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ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Ven 13 Fév - 20:29


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Je ne pensais pas un jour confier à qui que ce soit les regrets sombres qui peuplaient mon esprit. A dire vrai, jusqu’à présent je n’avais pas assez confiance en qui que ce soit pour confier ce genre de pensées. En réalité c’était trop intime, cela touchait trop à mon histoire pour que j’en parle. Se livrer était un exercice difficile. Surtout lorsqu’on ignorait ce que l’autre pensait, lorsque l’on ignorait comment il allait réagir ou encore interpréter vos failles. Etrangement, cet appartement froid, à la décoration aseptisée était le cadre idéal pour ce genre de confidence. Je ne me sentais pas « chez moi », je n’avais pas la sensation de devoir protéger quoi que ce soit, c’était un terrain neutre, un espace où je pouvais m’exprimer sans ressentir le poids de qui j’étais. Et il y avait sa main, chaude dans la mienne, ses doigts que je pouvais manipuler à l’infini, pour évacuer ma tension, cette main qui me rattachait à cet endroit, à ce temps, m’empêchant de replonger dans les souvenirs, dans ma culpabilité. Elle me rattachait à cette réalité. Elle était un port d’ancrage. Un lien avec le présent et non pas avec le passé. « Je suis désolée … Je … » Les mots peinaient à s’assembler pour sortir de ses lèvres, elle semblait étrangement mal à l’aise, comme sur le point de faire une confession qui changerait tout. Je savais qu’elle venait de prendre pour elle ce que je venais de lui confier, sur le fait que chaque personne que nous rencontrions attendait quelque chose de nous. « J’ai renversé l’amuse-bouche exprès … Je … Je voulais qu’on se revoit. » Elle détournait le regard, incapable de me fixer dans les yeux à mesure qu’elle expliquait ce qui s’était passé cette soirée-là. « Je suis désolée … C’est stupide. Je suis vraiment désolée … » Je ne disais rien, j’écoutais simplement ce qu’elle avait à dire, la laissant aller au bout de son explication. Sans la quitter des yeux, mes doigts toujours contre les siens. « J’avais besoin d’inspiration et … Je sais pas, lorsqu’on m’a invitée à ce gala, j’ai pensé que ça pourrait me la donner. Et … Je vous ai vu, j’ai été intriguée … Puis voilà … » Elle me dévisageait, cherchant a analyser ma réaction. « J’imagine que je suis comme les parasites dont vous parlez. C’est à cause de personne comme moi que vous portez votre masque, que vous vous protégez … » Elle n’avait pas totalement tord mais ... Avec elle cela avait été différent. Dès le début. Parce qu’elle n’avait pas joué le jeu des parasites habituels. « Je suis désolée … Je comprendrais si vous voulez partir … Même si je ne l’espère pas … » Partir ? Non je n’avais pas l’intention de partir, de la laisser dans cet appartement sans âme et de la décevoir, comme avaient pu la décevoir les autres hommes de sa vie : son père, son premier amant. Je ne partirais pas. Pas parce qu’elle avait avoué avoir eu des intentions cachées lors de notre première rencontre, au contraire, c’était la raison pour laquelle je resterais. Car elle avait joué franc jeu, elle avait admis avoir cherché à me rencontrer, elle avait admis avoir provoqué notre rencontre. Elle se montrait franche, ouverte. Elle disait la vérité. Elle avait fini de jouer les femmes du monde hautaine et arrogante. Elle était ... Elle, sincère, réellement désolée, repentante alors qu’elle avait seulement voulu ... Quoi ? Comme les autres mon attention quelques minutes ? Mais c’était allé au-delà de tout cela à présent, les circonstances de notre rencontre avaient été noyée sous le flot de cette conversation sincère entre nous. Je n’avais pas l’intention de partir et de la laisser seule ici. Pas après tout cela. Pas après qu’elle se fut montrée totalement honnête. Elle avait fini par gagner ma confiance et mon respect. Et je ne comptais pas m’en aller. Je soulevais doucement son menton pour renouer le contact visuel entre nous. « Je n’ai pas l’intention de m’en aller Linoä. Je ne vais nulle part. » Murmurais-je en glissant une mèche s’étant échappée de sa queue de cheval derrière son oreille. « Se serait hypocrite de ma part de vous reprochez d’avoir voulu provoquer notre rencontre alors que j’ai mentis pour vous faire venir dans ce café tout à l’heure. » J’avais l’impression de chavirer, de perdre pied alors que mes doigts effleuraient sa joue, lentement. Comme une s’approche d’un animal sauvage, lentement, à pas feutré, j’approchais lentement mon visage du sien. J’avais eu envie de se baiser au moment où elle s’était mise à pleurer au café. J’aurais aimé sécher ses larmes de mes lèvres, la réconforter par une tendresse qu’on ne lui avait jamais vraiment témoigné. Mon visage n’était qu’à quelques millimètres du sien, mes yeux ancrés dans les siens. « Tu n’es pas comme les autres. Tu n’es pas un parasite. » Soufflais-je avant de poser, lentement, délicatement ma bouche sur la sienne. Pour ne rien précipiter, pour nous laisse le temps à tous les deux de s’habituer à ce contact. Sa bouche avait le goût salé des larmes, la douceur d’une caresse. Sa joue était chaude sous ma paume. Je me reculais doucement, reprenant ma position initiale au pied du canapé. Ma main glissa de sa joue le long de sa clavicule, de son bras, jusqu’à ce que mes doigts retrouvent les siens. Comme si rien ne s’était produit. Doucement, je souriais, en jouant avec ses phalanges. C’était inattendu. Et beau. Un baiser hors du temps, comme pour celer un nouveau chapitre dans l’histoire de notre rencontre. Je posais lentement mon verre de vin sur la table basse, lui offrant le temps de reprendre contenance, d’analyser ce qui venait de se produire. « Alors comme ça, vous pensiez que je pourrais vous inspirer. » Je demandais, amusé, reprenant notre conversation comme si de rien n’était, un sourire doux aux lèvres. C’était inattendu, ce baiser, cette rencontre. Tout ceci était inattendu.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Lun 16 Fév - 18:10

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Je n’aurais jamais cru me retrouver dans cette position de faiblesse une nouvelle fois. J’avais tellement tout fait pour l’éviter, d’ailleurs. A la seconde où j’avais abandonné Sören, l’ancienne Linoä était morte, pour devenir une nouvelle version d’elle-même. Une version meilleure, plus forte. Plus jamais je ne voulais ressentir ce que j’avais pu ressentir durant mon adolescence. Plus jamais. Et pourtant, je liais de nouveau mon destin entre les mains d’un homme. Sans lui, mes rêves ne se réaliseraient pas. Sans lui, je ne réussirais pas. Et cela lui donnait une place beaucoup trop importante, à présent. Mon futur dépendait du sien, et de ce qu’il voudrait bien me donner. Alors lorsque je l’avais vu partir, lorsqu’il m’avait toisé de haut, de son regard condescendant, j’étais allée à sa poursuite. Non, il n’avait pas le droit de me regarder ainsi. Il n’avait pas le droit de partir. Il n’avait pas le droit d’être comme les autres hommes que j’avais pu croiser et croire auparavant. Et je le lui avais dit. J’avais craqué, j’avais baissé la garde, et je lui avais dit tout ce que je pensais de lui. Et lorsqu’il avait demandé d’arrêter les jeux … J’avais accepté, n’y voyant là la dernière possibilité de le garder auprès de moi. Alors je m’étais confiée, comme il me l’avait demandé. Je lui avais tout raconté. Mon adolescence, mon ex petit ami. Ma grossesse, la réaction de mes parents. Sa réaction à lui, aussi. Comment il m’avait regardé, comment il m’avait humilié. Je n’avais pas pu dire à voix haute que j’avais abandonné mon fils. Mais je n’en avais pas vraiment eu besoin, il l’avait compris. Ce n’était pas bien difficile, en même temps. Il était chez moi, dans mon appartement qui était aussi faux et froid que moi, et il n’y avait aucune présence d’un enfant. Nulle part. Ni sur les murs, ni sur le sol. Ce n’était donc pas bien compliqué de faire le lien. Et maintenant que j’avais parlé, c’était à son tour. Son premier essai ne fut pas concluant, du moins pour moi. Il ne m’avait pas tout dit, et je ne trouvais pas ça juste. Il me l’avait promis, après tout. Mais alors qu’il me donnait les raisons de son masque, je blêmissais, sans vraiment comprendre pourquoi. Si j’avais cru qu’il était comme les hommes que j’avais croisés sur le chemin de ma vie, j’étais définitivement comme les parasites qu’il me décrivait. J’étais la raison de son masque, de sa carapace, tout simplement. Et ce constat me fit plus de mal que je ne l’aurais cru. Peut-être était-ce la fatigue, peut-être était-ce simplement que j’avais abandonné mes barrières et que j’avais du mal à les remettre en place. Mais la vérité, c’était que je me sentais mal, d’être comme les personnes qu’il décrivait.

Et alors je lui disais la vérité. Pas entièrement non plus. Mais je lui avouais que notre rencontre avait été orchestrée, que je l’avais fait exprès, uniquement dans le but de le revoir. Et je m’excusais, m’attendant à ce qu’il parte, lui aussi. Comment pouvait-il en être autrement, de toute façon ? « Je n’ai pas l’intention de m’en aller Linoä. Je ne vais nulle part. » murmura-t-il en me remettant une mèche de cheveux en place. Je lâchais un soupir de soulagement, sans réellement savoir pourquoi. Qu’est-ce que cela pouvait me faire qu’il reste, après tout ? Ah si, ma mission. Oui, ma mission. Il fallait que je me focalise là-dessus. Sur elle, rien qu’elle. Ambroise était ma clé pour Vogue Magazine, pour que je me fasse un nom. Et le fait qu’il reste voulait dire qu’il s’en moquait que j’ai orchestré notre rencontre, non ? Donc tout restait à sa place, tout était même parfait. Ou du moins, je tentais de m’en convaincre, ce qui était difficile vu la boule que je ressentais à l’estomac. « Se serait hypocrite de ma part de vous reprochez d’avoir voulu provoquer notre rencontre alors que j’ai mentis pour vous faire venir dans ce café tout à l’heure. » continua-t-il en se rapprochant un peu, caressant ma joue de ses doigts. Je déglutissais lentement, pas certaine de comprendre ce qu’il se passait. Et je n’aimais pas ça. J’avais perdu bien trop le contrôle de moi-même pour aujourd’hui, et ne rien contrôler à présent m’angoissait réellement. « Tu n’es pas comme les autres. Tu n’es pas un parasite. » souffla-t-il. Et ce qui se passa ensuite, je n’aurais jamais pu le prédire. Ou du moins, pas si tôt. Lorsqu’il posa ses lèvres sur les miennes, délicatement, doucement, une multitude de sentiments mes parcoururent l’échine. Et je décidais de ne me concentrer que sur les positifs. Pas sur cette boule au ventre qui m’angoissait. Pas sur mon cœur battant à tout rompre à ce moment précis. Non. Je me concentrais sur ma mission, sur ma couverture, et sur rien d’autre. Même si je n’aurais jamais pu prédire ce qui venait d’arriver, le fait était que c’était exactement ce que j’avais voulu. Je n’aimais pas cette sensation de culpabilité qui me prenait, et espérais sincèrement qu’elle s’en aille rapidement. Elle partirait probablement en même temps qu’il quitterait mon appartement, et que je serais de nouveau livrée à moi-même, tranquille pour réfléchir convenablement. Lorsqu’il s’éloigna, je fronçais des sourcils et lui lançais un regard interrogateur, sans reprendre pour autant la parole. Mais pour lui montrer que cela ne me dérangeait pas – au contraire, même – je continuais de jouer avec ses doigts, et de caresser le dos de sa main des miens. « Alors comme ça, vous pensiez que je pourrais vous inspirer. » me demanda-t-il, amusé, un sourire au lèvres. Je haussais les épaules, et me mordis la lèvre inférieure. « Vous êtes célèbre … Vous êtes riche … Vous êtes dans un métier fait de paillettes … C’est un bon début d’histoire, vous ne trouvez pas ? » lâchais-je dans un petit rire. Et c’était la vérité. C’était même l’histoire parfaite. J’en avais peur, d’ailleurs. Parce qu’il allait falloir que je laisse cette partie de moi ouverte, que je la dévoile un peu plus. Tout en faisant attention de ne pas me laisser totalement sans protection. Il allait falloir que je trouve un juste milieu, si je voulais réussir. Et cela me faisait peur. « Et … On trouve l’inspiration où on peut, non ? » reprenais-je en le regardant, amusée. Je lâchais un soupir, avant de reprendre mon jeu sur ses doigts. « Donc … Le mannequinat … » commençais-je, avant de reprendre. « Si vous arrêtez … Qu’est-ce que vous comptez faire ? Qu’est-ce que vous voudriez faire ? » lui demandais-je en penchant ma tête sur le côté, m’installant un peu mieux sur le canapé de façon à pouvoir le regarder.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Mar 17 Fév - 16:26


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Je n’étais pas vraiment le genre d’homme expressif en dehors du cercle familial. J’étais d’ailleurs connu dans la profession pour être froid et sans émotions, le mannequin idéal car je me laissais dicter mes faits et gestes, mes émotions, j’arrivais à manifester la bonne intensité, le bon message au bon moment, j’obtenais le cliché parfait, ensuite je semblais redevenir une coquille vide. Mais, il ne s’agissait que de travail. D’une protection. Une façon de protéger ce qui importait pour moi. J’avais vu ce que ce métier avait fait à ma mère, comme il l’avait transformé petit à petit, comme c’était douloureux de se voir tout prendre par les photographes et d’être vide ensuite. J’avais choisi d’être autrement, autre chose. J’offrais aux photographes, aux stylistes ce qu’ils attendaient de moi. Mais je préservais une part intime de moi-même des charognards, des sangsues qui peuplaient ce métier. Je ne donnais pas tout. Je n’offrais jamais tout, je restais intouchable dans ma totalité. Je me préservais, peut être en étais-je capable car je n’avais jamais voulu, contrairement à mes sœurs peut-être, faire carrière toute ma vie. Je le devais aussi à mon père, jusqu’à sa « trahison » vis à vis de sa fille aînée, il avait été mon modèle, ce vers quoi je tendais. J’avais toujours admiré sa réussite, son charisme, son aura, une vision idyllique entretenue par le peu de temps que nous passions avec lui. On le voyait peu, nous étions des enfants avec des parents par intérim, quand ils avaient besoin de nous, on nous montrait. Je ne l’avais compris que plus tard. Tout comme j’avais compris que leur amour dépendait de quelque chose que nous pouvions leur donner, leur offrir : pour ma mère la possibilité de continuer sa carrière à travers nous, pour mon père un héritier capable de prendre sa succession. Mais même avec mes parents je ne m’étais jamais donné dans ma totalité, seules mes sœurs avaient accès à qui j’étais, à ce que j’éprouvais, mes sœurs et Lucie. Lucie qui avait été plus une mère pour moi, que ma propre génitrice. Petit à petit j’avais forgé une carapace durable, destinée à éloigner ceux qui voulaient simplement profiter de moi, de mon nom, de mon argent, de ma célébrité. Cela avait fonctionné, je n’avais jamais eut à souffrir face à ce milieu ou à ses attentes, je n’avais jamais été blessé comme Nastazià l’avait été. Cela avait fonctionné si bien que peut-être je m’étais perdu dans tout cela, incapable de savoir qui j’étais moi-même, ce que je voulais être, devenir. J’écoutais rarement ce que me soufflait mon instinct, préférant réfléchir et être plus passif. Raisonner. Mais elle avait bousculé ma gentille petite routine. Avec ses larmes et sa souffrance, elle avait percé mes défenses, remit en question mon jugement hâtif à son sujet. M’avais forcé aussi à remettre en cause mon système de raisonnement. Elle n’était pas celle que j’avais cru qu’elle était. Loin de là. Elle n’était pas prévisible, ni intéressé comme je l’avais cru, en tout cas elle ne l’était plus. Elle avait été capable de me surprendre, de me donner envie de la connaître, de percer ses défenses. De lui faire confiance. « Vous êtes célèbre … Vous êtes riche … Vous êtes dans un métier fait de paillettes … C’est un bon début d’histoire, vous ne trouvez pas ? » Un excellent début d’histoire, n’était-ce pas celui que j’avais choisis, grâce à Ebba. Décider de parler de moi, dans un blog, de mon expérience de mannequin, de mon regard d’homme sur ce milieu, de mannequin, sans faux semblant, sans tabou. Plus facile à dire qu’à faire encore. Il fallait que je trouve ma « voix », ce dont je voulais parler. Ce dont je voulais parler réellement. « Et … On trouve l’inspiration où on peut, non ? » Je secouais la tête, fortement amusé. Si elle savait à quel point il était difficile de faire le tri entre ce qui avait de l’intérêt ou non dans ma vie. Ce qui importait ou pas. Ce que le public avait envie de lire ou non. Je soupirais. « Donc … Le mannequinat … Si vous arrêtez … Qu’est-ce que vous comptez faire ? Qu’est-ce que vous voudriez faire ? » Je l’avais embrassé et nous tentions de reprendre le fil de notre conversation. Sans que nous revenions sur ce geste subite que je venais d’avoir pour elle. Ce baiser. Un baiser doux, loin de ce que l’on aurait pu attendre d’un premier baiser. Il avait le goût salé des larmes, la fragilité d’un instant éphémère. Un sourire fin se dessina sur mes lèvres tandis que je continuais de jouer avec ses doigts, trouvant dans ce geste une familiarité et un réconfort que je n’avais jamais ressentie avec une « presque » inconnue. J’avais retrouvé quelque chose en elle. Quelque chose de rassurant, de familier. Une similarité qui m’avait inspiré une grande confiance. « Pas si… J’ai pris la décision d’arrêter, j’honore mes derniers contrats et dans quelques semaines je serai à nouveau un simple mortel, un peu plus beau qu’un autre peut être. Mais le premier Alinovitch qui ne vendra plus son image dans les journaux. » Je lui avouais en souriant, incertain. Après tout c’était ma célébrité qui l’avait attiré à moi, non ? Je passais une main dans mes cheveux, maltraitant encore mes mèches brunes, ébouriffant une chevelure qui n’en méritait pas plus. « Je vous l’ai dit, j’ai étudié la littérature dans plusieurs universités… Je souhaiterai écrire, peut être sur ce métier, sur moi. Les mémoires d’un mannequin pour sous-vêtements. » Je tentais de plaisanter sur le sujet mais ce que je lui confiais était encore très intime. Je n’avais pas encore confié à mes sœurs l’arrêt de ma carrière, j’attendais le bon moment, même si elles avaient noté que je ne partais plus aussi souvent pour des castings ou des campagnes de publicité. « Ou alors enseigner… J’ai eu soif d’apprendre cette langue, d’en déchiffrer ses grandes œuvres mais … Je ne suis pas sûr d’en avoir les capacités. J’ai toujours appris seul, dans mon coin. Je ne me suis jamais mêlé à une cours d’école après mes quinze ans et encore je n’ai été en pension que quatre ans… Je ne suis pas quelqu’un de très sociable en réalité. Mais ça vous avez dû le remarquer ce soir là. Je tenais plus du dogue allemand que du gentil saint bernard. »
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 21 Fév - 19:24

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Je ne savais pas vraiment comment je devais réagir à son baiser. C’était si incongru, si imprévisible. Je n’étais pas certaine qu’il ait lui même imaginé que notre rendez-vous se passerait ainsi. Comment aurait-il pu, d’ailleurs ? Lorsque j’étais arrivée au café, puis qu’il m’avait rejoint, j’étais encore moi. J’étais Linoä. Ou plutôt, celle que je m’imposais d’être. Celle qu’il fallait que je sois, pour me protéger, pour réussir. Pour ne jamais être comme avant, ou ressentir ce que j’avais pu ressentir lors de mon adolescence. Et lui avait été lui, sous son masque, le protégeant des personnes comme moi, des parasites qui voulaient et attendaient quelque chose de lui. Qui le manipulaient, qui lui mentaient. Comment aurions-nous pu prévoir l’issue de notre rendez-vous ? Si, deux heures plutôt, on m’avait prévenue que j’en viendrais à pleurer devant lui, à me confier à lui, à lui raconter mon histoire, lui parler de mon vécu … Je lui aurais ri au nez, tellement cela me paraissait impossible. Et encore maintenant, je me demandais ce qui avait bien pu se passer. Comment est-ce que j’avais pu baisser mes gardes de cette façon ? Je n’en avais aucune idée. Et puis, cette culpabilité que j’avais ressentie lorsque cela avait été son tour de se confier … Lorsqu’il me racontait pourquoi il avait besoin de se protéger, une boule avait pris possession de mon estomac, et n’avait pas voulu s’y déloger. Alors je m’étais excusée. Et je lui avais dit la vérité. Ou, une vérité améliorée. Je lui avais avoué que j’avais causé notre rencontre intentionnellement, que j’avais fait exprès de renverser mon amuse-bouche sur lui, pour qu’il en vienne à me revoir. Et je m’étais excusée, pensant les mots que je prononçais. J’aurais cru qu’il partirait. Qu’il me dirait mes quatre vérités, puis qu’il me tournerait le dos et prendrait la direction de la porte. Mais ça n’avait pas été le cas. Oh non. Il avait simplement posé ses lèvres sur les miennes, puis avait repris sa position, et la conversation avait continué. Comme si de rien n’était. Et c’était mieux, finalement. J’étais bien trop troublée pour y penser, ou pour me poser des questions. Cette discussion viendra sûrement en temps voulu, de toute façon.

Le mannequin avait donc décidé de mettre un terme à sa carrière. Il me l’avait dit. Je regrettais toujours un peu de ne pas avoir pensé à faire poser des micros dans mon appartement. Après tout, il m’avait fait une révélation choc. Mais peut-être que c’était mieux ainsi, finalement. Si je l’avais enregistré, il était fort probable que j’aurais cité ses mots dans mon article, et j’aurais donc été découverte. En écrivant que ce dont je me rappellerais, je ne m’en tiendrais qu’aux faits. Je lui demandais donc ce qu’il compterait faire s’il prenait réellement la décision d’arrêter. Après tout, il n’avait connu que ça, toute sa vie. Il était dans ce milieu depuis son enfance. Le changement risquait d’être brutal, non ? «Pas si… J’ai pris la décision d’arrêter, j’honore mes derniers contrats et dans quelques semaines je serai à nouveau un simple mortel, un peu plus beau qu’un autre peut être. Mais le premier Alinovitch qui ne vendra plus son image dans les journaux. » me répondit-il, pendant que je continuais à jouer avec ses doigts. Je fis un petit sourire, avant de me mordiller la lèvre. « Je doute que vous ne redeviendrez qu’un simple mortel … » commençais-je, avant de marquer une courte pause. « D’une, vos sœurs seront toujours dans ce métier, et votre nom y sera donc attaché. Et de deux, la presse continuera à s’intéresser à vous, malgré tout. » reprenais-je en haussant des épaules. C’était la stricte vérité, après tout. Un simple constat. Et j’étais la mieux placée pour le savoir. Qu’il ait pris la décision d’arrêter le mannequinat ne changeait rien à mon futur dossier. Au contraire, il n’en serait que mieux. Je pourrais ainsi parler de l’avant, puis de l’après gloire. Parler de sa retraite, de son retrait de la vie professionnelle, de sa reconversion. Mon dossier n’en serait donc que plus intéressant. Et je doutais fortement que je serais la seule à penser ainsi. «Je vous l’ai dit, j’ai étudié la littérature dans plusieurs universités… Je souhaiterai écrire, peut être sur ce métier, sur moi. Les mémoires d’un mannequin pour sous-vêtements. » Je lâchais un petit rire franc, avant de secouer la tête. « Vous pourriez au moins me laisser les écrire, vos mémoires ! » S’il savait que c’était, en quelque sorte, ce que je comptais faire, et que ma phrase n’était absolument pas une boutade, je n’étais pas certaine que le ton serait à l’humour. Je fis une grimace. « Enfin … Je risquerais de m’éloigner de la réalité et de romancer toute votre vie. Je ne suis pas certaine que ce soit intéressant de me laisser les écrire, finalement. » reprenais-je dans un sourire, en penchant ma tête sur le côté pour mieux le regarder. J’étais toujours supposée être la romancière, après tout. Il ne fallait pas que je l’oublie, malgré ce moment que nous partagions. «Ou alors enseigner… J’ai eu soif d’apprendre cette langue, d’en déchiffrer ses grandes œuvres mais … Je ne suis pas sûr d’en avoir les capacités. J’ai toujours appris seul, dans mon coin. Je ne me suis jamais mêlé à une cours d’école après mes quinze ans et encore je n’ai été en pension que quatre ans… Je ne suis pas quelqu’un de très sociable en réalité. Mais ça vous avez dû le remarquer ce soir là. Je tenais plus du dogue allemand que du gentil saint bernard. » Je lâchais un rire à ses mots, avant de rouler des yeux. « Oui … C’est vrai, mais pourquoi pas, après tout ? Vous n’êtes pas obligé d’enseigner à des enfants ou à des adolescents … Vous pouvez enseigner à l’université, auprès de personnes tout autant passionnées que vous. » Je ne le connaissais pas vraiment, en même temps. Mais j’avais en effet beaucoup de mal à le voir tenter d’enseigner à des adolescents boutonneux, perturbés par leurs hormones et qui n’auraient aucun problème à être insolents juste pour être populaires. « Après … Chaque chose en son temps, j’imagine. Vous n’êtes pas dans le besoin, vous n’avez pas besoin de travailler. Et peut-être qu’une pause vous serait bénéfique. Faire un point sur vous-même, sur ce que vous aimerez être amenés à faire. » concluais-je, avant de porter mon verre en bouche et de boire une gorgée de vin.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 21 Fév - 20:08


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Il était étrangement simple de se confier à elle. De lui parler de moi, de mes ambitions, de mes rêves. Pourtant rien n’avait prédestiné cette confession, à dire vrai en lui tournant le dos dans ce café, en l’affrontant quelques heures plus tôt, j’étais persuadé que cette rencontre ne mènerait à rien, que je m’étais trompé sur elle. Qu’elle était telle qu’elle paraissait, froide, creuse, vide. Une croqueuse de diamant de plus. Le genre de femmes qu’on épousait avec un contrat prénuptial en béton. Et elle m’avait surpris, par sa réaction, par sa confession, par son honnêteté et sa fragilité. Elle n’avait rien caché, rien tu, elle avait été honnête et elle avait abaissé ses défenses pour moi. Preuve qu’elle ne jouait plus un rôle, qu’elle n’était pas seulement là pour profiter de ce que je pouvais avoir à offrir. J’avais côtoyé assez de femmes vénales ou ambitieuses pour reconnaître une femme en mission mais tout avait basculé lorsqu’elle avait parlé de son passé, de sa souffrance, de cet enfant qu’elle avait abandonné. Elle m’avait touché. Comme aucune autre avant elle. Son histoire réveillait de douloureux écho en moi et j’étais désormais persuadé que son ambition première, quelle qu’elle fut ce soir-là, ne comptait pas ou plus. Nous nous révélions l’un et l’autre bien loin de l’image que nous nous étions donnés lors de notre rencontre. Plus profonds, plus humains. Plus semblables aussi. Malgré nos différences, malgré les barrières qui restaient entre nous. Elle avait éveillé mon intérêt, un intérêt qui n’était pas purement physique. Elle me donnait envie de la connaître plus profondément. Elle était fascinante par ses contradictions, par ses failles et ses forces. Et même si je ne me voilais pas la face, j’avais envie de voir ce que donnerait cette relation, vers quoi elle évoluerait. J’avais assez confiance en elle pour risquer mon équilibre personnel dans cette découverte. J’étais d’un naturel méfiant et solitaire. Je n’étais pas de ceux qui construisaient des relations, j’avais trop de femmes dans ma vie, une vie professionnelle active et mouvante, je n’avais pas le temps pour cela. Pourtant j’avais envie de prendre le temps de la découvrir, de dépasser le cadre d’une relation « superficielle ». C’était étrange. Nous n’étions pas un couple, pas des amis ... Nous n’étions rien si ce n’était deux satellites qui s’étaient télescopés, par sa volonté, lors d’un gala de charité. Pourtant je ne pouvais pas lâcher ses doigts, avec elle je me sentais naturellement à l’aise, en confiance. Ce qui pouvait être dangereux. Je le savais. Pourtant cela ne m’effrayait pas ou ne me faisait pas reculer. Parce que nous disposions d’assez « d’armes » l’un contre l’autre pour exploser en vol. Je ne me l’expliquais pas. Je ne le comprenais pas. Et je n’avais pas envie d’y réfléchir. Moi le grand cartésien, je prenais les choses comme elle venait. Le maniaque du contrôle, lâchait prise. Ce qui était nouveau pour moi. Laisser les choses se faire au lieu d’analyser et d’anticiper. « Je doute que vous ne redeviendrez qu’un simple mortel … D’une, vos sœurs seront toujours dans ce métier, et votre nom y sera donc attaché. Et de deux, la presse continuera à s’intéresser à vous, malgré tout. » Elle avait raison. J’étais l’héritier d’une fortune colossale, par ma discrétion qui contrastait avec la vie de mes sœurs et mes mœurs « discrètes » j’éveillais l’attention. Même lorsque je ne serai plus sous le feu des podiums. « Je méprise la presse à scandale. Sincèrement je vis une vie très banale en dehors des défilés et des shooting. Vous l’avez vu vous-même, je suis loin de porter du Chanel pour aller acheter du pain. » Je ne comprenais pas cette fascination des gens pour notre vie quotidienne, nous étions des mannequins pas des supers stars de la chanson. Notre vie personnelle n’avait rien de passionnant. Nous étions simplement riches, beaux, cela ne faisait pas de nous des modèles à suivre ou ne rendait pas nos vies plus passionnantes. « Vous pourriez au moins me laisser les écrire, vos mémoires ! Enfin … Je risquerais de m’éloigner de la réalité et de romancer toute votre vie. Je ne suis pas certaine que ce soit intéressant de me laisser les écrire, finalement. » Je ris doucement en imaginant ma vie romancée. « Je ne suis pas sûr que vous fassiez un carton avec un livre sur ma vie. Je n’ai pas des mœurs légères ou déviantes, je mange des céréales au petit dejeuner et je bois de la bière devant la télévision. Pas de quoi faire un roman à succès. » Je lui confiais ensuite mes éventuels choix de reconversion. J’y réfléchissais sérieusement depuis un certain temps, écrire, enseigner peut être. Mais je doutais de mes capacités, en dehors du mannequinat je n’avais jamais essayé quoi que ce soit d’autre. Changer de vie était effrayant, même pour moi. « Oui … C’est vrai, mais pourquoi pas, après tout ? Vous n’êtes pas obligé d’enseigner à des enfants ou à des adolescents … Vous pouvez enseigner à l’université, auprès de personnes tout autant passionnées que vous. Après … Chaque chose en son temps, j’imagine. Vous n’êtes pas dans le besoin, vous n’avez pas besoin de travailler. Et peut-être qu’une pause vous serait bénéfique. Faire un point sur vous-même, sur ce que vous aimerez être amenés à faire. » C’était drôle comme j’étais le seul à me fixer l’objectif de gagner ma vie avec cette nouvelle orientation professionnelle. J’avais besoin de prouver à mon père que j’étais capable de réussir, là aussi. D’en vivre. C’était ridicule. A 24 ans de vouloir encore faire ses preuves. « J’ai la chance de pouvoir envisager sereinement cette reconversion c’est vrai ... Echouer m’effraie cependant... Je n’ai pas encore abordé le sujet avec mes sœurs, sauf avec la plus jeune. » Je répondais en reposant mon verre de vin sur la table basse. La sonnerie de mon téléphone troubla notre « tête à tête ». En m’excusant je consultais l’écran de mon Iphone avant de répondre à cet appel. « Oui Solanà qu’est-ce qui ... Comment est-ce arrivé ? Bien sûr je ... J’arrive. Je suis dans le West Side, je serais là dans un quart d’heure.... Quoi ? Je suis allée boire un verre avec une amie.... Très bien, je viens te prendre.... Oui, je me dépêche. » Je raccrochais, un sourire navré aux lèvres. « Je suis désolé Iziouminka, je dois partir ... Un problème avec ma sœur. » Je me redressais, abandonnant sa main. Je ressentais du regret à l’idée d’interrompre là notre discussion. A l’idée de quitter cet appartement pourtant impersonnel pour retrouver ma jumelle en plein « orage ». « Peut être ... Pourrions-nous nous revoir ? » J’étais étrangement nerveux à l’idée de lui proposer une nouvelle rencontre. Après tous les deux dernières avaient été assez orageuses. « Et cette fois, je promets d’être plus saint Bernard que Dogue Allemand. » j’ajoutais en souriant.


THE END


electric bird.
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ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞

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