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Solal & Astaria - Death and Birth

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MessageSujet: Solal & Astaria - Death and Birth Lun 19 Jan - 0:58




death and birth, fucking circle of life
« ... Pas un jour très faste, mais, disons qu’il ne va pas plus mal qu’hier ou avant-hier... » Hum... Pas très rassurant, mais je prenais quand même, et grimpant les marches tant bien que mal, m’accrochant à la rampe malgré le téléphone à mon oreille, et mon imposant paquet sous le bras, c’était ce même « Hum... » pas très convaincu que j’offrais à mon interlocuteur. « Et vous, comment ça va ? Et surtout toi ? C’est pour bientôt, non ? » Bientôt non, trop tôt oui. Enfin, d’un côté j’en pouvais plus de me trimballer ce surpoids constant et de me sentir ralentie pour toute chose, mais d’un autre, j’étais pas vraiment prête pour ce qui allait suivre. Et par ‘ce qui allait suivre’ je n’entendais pas l’éducation et la gestion d’un bébé, non, je n’évoquais rien d’autre que l’expulsion de ce dit bébé. « J’ai encore plusieurs semaines devant moi, et... Ça va. » A peu près. Il le savait, il s’en doutait, mon interlocuteur n’avait pas besoin que je lui rappelle ce que le 2 février signifiait pour moi, signifiait pour nous, pour nous tous. Cela faisait un an, jour pour jour, que notre mère, épouse, belle-soeur et tante, nous avait quitté. Voilà pourquoi, malgré mon envie de me terrer sous la couette et ne rien faire du tout, de toute la journée, j’avais tout de même profité d’un instant solitaire pour attraper le téléphone et m’amputer d’un rein afin d’appeler Paris. Je ne voulais pas que Solal se rende compte qu’à quel point je craignais que notre père fasse une connerie. Il était déjà suffisamment mal comme ça. Alors, j’avais contacté mon oncle, un oncle qui se voulait rassurant et qui n’avait pas quitté mon père de la journée. Ça, ça l’était, rassurant. « Quelques semaines ? Combien ? Je croyais que c’était prévu pour février ? » Rooooh, bah ça va, hein, j’allais pas perdre les eaux dans la première seconde de février. « Bah c’est long, février, hein. J’en suis qu’à 37 semaines, et j’peux aller jusqu’à 42 si je veux. » Et je comptais bien y aller, croyez-moi. « Le terme c’est pour quand ? »  « Le 13 février. Un vendredi, pour bien faire les choses. » Plus que onze jours. Onze tout petits jours avant de ME transformer en Bagdad. « Tu veux que je vienne ? » Whaaaaat ? « Pourquoi faire ? J’ai déjà Solal pour abréger mes souffrances. » je répondais en poussant la porte de la chambre de mon frère, tout en lui offrant un clin d’oeil. « Et puis si tout le monde déboule à New York pour moi, Paris sera désertée. Non, reste sur place, je te promets que ça va aller. Prends soin de papa, c’est tout ce que je demande. » « Et toi, prends soin de toi. » Conclue-t-il avant de raccrocher. J’en faisais de même, envoyant le portable valdinguer, tout en m’appuyant au chambranle de la porte, une petite seconde, le temps de laisser filer un spasme douloureux. J’avais de plus en plus souvent de ces petites choses fort sympathiques, me donnant un avant-goût de ce que serait l’accouchement. Et là, là en cet instant, je maudissais la connasse que j’avais été, six mois plus tôt, en annonçant « Je veux le garder, Lawrence. Je veux faire ça. Je peux faire ça. » Putain de conne ! Le seul avantage c’était que, une fois la douleur passée, j’avais immédiatement l’impression d’être sous LSD, avec cette envie de propager l’amour autour de moi. Et là, c’était Solal autour de moi. Un Solal que je retrouvais dans son lit, ce même lit que je n’avais presque pas quitté de la journée, et depuis lequel on faisait à peu près tout. On dormait -surtout moi-, on mangeait de la pizza -surtout moi-, commandait de la pizza aussi, d’ailleurs, regardait des films, et maintenant que j’arrivais avec un nouvel accessoire, on allait aussi contempler des photos. « Regarde ce que j’avais amené avec moi, en partant... » j’annonçais en lui tendant le gros album poussiéreux, avant de me charrier jusque dans les draps. Il allait bientôt falloir un Fenwick pour me monter jusqu’au lit. L’album, très gros, très vieillot, contenait une multitude d’images d’un autre temps, des images de jours heureux et lointains. Des images que j’avais tenu à emmener avec moi en quittant Paris, comme si, quelque part, je savais déjà que je ne partais pas que pour quinze jours. « Regarde comme elle était belle... » sur le cliché aux couleurs passées tirant sur le jaune orangé, une brune en robe à fleur souriait et rayonnait. Je lui ressemblais un peu, mais trop peu à mes yeux. J’aurais voulu être aussi belle qu’elle, et je n’étais qu’une version ratée d’elle-même. « T’as pas changé ! » je m’exclamais, brusquement, en tournant la page pour découvrir un Solal bébé et dodu, à oilpé dans une bassine d’eau. « Enfin, d’après tes différentes conquêtes, cette zone-là n’a pas changé. » et de mon index, j’encerclais le tout petit zizi coincé entre deux grosses cuisses. « Moi non plus, j’ai pas changé. » j’ajoutais, grimace à l’appui, en découvrant une mini-Astaria de 4 ou 5 ans, écraser la tête d’un Solal de 3 ou 4 ans, dans son gâteau d’anniversaire. J’avais l’air tellement fière de moi, en plus. Tellement fière, que l’Astaria de 25 ans que j’étais, laissa éclater un rire. Un rire qui se mua en gémissement plaintif tandis que je plaquais une main sur mon ventre et que mon nez allait s’écraser contre l’épaule de mon frère. « Ca va, ça va. » je le rassurais, une fois la douleur évanouie. « Ca doit être le stress, le doc m’avait prévenu. Little Satan kiffe pas trop cette journée, non plus. » Non, elle n’avait rien de drôle, cette journée. Mais demain ça irait mieux, il verrait. En attendant, je tournais une nouvelle page, pleurais un peu, riais beaucoup, et accusais un nouveau spasme. « Ca va, j’te dis ! » je m’agaçais après le troisième ou quatrième spasme, face au regard ridiculement inquiet du frangin. « Et désolée de t’avoir mordu. » Oui, elle avait fait un peu mal, celle-là, et j’avais planté mes dents dans le premier truc venu : son épaule. Ça va, il allait s’en remettre. « Chochotte. » Qu’il se tape mes douleurs à moi, qu’on se marre, tiens ! Parce qu’elles étaient de plus en plus vives, et surtout de plus en plus rapprochées. Ce qui m’embêtait un peu, d’ailleurs, puisque ça m’empêchait de profiter pleinement de l’album. D’ailleurs, nous n’en étions qu’au deux tiers, lorsqu’un nouveau spasme se pointa. Si intense, si long, que je sentis mon coeur s’accélérer et la panique me submerger. C’était pas normal, ça ne pouvait pas être juste le stress, c’était autre chose. Autre chose de bien moins anodin. Un truc grave. Les larmes aux yeux, la respiration coupée et l’impression de mourir, pliée en deux, j'agrippais le bras de mon frère et le broyais aussi fort que j’avais mal. « Hôpital. » j’expulsais tant bien que mal. « J’suis en train de perdre le bébé. » Oui, ça ne pouvait être que ça, c’était la seule explication à cette douleur, puisque l’autre, la logique et rationnelle, celle qui laissait entendre que j’étais sur le point d’accoucher, n’était absolument pas recevable. J’avais encore onze jours avant le terme. Onze jours, bordel !


with: Solal & Lawrence | date: 02/02/15
cassie at atf.


Dernière édition par Astaria S. de Salignac le Dim 15 Fév - 19:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Mer 21 Jan - 21:41

Death and birth, fucking circle of life
Astaria, Lawrence & Solal

Même s'il n'avait toujours pas trouvé de job, et qu'il n'était pas non plus question pour lui de reprendre ses études, Solal avait rarement connu une journée si peu productive depuis qu'il était arrivé à New-York. En effet, il avait passé le plus clair de son temps terré dans sa chambre, sous sa couette, en compagnie de sa sœur et des nombreuses pizzas qu'elle lui avait faites commander au cours de la journée. Cette attitude aurait pu être interprétée comme une extrême paresse et pourtant, pour une fois, le jeune homme avait une raison valable de trainer ainsi à l'appartement. En effet, cette journée du deux février marquait le triste anniversaire de la mort de sa mère… de leur mère. Il y a un an jour pour jour, et après de long mois de lutte contre la maladie, elle s'était éteinte en laissant un vide énorme au sein de la famille et en bouleversant à jamais la vie de ses deux enfants. Depuis ce jour, Astaria et Solal avaient en effet perdu une mère, mais aussi leur père qui n'était plus que l'ombre de lui-même depuis la disparition de sa femme. En entendant sa sœur demander à son interlocuteur téléphonique de prendre soin de leur père, Solal comprit d'ailleurs qu'elle était en ligne avec Paris, et se redressant par conséquent en demandant : « C'était qui ? Les cousins ? Papa va bien ? » s'enquit-il avec une pointe d'inquiétude dans la voix, lui qui culpabilisait toujours autant de l'avoir abandonné à Paris en partant, et ce même si leurs cousins et oncle étaient là pour s'occuper de lui. Mais avant même qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit, Astaria stoppa sa course contre la porte de la chambre, juste quelques secondes en affichant une mine qui fit froncer les sourcils de son frère. Cependant, il fut vite rassurer en la voyant reprendre son chemin pour le rejoindre sous la couette, armée de ce qui ressemblait à un énorme grimoire et qui s'avéra finalement être un album photo.

L'un des tous premiers clichés sur lequel ils tombèrent représentait leur mère, sublime dans une robe à fleur… Cliché devant lequel Solal resta admiratif quelques instants, jusqu'à ce que sa sœur décide de tourner la page en s'exclamant : « T’as pas changé ! » alors qu'elle tombait sur une photo de bébé Solal. Elle ne se priva d'ailleurs pas de se fendre d'un « Enfin, d’après tes différentes conquêtes, cette zone-là n’a pas changé. » en désignant l'entrejambe de son bébéfrère qui ne lui offrit qu'une vague grimace, avant d'étouffer un éclat de rire en voyant un cliché de sa sœur en train de lui enfoncer joyeusement la tête dans son gâteau d'anniversaire. « Comme tu dis… T'as VRAIMENT pas changé… » plaisanta-t-il avant que sa sœur ne vienne littéralement s'écraser contre son épaule tout en portant une de ses mains sur son ventre désormais plus qu'imposant. Mais, coupant court à toutes les questions qui brûlaient les lèvres de son frère, Astaria assura que tout cela était parfaitement normal et que le médecin l'avait même prévenue de ce genre d'évènements qui pouvait survenir en cas de stress. Mais après quelques pages supplémentaires de l'album photo la jeune femme se crispa de nouveau, plantant du même coup ses dents dans l'épaule de Solal qui sursauta en lui lançant un regard à la fois réprobateur et terriblement inquiet. « Aïe !! Mais qu'est-ce que tu fous ?! » brailla-t-il, alors que la jeune femme le remettait immédiatement à sa place d'un : « Ca va, j’te dis ! » un peu sec, avant de s'excuser et de le traiter de chochotte. En massant légèrement son épaule endolorie, Solal lança un dernier regard peu assuré vers sa sœur mais décida une nouvelle fois de laisser passer l'orage sans rien dire, ravalant son inquiétude. Au vu du caractère quelque peu irritable d'Astaria en ce jour si particulier, c'était de tout façon la meilleure chose qu'il avait à faire. Et alors qu'ils avançaient lentement mais surement à travers les pages de l'album, la scène se répéta, de manière bien plus violente cependant. Dès l'instant où Solal aperçut des larmes embuer les yeux de sa sœur, il comprit que cette fois, il n'était plus question de plaisanter. D'ailleurs, agrippée au bras de son frère, Astaria ne tarda pas à articuler tant bien que mal : « Hôpital. J’suis en train de perdre le bébé. » D'un bond, le jeune homme prit de panique se retrouva debout au pied du lit en balbutiant : « Qu…quoi ? Tu quoi ?! » Questions bêtes. Questions qui n'en étaient pas vraiment d'ailleurs, et auxquelles Solal n'attendait d'ailleurs pas spécialement de réponse. Tout à coup, tout se bousculait dans sa tête et pendant quelques secondes il resta d'ailleurs figé, le regard braqué sur Astaria comme s'il cherchait à imprimer ce qu'elle venait de lui annoncer. Elle était en train de perdre le bébé. De… perdre le bébé ? Est-ce que c'était possible ? Si proche du terme ? A vrai dire, Solal ne connaissait absolument rien à ce genre de choses… mais l'heure n'était plus à la réflexion. Il fallait qu'il s'occupe de sa sœur de toute urgence et plongea d'ailleurs vers elle pour passer son bras autour d'elle et l'aider à s'extirper du lit. « Viens… On y va, ça va aller. » se risqua-t-il à annoncer même s'il était tout bonnement mort de trouille, et à peu près certain que cela déclencherait un ouragan du côté de sa sœur. En arrivant à hauteur de l'ascenseur qui reliait les deux étages de leur appartement, Solal tapa frénétiquement sur le bouton d'appel sans cesser de soutenir Astaria. « Où sont les clés de voiture ? Tu as préparé quelque chose, tu… on doit prendre quoi ? T'as un sac ? Des affaires ?! » questionna-t-il en accéléré, le souffle coupé par le stress. Puis, réalisant qu'ils rejouaient sans le vouloir une scène qu'il avait vu maintes et maintes fois dans les films, Solal releva un regard empli d'interrogations vers sa sœur en soufflant : « Asta… T'es… t'es en train d'accoucher ? » Le mois de février était bel et bien là, la date de l'accouchement annoncée par les médecins n'était plus si loin que ça… Alors même si Astaria avait tout d'abord cru qu'elle était en train de perdre le bébé, peut-être que tout cela était finalement on ne peut plus normal, et que Little Satan avait simplement décidé d'arriver un peu en avance.
Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Jeu 22 Jan - 1:14



death and birth, fucking circle of life
Ça faisait un moment que ces douleurs allaient et venaient, sans raison. Enfin, la raison, je l’avais trouvé toute seule : le stress. C’était évident que cette journée ne serait pas sans effet sur mon moral et tout le reste. J’étais triste, fatiguée, par moment très déprimée. Ça allait, ça venait, comme les douleurs. Il y avait forcément un lien, non ? Au début, ça n’avait été qu’une forte chaleur dans le bas ventre, comme la contraction d’un muscle, une crampe violente et fugace. J’avais à peine le temps d’avoir mal que déjà, la douleur s’envolait et j’oubliais. Et puis ça s’était fait plus long, plus lent, plus profond, me permettant d’admirer toutes les nuances de souffrance. Plus ça durait et plus je parvenais à déterminer la provenance. Le ventre. Le bas ventre qui, chez moi, s’avérait plutôt étendu. Des crampes qui trouvaient un écho jusque dans mon dos, entre mes reins, tirant, coinçant, tordant. Ça durait quelques secondes, puis ça s’en allait. Et chaque fois, l’absence de souffrance se traduisait par un bien-être qui me faisait tout oublier, même la panique m’attrapant à chaque fois. J’oubliais même que je m’étais inquiétée. De toute manière, ce n’était que la réponse de mon corps à toute cette tristesse que je lui envoyais en pleine tronche. Pourtant, je n’avais pas forcé, j’avais passé la journée au pieu, et mon seul effort physique se résumait a avoir utilisé les escaliers pour rejoindre la chambre de mon frère, avec un album photo sous le bras. C’était pas un triathlon non plus. Alors, pourquoi je morflais de la sorte ? Ça ne pouvait pas être que le stress, le stress ne provoquait pas ce genre de douleur déchirante. C’est ce que je sortais à Solal, pour ne pas l’inquiéter, mais c’était forcément plus que ça. Alors, lorsqu’une nouvelle douleur vint se nicher juste là, au plus profond de mes entrailles, me déchirant l’abdomen comme si mes ovaires étaient en train d’imploser à l’intérieur, je laissais tomber le masque de WonderWoman, laissait la panique m’enivrer, et articulais péniblement un ‘hôpital’ qui annonçait la couleur. J’étais en train de perdre le bébé, c’était la seule explication à cette souffrance abominable et abdominale. « Qu…quoi ? Tu quoi ?! » J’allais pas répéter, il avait parfaitement entendu la première fois, et je n’avais plus la force de rien, outre contracter mes muscles de manière automatique, et tenter la position foetale, pourtant impossible dans mon état. Alors je me contentais de m’affaler sur mon flanc, priant, suppliant mentalement pour que ça cesse ! Pourquoi ça partait pas ? Les autres fois, ça s’était arrêté vite. Et là... Là, ça faisait au moins un siècle. En réalité, ça ne faisait même pas une minute, mais la douleur était telle qu’elle faisait passer les secondes pour des heures. Mais lorsque Solal vint me chercher pour me soulever et m’entrainer avec lui, elle se résorbait péniblement. « Viens… On y va, ça va aller. » J’aurais voulu le frapper tant ce qu’il racontait était débile mais, pareil, je n’avais plus la force. Alors, je m’agrippais à lui comme si ma vie en dépendait, ou plutôt celle du bébé, les jambes coupées, les membres affaiblis. Un pas après l’autre, j’avais conscience de nous ralentir, mais je ne pouvais pas faire mieux. « Où sont les clés de voiture ? Tu as préparé quelque chose, tu… on doit prendre quoi ? T'as un sac ? Des affaires ?! » Un sac ? Des affaires ? Pourquoi faire ? C’est pas comme si j’étais sur le point d’accoucher ! Il était complètement débile ou quoi ? À moins que... Non, non, non, non, absolument pas ! Et non, ne me regarde pas comme ça ! Non ! « Asta… T'es… » « Non ! Sol’, non, je t’interdis de... » « ... t'es en train d'accoucher ? » Et merde ! Comme si ce qu’il venait d’avancer pouvait devenir réalité juste après avoir été prononcé, je plaquais mes deux mains sur mon ventre, bouchant, hypothétiquement, les oreilles d’un foetus qui ne pouvait pas avoir l’indécence de vouloir sortir aujourd’hui. « Dis pas des trucs comme ça ! » j’ordonnais, en pénétrant dans l’ascenseur, savourant le sursit offert par la douleur. Elle était partie. Je savais que ce n’était que temporaire, mais pour l’instant, elle n’était plus là, et c’était un peu la fête quand même. A un point tel que, si mon frère n’avait pas été aussi borné et alarmiste, j’aurais renoncé à l’idée d’un détour par l’hôpital. Je le connaissais suffisamment bien pour savoir qu’il m’y trainerait par les cheveux, s’il le fallait. « J’ai juste mal au ventre, j’suis pas en train d’accou... accou... acc... Tu vois ? J’arrive même pas à le dire ! » Ouai, genre c’est une preuve ! « Et puis ça va mieux, regarde ! » je tentais en arrivant à l’étage inférieur, ondulant mollement comme une obèse sur une piste de danse. Ok, c’était pas super gracieux et aérien, mais au moins, je bougeais. Enfin, jusqu’à une nouvelle douleur qui m’obligea à m’appuyer contre le mur. Un court instant, cette fois, mais suffisamment pour décrédibiliser mon discours sur le ‘je vais bien’. « Prends mon sac. » j’ordonnais en désignant mon sac à main à côté du gros sac préparé par les soins de Lawrence il y avait plus de trois mois et dont la simple vue me provoquait de l’urticaire. On aurait pas besoin du gros sac, mais de ma besace, si. Il y avait tout dedans, les clés de voiture, mes papiers, et tout l’historique de mon suivi médical et obstétrique. Entre l’appartement et la voiture, j’accusais deux autres crises, toujours moins douloureuse que celle de la chambre, comme si celle-ci avait servit d’avertisseur, une forme d’alarme pour que je me bouge le cul. Dans l’habitacle, j’observais New York défiler, l’Upper East Side aux façades bien alignées, grimaçant à chaque nid de poule que Solal n’était parvenu à éviter. « T’es au courant que t’as pas le droit de conduire aux USA ? » je réalisais, soudain, sans m’alarmer pour autant, et tournais un regard fatigué dans sa direction. « Si on se fait choper par les flics, tu veux que je fasse comme dans ‘Intouchables’ ? Je bave et je simule une crise ? » Ouai, ou simplement on dit la vérité, que je suis sur le point d’accoucher. Pourquoi je ne parvenais à me faire à cette idée ? On n’était pas le bon jour, c’était pas le bon jour. C’était pas un jour de naissance, c’était un jour de mort. « Dépêche-toi, j’ai envie de faire pipi. » je râlais mollement en retournant à ma contemplation des façades. Il nous fallu un bon quart d’heure et deux autres crises avant d’atteindre la devanture du presbyterian où il voulu s’arrêter pour qu’on sorte. « Et après quoi ? Tu tends la clé à un infirmier-voiturier ? Trouve une place de parking, et détend-toi, un peu. Tout va bien, j’suis sûre que c’est rien, finalement, et que dans une demi-heure on est sortis. » Une demi-heure, c’est le temps qu’il nous fallu pour rejoindre l’entrée, tant j’étais lente. « Tu te rappelles de Parker Lewis ne perd jamais ? La série. Y avait un géant dedans, Koubiak, je crois. À chaque fois qu’il marchait, ça faisait boom, boom, boom, boom, et les murs tremblaient. Je me fais sensiblement le même effet, là. » J’annonçais en bruitant le même ‘boom, boom, boom’ à chacun de mes pas. J’avais toujours mal, mais c’était supportable, et puis... Plus nous approchions, et plus je ressentais le besoin de tout minimiser. La douleur s’était transformée, elle était là en permanence, désormais, mais tolérable. Rien de violent. « Astaria de Salignac. » j’annonçais à la réception des urgences obstétrique. « C’est le Docteur Whistone qui me suit. » La blouse rose tapa rapidement sur son clavier, avant de relever le nez dans notre direction. « Hum... Je vois qu’on est proche du terme, c’est bien. » Ha ouai, en quoi, blondie ? « De combien sont espacées les contractions ? » Oula, oula, tout doux, Barbie. « Les quoi ? Non, non, non, je crois que vous ne comprenez pas, j’ai juste mal au ventre, je ne suis pas en train d’aaa... d’acc... d’aaaa... Bordel, fini pour moi, Solal ! » Accoucher ! Bon sang, c’était pourtant pas dur à dire ! « Je vois... » grimaça-t-elle en faisant cliqueter son stylo, tout en m’observant de pied en cap, comme si elle voyait vraiment. Mais voir quoi ? Elle fit signe à quelqu’un dans mon dos, et brusquement, je me retrouvais enfoncée dans un fauteuil roulant. « C’est ridicule ! Je peux marcher ! J’ai même plus maaaaaaââl... » Répartie qui aurait été plus crédible si une crampe abominable n’avait pas ponctué mes propos. « Je répète ma question : de combien sont espacées les douleurs ? » demanda-t-elle, cette fois, à Solal. « Parce que, voyez-vous, que vous le vouliez ou non, vous allez être papa ce soir. » « Tonton. » je rectifiais en la fusillant du regard, cette idiote, aussi longtemps que je le pouvais, à savoir pas très longtemps, puisqu’un crétin poussait mon fauteuil dans la direction opposée. « Il n’y aura pas de naissance ce soir. » je menaçais, d’ailleurs, l’infirmier dans mon dos, tandis qu’il me conduisait dans une chambre aseptisée que je détestais déjà. « Installez-vous, quelqu’un va venir vous ausculter. » C’est moi où il partait très vite ? Trop vite ? Au point de laisser le loisir à mon frère de me sortir de ce fauteuil pour m’accompagner jusqu’au lit. « Tu sais quoi ? J’comprends mieux Lawrence, maintenant. C’est vraiment réducteur, ce truc. » je lançais en m’appuyant contre le matelas cherchant à lever une fesse pour m’y installer, mais m’immobilisant à la dernière seconde, une grimace au visage, puis... Puis une expression de profonde surprise. Une surprise rapidement remplacée par de la peur, de la terreur même, et une forme de compréhension. D’acceptation. « Je viens de perdre les eaux. » je soufflais, le menton tremblotant, et les larmes grimpant à mes paupières. Ok, j’avais deux options, m'apitoyer sur mon sort, laisser les choses suivre leur cours et le regretter toute ma vie, ou bien... Prendre les choses en main. « Ok, ferme la porte, barricade-la avec la chaise contre la poignée, et ne laisse rentrer aucune blouse blanche, rose, bleue, verte, j’m’en fous, aucune blouse avant minuit ! J’vais retenir ce truc. » je crachais mes ordres comme papa avait l’habitude de le faire, façon flic. Des ordres qui n’empêchèrent pas une tête de passer la porte, tout sourire, en lançant un « Boooonsoir ! » trop chantant. « Prends-la en otage ! Ça pourra servir ! » j’ajoutais, prise de court, dans l’urgence. La sage-femme, donc. « Et bloque cette foutue porte, bordel de meeeerde ! » Une pluie de jurons presque éteint, à mesure que je me repliais sur mon ventre, accusant une nouvelle douleur vive. Une contraction.


with: Solal & Lawrence | date: 02/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Lun 26 Jan - 22:03

Death and birth, fucking circle of life
Astaria, Lawrence & Solal

S'il s'était écouté, Solal aurait volontiers été en proie à une véritable crise de panique, et ce même si cette réaction ne faisait absolument pas partie de ses habitudes. Seulement voilà, pour une fois, il avait de bonnes raisons de se laisser submerger par ce sentiment de stress qu'il connaissait si mal. Sa sœur était probablement en train d'accoucher, même si elle ne voulait pas l'admettre, et il se retrouvait seul à bord pour gérer cette situation aussi inédite qu'inquiétante. Pourtant, et précisément parce qu'il s'agissait de sa sœur, Solal décida de prendre les choses en main et de masquer tant bien que mal l'angoisse qui l'habitait. Le jeune homme aida donc Astaria à se relever et à rallier l'ascenseur qui les conduirait jusqu'à l'étage inférieur. En chemin, il manqua plusieurs fois de se faire frapper par sa sœur mais n'échappa cependant pas à ses réprimandes. Elle ne voulait pas se faire une raison, elle ne voulait pas admettre qu'elle était vraisemblablement sur le point d'accoucher et face à tant d'entêtement, Solal ne put que se taire et s'exécuter lorsqu'elle lui demanda de prendre son sac à main. Son regard resta néanmoins attaché quelques instants à l'énorme de sac de voyage que Lawrence avait préparé des semaines plus tôt, mais pour ne pas froisser la susceptibilité déjà exacerbée de sa sœur, il tourna les talons en le laissant au milieu du couloir. Quelques instants plus tard, Solal se retrouva au volant de la voiture d'Astaria, à tenter de se retrouver comme il le pouvait au milieu de ces rues qui se ressemblaient toutes selon lui. Ce ne fut qu'après quelques minutes de trajets que la jeune femme observa : « T’es au courant que t’as pas le droit de conduire aux USA ? » Comme si cette information ne lui faisait ni chaud ni froid, le jeune homme garda son regard rivé sur la route en se contentant d'un « M'en fous.» Et alors qu'Astaria évoquait l'éventualité d'un arrestation et d'une scène digne du film Intouchables, son frère lui répondit d'un air un peu absent : « Ouais voilà fais ça. Enfin… non, pas la peine. Je m'arrêterai pas avant d'arriver à l'hôpital. »

Et en effet, le jeune français s'exécuta même s'il n'eut, par chance, pas besoin de se lancer dans une course poursuite avec les autorités New-yorkaises derrière lui. « Et après quoi ? Tu tends la clé à un infirmier-voiturier ? Trouve une place de parking, et détend-toi, un peu. Tout va bien, j’suis sûre que c’est rien, finalement, et que dans une demi-heure on est sortis. » lança Astaria lorsque le jeune homme immobilisa la voiture devant l'entrée de l'hôpital. Suivant docilement les instructions de sa sœur, en lâchant un soupir pour tenter de se détendre comme elle le lui demandait. La traversée du parking fut un peu laborieuse et, son superbe sac à main pendu autour du bras, Solal dut soutenir sa sœur pour l'aider à accéder à l'accueil de l'établissement. Fort heureusement pour lui, Astaria parvint à lui redonner le sourire en évoquant sa ressemblance frappante avec  Kubiak, ce qui ne manqua pas de le faire rire en notant : « T'es bête ! ». Mais alors que la jeune femme se présenta à la réceptionniste des urgences, son ton et son attitude changèrent du tout au tout. La malheureuse osa sous-entendre elle aussi qu'Astaria n'allait pas tarder à accoucher, et déclencha par conséquent une tempête quel seule une énième contraction fit cesser. « Je répète ma question : de combien sont espacées les douleurs ? Parce que, voyez-vous, que vous le vouliez ou non, vous allez être papa ce soir. » reprit alors la réceptionniste en s'adressant directement à un Solal pour le moins désarçonné, qui écarquilla les yeux en balbutiant alors que sa sœur s'indignait : « Euuuuuuuh…  » « Tonton. » « Oui voilà ! » Mais le futur tonton en question n'eut pas le temps d'en dire plus que déjà, un infirmier emportait sa sœur sur un fauteuil roulant. Cette dernière ne manqua pas de lui faire connaître son point de vue mais rien n'y fit, et la petite troupe se retrouva rapidement dans une chambre des plus lugubres. Alors que l'infirmier filait déjà, Solal s'approcha pour aider sa sœur à se relever et à atteindre son lit. Mais alors qu'elle s'apprêtait à s'installer, Astaria stoppa tout mouvement en affichant une expression qui n'augura rien de bon pour son frère… et pour cause. « Je viens de perdre les eaux. » lâcha la jeune femme, les larmes aux yeux, laissant un Solal incertain hésiter entre le fait de courir la consoler et celui de lui laisser tranquillement le temps d'assimiler l'idée qu'elle allait bel et bien accoucher. Mais sa sœur trancha plus vite que lui, en lui ordonnant de bloquer la porte et d'empêcher quiconque de pénétrer dans la chambre, en prétextant qu'elle était capable de retenir Little Satan encore plusieurs heures. « Non Asta ! Attends, je… » Le jeune homme n'eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà, la porte de la chambre s'entrouvrait sur une nouvelle infirmière tout sourire, celle-là même qui était censée ausculter sa sœur. Mais bien évidemment, Astaria ne l'entendit pas de cette oreille et recommença à brailler « Et bloque cette foutue porte, bordel de meeeerde ! »  avant de se plier en deux, face à ce qui semblait être une nouvelle contraction. Solal profita de cette occasion pour revenir à hauteur de sa sœur et l'aider à s'installer une bonne fois pour toute sur le lit en attendant que sa douleur passe. Ce faisant, il tenta de la raisonner même s'il connaissait son caractère par cœur, ce qui lui permettait de douter de son propre pouvoir de persuasion. « Laisse-toi faire, elle vient juste t'ausculter, comme l'infirmier l'a dit… Fais-leur confiance, ils savent ce qu'ils font. Ca va aller. » déblatéra-t-il en lançant de temps à autres un regard gêné en direction de la sage-femme qui semblait pour le moins perplexe devant cette scène un peu inhabituelle. Bien sûr, rien ne se passait comme prévu et cette journée qui aurait du être dédiée au souvenir de leur mère prenait tout à coup une toute autre tournure. Mais Astaria ne pouvait aller à l'encontre de ce que Little Satan semblait avoir décidé, et cette évidence s'annonçait quelque peu compliquée à lui faire entendre. Mais Solal se prit à avoir une confiance aveugle en cette sage-femme qui de toute évidence, devait connaître son métier et saurait trouver les mots pour calmer sa sœur, et enfin lui faire entendre raison.  
Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Mar 27 Jan - 1:08



death and birth, fucking circle of life
Ça passe vite, neuf mois. Surtout lorsqu’il n’y en a que huit, et que les deux premiers n’étaient que déni. Voir les trois premiers mois. En gros, je n’avais eu que cinq mois pour me faire à l’idée, et trois pour réaliser. C’est court, trois mois. Beaucoup trop court ! L’injustice était évidente, je demandais donc le remboursement, ou, dans le pire des cas, un délais. C’était trop demander, un délais ? J’avais droit à 42 semaines ! Je réclamais ces 42 semaines ! Pas 37 ! Pas 38 ! Pas même 40 ! Je voulais les 42 complètes, à la minutes près, à savoir... J’en savais rien, j’avais pas vraiment pris le temps de consulter ma montre, ce soir-là, dans cet ascenseur. D’ailleurs, plus jamais de ma vie je prends un ascenseur ! Trop dangereux ! Il faudrait coller des étiquettes de mise en garde sur les portes ! Comme dans le métro parisien, sauf qu’à la place du lapin qui hurle, on aurait deux lapins qui baisent et la mention « attention, ne met pas tes mains dans la culotte, sinon tu risques de te faire écarteler très très fort... dans 9 mois. ». C’était irresponsable de ne pas le faire ! Est-ce que je pouvais porter plainte contre Saks pour ça ? Quitte à subir les conséquences de leur négligence à vie, autant qu’ils casquent avec moi. Une pensée qui m'effleura l’esprit alors que je passais d’une humiliation à une autre. Première humiliation : le fauteuil roulant. Deuxième humiliation : mouiller son pantalon. Pas du fait d’une incontinence quelconque, j’aurais préféré, mais bel et bien parce que je venais de perdre les eaux. J’pouvais plus me voiler la face, m’imaginer une crise d’aérophagie ou juste du stress dû à la date du jour. Non, j’étais sur le point d’accoucher, alors que j’avais le sentiment de n’être enceinte que depuis deux semaines. J’étais pas prête pour ça. Surtout pas aujourd’hui. Pas aujourd’hui !! Alors je paniquais, évidemment ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je m’échouais sur le lit et serrais les cuisses comme si ça pouvait changer quoique ce soit. Peut-être que s’il trouvait porte close, Little Satan remonterait là-dedans ? Il s’accrocherait au placenta façon escaladeur alpin, et zouuu, retour à l’utérus ! Bon plan ? Excellent plan ! Tout ce qu’il nous restait à faire, c’était de barricader la porte et attendre le changement de jour. Voilà, suffisait d’attendre qu’on soit le trois février, et alors, je pourrais bien pousser à m’en arracher un rein, tout irait bien, on aurait une date de naissance correcte. Sauf que pour ça, il fallait que mon crétin de frère arrête de transformer ma barricade imaginaire et passoire ! C’était qui, encore, celle-là ? Il allait la fermer cette foutue porte, ou bien on attendait Godot ? Une nouvelle contraction m’empêcha de l’insulter plus copieusement, mais mentalement, il s’en prenait plein la gueule. « Laisse-toi faire, elle vient juste t'ausculter, comme l'infirmier l'a dit… Fais-leur confiance, ils savent ce qu'ils font. Ca va aller. » tenta-t-il, le fou, en relevant mes jambes pour les placer sur le matelas. « Ils savent ?! D’où ils savent ? Depuis quand ils savent ? » je gémissais en me remettant à peine de ma crampe. « Depuis dix-sept ans, pour ma part. » rétorqua la blonde en cherchant à me déboutonner le jean alors que je lui tapais sur les mains. « Ils peuvent pas savoir, ils peuvent pas comprendre ! Eux, tout ce qu’ils voient, c’est les contractions. Ils réfléchissent pas plus loin,  alors que, toi et moi, on sait que ça peut pas aller plus loin, justement ! » j’enchainais, totalement paniquée, en ignorant la blonde qui se plaignait de mon choix de vêtements. Quoi ? Il aurait fallu, en plus, que je porte une de ces tentes Quechua spéciales femme enceinte au bord de l’implosion ? Un vieux jean de mon frangin boutonné sous le bidon faisait parfaitement l’affaire. « Je peux pas accoucher maintenant, Sol ! Tu le sais que je peux pas accoucher maintenant... Les laisse pas faire, j’t’en supplie. » cette fois, la panique avait cédé la place à la détresse. Une profonde, réelle, et abyssale détresse. « Vous n’aimez pas le deux février ? Pourtant c’est une date facile a retenir, le deux-zéro deux. » chantonna l’autre conne en faisant glisser le jean le long de mes jambes, que je ne voyais plus. « Fais-la taire ! » je grognais en attrapant mon frère par le col de son pull afin de propulser son nez contre le mien. « Fais-la taire avant que je tente le catch sur elle, et coince sa trachée entre mes deux cuisses. » Menace sourde et regard dément, j’allais mettre mon plan à exécution si elle fermait pas sa mouille dans les deux secondes. « Quoi ? J’ai dit quelque chose qui fallait pas ? » Elle s’étonnait, en plus ? « Oh putain, j’vais la kicker ! J’vais lui kicker sa face ! » je promettais en cherchant à l’attraper à la gorge. En vain. J’avais beau étendre mes bras, griffer l’air avec mes doigts, et donner l’impulsion à ma tête et mon cou pour me redresser, mon dos ne décollait jamais du matelas. En même temps, je m’attendais à quoi ? Je sollicitais des abdos qui se trouvaient noyés sous trente-trois tonnes de liquide amniotique. Du coup, je me contentais de mordre dans le vent, dès qu’elle s’approchait de moi pour m’obliger à enfiler cette blouse immonde, un bras après l’autre. « Bonjour, bonjour ! » Putain de bordel de merde, mais... « La porte, Solal ! La porte ! T’as une mission, une seule, tenir cette foutue porte, et c’est pire que la frontière mexicaine ! » je gémissais en pinçant les lèvres pour ne rien laisser voir de cette nouvelle contraction me déchirant le bide. « Je vois qu’on est de fort bonne humeur, ce soir, Astaria. » continua le nouveau venu arrivant dans mon champ de vision en faisant claquer ses gants. « Hoooo, Doc ! » Soulagement ! Il était cool, lui ! « Vous tombez bien ! J’ai changé d’avis, en fait. J’ai bien réfléchi, tout ça, tout ça, et j’vais prendre l’option arrêt volontaire de grossesse. Merci. » je soupirais, épuisée. Déjà. Le rire du médecin beau-gosse prouva qu’il ne me prenait pas au sérieux. Pourtant, j’étais sérieuse, là, maintenant, tout de suite. « Ne vous inquiétez pas, je la pratique depuis suffisamment longtemps pour ne plus m’offusquer de ses égarements. » Il parlait à qui, là ? Ha, à mon frère. « Vous devez être le père ? » Le père ? Il était pas un peu jeune pour être mon père ? À moins que... « Sans déconner, vous voyez pas la ressemblance, là ? C’est mon frère. Qu’est-ce qu’ils ont tous à te prendre pour le géniteur ? C’est... Beurk ! » Et je réprimais à peine un frisson, alors que Monsieur Docteur Beau-Gosse s’installait entre mes cuisses. Mais pas comme je l’aurais voulu, en fait. « Astariaaa... » gronda le doc depuis le bout du lit où il se trouvait. « Astaria, desserrez-les cuisses, s’il vous plait. Je dois vous ausculter. » « Non ! » « Ne faites pas l’enfant, voyons ! Vous n’avez rien à craindre, je serais très doux. » « Non, non, non, non, non, nooo... » « Ast... » « ...oooooon puissance infinie ! Booom ! Tu peux pas test’, Doc ! » « Tant que je ne peux pas calculer la dilatation du col, vous ne pourrez pas recevoir votre péridurale. » « Rien à fouuuuutre, lalalala ! Quelle heure il est ? » Cette question s’adressait à mon frère, mais ce fut Blondie qui se décida à me répondre. « 17h49. » Elle avait l’air inquiet, non ? « Ok, revenez dans six heures, donc. » Six heures. Six heures. Six heures. Je devais tenir six heures. Je pouvais tenir six heures. Je pouvais tenir six heures ? Une nouvelle contraction et je me recroquevillais sur mon ventre en grimaçant. La douleur était si forte, si intense, que j’en étais devenue sourde au reste. Les bruits, les voix, tout m’apparaissait comme estompé, très éloigné. J’entendais bien le Doc ordonner « Vite ! Vite ! Tenez-lui les jambes ! » mais il semblait à des kilomètres de là. C’était les jambes de qui qu’il fallait tenir ? Les miennes. C’est ce que je compris en retrouvant mes esprits, la douleur se résorbant, découvrant la sage femme écartant mes cuisses tandis que le Doc... Ha oui, d’accord, j’avais une parfaite idée de ce qu’il était en train de faire. Je le sentais bien, pas de problème. « Vous ne tiendrez pas six heures. » Conclue le doc en récupérant ses doigts. « Ce bébé veut sortir, et il veut sortir très vite. » Et alors ? J’étais supposée accepter ses caprices ? Non, j’avais un rôle d’éducatrice avant tout. « Pas grave, il va rapidement apprendre ce que ‘non’ veut dire. » j’affirmais en attrapant mon bas ventre comme pour faire barrage. « Préparez la péridurale, faut le faire rapidement avant qu’il ne soit trop tard. » Quoi ? Quoi ? Quoi ? Pourquoi il s’adressait à la sage femme comme si ce que je disais n’avait aucun sens ? Mon avis ne comptait pas, ou quoi ? « Vous ne comprenez pas, Doc ! Je suis très sérieuse, je n’accoucherais pas un deux février ! Je ne peux pas accoucher un deux février ! » et pour preuve, j’en avais les larmes aux yeux. À moins que ce soit la douleur ? Pourquoi était-ce si douloureux ? « Non, Astaria, vous ne voulez pas accoucher un deux février, mais vous pouvez le faire. Vous saisissez le nuance ? » Non, j’la saisissais pas, sa foutue nuance, parce que je ne voulais ni ne pouvais ! « Je reviens dès que la péridurale aura fait son effet, je vous laisse l’aider à se faire à cette idée. » Genre ! Genre il chargeait mon frère d’une mission ? « Non, mais hey ! C’est mon frère, pas le tien, là ! Il n’obéit qu’à mes ordres ! » Il était fou, lui ! « Attaque, Solal ! Attaque ! Chope le mollet ! » Bon, ok, ça n’avait pas de sens, mais... « J’veux pas, j’peux pas. » j’enchainais en attrapant sa main. « Fais quelque chose, j’t’en supplie, Sol’. Faut que tu fasses quelque chose. Je... Je peux vraiment pas... J’me le pardonnerais jamais. » je pleurnichais, à présent, mes yeux baignés de larmes plongés dans les siens. Il était le seul à pouvoir comprendre, le seul à pouvoir m’aider. J’étais rien du tout sans lui. Alors je m’en remettais totalement à lui, du moins jusqu’à ce que la sage-femme sorte de mon angle mort, alors que je suppliais encore « S’il te plait, Solal... Je... OH MON DIEU ! C’EST QUOI CE TRUC ?!?! » voilà, je venais de réagir à la taille de l’aiguille de la péridurale, me redressant brusquement, et reculant, reculant, jusqu’à ce que mon dos rencontre mon frère. Heureusement, d’ailleurs, sinon je serais tombée du lit. « Putain, mais c’est pas une aiguille, c’est une épée, c’truc ! Ne vous approchez pas de moi ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Chope-là à la gorge avant qu’elle ne me transperce ! » Parce qu’il n’y avait aucune chance que ce truc ne ressorte pas d’un côté en entrant par l’autre. J’étais pas physicienne, mais... Non, nop, noooo waaaay ! « Tout doux, tout doux ! Recule, d'Artagnan ! »



with: Solal & Lawrence | date: 02/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Dim 1 Fév - 21:20

Death and birth, fucking circle of life
Astaria, Lawrence & Solal

Plus le temps passait, et plus la panique envahissait le jeune homme même s'il ne voulait bien évidemment rien montrer de cet état d'esprit. Sa sœur paniquait déjà assez comme ça, pas la peine d'en rajouter une couche en lui communiquant ses propres appréhensions. Il n'y avait qu'à voir les yeux embués de larmes d'Astaria pour comprendre que la seule chose dont elle avait besoin venant de son frère, c'était un peu de soutien. Même si pour l'heure, elle passait son temps à lui balancer des remontrances et autres ordres auxquels il n'obéissait pas, Solal savait bien que son seul et unique devoir était de rester auprès d'elle pour l'épauler du mieux qu'il pouvait. L'épauler, mais pas la mettre en danger, pas aller à l'encontre de ce que les médecins préconisaient… ce qui mettait clairement sa sœur dans tous ses états. Mais la colère d'Astaria fit rapidement place à une sorte de détresse littéralement déchirante pour Solal. Bien sûr qu'il savait ce que ce jour signifiait pour eux deux, et bien sûr qu'il comprenait le fait que sa sœur ne veuille pas accoucher un deux février. Mais si Little Satan en avait décidé ainsi, le jeune homme ne voyait pas bien par quel moyen il pourrait y changer quelque chose. Et alors qu'il s'apprêtait à exposer ses arguments avec toutes les précautions du monde, la sage-femme le devança en parlant de choses dont elle ne savait absolument rien, et dont elle ne soupçonnait pas la portée sur Astaria et son frère. D'ailleurs, il la fusilla du regard jusqu'au moment où sa sœur agrippa son col pour venir coller leurs deux visages d'un air menaçant en crachant : « Fais-la taire avant que je tente le catch sur elle, et coince sa trachée entre mes deux cuisses. » Et une fois de plus, le jeune homme n'eut pas le loisir de s'exprimer avant la sage-femme, qui était indéniablement trop insistante et même insolente sans le savoir. Allait-elle finir par comprendre qu'elle devait se taire si elle ne voulait pas finir avec un œil au beurre noir ? Les menaces d'Astaria pouvait peut-être paraître dérisoires et ridicules mais Solal, lui, savait précisément de quoi elle était capable. Et alors qu'elle se débattait du mieux qu'elle le pouvait avec ladite sage-femme, ce dernier se prit à craindre pour la vie de cette inconsciente.

Fort heureusement, la porte s'ouvrit sur ce qui semblait être un médecin bien plus gradé que toutes les personnes que Solal avait pu croisé depuis leur arrivée à l'hôpital. Alors, même si cette arrivée lui valut une nouvelle salve de reproches, le jeune homme se rasséréna un peu. Il fut d'ailleurs d'autant plus rassuré ne constatant que le docteur connaissait déjà Astaria, et qu'elle-même semblait particulièrement soulagée de le voir débarquer. Alors qu'elle tentait de différer son accouchement comme on change de forfait de téléphone, le médecin lança un regard amusé vers Solal en lui confiant : « Ne vous inquiétez pas, je la pratique depuis suffisamment longtemps pour ne plus m’offusquer de ses égarements. » En l'entendant, le jeune français ne put s'empêcher de lui sourire en guise de réponse, tout en tournant légèrement la tête afin de ne pas s'attirer les foudres de sa sœur. Mais son sourire s'effaça bien vite, lorsque le docteur en question le soupçonna lui aussi d'être le père de Little Satan. C'était quoi leur problème dans cet hôpital ? Etaient-ils tous stupides au point de ne pas voir la ressemblance pourtant flagrante entre sa sœur et lui ? D'ordinaire, on les prenait plus volontiers pour des jumeaux, pas pour des amants ! Esquissant une grimace, le jeune homme ne put qu'approuver les plaintes d'Astaria en hochant la tête.

S'ensuivit alors un long bras de fer entre la jeune femme et son docteur, le pauvre homme tentant en vain de l'ausculter alors qu'Asta s'entêtait à ne rien écouter et à refuser absolument tout ce qu'on lui demandait de faire. Ce fut finalement une nouvelle contraction qui eut raison de toutes ses résistances et qui lui signifia que, non, elle ne pourrait pas attendre six heures de plus comme ça. Selon le médecin, Little Satan était même particulièrement pressé d'arriver, ce qui ne rassura pas forcément Solal… et encore moins Astaria dont les yeux s'emplirent une nouvelle fois de larmes. Mais le docteur n'en fit absolument pas cas, et quitta la chambre en sommant la sage-femme de préparer la péridurale et en laissant lâchement Solal se débrouiller avec sa sœur. Lui qui espérait que ce type ferait son boulot en rassurant Asta et en la convaincant qu'elle ne pouvait pas repousser son accouchement, se retrouva une nouvelle fois seul à bord, seul auprès de sa sœur qui lui ordonnait d'attaquer ledit docteur à la manière d'un chien. « Arrête Asta… calme-toi. » tenta alors le jeune homme, au moment même où l'état d'esprit de sa sœur sembla de nouveau glisser vers une profonde détresse. Astaria attrapa la main de son frère et tout en plongeant son regard dans le sien, reprit : « J’veux pas, j’peux pas. Fais quelque chose, j’t’en supplie, Sol’. Faut que tu fasses quelque chose. Je... Je peux vraiment pas... J’me le pardonnerais jamais. » Ses larmes, sa voix, la réalité de cette situation… tout cela fendait littéralement le cœur de Solal qui dut pourtant ravaler sa propre détresse en se penchant vers sa sœur pour répondre : « Ecoute-moi… » murmura-t-il, comme si le fait de parler à voix basse pouvait suffire à calmer sa sœur. « Je sais que cette date signifie tout autre chose pour nous mais… Asta, si ça doit arriver aujourd'hui, tu ne peux pas l'empêcher… » poursuivit-il en se baissant vers elle pour être à sa hauteur, et pouvoir poser sa main libre contre la joue d'Asta. « Et si c'était un signe de Maman ? T'y as pensé à ça ? Si elle voulait qu'on arrête de se morfondre en pensant à elle tous les deux février, et faire en sorte que cette date signifie autre chose justement ? Qu'elle ne soit pas QUE la mort de Maman, mais aussi quelque chose de plus gai ? » argumenta-t-il sans pouvoir totalement dissimuler cette boule qui s'était formée dans sa gorge et faisait dérailler sa voix. Lentement, ses doigts caressaient la tempe de sa sœur mais soudain, Astaria se redressa en braillant : « OH MON DIEU ! C’EST QUOI CE TRUC ?!?! » Sursautant sous le coup de la surprise, Solal se releva en posant ses yeux sur la sage-femme qui tenait entre ses mains… une véritable épée, comme le constata également sa sœur qui recula jusqu'à se retrouver plaquée à lui. Solal, quant à lui, resta bouche bée quelques instants, les yeux rivés sur cette aiguille impressionnante qui allait sans aucun doute transpercer sa sœur d'ici peu. D'ailleurs, d'un geste protecteur instinctif, le jeune homme referma ses bras autour d'Astaria comme pour empêcher la sage-femme de l'approcher… bien qu'il sache qu'elle ne lui voulait aucun mal. « Attendez, vous allez pas… Non, non, le docteur n'a pas du bien comprendre. On va prendre l'aiguille la plus petite, pas celle-là ! » tenta-t-il en s'adressant à la sage-femme qui, croyant probablement qu'il plaisantait, se contenta de lever les yeux au ciel en laissant échapper un éclat de rire. Alors c'était bien ça, la péridurale ? Solal en avait vaguement entendu parler, mais n'avait jamais imaginé que l'aiguille pouvait être si grosse. Serrant un peu plus sa sœur contre lui, il se pencha de nouveau pour pouvoir chuchoter tout près de son oreille : « Je… je crois que ça ira mieux après… Tu devrais… peut-être la laisser faire. C'est censé calmer la douleur non ? » Pour le coup, Solal avait laissé son costume de grand frère rassurant au placard mais tentait toujours, tant bien que mal, de deviner ce qui serait le mieux pour sa sœur.
Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Dim 1 Fév - 23:26



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« Ecoute-moi… » Non, je ne voulais rien entendre, essentiellement parce que cette phrase n’entrainait jamais rien de bon. On n’avait jamais entendu un mec dire « Ecoute-moi, je suis parfaitement d’accord avec toi, je tenais juste à te dire à quel point tu as raison. » Noooon ! Cette amorce était forcément suivie de ce putain de « mais » qui niquait tout ! Et je voulais l’entendre, ce « mais » ! « Je sais que cette date signifie tout autre chose pour nous mais… Asta, si ça doit arriver aujourd'hui, tu ne peux pas l'empêcher… » HAHA ! Qu’est-ce que j’avais dit ! Il était là, cet enculé de « mais » ! J’aurais du parier avec moi-même, tiens ! Ce mais à la con qui m’affirmait que même mon frère ne me soutenait plus. J’étais complètement, indéniablement seule face à l’adversité. J’étais Bruce Willis, bordel ! Et Will Smith, aussi... J’étais Bruce Willis Smith, et je devais sauver mon monde touuuuute seule, parce que les autres connards m’avaient touuuuuus abandonnés. Même mon frère. TRAITRE ! J’aurais voulu fuir ses mots, fuir sa voix, fuir son regard, mais rendons-nous à l’évidence, je pesais trente-trois tonnes, et ma seule option était de rouler vers la sortie. L’évasion du siècle ! Michael Scofield version obèse et non tatouée. Alors, je me contentais de fermer les yeux pour, au moins, ne pas le voir, à défaut de ne pas pouvoir l’entendre. « Et si c'était un signe de Maman ? T'y as pensé à ça ? Si elle voulait qu'on arrête de se morfondre en pensant à elle tous les deux février, et faire en sorte que cette date signifie autre chose justement ? Qu'elle ne soit pas QUE la mort de Maman, mais aussi quelque chose de plus gai ? » Même sans les images, le son était trop douloureux, et lorsque je rouvrais les yeux, c’était pour laisser échapper ces larmes trop longtemps retenues. Il parlait bien, il avait les bons mots. Mais pas assez bons. « Bah dans ce cas là, elle est stupide ! » je m’énervais, sans réellement parvenir à m’énerver pour de vrai, tant je me trouvais dévastée. Parce que j’y croyais à son histoire, évidemment que j’y croyais ! C’était pour cette raison que j’avais gardé le bébé, parce que j’avais imaginé la main de ma mère sur mon ventre, remplaçant une absence par une présence nouvelle. Mais... « Comment cette date pourrait être joyeuse ou festive ? Tu le sais aussi bien que moi, elle le sera jamais ! Et ce serait condamner cet enfant à avoir les anniversaires les plus pourris du monde ! J’pourrais jamais me réjouir à l’approche d’un deux février. Et toi non plus. » J’avais beau être perdue, paniquée, exténuée, je gardais encore, à peu près, mes facultés de raisonnement. Il le savait. Il savait que ce serait mission impossible, que cet enfant n’aurait jamais l’anniversaire qu’il mérite, parce que cette date ne lui appartenait pas. Le trois serait déjà bien assez difficile comme ça, pour pas rajouter à la douleur en le faisant naître le Jour du Deuil, comme je l’appelais dans ma tête. J’allais d’ailleurs en rajouter une couche, niveau argumentation, lorsqu’un truc étincela dans mon champ de vision, et que brusquement, je découvrais la sage-femme armée d’une épée. Je paniquais. Évidement, que je paniquais ! Vous avez vu la taille de l’engin ?! Je paniquais et je reculais, m’adossant à Solal qui, bizarrement, resserra ses bras autour de moi, comme pour me protéger. C’était rassurant sans l’être. Rassurant dans le sens de savoir mon frère de mon côté, et pas trop, dans le sens où, ouai, elle devait vraiment faire flipper, cette aiguille, pour que même lui éprouve un réflexe de défense. « Attendez, vous allez pas… Non, non, le docteur n'a pas du bien comprendre. On va prendre l'aiguille la plus petite, pas celle-là ! » tenta-t-il, d’ailleurs, de négocier. Des négociations qui m’auraient probablement fait éclater de rire, dans un autre contexte. Là, seule l’infirmière semblait trouver ça drôle. « Je… je crois que ça ira mieux après… Tu devrais… peut-être la laisser faire. C'est censé calmer la douleur non ? » Chuchotait-il, à présent, à mon oreille, tandis que la blonde reposait son épée, ce qui avait quelque chose de rassurant. « Je veux bien qu’on me calme la douleur, mais je veux pas accoucher. » je lui soufflais en retour, comme on souffle un secret. Finalement, j’étais pas si chiante que ça, je ne demandais rien d’autre que ça : ne pas accoucher. Du moins, pas maintenant, pas tout de suite, pas dans les six prochaines heures. « Et si on commençait par le monitoring ? » proposa la blonde louche. Oui, louche, parce qu’elle avait forcément une idée derrière la tête. « Juste ça ? » j’interrogeais, suspicieuse. « Juste ça, pour l’instant. On en a besoin pour contrôler votre tension artérielle, et le rythme cardiaque du bébé. Vous ne voudriez pas mettre votre bébé en danger ? » Pourquoi elle me parlait comme à une demeurée, elle ? Evidemment que non, je voulais pas. Quoique... Finalement, refuser d’accoucher, c’était un peu beaucoup mettre sa vie en danger, non ? « Allez-y pour le monitoring. » je l’autorisais d’un mouvement de bras, tout en me rallongeant convenable, à l’aide de mon frère. « Mais rien d’autre ! Attention, mon frère vous surveille ! » Pas vrai ? Je lui jetais un coup d’oeil pour m’en assurer, tout en serrant fort, très fort, sa main dans la mienne. Heureusement qu’il était là. Une ceinture chelou sur le bide plus tard, l’infirmière, nous plantait un écran sur le côté, affichant en haut, les battement du coeur du bébé, et en bas ce que j’analysais comme mes pics de douleurs vu comme la courbe était synchronisée avec mes contractions. « Et maintenant, je vais vous poser une intraveineuse, afin de prévenir et régulier les éventuels anomalies artérielles de la péridurale. » poursuivit-elle en sortant une toute petite aiguille. « Vous aviez dit pas de péridurale !! » je m’insurgeais en lui ôtant le pli de mon bras dont elle s’était saisie. « Mademoiselle, vous allez accoucher, que vous le souhaitiez ou non, c’est ainsi. Alors, si vous ne voulez pas de péridurale, soit, une fois sur trois choisi, en effet, d’accoucher dans la douleur, mais... Absence de péridurale ne signifie pas absence de naissance. » Connasse ! Je la détestais d’avoir des arguments aussi... Irréfutables. « Mais péridurale ne veut pas forcément dire accouchement, pas vrai ? » « Ca ne va pas vous le déclencher, non, si c’est le sens de votre question. » Elle rusait, la bougresse ! « Ca fait mal ? » je demandais, alors, conscience que ma question traduisait une forme de reddition. « Pas beaucoup, non. C’est comme une pression dans le bas du dos qui s’estompe très vite. » « Vous seriez prête à le jurer sur votre vie ? » J’avais pas confiance. Cela dit, en sentant ses doigts sur le pli de mon coude, je réalisais qu’elle m’avait posé l’intraveineuse sans que je ne m’en rende compte. Elle était si douée que ça. « Il va falloir vous tourner sur le côté pour me présenter votre dos. Je vais pratiquer une anesthésie locale, comme ça vous ne sentirez vraiment rien. » « Promis ? » je demandais encore, pas super confiante, mais entamant déjà ma pivotation vers mon frère. Sur mon flanc, je lui attrapais les deux mains, et ne regardais que lui. L’appréhension, c’était ça le pire. L’attente de la douleur de l’aiguille. Je sentis un léger picotement, puis le coton s’y pressant. L'anesthésie, donc. C’est dans les yeux de mon frère que je compris que la grosse épée arrivait. Il avait toujours été trop expressif. « Regarde pas. » je lui ordonnais. « Regarde-moi. » Parce que oui, même comme ça, épuisée, paniquée, complètement paumée, je cherchais encore à le protéger lui. Je voulais pas qu’il me voit sur le point d’être transpercée. Et lorsque la pression se fit, je tentais même de ne rien laisser paraitre. Genre easy ! Genre on m’enfonce une poutre dans le dos tous les matins, et je le vis bien. Ce fut lorsqu’elle ôta l’aiguille au profit du cathéter, que je laissais échapper une grimace. C’était pas juste une petite pression, c’était une pression de tarée ! Une pression si forte que lorsqu’elle voulu me faire me réinstaller sur le dos, j’hésitais, de peur d’appuyer plus encore sur la douleur. Sauf qu’elle avait raison, le mal s’estompa, à contrario de la contraction qui lui succéda. Merde alors ! J’avais accepté pour ne plus avoir mal ! « Il va falloir patienter un petit quart d’heure avant que ça ne fasse de l’effet. » QUOI ?!? Et pourquoi elle partait, là ? Hé ho, reste-là ! « Et s’il décide de sortir brusquement et que la péridurale fait toujours pas effet ? » je paniquais. Non, parce que pour décider de naître un deux février, il fallait qu’il ait un sacré potentiel casse-couille, ce gosse, alors... « Aucun risque. Vous n’êtes dilatée que de cinq centimètres, vous pouvez le rester encore un moment, mais on devait agir rapidement pour la péridurale, parce qu’à partir de six centimètres, c’est trop tard. » Ca voulait dire quoi, ça ? Que d’ici un centimètre je ne serais plus qu’à quinze minutes de l’accouchement ? Je n’eus guère le temps de lui poser la question, elle avait déjà refermé la porte derrière elle, m’abandonnant ici, avec mon frère et mes tubes dans le bras et le dos. Paradoxal, puisque quelques minutes plus tôt, c’est tout ce que j’avais désiré. Maintenant, je voulais qu’elle revienne et qu’elle me jure que j’avais six heures devant moi. Après tout, qui sait, peut-être qu’entre le cinquième et le sixième centimètre, je pouvais mettre six heures, non ? « Je crois qu’il faut appeler Lawrence. » je me résignais, voulant envoyer un bras sur mes yeux, mais optant pour l’autre après avoir manqué arracher ma perf. Le temps qu’il arrive, il serait bien là dans six heures. J’étais résignée, mais pas encore totalement. Je pouvais tenir. Je pensais pouvoir tenir. Peut-être était-ce les effets de la péridurale, mais cet apaisement en moi, ce soulagement aussi... Je n’aurais su l’expliquer autrement. Ça faisait un bien fou, de ne plus avoir mal. Si fou, que je me tournais vers mon frère pour lui répéter, une nouvelle fois, qu’il devait prévenir Lawrence, son grand pote, et qu’à la place, ce fut un « Je t’aime, tu sais ? » sortit de nulle part, qui franchissait la barrière de mes lèvres. « Genre méga beaucoup. Genre méga trop comme une dingue. Tu me laisseras pas, hein ? Où qu’ils m’emmènent, faut que tu viennes avec moi. C’est le deux février, on se sépare pas. Pas même pour aller pisser. » Parce que je les connaissais, j’avais vu des films, hein, ils profiteraient d’une pause pipi de mon frangin pour m’enlever et me séquestrer l’utérus. « Préviens Lawrence. » je peinais à articuler, les paupières lourdes, en lui tapotant vaguement l’avant bras. « J’suis trop stone pour le faire. » Pas vraiment stone, mais un peu trop soulagée, pour le coup. Et épuisée. Déjà.



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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Sam 7 Fév - 18:50

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Astaria, Lawrence & Solal

Jusqu'ici, Solal s'était efforcé de remplir son rôle de frère en accompagnant Astaria, en cherchant à la rassurer quoiqu'il arrive, et ce même si elle refusait de croire qu'elle était sur le point d'accoucher. Il avait outrepassé la loi en l'emmenant jusqu'ici en voiture, fait face aux infirmières et autres sages-femmes en tentant de ménager la chèvre et le chou, sans totalement approuver leur présence dont sa sœur ne voulait pas entendre parler, mais sans les empêcher d'intervenir non plus, persuadé qu'elles savaient ce qu'elles faisaient et qu'Asta était entre de bonnes mains. Mais cette fois, en voyant scintiller cette aiguille aussi large qu'un fleuret, Solal ne se sentit plus de taille à prétendre que tout allait bien. Cette fois, il attrapa sa sœur entre ses bras pour la serrer contre lui, comme pour lui épargner d'être transpercée par cette sage-femme qui devait probablement avoir perdu la tête. Se croyait-elle dans le cabinet d'un vétérinaire ?! On ne parlait pas d'un cheval là, mais bien d'Astaria, sa sœur toute menue et fluette (du moins avant que Little Satan ne vienne prendre ses aises dans son ventre) et elle ne pouvait clairement pas subir un tel traitement. Pourtant, Solal alla puiser dans ses dernières ressources pour prendre sur lui, et susurrer à sa sœur qu'en laissant faire la sage-femme, elle pourrait peut-être être débarrassée de ces douleurs visiblement abominables qu'elle subissait de puis un bon moment déjà. Et contre toute attente, la jeune femme accepta sans vraiment le dire, en soufflant à son frère : « Je veux bien qu’on me calme la douleur, mais je veux pas accoucher. » Face à eux, la sage-femme avait reposé son arme mais proposa sans attendre une autre forme de torture à Astaria. Car même si Solal ignorait en quoi consistait précisément ce monitoring dont elle parlait, il commençait à croire que tout ici n'était qu'instruments de torture.

Le jeune homme fut donc rassuré de constater que le monitoring n'était rien d'autre qu'une sorte de ceinture, qui permettait d'afficher tout un tas de courbe sur un écran. Mais à peine cet attirail fut-il mis en place que déjà, la sage-femme dégaina une nouvelle aiguille. Tout en parlementant avec Astaria, et sans même que cette dernière ne s'en aperçoive vraiment, elle installa donc une intraveineuse à sa sœur… intraveineuse qui n'était que l'étape préalable au retour de l'épée qu'elle avait abandonnée quelques minutes plus tôt. Suivant les ordres de la blonde, Asta pivota alors sur le côté pour se retrouver face à son frère, et se saisir de ses deux mains. Allant une nouvelle fois totalement à l'encontre de ce qui se jouait dans son esprit, Solal offrit un petit sourire à sa sœur… avant que son regard ne soit irrémédiablement attiré par l'aiguille toujours aussi impressionnante qui approchait maintenant du dos de sa sœur. Sans le vouloir, le jeune homme afficha une expression quasi-horrifiée, attendant avec une petite grimace que la sage-femme atteigne la peau d'Astaria, mais cette dernière le rappela à l'ordre en lui ordonnant de la regarder elle au lieu de se concentrer sur ce qu'il se passait dans son dos. Précipitamment, Solal s'abaissa alors à hauteur de sa sœur sans se dessaisir de ses mains qu'il serrait à présent au moins aussi fort qu'elle. En silence, il planta ses yeux dans les siens, ne pouvant s'empêcher de déposer un baiser sur ses mains lorsqu'il aperçut une grimace, signe que la blondasse avait menti. Selon elle, ce truc-là ne faisait pas mal. Mais à l'expression de sa sœur, Solal devinait qu'il n'en était rien et releva d'ailleurs un regard noir en direction de ladite blondasse pendant qu'Astaria se tournait de nouveau pour reprendre place correctement sur son lit. Et alors que la sage-femme s'apprêtait à quitter la pièce, Asta fut comme prise de panique, s'inquiétant de savoir ce qui arriverait si Little Satan décidait de sortir encore plus vite que prévu. « Aucun risque. Vous n’êtes dilatée que de cinq centimètres, vous pouvez le rester encore un moment, mais on devait agir rapidement pour la péridurale, parce qu’à partir de six centimètres, c’est trop tard. » Solal ne comprenait toujours rien au jargon de la maternité, mais fut néanmoins soulagé de savoir que l'accouchement n'était pas prévu pour les minutes à venir et qu'il pourrait peut-être enfin souffler un peu. Mais c'était sans compter sur Astaria qui évoqua soudain la nécessité de prévenir Lawrence. Lawrence… Solal l'avait complètement oublié celui-là. Mais effectivement, même s'il aurait de loin préféré rester seul avec sa sœur, il savait bien qu'il n'allait pas avoir le choix et qu'il allait devoir partager un peu. Non pas que le fait de voir Astaria branchée de toutes parts soit un spectacle très divertissant, mais il s'agissait de sa sœur, et il estimait être le seul à pouvoir la calmer, la rassurer et l'épaule comme il se devait. Lui seul la connaissait assez pour la soutenir dans un moment comme celui-là, et ce n'était certainement pas un type à roulettes rencontré dans un ascenseur qui viendrait lui prendre sa place. Cette seule pensée arracha une grimace à Solal, qui s'apprêta à lever les yeux ciel devant cette sœur qui allait le pousser à prendre son téléphone pour l'appeler. Mais à sa plus grande surprise, son discours fut tout autre puisqu'elle se contenta de déclarer : « Je t’aime, tu sais ? » Et voilà ce qui suffisait à calmer son frère. Comme quoi, elle aussi le connaissait absolument par cœur. A moins qu'il ne s'agisse d'une vile stratégie pour l'attendrir avant d'en remettre une couche ? Si tel était le cas, Astaria y mettait vraiment les moyens, demandant à son frère de ne pas la quitter pour quelque raison que ce soit. « T'inquiètes. Je t'ai promis d'être là, alors j'te laisserai pas. Deux février ou pas, je serai là. » affirma-t-il en caressant une nouvelle fois les cheveux de sa sœur d'un air attendri… qui s'effaça lorsqu'elle lui répéta d'appeler Lawrence.

Pour le coup, il lui devait bien ça. Même si  l'idée était bien loin de l'enchanter, Solal se devait de prévenir Lawrence. Et puis sa sœur avait l'air tellement exténuée qu'il n'avait pas vraiment d'autre choix que de s'y coller à sa place. Après avoir lâché un bref soupir, il se redressa donc pour aller attraper son téléphone dans la poche de son blouson. Oui, le numéro de Lawrence était enregistré dans son téléphone, en cas de nécessité, mais autant dire que le jeune français ne s'en était encore jamais servi jusqu'à présent. Tapotant un SMS en vitesse, Solal s'empressa donc d'accomplir sa mission sans rentrer dans les détails, pour se reconcentrer rapidement sur sa sœur. Il posa son téléphone sur la table de chevet puis tira un fauteuil qui se trouvait là jusqu'au lit, pour pouvoir s'y asseoir et appuyer son coude sur le matelas pour y reposer sa tête. « Ca va mieux ? Ca fait effet ? » questionna-t-il doucement, en constatant qu'Astaria ne s'était pas pliée en deux de douleur depuis quelques minutes déjà. Puis, après une courte hésitation, Solal décida d'aborder de nouveau le sujet épineux de cette date, et de tout ce qu'elle signifiait déjà pour eux. « Tu sais… s'il décide vraiment d'arriver aujourd'hui… Il ne faudra pas être triste, il ne faudra pas le regretter. Tu ne peux pas le regretter parce que tu n'as pas choisi le moment où il arrivera. Et j'en suis sûr moi, c'est un signe ! C'est un signe de Maman, c'est elle qui te l'envoie…  »
Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Dim 8 Fév - 1:18



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Ils n’avaient pas l’air de se rendre compte, eux, tous autant qu’ils étaient, que cet accouchement était absolument inenvisageable à cette date, précisément. Y avait 364 jours tranquillou, et fallait que ça tombe sur le 365ème absolument hors de propos ? Non, non, ça ne pouvait être qu’une vaste blague, une plaisanterie de la part de l’univers, un truc à la con pour les faire se bidonner sur leurs nuages, à base de ‘t’as vu la gueule qu’elle tire ? Oh mon dieu, épique !’ ! Je ne voyais pas d’autre hypothèse. Ça ne pouvait pas être le hasard. J’avais presque plus de chances de gagner au loto, et jusqu’à preuve du contraire, j’avais absolument pas gagné au loto. Foutu karma de merde ! Je sais pas, au juste, ce que j’avais branlé dans mes autres vies, mais vu la gueule de celle-ci, dans la dernière j’étais, au moins, Hitler ! Alors oui, oui, au terme d’une bataille rondement menée, je finissais par m’exécuter et lui laisser m’enfoncer son épée dans le dos, mais... Attention ! Ça ne voulait pas dire que j’avais l’intention de laisser ce bébé sortir de là. Il était tranquille pépouze, bien au chaud dans son placenta, il pouvait bien y rester quelques heures de plus, non ? Il était si pressé que ça de sortir ? Pourquoi ? Pour la guerre ? Les attentats terroristes ? La banquise se faisant la malle ? La forêt amazonienne découpée à la tronçonneuse ? Les pandas en voie d’extinction ? Les enfoirés qui voulaient me foutre un voile et m’interdire de conduire ? Les centrales nucléaires implosant et se déversant dans les océans et tuant Némo et Dori ? Putain de monde de merde ! Pourquoi il voulait y foutre les pieds, lui ? Pourquoi j’avais voulu l’y emmener ? N’étais-je pas inconsciente de laisser un enfant naître dans ces conditions ? Et les ours polaires ? Et les animaux qu’on sacrifiait pour leur fourrure ? Les éléphants pour l’ivoire de leurs défenses ? Et les enfants qui crevaient de faim, les femmes enlevées et séquestrées par un tyran ? Nos vies qu’on risquait pour tout et pour rien, pour avoir osé dessiner, pour avoir essayé d’être éduquées. Et c’est 7000 ouvrages de plus de 2000 ans que le daech avait brûlé la semaine dernière ? Pourquoi ? Pourquoi je devais faire ça ? Pourquoi j’avais fait ça ? Et pourquoi seulement maintenant ? Pourquoi je pensais à tout ça maintenant et pas y a sept mois ? Pourquoi je ressentais le besoin de dire à mon frère à quel point je l’aimais, comme si, plus tard, je n’en aurais plus l’occasion. C’était la péridurale, c’est ça ? « T'inquiètes. Je t'ai promis d'être là, alors j'te laisserai pas. Deux février ou pas, je serai là. » Il avait plutôt intérêt, parce qu’il était hors de question que je fasse ça sans lui, et même si l’idée me semblait encore totalement insurmontable, elle faisait son chemin en moi, tout comme Lil’Sat faisait son chemin hors de moi. Du coup, l’option Lawrence, elle, me semblait inévitable. Il fallait qu’il le prévienne, et... « Et dis-lui de ramener le gros sac, aussi. » je précisais, en tournant la tête vers lui, l’observant sur le point de ranger son portable. Le texto était déjà partit ? Oups. « Même si je tiens jusqu’au trois, ils me laisseront pas ressortir, et faudra des affaires pour Tristan et moi. » Tristan... C’était la première fois, je crois, que j’utilisais son futur prénom pour parler de lui. Tristan. Pas Truc, pas Little Satan. Tristan, un être réel, bientôt palpable. Un être que j’allais introduire dans ce monde aux allures de septième cercle de l’enfer. « Ca va mieux ? Ca fait effet ? » m’interrogea la voix de mon frère, me tirant de ces images atroces de marées noires et autre bande de Gaza sous les bombes. J’avais l’impression d’être Leeloo dans le 5ème élément, prenant conscience du caractère diabolique de l’Homme qu’elle devait sauver. Est-ce que ça allait mieux, alors ? « Pas vraiment. » Mais ce n’était plus les contractions, le problème, désormais. « Tu sais… s'il décide vraiment d'arriver aujourd'hui… Il ne faudra pas être triste, il ne faudra pas le regretter. Tu ne peux pas le regretter parce que tu n'as pas choisi le moment où il arrivera. Et j'en suis sûr moi, c'est un signe ! C'est un signe de Maman, c'est elle qui te l'envoie…  » C’était pas le problème, c’était plus le problème. Enfin si, mais pas seulement. « Un signe à la con ! » je tempêtais faiblement, la bouche pâteuse et les jambes lourdes. Tout le corps lourd, en réalité, comme s’enfonçant dans le matelas. « T’as regardé les infos récemment ? Comment j’ai pu être assez conne pour trouver que c’était pas une si mauvaise idée d’entrainer un bébé là-dedans ? Tu sais que d’ici 2060 le Kilimanjaro n’aura plus une trace de neige à son sommet ? Et en 2060, Tristan il aura que 45 ans !! Si tant est qu’on tienne jusqu’en 2060 ! Entre le réchauffement climatique et les enfoirés au pouvoir, on peut, au choix, soit crever du fait d’une catastrophe naturelle, ou d’une bombe nucléaire sur la gueule ! Et mourir, c’est la meilleure option. Imagine, il survit ! Ce sera quoi sa vie ? Il aura qu’un seul oeil et trois bras et devra participer au Hunger Games pour divertir le Capitole ? Comment je pourrais permettre ça, Solal ? » je chouignais, les larmes aux yeux, mais sans trace de panique dans la voix, juste de la tristesse, de la profonde tristesse. Mon discours n’était pas totalement incohérent, cela dit il se trouvait exacerbé par les effets de la péridurale. Normalement, ça rendait un peu euphorique. Mais ça, c’était pour les femmes impatientes de rencontrer leur bébé. Moi je voulais pas, je voulais qu’il reste là, en dedans, bien au chaud, en sécurité, sans jamais avoir à être confronté à ce monde absurde. « Comment je pourrais le protéger de tout ça ? Comment je pourrais alors qu’il m’écoute déjà pas, et s’entête à naître un jour de mort ? » j’ajoutais en laissant le monitoring s’affoler un peu. « Et j’en ai marre de pleurer ! Quand est-ce que ça va s’arrêter, ça ? Elles sortent d’où toutes ces larmes, sérieux ? Tu veux pas me faire un câlin ? Venir avec moi sur le lit, et me faire un câlin ? » le lit était large, il offrait assez de place pour deux, mais puisque je ne pouvais plus bouger les jambes, il devrait me faire rouler s’il voulait s’installer. Voilà, en plus du reste, j’étais obèse, lourde et difforme. « Journée de merde ! »



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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Mar 10 Fév - 19:51

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Astaria, Lawrence & Solal

Il était de notoriété publique que Solal était prêt à tout pour sa sœur, mais appeler Lawrence lui paraissait étrangement bien au-dessus de ses forces. Alors que le fait de traverser l'Atlantique ne lui avait posé aucun problème, celui de communiquer avec son ennemi public numéro un le faisait d'ores et déjà grimacer. Bien sûr, il était le père de l'enfant et sa présence à l'hôpital pour l'accouchement était inévitable, mais Solal rechigna tout de même à le prévenir. Le jeune homme troqua donc l'appel téléphonique qu'Astaria lui recommandait contre un SMS des plus informels, se contentant d'informer l'intéressé sans pour autant lui demander expressément de les rejoindre à l'hôpital… chose qu'il finirait forcément par faire, malheureusement. Et d'ailleurs, à peine eut-il expédié son message que déjà, sa sœur lui demanda de le compléter en sommant le jeune homme de se munir du sac impressionnant d'affaires qu'il avait lui-même préparé, et qu'il allait finalement s'avérer utile. Mais ce qui retint particulièrement l'attention de Solal, ce fut ce prénom qu'elle employa. Pour la première fois, Astaria avait parlé de "Tristan" en désignant son bébé, et son frère ne put que l'observer quelques instants bouche bée, presque surpris qu'elle le considère enfin comme autre chose qu'un Truc qui squattait son ventre. Retenant un sourire, Solal s'exécuta et renvoya donc sur le champ un second SMS au même destinataire, sans se douter que pendant ce temps, un véritable drame se jouait dans la tête d'Astaria. Ce ne fut que lorsqu'il lui demanda si elle se sentait mieux que le jeune homme comprit que ce n'était pas vraiment le cas. Elle n'avait plus tellement l'air de souffrir physiquement, et c'était déjà ça. Mais dans ses yeux, Solal n'avait aucun mal à lire que quelque chose d'autre clochait. Et sans même qu'elle n'ait besoin de dire quoi que ce soit, le jeune homme savait déjà de quoi il s'agissait, si bien qu'il tenta une nouvelle fois de la rassurer quant à cette date fatidique que Little Stan semblait avoir choisie pour venir au monde.

Seulement voilà, Solal découvrit rapidement que le mal de sa sœur était en réalité encore plus profond que ça, et qu'il allait bien au-delà de ce que représentait ce deux février pour eux. A grands coups d'exemples contre lesquels il ne pouvait absolument rien argumenter, Astaria lui dressa un portrait glaçant du monde dans lequel ils vivaient, et dans lequel Little Satan ne tarderait pas à les rejoindre. Une fois de plus, elle avait les larmes aux yeux et son expression toute entière ne reflétait que tristesse alors qu'elle poursuivait : « Comment je pourrais le protéger de tout ça ? Comment je pourrais alors qu’il m’écoute déjà pas, et s’entête à naître un jour de mort ? » De son côté, Solal n'en finissait plus de caresser ses cheveux, puis sa joue dans l'espoir de la calmer en murmurant : « Arrêtes ! Ne sois pas pessimiste, tu ne vois que les mauvaises choses… c'est pas le moment. » Pour le coup, Solal avait un peu de mal à trouver les mots puisque quelque part, il partageait un peu sa vision des choses . Jusqu'ici, il avait toujours été très détaché de tout ça, ne se sentant que très rarement concerné par ce genre d'actualités mais en réfléchissant au futur de ce bébé qui s'apprêtait à arriver, Solal semblait prendre conscience de la réalité. Fort heureusement, Astaria reprit la parole entre deux sanglots pour lui susurrer LA solution, celle qu'ils adoptaient toujours quand quelque chose n'allait pas et qui restait encore la plus efficace pour eux. Un câlin, elle voulait un câlin et à bien y réfléchir, Solal en crevait d'envie lui aussi. Avait-il le droit de faire ça ? De s'installer dans un lit d'hôpital avec sa sœur ? Est-ce que les médecins allaient le virer, lui dire que ce n'était pas hygiénique où il ne savait quoi encore ? Comme souvent, le jeune homme n'en avait absolument rien à faire et tout en affichant un petit sourire, il poussa les jambes de sa sœur avant de s'asseoir à ses côtés. Puis, d'un geste de hanche il l'aida à se décaler en grognant gentiment  « Pousse-toi ! » et s'allongea sur le lit. Au moment de passer ses bras autour d'elle, Solal dut prendre toutes les précautions du monde pour ne pas s'emmêler dans la multitude de fils qui semblait la retenir prisonnière de son lit, et murmura un « Attention » en esquissant un petite grimace et en évitant le dernier tuyau qui le séparait encore de ce câlin qu'il s'empressa de donner à Astaria en déposant sa tête tout contre la sienne. Ils restèrent ainsi, sans rien dire pendant un long moment puis soudain, Solal prit une inspiration et après avoir hésité un quart de seconde, il brisa le silence en déclarant : « Je t'aime. »  murmura-t-il en déposant un baiser sur le front de sa sœur, avant de poursuivre comme s'il répondait à la "déclaration" qu'elle lui avait faite quelques minutes plus tôt : « Je t'aime aussi, et je te promet que tout ira bien. Aujourd'hui, demain, et tous les autres jours. Parce que tu seras là, et je serai là pour lui aussi… » confia-t-il en glissant sa main sur le ventre de sa sœur, tout en évitant cette maudite ceinture bizarre qu'elle portait toujours. « Il sera le plus heureux des bébés, on en a déjà parlé, la question ne se pose même pas. »
Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Mer 11 Fév - 0:45



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« Arrêtes ! Ne sois pas pessimiste, tu ne vois que les mauvaises choses… c'est pas le moment. » Alors c’était quand le moment ? Quand il aurait 3 ans et commencerait à colorier la mer en noir parce qu’il l’aura jamais connu bleue ? Quand il aurait 15 ans et qu’il pourra pas sortir après 17h à cause du couvre-feu du à la violence de rue et aux guerres de gang ? Quand il aura 18 ans et devra s’enrôler pour donner sa vie lors de la IIIème guerre mondiale ? Quand il aura 45 ans et que ce putain de Kilimanjaro n’aura plus de neige du tout ? Ce sera quand le moment pour prendre conscience des réalités ? De la réalité ? De l’affreuse réalité ? Quand ça, hein ? Jamais ? J’allais devoir fermer les yeux et enfouir ma tête dans le sable, façon autruche ? Dans ce cas, j’allais avoir besoin d’un câlin. Et d’un câlin qui durerait toujours. Heureusement, mon frère était toujours partant pour ça. Ce qui était étrange dans le sens où, lui comme moi, on était jamais partant avec quelqu’un d’autre. Les câlins, les caresses, objectivement, ça nous faisait chier. Sauf lorsque c’était lui et moi. Avec maman aussi. Mais ça... Du coup, il ne se fit pas prier, me déplaça les jambes -ce qui confirma l’impression que j’avais de ne pas savoir les bouger seule- et vint s’installer contre moi. Il galèra un peu entre le monitoring, la perfusion et la péridurale, mais après quelques minutes de précaution, il sembla trouver une position confortable. Moi aussi, mais avec la drogue qui s’infiltrait en moi, je crois que même le poirier en équilibre sur un bras aurait été tout confort. Alors, je me calais contre lui, et respirais son parfum, familier, apaisant... L’odeur de la maison, de ma maison, celle de Paris d’abord, mais aussi celle de Chelsea. Je regrettais toujours Paris, mais j’aimais vraiment notre nouveau chez nous. Je m’y sentais bien, essentiellement grâce à lui. En réalité, il suffisait qu’il soit quelque part pour que le lieu se transforme en foyer à mes yeux... Oh non, merde, j’devenais sentimentale, comme toutes ces futures mères à la con dont je m’étais moquée dans ‘BabyBoom’. J’allais pas me remettre à pleurer, hein ? Non... J’voulais pas pleurer, j’voulais plus pleurer. Surtout qu’à chaque fois que je le faisais, je pouvais lire le malaise sur les traits de mon frère, ce qui me donnait envie de... Bah envie de pleurer, en fait. Cercle vicieux. Alors je ravalais mes larmes, très fière de moi, jusqu’à ce que... « Je t'aime. » Ho bah noooon ! J’avais faillit ne pas pleurer ! Il était chiant, lui ! Et puis il continuait en plus ! « Je t'aime aussi, et je te promet que tout ira bien. Aujourd'hui, demain, et tous les autres jours. Parce que tu seras là, et je serai là pour lui aussi… » En plus, j’avais beau tourner la tête pour pas qu’il voit mes yeux rouges, y avait ce foutu monitoring qui laissait entendre les battements précipités de mon coeur. Et mes reniflements aussi. « Il sera le plus heureux des bébés, on en a déjà parlé, la question ne se pose même pas. » Et je ponctuais sa belle déclaration en me mouchant dans ma manche. Super classe. Mais puisque j’étais, d’après les médecins, à quelques instants de pousser, hors de moi, un petit individu et tout son placenta, la classe n’avait plus trop sa place. C’était soirée Nature&Découverte. Et bien que son discours soit des plus réconfortant, il était sans effet dans actuel état. Oh si, sur le fait du bonheur du bébé, oui, j’étais rassurée, mais à peine une crainte s’envolait qu’une autre apparaissait pour prendre sa place. « Et s’il est moche ? » je paniquais, légèrement, en accrochant mes doigts au pull de mon frère. « S’il a prit que le mauvais de chacun, ou si, finalement, ça s’assemble mal ensemble, genre mon tout petit ovale de visage avec la grande bouche, le grand nez, les grands yeux de son père ? S’il a le haut du visage masculin et le bas féminin ? T’imagines s’il hérite de ma bouche ?!? Et si au moment de la naissance, on doit le sortir aux forceps ? Tu sais que les forceps ça écrase le crâne ? Après, il va avoir une tête en forme d’ogive super moche ! HO MON DIEU, et s’il ressemble au grand-oncle Pierre-Aimard ? Pas de cheveux et le menton qui part en avant ! J’veux pas que mon fils ressemble à un Bogdanov, putain ! » Potentiel rationalité : 0,5% « En plus, j’le saurais même pas ! Parce que j’vais forcément le trouver beau avec l’explosion d’ocytocine dans mon crâne ! J’risque de m’extasier devant un bébé tout laid ! T’imagines comme c’est dur pour une photographe ? J’vais perdre toute crédibilité ! Sol... Sol... Sol... » je tentais de me tourner plusieurs fois vers lui, en vain, vu ma trop large circonférence et la partielle paralysie de mes membres inférieurs. Alors, je resserrais ma prise sur son pull et tentais de donner plus d’autorité à ma voix geignarde. « Faudra me dire s’il est moche ! Promet-moi de me le dire ! Je me vexerais pas, j’affrontrais la réalité et imputerais la responsabilité de sa laideur à Lawrence, mais... Je dois savoir ! » Il en allait de ma crédibilité en tant qu’artiste. Et puis, j’voulais pas qu’on inonde les réseaux sociaux de photos d’un bébé moche. « Jure-le, Sol ! Et tu dois jurer sur ton pénis ! » Y avait que comme ça que je pourrais m’assurer de sa franchise. Il risquerait jamais la santé et le bon fonctionnement de son pénis. Non, pas mon frère, pas Solal. « Et puis il arrive quand, Lawrence ? Ça fait au moins trois heures que tu l’as prévenu ! » Trois minutes, plutôt, mais j’étais pas à une incohérence près. Et puis, j’avais déjà amorcé le travail, alors j’avais tous les droits, pas vrai ? « Haaaan, j’ai chaud ! » je râlais, larmes asséchées, brusquement, passant d’une humeur à l’autre, mais jamais bonne, juste au moment où l’on frappait à la porte. Tiens, c’était mon copain le doc-bogoss qui revenait faire un petit coucou. Il voulait savoir si j’allais mieux. Et le voyant lancer un regard à mon frère allongé à mes côtés, j’enroulais un bras autour du sien, entravant toute tentative de descente du lit. De toute façon, c’était la seule manière de me maintenir calme, et de m’empêcher de mordre le personnel, alors même si c’était pas très orthodoxe, personne ne tenterait de le faire descendre de là, j’en avais parfaitement conscience. Il me demanda de remettre les pieds dans les étriers, ce que je fis sans avoir à pousser mon frère, et me visita, à nouveau, le col de l’utérus. Cette partie privée se transformait en hall de gare. « Vous êtes à sept. » m’informa-t-il, et l’espace d’un instant, je le jure, je cru qu’il était en train de m’annoncer qu’il y en avait sept, là-dedans. J’étais pas prête pour des septuplés, autant vous prévenir tout de suite. Mais après un moment de réflexion, je compris qu’il parlait de ma dilatation. Et sept, c’était pas super raccord avec mes projets de trois février. « Le travail avance vite. Pensez à bien respirer, surtout, afin de bien oxygéner le muscle de l’utérus et le bébé. Et surtout, Astaria, si vous ressentez le besoin de pousser, ne le faites pas. Contracter les abdominaux, et ne poussez pas. Si la tête du bébé presse trop sur un col pas complètement dilaté va retarder la fin de la dilatation, justement. » Heu... Mais c’était pas exactement ce que je voulais, ça ? La retarder cette foutue dilatation ? Le doc du lire dans ma tête, puisqu’il ajouta instantanément : « Et surtout, ça fait très mal, une douleur horrible, insupportable. » C’était vrai de vrai, ça ? Ou juste un gros bobard pour m’empêcher de pousser ? C’était un fourbe, ce doc, je le savais déjà. En attendant, il ne prêtait plus vraiment attention à moi, refermant mes cuisses et se délestant de ses gants. « Il manque encore trois centimètres de dilatation, ça peut prendre des heures comme à peine quelques minutes. Dans le doute, vous devriez enfiler une blouse. » C’était à mon frère qu’il s’adressait. « Je suppose que vous l’accompagnerez durant l’accouchement ? » Bien ouèj, Sherlock ! « Alors il vous faudra ceci, et puis ceci, et... Et ça ! » annonça-t-il tout en récupérant le ceci, ceci et ça, sur un charriot bien rangé, et tendant le tout à mon frère. Une blouse, une sorte de bonnet de douche, et des trucs chelous qui allaient sur les chaussures, visiblement. « Je repasse dans quelques minutes, lorsque vous serez à huit, on vous transportera en salle d’accouchement. » Des octupl...... Ha non, huit centimètres. C’était décidément très con une femme enceinte. « En attendant, détendez vous, respirez et surtout... » « Oui, je sais, pas pousser ! » je grognais avant qu’il ne me lance un sourire triomphant et referme la porte derrière lui. Après quoi, je fouillais mon sac, tant bien que mal, à la recherche de mon portable. « Vas-y, enfile tout ça que j’immortalise la scène. Docteur Solal de Salignac ! Les cous’ vont être deg ! Pour plus de réalisme, tu pourras faire genre tu inspectes mon goutte-à-goutte ? » Ok, j’étais toujours aussi chiante, mais au moins, j’pensais plus à la fin du monde et la laideur de mon fils. Y avait du progrès. Non ?


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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Dim 15 Fév - 19:39

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Astaria, Lawrence & Solal

Qu'il en ait le droit ou pas, Solal s'était installé dans le lit de sa sœur sans réfléchir, dans le seul et unique but de la réconforter comme elle le lui demandait. Et par la même occasion, il se rassurait un peu lui aussi. En effet, même s'il ne montrait rien ou presque, le jeune homme n'en menait pas large et appréhendait de plus en plus le moment où sa sœur allait accoucher pour de bon A en croire les médecins, ce moment n'allait d'ailleurs plus tarder et Solal ne pouvait s'empêcher d'angoisser par avance en tentant d'imaginer comment tout cela allait se passer et surtout quel rôle il allait devoir jouer là-dedans. Tant de questions qu'il ne pouvait décemment pas poser à Astaria, sous peine de l'agacer, de la pousser à se moquer de lui, ou encore de lui faire peur. Alors, pour éviter ça, Solal préférait tout garder pour lui et attendre que le moment crucial arrive en tentant de contenir ses craintes. Fort heureusement pour lui, les étreintes de sa sœur avaient toujours eu pour effet de le rassurer, et ce depuis son plus jeune âge. Dans ses bras, Solal se rasséréna donc un peu alors qu'Asta partait dans un nouveau délire, craignant cette fois-ci que son bébé naisse moche, difforme, ou encore avec la tête d'un de leurs grands-oncles qui, il fallait bien le dire, avait toujours fait un peu peur au petit Solal tant son physique était disgracieux. Agrippée au pull de son frère, Astaria continuait donc de se plaindre avant de lui ordonner d'être honnête, et de la tenir informée d'une quelconque trace de mocheté chez le nouveau-né. « Jure-le, Sol ! Et tu dois jurer sur ton pénis ! » ajouta-t-elle alors que Solal fronçait les sourcils pour la réprimander, avant de se raviser. Elle n'avait pas besoin de ça, et puis elle aurait certainement oublié tout cela dans quelques minutes… Alors le jeune homme se contenta de lui assurer  « Je le jure… » tout en priant intérieurement pour que le petit ressemble à sa sœur, et non pas à son père. Père qu'Astaria réclama d'ailleurs dans une énième plainte, faisant sourire son frère qui lui répondit : « Je viens à peine d'envoyer le message Asta… Il va arriver. »  

Alors que la chambre avait curieusement été désertée de toute blouse blanche après la véritable marée humaine qui avait déferlée un peu plus tôt, le docteur à la blouse bleue refit son apparition dans la pièce. Celui-ci entreprit une nouvelle fois d'examiner Astaria, non sans avoir jeté un regard plein de réprimandes vers Solal qui n'eut cependant pas le loisir de se relever puisque sa sœur agrippa instantanément son bras. D'ailleurs, sa position allongée sur le lit l'empêcha de voir ce que le docteur trafiquait précisément entre les jambes de sa sœur et rien que pour ça, il fut pour le moins satisfait d'avoir entravé les règles d'hygiène de l'hôpital. Mais après avoir baragouiné dans un langage dont Solal ne comprit pas la moitié des mots, le docteur s'adressa à lui. Après lui avoir demandé s'il comptait assister à l'accouchement, il lui balança tout un tas de protections en papier bizarre, bleu, à moitié transparent, que le jeune homme tourna et retourna dans tous les sens pendant que l'homme à la blouse finissait de s'entretenir avec Astaria. « Vas-y, enfile tout ça que j’immortalise la scène. Docteur Solal de Salignac ! Les cous’ vont être deg ! Pour plus de réalisme, tu pourras faire genre tu inspectes mon goutte-à-goutte ? » reprit brusquement la jeune femme, d'un ton étonnamment enjoué par rapport à ce qu'avait connu Solal quelques minutes plus tôt. « C'est quoi ces trucs ?! J'vais pas mettre tout ça ! Moi je veux juste la blouse à la Docteur House, pas les autres machins ! »  ronchonna-t-il en s'extirpant du lit pour enfiler ladite blouse, avant d'inspecter les trois autres pièces que le docteur lui avait fournies. Puis, non sans afficher une grimace sceptique, il enfila les protections autour de ses chaussures. La dernière étape consistait donc à enfiler une charlotte immonde et pour le coup, Solal avait quelques réticences… D'autant plus en voyant sa sœur armée de son téléphone, prête à faire feu dès qu'il serait affublé de sa panoplie complète. « Pourquoi j'dois mettre ça ?! »  grogna-t-il une dernière fois, avant de coopérer. Après tout, si cet accoutrement pouvait redonner le sourire à Astaria te lui faire oublier cinq minutes tout ce dont elle se plaignait depuis leur arrivée, c'était déjà ça. Ecartant les bras et tournant sur lui-même comme pour se présenter à sa sœur, Solal finit par secouer la tête en pestant : « Pff… Heureusement que pour l'instant, toutes les infirmières sont moches… C'est impossible de draguer avec leurs trucs à la con ! »  


Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Lun 16 Fév - 21:04



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Je le savais, j’en avais parfaitement conscience. À force de voir des photos de bébés très moches se démultipliés sur les réseaux sociaux, j’avais compris que c’était pas juste pour nous faire chier. Non, c’était simplement que les parents ne savaient pas ! Et j’en avais pris d’autant plus conscience, à Paris, lorsque j’avais servie d’assistante à un photographe. Je pensais pouvoir apprendre quelques techniques de photo, mais à la place je n’avais fait qu’apporter le café, et gérer la salle d’attente du casting. Un casting pour enfant entre six mois et un an. Le bébé devait être beau, et la salle d’attente croulait sous les laids. C’était au-delà du déni, c’était carrément de l’illusion. Ils pensaient leur bébé beau au point de pouvoir figurer dans une pub. Je ne voulais pas que ça m’arrive à moi, j’avais une réputation à tenir ! Ça ressemblerait à quoi, une pseudo photographe du beau qui s'extasierait devant l’incroyable beauté d’un bébé moche ? J’allais y perdre toute crédibilité. Alors il devait jurer, jurer sur son pénis qu’il me le dirait, si little satan avait la tronche en biais ! Et il jura, il jura juste à temps, avant que le Joli-Doc ne revienne pour m’examiner les entrailles. Oh, il chercha bien à dissuader mon frère de rester sur le lit, mais je savais qu’il ne dirait rien à voix haute. J’étais trop terrifiante, pour ça. Et puis, je maintenais mon frère fermement, alors... D’ailleurs, pendant qu’il farfouillait entre mes jambes, m’expliquant que je ne devais pas pousser si je voulais pouvoir accoucher -ce qui ruina, complètement, tout ce qu’on m’avait toujours appris sur l’accouchement- je m’imaginais quelle raison je pourrais invoquer pour que mon frère reste toujours avec moi, comme ça, même lorsque le bébé menacerait de sortir. Après tout, ça devait bien arriver, ce genre de cas, non ? Pour les enfants siamois, par exemple ? Si deux soeurs sont collées par la tête et que l’une d’elle est sur le point d’accoucher ? Ou, non, pas la tête, la tête c’était trop simple. Disons par l’épaule, ce qui fait qu’elles n’auraient eu que trois bras, au lieu de quatre, mais c’est pas important, ça. Dans ce cas, on est d’accord, la soeur siamoise était obligée d’être allongée auprès de sa soeur pendant toute la durée de l’accouchement, non ? Du coup, avant que le doc ne quitte la pièce, je posais la question : « Vous avez déjà accouché une siamoise ? », mais il me répondit qu’il n’était pas véto, et qu’il ne voyait pas le rapport. Ils étaient quand même sacrément con, ces américains. Beaux, mais cons. En attendant, Solal avait eu le droit à des nouvelles fringues gratos, chaussures et bonnet inclus, et j’avais passablement hâte de le voir enfiler tout ça. « C'est quoi ces trucs ?! J'vais pas mettre tout ça ! Moi je veux juste la blouse à la Docteur House, pas les autres machins ! » Fallait toujours qu’il trouve à se plaindre, lui ! « Bah c’est comme celle de Greg. » Greg, oui, Gregory House. On était intime dans ma tête. « Sauf qu’elle est un peu transparente pour un côté plus sexy. Allez, fais pas ton bébé, enfile le reste ! » j’insistais, smartphone à la main, prête à faire feu dès qu’il serait parfaitement ridicule. J’évitais, d’ailleurs, très soigneusement, de le prévenir que la protection pour les pieds ne devait être enfilé qu’avant de rentrer en salle d’accouchement, histoire de le voir tenter de progresser avec ces trucs immondes sur ces baskets qu’il aimait tant. « On dirait que t’as marché sur deux méduses très affectueuses. » je laissais échapper, retenant le rire moqueur, mais pas le sourire. « Pourquoi j'dois mettre ça ?! » La charlotte ? Ça me semblait plutôt évident. « Parce que même le doc a conscience que ta coupe actuelle est pourrie ! » Faux ! Il était beau. Même si, il est vrai, j’aurais bien eu envie de lui dégager un peu plus les tempes. Et même dans cet accoutrement débile, il restait beau. Il avait l’air con, oui, mais beau. Du coup, j’en profitais pour enchainer les clichés, tandis qu’il me facilitait la tâche en tournant sur lui-même. Puis les envoyer, dans la foulée, à l’autre bout du monde, à nos deux cousins-crétins. C’était comme les lapins crétins mais en version cousin et humain. « Pff… Heureusement que pour l'instant, toutes les infirmières sont moches… C'est impossible de draguer avec leurs trucs à la con ! » se plaignit-il. « De toute manière, tout le monde te prend pour le père. » je répondais, en relevant le nez du portable, et le reposant en équilibre sur mon ventre. C’était plutôt logique, en fait, puisqu’il accompagnait une femme sur le point d’accoucher, mais je ne pouvais m’empêcher de trouver ça affreusement con, comme une preuve de leur incompétence. S’ils étaient incapable de voir la ressemblance frappante entre mon frère et moi, comment allaient-il faire pour différencier mon bébé d’un autre bébé à la nurserie ? Oui, parce qu’ici, c’était pas comme en France, on ne laissait pas ton enfant avec toi dans la chambre, il rejoignait la nurserie afin que la mère puisse se reposer. Et j’étais pas très sûre de savoir qu’en penser. « Et puis, je t’interdis de draguer à mon accouchement ! » je râlais en plaquant une main sur le bas de mon ventre en sentant, non pas une douleur, parce qu’il ne s’agissait pas exactement de ça, mais un furieux besoin de pousser. C’était de ça dont parlait le doc, tout à l’heure ? « Hum... C’est le bordel, là-dedans. » je grimaçais en tendant ma main libre pour que mon frère m’offre la sienne à broyer. « C’est comment la respiration, déjà ? » J’avais pas lu ces foutus beaucoup sur la grossesse, j’avais pas assisté aux cours d’accouchement sans douleur parce que, par définition, ça n’existe pas un putain d’accouchement sans douleur ! Mais Solal, je l’avais surpris plusieurs fois, le nez dans les gros bouquins entassés, dans le salon, par le géniteur de ma chose. Et clairement, c’était pas pour les croquis de dilatation de col de l’utérus, qu’il lisait ça. « Vite ! Vite ! Sinon j’vais pas réussir à me retenir, et j’vais pousser. » Et j’avais pas le droit de pousser, il avait dit, Docteur Sexy. J’étais pas assez dilatée pour ça.  


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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Dim 22 Fév - 19:38

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Pour enfiler tout l'attirail que le médecin lui avait laissé, Solal fut contraint de quitter le lit de sa sœur. Mais il ne doutait pas que le fait de le voir affublé de tous ces accessoires hideux constituerait une attraction assez amusante pour lui changer les idées. D'ailleurs, la jeune femme ne tarda pas à dégainer son smartphone, confirmant ainsi à son frère qu'il était pour le moment à l'abri d'une éventuelle nouvelle crise de panique. Se prêtant au jeu tout en râlant comme à son habitude, Solal enfila donc ses protections les unes après les autres sous le regard moqueur d'Astaria, qui l'accusa même de négliger sa coupe de cheveux du moment. Se contentant de lui adresser une grimace, le jeune homme préféra se lamenter sur son sort, et sur le fait qu'il ne risquait pas de séduire la moindre petite infirmière avec une tenue pareille. Ce à quoi Astaria répliqua presque immédiatement que tout le monde le prenait pour le père, ce qui constituait un argument encore plus dissuadant que le fait d'être affublé d'une charlotte immonde. Sur ce point, elle n'avait pas tellement tort et en l'entendant, Solal ne put réprimer une nouvelle grimace… juste avant qu'elle ne lui interdise formellement de draguer qui que ce soit le jour de son accouchement. Pourtant, le séducteur qu'il était aurait bien aimé profiter de l'occasion, et de la profusion d'infirmières qui devait travailler tout autour de lui… mais puisque sa sœur le lui interdisait, et que le moment était on ne peut plus mal choisi pour la contredire, le jeune homme haussa simplement les épaules en se dirigeant vers la fenêtre.

Mais il n'eut pas le temps d'atteindre son but que déjà, sa sœur lui tendait la main en se plaignant de ce qu'il se passait dans son ventre, et à propos de quoi Solal ne voulait avoir aucun détail. Profitant de la présence des deux méduses affectueuses qui lui servaient de chaussons, le jeune homme effectua une superbe glissade jusqu'au lit d'Astaria, avant de se saisir de cette main qu'elle lui tendait. Mais alors qu'il commençait à peine à se détendre, l'expression de sa sœur fit remonter d'un coup toute la panique qui semblait pourtant l'avoir quitté. Elle lui demandait comment elle était censée respirer, et Solal se trouvait tout simplement perdu. Etait-il supposé connaître ce genre de détails ? Bien sûr, il avait jeté un œil curieux dans les bouquins qui lui étaient tombés sous la main à l'appartement, mais de là à se souvenir de tout… « Vite ! Vite ! Sinon j’vais pas réussir à me retenir, et j’vais pousser. » insista pourtant Astaria, alors que le docteur lui avait formellement interdit de pousser sous peine de souffrir le martyr. Plus du tout dans l'esprit de plaisanterie qui l'avait animé quelques instants plus tôt, Solal balbutia : « Euh… bin… je sais pas moi ! Attends… euh… le petit chien ? C'est ça non ? Le petit chien !  »  tenta-t-il d'expliquer en serrant un peu plus la main d'Asta dans la sienne, et en se lançant dans une espèce de démonstration pitoyable de respiration saccadée, telle qu'il se l'était imaginée en feuilletant les bouquins achetés par Lawrence. « Ca va là ? Tu pousses pas hein ? Le Doc a dit qu'il fallait surtout pas pousser ! »  s'inquiéta-t-il en observant sa sœur d'un air suspicieux, avant de céder une nouvelle fois à un semblant de panique et d'annoncer : « J'appelle la sage-femme ! »  Puis, sans attendre l'accord d'Astaria, le jeune homme étira le bras pour se saisir du boîtier d'appel qui pendouillait au-dessus du lit de sa sœur et tapota dessus avec empressement. « C'est bon ! C'est bon, ils vont arriver ! »  reprit-il en se repenchant vers Asta, sans trop savoir qui il venait d'appeler au juste, mais en espérant de tout cœur que quelqu'un daigne venir jusqu'à eux pour s'occuper de sa sœur.

Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Lun 23 Fév - 2:55



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J’allais crever ! On allait tous crever ! On allait tous crever parce qu’en crevant j’allais exploser et vu mon volume, pas de doute que j’emporterais la moitié de l’humanité avec moi. Mais bordel, c’était quoi cette douleur insoutenable ? C’était même pas une véritable douleur, bah non, ce serait trop simple, c’était comme une sensation, comme un truc profondément dérangeant et anormal qui créait une souffrance plus psychologique que physique. Tu m’étonnes, j’avais une putain de pastèque qui me descendait de l’utérus 8 évidemment que psychologiquement y avait comme un lézard ! Personnellement, j’avais jamais été plus loin que le concombre, moi, et encore ! Alors une pastèque ! Une pastèque ! Et je revoyais l’autre con avec son sourire stupide m’annoncer que ‘Our baby is as big as a watermelon !’ Et il était fier en plus ! Genre monsieur a planter une pastèque dans mon ventre, il est content. ET COMMENT ON LA FAIT SORTIR, LA PASTEQUE, MAINTENANT ? Limite, par la bouche, ça me semblait plus rationnel. Parce que par en bas... J’voyais pas, j’voulais pas, j’pouvais pas. Et ça tapait contre mon col. Ça tapait, ça tirait, ça m’invitait à pousser. Une envie irrépressible, comme celle de faire pipi en plein fou-rire. Comment j’étais supposée combattre ça, moi ? En respirant ? Sérieusement ? C’était quoi ces conneries new age, là ? Bientôt, ils m’inviteraient à cicatriser toute seule de l’épisiotomie en entonnant ‘Kumbaya my Lord’ deux fois par jour pendant dix jours. La respiration, la respiration... Ok, mais c’était quoi cette foutue respiration ! Il foutait quoi, Solal, là ? Pour le savoir, je fournissais un effort surhumain afin de tourner la tête vers mon frère en glissade sur le sol. Sans déconner ? « Tu crois vraiment que c’est le moment, Fred Astaire ? » je grognais entre mes dents, avant de lui broyer cette main qu’il m’offrait. J’aimais mon frère, je l’aimais de tout mon coeur, et c’est justement pourquoi, en cet instant, je n’étais pas en train de l’égorger avec mes ongles. J’espère qu’il en avait conscience. « Euh… bin… je sais pas moi ! Attends… euh… le petit chien ? C'est ça non ? Le petit chien !  » Le petit chien ? Vraiment ? Il avait pas un nom plus scientifique et rassurant en stock ? Du coin de l’oeil, j’observais tout de même sa démonstration, et m’y essayais à mon tour. J’enchainais tellement les expirations courtes et saccadées que j’en venais à hyperventiler et voir apparaitre des petites tâches blanches devant mes yeux. « Ca va là ? Tu pousses pas hein ? Le Doc a dit qu'il fallait surtout pas pousser ! » « JE SAIS ! » j’hurlais, oui, pour pas lui offrir le ‘ferme ta gueule’ qui me brûlait les lèvres, mais aussi parce que j’accusais, en même temps, une nouvelle envie de pousser qui me courbait en deux et me forçait à gémir en grimaçant. La bonne nouvelle dans tout ça ? J’avais pas besoin de lui répondre, il savait que ça n’allait pas. Genre pas du tout. « J'appelle la sage-femme ! » « A ce niveau-là, tu ferais mieux d’appeler Bruce Willis ! » je grinçais, toujours, dents serrées, mâchoire douloureuse, et tout le reste aussi. J’avais le bas ventre en feu, comme si quelqu’un s’amusait à y tremper une lame aiguisée, puis la retirer lentement, très lentement, trop lentement. Mais j’aimais ça. Comparé au reste, la lame rebroussant chemin était un soulagement. C’était toujours une véritable torture, mais tellement moindre que j’en poussais un soupir en me laissant, lourdement, retomber dans les oreillers. « C'est bon ! C'est bon, ils vont arriver ! » paniquait Solal que je découvrais, à présent, au-dessus de ma tête, appuyant frénétiquement sur... « C’est la pompe à morphine, ça. » j’annonçais calmement, la bouche pâteuse, la voix aussi, tout en élevant un bras pour déplacer sa main du haut vers le bas, le bouton d’appel se situant dans le lit à côté de moi. « Si ça avait été relié, j’pense que tu m’aurais tué... Ou offert le meilleur trip de ma vie. » Au choix. Cette fois, je ne criais pas, ne l’engueulais pas, ne l’accusais de rien. Non, je respirais, fatiguée, appréhendant la prochaine envie de pousser. Elle n’allait pas tarder, tout comme l’infirmière passant déjà la porte, son sourire s’effaçant immédiatement après avoir aperçu ma tête et les petits cheveux se collant, déjà, contre mon front. Sans un mot, elle passa entre mes cuisses, nouvelle place to be de la saison, n’y resta qu’un court instant, et nous offrit un « Je vais chercher le médecin. » au sourire crispé, avant de déguerpir. « J’vais mourir ! Je le savais, je vais mourir ! Elle reviendra jamais, le doc non plus. Sauve-toi, Solal ! Sauve-toi tant que tu le peux encore ! » Non, je n’exagérais pas du tout, et son col que j’attrapais pour ramener son visage jusqu’au mien, c’était pas du tout en trop. J’étais en train de me sacrifier pour sauver mon frère, j’avais bien le droit à une pointe de mélo, non ? « Personne ne va mourir. » Toujours là pour me contredire, celui-là, avec son sourire suffisant. Dire que je l’avais trouvé attirant. Pffffff, la faute aux hormones. « Vous êtes juste sur le point d’accoucher. » Juste ? JUSTE ??? Et la pastèque ? On en parle de la pastèque ! « J’veux une césarienne ! » Oui, voilà, excellente idée ! Surtout qu’ils faisaient des cicatrices super discrètes, maintenant. « Non, vous ne voulez pas une césarienne. » J’allais lui kicker la tronche à ce con. « JE VEUX UNE CESARIENNE ! » Sauf que j’arrivais pas à bouger la jambe. Pourquoi j’arrivais pas à bouger la jambe ? J’étais paralysée ? Ho mon dieu ! « On n’a pas le temps pour une césarienne, Astaria. À vrai dire, nous n’avons même pas le temps de vous conduire en salle d’accouchement. On va faire ça ici. » Quoi ? « QUOI ?! » Mais... Mais non, mais pourquoi ? « Je croyais que j’avais encore du temps, que le col était pas assez dilaté et que je devais pas pousser ? » Il souffrait d’amnésie fulgurante ou quoi ? Je voulais pas être accouchée par un mec atteint d’Alzheimer précoce ! « Sachant que là, je vois le sommet de son crâne, je pense que vous êtes prête. » Absolument pas ! Je n’étais pas prête ! Je n’étais pas prête ! « Je le suis pas ! Sol’ ! J’suis pas prête du tout ! » Oui, je pleurais, braquant mes yeux larmoyants en direction de mon frère, le seul apte à me comprendre, le seul qui, je l’espérais, pourrait raisonner le médecin, et m’obtenir une autorisation de sortie. « C’est pas grave, j’te jure, j’pourrais me faire à ce corps, j’m’habillerais au rayon grosses, j’m’en fous... J’te promets, j’pourrais l’encaisser, j’me plaindrais plus de pas voir mes pieds, mais... Rentrons. » Oui, rentrons. D’ailleurs, j’faisais même le geste de me redresser, m’appuyant sur les coudes pour soulever mon buste trop lourd. « Attrape mon sac et mon manteau, et rentrons. On reviendra plus tard, avec Lawrence. » Voilà une excellente raison ! J’pouvais pas accoucher sans le père, c’était pas concevable ! Pour une fois qu’il se rendait utile, celui-là. Du moins, son absence. J’étais déterminée, mon bras aussi, celui qui s’étendait en direction du porte manteau où se trouvaient mes affaires. Enfin, je l’étais pour les trois secondes suivantes, avant que cette envie, ce besoin de pousser me reprenne, et que me laisser retomber sur le matelas, mes mains agrippant mes genoux désespérément. « Poussez ! » « Non ! » « Poussez, Astaria ! » « Noooon ! » « Poussez ! Poussez ! » « NOOOOOOOON ! » j’hurlais, tout en poussant.


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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Jeu 26 Fév - 22:00

Death and birth, fucking circle of life
Astaria & Solal

Solal voulait être là pour sa sœur et la soutenir dans cette véritable épreuve qu'elle était en train de traverser. Mais il était loin, bien loin d'être un habitué de ce genre de situations. Alors, le jeune homme faisait du mieux qu'il pouvait, mettant un point d'honneur à faire sourire Astaria pour lui changer les idées. Mais en attrapant sa main pour la énième fois de la journée, Solal réalisa brusquement qu'il n'était plus temps de jouer. Il se précipita alors sur ce qu'il identifia comme un bouton d'appel, en promettant à sa sœur de faire venir une sage-femme très vite, mais cette dernière ne tarda pas à le corriger en lui apprenant qu'il s'énervait actuellement sur la pompe à morphine… ce qui ne ferait probablement pas venir la moindre sage-femme. « Oh… »  souffla-t-il simplement, en reprenant son tapotage frénétique sur le bon bouton, cette fois-ci. Cette démarche fut d'ailleurs bien plus efficace puisqu'une femme passa rapidement sa tête dans l'entrebâillement de la porte…. avant de disparaitre en prétextant qu'elle allait chercher le médecin. Et là, Astaria sembla lâcher prise encore une fois, agrippant son frère pour ramener son visage tout près du sien et le sommer de partir tant qu'il était encore temps. Elle en faisait clairement trop mais pour le coup, Solal n'eut aucune envie de rire. Au contraire, il s'évertua à lui répéter : « Arrête ! Dis pas n'importe quoi, Asta. Calme-toi ! »  Mais ce fut finalement l'arrivée du médecin qui coupa court aux plaintes de sa sœur… ou presque.

Tout s'enchaina très vite après l'arrivée du médecin, à tel point que Solal perdit un peu le fil de ce qu'il se passait devant lui, se positionnant plutôt en spectateur extérieur à tout ça. Astaria réclamait une césarienne, le médecin la lui refusait, elle insistait en lui rappelant qu'elle n'était pas prête… et lui annonçait qu'il voyait déjà le haut du crâne du bébé. Là, Solal se figea, les yeux écarquillés. Est-ce qu'il était sérieux ? Est-ce que le bébé était VRAIMENT en train d'arriver ?! Bien évidemment, il ne fut pas le plus choqué dans l'histoire et Astaria braqua immédiatement ses grands yeux larmoyants vers lui en répétant encore qu'elle n'était pas prête. « C’est pas grave, j’te jure, j’pourrais me faire à ce corps, j’m’habillerais au rayon grosses, j’m’en fous... J’te promets, j’pourrais l’encaisser, j’me plaindrais plus de pas voir mes pieds, mais... Rentrons. Attrape mon sac et mon manteau, et rentrons. On reviendra plus tard, avec Lawrence. » Joignant le geste à la parole, la jeune femme tenta même d'attraper son manteau alors que Solal rattrapait son bras pour le ramener vers elle en soufflant, un peu plus sévèrement que les fois précédentes : « Astaria ! On ne rentre pas ! Regarde-moi, c'est le moment, on ne rentre pas à la maison. Ecoute le médecin ! »  la somma-t-il en tentant de la ramener à la raison et de capter son regard… tentative qui échoua au moment où Astaria fut visiblement prise d'une nouvelle envie irrépressible de pousser. Elle sembla alors s'engager dans un véritable bras de fer avec le médecin, refusant à chacune de ses demandes de pousser… Pourtant, même si Solal n'était une fois de plus pas expert en la matière, il avait bel et bien l'impression qu'elle obéissait malgré elle aux ordres du médecin. Alors, reprenant son rôle tant bien que mal, le jeune homme vint se saisir de la main de sa sœur et passa sa main libre juste derrière sa tête sans pouvoir s'empêcher de déposer un baiser sur son front déjà recouvert de sueur. « Allez Asta ! Vas-y, c'est maintenant ! Je suis là… vas-y ! »  

Emi Burton
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Ven 27 Fév - 3:27



death and birth, fucking circle of life
J’étais dépassée. Comme dans un cauchemar. Non, pas ‘comme’, c’était un cauchemar ! Je ne sais absolument pas ce qui m’était passé par la tête en décidant de garder le bébé. L’accouchement me semblait tellement loin, à ce moment-là, pas de raison de s’inquiéter, de s’en soucier. Mais ça passait vite, trop vite, et brusquement vous vous retrouvez les cuisses écartées sur une table d’accouchement, avec un bataillon de toubibs organisant des visites guidées de votre vagin avec tour-operator. Manquait plus que les asiatiques armés de Nikon histoire d’immortaliser la vue exceptionnelle, pour parfaire le tableau, et on était bon. J’étais pas préparée à ça. J’étais pas préparée à accoucher ce jour-là, déjà, et à accoucher tout court, finalement, non plus. Ça ne passerait pas ! Je m’évertuais à le faire comprendre au médecin, mais il n’entendait rien ! Je le savais, moi, que ça ne passerait pas ! J’me connaissais un minimum, quand même ! Et la pastèque, désolée les gars, mais jamais de la vie, elle ne passerait par en bas. Comment Solal voulait-il que je me calme ? C’était facile pour lui, il n’avait pas à pousser comme un taré dans le vain espoir de faire passer un truc qui, de toute manière, ne passerait jamaiiiiiiiiiiis ! En quelle langue fallait-il que je le dise ? Et pourquoi on me refusait la césarienne ? J’faisais des efforts, déjà, j’acceptais d’accoucher ! Gros gros progrès par rapport à mon arrivée, une petite heure plus tôt. Ils étaient pas foutus de faire des compromis dans ce putain de pays ? Et voilà qu’il m’annonçait qu’il voyait la tête ? Et alors ? Tant qu’il ne le verrait pas en entier, y avait pas de quoi s’alarmer, et je pouvais rentrer chez moi. De toute façon, Lawrence n’étant pas là, je ne pouvais décemment pas faire ça en égoïste, on est d’accord ? On est d’accord. « Astaria ! On ne rentre pas ! Regarde-moi, c'est le moment, on ne rentre pas à la maison. Ecoute le médecin ! » Ha bah non, on n’était pas d’accord, visiblement. « Tu quoque, mi fili ! » Oui, j’étais d’humeur à plagier Jules César. Un bon jour, quoi ! Pas de ma faute si je me sentais autant trahie que l’empereur gisant dans une mare de sang. Il était mon frère, il était supposé me soutenir moi, pas le toubib qui, vraisemblablement, ne comprenait rien à la géométrie et n’avait aucune notion des distances. « J’peux pas, Solal ! J’peux pas ! C’est une pastèque ! Tu comprends ? Une pastèque ! » Pas sûr qu’il comprenne, non, mais ça ne m’empêchait pas de hurler. Enfin, jusqu’à ce qui devait être une contraction puissance mille, me frappe de plein fouet et me submerge d’un irrépressible besoin de pousser. Sauf que puisque le doc voulait justement que je pousse, je refusais. Dans les termes, pas dans les faits. À croire que Dame Nature s’avérait plus forte que moi, pour ce bras de fer, j’faisais pas le poids. Alors je poussais, tout en hurlant que je ne pousserais pas. Mais je poussais. Les dents serrées, les doigts crispés, le coeur au bord de l’implosion, des bas ventre complètement contracté, je poussais pour rien. Je sentais bien que ça ne servait à rien. Ça faisait un mal de chien, ça me déchirait de l’intérieur, m’épuisait, me vidait de toute énergie, mais rien ne passait. De toute façon, je l’avais dit que ça ne pouvait pas passer, c’était l’évidence même. « Allez Asta ! Vas-y, c'est maintenant ! Je suis là… vas-y ! » Il était là. Je ne le voyais pas, je ne voyais plus rien, mais il était là. « J’essaye, putain ! » je grognais sans reconnaître ma voix, dans un français qu’il était le seul à pouvoir comprendre. À bout de souffle, l’envie passée, je me laissais retombée dans les oreillers, aux portes de l’agonie. J’avais envie de pleurer, de hurler de frustration, mais même ça, j’en avais plus la force. Alors je me contentais de pleurer, je crois, à moins que ce ne soit des perles de sueur sur mes pommette, roulant jusque sur mes tempes. « C’est bien, c’est du beau travail, Astaria. » m’encourageait l’autre, la tête toujours entre mes cuisses. Comment il pouvait dire ça, ce con, alors que je poussais dans le vide ? « Respirez un coup, et on n’y retourne. » Quoi ? « Mais puisque j’vous dis que ça sert à r....aaaaaaah... » Nouvelle contraction, et corps qui se courbe à nouveau. Cette fois, j’en étais sûre, ce n’était pas de la sueur, pas seulement du moins. Je pleurais. Je pleurais de douleur, d’épuisement, de frustration. Je pleurais d’être là, à l’autre bout du monde, sans ma mère, sans mon père, sans même le père de l’enfant refusant de naître. Je pleurais d’être le deux février, je pleurais de trouille, aussi, trouille d’y rester, trouille d’en crever, trouille d’abandonner mon frère, de lui infliger une nouvelle perte, juste un an après. Parce que c’était ça, cette douleur irradiant mon corps, me faisant passer du statut d’être civilisé -ou presque- à celui d’animal primaire. Je ne me sentais plus femme, pas même humaine, j’étais... j’étais un morceau de viande qu’on détruisait de l’intérieur, un morceau de viande qu’on sacrifiait pour la survie d’un autre. « Encore ! Encore ! Ne vous arrêtez pas ! Encore un effort ! » Et mes larmes redoublèrent, secouant un corps qui ne pouvait plus l’être, secoué. Je le faisais cet effort, parce que je n’avais pas le choix, finalement, c’était instinctif, c’était mon corps qui décidait, pas moi. Et je m’affaissais à nouveau, mon regard à moitié éteint, à moitié possédé, se braquant sur mon frère, sur la seule chose familière au milieu de cet univers de bip et tuuut agressifs et dégueulasses. Un regard implorant. Implorant qui ? Lui. Implorant quoi ? Je ne sais pas. Je ne savais plus. La fin de tout ça, la fin de cette torture, la fin de ce cauchemar, la fin de ma folie, celle de donner la vie. « Je suis désolée... » je trouvais la force de lui souffler, avant que ça ne reprenne, que la vague me submerge et m’emporte, m’obligeant à pousser à nouveau, paupières closes à m’en faire mal, dents serrées, mâchoires douloureuses, et les entrailles en ruines. « Vous avez fait le plus dur, Astaria. » Oui, j’étais à moitié morte. Encore un dernier effort, et je ne serais plus. Mon coeur claquerait dans un bruit sinistre, et ne répondrait plus jamais au bip bip régulier de celui du bébé. « C’est presque fini. » Non, c’était fini. Pour moi, ça l’était. « J’peux plus... » j’allais y rester. J’allais réellement y rester. « Vous pouvez. » Putain, mais c’était quoi cette obsession de la contradiction ? « Sol... » j’appelais sans le voir, les yeux brouillés de larmes, une main cherchant, attrapant, serrant la sienne, de toutes les maigres forces qu’il me restait encore. « J’veux... » je voulais quoi ? Le voir. Ne voir que lui, en réalité. Alors je levais la main, attrapais le col de sa blouse, glissais jusque dans sa nuque, et rapatriais son visage jusqu’au mien. Je devais le voir, j’avais besoin de le voir. Et je le voyais, mes deux mains encerclant ses traits. « Bouge plus. » C’est tout ce que fut capable de fournir mon filet de voix brisé, avant que le tsunami me submerge à nouveau, mon corps se courbant vers l’avant, mon front venant, doucement, rencontrer celui de mon frère, et ne plus le quitter. J’avais plus la moindre force, mais lui, lui, il en avait encore pour deux. Et c’est ainsi que je fournissais ce dernier effort, puisant, vampirisant mon frère, jusqu’à ma délivrance en quelques mots : « Félicitations, vous êtes maman. » Désolée de ne pas partager votre enthousiasme, les gars, mais là, j’suis vannée. Et surtout, je n’avais plus vraiment conscience de rien. Juste d’être épuisée, éreintée, et que la torture venait de s’achever. Ou presque. « Vous voulez couper le cordon ? » Ca, ça ne m’était pas destiné, à moins qu’ils ne s’attendent à me voir me lever pour me séparer moi-même de ce cordon, ce qui n’aurait pas eu de sens. Solal, en revanche... Je ne sais pas s’il y est allé ou non, je ne sais pas s’il l’a fait ou non. Tout ce que je sais, c’est que lorsqu’on a posé la petite forme ensanglantée sur moi, il n’y avait plus de cordon. À vrai dire, il n’y avait plus rien. Plus de bip, plus de tuut, plus de monologue agaçant de la part du médecin, plus de médecin, d’ailleurs, en y repensant, plus de chambre à l’odeur aseptisée, plus de mur, plus de porte, plus rien... Il n’y avait que lui, juste là, contre moi, improbable et totalement naturel. Et puis Solal aussi. Juste nous, rien que nous. Aussi incrédule les uns que les autres, comme une réunion forcée et inattendue, et pourtant bien pensée. « On va l’appeler comment, ce petit gars ? » Oh ? Je... Déjà ? Je... Perdue, j’observais mon frère. Je crois que je pleurais encore, mais je ne savais pas trop pourquoi. Tristan. Ça devait être Tristan. C’était le prénom choisi par Lawrence, celui que j’avais validé sans vraiment être convaincue. C’était Tristan, il n’y avait pas de raison qu’il en soit autrement. Alors, pourquoi j’avais contemplé Solal en disant « Louis ? » Oui. Louis. Ça n’avait jamais été Tristan, ça ne serait jamais Tristan. C’était « Louis. » j’affirmais, décidée cette fois, confirmée dans mon choix, dans cette évidence, en me tournant vers la sage-femme, cette fois, celle qui m’ôtait mon bébé des bras.


with: Solal | date: 02/02/15
cassie at atf.
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MessageSujet: Re: Solal & Astaria - Death and Birth Lun 2 Mar - 12:16

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Astaria & Solal

Solal avait beau faire de son mieux pour ne rien montrer et se montrer présent et attentionné envers sa sœur, il ne se sentait pas moins inutile. Stupide, inutile, empoté, incapable de faire en sorte que sa sœur aille mieux, incapable même de lui donner raison puisqu'il se plaçait très clairement du côté du médecin. Astaria ne manqua d'ailleurs pas de lui signaler qu'elle se sentait trahie, ce qui fit esquisser une brève grimace à son frère avant qu'une nouvelle contraction ne vienne couper court à cet échange. Le médecin jugeait qu'Asta faisait du "beau travail" et même si cela ne semblait absolument pas la rassurer, son frère souffla un peu. Après tout, ce gars-là était censé s'y connaître non ? S'il annonçait une chose pareille, ça signifiait forcément que le calvaire de sa sœur était bientôt terminé. Et autant dire que Solal languissait ce moment au moins autant que sa sœur. Sœur qui lui lança un énième regard implorant à lui fendre le cœur, en s'excusant sans que le jeune homme ne comprenne réellement pourquoi. Il fronça les sourcils en apposant sa main sur le front d'Astaria mais une nouvelle fois, sa phrase fut coupée par une contraction qui projeta la jeune femme vers l'avant sous les encouragements du médecin.

Cette scène, il l'avait vue des tas de fois dans des films. L'homme, qui était en général le père du bébé, tendait sa main à sa femme qui la broyait trois minutes en hurlant, avant d'expulser un nourrisson tout rose, prêt à l'emploi, qui faisait instantanément oublier à sa mère les quelques instants d'enfer qu'elle venait de vivre. Mais cette fois, alors qu'il vivait la scène en direct, celle-ci n'avait plus rien de facile, ni même de beau. Cette fois, il s'agissait d'Astaria et le fait de voir qu'il ne servait strictement à rien et qu'il n'était même pas capable de calmer sa sœur, ça le tuait. Néanmoins, il continua, lui offrant sa main lorsqu'elle la chercha de nouveau, s'approchant d'elle lorsqu'elle l'attira brusquement à hauteur de son visage en lui ordonnant de ne pas bouger. Instinctivement, Solal essuya les joues de sa sœur, baignées de larmes et de sueur, qui rendaient l'image de son visage apeuré encore plus saisissante. Mais soudain, un nouveau spasme la secoua, la poussant même à coller son front contre celui de son frère qui en profita pour glisser sa main derrière sa tête en lui murmurant des tonnes d'encouragements, même s'il les savait inutiles. Et alors qu'il fermait les yeux à son tour, un petit cri les lui fit rouvrir brusquement au moment où le médecin annonçait : « Félicitations, vous êtes maman. » Solal hésita un peu à se détacher de sa sœur, mais lorsqu'on s'adressa à lui en demandant : « Vous voulez couper le cordon ? », il se redressa en hochant timidement la tête. Armé d'un ciseau de compétition, il suivit les instructions de la sage-femme et coupa donc ledit cordon en posant pour la première fois son regard sur son neveu. Instantanément, un sourire ému se dessina au coin de ses lèvres, alors que le médecin posait le bébé sur Astaria. Cette image-là, le jeune homme ne l'oublierait jamais. Il en était certain. Et lorsque sa sœur évoqua l'éventualité de troquer le prénom de Tristan contre celui de Louis, le sourire de Solal s'étendit un peu plus alors qu'il hochait la tête et revenait à hauteur d'Asta pour se pencher vers le bébé avant que la sage-femme ne s'en empare. Lançant tout d'abord un regard méfiant dans sa direction, le jeune homme se reconcentra finalement  sur sa sœur et se pencha vers elle pour déposer un énième baiser sur son front en soufflant : « Il est magnifique ! » comme pour répondre à ses craintes passées, celles qui l'avaient poussée à faire promettre à Solal qu'il devrait la prévenir si son enfant était moche. Et clairement, même si cela avait été le cas,  il aurait lui aussi été totalement incapable de le déterminer tant son admiration pour son neveu était grande. Pour son neveu, mais aussi pour sa sœur vers laquelle il se tourna de nouveau pour renchérir : « Je sais que deux fois dans la même journée, ça fait beaucoup, mais…  » Élargissant son sourire, Solal poursuivit après avoir observé Asta quelques instants : « Je t'aime. »

To be continued...

Emi Burton
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