It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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dolijah ❝ guilt is my new bff ❞

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MessageSujet: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Sam 17 Jan - 15:36

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


Cela faisait maintenant deux mois que le docteur Fitzgerald et moi avions « dérapé » dans la salle de repos. Et même si nous évitions clairement le sujet, et qu’il semblait avoir tenu sa parole, à savoir oublier ce qui s’était passé, ce n’était pas mon cas. De toute façon, même si j’en avais eu l’envie, cela m’était physiquement impossible. Mais nous n’abordions donc pas le sujet, et faisions comme si rien cette fin d’après-midi n’avait jamais existé. J’aurais aimé pouvoir me persuader que cela n’avait été qu’un rêve et que, finalement, j’avais dormi tout du long. Qu’il ne m’avait jamais rejoins dans cette salle et que je n’avais jamais abusé de lui. Mais ce n’était pas le cas. Je n’avais finalement pas quitté son service, même si j’hésitais toujours autant. Parce qu’il y avait des moments … ces instants où nos yeux se croisaient … ces sourires qui s’échangeaient … Et ce n’était pas normal. Rien de tout cela ne l’était. Pour dire vrai, je n’avais plus l’impression d’être moi, et ça, depuis un certain temps maintenant. Depuis ma rupture d’avec Joshua, en fait. J’avais changé de couleur de cheveux, et j’étais devenue totalement différente, telle une étrangère. Je ne me connaissais plus, pire, je ne me reconnaissais même plus. Et peut-être que c’était stupide, mais aujourd’hui, j’avais pris la décision de revenir en arrière. La nouvelle année avait débuté, et il était tant que je redevienne Dolce Preston. Et c’était donc tout sourire, arborant mon ancienne couleur de cheveux sur la tête, que j’entrais dans la chambre d’un de mes minis patients. J’ébouriffais rapidement ses cheveux, enthousiaste comme je ne l’avais plus été depuis longtemps. « Tu vas aller mieux, très vite ! » informais-je le petit garçon. Elliot était dans ce service depuis plus longtemps que moi. En fait, il avait été mon tout premier patient. Le premier à faire chavirer mon cœur. La première opération à laquelle j’avais assisté, c’était la sienne. Mon premier succès, cela avait été lui. Et maintenant … Maintenant, il allait enfin avoir une transplantation. Maintenant, il allait enfin guérir ! Je savais que je ne devais pas me réjouir. Après tout, qui disait organes pour un enfant, disait enfant décédé quelque part … Mais savoir qu’il allait enfin avoir des organes fonctionnels me remplissait d’une telle joie que j’en oubliais tout le reste. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs, parce que le problème avec la chirurgie, c’était que rien n’était jamais certain. Je savais qu’il pouvait faire un rejet, et que son corps pourrait ne pas accepter ces nouveaux organes. Mais j’étais positive. J’étais moi, tout simplement. Et le fait que j’ai la chance de pouvoir aller moi-même chercher ces organes, c’était juste merveilleux.  

Après lui avoir tout expliqué, dans un langage qu’il pourrait comprendre, je rejoignais le toit de l’hôpital, où un jet nous attendait. Le seul point négatif de cette histoire, c’était probablement le fait que j’allais devoir passer six heures, seule avec le docteur Fitzgerald. Mais bon, si c’était ce qu’il fallait pour qu’Elliot aille mieux, alors qu’il en soit ainsi ! Je voulais tenir la glacière, je voulais être certaine qu’il aurait ses organes. Je voulais que tout se passe bien, de A à Z. Je rentrais dans l’avion, avant de m’installer et d’attacher ma ceinture. Il ne manquait plus que mon supérieur. Peut-être qu’il ne viendrait pas ? Peut-être qu’une autre personne viendrait à sa place ? Je me surpris à espérer qu’il en soit ainsi. Mais j’en doutais fortement. Le docteur Fitzgerald était autant, sinon plus, impliqué que moi auprès d’Elliot. Et étant donné que c’était son idée d’aller chercher les organes … Je devinais qu’il ne manquerait ça pour rien au monde. Et déjà qu’il avait eu la gentillesse de penser à me demander d’y aller avec lui. Je ne savais pas comment il faisait pour continuer d’être gentil avec moi. Il essayait d’être professionnel, et en ça je le remerciais. Mais je ne savais pas comment il faisait. J’avais abusé de lui, j’avais profité de lui, de sa faiblesse, de sa douleur, de son mal-être. Comment pouvait-il m’avoir pardonné ? Je le vis rentrer dans l’avion, et s’installer en face de moi. Je détournais immédiatement mon regard, que je posais sur le hublot. Je voulais le remercier, mais je n’y arrivais pas. S’il avait pu me pardonner, ce n’était pas mon cas. Et soyons francs, ce n’était clairement pas retrouver mon ancienne couleur de cheveux qui m’y aiderait.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Lun 19 Jan - 21:23

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

L'exercice n'était pas anodin et à chaque fois qu'un tel évènement se produisait, une émotion bien particulière envahissait Elijah. L'un de ses jeunes patients  était en effet sur le point de recevoir un don d'organe, et ce après des années et des années d'attente et de traitements interminables. Malheureusement pour lui, le petit garçon faisait effectivement partie du paysage du service pédiatrie dirigé par Elijah, et ce depuis un certain temps déjà. Si bien que chaque médecin, chaque infirmière le connaissait par son prénom, et ne se privait pas de lui rendre une petite visite de temps à autres. ais bientôt, tout cela ne serait certainement plus possible puisque à force de relances et d'insistance, le docteur Fitzgerald avait enfin obtenu de faire passer son patient en priorité sur la liste des jeunes receveurs d'organes. Son état le nécessitait grandement, et ce fut d'ailleurs avec un soulagement non dissimulé qu'Elijah avait appris que des organes étaient enfin disponibles pour lui. En urgence, le chirurgien avait donc tenu à aller récupérer lui-même lesdits organes dans une clinique en dehors de New-York et pour cela, l'hôpital avait mis à sa disposition le matériel d'usage pour ce genre de situations. Et comme tout chirurgien et/ou chef de service qui se respectait, le jeune homme décida d'être accompagné d'un, ou plutôt d'une de ses internes. Il devait offrir cette opportunité unique au meilleur de ses élèves, comme une forme de récompense, mais aussi à celui ou celle qui s'occupait le plus régulièrement du petit Elliot. Et Elijah n'eut pas à chercher bien loin pour trouver la personne qui réunissait à elle seule tous ces éléments. Même si l'optique de voyager avec elle ne l'avait pas enchanté au premier abord, le chirurgien avait décidé de rester professionnel jusqu'au bout, et avait donc sélectionné Dolce pour l'accompagner.

Après l'épisode des plus gênants qu'ils avaient vécu tous les deux quelques semaines auparavant, Elijah se doutait bien que le voyage serait particulièrement long et la conversation difficile. Mais d'un point de vue strictement professionnel Dolce avait mérité sa place, et il était donc bien légitime qu'il la trouve déjà installée dans son siège lorsqu'il entra dans l'avion. En silence, le jeune homme fila donc s'installer en face de son interne qui détourna immédiatement les yeux en le voyant arriver. Faisant mine de ne rien remarquer de ce malaise, Elijah lança un « Bonjour. » discret. Mais même s'il tentait de le cacher, le chirurgien se trouvait au moins aussi mal à l'aise que la jeune femme en face de lui. A vrai dire, ils n'avaient encore jamais eu l'occasion de se retrouver ni même de parler en dehors du cadre du travail, et donc d'aborder le sujet épineux de leurs ébats écourtés en salle de repos. Le jeune homme laissa passer quelques minutes, espérant que l'appareil décolle au plus vite et l'aide, du même coup, à trouver un sujet de conversation potable. Mais le silence était toujours de mise, et lorsqu'il se fit trop pressant, Elijah fut contraint de se lancer : « Vous… j'espère que vous êtes satisfaite de faire partie du voyage. Vous verrez, ce sera très enrichissant. Prenez ça comme une opportunité, une occasion en or. Ce sera forcément un plus vis-à-vis des autres internes.  »

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Dim 25 Jan - 13:52

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


L’idée qu’Elliot aient enfin des organes me remplissait réellement de joie. Bien sûr, j’étais triste pour l’enfant qui était le donneur, mais je suivais Elliot depuis mon arrivée à l’hôpital. C’était pour lui que j’avais envie de devenir chirurgienne pédiatrique. Je me doutais pourtant qu’une fois que je serais dans le bloc opératoire pour récupérer les organes, et que je verrais le corps inerte du mini humain, je ne serais plus dans cette même bonne humeur. Mais pour le moment, c’était d’un pas très dynamique que je regagnais l’avion qui allait nous emmener, le docteur Fitzgerald et moi. Je m’installais tranquillement, évitant de penser au fait que nous ne nous étions pas retrouvés seuls depuis … l’incident en salle de repos. Je ne voulais pas y penser, tellement j’avais honte de moi. Je me détestais pour ce que j’avais pu lui faire, et depuis ce moment, j’avais eu bien du mal à me regarder dans le miroir. Et si j’espérais qu’arborer mon ancienne couleur de cheveux m’aiderait à redevenir moi-même, je doutais que l’effet escompté ne vienne rapidement. Et j’avais eu raison de douter de cela. Ce n’était qu’un premier pas, mais ce n’était pas suffisant. Je le réalisais encore plus maintenant, alors qu’il s’installait en face de moi dans l’avion et que je détournais immédiatement mon regard de lui, sans même le saluer. « Bonjour. » lança-t-il tout de même. Je posais mon regard sur lui, me mordant la lèvre inférieure de gêne. « Bonjour docteur Fitzgerald. » lui répondais-je d’une petite voix, avant de détourner presqu’aussi rapidement mon regard. Je n’arrivais tout simplement plus à le regarder, tant j’étais embarrassée. Peut-être qu’en parler une bonne fois pour toute nous ferait du bien et nous permettrait de mettre cet accident derrière nous. Mais je ne trouvais pas le courage d’aborder le sujet. Je ne trouvais tout simplement pas le courage d’aborder n’importe quel sujet de conversation, d’ailleurs.

Le silence se fit donc pesant pendant quelques minutes, où aucun de nous deux ne prit la parole. En même temps, de quoi pourrions-nous bien parler ? J’avais même sérieusement envisagé de quitter son service et de choisir une autre spécialité, juste pour ne plus avoir à le croiser de nouveau. Mais j’avais décidé d’être mature et de prendre sur moi. La chirurgie pédiatrique était ma passion, et je ne me voyais pas dans un autre domaine. Donc même si nous serions probablement gênés jusqu’à la fin de nos carrières, je ne pouvais pas abandonner pour cette seule raison. « Vous… j'espère que vous êtes satisfaite de faire partie du voyage. Vous verrez, ce sera très enrichissant. Prenez ça comme une opportunité, une occasion en or. Ce sera forcément un plus vis-à-vis des autres internes.  » rompit-il le silence. Je reposais mon regard sur lui, tout en acquiesçant, enthousiaste, de la tpete. « Oui, je suis plus que satisfaite. Je suis vraiment heureuse de faire partie du voyage. Elliot … Enfin c’est peut-être stupide, mais il est mon tout premier patient … Et donc … même si je sais que ce n’est pas bien, je me suis réellement attachée à lui. Et pouvoir suivre son opération de A à Z, c’est juste … merveilleux. » lui répondais-je, tout en faisant quelques pauses. « Merci beaucoup. C’est vraiment … Enfin merci de faire ça, malgré ce qui s’est passé … » reprenais-je, avant de baisser immédiatement les yeux à la fin de ma phrase. Je reportais mon regard sur le hublot, avant de reprendre. « J’aurais compris si vous m’aviez écartée … Après ce que j’ai fais … J’aurais compris. »

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Sam 31 Jan - 22:34

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

Elijah ne pouvait pas se targuer d'être très à l'aise en face de Dolce mais quoi qu'il arrive, il tenait à restait professionnel. C'était son rôle, et en tant que chef de service il n'avait aucun droit de déroger aux règles. Il l'avait déjà fait une fois, ce jour où il s'était plus ou moins autorisé à déraper avec Dolce, et cela était bien suffisant. Par chance, cet évènement malheureux n'avait pas encore donné lieu à une rumeur qui serait colportée dans tout l'hôpital, du moins pas à sa connaissance. Elijah s'était bien évidemment promis de ne pas commettre ce genre d'erreur une fois de plus, et c'était donc en tout bien tout honneur qu'il avait demandé à la jeune femme de participer à cette excursion strictement professionnelle. Quelque part, le chirurgien savait qu'il se mettait en danger en se confrontant à Dolce, et qu'il s'exposait à de longs moments de solitude pendant lesquels le silence règnerait. Mais s'il avait choisi son interne, c'était uniquement pour ses compétences ainsi que pour la relation toute particulière qu'elle avait avec leur jeune patient Elliot. Alors, à peine fut-il installé en face d'elle que le docteur Fitzgerald entama la conversation en l'orientant vers tout ce que ce voyage pourrait apporter à la jeune femme. « Oui, je suis plus que satisfaite. Je suis vraiment heureuse de faire partie du voyage. Elliot … Enfin c’est peut-être stupide, mais il est mon tout premier patient … Et donc … même si je sais que ce n’est pas bien, je me suis réellement attachée à lui. Et pouvoir suivre son opération de A à Z, c’est juste … merveilleux. » répondit-elle avec un enthousiasme qu'Elijah pu lire dans son regard, mais qu'elle modéra sans doute à cause de la situation bien particulière dans laquelle ils se trouvaient. Et après avoir marqué une pause, elle remercia son supérieur… non sans revenir à leur dérapage. Immédiatement, le jeune homme baissa les yeux en lâchant un petit soupir, alors que Dolce concluait : « J’aurais compris si vous m’aviez écartée … Après ce que j’ai fais … J’aurais compris. »

Même si l'exercice était difficile, Elijah finit par relever la tête et plonger ses yeux dans ceux de Dolce pour paraître plus persuasif. Pas certain de la marche à suivre, il se racla la gorge et après avoir laissé un bref silence s'installer, il répondit : « Tout ça ne doit en aucun cas interférer avec le travail. Vous êtes ici parce que vous l'avez mérité, tout simplement. Vous avez été au-dessus de vos camarades, et c'est tout ce que j'ai regardé. » expliqua-t-il sans réellement oser en venir aux faits. Mais elle avait lancé la conversation, et même s'il se serait volontiers passé de revenir sur tout ça, Elijah n'eut d'autre choix que de reprendre : « Pour ce qui est du reste… c'était une erreur. Et tout est de ma faute, je vous le répète. J'aurai du recadrer les choses dès le début, et je ne l'ai pas fait. Je suis désolé. » Le jeune homme aurait tellement voulu lui en dire plus, ou du moins pouvoir oublier son statut de supérieur quelques instants juste pour la réconforter. Mais cela lui était impossible et il le savait. Cette constatation le poussa d'ailleurs à baisser les yeux une fois de plus, sans pour autant l'empêcher de murmurer : « Je… j'veux pas que ça change quoi que ce soit… enfin j'veux dire… ça ne change en rien ce que j'ai toujours pensé de vous Dolce. Je ne veux pas que ça vous fasse oublier tout ce qu'il s'est passé avant, les promesses que je vous ai faites… » Car même si Dolce était une exception, Elijah avait effectivement partagé quelques moments de complicité avec elle avant leur dérapage plus ou moins contrôlé. « Je sais que je vous ai fait du mal… d'une manière ou d'une autre. Et je m'en veux, vous ne pouvez pas savoir à quel point. Je n'ai jamais voulu que ça se passe comme ça… » balbutia-t-il en réalisant qu'en réalité, il ne savait pas vraiment comment il aurait voulu que cela se passe. Quoi qu'il en dise, il était toujours indéniablement attiré par elle, et même s'il se refuser à l'avouer, les baisers qu'ils avaient échangé avaient été on ne peut plus agréables. Si bien que ce simple souvenir le troubla davantage, et le poussa à diriger son regard vers le hublot près de lui comme si ce simple geste lui suffirait pour se détacher de cette situation, et se mettre à l'abri des yeux de Dolce qui sentait glisser sur lui.  

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Dim 1 Fév - 15:34

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


Je sentais que le trajet en avion allait être long, très long. Il n’y avait qu’à voir à quoi avaient ressemblées nos salutations pour se douter que notre trajet serait accompagné d’un silence gênant. J’avais envie d’effacer tout ce qui s’était passé entre nous dans cette salle de repos. Réellement. Tout cela avait été une erreur, et je culpabilisais énormément pour ce que j’avais fait. J’aurais pu le tenir pour responsable, le blâmer pour ce qui s’était passé. Mais je savais qu’il ne l’était absolument pas. C’était moi la responsable. Moi qui avais dérapé. Moi qui avais profité de lui, alors qu’il était au plus mal et n’avait pas vraiment toute sa tête. Bon sang, je lui posé des questions sur son état, sur comment il se sentait depuis la mort de sa femme, et ensuite l’avais embrassé. Juste comme ça. Comment pouvait-il être encore gentil avec moi, après ce qui s’était passé ? Comment pouvait-il m’accorder le privilège de l’accompagner chercher les organes pour Elliot ? Mais lorsqu’il me demanda si j’étais satisfaite de faire partie du voyage, je ne pu réprimer mon réel enthousiasme. Bien sûr que j’étais satisfaite. Plus que ça même, j’en étais heureuse. Même si j’aurais compris qu’il m’écarte de ce cas, après ce qui s’était passé. Je savais que nous nous étions promis de ne pas en parler et de ne plus penser à cela, de faire comme si rien ne s’était passé. Mais d’une, cela m’était physiquement impossible, à cause de ma mémoire. J’en rêvé même la nuit, c’était dire à quel point cela me tourmentait. Je ne comptais plus le nombre de fois où je me réveillais en sueurs et cherchant à retrouver un souffle normal. Je ne pensais, pour ainsi dire, presqu’à ça. Et donc je remettais notre dérapage sur le tapis, lui disant que j’aurais compris. Après tout, j’avais même pensé à changer de spécialité pour ne plus me retrouver à ses côtés, tant j’étais gênée par sa simple présence.



« Tout ça ne doit en aucun cas interférer avec le travail. Vous êtes ici parce que vous l'avez mérité, tout simplement. Vous avez été au-dessus de vos camarades, et c'est tout ce que j'ai regardé. » anonnça-t-il. J’ouvrais la bouche, avant de la refermer immédiatement. Il avait probablement mal pris ce que je venais de dire. En même temps, je venais d’insinuer qu’il aurait pu ne pas être professionnel. Mais quelle idiote ! « Non non, je ne voulais pas dire ça comme ça. Enfin, bien sûr que vous êtes professionnel … » commençais-je, en m’emmêlant les pinceaux. « Enfin … vous êtes un bon titulaire. Vraiment. » reprenais-je en baissant la tête, de gêne. Un moment de silence s’installa, silence qu’il rompit de nouveau. « Pour ce qui est du reste… c'était une erreur. Et tout est de ma faute, je vous le répète. J'aurai du recadrer les choses dès le début, et je ne l'ai pas fait. Je suis désolé. » reprit-il avant de faire une petite pause. « Je… j'veux pas que ça change quoi que ce soit… enfin j'veux dire… ça ne change en rien ce que j'ai toujours pensé de vous Dolce. Je ne veux pas que ça vous fasse oublier tout ce qu'il s'est passé avant, les promesses que je vous ai faites… » Je ne le voulais pas non plus. J’avais toujours aimé notre lien. Oui, il n’était pas … conventionnel, dirons-nous. Mais nous avions toujours eu une étrange proximité, et une confiance s’était instaurée entre nous. Et cela me manquait. Beaucoup. Il me manquait, en fait. Maintenant … ce n’était plus que des échanges de regards en biais, avant de détourner les yeux instantanément dès que l’autre nous apercevait. « Moi non plus, je ne veux pas … Mais … » commençais-je, avant de me mordiller la lèvre inférieure. « Enfin … Vous me manquez, docteur Fitzgerald. » finissais-je d’une petite voix, avant de faire un sourire gêné. Très gêné, même, alors que je réalisais ce que je venais de dire. Et le fait que ce n’était absolument pas professionnel de ma part. « Je sais que je vous ai fait du mal… d'une manière ou d'une autre. Et je m'en veux, vous ne pouvez pas savoir à quel point. Je n'ai jamais voulu que ça se passe comme ça… » avoua-t-il, avant de détourner son regard pour le poser sur le hublot. Les larmes me montèrent rapidement aux yeux. « Alors pourquoi vous détournez le regard ? » lui demandais-je. Cela aurait pu être pris, à se méprendre, pour de l’insolence, si seulement ma voix n’avait pas été cassée. « Qu’est-ce que je peux faire pour … améliorer les choses entre nous ? » reprenais-je, toujours tête basse, alors qu’une larme coulait sur ma joue.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Sam 7 Fév - 12:15

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

Jusqu'ici, Elijah n'avait eu aucun mal à se faire respecter et à endosser son rôle de chef, de supérieur qui se devait de représenter l'autorité au sein de son service. Du moins, c'était ce que les apparences montraient. Car dans les faits, sa prise de fonctions avait évidemment été une véritable épreuve, lui qui n'avait jamais vraiment eu l'habitude de diriger une équipe et de se poser en tant que supérieur. Mais avec le temps, le chirurgien était parvenu à prendre ses marques, et à s'imposer comme un chef de service que beaucoup jugeaient réellement compétent. Seulement voilà, il y avait une seule et unique personne avec laquelle il avait bien du mal à agir de manière strictement professionnelle… et pour cause. D'ailleurs, l'exercice était encore plus difficile et périlleux depuis quelques temps. Depuis qu'il avait croisé Dolce dans cette salle de repos et que leur entrevue avait totalement dérapé.  Et alors qu'ils étaient installés l'un en face de l'autre dans l'avion, Elijah eut la surprise de constater que Dolce revint la première sur tout ce qu'il s'était passé. Un peu décontenancé sur le moment, il tenta néanmoins de faire bonne figure en expliquant son choix par des raisons totalement extérieures au fait qu'ils aient failli commettre une terrible erreur tous les deux. Paniquée, la jeune femme s'empressa alors d'affirmer qu'il était un bon titulaire, ce à quoi il répondit par un hochement de tête. A vrai dire, il n'avait jamais douté de ce qu'elle pensait de lui, et savait pertinemment qu'elle n'avait pas sous-entendus qu'il manquait de professionnalisme. Aussi, le chirurgien poursuivit son discours sans s'attarder sur la question.

« Moi non plus, je ne veux pas … Mais … Enfin … Vous me manquez, docteur Fitzgerald. » avoua finalement Dolce, visiblement mal à l'aise. En l'entendant, Elijah se crispa et ferma les paupières quelques instants en laissant échapper un petit soupir. Il lui manquait. Et bien évidemment, ce sentiment était plus que réciproque, mais  avait-il le droit de le lui avouer ? Ce professionnalisme dont elle parlait quelques instants plus tôt le lui permettait-il ? Elijah en doutait réellement, et s'abstint donc de tout commentaire, préférant poursuivre une nouvelle fois son discours en faisant mine de ne pas relever la réflexion pourtant si importante de Dolce. Mais alors qu'il détournait finalement les yeux, incapable de soutenir le regard de la jeune femme plus longtemps, cette dernière sauta sur l'occasion. « Alors pourquoi vous détournez le regard ? Qu’est-ce que je peux faire pour … améliorer les choses entre nous ? » Pas vraiment habitué à la voir insister autant, à la voir le mettre devant le fait accompli et devant cette irréfutable preuve de lâcheté, Elijah commença par froncer les sourcils. Mais lorsque son regard se posa sur le visage de Dolce, et qu'il y découvrit une larme perler sur sa joue, son expression changea pour se faire moins dure. Et après quelques instants de silence, il reprit à mi-voix : « Je détourne le regard parce que vous me manquez aussi. Et que je n'ai pas le droit de penser ça.  » Le ton qu'il avait adopté avait quelque chose de glacial, sans qu'il ne l'ait voulu particulièrement. Mais la vérité était là, et elle ne leur laissait aucune autre issue que celle de tirer définitivement un trait sur cette histoire, en ravalant tous les regrets et les sentiments cachés qu'ils éprouvaient. D'ailleurs, le chirurgien ne tarda pas à reprendre : « On ne peut pas… vous ne pouvez pas améliorer les choses. On a fait une erreur, sur toute la ligne. Maintenant, il faut juste… je sais pas, essayer de redevenir ce qu'on aurait du être depuis le début. Un titulaire et une résidente, rien de plus. Vous savez que je vous considèrerai toujours un peu différemment, mais on doit passer outre, on ne doit rien montrer et… ça passera. » tenta-t-il d'expliquer, alors qu'il avait lui-même l'impression de s'embrouiller dans son propre discours. Perdu , désemparé face à cette situation qu'il ne contrôlait absolument pas, Elijah était tout bonnement incapable de savoir comment se sortir  de ce faux pas. Lui qui était pourtant censé montrer la voie à ses internes se retrouvait brusquement sans solution, et cette situation était pour lui aussi inédite qu'effrayante.

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Dim 8 Fév - 15:05

elijah & dolce

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La vérité, c’était que le docteur Fitzgerald et moi n’avions jamais réellement entretenue une relation … ordinaire. Enfin, lorsque je le comparais avec mes autres titulaires, je voyais bien que c’était différent. Bien sûr, la majorité de mes titulaires m’accordait une entière confiance lorsqu’il s’agissait de la chirurgie. Et j’étais très souvent demandée, d’ailleurs. Mais le docteur Fitzgerald … Cela ne concernait pas que la chirurgie. Il y avait toujours eu une certaine proximité entre nous, même si je n’avais jamais réellement compris pourquoi. Et si j’avais été gênée et embarrassée de pleurer devant lui, lorsque les choses n’allaient plus entre Joshua et moi, cela m’avait paru finalement presque naturel de me confier à lui. Et maintenant, tout était gâché. J’avais tout gâché. Tout ça parce que j’avais été trop fatiguée pour me maîtriser, tout ça parce que j’avais franchi une barrière pourtant infranchissable. Il avait beau me dire que cela ne changeait rien entre nous, que nous restions professionnel, que nous pouvions travailler ensemble … Je ne le croyais pas vraiment. Après tout, pourquoi est-ce qu’il détournait le regard sinon ? Pourquoi est-ce que le hublot lui semblait bien plus intéressant que moi ? Enfin, pas que je sois particulièrement intéressante non plus. Mais je l’étais plus qu’un hublot. Ou du moins, je l’avais été pour lui, avant toute cette histoire. « Je détourne le regard parce que vous me manquez aussi. Et que je n'ai pas le droit de penser ça. » me répondit-il d’une voix qui me glaça, m’arrachant une autre larme qui coula sur ma joue. Je l’essuyais rapidement, mais cela ne m’empêchait pas de sentir mes lèvres trembler. Je détestais la situation dans laquelle nous nous trouvions. Pourquoi est-ce que j’avais tout gâché ? Je voulais tellement améliorer les choses, que tout redevienne comme avant. « On ne peut pas… vous ne pouvez pas améliorer les choses. On a fait une erreur, sur toute la ligne. Maintenant, il faut juste… je sais pas, essayer de redevenir ce qu'on aurait du être depuis le début. Un titulaire et une résidente, rien de plus. Vous savez que je vous considèrerai toujours un peu différemment, mais on doit passer outre, on ne doit rien montrer et… ça passera. » finit-il par répondre, tandis que d’autres larmes remplaçaient à présent les précédentes.

Je lâchais un long soupir, avant de poser ma tête contre la paroi de l’avion. Mais je ne répondis rien. Que répondre à cela ? Nous n’avions jamais été qu’un titulaire et une résidente. Je ne savais pas ce que nous avions été, mais cela n’était pas le sujet et j’étais assez perturbée comme ça pour y penser. Ce que je savais, c’était qu’il était plus que mon supérieur, et que j’espérais être plus qu’une simple résidente en chirurgie, qu’une simple élève. Et cela semblait être le cas, puisqu’il avouait qu’il me considérerait toujours un différemment des autres. Mais je ne voulais pas spécialement ça. Je ne voulais pas spécialement être différente des autres résidents. Après tout, j’avais ressenti ce sentiment de différence toute ma vie, toute ma scolarité. Non, ce que je voulais … Ce que je voulais, c’était simplement que tout redevienne comme avant. Pas avant notre rencontre, pas avant que nous ne soyons collègues. Non, avant mon écart, avant cette salle de repos qui avait tout gâché. La scène se déroulait devant mes yeux, de nouveau. Je me revoyais précisément lui tourner la tête pour déposer mes lèvres sur les siennes. Je me revoyais l’ignorer lorsqu’il disait que l’on ne pouvait pas faire ça. Je me revoyais enlever mon haut, puis finir d’enlever le sien. Je fermais les yeux à se souvenir bien trop chamboulant pour moi, puis lâchais un autre soupir. « Donc on fait quoi ? On ne parle plus que de chirurgie ? On ne parle plus que nos patients ? Et lorsque l’on se croise, on ne sort plus que les banalités coutumières ? » demandais-je d’une petite voix lasse, les yeux toujours fermés. Je marquais une pause, réalisant que je n’avais vraiment pas envie que cela ne devienne comme ça entre nous. Non, je ne le voulais pas. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais, en fait, mais je savais que je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas que nous devenions des étrangers, alors que nous nous étions pourtant si rapprochés. « Je ne veux pas ça … » m’entendais-je prononcer, sans vraiment m’être aperçue que ces mots avaient franchi mes lèvres jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Mer 11 Fév - 17:32

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Dolce & Elijah

Elijah avait beau chercher, se retourner le cerveau plusieurs fois pour tenter de trouver les mots justes, tout cela lui était impossible. Lui-même ne savait plus vraiment où il en était, ni même ce qu'il attendait de cette discussion dans laquelle ils s'étaient tous les deux lancés. A l'heure actuelle, il en venait même à se demander si le fait de laisser Dolce l'accompagner pour ce voyage avait été une bonne idée. Certes, il prônait depuis le début le côté professionnel de sa présence ici avec lui… Mais dès l'instant où elle avait abordé le sujet épineux de leur dérapage, ce professionnalisme s'était littéralement envolé. Bien malgré lui, Elijah ne pouvait nier qu'il s'agissait maintenant de sa vie personnelle, de ses propres sentiments et non des devoirs qui lui incombaient en tant que chef de service. En face de Dolce, il en avait d'ailleurs toujours été ainsi. Tout allait un peu plus loin que les conventions quand elle était là. Les regards qu'ils échangeaient en se croisant dans les couloirs, leur étrange complicité pendant les opérations qu'ils effectuaient ensemble… Rien de tout cela n'avait en réalité sa place dans un hôpital, et plus particulièrement entre un supérieur et son interne. Peut-être avait-il trop attendu avant de réagir ? Peut-être s'était-il laissé porté par cette affection bizarre qu'il éprouvait pour elle, si bien qu'il en avait oublié ses obligations ? Quoi qu'il en soit, Elijah avait forcément fauté à un moment ou à un autre, et il en payait aujourd'hui une partie des conséquences.

En cet instant, le chirurgien était plutôt rude dans sa façon de parler mais c'était à peu près la seule manière qu'il avait trouvé pour réaffirmer son autorité. Pour se protéger aussi, sûrement. Et pour se convaincre lui-même de ce qu'il avançait. Car même s'il pouvait paraître sûr de lui, Elijah ne contrôlait absolument plus rien. Il aurait tant voulu se confier, pourvoir demander conseil à quelqu'un…. mais la situation faisait qu'il n'avait personne. Personne à qui parler de cette histoire interdite, qui prenait de plus une toute autre signification maintenant que Dana était partie pour de bon. Tout se bousculait donc dans la tête du docteur Fitzgerald, lorsque Dolce vint en remettre une couche en énumérant ces attitudes qu'ils se devaient tous deux d'adopter, mais qui représentaient aussi tout ce dont Elijah n'avait pas envie… Bien sûr, il s'abstint d'aborder ce point mais la jeune femme n'eut besoin d'aucun coup de pouce pour souffler en le devançant : « Je ne veux pas ça … » Une fois de plus touché en plein cœur, le jeune homme ferma les yeux quelques instants, comme pour faire abstraction de ces larmes qui coulaient toujours sur les joues de son interlocutrice puis lâcha un énième soupir, témoin d'un certain agacement qui montait en lui. « Alors qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ?!  » grommela-t-il en réalisant sa propre incapacité à lui apporter ce qu'elle cherchait, ce qu'ils cherchaient probablement tous les deux. « Dolce, vous savez bien que je ne peux rien vous donner de plus. Je suis votre supérieur, c'est tout. J'ai fait une erreur en vous considérant différemment des autres internes… Je n'aurai jamais du me rapprocher de vous comme je l'ai fait. Mais ça ne veut pas dire que vous n'en valez pas peine ! C'est simplement que… ce n'est pas mon rôle. Ca ne pourra jamais l'être. » Ses paroles étaient probablement extrêmement dures à entendre, mais elles l'étaient au moins autant à prononcer. Il se faisait lui-même beaucoup de mal en mettant des mots sur tout ça, mais ne pouvait néanmoins pas s'empêcher de penser que c'était la meilleure chose à faire. « Je suis désolé. » conclut-il en fronçant légèrement les sourcils, alors qu'il trouvait enfin la force et le courage d'affronter le regard rempli de larmes de son interne.

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Lun 16 Fév - 18:06

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


Je regrettais amèrement ce qui s’était passé dans cette salle de repos. Si seulement je n’avais pas enchaînées les gardes, au point d’en être épuisée. Si seulement j’avais pris la décision de simplement traverser l’avenue pour rejoindre mon appartement. Si seulement, je m’étais immédiatement rendormie, ignorant qu’il était présent. Nous n’en serions pas là, aujourd’hui. Nous ne serions pas distants, nous serions comme avant. Et oui, même si avant, ce n’était pas une banale relation entre un titulaire et sa résidente, j’aimais ce que nous avions. Chaque jour, l’idée de le voir m’enchantait. Et maintenant … J’étais tout le temps nerveuse à cette idée, ne sachant pas quoi faire pour arranger les choses entre nous. Mais est-ce que nous allions réellement y arriver ? Pour autant, je ne voulais pas que nous ne fassions que nous croiser dans les couloirs de l’hôpital sans nous adresser la parole, ou simplement les diverses banalités habituelles. Non, j’aimais ce que nous avions. Même si je ne savais pas exactement de quoi il s’agissait, j’aimais ça. J’aimais notre complicité, nos discussions. Et je voulais que tout redevienne comme avant. Comme si l’incident de la salle de repos n’avait jamais eu lieue. Mais pourquoi avait-il fallu que nous dérapions à ce point-là ? Je ne comprenais même pas ce qui avait bien pu se passer, ce jour-là. Après tout, je n’avais jamais regardé le docteur Fitzgerald de cet œil-là. Jamais. Je ne savais pas vraiment comment je le regardais, mais je ne le voyais pas ainsi. Donc pourquoi est-ce que j’avais profité de lui, de sa faiblesse et de sa tristesse de cette façon ?

Les mots qu’il employait maintenant me donnaient réellement envie de pleurer. Et je ne contrôlais pas vraiment les larmes qui coulaient sur mes joues, de toute façon. Cette conversation était vraiment trop douloureuse pour moi. Même si je ne savais pas vraiment pourquoi. Après tout, dès le début, dès la première fois que nous nous étions vus, nous aurions dû n’avoir qu’une banale relation entre titulaire et résident. Comme celle que j’avais avec mes autres titulaires, d’ailleurs. Donc pourquoi est-ce que je me sentais ainsi, si mal ? « Alors qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ?!  » me demanda-t-il, me faisant redoubler mes pleurs. « Mais j’en sais rien ! » sanglotais-je sans oser le regarder pour autant. Je n’en savais rien. Du tout. Je ne voulais juste pas ce qu’il proposait. « Dolce, vous savez bien que je ne peux rien vous donner de plus. Je suis votre supérieur, c'est tout. J'ai fait une erreur en vous considérant différemment des autres internes… Je n'aurai jamais du me rapprocher de vous comme je l'ai fait. Mais ça ne veut pas dire que vous n'en valez pas peine ! C'est simplement que… ce n'est pas mon rôle. Ca ne pourra jamais l'être. » commença-t-il avant de faire une pause. « Je suis désolé. » Je sentais son regard sur moi, alors je fis l’effort de tourner ma tête de l’hublot pour le regarder, moi aussi, à travers mes larmes. « Pourquoi on ne peut pas faire comme si rien ne s’était jamais passé ? »  lui demandais-je d’une voix lasse. Bien sûr, à cause des disfonctionalités de ma mémoire, j’en étais incapable. Mais peut-être que je pourrais faire comme si ? « Parce que même si vous n’auriez pas dû me traiter différemment … Vous l’avez fait et … » reprenais-je, laissant ma phrase en suspens. « Je sais pas … » répétais-je, détournant mon regard de lui de nouveau.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Lun 23 Fév - 17:42

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

Peut-être était-il un peu trop dur dans ces propos, mais Elijah avait le sentiment d'être coincé, prit au pige de ses propres sentiments et incapable de s'en tirer d'une quelconque manière que ce soit. Il n'avait pas le droit de céder à la tentation parce qu'il venait de perdre sa femme, parce qu'elle était son élève, parce qu'elle était beaucoup trop jeune pour lui… Mais il ne pouvait pas non plus se résoudre à s'éloigner d'elle sans plus jamais faire cas de ce qu'il s'était passé entre eux. Car le hic était là. Jusqu'ici, Elijah vivait cette attirance qu'il avait toujours éprouvé pour Dolce seul, sans qu'elle n'en sache rien. Mais après le baiser qu'ils avaient échangé, et surtout l'épisode torride qui avait suivit et avait bien failli déraper, le médecin n'était plus seul. Désormais, ils étaient tous les deux dans cette galère, tous les deux à se demander ce qu'ils attendaient l'un de l'autre sans pour autant pouvoir apporter une réponse claire à cette question. Une chose était certaine cependant : Elijah ne voulait pas la perdre. Même s'il n'en avait pas le droit, il s'était attaché à Dolce, et le simple fait de la voir pleurer en face de lui sans s'autoriser à la prendre dans ses bras était un véritable supplice. Mais il y avait toutes ces obligations, tous ces codes et ces règles de bon sens qui lui criaient qu'elle ne pourrait jamais lui appartenir. Aussi, Elijah tenta tant bien que mal de s'expliquer à ce propos, en lui assurant qu'il ne pourrait jamais lui donner ce qu'elle attendait de lui. C'était douloureux à avouer mais une fois encore, il était de son devoir de le faire. De mettre un frein à tout cela avant qu'ils ne se blessent encore davantage à grands coups de faux espoirs et de souhaits irréalisables.

« Pourquoi on ne peut pas faire comme si rien ne s’était jamais passé ? » murmura la jeune femme, faisant de nouveau relever le regard d'Elijah vers elle, qui serra la mâchoire en croisant ses yeux rougis par les larmes. Mais avant qu'il n'ait pu prononcer le moindre mot, Dolce le devança et poursuivit : « Parce que même si vous n’auriez pas dû me traiter différemment … Vous l’avez fait et … Je sais pas … » Elle n'osait même plus le regarder et quelque part, ce geste lui faisait aussi mal que tous les mots qu'il avait bien pu prononcer. Elijah se pencha alors vers l'avant et tendant le bras vers Dolce, vint se saisir d'une de ses mains sans vraiment y réfléchir. Il avait… juste besoin de la toucher, de retrouver une forme de contact avec elle, contact qu'elle avait brisé en détournant les yeux. « Je l'ai fait parce que je n'ai pas pu faire autrement… C'était… au-delà de tout ce que je pouvais contrôler. Vous m'avez toujours fasciné Dolce, dès les premiers instants. Et… j'ai été attiré. Par vous, par ce que vous êtes… » avoua-t-il enfin, lâchant le mot qui lui trottait dans la tête depuis des lustres sans jamais qu'il n'ose lui faire franchir la barrière de ses lèvres. « Jusqu'à présent, je me persuadai que tout ça n'était pas réciproque. Que ce n'était qu'une vue de mon esprit torturé, qu'une idée parmi d'autres qui finirait par disparaître…  » Mais l'idée était toujours là, plus que jamais. « C'est très gênant pour moi de vous avouer tout ça mais… je préfère que vous le sachiez. Que vous sachiez que je n'ai pas répondu à votre baiser sous le coup de la fatigue, ou de je ne sais quoi d'autre encore… Je l'ai apprécié à sa juste valeur, vraiment. Mais ça n'enlève rien de ce que je vous ai dit toute à l'heure… on ne peut pas. » souffla-t-il pour conclure, sans savoir s'il était soulagé de lui avoir tout avoué, ou totalement fou de lui exposer ainsi des sentiments qu'il s'évertuait jusqu'ici lui-même à refouler.

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Dim 8 Mar - 22:12

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


Je n’arrivais pas à stopper les larmes qui coulaient sur mes joues, malgré tous les efforts que je pouvais faire. Ce qu’il disait … Les mots qu’il employait, étaient bien trop durs pour moi. Et le pire était probablement que je n’arrivais pas à m’en expliquer la raison. Après tout, il était mon supérieur. Et si je m’en voulais terriblement d’avoir autant fauté ce soir-là, dans la salle de repos … Et bien, je ne devrais pas être si … Déçue ? Triste ? Par le fait qu’il mette de la distance entre nous. Et sérieusement, qui pouvait l’en blâmer ? J’avais tellement dérapé. Au pire moment possible, en plus. Il était en plein deuil, il venait de perdre sa femme. Et je l’embrassais. Et je lui forçais la main pour ne pas qu’il me repousse. Comment pourrais-je le blâmer de m’éviter et de rompre tout contacts, autres que professionnels, avec moi ? En soit, il avait raison. Il m’avait traitée différemment des autres internes. Il l’avait toujours fait. Et c’était d’ailleurs pour ça que j’avais tant de mal avec la froideur qu’il m’accordait à présent. Je n’aimais pas du tout ce masque qu’il portait. Ce masque froid, distant. Mais comme je le lui disais si bien … je ne savais pas ce que je voulais. Je n’en avais réellement aucune idée. Je me passais une main dans les cheveux, les décoiffant à moitié, avant de soupirer. Cette conversation m’attristait réellement, et j’étais fatiguée. Peut-être que je pourrais dormir le temps du trajet ? C’était toujours mieux que de nous regarder le blanc des yeux, non ? Pourtant, la phrase qu’il prononça ensuite me réveilla instantanément. « Je l'ai fait parce que je n'ai pas pu faire autrement… C'était… au-delà de tout ce que je pouvais contrôler. Vous m'avez toujours fasciné Dolce, dès les premiers instants. Et… j'ai été attiré. Par vous, par ce que vous êtes… » Je restais bouchée bée, pantoise, incapable de faire autre chose que d’écarquiller les yeux. Attiré par moi ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Attiré comment ?

J’étais incapable de lui répondre, incapable de bouger. Incapable de faire le moindre mouvement. Tout ce que je pouvais faire, c’était le regarder les yeux ronds, tandis qu’il continuait, comme s’il ne remarquait l’ampleur des mots qu’il venait d’employer. « Jusqu'à présent, je me persuadai que tout ça n'était pas réciproque. Que ce n'était qu'une vue de mon esprit torturé, qu'une idée parmi d'autres qui finirait par disparaître… » reprit-il. Il fallait que je parle. Maintenant. Je n’étais pas attirée par lui ! Non ! Il était mon professeur ! Oh mon Dieu ! Je passais une main sur ma bouche, avant de déglutir. Je n’étais pas attirée lui. Mon cerveau me repassait en boucle les instants que nous avions partagés, et je les voyais malheureusement plus que clairement. Est-ce que j’étais … ? Non, bien sûr que non ! A moins que … Non ! C’était mon professeur ! Je l’admirais, ça oui. Et il m’impressionnait, aussi. Beaucoup. Mais non, je n’étais pas attirée par lui. Bien sûr que non ! Je ne pouvais pas l’être ! « C'est très gênant pour moi de vous avouer tout ça mais… je préfère que vous le sachiez. Que vous sachiez que je n'ai pas répondu à votre baiser sous le coup de la fatigue, ou de je ne sais quoi d'autre encore… Je l'ai apprécié à sa juste valeur, vraiment. Mais ça n'enlève rien de ce que je vous ai dit toute à l'heure… on ne peut pas. »  Je déglutissais lentement, avant de me lever vivement et de commencer à tourner en rond. Il fallait que je marche. Il fallait que je bouge. Il fallait que je fasse quelque chose, autre que de rester planter là, à le regarder sans rien pouvoir dire. Je lâchais un rire nerveux, avant de respirer plus bruyamment et rapidement. Voilà que j’allais faire une crise de panique, de mieux en mieux. Combien de temps aller durer ce trajet, déjà ? Combien de temps ? Il fallait que je sorte d’ici, et vite. Il fallait que je parte. Je repassais une main dans mes cheveux, tentant de récupérer vainement une respiration plus normale. « Attiré par moi ? »  répétais-je, avant de me forcer à inspirer. « Comment vous pouvez être attiré par moi ? »  reprenais-je, me tâchant de remplir mes poumons d’air. « Oh mon Dieu … » Ma main recouvrit de nouveau ma bouche, alors que je tentais de comprendre ce qu’il se passait. « Est-ce que je suis attirée par vous aussi ? Oh mon Dieu … »  La crise d’angoisse commençait réellement à se faire sentir. « Je n’en sais rien … J’y ai jamais pensé … Je … »  J’étais plus que confuse. J’étais incapable de réfléchir convenablement. Je n’avais eu qu’un petit ami, j’y connaissais rien ! Je ne l’avais jamais regardé ainsi … Je n’y avais jamais pensé, en fait. Enfin, il était mon professeur, comment est-ce que j’aurais pu y penser ? « Mais … Depuis quand ? »  lui demandais-je, me retournant vivement vers lui. Je reculais d’un pas alors qu’il se levait à son tour, cherchant à mettre de la distance. Il ne fallait pas qu’il soit trop proche. Non, je ne pouvais pas être attirée par lui. Est-ce que je l’étais ? Est-ce que je ressentais quelque chose pour lui ? « Depuis quand vous êtes attiré par moi ? » reprenais-je, essayant de lui poser plus clairement la question. « Et … Est-ce que je vous ai déjà montré des signes qui … Enfin, qui auraient pu vous faire croire que c’était réciproque ? » Je sentais la honte me parcourir. La culpabilité, aussi. Peut-être que je lui avais fait croire des choses ? Peut-être que … Ou est-ce que c’était la réalité ? Je pensais à cette soirée, celle que j’avais fait tant de vains efforts pour l’oublier. Je la revoyais parfaitement, se déroulant devant mes yeux. Je me mordis la lèvre en y repensant, tant ce que je ressentais pouvait être fort, tout en étant incroyablement confus à la fois. J’étais juste incapable de savoir si tout ceci avait été lié à la fatigue ou non. J’avais réellement eu envie de lui, ce soir-là, non ? Mais était-ce parce que j’avais eu l’impression de faire un rêve éveillé ? Ou alors était-ce quelque chose que j’avais enfouie profondément en moi depuis longtemps ? Je lâchais un long soupir, avant de parcourir la maigre distance qui nous séparait. Je le regardais rapidement, le cœur battant à tout rompre. Et refusant d’écouter mon cerveau qui ne cessait de mouliner, j’agissais. Je posais mes lèvres sur les siennes, et mémorisais chacune des sensations que ce baiser pouvait me procurer. Puis je m’éloignais de lui, vivement, remettant cette nécessaire distance entre nous.  « Merde …  Je crois que je le suis aussi … » finissais-je par lâcher, sans oser le regarder.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Jeu 12 Mar - 19:32

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

Jamais Elijah ne se serait cru capable de déballer ainsi ses sentiments à qui que ce soit, et encore moins à Dolce qui était de loin la principale concernée. A vrai dire, il n'avait encore jamais eu le cran de ses les avouer à lui-même, alors ce qu'il venait de faire… c'était de la folie. D'ailleurs, suite à ses révélations, Elijah resta interdit quelques instants, les yeux rivés vers une Dolce qui semblait au moins aussi abasourdie que lui. Comment avait-il pu faire ça ? Comment avait-il pu être assez stupide pour se dévoiler ainsi, alors qu'il rabâchait depuis des lustres qu'un rapprochement avec son interne lui était totalement interdit, voire même déplacé ? En temps normal, le médecin était plutôt discret, posé, très avare de révélations sur lui-même et sur son passé. Mais cette fois, il s'était laissé aller sans même s'en rendre compte, sans réaliser ce qu'il était en train de faire et tout ce que cela impliquait. Dans un premier temps, ses aveux eurent au moins l'avantage de stopper le flots de larmes qui coulaient encore sur les joues de Dolce. Trop surprise et probablement choquée pour faire ou dire quoi que ce soit, elle resta immobile quelques instants avant de se redresser d'un bond et de quitter son siège pour aller faire les cents pas un peu plus loin. Là, la jeune femme enchaina les questions sans qu'Elijah ne parvienne à déterminer si elle attendait réellement une réponse de sa part ou non. Elle avait de toute façon l'air tellement paniquée qu'il n'aurait pas eu le temps de s'expliquer entre chacune de ses interrogations. Et quand bien même, le médecin n'était pas certain de détenir lui-même les réponses à ces questions qu'il s'était posé tant de fois. « Mais … Depuis quand ? » enchaina-t-elle alors qu'Elijah quittait à son tour son fauteuil. « Depuis quand vous êtes attiré par moi ? » Le docteur Fitzgerald laissa échapper un soupir en secouant légèrement la tête, comme s'il cherchait en son for intérieur des indications, des souvenirs qui pourraient lui permettre de répondre. Mais une fois de plus, Dolce l'en dissuada en reprenant : « Et … Est-ce que je vous ai déjà montré des signes qui … Enfin, qui auraient pu vous faire croire que c’était réciproque ? » Là, Elijah afficha une mine surprise en relevant les yeux vers la jeune femme, avant de hausser les épaules et de répondre : . « Dolce… vous m'avez embrassé ! Ce n'est pas un signe d'après vous ? » Peut-être avaient-ils des codes différents ? Mais tout de même… ce baiser ne pouvait vouloir dire qu'une chose non ?

Elijah avait cru l'espace d'un instant que le fait de se confier l'aiderait à éclaircir cette situation, mais malheureusement pour lui, elle lui semblait encore plus complexe qu'auparavant. Lui qui avait osé s'imaginer que son attirance pour Dolce pouvait être réciproque, il se retrouvait aujourd'hui en face d'une jeune femme bien plus perdue que lui, qui lui soufflait malgré elle qu'il s'était probablement planté sur toute la ligne. D'ailleurs, à quoi jouait-elle exactement ? Elle avait initié la première un rapprochement de taille, et maintenant qu'Elijah se trouvait prêt à accepter son attirance, elle reculait ? Las, le jeune homme lâcha un énième soupir en passant une main dans ses cheveux, sans pouvoir anticiper l'arriver de Dolce qui d'un gestes totalement inattendu, lia leurs lèvres dans un nouveau baiser. Et comme si elle lui apportait là une réponse à toutes ses questions, Elijah se rasséréna instantanément, s'autorisant même à effleurer le visage de la jeune femme du bout des doigts. Mais à peine l'eut-il touchée que Dolce s'éloigna de plus belle, d'un geste aussi vif que celui qui l'avait vue arriver à hauteur du médecin. « Merde …  Je crois que je le suis aussi … » lâcha-t-elle finalement en détournant les yeux, constatation qui interpella bien évidemment Elijah. Confus, il ne trouva rien d'autre à dire qu'un énième  « Désolé… » avant de passer ses mains sur son visage. « Je ne sais pas ce qu'on est censés faire… Je ne sais même pas si j'ai bien fait de vous dire… tout ça. On n'a pas le droit de… » Elijah releva les yeux vers Dolce, avant de secouer la tête en laissant échapper un petit rire amer. « Vous savez déjà tout ça… ça nous est interdit. » conclut-il comme pour tenter une fois de plus de s'en convaincre. Mais alors que son regard était indéniablement accroché à celui de Dolce, Elijah avait l'impression de ne jamais en avoir douté davantage. « Je… je sais que ça vous parait impossible, et c'est aussi le cas pour moi, mais… il faut qu'on essaye d'ignorer tout ça. On n'a vraiment pas d'autre choix. Si quelqu'un l'apprend, si ça remonte jusqu'à la direction… Il en va de votre place d'interne, de toute votre carrière vous comprenez ?  » Et de la sienne aussi, accessoirement, mais ce n'était pas ce qui l'inquiétait le plus à l'heure actuelle. Dolce était jeune, elle était l'une des internes les plus douées de sa promotions, et Elijah ne voulait en aucun cas gâcher la carrière brillante qui se profilait devant elle. Et cela ne faisait aucun doute que si la direction de l'hôpital apprenait ce qui se tramait entre eux, la jeune femme serait contrainte de faire ses valises. Pour le docteur Fitzgerald, cette option n'était absolument pas envisageable. Le Presbyterian avait besoin d'une interne comme elle, il savait qu'il pourrait compter sur ses compétences en toutes circonstances et au-delà de l'affection profonde qu'il ressentait pour elle, il refusait de se séparer d'un si bon élément sur le plan professionnel. Seulement voilà, même s'il essayait d'endosser son costume de chef de service totalement imperméable à ses sentiments, les gestes d'Elijah traduisaient malgré lui tout ce qu'il ressentait. Aussi, il s'approcha de la jeune femme pour caresser de nouveau son visage sans la quitter des yeux alors qu'il murmurait : « Je ne pourrai pas accepter que cette histoire vous empêche de poursuivre la carrière que vous méritez. »

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Sam 21 Mar - 16:25

elijah & dolce

❝ guilt is my new bff ❞


Je ne comprenais plus rien, j’étais totalement perdue. Je n’avais jamais pensé au docteur Fitzgerald autrement que comme le professeur que j’estimais et respectais. Le chirurgien que j’admirais, que j’appréciais aussi. Mais du désir ? De l’attirance ? Ça non, jamais je ne l’avais imaginé de cette façon. Mais en même temps, il fallait me comprendre. Moi et les relations … Je n’avais eu qu’un seul petit ami. J’arborais maintenant mes vingt-cinq printemps, et pourtant, j’avais aussi peu d’expérience dans le domaine qu’une timide adolescente. Si j’avais des amis, ou au moins quelques-uns, je n’étais sorti qu’avec une personne. Joshua. Nous avions été ensemble pendant huit longues années, et il avait été le seul que j’avais été aimé. S’il n’avait pas été mon premier baiser, il avait été mon premier amour, ma première fois, ma première relation amoureuse. Et je n’avais jamais rien vécu d’autres. Nous avions rompu depuis plusieurs mois maintenant mais, comme à mon habitude, j’avais profité du temps libre que cette rupture m’avait apporté pour le passer à l’hôpital. La chirurgie était ma passion, et j’aimais la pratiquer. J’aimais m’améliorer, j’aimais sauver des vies. J’aimais le sentiment de joie intense qui me parcourait lorsque mon patient sortait en vie de la salle d’opération. Et parce que j’aimais ça, j’avais mis ma vie amoureuse de côté, sans aucun remords. Mais maintenant que j’étais en face du docteur Fitzgerald et qu’il m’avouait être attiré par moi depuis un bon moment, je n’arrivais pas à m’arrêter d’y penser. Je n’avais aucune idée de ce que je ressentais. Est-ce que j’étais aussi attirée par lui ? Est-ce que je lui avais montré un quelconque signe de réciprocité ? Non. Enfin … Il était mon professeur. Il était mon supérieur. Cela aurait été complètement déplacé de ma part de le considérer autrement. « Dolce… vous m'avez embrassé ! Ce n'est pas un signe d'après vous ? » me répondit-il, me faisant lâcher un long soupir. Je passais une main dans ma tignasse blonde, tentant de trier mes pensées pour arriver à faire le point. Oui, en effet, je l’avais embrassé. Mais … Enfin, cela faisait alors plusieurs jours que je ne dormais que peu, et j’avais juste été épuisée. Il m’avait surpris, m’avait réveillée, et je n’avais pas pu faire la différence entre le rêve et la réalité. J’avais cru que je dormais encore, que tout ceci n’était que le fruit de mon imagination parfois un peu trop débordante. Jamais je n’aurais pu croire qu’il était réellement en face de moi, à mes côtés, sur ce lit. Jamais je n’aurais pu croire qu’il répondrait à mes baisers et que nous déraperions à ce point-là. Mais … Pourquoi est-ce que j’aurais cru qu’il s’agissait d’un rêve ? Est-ce que je rêvais de lui ? Oui, parfois … Enfin, rien de bien traumatisant non plus. Et je n’y faisais jamais attention, en sortant des bras de Morphée. Mais maintenant que je me posais la question, je ne savais plus quoi penser. Je me levais d’un bond, tentant de réfléchir convenablement. J’avais besoin de mettre un peu de distance entre nous. Si nous restions aussi proches, je n’y arriverais jamais. Et je me questionnais à voix haute, sans avoir de réponses à mes propres questions. Je revoyais la scène en boucle devant mes yeux, incapable de chasser ce souvenir qui ne cessait de me hanter, encore et encore. Et maintenant que j’y pensais … Etait-ce normal d’en rêver la nuit ? Etait-ce normal de me réveiller le cœur battant, une douce chaleur me traversant ? Etait-ce réellement normal, commun, ou usuel ? Oui, ma mémoire me jouait des tours depuis plusieurs mois. Oui, il m’arrivait de faire des cauchemars, de voir ces enfants mourir les uns après les autres. Oui, je me réveillais souvent une boule au ventre, incapable de récupérer une respiration à peu près normale. Mais maintenant que j’y pensais réellement … Rêver du docteur Fitzgerald, revivre notre dérapage … Cela ne ressemblait en rien à un cauchemar. Au contraire, même.

J’étais tellement perdue. Je n’arrivais plus à séparer le rêve de la réalité. Je n’arrivais pas à savoir si ce n’était que la fatigue qui m’avait poussée à l’embrasser, ou s’il s’était agi d’autre chose. Alors n’y tenant plus, je m’élançais vers lui et liais mes lèvres aux siennes. Et telle une guillotine se faisant le plaisir d’atteindre sa cible, le terrible constat vint à moi. Oui, j’étais attirée par lui, moi aussi. Je m’éloignais alors de lui, tout aussi vivement et prestement que je m’en étais approchée. « Désolé… Je ne sais pas ce qu'on est censés faire… Je ne sais même pas si j'ai bien fait de vous dire… tout ça. On n'a pas le droit de… Vous savez déjà tout ça… ça nous est interdit. » Les larmes me montèrent aux yeux de nouveau. A peine avais-je réalisé qu’il m’attirait autant que je l’attirais – sinon plus – qu’il y mettait fin. Et il avait raison. Nous n’en avions pas le droit. Il était mon professeur. Il était mon supérieur. Et si cela se savait … Sa carrière serait finie … Et la mienne aussi, avant même qu’elle ait pu commencer. « Je… je sais que ça vous parait impossible, et c'est aussi le cas pour moi, mais… il faut qu'on essaye d'ignorer tout ça. On n'a vraiment pas d'autre choix. Si quelqu'un l'apprend, si ça remonte jusqu'à la direction… Il en va de votre place d'interne, de toute votre carrière vous comprenez ?  » Une larme coula, traçant le trajet de ma joue pour rejoindre mes lèvres déjà tremblantes. C’était impossible. Comment est-ce que je pouvais ignorer ce que je ressentais ? Surtout maintenant que j’avais enfin réussi à mettre un mot sur ces sentiments. Je n’y arriverai jamais. Et savoir que lui aussi était attiré, que lui aussi voulait bien plus que cette basique histoire hiérarchique rendait le tout encore plus difficile. Mon cœur saignait, mon cœur pleurait. Je ne voulais même pas penser au fait que, lui, en plus de sa position vis-à-vis de l’hôpital, devait sûrement être tiraillé par rapport à sa femme et sa fille. « Je ne pourrai pas accepter que cette histoire vous empêche de poursuivre la carrière que vous méritez. » reprit-il, me faisant immédiatement baisser la tête. Je ne le voulais pas non plus. Ma carrière … C’était tout ce qui m’importait, non ? Enfin … Je l’avais toujours cru, en tout cas. Lorsque j’étais avec Joshua, j’avais toujours fait passer celle-ci avant lui. Mais maintenant … Je n’en avais aucune idée. Je savais que le choix le plus raisonnable serait de faire ce qu’il avait dit : ignorer, et faire comme si de rien n’était. Comme si mes yeux ne lorgnaient pas sur ses lèvres qui m’appelaient, qui m’attiraient. Comme si je n’avais pas envie de me rapprocher, de rompre la distance que je venais de mettre entre nous. Comme si je n’avais pas envie de sentir sa main sur ma joue, sa peau contre la mienne. Oui, ignorer et oublier. Faire comme avant, comme s’il ne s’agissait que d’un doux rêve dont je devais émerger. Je lâchais un long soupir, et forçais un sourire à travers mes larmes. « Je ne sais pas si j’en suis capable … »  avouais-je tristement. « Déjà avant … Avant de mettre des mots sur ce que je ressens … Je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à vous. A autre chose qu’à ce qu’il s’est passé dans cette salle, et à ce qu’il a failli se passer. Je n’y arrivais déjà pas, et mes pensées étaient tout simplement obnubilées par ce souvenir …  » Je détournais mon regard du sien, tant mon cœur battait à tout rompre au contact de ses yeux si bleus. « Comment est-ce que ça va être possible, maintenant ? »  Une autre larme coula, tandis que je me passais une main dans les cheveux pour me donner contenance. « Peut-être … Peut-être que je devrais changer de service … » Ma voix se brisa instantanément face à cette proposition. Mon ventre se tordait au contact de cette boule qui m’oppressait. « Parce que … Enfin, je ne sais pas comment ça va être possible … » Je me rapprochais de lui, à pas de loup, jusqu’à me retrouver face à lui de nouveau. Je posais doucement, lentement, précieusement, mes doigts sur sa joue, et caressais tendrement sa joue. « Je ne sais pas comment je vais réussir à être près de vous, tout le temps sans pouvoir … Sans pouvoir penser à autre chose qu’à ça … » Oui, j’avais envie de me spécialiser en chirurgie pédiatrique mais … J’avais toujours hésité avec la neurochirurgie ou la cardiochirurgie. Peut-être que je pourrais m’éloigner de la pédiatrie pour me spécialiser dans un autre domaine ? Peut-être que je n’étais pas obligée d’être si proche de lui, tout en étant si loin.

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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞ Jeu 9 Avr - 23:01

Guilt is my new BFF
Dolce & Elijah

Elijah avait désormais plusieurs années d'expérience derrière lui, et il savait à quel point le moindre dérapage pouvait anéantir une carrière, d'autant plus dans le milieu dans lequel ils évoluaient. Et au stade où ils en étaient Dolce et lui, on ne pouvait même plus parler de dérapage. Si la direction de l'hôpital apprenait ce qui était arrivé, et ce qui était en train d'arriver à ce moment précis, il ne faisait nul doute que l'un comme l'autre écoperait d'une mise à pied… voire pire. Le risque était donc énorme et pourtant, malgré toutes ses belles paroles, le docteur Fitzgerald ne parvenait pas à se raisonner. Il savait que la meilleure solution était d'oublier, d'apprendre à considérer Dolce comme une interne parmi d'autres. Mais sans qu'il puisse réellement le contrôler, alors qu'elle était tout près de lui, les doigts du jeune médecin dessinait des formes abstraites sur sa peau. Son regard oscillait entre les yeux et les lèvres de Dolce, pendant que cette dernière répétait encore et toujours qu'elle se sentait incapable de tirer un trait sur cette histoire. Et au moment où elle évoqua la possibilité de changer de spécialité, les sourcils d'Elijah se froncèrent. Elle était bien trop douée pour gâcher ainsi la carrière qui se profilait droit devant elle. Dolce était de celles qui avaient un feeling particulier avec leurs patients, qui avaient un don pour les mettre en confiance, leur expliquer simplement de quoi serait faite leur opération. Elle était douce, bienveillante, et agissait presque comme une mère auprès de chacun des petits patients qu'elle croisait. Et toutes ces qualités étaient indéniablement indispensables pour travailler en pédiatrie, si bien que le docteur Fitzgerald ne l'imaginait même pas intégrer un autre service.

« Parce que … Enfin, je ne sais pas comment ça va être possible … Je ne sais pas comment je vais réussir à être près de vous, tout le temps sans pouvoir … Sans pouvoir penser à autre chose qu’à ça … » poursuivit la jeune femme en posant à son tour sa main sur la joue de son supérieur, qui ne put s'empêcher de fermer les yeux quelques instants… avant de les rouvrir pour les braquer vers ceux de Dolce. « Dolce, je crois que vous avez… une sorte de don. Un truc en plus qui fait que vous DEVEZ travailler en pédiatrie. C'est la meilleure carrière qui puisse s'offrir à vous, et rien ne doit pouvoir vous en dissuader. Pas même…  » Elijah marqua un bref silence pour laisser échapper un soupir, et repris à mi-voix : « … nous. Je sais que ça n'aura rien de facile mais… promettez-moi de ne jamais abandonner. Vous êtes ma meilleure élève. Vous deviendrez une grande chirurgienne, j'en suis persuadé. » Le jeune homme se voulait rassurant même si au fond, le fait de la côtoyer chaque jour en faisant comme si de rien n'était lui apparaissait tout bonnement au-dessus de ses forces. Elle était là, à quelques dizaines de centimètres de lui, presque dans ses bras, et Elijah ne pouvait s'empêcher de s'imaginer capable d'arrêter le temps, pour que ce moment dure toujours. Cette pensée aurait pu lui arracher un sourire mais au lieu de ça, il se laissa une nouvelle fois porter par ses envies et entoura Dolce de ses bras. D'abord timidement, il l'attira ensuite un peu plus contre lui de manière à sentir ses cheveux contre son visage, et à la serrer entre ses bras. Profitant de cette proximité en silence, il huma ce parfum qu'il respirait peut-être pour la dernière fois, offrant cette étreinte un peu comme un adieu avant de murmurer : « Vous devez continuer.  »

Emi Burton
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MessageSujet: Re: dolijah ❝ guilt is my new bff ❞

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dolijah ❝ guilt is my new bff ❞

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