, ces étrangers… Rack off. Vive l’Australie. » la provoquais-je quelque peu pour rire, glissant une injure dans mon slang. Pas trop difficile à comprendre, j’imagine. Puis, parlant culture, elle me résumait son film et j’avoue que rien que de l’écouter ça m’ennuyait alors je le regarderai probablement jamais. Je lui avouais que mon genre c’était plus les Marvel et Comics. Et sinon, j’aimais pas mal regarder les adaptions des bouquins de littérature classique pour comparer au livre. Du genre, The Great Gatsby, 1984 et autres du genre. Je ne dirais pas que je suis plus intello que mon frère ; après tout on a suivi les mêmes études à Harvard et on en est tous les deux sortis diplômés. Juste peut-être que je m’y intéresse plus que lui. Puis quand on revenait à parler du mur, je lui annonçais qu’elle devait trouver seule, et elle me rétorqua que j’étais aussi sadique que Renji. Je levais les yeux au ciel et lui lança un ordre gentiment, façon jeu vidéo, et sa réponse me fit bien rire. « Et c’est là qu’on voit que tu n’es pas ton frère, quand tu me donnes un ordre, j’ai pas l'irrépressible envie de t’exploser contre un mur. » « J’apprécie en tout cas, je prends ça comme un compliment! » lui dis-je, tout sourire, alors qu’elle se mettait à chercher dans tous les recoins. Mais elle s’arrêta un moment sur son fils, s’occupant un peu de lui et passant de longues secondes à simplement le regarder, avant de s’excuser. Je lui demandais son prénom, puis rebondissais sur son « pas voulu ». « Non, quand je disais ‘pas le vouloir’, je parlais du fait d’être ridiculement scotchée à mon fils en permanence. Tu m’aurais rencontré avant, avant lui, avant tout ça, tu comprendrais à quel point ce rôle n’était pas supposé être pour moi... » Oh. D’accord. T’es con Lenzo, garde ta langue dans ta bouche la prochaine fois. « Mais, oui, non, il n’était pas prévu. Accident d’ascenseur. » Oh. Bah finalement, j’avais raison. Accident d’ascenseur… Sexy tout ça dis donc. Surtout pour concevoir un gosse. Mais je ne jugeais pas — ça arrive. « J’en reviens toujours pas d’avoir créé quelque chose d’aussi... beau. » Je souriais doucement, m’approchant pour le voir. « Il te ressemble énormément, en tout cas. Tu peux être fière de ce que t’as accompli jusque là, tu sais. C’est pas donné à tout le monde. » « Il s’appelle Tristan Devaux de Salignac de la Mothe Fénelon. Tristan, quoi. Mais tu peux l’appeler Little Satan. » Oh la vache. Dites moi que c’était une blague. Bon, le ‘little satan’ je m’en doutais un peu. Mais sérieux, il avait vraiment un nom aussi long? La pauvre… « Pas très français tout ça en tout cas. » ironisais-je un peu. Puis, de retour devant l’étagère, on découvrit Hamlet. Sérieux frérot? T’as lu ça ou c’est juste pour faire beau? « Ca marche toujours auprès des jeunes naïves, quelques grands classiques en évidence. Ça fait voler les culottes plus rapidement. » Je roulais des yeux. Ça m’étonnerait que celles qu'il se tape prennent le temps de jeter un coup d’oeil à la bibliothèque. « Sinon, si on a besoin de faire voler des culottes, on t’appelle, non? » lui lançais-je dans un regard amusé, référence au petit épisode de quelques minutes plus tôt. Et après des fouilles entières, elle se laissa glisser contre le mur pour finir les fesses par terre, défaitiste. Mais ce fut sans compter son coude qui toucha la bonne pierre et fit pivoter le mur, lui laissant découvrir… mon bureau. Et elle ne cachait pas sa déception. « Un jour tu parviendras à ne pas décevoir une femme, t’en fais pas. » et elle s’éloigna, bien décidée à inspecter les lieux. « Fais pas ton Renji. Un seul ça me suffit! » répliquais-je alors. Oui, l’autre me saoulait déjà bien à vouloir me gérer sur le plan sentimental. « Avoue que c’est pas commun, un mur qui pivote pour dévoiler un passage secret ! T’as d’autres surprises en stock, James Bond ? » Je la rejoignais, secouant la tête. « Non madame, désolé. » Je feins une mine triste et embêtée. Puis je repassais dans le bureau de mon frère, prenant toutes ses affaires — bébé y compris — et les ramenant dans le mien. Je voyais sa tête de mère inquiète d’enfermer son enfant de l’autre côté. Je posais le tout sur le canapé. « Donc, t’es le proprio du restaurant d’en dessous. » J’hochais la tête. « Affirmatif. » « Un choix très différent de celui de ton frère, malgré l’emplacement et la porte secrète. C’est ton père qui a payé pour ça, aussi ? » Ouh. Sujet sensible. « Différent, ça tu peux le dire. J’aurais pas supporté tenir un club comme le sien. C’est bien trop loin de ce que je suis. Et oui, c’est mon père qui a payé pour le passage secret. On peut éviter de l’évoquer, si tu veux bien? » Oui parce que sinon, j’allais rapidement être sur les nerfs et m’énerver. « D’ailleurs, qu’est-ce que tu allais faire chez Renji pendant son absence ? Je t’ai interrompu ? » Je secouais la tête. « Non. Je m’ennuyais clairement et impossible de me concentrer pour bosser. Et comme je savais qu’il n’était pas là, je me suis dit qu’un petit divertissement ne serait pas de refus. Et voilà que je tombe sur toi. » Ça pour un divertissement… Mais à croire que j’en étais un aussi, vu comment elle continuait de m’observer. « Arrête de me regarder comme ça, j’ai l’impression d’être un alien. »


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Lun 2 Fév - 18:47



the girl next door
« Tu t’arrêteras jamais hein? » Non. J’avais pour principe de ne jamais le faire. Et je secouais la tête pour le lui faire savoir. S’arrêter c’était rude comme verbe, ça sonnait la fin de toute chose. Alors non, faire chier le monde, ça voulait dire que j’étais encore en vie. Tout simplement. Pour preuve, je l’enchainais avec une phrase ponctuée de mots d’argot australien, posés là, à l’aveugle, sans même chercher à leur donner du sens. C’était des mots qui dataient de mon seul et unique voyage en Australie, à Sydney, avec le lycée. Une semaine en tout et pour tout. Et puisqu’il m’avait fallu une semaine, justement, pour me remettre de ce fuseau horaire inversé, oui, non, j’en avais pas vraiment profité. J’avais passé mes nuits -qui correspondaient à mes jours, finalement- à boire de la bière australienne dans un bar du coin, après avoir fait le mur de chez ma famille d’accueil. C’était les piliers de bar qui m’avait appris ces mots, juste pour se foutre de mon accent franco-français. Ils m’en avaient appris plein, mais seuls ceux-là me restaient. « Waouh! Je suis impressionné, vraiment, bravo! Cette phrase n’a même pas de sens et tout le monde l’apprend en tant que référence du slang australien… Quelle honte! » s’exclama-t-il en m’applaudissant, après avoir éclaté de rire. Pour le coup, j’étais assez au courant, n’ayant pas cherché à l’impressionner mais plutôt à le faire rire. Mission accomplie. Après quoi, il tenta une traduction très approximative de ce que je venais tout juste de dire, avec laquelle je le laissais se débrouiller, un sourire au coin des lèvres. Son imitation de l’accent américain, par contre, valait le détour. On aurait dit mon frère cherchant à imiter De Niro... ‘You’ve fuck my wiiife ?’. « Ahlala, ces étrangers… Rack off. Vive l’Australie. » Etrangers ? Wahouuu ! Devais-je lui rappeler qu’on était à New York, ici ? Quant au rack off, oui, ça aussi je savais très bien ce que ça signifiait. « Va te faire déflorer l’anus par un dahu à flanc de colline. » je lui répondais, alors, en français, le timbre doux et chaud, et le sourire presque angélique. Moi aussi je savais parler dans une autre langue, hein. Et plus encore, j’adorais insulter dans ma langue. Ici, personne ne comprenait jamais rien, et je pouvais sortir les pires horreurs, tant que j’arborais ce joli sourire et cette voix douce, tous me répondaient par un ‘merci’ à hurler de rire.

Oui, Lenzo avait ce côté agaçant, comme pouvait l’avoir son frère. Mais un agacement marrant, parce qu’il était piquant et intéressant. Lui, lorsqu’il me provoquait, je n’avais pas envie de l’enfoncer dans le mur de toutes mes forces, avant de compter ses dents restées au sol. « J’apprécie en tout cas, je prends ça comme un compliment! » Il pouvait. Il pouvait aussi le prendre avec soulagement, puisqu’il ne risquait pas sa vie à chaque seconde passée en ma compagnie. J’avais beau être petite et fluette, ne pas payer de mine, mais je pouvais faire démonstration de force, s’il le fallait... Et les bijoux de famille de son frère, s’en souvenaient. Disons que j’avais beau avoir l’air douce et fragile, je n’étais pas totalement non-violente. J’avais grandi entourée d’une tribu de mecs où j’avais du me battre pour me faire une place. Ceci expliquait peut-être cela. En attendant, je cherchais toujours ce foutu mécanisme ouvrant la porte cachée. Du moins, avant de beuguer sur mon fils, et d’entrainer la curiosité de Lenzo. Alors, je lui expliquais tout, ne cachais rien, des circonstances de conception de mon fils, jusqu’à ma surprise de le découvrir si beau. « Il te ressemble énormément, en tout cas. Tu peux être fière de ce que t’as accompli jusque là, tu sais. C’est pas donné à tout le monde. » Ha oui ? « Tu trouves qu’il me ressemble ? » je demandais en me retournant vers lui. « Mon frère dit pareil, mais je suppose que c’est parce qu’il déteste le père, et détesterait devoir détester son neveu par extension. Moi je trouve qu’il ressemble énormément son père, mais je suis pas très objective. » D’ailleurs, en parlant d’objectivité... « Quand je disais qu’il est beau, c’est plus pour dire qu’il a deux bras, deux jambes, et que tout semble fonctionner correctement, ce qui est déjà une surprise en soi. Mais tu le trouves vraiment beau ? Non, parce qu’il parait que la mère trouve toujours son enfant superbe, c’est un truc instinctif pour limiter les abandons et favoriser l’attachement immédiat. Mais faut me le dire s’il est moche, hein. J’ai le droit de savoir. » Oui, parce que j’avais pas envie de me transformer en ces connasses inondant Facebook et Twitter de photos de leurs enfants super moches. « Sois honnête ! » j’insistais en le pointant du doigt, une lueur de défi vrillant mon oeil. Après quoi, je lui offrais le nom complet de mon fils. Vraiment complet. « Pas très français tout ça en tout cas. » J’en étouffais un rire. Crétin. « Devaux, ça lui vient de son père. Le reste, c’est de moi. » Pauvre enfant. Heureusement pour lui, il n’aurait à s’encombrer que du Devaux-de Salignac, le reste passant très souvent à la trappe.

Mais, c’était bien beau de disserter sur mon Lil’ Sat, ça ne m’ouvrait pas la porte pour autant. J’avais bien essayé de bouger les livres, mais à part découvrir des lectures très surprenantes, j’avais rien d’autre. D’ailleurs, je soupçonnais Renji de ranger ça là, histoire de faire voler les culottes plus rapidement, les jeunes donzelles s’imaginant être tombées sur un intello sexy 2.0. « Sinon, si on a besoin de faire voler des culottes, on t’appelle, non? » Il n’allait pas me lâcher de sitôt, avec ce truc, pas vrai ? Un sourire amusé aux lèvres, je lui offrais une tape sur l’épaule. « Médaille de bronze en lancé de culotte aux J.O d’Atlanta. Catégorie naine. » je rétorquais avant de me laisser choir contre le mur, dépitée, sans m’attendre à ce que, de cet abandon, résulte l’ouverture du mur. Sérieux ? J’avais fait quoi, au juste ? Qu’importe, j’étais de l’autre côté, et découvrait le bureau de Lenzo, cette fois. J’étais presque déçue, du coup. Moqueuse, je tentais de rassurer le grand brun, en lui affirmant qu’un jour, il serait en mesure de satisfaire une femme. Sur ces mots, son frère m’aurait déjà acculé contre le bureau et débarrassé de la moitié de mes vêtements, juste pour me faire payer ma provocation et me prouver Ô combien j’avais tort. Lenzo, lui, se contenta d’un « Fais pas ton Renji. Un seul ça me suffit! » qui me tira un rire de surprise. « Sérieux ?! Sérieusement sérieux ? Il est tellement... Tellement Renjièsque. » Oui, j’inventais des adjectifs, et alors ? Y avait pas de termes, dans le dictionnaire, apte à décrire correctement Renji, fallait bien les inventer. « Il faudrait déjà qu’il sache quoi faire avec une femme, avant d’espérer pouvoir donner des cours. » je lâchais, en inspectant les lieux, sans jamais m’éloigner du mur pivotant. « Et je dis bien ‘femme’ pas ‘fille’. Satisfaire une fille, c’est pas difficile... » Satisfaire une femme, par contre... Et puis, Renji n’en avait rien à foutre de satisfaire quelqu’un d’autre que lui-même, il fallait bien l’avouer.

Curieuse, je l’interrogeais sur la possible existence d’autres trucs à la James Bond du même type que le passage secret, mais il me répondait par la négative, tout en s’engouffrant dans le passage, justement. Qu’est-ce que....? Ho ! Il allait chercher mes affaires et mon mini-humain ! Il avait donc remarqué mon inquiétude ? Un bon point pour lui. Renji aurait probablement laissé le mur se refermé, et m’aurait interrogé sur ma santé mentale lorsque je me serais mise à taper du poing sur celui-ci, paniquée, en cherchant à le rouvrir. Et... définitivement, il allait falloir que j’arrête de chercher à les comparer. C’était stupide de ma part, et pas très respectueux, non plus. M’approchant du canapé pour rejoindre le couffin qu’il y avait posé, et m’assurer que mon fils respirait toujours -je vérifiais quinze fois par jour, ça aussi il allait falloir que j’arrête-, je l’interrogeais sur son restaurant et son père, par extension. Est-ce qu’il tenait ça de lui ? Est-ce qu’il avait délibérément fait ce choix très différent ? « Différent, ça tu peux le dire. J’aurais pas supporté tenir un club comme le sien. C’est bien trop loin de ce que je suis. Et oui, c’est mon père qui a payé pour le passage secret. On peut éviter de l’évoquer, si tu veux bien? » Oula, sujet sensible ? Il ne m’avait pas semblé noter, du côté de Renji, la moindre animosité vis-à-vis de ça, pourtant. « Quel sujet ? Le club ou ton père ? Les deux, peut-être ? » fallait que je sache, histoire de ne pas commettre un nouvel impair. D’ailleurs, qu’est-ce qu’il allait faire chez Renji si le club le répugnait à ce point ? « Non. Je m’ennuyais clairement et impossible de me concentrer pour bosser. Et comme je savais qu’il n’était pas là, je me suis dit qu’un petit divertissement ne serait pas de refus. Et voilà que je tombe sur toi. » Et j’étais pas un petit divertissement, moi. C’est ce que je comprenais à son regard, et souriais. Ouai, j’étais du genre feu d’artifice. Il ne devait pas regretté d’avoir passer ce mur. Et moi non plus, d’ailleurs, tant la découverte avait été intéressante, voir, fascinante.

« Arrête de me regarder comme ça, j’ai l’impression d’être un alien. » réagit-il, d’ailleurs, après que je l’eus fixé trop longtemps. Oui, fallait que j’arrête de faire ça, aussi. « Pardon, c’est juste que tu me fais zéro effet. » je m’excusais ou tentais de m’excuser, tant je m’y prenais comme un pied. « Enfin, je suis pas en train de dire que t’es pas attirant... » Si, c’est exactement ce que tu es en train de dire, idiote. « ...c’est... J’sais pas comment dire. T’as exactement le même physique, tout pareil, jusqu’à la coupe de merde. » Biiim ! « Et pourtant... Pourtant j’ai pas ce truc désagréable dans le ventre, cette sensation qui me donne envie de gifler ton frère dès qu’il ouvre la bouche, tant il m’énerve. » Tant il t’excite, plutôt, non ? La ferme, Conscience ! « Tu vois ce que je veux dire ? Avec toi, j’suis à l’aise, vraiment à l’aise, et c’est super bizarre. » j’expliquais, tout en détachant, d’une main, mon fils qui venait d’ouvrir les yeux et d’émettre ses premiers sons chelou, et de l’autre, mon chemiser, après avoir ôté mon pull. Ouep, peut-être un peu trop à l’aise pour le coup, non ? Détail que je réalisais en suivant son regard. « Ha oui, si t’es pas fan des poitrines... » rapport à ce qu’il m’avait dit sur le club de son frère. « ...c’est le moment de détourner le regard. » Parce que, oui, j’allais donner le sein à mon fils, et non, je n’éprouvais aucune gêne vis-à-vis de ça. C’était pas comme si je faisais preuve d’impudeur. C’était naturel, c’était beau. J’avais pas l’intention de me planquer comme s’il s’agissait de quelque chose de honteux. De toute façon, il ne verrait rien du tout, le seul sein que je découvrais, je ne le faisais qu’une fois mon fils installé contre moi, et sa petite bouche le réquisitionnait immédiatement. Et puis, s’il s’indignait pour ça, qu’est-ce que ça allait être lorsque j’utiliserais son bureau pour changer la couche ?  



with: Lenzo | date: 17/02/15
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 5 Fév - 19:22



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astaria & lenzo
Non, elle ne s’arrêtera jamais. C’est bien ce que je me disais. Ahlala, les femmes. Et comme pour me le prouver, pour illustrer ses paroles, elle me balança une phrase construite à l’aveugle avec des mots de slang australien qu’elle savait. Aucun sens réel, mais ça m’avait bien fait rire faut dire. En plus, elle avait essayé de copier mon accent. Et là, j’avoue que son accent français ressortait bien. Elle souriait en coin lorsque je translatais cette phrase en anglais américain, essayant de mon mieux l’accent. « Eh! Te moque pas, j’te l’interdis. » Je fis une moue boudeuse. Puis elle me balança une phrase en français. Non mais sérieux? Moi je lui avais lancé de l’australien, mais ça restait de l’anglais! « Je suis presque sûr que tu m’as insulté, mais je ne vais rien dire. Ah, ces français! » Oui, tout sonnait bien en français. Je me rappelle d’une image que j’avais vu en scrollant tumblr qui disait « If you can’t say something nice, say it in French. » Ça m’avait bien fait rire.

Quand on parlait alors de son fils et qu’elle m’annonçait son nom — oh mon dieu fut ma première pensée — elle avait cette lueur dans les yeux que tous les parents — et les mères d’autant plus — avaient. Je trouvais que son enfant lui ressemblait beaucoup, et je ne lui cachais pas. Et elle parut surprise. J’hochais la tête. « Mon frère dit pareil, mais je suppose que c’est parce qu’il déteste le père, et détesterait devoir détester son neveu par extension. Moi je trouve qu’il ressemble énormément son père, mais je suis pas très objective. » C’est clair. On n’est jamais objectif en parlant de la beauté, de toute façon. Puis pour un bébé, c’est dur à dire, à qui il ressemble le plus. Je ne connaissais pas le père, mais je connaissais Astaria à présent et je pouvais au moins dire que pour moi, la ressemblance était frappante. « Quand je disais qu’il est beau, c’est plus pour dire qu’il a deux bras, deux jambes, et que tout semble fonctionner correctement, ce qui est déjà une surprise en soi. Mais tu le trouves vraiment beau ? Non, parce qu’il parait que la mère trouve toujours son enfant superbe, c’est un truc instinctif pour limiter les abandons et favoriser l’attachement immédiat. Mais faut me le dire s’il est moche, hein. J’ai le droit de savoir. » Je levais les yeux au ciel. « Quelle idiote. » me contentais-je de dire au début. « Pourquoi il aurait un problème ce bébé? Parce qu’il a été conçu dans un ascenseur peut-être? N’importe quoi. C’est un beau bébé, je te jure. Mais steuplait, inonde pas les réseaux sociaux de photos de lui. Même si le bébé est beau, ça gave. » Elle voulait de l’honnêteté…

Cherchant toujours le passage, elle s’offrait le titre olympique de lanceuse de culottes. La classe quand même, moi je dis. Le mur s’ouvrait enfin une fois qu’elle eut décidé d’abandonner. Cocue celle là. Elle m’annonça ensuite qu’un jour, je serai capable de ne pas décevoir une femme, et je lui répliquais de ne pas agir comme Renji. Elle inventait un adjectif à son nom auquel je levais les yeux au ciel, puis je riais à sa remarque suivante. « Il faudrait déjà qu’il sache quoi faire avec une femme, avant d’espérer pouvoir donner des cours. » Ça alors, elle avait de la répartie et elle devait lui en faire baver à mon frangin. Définitivement, je l’adorais cette femme. « Ouais, enfin il se croit le roi du sujet. Il pige pas que je veux attendre pour la bonne et pas profiter de toutes. Pour lui, j’suis genre, un alien. Limite pas humain. » J’haussais les épaules.

Je lui ramenais son fils parce que je voyais bien qu’elle avait peur de rester coincée derrière ce passage, et posais le couffin sur le canapé, vers lequel elle se dirigeait pour s’en occuper un peu. Et vint le sujet qui fâche : mon père, par extension à sa question sur mon resto. Du coup, je lui demandais si on pouvait éviter le sujet. « Quel sujet ? Le club ou ton père ? Les deux, peut-être ? » Je réfléchissais. « Les deux, mais mon père plus que tout autre chose. » Sans plus donner d’explications.

Et je devinais qu’elle continuait sa petite analyse des différences entre Renji et moi, puisqu’elle me fixait avec insistance. Et je lui demandais d’arrêter, parce que ça commençait à me mettre mal à l’aise. « Pardon, c’est juste que tu me fais zéro effet. » Et là, à mon tour de la regarder avec insistance, arquant un sourcil. « Enfin, je suis pas en train de dire que t’es pas attirant… c’est... J’sais pas comment dire. T’as exactement le même physique, tout pareil, jusqu’à la coupe de merde. Et pourtant... Pourtant j’ai pas ce truc désagréable dans le ventre, cette sensation qui me donne envie de gifler ton frère dès qu’il ouvre la bouche, tant il m’énerve. » J’hochais la tête. Oui, je comprenais parfaitement, c’était un peu l’idée générale des filles qui connaissaient Renji et me connaissaient moi aussi. J’pense que c’est parce que je ne cherche pas à jouer de mon physique ou quoi que ce soit. Je ne suis pas du genre charmeur, contrairement à lui, qui provoque cette attirance chez les filles de par son attitude. « Tu vois ce que je veux dire ? Avec toi, j’suis à l’aise, vraiment à l’aise, et c’est super bizarre. » Je lui souriais quelque peu. A vrai dire, je ne savais pas vraiment quoi lui dire moi. « C’est… gentil? Je suppose. J’t’aime bien tu sais, t’as l’air d’une fille bien. Le laisse pas te faire de mal. Au pire, je serais là, mais je doute que t’auras envie de me parler si ça tourne mal. Le même physique, ça a des désavantages parfois. Ceux qui ne peuvent pas le voir en peinture, ne peuvent pas me voir en peinture non plus. » Logique.

Elle déboutonnait son chemisier, et je devinais qu’elle allait donner le sein. J’haussais les épaules à sa remarque. « Non, ça ne me dérange pas. Juste que je trouve que c’est un moment intime entre la maman et l’enfant, alors je voudrais pas déranger tu vois… »


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 5 Fév - 23:37



the girl next door
« Quelle idiote. » Quoi ? Encore ? Mais décidément, c’était le festival de l’insulte, cette discussion. Pas méchante, cela dit, pas plus que son précédent Rack off, et ma répartie, en français, concernant l’intégrité physique de son anus. C’était même plutôt amusant en fait. Ce qui l’était moi, c’était sa propension à minimiser mes craintes. Je voulais savoir si mon enfant était aussi beau que ce que j’avais sous les yeux. Parce que, pour autant que je sache, le joli petit nez que je voyais était peut-être un affreux tarin, et ses yeux si spéciaux, éventuellement trop rapprochés et se croisant. J’étais pas idiote, juste consciente de ne pas être objective. « Pourquoi il aurait un problème ce bébé? Parce qu’il a été conçu dans un ascenseur peut-être? N’importe quoi. C’est un beau bébé, je te jure. Mais steuplait, inonde pas les réseaux sociaux de photos de lui. Même si le bébé est beau, ça gave. » Parce qu’il avait été conçu dans un ascenseur, oui, entre autre chose, avec un paraplégique colérique et égocentrique, aussi, et surtout parce que sa génitrice, à savoir moi-même, n’était pas vraiment un exemple d’équilibre et de santé mentale. Parce que, également, j’avais du mal à concevoir pouvoir faire quelque chose de bien dans ma vie. J’avais tout foiré jusque là, alors j’avais toutes les chances de merder, là aussi. Sauf qu’il était sain, mon bébé, et apparemment beau aussi. Est-ce que j’allais inonder les réseaux sociaux pour autant ? Probablement pas. J’avais pire, en stock. Bien pire. « A l’allure où ça va, c’est plutôt pour ma prochaine expo que je m’inquiète. Heureusement que celle-ci est bouclée, la suivante risque de n’être composée que de clichés de lui. » Avant Lil’Sat, j’avais une vie, des projets, un sens artistiques, de nombreux modèles et de l’inspiration. Depuis lui, il n’y avait plus que lui, justement. Comme si je portais des oeillères et me devais d’immortaliser chaque grimace créée par ma progéniture. Ridicule.

Une progéniture qu’on laissa de l’autre côté, lorsque le mur s’ouvrit sur un nouveau bureau, et que Lenzo me confiait à quel point son frère se faisait un devoir de lui enseigner comment être avec les femmes. Ironique lorsqu’on savait à quel point Renji était ignorant dans ce domaine. « Ouais, enfin il se croit le roi du sujet. Il pige pas que je veux attendre pour la bonne et pas profiter de toutes. Pour lui, j’suis genre, un alien. Limite pas humain. » Ok, donc j’étais face à deux aliens, en réalité, deux extrêmes incapables de se retrouver à mi-parcours. Étrange. J’aurais cru que le comportement compulsif de Renji avait quelque chose à voir avec une expérience vécu au cours de son enfance ou son adolescence, mais puisque son frère et lui avaient reçu la même éducation... « Attendre la bonne c’est bien, mais... Tu devrais songer à te faire plaisir de temps en temps. Pas en permanence, évidemment, sinon ce n’est plus un plaisir, ça se transforme en besoin malsain et aliénant, comme pour ton frère. Mais il n’y a pas de mal à s’offrir un peu de sport, parfois. Et tu peux me faire confiance, je suis restée sept ans avec le même mec, mon tout premier. Je n’avais rien connu d’autre que lui, jusqu’à cet été. Bref, on n’est plus dans les années 50’, les femmes, surtout les femmes, ont envie de satisfaire leur curiosité avant de jurer fidélité. » Je parlais en connaissance de cause, mais aussi et surtout parce que j’avais un frère et deux cousins avec lesquels j’avais été élevée, et que j’avais vu progresser au milieu de ces filles, puis ces femmes, sans jamais les tromper sur la marchandise. Et puis, moi-même, sortant d’une relation longue, je ne voulais pas remettre ça. Je voulais vivre un peu, avant. Et vivre, ça signifiait, aussi, me redécouvrir en tant que femme dans les yeux d’un autre, ou d’autres.

Par la suite, alors que je scrutais l’autre pièce avec insistance, il sembla comprendre mon trouble et entreprit d’aller récupérer mon fardeau pour le ramener jusqu’à moi. Oui, j’étais inquiète, évidemment que j’étais inquiète. Il était bien capable de laisser le mur se refermer, avec mon enfant de l’autre côté, et me lancer dans un nouveau concours de devinettes jusqu’à ce que je réussisse à l’ouvrir seule, à nouveau. Je ne préférais pas prendre le risque. En attendant, maintenant que je ne fixais plus le couffin, c’était lui qui avait toute mon attention. Lui et son physique si connu, et pourtant tellement différent. Je ne comprenais pas comment c’était possible. Puisqu’ils partageaient le même corps, la même tête, ils auraient du me faire le même effet, l’un comme l’autre. Ce n’était pas le cas. C’était même totalement l’inverse, en réalité. Avec Lenzo, j’étais à l’aise. « C’est… gentil? Je suppose. J’t’aime bien tu sais, t’as l’air d’une fille bien. Le laisse pas te faire de mal. Au pire, je serais là, mais je doute que t’auras envie de me parler si ça tourne mal. Le même physique, ça a des désavantages parfois. Ceux qui ne peuvent pas le voir en peinture, ne peuvent pas me voir en peinture non plus. » Quoiiiiii ?! L’incompréhension devait déjà se lire sur mes traits, relativement expressif, mais je l’accentuais encore un peu afin qu’il prenne bien conscience de ma perplexité, en cet instant. Renji ? Me faire du mal ? Tourner mal ? Qu’est-ce qui tournerait mal ? Qu’était-il en train de s’imaginer, au juste ? « Attends... Je... » je l’interrompais après un instant de silence. « Comment ça tourner mal ? J’veux dire, qu’est-ce qui pourrait tourner mal ? T’as quand même pas cru à toutes mes conneries de tout à l’heure, j’espère ? Le coup du bébé et de la babysitter, c’était juste pour te punir d’oser te moquer de moi en te faisant passer pour ton frère. Y a rien, entre lui et moi. » Ok, on avait couché une fois ensemble, mais c’était rien. Du moins, la partie consciente de mon cerveau estimait que c’était rien du tout. Pour la partie inconsciente, c’était une autre histoire. Et puis je venais de lui dire que son frère me donnait des envies de violence à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, c’était plutôt révélateur de l’absence totale de romance entre nous deux, non ?

J’étais en train de m’en convaincre, tout en ouvrant, machinalement, mon chemisier, lorsque je réalisais ce que je m’apprêtais à faire, et l’avertissais qu’il pouvait détourner les yeux si ça le chantait. Personnellement, je n’avais rien contre le fait qu’il m’observe nourrir mon fils, sachant qu’il n’y avait rien de vulgaire ou déplacé dans ce geste. « Non, ça ne me dérange pas. Juste que je trouve que c’est un moment intime entre la maman et l’enfant, alors je voudrais pas déranger tu vois… » Un moment intime ? « Lorsque tu manges un sandwich, tu t’isoles sous prétexte que tu partages un moment intime avec ton jambon-beurre, toi ? » je répliquais, alors que mon monstre s’abreuvait, déjà, à la source. « J’suis son repas, tu sais ? Rien d’autre. J’en tire aucun plaisir, bien au contraire. Mais paraît que c’est bon pour lui, alors... » Oui, je n’étais de ces femmes qui trépignent d’impatience à l’idée d’allaiter, encore moins de celles qui le font jusqu’au trois ans de leur bambin. Le mien, dès qu’il pourrait, passerait au biberon. Comme ça, je n’aurais plus l’obligation de me lever à toutes les heures de la nuit, son père pourrait se charger de le nourrir sans l’intervention d’un de mes seins. AMEN ! « Et pour en revenir à ce que tu disais, là... T’as cru qu’il y avait quoi, entre ton frère et moi ? Parce que, comme je te l’ai déjà dit, je suis personne. » J’étais pas importante du tout. Est-ce que je souhaitais l’être, importante ? Grands dieux, non ! Toute femme dotée d’un cerveau aurait l’intelligence de fuir ce mec, pas de s’y attacher. « Et ça me va très bien. » je précisais, d’ailleurs, sans quitter des yeux le mini-vampire accroché à mon sein. « Ma vie est déjà bien assez compliqué comme ça. » Qu’est-ce que j’irais me rajouter des problèmes avec un mec comme ça ? Oui, je sais, on ne décide pas, mais... Moi, j’avais décidé de décider et ma décision était prise.



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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Ven 6 Fév - 17:49



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« A l’allure où ça va, c’est plutôt pour ma prochaine expo que je m’inquiète. Heureusement que celle-ci est bouclée, la suivante risque de n’être composée que de clichés de lui. » Oh la vache, je n’avais effectivement pas pensé à ça. Bon, une exposition, ça a un côté artistique et professionnel, et seuls les intéressés iraient. Alors que les réseaux sociaux, tout le monde voyait tout, même si on s’en foutait totalement. « Finalement, c’est mieux l’expo. »

Ensuite, on évoquait Renji qui se faisait un malin plaisir de me donner des cours d’éducation sentimentale, ce qui n’était clairement pas son rôle au vu de la vie à laquelle il s’adonnait. « Attendre la bonne c’est bien, mais... Tu devrais songer à te faire plaisir de temps en temps. Pas en permanence, évidemment, sinon ce n’est plus un plaisir, ça se transforme en besoin malsain et aliénant, comme pour ton frère. Mais il n’y a pas de mal à s’offrir un peu de sport, parfois. Et tu peux me faire confiance, je suis restée sept ans avec le même mec, mon tout premier. Je n’avais rien connu d’autre que lui, jusqu’à cet été. Bref, on n’est plus dans les années 50’, les femmes, surtout les femmes, ont envie de satisfaire leur curiosité avant de jurer fidélité. » Oh sérieusement, elle s’y mettait elle aussi? « J’en ressens pas le besoin si je n’ai pas de sentiments. Ça pourrait arriver si vraiment j’ai un coup de coeur sur le moment, au niveau physique et au niveau de la personnalité, mais c’est rare. Et sympa de me parler des besoins des femmes, mais si tu n’avais pas remarqué, je suis un mec… Les femmes, si elles ont besoin, elles se tournent vers Renji, tu le sais aussi bien que moi. » J’haussais les épaules. A vrai dire, je pensais toujours à une certaine fille, pour laquelle je crois que je n’étais jamais totalement passé au dessus. Ah, le premier amour.

La voyant me fixer — encore — une fois que j’avais ramené le couffin dans mon bureau, je lui avouais ce que je pensais  ; comme quoi elle était une fille bien et qu’il ne fallait pas qu’elle laisse Renji lui faire du mal. L’incompréhension se lisait sur son visage, et je levais les yeux au ciel.  « Comment ça tourner mal ? J’veux dire, qu’est-ce qui pourrait tourner mal ? T’as quand même pas cru à toutes mes conneries de tout à l’heure, j’espère ? Le coup du bébé et de la babysitter, c’était juste pour te punir d’oser te moquer de moi en te faisant passer pour ton frère. Y a rien, entre lui et moi. » Sérieux, quand est-ce qu’elle allait se l’avouer?

Elle déboutonna son chemisier pour donner le sein à son fils, et je lui faisais part de ma gêne à rester dans ce moment que je considérais ‘intime’. « Lorsque tu manges un sandwich, tu t’isoles sous prétexte que tu partages un moment intime avec ton jambon-beurre, toi ? » Et j’éclatais de rire. Qu’est-ce qu’elle pouvait être conne quand même. Dans le bon sens, tout du moins. Son fils la tétait déjà, et je m’asseyais sur le bord de mon bureau. « J’suis son repas, tu sais ? Rien d’autre. J’en tire aucun plaisir, bien au contraire. Mais paraît que c’est bon pour lui, alors... » J’me doutais bien que ça ne devait pas être agréable. « T’es pas que son repas. C’est pas seulement bon pour lui, c’est une étape importante dans le développement de la relation forte qui unit l’enfant à la maman. » Bon, j’étais loin d’être un expert, mais oui, je connaissais quelques trucs. Renji se poserait pas mal de questions s’il savait que j’avais conscience de truc comme ça je crois.

« Et pour en revenir à ce que tu disais, là... T’as cru qu’il y avait quoi, entre ton frère et moi ? Parce que, comme je te l’ai déjà dit, je suis personne. Et ça me va très bien. Ma vie est déjà bien assez compliqué comme ça. » Je soupirais quelque peu. Rien que le fait qu’elle en reparlait et qu’elle tentait de me convaincre, de se justifier, alors qu’elle ne me connaissait pas, montrait qu’elle ressentait quelque chose, même au fin fond d’elle. Et je savais que c’était réciproque du côté de Renji. Il avait l’air un peu différent ces derniers temps, et m’avait même évoqué qu’il croyait en la venue de la « bonne », chose qu’il n’envisageait même pas une seule seconde possible il y a de ça quelques mois. Et à mon avis, il avait pensé à Astaria. Et elle ne serait pas là s’il n’y avait absolument rien. Je devinais aisément qu’ils avaient couché ensemble déjà une fois, et travail ou pas, Renji ne l’aurait pas revue s’il n’y avait pas plus. Je pense qu’ils n’ont pas couché plusieurs fois ensemble, alors il devait y avoir une raison bien plus sérieuse. Il faudra que j’interroge mon frangin sur tout ça au plus vite en tout cas. « Peu importe. » dis-je finalement, simplement, pour toute réponse. Ce n’était pas ma place, ni mon rôle, et je n’étais pas psychologue. Si ça devait se faire, ça se fera après tout, pas vrai?


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Ven 6 Fév - 22:45



the girl next door
« J’en ressens pas le besoin si je n’ai pas de sentiments. Ça pourrait arriver si vraiment j’ai un coup de coeur sur le moment, au niveau physique et au niveau de la personnalité, mais c’est rare. Et sympa de me parler des besoins des femmes, mais si tu n’avais pas remarqué, je suis un mec… Les femmes, si elles ont besoin, elles se tournent vers Renji, tu le sais aussi bien que moi. » Pour l’occasion, j’en roulais des yeux. Là, là, je la retrouvais bien la similarité avec son frangin. Tous les deux aussi soupe au lait à leur manière. « J’étais pas en train de te comparer à une femme, silly ! J’essayais juste de t’expliquer que les attentes des femmes, vis-à-vis de toi, avaient changé. C’est quand même fascinant à quel point vous êtes opposés à ce niveau. Toi, tu prêtes trop d’attention à la personne en face de toi, et ton frère, pas du tout. À croire que vous agissez, tous deux par rapport à un exemple que vous auriez eu. L’un le copiant, l’autre s’évertuant à ne pas lui ressembler. » Leur père, peut-être ? Si j’en croyais la rapide idée que je m’étais faite du peu que m’en avait dit Renji, oui, c’était une théorie recevable, accentuée par le fait que Lenzo ne voulait pas en parler. Puisqu’il s’agissait d’un sujet tabou, je n’insistais pas, pas mon style. S’il souhaitait m’en parler, il le ferait, sinon... Tant pis. En attendant, pendant que je me la jouais psychologue à deux euros, il faisait preuve de bien plus de clairvoyance que moi, en allant récupérer mon fils, de l’autre côté, pour me le ramener, apaisant toutes mes angoisses d’un seul geste. Apaisement qu’il annihila brusquement en me parlant de son frère. Sérieusement ? Comment pouvait-il imaginer que ça tourne mal ? Pour que quelque chose tourne mal il fallait qu’il y ait quelque chose. Or, il n’y avait rien. Rien du tout. Ok, il y avait de l’attirance, c’était une évidence, mais Lenzo devait bien comprendre ça, puisqu’ils partageaient le même physique. Alors pourquoi il me regardait de cette manière ? Comme on contemple un enfant naïf affirmant que le Père Noël est réel ? Et puis, il connaissait son frère, non ? Il devait bien savoir que quand bien même je voudrais -et je ne voulais pas-, de son côté, rien n’était possible. Et puis, j’avais déjà un enfant, pas besoin de m’encombrer d’un deuxième.

Et, en parlant d’enfant, le mien réclamant sa bouffe, je le nourrissais sans vraiment tenir compte de Lenzo. Certaines personnes avaient du mal avec ce simple geste. Surtout aux Etats-Unis. En France, c’était considéré comme très anodin, mais ici... Ici, si j’avais le malheur de nourrir mon fils en public, je risquais de finir au poste pour attentat à la pudeur. Crétins de puritains ! Ils laissaient Miley Cyrus et Rihanna se trimballer totalement à poil dans les rues de NYC, mais une femme allaitant son bébé, ça, c’était vraiment trop pour leurs pauvres petits esprits étriqués. Une belle bande d’hypocrites. Mon avis sur la question ? Les hommes dirigeaient cette nation, et si une Miley topless pouvait leur permettre d’ériger leurs vieux zobs ankylosés, une maman donnant le lait n’avait absolument rien d’excitant. En gros, tout ce qui provoquait une érection c’était ok, tout le reste, c’était niet ! Et Vive l’Amérique ! Lenzo, heureusement, n’était pas de ceux-là, bien qu’il estime que cet échange avait quelque chose d’intime, au sein (sans jeu de mot) duquel il n’avait pas sa place. Je m’empressais de le contredire en usant d’un de ces exemples imagés dont j’avais le secret. Le jambon-beurre fit son effet, puisqu’il éclata de rire, me tirant un sourire en coin et un froncement de tout petits sourcils de la part du vampire. « T’es pas que son repas. C’est pas seulement bon pour lui, c’est une étape importante dans le développement de la relation forte qui unit l’enfant à la maman. » Sous le coup de la surprise, je relevais le nez vers lui, et affichais un sourire amusé. « Vous avez une soeur, une cousine, une relation qui a été maman récemment, ou quoi ? » je demandais, toujours amusée mais très sérieuse aussi. « Parce qu’entre toi et tes connaissances sur le lien mère-enfant et ton frère qui semble tout savoir de ce qu’une femme enceinte a le droit de manger ou non... Tu avoueras que c’est pas très commun. » Même mon frère n’en savait pas autant qu’eux, et pourtant, il avait vécu tout ça en live, et je l’avais même surpris à potasser des bouquins sur la maternité. « Toujours est-il qu’il ne sait pas qui je suis. » je parlais de mon fils, là. « Il faut attendre le quatrième mois avant que l’enfant ne commence à bien distinguer les gens. Jusque là, je ne serais pas sa mère, mais juste sa machine à bouffe. » Cela dit, il réagissait tout de même, déjà, au son de ma voix. Faut dire que j’avais tellement gueulé durant toute ma grossesse que ma voix, si délicieuse, était le seul point commun entre sa vie intra et extra utérine.

Mais soit, désormais qu’on avait réglé ce problème, j’aurais bien aimé revenir sur le précédent sujet, celui où je revêtais les traits d’une pauvre idiote ayant la crétinerie de s’éprendre de son frangin handicapé des sentiments et des interactions sociales élémentaires. Il voulait bien m’expliquer ce qu’il entendait par-là ? Et surtout, comment il en était arrivé à pareille conclusion ? C’est là-dessus que je l’interrogeais, et là-dessus qu’il gardait le silence. Sérieusement ? Il comptait ne pas me répondre, ou bien il ne faisait que réfléchir à ce qu’il allait me dire ? « Peu importe. » Ha bah non, il n’allait pas me répondre. Vraiment ? Quoi, il boudait du fait que la réalité ne correspondait pas à l’image qu’il s’en était faite ? Dans le doute, je lui demandais « Tu boudes ? » tout en refermant mon chemisier, maintenant la bouffe achevée. Enfin, l’encas, visiblement. Et si l’enfant commençait à chouiner, ce n’était plus la faim qui le dérangeait mais autre chose d’un peu plus bas dans son anatomie miniature. Ha merde... Et c’était l’occasion de le dire. « Pour le changement de couche, tu préfères que je fasse ça sur le bureau de ton frère que sur le tien, je suppose ? Oui, parce que, des trucs dégueulasses, il a du en voir pas mal, son meuble. » je demandais en me levant, mon fils sur l’épaule, ma main tapotant doucement son dos pour lui faire faire son rot.  « On pourrait même lui laisser la couche sale en guise d’offrande, t’en dis quoi ? » j’ajoutais avec un sourire sale gosse. Non, il ne se passait rien entre son frère et moi, mais faire chier Renji était ma grande passion.




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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Mar 10 Fév - 19:46



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
« J’étais pas en train de te comparer à une femme, silly ! J’essayais juste de t’expliquer que les attentes des femmes, vis-à-vis de toi, avaient changé. C’est quand même fascinant à quel point vous êtes opposés à ce niveau. Toi, tu prêtes trop d’attention à la personne en face de toi, et ton frère, pas du tout. À croire que vous agissez, tous deux par rapport à un exemple que vous auriez eu. L’un le copiant, l’autre s’évertuant à ne pas lui ressembler. » Je la regardais, ou plutôt la fixais pour le coup. Je gardais quelques instants le silence. Qu’est-ce que je pouvais bien lui dire moi? « Arrête de jouer la psy avec moi. » Elle avait tapé en plein dans le mile. « Oui, c’est notre père. » Au moins, elle était fixée. Je soupirais quelque peu. « C’est notre seul différent avec Renji. Il a suivi sa voie, et moi j’ai catégoriquement refusé. Je le déteste depuis aussi longtemps que je me souvienne, et ça a empiré quand il nous a fait quitter l’Australie juste pour se faire plus d’argent. Il a toujours mené une vie de débauche, et je regrette tellement que Renji l’ait suivi là-dedans. Il mérite tellement plus que ça. Il vaut bien plus que ça. Si tu savais comment il est avec moi. Personne ne le croirait mais, il est tellement adorable. Il réclame toujours des câlins, des bisous, fait la moue, ne cesse de me dire je t’aime et pue clairement l’affection. Tout le contraire de ce qu’il laisse paraitre. C’est dingue. » J’haussais finalement les épaules.

Elle se mettait à nourrir son fils, et je lui avouais que pour moi c’était un geste important qui ne devrait pas être ouvert à tout public. Elle me répliquait un exemple drôle, prêchant qu’elle n’était que sa nourriture, chose que je contredis vivement avec tout mon côté papa poule — bien que je ne sois pas père. Sourire amusé d’Asta. « Vous avez une soeur, une cousine, une relation qui a été maman récemment, ou quoi ? » Je levais les yeux au ciel en secouant la tête. « Parce qu’entre toi et tes connaissances sur le lien mère-enfant et ton frère qui semble tout savoir de ce qu’une femme enceinte a le droit de manger ou non... Tu avoueras que c’est pas très commun. » J’arquais un sourcil. Renji? Sérieux, il en savait sur la grossesse lui? Ça alors, je n’y aurais jamais cru. « Non, on n’a rien de tout ça, je t’assure. Je sais pas comment Renji sait ça, mais disons que moi je compte bien fonder une famille un jour alors j’en sais quelque peu. » lui adressais-je en souriant légèrement. « Toujours est-il qu’il ne sait pas qui je suis. Il faut attendre le quatrième mois avant que l’enfant ne commence à bien distinguer les gens. Jusque là, je ne serais pas sa mère, mais juste sa machine à bouffe. » Tiens, je ne savais pas ça. « T’es sûre? Il le ressent quand même, au fond de lui, que c’est la femme qui l’a mis au monde. Crois-moi. Sinon, pourquoi vous les mamans vous seriez les seules capables de les calmer quand ils chialent à nous percer les tympans? » C’est vrai ça, pourquoi? J’avais vu des couples avec des bébés qui pleuraient la mort, et que le papa n’y pouvait rien, mais que dès la maman le prenait contre elle, il se calmait. C’était limite de la magie.

On parlait ensuite de sa relation avec Renji, quoi qu’elle soit, et finalement je lui dis de laisser tomber. Si je boude? N’importe quoi. Juste que je ne veux pas de conflict. Je sais ce que je pense, je sais ce que Renji pense, et je crois deviner ce qu’Astaria pense également. Il ne m’en fallait pas plus. Eux, ils leur faillaient du courage, des aveux, et surtout du temps. Mais ce n’était pas mon problème. Elle refermait son haut une fois que le petit avait terminé, mais il continuait de pleurer. Ça commençait à me donner mal au crâne pour être honnête. Je crois que j’allais finalement réfléchir à deux fois si je voulais avoir une famille. « Pour le changement de couche, tu préfères que je fasse ça sur le bureau de ton frère que sur le tien, je suppose ? Oui, parce que, des trucs dégueulasses, il a du en voir pas mal, son meuble. » Ô grand dieu, oui. Hors de question sur le mien. « On pourrait même lui laisser la couche sale en guise d’offrande, t’en dis quoi ? » Je roulais des yeux. Deux gosses, ceux-là. La petite guerre entre eux me faisaient bien rire en tout cas. « Exact, tu retournes chez mon frangin. Et non, sois pas si méchante… L’odeur va se répandre à travers le mur. » Oui, je craignais plus pour mon propre confort que pour celui de mon frère. Bah quoi… Je me redressais et allais appuyer sur la pierre qui ouvrait le passage, l’invitant à s’y glisser à nouveau. « A toi, Lara. »


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Mar 10 Fév - 23:16



the girl next door
« Arrête de jouer la psy avec moi. » Je ne jouais pas les psy, je ne faisais qu’observer, comme toujours. C’était ce qui avait fait de moi une photographe, d’ailleurs, ou une aspirante photographe du moins, cette capacité d’observation, ce don pour voir ce que les autres ne remarquaient pas, paraît-il. Pourtant, ça me semblait assez évident que son frère copiait quelqu’un que, lui-même, cherchait à éviter. J’avais juste ? « Oui, c’est notre père. » Trop juste, même. « C’est notre seul différent avec Renji. Il a suivi sa voie, et moi j’ai catégoriquement refusé. Je le déteste depuis aussi longtemps que je me souvienne, et ça a empiré quand il nous a fait quitter l’Australie juste pour se faire plus d’argent. Il a toujours mené une vie de débauche, et je regrette tellement que Renji l’ait suivi là-dedans. Il mérite tellement plus que ça. Il vaut bien plus que ça. Si tu savais comment il est avec moi. Personne ne le croirait mais, il est tellement adorable. Il réclame toujours des câlins, des bisous, fait la moue, ne cesse de me dire je t’aime et pue clairement l’affection. Tout le contraire de ce qu’il laisse paraitre. C’est dingue. » Si je savais ? Je savais, justement. Et, d’ailleurs, je ne devais pas voir l’air très surprise, voir pas du tout. Mais je ne répondais rien, pas plus que je ne cherchais à le détromper. J’avais envie de l’interroger sur sa mère, évoquer le besoin maladif de tendresse de la part de son frère, mais... Tout cela me gênait incroyablement. J’avais pas envie qu’il m’apprenne des trucs sur Renji parce que, Renji, n’aurait pas voulu ça. Mais aussi parce que... J’étais pas sûre d’avoir envie de savoir, et prendre le risque de le rendre plus humain encore. Il y avait cette forme d’intimité menaçante, inquiétante, dont je ne voulais pas. Le connard de la première fois, il était attirant, certes, mais trop con pour que je daigne penser à lui. Le Renji actuel, c’était une autre histoire. Non, définitivement, il ne fallait pas qu’il devienne trop humain, parce que j’étais pas une infirmière, je comptais le changer, le guérir de ses blessures. J’avais mieux à faire. Et puis, surtout, Renji était parfaitement heureux comme ça. Alors non, je ne répondais pas, et me contentais, dans un hochement de tête, d’entreprendre de nourrir mon fils.

D’ailleurs, il avait l’air de s’y connaître en lien mère-fils, au point que j’en venais à l’interroger sur une potentielle grossesse dans leur entourage, expliquant le savoir sur la question que Lenzo partageait avec Renji. « Non, on n’a rien de tout ça, je t’assure. Je sais pas comment Renji sait ça, mais disons que moi je compte bien fonder une famille un jour alors j’en sais quelque peu. » Songer à fonder une famille, ok, mais de là à anticiper au point de se renseigner de la sorte... Même Lawrence ne s’était pas autant impliqué en apprenant qu’il allait être père. Cela dit, il avait un peu l’air d’idéaliser la relation. Mon fils ne savait même pas qui j’étais pour l’instant, et il ne me reconnaîtrait pas avant quatre bons mois, encore. « T’es sûre? Il le ressent quand même, au fond de lui, que c’est la femme qui l’a mis au monde. Crois-moi. Sinon, pourquoi vous les mamans vous seriez les seules capables de les calmer quand ils chialent à nous percer les tympans? » Ha oui, ça... « C’est l’odeur et le son de ma voix. L’odeur parce que c’est ce qu’il sent à chaque fois qu’il tète, donc synonyme de moment cool pour lui, et ma voix parce que c’est l’un des rares sons familiers qu’il entendait déjà dans mon ventre. Mais ça marche pas systématiquement. Souvent, mon frère parvient à mieux le calmer que moi. La fatigue joue beaucoup aussi. Tu sais, on a tendance à dire que les animaux ressentent quand on a peur, etc ? Bah les bébés c’est pareil. Si t’es tendu, il le sentira, sera pas en confiance, et gueulera pour qu’on le change de bras. Pareil si t’es au bout du rouleau, claquée au point de réclamer une intraveineuse de caféine allongée à la coke... Il sent tout. Alors peut-être que d’ordinaire la mère est plus calme et patiente que le père... Mais c’est pas mon cas. » Non, j’étais trop nerveuse et claquée pour ça. Et avec l’expo à venir, j’avais du stress à revendre. La preuve, tandis que je me relevais en lui tapotant le dos pour lui faire faire son rot, tout en interrogeant Lenzo sur le lieu de changeage de couche, l’enfant chouignait sans que je ne puisse rien y faire.

Cela dit, je l’entendais à peine, comme si mon oreille s’était fait à cette nuisance sonore. J’avais beau démultiplier les « Chuuuut.... Chuuuuut....» rien n’y faisait, et Lenzo grimaçait. Pourtant, mon fils n’était pas à son max, là. C’était même à la limite du très agréable tant ils pouvaient exploser les tympans lorsqu’il se mettait à brailler. « Exact, tu retournes chez mon frangin. Et non, sois pas si méchante… L’odeur va se répandre à travers le mur. » m’informa-t-il quant à la destination que je devais prendre pour changer le monstre. Un monstre qui lâcha un rot d’un autre monde, compte tenu de sa petite taille, me laissant échapper un éclat de rire, à l’instant même où mon hôte déclenchait le mécanisme d’ouverture de porte secrète. « A toi, Lara. » Lara ? Ha oui ! Lara Croft... J’suis con, parfois. Ou très fatiguée. « Tu peux prendre le sac, là. » je lui demandais en désignant le gros sac déposé à côté de mon sac à main, sur son canapé, avant de repasser par l’ouverture dans le mur, et me faire ma place sur le bureau de Renji. En gros ? Je poussais tout. Dossiers, ordinateur, stylos qui coûtent une blinde, babioles en tous genres, avant d'étendre le matelas à langer, que je tirais du sac que venais de m’apporter Lenzo. « Si tu me pisses dessus, je me lève pas de la nuit pour te nourrir. Capisce ? » j’annonçais à mon fils, tout sourire -enfin, un truc qui ressemble à un sourire, quoi- en entamant son déshabillage. Certes, j’aurais pu faire comme toutes les autres mères en lui balançant, dans un gros sourire niais et une voix de connasse « On fait pas pissou sur maman, non non non, pas pissou. » sauf que j’avais décidé de pas considérer mon fils comme un teubé, et donc de ne pas lui parler comme à un handicapé mental. Pas sûr qu’il comprenne tout, mais ça viendrait. « Ecarte-toi. » je prévenais Lenzo avant d’ouvrir la couche. « C’est une zone de guerre, là-dedans. » Oui, parce que, autre découverte, ce n’est pas parce qu’un bébé est tout minuscule et tout mignon qu’il ne peut pas lâcher le triple de son poids en remplissage de couche. Et une alimentation exclusive à base de lait, ça fait pas des jolies crottes bien fermes, non, non, non ! C’était des marées noires lui remontant jusqu’au nombril. J’étais la seule à ne pas jurer en découvrant ses offrandes. Solal pestait en plusieurs langues et accusait plusieurs haut-le-coeur à chaque fois. Et Lawrence ? Il ne changeait pas souvent la couche, mais lorsqu’il le faisait, était surpris à chaque fois, s’inquiétant de la santé du bébé. Moi, moi je nettoyais, sans mot dire, comme immunisée aux trucs dégueulasses. C’était le cas. Depuis 15 jours mon quotidien n’était rythmé que par le vomi et le caca, fallait bien que je m’y fasse. D’une main experte, je lui soulevais le cul en le maintenant par les deux chevilles, virais la couche, roulais la couche, visais la poubelle, marquais un panier à trois points, me la pétais auprès de mon fils « Ta mère c’est la meilleure. », lui nettoyais les fesses, le minuscule zob et le bidon à la lingette, appliquais la lotion anti-rougeur, et ne résistais pas à lui croquer une fesse avant de lui offrir une nouvelle couche toute propre, toute sèche. « Haaaa, on est mieux, là, hein ? Peinard dans son slibard ! » Oui, j’avais des discussions étranges avec mon fils, moitié anglais, moitié français... Ce gamin allait être totalement paumé. Et après avoir refermé le body, l’enfant parfaitement sage et épanoui, à présent, je me tournais vers Lenzo. « Tu veux le tenir, un peu ? » Ca pouvait faire peur, j’en avais parfaitement conscience, ça semblait si petit, si fragile, mais... Ne voulait-il pas fonder une famille ? Il fallait bien qu’il s’entraine.


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 12 Fév - 1:42



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Notre famille était bien ‘fucked up’ quand même, comme on dit ici. Au fait, vous ne trouvez pas que les Américains sont les rois des gros mots, grossièretés, vulgarité et tout le tralala? Rien qu’en traversant une rue de New York — n’importe laquelle — vous entendrez un ‘fuck!’ toutes les dix secondes environ. Nous les Australiens, on est vachement plus relax. « No worries, mate », on dirait plutôt. Genre ‘oh ça va, y’a bien pire dans la vie tu crois pas?’ et on relativise. Enfin bref, revenons à la famille. J’avouais finalement à Astaria que le problème dont j’essayais d’éviter le sujet c’était effectivement mon père, et je poursuivais même en lui expliquant que Renji avait suivi ses pas alors que moi je m’efforçais de prendre le chemin le plus différent possible, le plus éloigné de celui qu’il avait choisi. Je disais même que je le détestais. Ça me faisait bizarre, je n’avais jamais parlé de ça à qui que ce soit en dehors de Renji, et je crois que Liam s’en doutait vaguement également. Mais je faisais confiance à cette femme qui se tenait devant moi. Je l’avais rencontrée il y a quoi, une demie-heure, une heure à tout casser, mais j’avais déjà une confiance aveugle en elle. Je lui parlais même un peu de comment Renji se comportait avec moi, bien différent qu’avec le reste du monde, mais elle ne paraissait pas surprise du tout. « Pourquoi t’écarquilles pas les yeux ? Pourquoi tu me dis pas ‘nan, j’te crois pas!’ ? Pourquoi t’as pas l’air surprise du tout par ce que je te dis ? » Oui, elle m’intriguait. Renji ne pouvait pas lui avoir dit sur mes ressentis, puisqu’elle m’avait dit qu’elle n’avait aucune idée de mon existence quand j’avais déboulé d’un bureau à l’autre en mode James Bond. « Ma mère était trop conne aussi. Tu vois l’expression ‘trop bon, trop con’ ? C’est ma mère tout craché. Elle est restée avec mon père, et n’a jamais bronché. Elle est bien courageuse. Je savais qu’elle ne voulait pas quitter l’Australie. Tout comme moi. Mais elle l’a suivi, et elle ne s’est jamais plaint. De rien. » Je soupirais et secouais la tête. N’importe quoi. On ne pouvait pas avoir une famille normale sérieux? Un père normal, qui s’intéresserait à ses enfants plutôt qu’à son compte en banque? Non, à croire que c’était trop demander. « Bref, désolé. » Oui, je devais plus la faire chier qu’autre chose avec les histoires de famille. Rien que d’en parler ça me faisait chier. Mais quand on évoquait celle de la nouvelle Lara, à savoir son fils, ça me plaisait déjà plus. « C’est l’odeur et le son de ma voix. L’odeur parce que c’est ce qu’il sent à chaque fois qu’il tète, donc synonyme de moment cool pour lui, et ma voix parce que c’est l’un des rares sons familiers qu’il entendait déjà dans mon ventre. Mais ça marche pas systématiquement. Souvent, mon frère parvient à mieux le calmer que moi. La fatigue joue beaucoup aussi. Tu sais, on a tendance à dire que les animaux ressentent quand on a peur, etc ? Bah les bébés c’est pareil. Si t’es tendu, il le sentira, sera pas en confiance, et gueulera pour qu’on le change de bras. Pareil si t’es au bout du rouleau, claquée au point de réclamer une intraveineuse de caféine allongée à la coke... Il sent tout. Alors peut-être que d’ordinaire la mère est plus calme et patiente que le père... Mais c’est pas mon cas. » Je l’écoutais sans rien dire, me contentant d’hocher la tête. Elle avait l’air débordée avec le bébé, l’expo, le boulot, son frère qui détestait le père… Elle en avait des choses à contenir. « Si jamais un jour t’as besoin d’aide, pour quoi que ce soit, dis-moi. » Je serais ravi de donner un petit coup de main si nécessaire. Bon, changer les couches ou donner le sein, non merci, mais sinon… Je grimaçais à ses pleurs alors qu’en parlant de changer la couche, elle y allait franco en dégageant tout ce qui se trouvait sur le bureau de Renji. Le pauvre, il allait péter un cable en rentrant. Je lui ramenais le gros sac qu’elle m’avait gentiment demandé en le posant à ses pieds, puis allait m’assoir sur le canapé de mon frangin alors qu’elle m’annonçait de battre en retraite, étant sûre que je ne voulais pas être témoin de ce champ de bataille. Et elle avait raison, je ne m’en plaindrais pas, croyez-moi. Peut-être que la famille, c’était pour dans bien longtemps finalement. Elle, avait l’air super à l’aise avec tout ça en tout cas. Tellement qu’elle jouait au basket avec la couche pleine, en plein dans le mil, et s’en vantait auprès de son fils, ce qui m’arracha un petit rire. Une fois le tout fini et le bébé tout beau tout propre, elle se tournait vers moi. « Tu veux le tenir, un peu ? » Euh… « J’suis pas tellement sûr de mes capacités dans ce domaine, si tu veux tout savoir. » Oui, je crois que j’avais jamais tenu un bébé de toute ma vie. Et s’il se mettait à pleurer, j’allais faire une crise de nerf — ou de panique — ou encore pire, si je le laissais tomber par terre, Asta me décollerait une droite monumentale dont je garderai le souvenir à m’en retourner dans ma tombe, si ce n’était la guillotine immédiate — oui, elle restait française… « Dis, je peux te parler d’un truc? Je crois que j’ai besoin d’un conseil de femme, et si tu vois le truc, Renji m’est assez inutile dans ce domaine… » Oui, je voulais parler d’une femme en particulier, et je savais que Renji ne me prendrait pas vraiment au sérieux.


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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 12 Fév - 3:28



the girl next door
« Pourquoi t’écarquilles pas les yeux ? Pourquoi tu me dis pas ‘nan, j’te crois pas!’ ? Pourquoi t’as pas l’air surprise du tout par ce que je te dis ? » Heu... Parce que ça me ressemblait pas de faire et dire ces choses là, peut-être. Mais pour lui faire plaisir, j’écarquillais les yeux exagérement, et lâchais un « Naaaaaan, dis-moi pas qu’c’est pas vraaaaai ! » même que ma voix monta dans les aigües, sur le ‘vrai’ « Ton frère serait donc... Oh mon Dieu ! Ton frère serait donc humain ?!? » J’avais jamais été très bonne pour la comédie, mais justement, le but, ici, n’était pas de me rendre crédible dans ma surprise, puisque, surprise, je ne l’étais absolument pas. Je savais que Renji pouvait se montrer affectueux, parfois trop même, et que ça traduisait, surement, un manque d’affection, justement, du au fait, peut-être, qu’il cherchait trop à passer pour un connard sans coeur, au point de restreindre au maximum tout ce qui, à ses yeux, pourrait le faire passer pour un faible. C’était mon analyse, peut-être pitoyable, de Renji. Et c’était mon expérience personnelle, aussi, du Renji, toutes ces fois où il avait eu besoin de me toucher, parfois de manière grotesque, en me pinçant le nez, les lèvres, les joues. La tendresse maladroite de celui qui ne sait pas faire, mais qui en a besoin. Alors non, vraiment, ça ne m’étonnait pas qu’il le soit justement, tendre, avec son frère. C’était même plutôt logique, en réalité.  « Ma mère était trop conne aussi. Tu vois l’expression ‘trop bon, trop con’ ? C’est ma mère tout craché. Elle est restée avec mon père, et n’a jamais bronché. Elle est bien courageuse. Je savais qu’elle ne voulait pas quitter l’Australie. Tout comme moi. Mais elle l’a suivi, et elle ne s’est jamais plaint. De rien. » Ca par contre, faisait naître une grimace sur mes traits. Peut-être parce que j’étais mère, désormais, mais surtout parce que ma propre mère me manquait cruellement. « Ne dis pas qu’elle est conne, s’il te plait. » même dans ce contexte particulier, même dans le cadre d’une expression familière. « Peut-être que si elle a suivi votre père jusqu’ici c’était pour rester avec vous. Peut-être qu’elle s’est sacrifiée toute sa vie auprès d’un époux infidèle parce que, malgré tout, elle l’aimait, et par-dessus tout, vous aimait vous. Tu ne peux pas savoir, tu n’étais pas à sa place. L’amour ne rend pas con, l’amour rend courageux et parfois naïf. » Du moins, c’est ce que j’avais pu observer chez mes parents. Moi ? Non, même mon ex-fiancé, je ne l’avais jamais aimé à ce point-là. Mais j’aimais mon frère, j’aimais mon fils, et je me savais prête à n’importe quoi pour eux. N’importe quoi. Et je voulais pas que, plus tard, mon fils puisse dire de moi que j’avais été conne de l’aimer à ce point-là, au point de le faire passer avant toute autre chose, avant moi-même.

D’ailleurs, mon fils, c’est de lui dont on parlait ensuite, lorsque j’expliquais à Lenzo le lien complexe entre la mère et l’enfant, puis entre l’enfant et n’importe quel adulte finalement. Ce n’était pas simple tous les jours, c’était même un joyeux bordel, mais rien de très anormal. « Si jamais un jour t’as besoin d’aide, pour quoi que ce soit, dis-moi. » Je lui offrais un sourire, avant de secouer la tête. « C’est gentil, mais j’ai déjà le papa, et puis mon frère. Ce qui ne change rien, en fait, puisque je suis la seule à pouvoir le nourrir, pour l’instant. Donc la seule à devoir me lever toutes les trois heures, chaque nuit. C’est ça le plus dur, en fait, et c’est le seul truc pour lequel personne ne peut rien faire pour moi. Vivement le biberon. » Oui, parce que dès qu’il serait au bib’, Lawrence était prévenu, je me prenais une nuit complète sans me lever une seule fois, grasse matinée incluse. C’était même pas négociable, en fait. Cela dit, j’aimais passer du temps avec le monstre. J’aimais tout, jusqu’aux couches à changer, jusqu’au bain à donner, et je pouvais passer de très longues minutes à l’observer dormir comme une crétine. C’était ma chose à moi, mon précieux. C’était pas juste, mais à mes yeux il m’appartenait bien plus qu’à Lawrence, par exemple. Je ne le lui dirais jamais, mais dans ma tête, c’était limpide. Après tout, il avait squatté ma chair pendant près de neuf mois. Alors oui, j’appréciais ce moment durant lequel, réquisitionnant le bureau de Renji, je soulageais mon fils de sa couche sale, laissant cette dernière, en offrande, dans la poubelle de ce dernier. Puis je proposais à Lenzo de le tenir un peu, s’il le souhaitait. « J’suis pas tellement sûr de mes capacités dans ce domaine, si tu veux tout savoir. » Oui, pour le coup, il avait vachement l’air hésitant, quand même. « Comment tu comptes m’aider pour quoi que ce soit, si tu as peur de le porter ? Et puis, je croyais que tu voulais fonder une famille... » je me moquais légèrement, en récupérant mon fils contre moi, avant de me laisser choir dans le confortable fauteuil du bureau. Tiens, la dernière fois que j’avais été dans ce même fauteuil, j’étais enceinte à ne plus savoir quoi faire de mon ventre. Du coup, c’était assez étrange d’être, à nouveau, là, avec lui à l’extérieur de moi. Inattendu. Ça n’avait pas le moindre sens, finalement. Et d’ailleurs, j’avais toujours pas récupéré mon matériel.

« Dis, je peux te parler d’un truc? Je crois que j’ai besoin d’un conseil de femme, et si tu vois le truc, Renji m’est assez inutile dans ce domaine… » me força-t-il à reprendre pied dans la réalité immédiate, relevant le nez et un sourcil dans sa direction. Conseil de femme ? « Tu sais, j’ai été élevée avec trois mecs dont j’étais le chef de bande. Ils te diraient que si, techniquement, je suis une femme, au plus profond de mon être, je suis une arnaque, je suis un vrai mec. » Une affirmation rapidement contredite par le bébé entre mes bras, et les bruits chelous que je lui offrais pour lui faire faire des sourires. C’est vrai que les adultes avaient tendance à devenir très cons en présence d’un bébé. « Mais dis quand même, j’ai eu une mère absolument formidable, une véritable femme, elle, féminine jusqu’au bout des ongles, douce jusqu’à la pointe des cheveux. Je tâcherais de te répondre comme elle l’aurait fait. » Ma mère... Je pensais énormément à elle depuis la naissance. J’avais toujours beaucoup pensé à elle, mais depuis Tristan c’était comme omniprésent. J’aurais tellement voulu qu’elle soit là, qu’elle m’accompagne dans ce tout nouveau rôle pour moi, celui de mère, dans lequel elle avait excellé. J’aurais voulu qu’elle le voit, qu’elle le rencontre, qu’elle me dise qu’il avait mon nez et les pommettes de mon père, qu’elle me guide, me conseille. C’était dans ces instants, ces instants marquants, qu’elle manquait le plus douloureusement. Le reste du temps, c’était juste cruellement.



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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 12 Fév - 6:02



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Je riais à sa remarque. Renji, humain? Eh bien, faut croire que tout est possible. « Tu sais que t’es la pire actrice que le monde ait pu connaître? » lui lançais-je, le sourire amusé aux lèvres. Mais je passais le sujet, et on parlait ensuite de ma mère. « Ne dis pas qu’elle est conne, s’il te plait. Peut-être que si elle a suivi votre père jusqu’ici c’était pour rester avec vous. Peut-être qu’elle s’est sacrifiée toute sa vie auprès d’un époux infidèle parce que, malgré tout, elle l’aimait, et par-dessus tout, vous aimait vous. Tu ne peux pas savoir, tu n’étais pas à sa place. L’amour ne rend pas con, l’amour rend courageux et parfois naïf. » Quoi? « Non ! » la contredisais-je alors vivement. « Je ne dis pas qu’elle est conne. Je l’aime à la folie, c’est la femme la plus géniale que je connaisse. Je sais bien qu’elle a suivi mon père pour être avec nous, et qu’elle a sacrifié toute sa propre vie pour la notre, à Renji et moi. Je ne sais pas si elle l’aimait. Peut-être au début. Un peu. Mais elle nous aime surtout nous. Je sais tout ça, Asta. Je ne disais rien de mal, c’est juste les mauvais mots qui sont sortis de ma bouche. Je suis reconnaissant de ce qu’elle a fait, et à mes yeux c’est une femme admirable — je l’admire, vraiment. Juste que… Ça me rend triste de savoir qu’elle n’a pas été maitre de ses choix et s’est laissée embarquer dans tout ça. Même si je sais que si elle avait fait ce qui la rendrait heureuse, elle serait probablement très loin de moi à l’heure qu’il est… » Je pinçais les lèvres. Renji avait hérité de papa, et moi j’avais hérité de maman. « Je comprends tout à fait que tu fasses passer ton ou tes enfants avant toi-même quand tu es parent. Enfin, normalement… Mon père a du zapper ce chapitre de la notice. Et j’en suis reconnaissant. Vraiment. Crois-moi. Mais j’aurais juste aimé qu’elle soit heureuse, elle. Qu’elle mène la vie dont elle aurait toujours rêvé. » Elle voulait me voir heureux, et moi je voulais la voir heureuse aussi. Sauf que je ne pouvais rien y faire. Oh, bien sûr j’avais déjà pensé à repartir en Australie et prendre ma mère avec moi. Mais non. Impossible. Renji me tuerait si je retournais vivre en Australie loin de lui — il me l’avait déjà clairement dit quand j’avais évoqué la question — et maman ne voudrait jamais que je quitte mon business maintenant que j’étais posé. A vrai dire, les affaires, je m’en foutais complètement. Je le faisais parce que je savais le faire et que je devais bosser. Mais ça ne me plaisait pas tant que ça. Je crois que j’avais du mal à trouver ma voie, et encore plus à l’affirmer. Auprès de papa déjà, puisque même si je me foutais de son avis, il m’en empêcherait s’il n’était pas d’accord. Auprès de Renji aussi. Parce que j’étais sûr que, dans ma tête, trouver ma voie irait mieux si j’étais down under. Et ça, lui non plus ne l’accepterait jamais. M’enfin bref.

Je finis par proposer mon aide à Asta si elle avait besoin de quoi que ce soit. Je savais que ça pouvait être beaucoup — de stress, de pression, de tout en fait. Mais elle me rétorquait que la seule chose qui l’embêtait et la fatiguait, c’était de nourrir son mini-moi. Et en ça, je ne pouvais pas vraiment lui apporter mon aide. J’haussais donc quelque peu les épaules. Une fois qu’elle eut fini de s’occuper de lui, elle me demandait si je voulais le tenir. Et, un peu pris par surprise, je lui avouais que je n’étais pas sûr de bien m’en tirer. « Comment tu comptes m’aider pour quoi que ce soit, si tu as peur de le porter ? Et puis, je croyais que tu voulais fonder une famille... » Lenzo 0 - Astaria 1. « Bon d’accord. Tu m’apprends? » Oui, je savais qu’un bébé se tenait de telle et telle manière, et non, pas comme ça, soutiens sa tête, penche le pas trop, mais non tu fais tout de travers, et trois secondes après, pouf, bébé par terre. J’avais bien regardé Tellement Vrai, Confessions Intimes et autres conneries du genre pour voir ça, et je ne voulais certainement pas que ça m’arrive à moi. Je crois que le sentiment de culpabilité ne s’en irait jamais.

Je lui demandais finalement après quelques instants à garder le silence si je pouvais lui parler d’un truc. Elle releva soudainement la tête. Tiens, j’avais capté sa curiosité j’avais l’impression. J’avais besoin d’un conseil de femme, et comme je lui avais précisé, Renji était assez inutile pour moi cette fois. « Tu sais, j’ai été élevée avec trois mecs dont j’étais le chef de bande. Ils te diraient que si, techniquement, je suis une femme, au plus profond de mon être, je suis une arnaque, je suis un vrai mec. » Ah. Merde. Ça se complique alors. « Mais dis quand même, j’ai eu une mère absolument formidable, une véritable femme, elle, féminine jusqu’au bout des ongles, douce jusqu’à la pointe des cheveux. Je tâcherais de te répondre comme elle l’aurait fait. » Je souriais doucement. « Merci. Je t’en suis reconnaissant. C'est promis que je te laisserai utiliser le passage secret quand bon te semble. » Je lui fis un signe de tête entendu, sûrement trop sérieux, puis me raclais la gorge. Bon, je n’avais jamais parlé de ça à personne. Ni à Renji, ni à Liam, ni à ma mère, personne. Et voilà qu’une fille que je rencontrais une heure plus tôt suffisait à me convaincre que je pouvais lui conter mon problème. Bravo Lenzo, très, très crédible. « Ok, alors… Qu’est-ce que tu ferais toi à ma place — ou maman Astaria — si par hasard tu n’arriverais pas totalement à tourner la page de ton premier amour?… » Ok, maintenant que je l’avais dit à haute voix pour la première fois, je sentais que c’était vraiment stupide. « Je sais pas, je peux rien y faire. Il y a cette fille dans ma tête, et je crois que c’est aussi pour ça que j’ai du mal à accepter l’idée que je puisse me faire plaisir comme Renji le fait. C’était la première — et seule d’ailleurs — à me faire confiance. Enfin, non, si tu sais pas l’histoire de base, tu comprendras pas ça. » Je levais les yeux au ciel. « Depuis aussi longtemps que je me souvienne, Renji adorait se faire passer pour moi pour aller draguer des nanas. Me demande pas pourquoi, c’était son kiff. Mais quand j’ai commencé à sortir avec des filles quand on était ados, il a continué, et il s’amusait à flirter avec d’autres filles alors que j’étais avec quelqu’un, toujours se faisant passer pour moi. Tu piges le bordel un peu? Ça m’a valu des tas de claques, parce que les filles pensaient que je les trompais toutes. Et puis… y’a eu Greer. J’avais vraiment craqué, totalement. Sauf que Renji a continué son petit jeu. Et ça nous en a donné, des disputes, mais au final elle a appris à me faire confiance et à me croire sur parole quand j’affirmais que c’était Renji et pas moi. Parce que ça ne pouvait évidemment pas se prouver. Elle m’a fait confiance, et on a eu une super histoire. Mais ça s’est terminé à cause de ses plans de carrières et ses ambitions. Ça s’est jamais vraiment terminé si on y pense, en fait… Mais voilà, tout ça — la confiance, l’absence de rupture nette — ça m’empêche d’aller de l’avant. Et je sais pas ce que je dois faire. » Ben dis donc… Ça faisait drôlement du bien de vider son sac…

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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Dim 15 Fév - 2:28



the girl next door
« Tu sais que t’es la pire actrice que le monde ait pu connaître? » Ouai, j’en avais parfaitement conscience. Ce qui ne me dérangeait pas le moins du monde, connaissant mon tempérament me poussant à dire tout haut tout ce qui me passait, toujours, par la tête. Pas besoin de don pour la comédie, dans ce cas. « Je ne dis pas qu’elle est conne. Je l’aime à la folie, c’est la femme la plus géniale que je connaisse. Je sais bien qu’elle a suivi mon père pour être avec nous, et qu’elle a sacrifié toute sa propre vie pour la notre, à Renji et moi. Je ne sais pas si elle l’aimait. Peut-être au début. Un peu. Mais elle nous aime surtout nous. Je sais tout ça, Asta. Je ne disais rien de mal, c’est juste les mauvais mots qui sont sortis de ma bouche. Je suis reconnaissant de ce qu’elle a fait, et à mes yeux c’est une femme admirable — je l’admire, vraiment. Juste que… Ça me rend triste de savoir qu’elle n’a pas été maitre de ses choix et s’est laissée embarquer dans tout ça. Même si je sais que si elle avait fait ce qui la rendrait heureuse, elle serait probablement très loin de moi à l’heure qu’il est… » s’empressa-t-il de réctifier après que je l’eus repris sur l’adjectif qualificatif utilisé pour sa mère. « Je comprends tout à fait que tu fasses passer ton ou tes enfants avant toi-même quand tu es parent. Enfin, normalement… Mon père a du zapper ce chapitre de la notice. Et j’en suis reconnaissant. Vraiment. Crois-moi. Mais j’aurais juste aimé qu’elle soit heureuse, elle. Qu’elle mène la vie dont elle aurait toujours rêvé. » Mouais... « Et tu crois qu’elle aurait été heureuse loin de vous ? Tu dis qu’elle n’a pas eu le choix, mais on a toujours le choix. Elle aurait pu choisir de vous laisser. Selon moi, elle a fait ses choix, elle a choisi d’être heureuse de cette manière là. Et je ne pense pas qu’elle aurait pu l’être plus encore, d’une autre manière. » Mon choix à moi aurait été différent. J’aurais pris mes gamins sous le bras, et j’aurais dit Fuck au papa. Mais ça, je ne le lui disais pas, simplement parce que... Parce que je n’étais pas sa mère, que je ne connaissais pas tous les tenants et les aboutissants, et que personne, dans aucune histoire, n’est tout noir ou tout blanc. Alors sa version du père entièrement fautif et de la mère à deux doigts de la sanctification, je n’y adhérais pas. Je connaissais les nuances pour les avoir expérimenté, et je savais que son père, comme sa mère, étaient gris. J’aurais pu lui donner l’exemple de mon propre père, celui-là même qui ne nous regardait plus depuis un an, qui n’avait pas prêté la moindre attention à mon frère faisant ses valises, ou encore n’ayant pas eu la moindre réaction à l’annonce de ma grossesse, celui qui ne répondait plus au téléphone, pas même alors que je tentais de lui annoncer qu’il était grand-père, probablement trop ivre pour décrocher, de toute façon... J’aurais pu lui dépeindre le père démissionnaire qu’il était, et nuancé le tout en lui expliquant son histoire et pourquoi je l’aimais toujours autant, pourquoi il restait mon papa adoré, et pourquoi je me faisais autant de souci pour lui. Mais c’était mon histoire à moi, et je n’étais pas encore prête à la confier. Alors...

Alors, je me taisais, et enchainais les actions efficaces sur les fesses de mon baby. Achevant le tout en proposant à Lenzo de le porter un peu. Proposition qu’il refusait et refus que je moquais. « Bon d’accord. Tu m’apprends ? » Ouuuuuuh, monsieur retrouvait un peu de courage ? Alors oui, carrément, avec plaisir même, j’allais lui apprendre. Mais pour l’instant, j’étais en phase de beugage sévère sur mon fils, l’observant ourler ses petites lèvres avec la fascination débile dont seule une mère est capable. Ça aurait pu durer longtemps, comme ça, d’ailleurs, si Lenzo n’avait pas ré-attiré mon attention en me disant qu’il avait besoin d’un avis féminin. Ouai, sauf que techniquement j’étais pas la nana la plus féminine du monde. Au contraire, j’avais plutôt tendance à réfléchir comme un mec. Cela dit, je lui promettais de faire de mon mieux pour répondre à ses questions comme ma mère l’aurait fait. « Merci. Je t’en suis reconnaissant. C'est promis que je te laisserai utiliser le passage secret quand bon te semble. » Je laissais échapper un rire et le réprimais presque aussitôt en me rappelant mon monstre tout contre moi, calme à présent. « Parce que tu pensais pouvoir m’empêcher de l’utiliser quand je voulais ? » Jeune naïf. « Enfin... J’en aurais plus l’utilité, désormais, mais... Enfin, tu comprends quoi, t’aurais voulu, t’aurais pas pu. » En gros, j’avais pas l’intention de refoutre les pieds ici, encore moins dans le but de passer d’un bureau à l’autre, mais dans une réalité parallèle, je n’aurais jamais demandé l’autorisation pour le faire. J’étais sans gêne, c’était un fait. Et puis, d’un signe de la main, je lui demandais de lancer les hostilités. C’était quoi, son problème ? « Ok, alors… Qu’est-ce que tu ferais toi à ma place — ou maman Astaria — si par hasard tu n’arriverais pas totalement à tourner la page de ton premier amour ?… » Oula... Heu... Il pouvait m’en dire plus ? « Je sais pas, je peux rien y faire. Il y a cette fille dans ma tête, et je crois que c’est aussi pour ça que j’ai du mal à accepter l’idée que je puisse me faire plaisir comme Renji le fait. C’était la première — et seule d’ailleurs — à me faire confiance. Enfin, non, si tu sais pas l’histoire de base, tu comprendras pas ça. » Alors, il me conta l’histoire, assez banale chez les jumeaux d’ailleurs, de son frère se faisant passer pour lui, de ses filles qui l’avaient cru infidèle, et de cette Greer -Greer ? Sérieusement ? C’était un vrai prénom, ça ? On aurait dit un grognement, mais soit- qui lui avait fait confiance, elle et qui, pour cause d’incompatibilité de je sais pas trop quoi, avait rompu sans rompre. Comment pouvait-on rompre sans rompre ? D’ailleurs, c’est ce que je lui demandais directement : « Comment on peut rompre sans rompre ? Ça veut dire quoi que ça s’est jamais vraiment terminé ? Elle a cessé de répondre à tes coups de fil, et à force, t’as jeté l’éponge ? Parce que ça, mon ami, c’est une rupture, une vraie, et une bien dégueulasse et lâche, si tu veux mon avis. Après... Après, j’avoue que j’aurais du mal à te conseiller sachant que je n’ai jamais été à ta place, j’étais plutôt à la place de Grrrrrrrr... » oui, j’avais définitivement du mal avec son prénom. « Je suis restée sept ans en couple avec une même personne parce qu’il ne voulait pas croire à mes ruptures. Pour lui, ce n’était que des instants de folie passagère, et j’allais finir par revenir. Je lui ai donné raison en le laissant, lui, revenir à chaque fois, parce que trop faible et absolument pas encline à lui occasionner la moindre souffrance. Mais dans ce couple, il était le seul à aimer. Moi je l’appréciais, j’étais habituée à lui, alors il y avait une sorte de facilité, si tu veux, mais ce n’était en rien de l’amour. Ou alors, si c’est ça, c’est vraiment pourri l’amour. Alors, si c’était lui, en cet instant, demandant conseil à une autre fille, j’aimerais assez que cette autre fille lui dise de lâcher l’affaire, plutôt que de le voir débarquer à New York avec la bouche en coeur. Maintenant, chaque histoire est différente, et je suis pas dans sa tête à elle... Tout ce que je peux te dire, c’est que vous vous devez, au moins, une explication, pour comprendre pourquoi ça s’est terminé comme ça, et assainir les choses. Je pars du principe que ce qui a posé problème durant votre histoire, continuera à poser problème aujourd’hui, à moins qu’elle ne soit plus du tout ambitieuse, ou que tu le sois devenu soudainement. » Les ex s’ils avaient l’appelation ‘ex’ c’était pour une bonne raison. Ce qui n’avait pas marché une première fois, n’avait aucune chance de marcher une seconde fois. C’était comme ouvrir le frigo toutes les cinq minutes pour constater que, oui, il était toujours aussi vide. La bouffe ne se matérialisait pas toute seule dans le fridge, il en allait de même pour la résolution d’incompatibilités insolubles. « Par pitié, te lance pas dans un plan de reconquête de Grrrrrrr... Tu peux demander à la voir pour parler, pour obtenir une explication, mais déboule pas avec les fleurs, la calèche, et la boîte de choco en forme de coeur. Ça ferait un poil désespéré. Tu vaux mieux que ça. » Ouais, ok, à bien y réfléchir, ma mère n’aurait jamais parlé ainsi, elle se serait montrée douce, subtile, diplomate -autant de choses que je n’étais pas-, mais le contenu, finalement, restait le même, je crois. Oui.



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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Jeu 19 Fév - 15:39



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astaria & lenzo
« Et tu crois qu’elle aurait été heureuse loin de vous ? Tu dis qu’elle n’a pas eu le choix, mais on a toujours le choix. Elle aurait pu choisir de vous laisser. Selon moi, elle a fait ses choix, elle a choisi d’être heureuse de cette manière là. Et je ne pense pas qu’elle aurait pu l’être plus encore, d’une autre manière. » Non, elle n’aurait certainement pas été heureuse. Je savais que tout ce qu’elle voulait, c’était être avec nous. Je regrettais juste qu’elle n’ait pas plus de répondant. Qu’elle ne s’affirme pas un peu plus auprès de notre père. Elle aurait pu le laisser et partir avec nous. Ou rester en Australie alors que lui s’envolait pour New York, encore meilleur. Ce qui me tuait, c’est qu’elle l’avait suivi sans broncher, alors qu’elle était libre de refuser. Mais qu’importe, c’était fait de toute façon. Et je laissais passer, ne répondant rien à Astaria, puisque je savais qu’on ne serait pas d’accord sur ce sujet, probablement.

Une fois son bébé propre, elle me demandait si je voulais le porter, et j’eu premièrement un mouvement de recul, refusant clairement parce que — et si je le faisais tomber par terre? Ok, j’avais le chic pour imaginer le pire des scénarios, mais quand même, c’était une éventualité non? Elle me rétorquait alors que je n’aurais jamais de famille si j’étais réticent rien qu’à l’idée de bercer un enfant. Oui bon, Astaria 1 - Lenzo 0. Du coup, j’acceptais, lui demandant si elle était d’accord pour m’apprendre. Sauf qu’elle avait ressorti sa tronche de maman poule, et admirait son fils d’un oeil qu’il me serait impossible d’avoir. Qu’est-ce qu’il faisait? Je m’approchais pour voir ça. Oh. Il ourlait ses lèvres. Bon, d’accord… Certes, ça pouvait être mignon, mais j’aurais toujours du mal avec les bébés et leur relation avec la mère. C’était comme de la magie pour moi.

Du coup, je la sortais dans ses pensées en avançant que j’avais besoin d’un avis féminin. Sauf qu’elle me sortait son monologue sur le fait qu’elle n’était pas franchement féminine, qu’elle avait grandi entourée de mecs et tout le bazar. Oui ben ça n’empêche, elle reste une femme, non? Et en l’occurence, la seule en qui j’avais assez confiance pour parler de ça. J’avais essayé avec Renji, mais c’était des sentiments qui le dépassait et qu’il n’arriverait sans doute pas à s’expliquer de sitôt, et il avait finalement bien vite changé de sujet pour faire une sieste sur mon canapé. Elle me promettait quand même de faire de son mieux et d’essayer de répondre comme sa mère l’aurait fait. Une vraie femme, d’après elle. Du coup, je la remerciais, et en récompense lui laisserait être Lara Croft quand bon lui semblait. Elle riait, puis baissait le volume — oui, son fils avait arrêté de pleurer alors autant éviter le désastre. « Parce que tu pensais pouvoir m’empêcher de l’utiliser quand je voulais ? » Je levais les yeux au ciel, retenant un rire. J’aurais du m’en douter. « Enfin... J’en aurais plus l’utilité, désormais, mais... Enfin, tu comprends quoi, t’aurais voulu, t’aurais pas pu. » Oui, non, je sais pas si je comprenais en fait. Ce que je retenais, c’est qu’elle ne comptait pas revenir ici. « En tout cas, si tu veux me voir, y’a des escaliers au resto. Ça t’évitera de passer par chez Renji. » Oui, parce que je doutais que mon frère soit enchanté de cette petite rencontre avec sa belle.

Un signe de la main pour me dire d’y aller, et je déballais l’histoire de Greer. De comment ça avait été la première et seule à me faire confiance pour Renji, jusqu’à aujourd’hui, où je n’arrivais toujours pas à tourner la page. « Comment on peut rompre sans rompre ? Ça veut dire quoi que ça s’est jamais vraiment terminé ? Elle a cessé de répondre à tes coups de fil, et à force, t’as jeté l’éponge ? Parce que ça, mon ami, c’est une rupture, une vraie, et une bien dégueulasse et lâche, si tu veux mon avis. Après... Après, j’avoue que j’aurais du mal à te conseiller sachant que je n’ai jamais été à ta place, j’étais plutôt à la place de Grrrrrrrr... » Outre son grognement visant à remplacer le prénom — que j’ignorais — je comprenais son point de vue. « Ben, ce qu’on appelle rompre sans rompre, c’est que, c’est pas le manque d’amour qui te fait faire ça. Genre, tu voudrais rester avec la personne, mais pour des raisons extérieures, c’est pas possible. Tu vois le genre? » Si l’absence d’amour était la cause, c’est une rupture définitive. Par contre, quand deux personnes se quittent en s’aimant toujours, disons que ça laissait toujours plus de chances pour la suite… Elle me racontait alors son histoire de longue durée, et j’hochais la tête. Oui, je comprenais son point de vue. Mais c’est clair qu’il fallait au moins qu’on se revoit avec Greer, pour en parler. J’avais besoin qu’elle me dise définitivement que c’était fini pour de bon, ou… je sais pas. Ou rien, je crois. « Elle est toujours ambitieuse. C’est juste que, maintenant, elle est connue, donc elle n’a plus à bosser pour son futur. » Enfin, plus au point de lâcher sa vie sociale. « Par pitié, te lance pas dans un plan de reconquête de Grrrrrrr... Tu peux demander à la voir pour parler, pour obtenir une explication, mais déboule pas avec les fleurs, la calèche, et la boîte de choco en forme de coeur. Ça ferait un poil désespéré. Tu vaux mieux que ça. » Je vaux mieux que ça? « Tu dis ça sans me connaître, tu t’en rends compte? » On avait beau parler depuis quoi, une heure, deux heures? Ça n’enlevait en rien le fait que ça ne faisait que deux heures. J’avais l’impression qu’elle m’analysait vachement bien, mais quand même. « Je suis pas désespéré. Et puis, j’ai pas de calèche. » J’haussais les épaules, l’air de rien. « Je verrai bien. » finissais-je, pour clore le sujet. « Bon, tu m’apprends à tenir ton gosse ou tu le gardes pour toi? » Bah oui, je comptais bien développer mes capacités de père de famille aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Ven 20 Fév - 0:03



the girl next door
« En tout cas, si tu veux me voir, y’a des escaliers au resto. Ça t’évitera de passer par chez Renji. » Sa remarque me fit sourire. C’était mignon, toutes ces attentions, mais... Je ne cherchais pas à éviter Renji, du moins, clairement pas consciemment, je ne voyais juste aucune raison me poussant à revenir ici. Et si je voulais revoir Lenzo ? On se verrait au vernissage, déjà, et puis... Je ne sais pas, je n’avais pas réfléchis plus loin que ça. Est-ce que j’avais envie de le revoir ? Quelle drôle de question à se poser ainsi, alors que je l’avais en face de moi pour la première fois. « Je doute que ton frère apprécierait que je passe te voir sans l’honorer de ma présence, également. Son égo n’y survivrait pas. » je répondais, finalement, dans un sourire amusé. Il était même du genre à arguer qu’il m’avait vu en premier et que c’était pas juste. Du grand Renji, quoi. En attendant, Lenzo voulait me parler d’une fille, et bien que l’ayant prévenu que je n’étais pas très douée pour ça, je l’invitais à poursuivre, écoutais attentivement, et posais même des questions, là où je n’avais pas tout compris. Comme le fait de rompre sans rompre, dont le concept m’échappait totalement. « Ben, ce qu’on appelle rompre sans rompre, c’est que, c’est pas le manque d’amour qui te fait faire ça. Genre, tu voudrais rester avec la personne, mais pour des raisons extérieures, c’est pas possible. Tu vois le genre? » Je voyais le genre, oui, mais ça ne me disait pas qui avait prit la décision de rompre, finalement. J’avais ma petite idée sur la question, et je voyais mal Lenzo auteur de la rupture. Non, il la subissait. Depuis longtemps, déjà. Du coup, j’essayais de me mettre à la place de la fille, et j’avoue que ma vision des choses était un peu pessimiste, mais... L’amour et moi, hein. Peut-être avais-je manqué de Disney dans mon enfance, ce qui expliquerait que le concept de l’amour heureux me semblait totalement utopique. Je voyais mal cette fille réellement amoureuse de lui. Pour lui préférer son ambition, elle ne devait pas crouler sous les sentiments incontrôlables et irréfutables. Alors que lui... Peut-être était-ce simplement le résultat du manque, non ? « Elle est toujours ambitieuse. C’est juste que, maintenant, elle est connue, donc elle n’a plus à bosser pour son futur. » Connue ? Genre connue-connue ? Moi, je ne la connaissais pas. Pareil prénom, je m’en serais souvenu. « Et si elle a pas envie de te voir ? Et si elle a un mec ? T’es sûr d’être capable d’encaisser ça ? » Elle, je m’en foutais, c’était pour lui que je m’inquiétais. Si cette fille squattait vraiment sa tête depuis longtemps, j’avais peur qu’il souffre vraiment en apprenant qu’il n’y avait plus d’espoir. Je l’avais prévenu que j’étais pas l’interlocutrice idéale. Sûrement qu’une autre, aurait sautillé sur place d’excitation en l’invitant à sortir le grand jeu, persuadée qu’à la fin, l’amour triomphe de tout. Moi, j’étais pas une accro à l’amour, alors je le mettais en garde, j’enfilais le costume de la rabat-joie, et l’invitais à rester sobre lorsqu’il chercherait à la revoir. Ni calèche, ni chocolat, ni sérénade, pas même des fleurs. Il voyait le genre ? « Tu dis ça sans me connaître, tu t’en rends compte? » Je devais me vexer de cette remarque ? « Je suis pas désespéré. Et puis, j’ai pas de calèche. » Ce n’était qu’une image, enfin ! J’espérais bien qu’il n’allait pas vraiment sortir la calèche... On ne voyait ça qu’à Paris, pour les touristes. Du moins, je l’espérais. « Je verrai bien. » Et c’est bien ce qui me faisait peur, oui. « Tu me demandes mon avis, je te le donne. S’il ne te convient pas, j’y peux pas grand chose. Et pour ce qui est de te connaître, ok la calèche c’était un peu exagéré, mais les fleurs, je suis certaine que tu y as pensé. Parce que tu es ce genre de mec vraiment bien qui est prêt à décrocher la lune lorsqu’il aime. C’est pas un défaut, mais pense à te protéger un peu. Les filles biens, ça court plus vraiment les rues. » Moi-même, je n’en étais pas une. Ou alors, pas complètement. De toute façon, j’étais trop compliquée pour être bonne ou mauvaise. J’étais un peu des deux en fonction des circonstances. « Bon, tu m’apprends à tenir ton gosse ou tu le gardes pour toi? » Mon gosse ? « Un peu de respect, oh ! » je l’accusais, pas vraiment fâchée pour autant. Je l’avais bien appelé ‘Truc’ durant l’intégralité de ma grossesse, alors ‘ton gosse’, c’était du pipi d’chat. « Tiens, viens, assis-toi. » j’ordonnais en quittant le fauteuil du bureau pour qu’il m’y remplace. Bizarrement, vu son peu d’entrain à prendre Louis dans les bras, je préférais le savoir assis, ce faisant. « T’es confortable ? » Il semblait l’être, oui. Alors, je me penchais en avant, l’enfant toujours dans mes bras, tendant ses derniers en direction de Lenzo. « Mets tes bras en panier, voilà, comme ça. » J’allais lui installer l’enfant, directement dans les bras, pas l’obliger à un transfert de mains à mains, plus impressionnant pour une première fois. « Voilà, garde bien ton bras comme ça, pour lui soutenir la tête, et... Parfait. Tu vois, c’est pas si compliqué ? » Le bébé en place, je me relevais, les observant avec un certain amusement. « Détends-toi, c’est pas si fragile que ça, un bébé, tu vas pas le casser juste si tu t’autorises à respirer. Tiens, tu auras besoin de ça. » J’ajoutais en déposant, sur son épaule, le tissu blanc que j’utilisais en cas de régurgitations de mon bébé. Il venait de manger, il allait probablement baver un peu. Rien de très grave, mais autant qu’il soit équipé pour lui essuyer la bouche. « Et maintenant, réfléchissons. » je reprenais, dos tourné, les mains sur les hanches, mon regard balayant la pièce. « Si j’étais Renji, où je cacherais le matériel photo d’une nana casse-couilles ? » Le placard désigné par Lenzo n’avait pas été le bon. Il en restait pas mal d’autres, mais je préférais réfléchir avant et limiter les essais, histoire de pas tomber sur une nouvelle collection de culottes, ou pire encore. Genre l’intégrale de Joe Dassin.



with: Lenzo | date: 17/02/15
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MessageSujet: Re: the girl next door Ϟ astaria Sam 21 Fév - 1:42



❝the girl next door❞
astaria & lenzo
Ma remarque parut clairement la déconcerter. Je ne disais pas qu’elle devait me revoir pour une quelconque raison, mais si l’idée lui passait par la tête, ça ne me dérangerait pas. Sans arrière pensée bien entendu, elle était cool, et je l’appréciais. « Je doute que ton frère apprécierait que je passe te voir sans l’honorer de ma présence, également. Son égo n’y survivrait pas. » Je riais quelque peu en hochant la tête. Elle avait raison. « Tu le connais bien, dis-donc. En tout cas, si tu passes le voir un de ces jours, n’oublie pas de me faire un petit coucou. » De toute façon, j’irai définitivement à son vernissage. Je comptais bien voir ses oeuvres et le travail effectué. Et puis, elle ne m’avait pas invité pour rien, je lui ferai l’honneur de ma présence. Plus que deux jours et je verrai ce qu’elle avait fait du club de mon frère. J’avais hâte, et c’était peu dire.

Je lui parlais ensuite de Greer, et de comment on pouvait rompre sans rompre, concept qu’elle avait apparemment du mal à comprendre. Bien que je ne lui en voulais pas sur ce point, puisqu’il me semblait que moi-même j’étais quelque peu confus en ce qui concernait cette situation. Elle m’offrait un discours assez pessimiste sur l’amour, mais je ne pouvais lui en vouloir — moi-même je commençais à avoir du mal à y croire. J’avais bientôt vingt-sept ans, et j’étais toujours là à attendre. Plus passif, tu meurs. Et j’en venais à penser que je devrais peut-être aller de l’avant. Qu’après dix ans à attendre comme un con, à me poser trop de questions et à jouer le bon samaritain, il fallait peut-être que je me laisse aller un peu plus. Évidemment, ce ne serait pas Renji qui dirait le contraire. Ni Astaria, d’ailleurs, à mon avis. Ni Liam. Ni personne, en fin de compte. Merde. « Et si elle a pas envie de te voir ? Et si elle a un mec ? T’es sûr d’être capable d’encaisser ça ? » J’haussais les épaules. Je me torturais bien trop l’esprit depuis des années, et ces questions m’avaient évidemment traversé la tête. Sauf que je restais un mec lucide — et pessimiste sur les bords, je l’avoue — et je m’étais fait à l’idée qu’elle devait sûrement avoir quelqu’un. Après tout ce temps, avec sa renommée grandissante, elle devait avoir des tas de prétendants digne de ce nom — ou pas d’ailleurs — et ça m’étonnerait franchement si on me disait qu’elle était célibataire. Asta affirmait ensuite que je valais mieux que ça, et ma réponse était peut-être trop dure mais c’était vrai : elle avançait ça sans réellement me connaître. Ce n’était pas méchant, pas du tout ; juste que elle me paraissait bien trop gentille, et m’estimait plus que nécessaire à mes yeux. Pas de fleurs, ni de chocolats, ni de calèche. Chose que je n’avais pas, en y pensant. Je verrai bien ce que ça donnerait. « Tu me demandes mon avis, je te le donne. S’il ne te convient pas, j’y peux pas grand chose. Et pour ce qui est de te connaître, ok la calèche c’était un peu exagéré, mais les fleurs, je suis certaine que tu y as pensé. Parce que tu es ce genre de mec vraiment bien qui est prêt à décrocher la lune lorsqu’il aime. C’est pas un défaut, mais pense à te protéger un peu. Les filles biens, ça court plus vraiment les rues. » Je relevais les yeux vers elle. « Tu m’estimes probablement trop, tu le sais ça? D’abord, je ne me suis jamais plaint de ton avis. Je te l’ai déjà dit, je t’en suis vraiment reconnaissant, et je garde tes conseils en tête, à la même échelle que ta vision incroyable de l’amour. » me moquais-je quelque peu, mais ça restait gentillet. « T’es une fille bien. Je sais que tu penses pas ça de toi, mais tu l’es. Certes, t’as ton côté bad girl et t’appelles ton bébé Satan ou le monstre, mais heureusement, sinon tu serais comme toutes les autres et tu te serais faite berner en beauté par mon frangin. » Elle était intelligente, et lucide. Et tant mieux pour elle.

Du coup, je mettais fin à la conversation sur ma vie sentimentale — tout en me promettant d’y réfléchir sérieusement, en prenant les mots d’Astaria en considération — et lui demandais si elle comptait oui ou non m’apprendre à bercer un nourrisson. Elle avait développé ma curiosité et ma soif d’apprentissage, et voilà qu’elle me faisait patienter avec pour simple motif d’être en admiration devant un ourlement de lèvre de son petit Louis. « Un peu de respect, oh ! » me réprimanda-t-elle quand je lâchais le mot « gosse ». « Pardon m’dame. » lâchais-je d’un air faussement fautif. « Tiens, viens, assis-toi. » Je pris sa place dans le fauteuil de bureau. « Déjà, on dit assieds-toi. » L’Australien qui corrigeait la petite Française, c’était la cerise sur le gâteau. « T’es confortable ? » Euh… « Oui, je suppose? » Ça dépendait de quel degré de confort on parlait. Parce que j’étais quand même tendu à l’idée d’avoir un bébé pour la première fois dans mes bras. Elle me le tendait, d’ailleurs, et wow, on va se calmer là, on y va doucement hein ! « Mets tes bras en panier, voilà, comme ça. » Je lui obéissais docilement, suivant ses instructions à la lettre. Si ça pouvait éviter que le fruit de ses entrailles tombe par terre, je m’en réjouissais. « Voilà, garde bien ton bras comme ça, pour lui soutenir la tête, et... Parfait. Tu vois, c’est pas si compliqué ? » Et sans que je pus y dire quoi que ce soit, je me retrouvais avec le petit Louis au creux des bras. Tout léger, tout mini, et surtout tout fragile. Du moins, c’est l’impression qu’il me donnait. Elle me regardait, l’air amusé. « Détends-toi, c’est pas si fragile que ça, un bébé, tu vas pas le casser juste si tu t’autorises à respirer. Tiens, tu auras besoin de ça. » Elle me posait un tissu blanc sur l’épaule, et je lui lançais un regard faussement noir. « Te fiches pas de moi, l’européenne. » Je fis un peu rouler la chaise de bureau sur laquelle j’étais, levant mes jambes pour poser mes pieds sur le plateau du bureau. Oui, au moins, si le petit être fragile que je tenais contre moi venait à tomber, il tomberait sur mes cuisses et pas terre. C’était quand même mieux non? Aucune idée de pourquoi j’avais aussi peur qu’il rencontre le sol. Et si ça venait d’un traumatisme du passé? Non, ma mère ne m’aurait jamais laissé tomber quand même. Mon père peut-être, il a toujours été gauche avec les gosses. « Et maintenant, réfléchissons. » Réfléchir? À quoi? Moi, je me surprenais à être en admiration devant son fils. Il était franchement beau quand même. Je ne lui avais pas menti plus tôt. Je me servais du bout de tissu quand j’en avais besoin, le berçant quelque peu de gauche à droite. Si j’arrivais à faire en sorte qu’il s’endorme, je me considèrerais comme le roi du monde ce soir. Je ne remarquais d’ailleurs même pas qu’elle se retournait pour balayer la pièce du regard, mains sur les hanches, en mode ‘prête à la compétition’. « Si j’étais Renji, où je cacherais le matériel photo d’une nana casse-couilles ? » Je relevais finalement la tête, pour analyser des yeux le bureau durant quelques instants, avant de reporter toute mon attention sur son petit bout entre mes bras, bien calme à ma grande surprise. J’aurais parié qu’il aurait hurlé dès qu’il aurait quitté les bras chaleureux de sa mère. « Essaye la grande armoire. Si ça n’y ait pas, il y a le coffre là-bas. Sinon, il a plusieurs étagères. » L’avantage avec le bureau de mon frère, c’est qu’il y avait beaucoup de rangements, mais ils étaient tous grands et spacieux, ce qui fait que si on ouvrait les portes et qu’on balayait du regard l’intérieur, on voyait tout de suite si ce qu’on cherchait s’y trouvait ou non. « Regarde aussi une nouvelle fois à l’endroit où t’as déniché le bout de dentelle. C’est possible qu’il en garde d’autres, ou avec des dvd ou des magazines ou des photos… Enfin, des tas de trucs de ce genre. Ça pourrait bien être dans ce coin. Il aurait pu mettre ton matos au beau milieu de tout ces trucs pour te faire chier et t’exaspérer. » Du Renji tout craché. Je le voyais bien s’imaginer Astaria lever les yeux au ciel en pestant, et se mettre à rire dans sa barbe, fier de son coup de gamin. « Dis, tu me donnerais ton numéro aussi? » Non, définitivement aucune arrière pensée. Je vous le jure. Et maintenant que je me sentais plutôt à l’aise avec Louis dans les bras, et que je ne serais pas contre prolonger l’expérience… « Si t’as besoin d’un coup de main, ou d’une baby-sitter, t’auras plus que le droit de m’appeler. » ajoutais-je dans un sourire sincère, alors que je relevais les yeux vers elle. « Il me rend niais, ce petit. » Oui, au final, je comprenais ce qu’elle ressentait. Ce n’était même pas mon propre enfant, mais ça me donnait clairement l’envie de fonder une famille. Je pouvais me perdre à analyser ses moindres petits gestes, alors je n’imaginais pas ce que ça devait être, en tant que mère…

© Pando
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