It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞

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MessageSujet: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 14 Déc - 15:03

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Je jetais un rapide coup d’œil à mon miroir, avant d’acquiescer à mon reflet. Oui, cela irait. Qui pouvait résister à une belle suédoise habillée d’une robe rouge moulante ? Personne, exactement. Je représentais la beauté et l’exotisme en même temps. Il ne pourrait que tomber dans le panneau. Tout avait commencé quelques semaines auparavant. Alors que je prenais une pause cigarette bien méritée, j’ai entendu LA conversation. Vous savez, cette conversation où à sa simple écoute, vous savez qu’elle changerait votre vie. Mon directeur parlait à un des chroniqueurs du magazine. C’était bien simple : il voulait qu’un article de fond soit rédigé sur la dynastie des Alinovitch. Et pour cela, il fallait creuser sur leur membre emblématique, celui que personne ne connaissait réellement : Ambroise. Je ne sais pas pourquoi le chroniqueur a refusé, j’ai tout simplement arrêté d’écouter une fois son « non » prononcé. Après tout, qu’est-ce que je pouvais bien en avoir à faire de ses raisons ? Non, ce qui m’intéressait réellement, c’était l’opportunité qui venait tout juste de s’offrir à moi. Ambroise serait mon accès au poste de mes rêves. Il ne fallu que peu de temps avant d’aller moi-même voir le directeur, et lui dire que j’étais intéressée par cet article. Il aimait mon ambition, je le savais, et je misais d’ailleurs là-dessus pour qu’il accepte. Et ce fut le cas, bien évidemment. Maintenant, il me fallait un stratagème qui me permettrait d’arriver à mes fins. Et finalement, l’idée s’imposa aisément à moi : j’allais le séduire, devenir sa petite amie, être l’une des personnes dont il serait le plus proche, à qui il se confiera. Sur sa vie, sur sa famille, sur ses amis, sur son histoire, sur ses peines. Sur tout. Par chance, un gala avait lieu une semaine plus tard et je savais qu’il serait présent. Après avoir demandé à un contact une invitation, je pourrais enfin le rencontrer, m’approcher de lui. Attention, il était encore bien trop tôt pour m’atteler à la tâche. Non, avant même de tenter de le séduire, il allait falloir que j’apprenne à le connaître un peu mieux, que je l’observe, que je me renseigne sur ce qu’il aimait, sur ses goûts. Ainsi, je deviendrais sa femme idéale. La femme dont il tomberait forcément amoureux, à qui il donnerait les clés de son cœur. Mais tout ça ne viendrait que dans un deuxième temps. Ce soir n’était qu’un premier contact. Le plan était d’une simplicité enfantine : je n’avais qu’à renverser quelque chose sur son tailleur et insister pour lui rembourser le pressing. Ensuite, je pourrais enfiler le rôle de ma vie. Un dernier regard au miroir et un sourire en coin plus tard, je me faufilais dans un taxi. Show time.

Je ne mis pas longtemps avant de l’apercevoir, en compagnie de sa sœur. Sa jumelle, Solanà, était bien plus connue que lui des médias, principalement pour son caractère de diva et son attitude envers le personnel, ce qui me permit de les remarquer plus rapidement. Un sourire prit place sur mon visage, alors que j’observais ses moindres faits et gestes. Remarquant que j’avais probablement l’air d’une harceleuse à le fixer ainsi, j’entrepris de me fondre dans la foule. Attrapant une flûte de champagne au passage, j’allais à la rencontre de diverses célébrités, tentant de m’intégrer dans ce monde qui n’était clairement pas le mien – du moins pas encore. Puis je reprenais mon observation, plus discrètement cette fois-ci. D’une moue dubitative, je l’analysais. Okay, il n’était pas mal, mais je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il avait autant de succès, et encore moins pourquoi toutes les jeunes femmes de l’assemblée n’avaient d’yeux que pour lui. Il était … plutôt banal en fait. « Je peux vous offrir une coupe de champagne ? » Je détournais mon regard du mannequin pour le poser sur l’homme qui venait de s’adresser à moi. Grand, brun, la quarantaine passée. Je me retiens de rouler les yeux à sa proposition, tant elle me semblait ridicule compte tenu de l’endroit où nous nous trouvions … Mais avoir quelques contacts supplémentaires dans ce milieu ne pourrait pas me faire de mal, au contraire même. « Et moi qui pensais que tout était à volonté ! » lui répondais-je dans un grand sourire, faux au possible. Cela eut le don de le faire rire, rire auquel je me forçais de répondre, avant de le remercier alors qu’il m’attrapait une autre coupe de champagne. « Qu’est-ce qu’une charmante demoiselle comme vous fait ici ? Non accompagnée, qui plus est ? » Et toi, qu’est-ce que tu fais là à draguer une femme qui a la moitié de ton âge, alors que tu as une alliance sur l’annulaire ? « Comme vous, j’imagine. Dès que je peux aider, d’une quelconque façon, je le fais. Tout le monde n’est pas aussi chanceux que nous le sommes, et c’est notre devoir d’aider les nécessiteux. » racontais-je toujours de ce même sourire factice, la petite histoire que je m’étais façonnée. Un échange de noms, de sourires, de numéros, de sourires encore, d’anecdotes, d’autres sourires, de métiers, et – de nouveau – de sourires plus tard, je pus me remettre à la contemplation de ma cible. Il fallait que j’attende qu’il soit seul. Quand est-ce que sa godiche de sœur allait-elle le laisser tranquille ? Si l’on enlevait le fait qu’ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, on aurait presque pu les prendre pour un couple. A croire que c’était pour cela qu’aucune information sur sa vie amoureuse n’était trouvée …

Après ce qui me sembla une éternité – ou plutôt, qui sembla une éternité à mes pieds … essayez de rester debout avec des talons de douze centimètres, et on en reparlera après – la demoiselle s’éclipsa enfin, laissant son jumeau seul. Et par chance, aucune dindonne – vous savez, celles qui gloussent simplement en le voyant – ne semblait avoir remarqué que le champs était libre. C’était mon signal. Une cuillère contenant un amuse-bouche, avec une sauce bien colorée, dans la main, je me dirigeais vers lui. Je feins un début de chute, et me retenant à lui pour ne pas tomber, je renversais tout le contenu de la cuillère sur sa veste de smoking. Prenant mon visage le plus horrifié, je mettais enfin mon plan à exécution. « Oh mon Dieu, je suis tellement désolée ! » commençais-je à m’excuser. « Vous allez bien ? » lui demandais-je, avant de porter mon regard sur sa veste et de retenir un sourire. « Votre veste ! Je suis désolée ! Laissez-moi me faire pardonner, s’il vous plaît ! » m’excusais-je à nouveau.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 21 Déc - 11:39


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Ma sœur était à elle seule un paradoxe total. Elle détestait notre demi-sœur, affichant clairement son dédain et sa colère face à sa seule existence. Et pourtant, elle avait accepté un cadeau de la part de la jeune femme. Une invitation « qu’on ne pouvait pas refuser » d’après elle. L’ironie de la situation me faisait presque grincer des dents. Elle ne pouvait pas tolérer la présence de notre sœur à un éventuel repas de Noël, même pour faire plaisir à Marillys qui n’envisageait plus désormais de ne pas l’inclure dans le cercle très prisé des « gens que j’naime », mais elle acceptait de se rendre à ce Gala avec l’invitation de sa demi-sœur. Un véritable paradoxe. Et bien sûr j’avais été désigné comme cavalier d’office car une Alinovitch devait avoir à son bras quelqu’un qui la ferrait paraitre plus sensationnelle encore. Et aux yeux de ma jumelle, rien n’égalait le glamour et l’image que nous dégagions ensemble. Pendant masculin et féminin de l’autre. Identique et différent. J’avais décidé de l’accompagner pour une unique raison : l’amour que je portais à ma jumelle malgré tout. Elle avait besoin de moi, de temps où nous n’étions que nous deux. Elle était comme une enfant paniquée, elle avait besoin de cadre, d’attention exclusive. D’être rassurée. Et comme toujours j’aurais tout fait pour son bonheur mais également pour assurer l’harmonie de ma famille. J’avais toujours été le « conciliateur » entre les membres de notre famille, entre mes sœurs, ma mère et mon père. Il en avait toujours été ainsi. Plus effacé, plus calme, plus maîtrisé. Je ne dévoilais que rarement mes gênes russes par de rares mais explosives colères. On prenait souvent mon silence pour la preuve d’un manque de personnalité ou de stupidité mais, ce n’était qu’une arme comme une autre pour faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Je n’appréciais pas particulièrement ses soirées, il y avait une trop grande débauche de luxe et de clinquant alors que la moitié du budget consacré à ce gala aura suffi à faire vivre une organisation caritative durant deux ans. J’avais peut être conscience plus que tout autre de la superficialité de cette soirée, de son objectif « être vu et voir », ma vie professionnelle se résumait à une série de ce genre d’évènements. J’affichais cette moue inexpressive qui caractérisait les mannequins sur les podiums, pendant silencieux de ma jumelle qui elle illuminait la pièce par ses remarques et sa présence. Pourtant, si elle captait la jalousie des femmes présentes c’était autant pour sa beauté que pour moi, elle le savait, je le savais également. La beauté parfaite, les traits altiers de mon visage, mon port de tête, la coupe de mon costume, tout en moi était fait pour plaire, attirer, séduire. Ma gueule, mon corps étaient des outils de travail. Je ne devais qu’à mon physique, à mes gênes d’être devenu un mannequin. La déchéance viendrait avec l’âge, un jour je ne ferai plus vendre et elles m’oublieront. Ainsi allait notre vie. La beauté se fanait et alors d’autres mannequins prenaient notre place. Ce n’était qu’un monde d’apparence, de paillettes illusoires. Je savais que cette fascination, que ses regards n’étaient dû qu’à mon emballage séduisant et non pas à celui que j’étais. C’était peut-être cela mon problème, la connaissance. La beauté si elle allait de paires avec la stupidité pouvait permettre de se complaire dans cette existence, de profiter des charmes de cette vie. Mais pour mon malheur, je portais sur ma propre existence le regard d’un homme éveillé aux arcanes de ce monde, j’aurai pu prétendre à une autre vie. Autrefois. J’avais fait un choix alors. Celui de devenir ce mannequin, pour elles, mes sœurs. Pour les protéger, pour rester à leurs côtés. La famille importait avant les rêves, avant mes rêves. Ceux de brillantes études. D’un diplôme en lettres et philosophie, d’une carrière de professeur ou d’auteur peut-être. Depuis mes quinze ans je vivais avec l’idée que nos beautés se faneraient, que notre temps passerait et que je pourrais alors me consacrer à mes rêves, sans les abandonner. Au bras de Solanà je ne prêtais pas attention à ses femmes. A leurs regards. C’était si facile d’apprécier l’emballage et de ne pas ouvrir le livre. Prétendre que les femmes ne m’intéressait pas aurait cependant été une erreur mais je ne recherchais pas la beauté chez les partenaires éphémères qui traversaient mes nuits, quand la solitude ou le désir se manifestait trop fortement. Non l’emballage ne faisait pas tout. J’appréciais une femme avec de la conversation, du charme et non une beauté éthérée. Mais elles ne restaient jamais longtemps. J’avais dans ma vie bien trop de femmes. Mais également trop de respect pour entraîner qui que ce soit dans ce monde. Depuis les grands mannequins des années 80, nous étions sur exposés, au même titre que les acteurs parfois. Personne ne devrait être ainsi médiatisé sans l’avoir désiré. Et ce genre de femmes, celles qui désiraient la lumière des projecteurs n’étaient pas faites pour moi, qui n’aspiraient qu’à la quitter. Je portais sur l’assemblée un regard morne, lasse, ennuyé. Aspirant à être autre part que vêtu d’un costume prêté par un grand couturier pour en faire la promotion. « J’ai besoin de me refaire une beauté. Tu m’attends là ? » Je hochais la tête en signe d’assentiment, espérant que la bassecour qui me reluquait comme si j’étais la vitrine d’une pâtisserie, ne verrait pas là une occasion de m’aborder. Alors que j’observais stoïquement la foule, une main s’agrippa brusquement à moi, tout du moins au revers de mon costume. Une chevelure blonde, des talons hauts et une robe hors de prix fut tout ce que je vis d’elle avant de refermer brusquement, presque par reflexe, mes bras sur sa taille, pour lui éviter de s’effondrer sur le sol. « Oh mon Dieu, je suis tellement désolée ! Vous allez bien ? » Je la relachais une fois qu’elle se fut stabilisée, essayant de cerner ce bout de femme sophistiquée qui venait littéralement de me tomber dessus. Froide, arrogante et dissimulatrice furent les trois adjectifs qui me vinrent en la regardant. Une belle femme, qui me tombait dans les bras, c’était presque digne d’un mauvais film à l’eau de rose. J’allais lui adresser une fin de non-recevoir quand elle posa les yeux sur mon torse, ou plutôt sur ce qui recouvrait ma veste de smoking. « Votre veste ! Je suis désolée ! Laissez-moi me faire pardonner, s’il vous plaît ! » En d’autre situation j’aurais noté la tournure de phrase tendancieuse digne de la bassecour habituelle, de toute évidence cette femme n’avait pas trébuché sur moi par hasard. Ce que j’aurai pu « oublier » et la laisser là si il n’y avait pas eu cette sauce orange sur le satin de ma veste. Une veste unique, prêt d’un couturier, sous « caution ». Elle avait l’air contente d’elle, ce qui me laissait penser qu’elle n’était pas tombé accidentellement sur moi. « J’espère que cela en valait la peine ...Vous me devez 8 000 $ » Je jetais un œil à la cuillère qu’elle tenait à la main et à ses talons hauts. « En chèque ou en liquide. A vous de voir. » Jetai-je froidement en emprisonnant son poignet tenant le reste de la cuillère entre une de mes mains. Sans serrer mais en la maintenant près de moi. Pas sure que la dinde ne prenne pas son envol à l’annonce de la facture. « Voilà comment vous faire pardonner, très chère. »

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 21 Déc - 19:03

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


J’aurais presque pu rire lorsqu’il me rattrapa en refermant ses bras autour de ma taille. Mais ce ne fut pas le cas, bien évidemment. Bien sûr, mon plan fonctionnait comme prévu. Le contact était à présent fait. Je vis qu’il me toisa du regard, et me demandais à quoi il pouvait bien penser en me voyant. Je ne le connaissais pas encore assez pour pouvoir devenir celle qu’il attendait, et le mieux était encore de simplement obtenir ses coordonnées, puis de me faire discrète. J’aurais alors tout le temps de préparer un stratagème. Je ne le remerciais donc pas de m’avoir « sauvée », me contentant de m’excuser, puis de m’excuser de nouveau en remarquant la tâche sur sa veste. « J’espère que cela en valait la peine ... Vous me devez 8 000 $ »me toisa-t-il. Je déglutis, sans jeu aucun cette fois-ci. « 8 000 $ ? » répétais-je. « Vous allez souvent à un gala de charité, en faveur des pauvres, avec une veste à 8 000 $ sur vous ?  » reprenais-je d’une voix calme et posée. J’en aurais presque ri, si je ne l’avais pas trouvé pathétique. Il se prenait sûrement pour un Apollon, adulé comme il l’était par toutes ces dindonnes sans saveur. Mais sa beauté – et encore, il était plutôt banal à mon goût – ne durerait pas bien longtemps. Dans quelques années, il serait fini et tout le monde aurait oublié jusqu’à son prénom. Il pris mon poignet fermement, me faisant presque mal. « En chèque ou en liquide. A vous de voir. » me jeta-t-il froidement. Si j’avais en effet droit à une enveloppe budgétaire dans le cadre de cette « mission », il était fort probable que cette simple entrée en matière ne me fasse la dépenser. « Voilà comment vous faire pardonner, très chère. » reprit-il. « Oui, parce que tout le monde se déplace avec 8 000 $ en liquide, c’est bien connu … » lui répondais-je dans un sourire faux, tout en libérant mon poignet de son contact. Heureusement, personne ne semblait avoir remarqué ce qu’il se tramait, ou sinon, ils faisaient semblant de ne rien voir. Tant mieux, je ne voulais pas que nous soyons interrompus. Du moins, pas encore. Il me fallait ses coordonnées. Et rapidement, parce qu’il commençait réellement à m’insupporter. Je ne m’étais clairement pas préparée à avoir en face de moi un type comme lui. Hautain, froid, mesquin, égocentrique et snobinard. Attention, j’aimais les défis. Je les avais toujours aimés. Mais il me fallait un peu plus de temps pour rentrer dans le jeu, tout simplement.

Je déposais la cuillère sur la table haute à côté de nous, avant de poser une main sur ma hanche et de retenir un soupir. « Donc, si je vous rembourse votre veste, on est quitte ? » reprenais-je plus doucement, tentant d’y mettre un peu plus du mien. Je n’avais pas le choix, de toute façon. Ce n’était pas en rouspétant et en lui disant ses quatre vérités que j’y arriverais. Bien que, soyons clair, ce n’était pas l’envie qui m’en manquait. « Je comptais faire un virement pour l’association … Donc je n’ai ni chéquier, ni espèce sur moi. » commençais-je, avant de reprendre presqu’immédiatement, ne pouvant m’en empêcher. « Bien que pour la deuxième solution, je ne me serais jamais baladée avec autant sur moi de toute façon … » lâchais-je dans un murmure, plantant mon regard dans le sien. Je me demandais si je devais battre des paupières, et agir comme les autres femmes. Peut-être que c’était ce qu’il aimait. Avoir les femmes à ses pieds, agenouillées devant lui … C’était fort probable, même, au vu du peu que j’avais pu apercevoir de sa personnalité. Mais clairement, je n’étais pas prête mentalement pour cela. Une fois que j’aurais obtenu tout ce dont j’avais besoin pour lui plaire, là, oui. J’étais prête à tout, de toute façon, pour enfin monter les grades au sein du magazine. Mais là maintenant ? Hors de question. « Donc, comment on fait pour que je vous rembourse ? » reprenais-je, sans quitter mon regard du sien. « Peut-être dans une impasse, la nuit, telle une droguée réglant ses dettes ? » proposais-je, dans un sourire encore plus faux que le précédent. « Ou alors un peu plus cordialement peut-être ? »

Il fallait que je garde mon calme, et que je me focalise sur ce qu’il m’apporterait. Il était la clé de mon futur succès, il ne fallait pas que j’oublie cela. Je respirais un bon coup, avant de baisser la tête. « Pardon … Je vous ai bousculé, vous ai bousillé votre veste … Vous avez tous les droits de me parler comme à une sous-merde. » finissais-je par abdiquer. Cela faisait mal, vraiment mal, à mon égo, mais je n’avais pas le choix. Ce n’était pas en agissant tel un chien montrant les crocs que j’y arriverais. Et même si je n’en avais aucune envie, et que cette nuit je rêverais probablement de lui en coller une, il fallait que je me fasse toute petite, cette fois-ci. Je m’en étais toujours sortie, j’avais toujours obtenu ce que j’avais voulu. J’étais brillante, j’étais la meilleure. Qu’était-ce un jeu d’acteur en comparaison à tout ce que j’avais vécu, à tout ce que j’avais fait pour en arriver où j’étais ? Rien, absolument rien. « J’aimerais vraiment me faire pardonner, et si vous rembourser votre veste y participera, alors je le ferais. » Je relevais un peu la tête, sans pour autant le regarder dans les yeux. De toute façon, mon égo m’en empêchait. S’il y avait bien une chose que je détestais, c’était de m’excuser. Et même si je n’en pensais pas un mot, même si tout ceci n’était qu’un jeu, qu’un dialogue, cela ne changeait rien au fait que je n’en menais pas large. S’il pouvait juste me donner ses foutus coordonnées, qu’on en finisse, ce serait bien …

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 27 Déc - 1:22


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Comme si cette soirée ne pouvait pas devenir plus terrible, voilà qu’une blonde renversait sur ma veste le contenu de sa cuillère apéritive par « erreur ». Des erreurs comme cela j’en avais assisté à plus d’une sur moi ou sur l’un de mes amis. La profession de mannequin en attirait plus d’une, surtout lorsque vous étiez connu, corps de rêve et argent « facile » cela faisait rêver. Ajouter à cela un nom prestigieux comme le nôtre et les vautours n’étaient jamais loin. Depuis l’âge de seize ans je ne croyais plus vraiment aux coïncidences lorsqu’il s’agissait des femmes. Par exemple j’avais vu clair dans le jeu de Olga Sialov lorsqu’elle s’était « trompée de chambre » lors d’une soirée dans un hôtel, atterrissant à moitié nue dans mon lit ou encore lorsque Serena Vizenco avait décidé de m’initier à « l’amour sans préservatif » après que j’eu touché mes premiers cachets en tant que majeur, évitant ainsi de devoir verser une pension alimentaire. Mais j’avais surtout eu le meilleur exemple qui soit en termes de manipulatrice de sexe féminin : ma mère. Alors je me méfiais des femmes, encore plus lorsqu’elles semblaient avoir fait innocemment quelque chose. J’utilisais les femmes pour assouvir des besoins naturels, pour le plaisir charnel et parfois intellectuel. J’avais assez de problèmes avec les femmes de ma vie pour ne pas m’encombrer d’une relation longue durée. « 8 000 $ ? Vous allez souvent à un gala de charité, en faveur des pauvres, avec une veste à 8 000 $ sur vous ? » Par contre elle semblait réellement sous le choc, elle n’avait surement pas mesurée le coût de sa petite idée de génie pour faire tomber dans son bras l’héritier des Alinovitch. « Je suis un cintre vivant, on me paye pour porter des vêtements dans des fêtes où de riches mania dilapide leur argent. » Rétorquai-je froidement pour toute réponse. Dans quelques années j’aurai surement une profession moins glamour mais plus authentique à annoncer, alors peut être attirerai-je un autre type de femme. Une qui ne serait pas attirée par un salaire mirobolant et une plastique de rêve. « Oui, parce que tout le monde se déplace avec 8 000 $ en liquide, c’est bien connu … » Je haussais un sourcil ironique. « Dans un gala de charité à 15 000 $ l’entrée, oui cela ne serait pas surprenant. Un chèque serait parfait également. Cela remboursera le créateur et la soie très rare dont est fait cette veste. » J’ajoutais pour faire bonne figure, pour le coup elle n’était pas tombée sur le bon pigeon. J’espérais pour elle qu’elle avait de quoi rembourser au moins une partie de la tenue. Par principe. Je n’allais pas ruiner une pauvre fille en manque d’attention pour le simple plaisir de lui apprendre une leçon de vie. D’ailleurs elle n’avait rien d’une pauvre fille, quelque chose dans ses yeux me laissait penser qu’elle avait vécu une vie courte mais intense. Peut-être avait-elle réellement fait tomber cette cuillère par erreur... Après tout, tout était possible. Parfois je devenais un peu paranoïaque, toutes les femmes n’étaient pas ma mère.  « Donc, si je vous rembourse votre veste, on est quitte ? Je comptais faire un virement pour l’association … Donc je n’ai ni chéquier, ni espèce sur moi. Bien que pour la deuxième solution, je ne me serais jamais baladée avec autant sur moi de toute façon … » Elle semblait étrangement de bonne foi, elle s’était adoucit soudainement, elle semblait plus ... moins, agressive. « Donc, comment on fait pour que je vous rembourse ? Peut-être dans une impasse, la nuit, telle une droguée réglant ses dettes ? Ou alors un peu plus cordialement peut-être ? Pardon … Je vous ai bousculé, vous ai bousillé votre veste … Vous avez tous les droits de me parler comme à une sous-merde. J’aimerais vraiment me faire pardonner, et si vous rembourser votre veste y participera, alors je le ferais. » Ce fut plus fort que moi, soudainement, face à sa répartie mordante, à la façon dont elle me balançait mon attitude dans les dents, sans même sourcilier face à la froideur que j’employais face aux parasites, à la manière dont elle abdiquait mais à contre cœur ... J’éclatais de rire. Parce que de toute évidence cela lui écorchait la bouche. Parce qu’elle semblait ne pas être le genre de femme à renverser quoi que ce soit sur qui que ce soit simplement pour attirer son attention. Et parce que seigneur, qu’il était drôle de la voir faire ses excuses du bout des dents dans cette robe et ses talons vertigineux. Elle avait aussi peu sa place ici que moi. Nous étions aussi ridicules l’un que l’autre dans nos tenus de soirées, acteurs prétendant appartenir à un monde qui n’était pas le nôtre. « N’en dites pas plus, je crains que vous ne vous écorchiez la bouche avec une si mauvaise grâce. » Lançais-je en secouant la tête, amusé. Mon premier sourire de la soirée, mon premier rire, c’était cette femme, incongrue et qui employait des mots comme « sous-merde » vêtue d’une robe de grand créateur et de talons hauts, qui me l’avais tiré. Un glapissement atterré retentit brusquement dernière elle, une voix reconnaissable entre mille. « menya eto zaebalo* » Jura-t-elle en posant la main sur ma veste, repoussant d’un coup distingué d’épaule la blonde qui envahissait « son » espace autour de moi. « Qui est-ce qui t’as fait ça ? Tom va te tuer.... Une tâche de sauce à la mangue sur de la soie ! Elle est fichue ! » Marmonna-t-elle en tâtant la tâche de ses doigts manucurés. Je la repoussais doucement pour continuer de voir la « kamikaze » de la mode qui venait de tâcher une si belle création par sa maladresse. Connaissant les crises de colère homérique de ma jumelle, mieux valait feinter pour la tirer de là. Si elle l’avait fait volontairement une crise de Solanà serait l’idéal pour la punir bien sûr mais ... Elle avait présenté des excuses, ce qui pour une femme dans son genre était le summum de l’humiliation. « J’ai été bousculé par mon poulailler, tu sais ce que c’est, dès que tu me laisses cinq secondes elles en profitent pour venir caqueter avec maladresse cette fois. » Je lui glissais en enroulant mon bras autour de sa taille, détournant son attention une seconde avant qu’elle ne remarque la blonde qui aurait très bien pu être l’instigatrice de cette tâche. « Mademoiselle ... » Je lançais un regard à la blonde attendant qu’elle complète avant de reprendre. « ... est la chargée des relations avec les mécènes, elle proposait justement de voir ce qu’il était possible de faire pour arranger la situation ... Elle allait prendre mes coordonnées avant que tu n’arrives ptichka**. » Je sortais de la poche de ma veste une carte de visite blanche, où figurait un simple numéro de téléphone, je la retournais sur la table pour écrire rapidement sur la face blanche avant de la lui tendre, espérant qu’elle tiendrait parole. « Et si nous allions boire un verre ? » Proposais-je à ma sœur en l’entrainant vers le buffet, abandonnant la blonde derrière nous.

Lorsqu’elle retourna la carte de visite elle découvrit alors ce qu’il y avait inscrit rapidement.

« J’espère que vous êtes plus habile pour tenir vos promesses, qu’à tenir sur des talons aiguilles. D.A.A. »


* Fait chier putain
** Petit oiseau


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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Lun 5 Jan - 0:01

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Mais quelle hypocrisie ! Porter une veste à 8000$ alors que l’on se rend à un gala supposé donner de l’argent aux pauvres. Cela amenait le tailleur à combien, 15 000$ ? Est-ce qu’il ne connaissait pas la décence ? Est-ce qu’au moins, une personne dans cette assemblée, était sincère ou est-ce qu’ils n’étaient ici que pour se faire voir ? Des personnes mourraient dans le monde, que diable, mourraient dans les rues de New York, et eux se baladaient avec une veste à 8000$ … Pas que j’en ai quelque chose à faire des pauvres qui mourraient dans la rue par ce froid hivernale, mais au moins, je n’étais pas hypocrite. J’avais vécu la pauvreté, j’avais connu le froid de la rue, je savais ce que c’était. Et je m’en étais sortie, sans l’aide de personne. Donc oui, je me moquais pas mal de leur sort, parce que je savais que lorsque l’on voulait, on pouvait. Mais il n’y avait aucune hypocrisie de mon côté, au moins. « Je suis un cintre vivant, on me paye pour porter des vêtements dans des fêtes où de riches mania dilapide leur argent. » Je roulais des yeux. Comme je le pensais, il n’en avait strictement rien à faire. Aucune décence. « C’est un gala de charité … en faveur des pauvres … » répétais-je, tentant de bien lui faire comprendre ce qu’il y avait de dérangeant là-dedans. « En faveur de personnes qui n’ont rien pour vivre … » Est-ce qu’il comprenait ce que je disais, au moins ? Et mon agacement augmenta forcément lorsqu’il me demanda si je comptais le rembourser en chèque ou en espèce. Est-ce qu’il croyait vraiment que des personnes se baladaient avec 8000$ en espèce ? Ou alors, clairement, ils avaient un gros problème et faisaient bien trop confiance aux autres pour ne pas avoir peur de se faire voler. « Dans un gala de charité à 15 000 $ l’entrée, oui cela ne serait pas surprenant. Un chèque serait parfait également. Cela remboursera le créateur et la soie très rare dont est fait cette veste. » Je roulais de nouveau des yeux. Oh oui, le pauvre petit créateur qui risquait de mourir s’il n’était pas remboursé … Je tentais tout de même d’y mettre du mien. Après tout, j’étais ici avec une mission en tête, et il fallait que je reparte avec ses coordonnées. Ensuite, j’aurais l’opportunité de devenir celle qu’il voudrait. Mais je savais pertinemment que, même si je ne jouais pas encore le rôle de la petite amie parfaite, ce n’était pas en l’insultant et en étant insolente que j’arriverais à mes fins. Au contraire même, je pourrais parier qu’il les aimait bien soumises. Pourtant, je ne tiens pas bien longtemps avant de retrouver mon sarcasme, et ne peux m’empêcher de lui demander si on allait faire ça dans une allée telle une droguée remboursant son dealeur, ou si on arriverait à être plus cordiaux. Je savais que ce n’était pas bien, mais comment m’en empêcher ? Est-ce que vous avez vu cette tête à claques ? Je repris à nouveau sur moi, et m’excusais. Oui, m’excusais. Moi. Aoutch, que cela faisait mal. Même si je ne pensais pas un mot de mes excuses, et que ce n’était que pour mon plan, cela faisait vraiment, vraiment, mal. Et alors, il éclata de rire. Juste comme ça. J’écarquillais des yeux. Qu’est-ce qui s’était passé, exactement ? Au diable mon égo, je replantais mon regard dans le sien, m’attendant à y voir un quelconque signe de moquerie, ou d’ironie. Mais non. C’était un rire franc, sincère. Bah mince alors. Je fronçais des sourcils, attendant une explication. « N’en dites pas plus, je crains que vous ne vous écorchiez la bouche avec une si mauvaise grâce. » Oh, c’était donc ça, alors ? Bah s’il ne fallait que ça pour le faire rire, il allait rire souvent, avec moi. « menya eto zaebalo* » entendais-je dans mon dos, avant que je n’eus le temps de répondre à mon interlocuteur. « Qui est-ce qui t’as fait ça ? Tom va te tuer.... Une tâche de sauce à la mangue sur de la soie ! Elle est fichue ! » Je me mordis la lèvre inférieure, tentant de garder mon calme. Mais sa réaction m’amusait. Ce n’était qu’une veste, ce n’était pas la fin du monde, non plus, il ne fallait pas exagérer … Alors, est-ce que les colères noires de la diva étaient telles que ce que j’en avais entendue ? J’allais bientôt le découvrir, j’imagine. Mais quelque chose me disait que cela m’amuserait plus qu’autre chose. « J’ai été bousculé par mon poulailler, tu sais ce que c’est, dès que tu me laisses cinq secondes elles en profitent pour venir caqueter avec maladresse cette fois. » Je roulais des yeux. Sérieusement ? Il croyait réellement que je faisais partie de sa basse-cour ? Mais il se prenait pour qui, exactement ? « Mademoiselle ... » commença-t-il, me laissant compléter. « Heland. » annonçais-je d’une voix claire et parfaitement maîtrisée. Ce n’était certainement pas une diva qui me faisait peur. « ... est la chargée des relations avec les mécènes, elle proposait justement de voir ce qu’il était possible de faire pour arranger la situation ... Elle allait prendre mes coordonnées avant que tu n’arrives ptichka**. » Okay, là il m’avait bien eue, je ne m’y attendais pas, à celle-ci. Je récupérais la carte de visite qu’il me tendais, et lui fis un petit signe de la tête, feintant des remerciements, avant de jouer le jeu. « Merci. Je vais faire le nécessaire. Au revoir Monsieur. Mademoiselle. » les saluais-je. Je dus presque me retenir de faire une révérence, mais décidai qu’il valait mieux que j’arrête l’insolence pour aujourd’hui. Je retournais sa carte de visite et lu  « J’espère que vous êtes plus habile pour tenir vos promesses, qu’à tenir sur des talons aiguilles. D.A.A. ». Oh mon pauvre, si tu savais à quel point j’étais habile … Je fis un petit sourire satisfait, rangeais sa carte dans ma pochette, puis reprenais le cours de la soirée.

Je croisais mes jambes, avant de les décroiser rapidement. Ce n’était pas que j’étais nerveuse, mais je tâchais de donner cette impression. Bon, okay, j’avais déjà été plus sûre de moi que maintenant, donc en soit, il ne s’agissait que de dramatiser ce que je ressentais. Le fait était que j’avais récolté peu d’informations à son sujet, et sur ce qu’il pouvait bien aimer ou ne pas aimer. Et le fait de devoir improviser … et bien disons que cela ne s’était pas très bien passé la dernière. Bien sûr, j’avais fini par obtenir ses coordonnées et un rendez-vous dans un café un peu à l’écart, donc ma première mission avait été accomplie. Et j’en avais été dûment félicitée par mon supérieur d’ailleurs, qui n’avait pas hésité à me faire le virement pour que je puisse lui faire son chèque. Mieux que ça, d’ailleurs, puisque c’était tout bonnement un logement de fonction qu’il m’avait donné. Oui, rien que ça ! Un magnifique appartement, en plein Upper West Side ! En même temps, c’est vrai que cela aurait bien embêtant d’amener le prince de la mode dans un studio « rustique » à Brooklyn, il fallait bien l’avouer. Surtout que j’étais supposée aller pouvoir payer 15 000$ une entrée à un gala de charité, donner de l’argent à diverses associations, et surtout, le rembourser pour sa veste. Cela n’aurait pas vraiment été cohérent avec ma couverture. Parlons-en, de ma couverture d’ailleurs. Je décidais d’éviter le plus possible de mentir. Pour éviter d’être découverte, tout simplement. Donc mon identité restait la même, tout comme mon histoire. La seule chose qui changeait, c’était que j’avais reçu un héritage : une vieille tante m’avait légué toute sa fortune à sa mort. Le reste restait parfaitement identique. La seule chose qui me restait à faire, c’était à devenir sa femme idéale. Et c’était un peu plus compliqué. Bien sûr, je pourrais coucher avec lui sans aucun problème. Je ne doutais absolument pas de mon physique et de mon charme, surtout dans la tenue que je portais aujourd’hui. Mais ce n’était absolument pas dans mes intentions que de coucher avec lui, sauf extrême nécessité – après tout, je comptais devenir sa petite amie, il allait bien falloir que je passe à la casserole à un moment ou à un autre. Mais comment, justement, devenir sa petite amie ? Des informations que j’avais pu recueillir sur lui, il n’en avait jamais eue, justement. Il enchaînait les histoires sans lendemain, et ne semblait pas être intéressé par plus. Et je me demandais si, finalement, il était réellement intéressé par sa basse-cour. Est-ce qu’il souhaitait justement une femme soumise, qui ferait ce qu’il aurait qu’elle fasse ? Parce que cela, il pouvait l’avoir en un claquement de doigts. Je me rappelais de son éclat de rire. C’était bien moi, qui l’avait fait rire, non ? Est-ce que le fait que je lui réponde, que je lui dise ses quatre vérités, n’était pas ce qui l’avait encouragé à me donner son numéro ? Il était probable que je me sois trompée sur lui, finalement, et qu’il ne soit pas à la recherche d’une dinde parmi les autres. Il fallait que je prenne une décision, et rapidement. Le voyant entrer dans le café, je lui fis un discret signe de la main pour lui indiquer où je me trouvais, avant de me lever pour le saluer. « Monsieur Alinovitch. » commençais-je solennement. « Oh, pas de baisemain de votre part ? J’en attendais mieux d’un homme de votre standing. » exagérais-je d’une voix aigüe. « Merci d’avoir refusé ma proposition à propos de l’impasse, je me sens bien plus dans mon élément ici. » continuais-je dans un sourire en coin, avant de me réinstaller sur ma chaise, et de reprendre mon jeu de jambes.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Mar 6 Jan - 21:05


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
L’argent n’avait jamais été un problème pour moi, la chance de naître dans une famille privilégiée, disposant d’une fortune confortable. De travailler depuis l’âge de trois ans, d’avoir eu une mère qui n’était en rien maternelle mais qui avait été un agent redoutable, négociant chaque contrat, et avait placé chaque cachet sur un compte bloqué jusqu’à notre majorité. Elle avait été une mère terrible mais elle avait assuré notre avenir financier en effectuant de juste placements, en préservant l’argent que nous gagnions depuis notre tendre enfance. Nous avions également de disposer d’une renommée mondiale qui nous permettait d’enchaîner les contrats juteux, voire de gagner quelques procès en dommage et intérêt contre les torchons à scandales. Ebba avait raison, j’avais assez d’argent pour avoir le choix de faire ce que je voulais de ma vie, bien assez pour arrêter le mannequina et reprendre une vie normale, pour prendre le temps de choisir ma voie. Mais ce n’était plus le devoir de protéger mes sœurs qui m’empêchait de tout quitter mais, la peur. S’adonner en dilettante aux études, prendre le temps de passer des UE par correspondance était une chose, envisager de devenir professeur ou écrivain une autre. Ebba avait raison. Il fallait d’abord que j’apprenne à me connaître pour devenir qui je désirais être. Développer mon identité propre et non plus vivre ma vie en parallèle à celle de mes sœurs. En parlant avec cette femme l’autre soir je m’étais heurté une fois de plus à la vacuité de cette existence, à cette existence sans but. Une veste à 8 000$ dans un gala de charité pour les plus démunis. C’était là mon objectif ? Vendre des vestes hors de prix, n’être rien de plus qu’un simple mannequin de chair et de sang dont l’unique but était de mettre en valeur un vêtement auquel je n’attachais pas plus d’importance qu’à un bon vieux jean Levis ? Contrairement à ma jumelle je n’attachais aucune importance aux vêtements que nous portions, à leur beauté, à leur coupe, aux matières. Cela m’intéressait à peine. J’aimais les shooting parce qu’ils stimulaient mon imagination, me permettait d’incarner un autre, un instant. Mais ce métier n’était pas celui que j’avais choisi. Ce métier on me l’avait imposé. Je m’y étais sacrifié, me perdant en chemin. Suite à ce gala de charité j’avais fait un choix, celui d’interrompre ma carrière. De prendre une retraite qui arriverait de toute façon bien vite. 24 ans, c’était déjà vieux pour un mannequin. Il me restait à l’annoncer à ma famille, à mes sœurs. Mon agent aussi devrait être informé. J’honorerai mes contrats puis se serait terminé.
Brisant la succès story des Alinovitch dans le mannequina. Un chapitre s’achevait, une page se tournait. Et avec elle ... Un nouveau succès, le début d’une quête, celle de moi-même. C’était fort de cette résolution que j’avais accepté de rencontrer ma « renverseuse en série » pour ce remboursement de veste. Il s’avérait que la soie pouvait être détachée, que ce modèle ayant tapé dans l’œil de la femme d’un aristocrate russe, qui l’avait finalement commandé trois exemplaires de couleurs différentes, le créateur plutôt que de me maudire sur trois générations avait plutôt proposé de m’emmener à Aspen pour fêter ça « intimement ». Il faudrait que je fasse quelque chose contre cette rumeur persistante un jour. J’aurai pu le lui annoncer par téléphone mais je ne l’avais pas fait. Cette femme, par son attitude m’avait intriguée. Alors j’étais venue au rendez-vous. Vêtue bien plus modestement. « Monsieur Alinovitch. Oh, pas de baisemain de votre part ? J’en attendais mieux d’un homme de votre standing. » Je haussais un sourcil amusé alors qu’elle se rasseyait. Jolie jambe. Mon regard glisse un instant, suivant le tracé de sa jupe. Elle était plutôt chic. Dans mon jean brut et mon pull noir tout simple et mon anorak j’avais l’air plus « normal » que l’autre soir. C’était certain. Qui était trop habillé cette fois ? « Merci d’avoir refusé ma proposition à propos de l’impasse, je me sens bien plus dans mon élément ici. » Je m’installais face à elle sur la banquette. « Par mesure de précaution j’ai indiqué au serveur que vous ne prendriez rien qui tâche ... » Je répliquais. « Alors comme s’y prend t-on pour la transaction, vous glissez une enveloppe en craft sous la table ? Je dois craindre qu’un gros bras vienne me casser le nez dans une heure ? » je rayais en faisant signe au serveur afin qu’il prenne notre commande. « J’ai préféré éviter de tenter le contenu de votre tasse, en enfilant des vêtements crash-test. Pas de soie rare, cela devrait prévenir toute envie du contenu de ce que vous allez boire à venir se renverser sur mes genoux. Commandez ce qui vous plaira, c’est moi qui invite, vous devez être ruiné mademoiselle Heland. » J’avais envie de laisser planer le doute un instant ... Toujours indécis quant à savoir si son « renversage » avait été accidentel ou non.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Ven 9 Jan - 18:20

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


J’étais surprise de le voir habillé si … simplement. Il était mannequin, après tout. Autant je comprenais qu’il ne soit pas aussi chic pour un rendez-vous dans un café que pour un gala, autant je ne l’imaginais pas en simple jean et anorak. Il était supposé être à la pointe de la mode, et avoir des vêtements créés par les plus grands couturiers. Et il sortait de chez lui, habillé comme … ça ? Enfin bon, l’habit ne fait pas le moine, comme on dit. Je le taquinais un peu, avant de me rassoir à sur ma chaise. Je le vis me reluquer, et roulais des yeux. Les hommes … Un bout de peau qui dépasse, et ils perdent tout contrôle. Ce qu’ils pouvaient être prévisibles. Mais je n’avais aucune intention de coucher avec lui. Du moins, pas maintenant. D’une, il n’était absolument pas mon type d’homme. De deux, je comptais devenir sa petite amie, pas une de ses dindes pathétiques qui s’agenouillaient devant lui au moindre claquement de doigts. « Par mesure de précaution j’ai indiqué au serveur que vous ne prendriez rien qui tâche ... » répliqua-t-il. Même pas une salutation ? Rien ? Je plantais mon regard dans le sien. « Même pas un « Bonjour Mademoiselle Heland, comment allez-vous depuis la dernière fois ? » » demandais-je dans un sourire amusé. « Autant je peux comprendre pour le baisemain, autant, tout de même, il y a un minimum, monsieur Alinovitch. » Qui est-ce qui s’était occupé de son éducation, sérieusement ? Est-ce qu’il ne connaissait vraiment pas les bonnes manières ? En même temps, à peine avait-il entraperçu mes jambes qu’il s’était mis à loucher dessus … Autant dire que son éducation était entièrement à refaire. Le fait était que je n’avais aucune idée de comment m’y prendre, avec lui. Et je n’aimais pas ça. Pas ça du tout. J’avais toujours tout contrôlé, et détestais ne pas avoir le contrôle d’une situation. Et avec lui … c’était plus compliqué que ce que je ne l’aurais cru. Bien sûr, j’avais décidé de rester moi-même, ou en tout cas, à peu près. Il n’était pas non plus question que je le fasse fuir à coups de sarcasmes et d’insultes non plus. Mais jusqu’à quel point devais-je rester moi-même, justement ? Est-ce qu’en lui parlant de cette façon, je n’allais pas droit au mur ? Okay, c’était en étant moi-même qu’il avait accepté de me rencontrer dans ce café. Mais peut-être que l’accueillir de cette façon n’était pas la meilleure des solutions. Il fallait que je réussisse. C’était la seule façon pour moi de percer. Et ce métier, c’était mon rêve. Malheureusement, pour le réaliser, il n’y avait pas que moi en ligne de mire. Il y avait lui. Il était mon accès à ce rêve, et je le détestais encore plus pour cela. Je dépendais de lui, et cette constatation m’horripilait. Depuis mon adolescence, je n’avais jamais pu compter que sur moi-même. C’était moi, toute seule, qui était devenue qui j’étais aujourd’hui. Et maintenant, je devais lier mon destin à cet homme arrogant. Mais bon, il fallait que je pense à ce poste de chroniqueuse qui m’attendait à Vogue Magazine. Une fois que j’en aurais fini avec lui, ce poste m’ouvrirait les bras. Ce n’était que quelques mauvais mois à passer, puis j’obtiendrais ce que je souhaiterais. J’en faisais ma résolution.

« Alors comme s’y prend t-on pour la transaction, vous glissez une enveloppe en craft sous la table ? Je dois craindre qu’un gros bras vienne me casser le nez dans une heure ? » demanda-t-il en faisant un signe au serveur. « Etant donné mon niveau en arts martiaux, si j’avais eu envie que votre nez soit cassé, il l’aurait déjà été. » lâchais-je dans un sourire en coin. Le serveur arriva alors, nous tendant la carte. « J’ai préféré éviter de tenter le contenu de votre tasse, en enfilant des vêtements crash-test. Pas de soie rare, cela devrait prévenir toute envie du contenu de ce que vous allez boire à venir se renverser sur mes genoux. Commandez ce qui vous plaira, c’est moi qui invite, vous devez être ruiné mademoiselle Heland. » « Ceci explique donc votre tenue. Je m’en vois rassurée. » répliquais-je sans quitter mon regard de la carte. « Et vu le chèque que je vais vous faire, je ne suis pas à dix dollars près, vous savez. » relevais-je mon regard vers lui dans un sourire, avant de commander un verre de vin au serveur. Un fois que celui-ci pris la commande du mannequin, je répondis à sa première question. « Quant à comment cela va se passer … Et bien, je vais simplement vous faire ce chèque, et vous ne serez plus importuné par ma maladresse. » reprenais-je, avant de replacer une mèche de cheveux à sa place. « Vous avez pu récupérer votre veste ? Normalement, la soie se nettoie pas trop difficilement, mais vu ce qui est tombé dessus … » dis-je d’une petite voix, en baissant la tête. En vrai, je m’en moquais éperdument de sa veste. Qu’elle puisse être en soie, ou faite par un grand couturier, ce n’était pas mes affaires. J’avais beau être passionnée par la mode, ce n’était qu’une veste. Et je trouvais toujours autant ridicule et hypocrite d’aller à un gala en faveur des pauvres avec une veste de ce prix là. Mais bon, si j’espérais faire durer ce moment, et ne pas simplement lui tendre son chèque avant de le voir s’en aller, il fallait bien occuper la conversation. « Comment vous en êtes venu à faire du mannequinat ? » lui demandais-je ensuite. « Vous avez l’air d’être intelligent, du peu que j’ai pu en voir … » Je pris une pause avant de me reprendre immédiatement, consciente qu’il pourrait mal prendre mes mots – après tout, toute sa famille, ou presque, faisait ce métier. « Enfin, pas que les mannequins soient de sombres idiots, hein … Mais je ne sais pas, c’est un métier où seul le physique compte. Et vous avez l’air d’être plus qu’un physique. » Cette fois-ci, je ne jouais pas vraiment la comédie. Cela m’intéressait vraiment. D’une, pour mon article. Ce serait toujours un plus de connaître les raisons qui l’avaient poussé à suivre ses sœurs et à faire ce métier. Et de deux, parce que je pensais ce que je disais. Il avait l’air plus intelligent que ça, et je doutais fortement qu’il ne le sache pas déjà.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 11 Jan - 14:58


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Elle déclenchait en moi une réaction assez étonnante. J’avais envie de la provoquer, de la faire sortir de ses gongs. Pour voir le vrai visage de cette femme. C’était rare de voir quelqu’un avec un tel aplomb qui était capable de s’affirmer, de s’accepter suffisamment pour ne pas mettre de barrière, pour ne pas réprimer son émotion, sa façon d’être. Dans ce gala elle avait été une des seules à ne pas prétendre être une autre. A ne pas s’abaisser à se repentir, une des rares aussi à ne pas ployer devant moi, le prestige de mon nom ou mon attitude hautaine. Elle n’avait pas ployé. Loin de là. Et c’était peut-être cela qui lui avait donné grâce à mes yeux. Qui avait attiré mon attention. Qu’elle ne fasse pas semblant. Et quand elle avait tenté de se soumettre, j’avais compris qu’elle le faisait de mauvaise grâce. Voilà pourquoi j’avais accepté ce rendez-vous. Plutôt que de lui annoncer téléphone que le créateur était enchanté de cette tâche qui lui avait valu de vendre plusieurs exemplaires de ce costume hors de prix. Un dernier « baroud » d'honneur pour le mannequin que j’étais. Une belle fin. Et c’était la discussion que j’avais eu avec elle ce soir-là, autour de cette veste hors de prix, qui était déplacé dans ce genre d’évènement, avait fini de m’ouvrir les yeux. « Même pas un « Bonjour Mademoiselle Heland, comment allez-vous depuis la dernière fois ? » Autant je peux comprendre pour le baisemain, autant, tout de même, il y a un minimum, monsieur Alinovitch. » Elle était irrévérencieuse, elle n’hésitait pas à me rembarrer, à me mettre face à ses irrévérences. Moi qui intimidais d’ordinaire semblais avoir trouvé en elle quelqu’un qui ne me craignait pas. Qui ne s’offusquait même pas de mon attitude hautaine, « russe » comme l’aurait dit mon agent. « Pour quelqu’un qui va devoir se délester d’une partie de son compte bancaire, je trouve que vous êtes bien attaché à être salué par celui qui vous taxe. Mais si vous y tenez... Bien le bonjour Mademoiselle Heland. » Avec un soulèvement de chapeau fictif. « Etant donné mon niveau en arts martiaux, si j’avais eu envie que votre nez soit cassé, il l’aurait déjà été. » En voilà une femme avec du répondant. Percutante, c’était le mot. Elle ne manquait pas d’aplomb. « Ceci explique donc votre tenue. Je m’en vois rassurée. Et vu le chèque que je vais vous faire, je ne suis pas à dix dollars près, vous savez. Quant à comment cela va se passer … Et bien, je vais simplement vous faire ce chèque, et vous ne serez plus importuné par ma maladresse. Vous avez pu récupérer votre veste ? Normalement, la soie se nettoie pas trop difficilement, mais vu ce qui est tombé dessus … » Elle venait de commander un verre de vin. Pour ma part, j’envisageais de confier au serveur un de mes vices. Quitte à la faire rire. Starbuck m’avait ouvert les yeux sur les variantes du café. J’étais devenu accro à ces boissons qu’on considérait comme « non viril ». Plaisir assumé. « Un mocha blanc avec guimauve et poudre de cannelle et cacao. » Je commandais avec un sourire amusé. J’attendais la répartie sanglante qui allait suivre face à cette commande étonnante. Je ne buvais plus ou rarement notamment dans les évènements mondains. Avec modération même lors des évènements familiaux. Pour garder le contrôle. Pour ne pas perdre pied. J’avais appris à mes dépends qu’on ne pouvait avoir fois en personne, si ce n’’était en sa famille. Toujours se surveiller pour éviter qu’une faille soit exploitée. Un faux pas et la presse people se repaissait de vos restes. « En fait j’ai un aveu à vous faire ... votre tâche à fait sensation sur le costume blanc ... Si bien qu’un milliardaire des émirats a commandé au créateur toute une collection en différentes couleurs. Si bien que votre dette est annulée. » J’avouais avec un sourire amusé. « Vous devriez peut être demandé une commission d’ailleurs ... Le orange sur le blanc est la nouvelle tendance apparemment. » Je me moquais gentiment. La mode n’avait parfois aucun sens. J’avais porté des créations qui n’avaient leur place que dans un défilé et non pas dans la vie de tous les jours. Je ne voyais dans la mode qu’un moyen de gagner ma vie. Même si j’appréciais les coupes précises des tailleurs italiens ou le confort d’un jean Levis. Je ne vivais pas pour la mode. Elle m’indifférait même parfois. « Je voulais m’assurer que votre génie créatif serait salué par le monde de la mode et voir si vous comptiez lancer une nouvelle tendance en tachant autre chose que de la soie. »  Ajoutais-je pour justifier ma présence. « Comment vous en êtes venu à faire du mannequinat ? Vous avez l’air d’être intelligent, du peu que j’ai pu en voir … Enfin, pas que les mannequins soient de sombres idiots, hein … Mais je ne sais pas, c’est un métier où seul le physique compte. Et vous avez l’air d’être plus qu’un physique. » Et voilà qu’elle s’embourbait. Elle devait s’être renseigner sur le mystérieux homme qui portait une veste à 8000$ dans un gala de charité, apprendre que dans notre famille nous étions tous mannequins ou savoir ce soir-là à qui elle avait à faire. Après tous nos visages étaient partout, dans la presse, sur des panneaux publicitaires, dans des magazines. « Un compliment ... Venant de vous je suis flatté. Ma mère était mannequin en se mariant elle a dû mettre un terme à sa carrière. Nous tenons tous de ses traits, mes sœurs surtout, j’ai hérité du nez « aristocratique » de mon père parait-il. Nous avons commencés tôt, à trois ans. Et puis les contrats se sont enchaînés et je n’ai jamais vraiment eut d’autres voie s’ouvrir à moi. »  Je parlais assez librement de mon choix de carrière sans dévoiler la véritable cause de ce choix de carrière. Seule ma famille savait ce qu’il en était, ou le devinait. « Si on met de côté votre talent indéniable pour l’instabilité sur talons aiguilles, que faites-vous dans la vie ? Vous savez que c’est le travail qui m’a conduit dans ce gala, en est-il de même pour vous ? »
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 11 Jan - 21:38

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


C’était tout bonnement incroyable ! Okay, je lui avais gâchée sa fichue veste, mais merde, j’étais là pour le payer ! Il pouvait quand même me saluer, non ? C’était si difficile que ça ? Est-ce qu’il devrait ensuite se laver la bouche après avoir commis l’affront de me saluer ? Qui est-ce qui avait fait son éducation, sérieusement ? Je ne me fis pas prier pour lui faire clairement comprendre ce que je pensais de ses manières. « Pour quelqu’un qui va devoir se délester d’une partie de son compte bancaire, je trouve que vous êtes bien attaché à être salué par celui qui vous taxe. Mais si vous y tenez... Bien le bonjour Mademoiselle Heland. » dit-il en mimant un retiré de chapeau. J’acquiesçais de la tête, affichant un air satisfait. C’était mieux comme ça, non ? Lorsqu’il me demanda comment se passerait la transaction, et si un gros bras allait lui casser le nez dans la rue par la suite, je ne pus m’empêcher d’être amusée. Après tout, vu le niveau que j’avais en arts martiaux, si j’avais voulu que son nez soit cassé, il l’aurait déjà été. En même temps, lorsque, comme moi, on avait vécu quelques années dans la rue, on apprenait bien vite à se battre. Ce fut d’ailleurs ce que je lui répondais, presque mot pour mot, occultant bien évidemment le passage sur la rue. Je décidais d’être honnête – enfin, autant que possible, bien entendu – de toute façon, et dire ce que je pensais me semblait bien plus pertinent que de jouer les midinettes. Je compris alors la raison de son accoutrement. Il avait eu peur que je le tâche de nouveau. Pauvre petit … Enfin au moins, j’étais rassurée. Autant je comprenais qu’il ne vienne pas habillé de la même façon qu’au gala, autant il ne fallait pas abuser non plus. Le serveur revint alors prendre notre commande. « Un mocha blanc avec guimauve et poudre de cannelle et cacao. » J’haussais un sourcil à l’entente de sa commande, amusée. « Vous voulez qu’on aille voir un film de Colin Firth, un pot glace à la main, après avoir bu votre petit café tout mimi ? » lui demandais-je ironiquement, en réponse à sa commande de midinette. « En fait j’ai un aveu à vous faire ... votre tâche à fait sensation sur le costume blanc ... Si bien qu’un milliardaire des émirats a commandé au créateur toute une collection en différentes couleurs. Si bien que votre dette est annulée. » dit-il dans un sourire amusé. Je fronçais des sourcils, pas vraiment certaine de comprendre. « Hmm désolée, mais je ne suis pas sûre de comprendre. Pourquoi est-ce que je suis ici, alors, si ce n’est pas pour vous rembourser ? » décidais-je de lui dire le fond de ma pensée, à nouveau. Pas que cela me dérangeait, au contraire même. Après tout, cela me faisait 8 000$ d’argent de poche supplémentaire, et ils pourraient toujours m’être utile pour plus tard. « Vous devriez peut être demandé une commission d’ailleurs ... Le orange sur le blanc est la nouvelle tendance apparemment. » reprit-il. Je roulais des yeux. « Vous pensez qu’un vernis à ongle orange, avec une tenue blanche sera suffisant pour être à la pointe de la mode ? Ou est-ce que je vais vraiment devoir manger de la mangue vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? » répondais-je dans un sourire amusé. Sérieusement, je ne croyais pas vraiment à cette tendance. J’étais la fille d’une couturière après tout, et même si je ne l’avais plus vue depuis des années, j’avais son bon goût. Et autant dire que cette nouvelle mode … Et bien, je n’étais clairement pas certaine que je l’apprécierais. Mais bon, il n’avait toujours pas répondu à ma question. Qu’est-ce que je faisais ici, si ce n’était pas pour régler ma dette auprès de lui ? Il dû voir que j’attendais toujours une réponse, puisqu’il reprit. « Je voulais m’assurer que votre génie créatif serait salué par le monde de la mode et voir si vous comptiez lancer une nouvelle tendance en tachant autre chose que de la soie. » Je haussais un sourcil, montrant que je n’étais pas du tout convaincue par sa réponse.

Je dérivais ensuite la conversation, lui demandant ce qui l’avait poussé à choisir cette voie. Je m’emmêlais rapidement les pinceaux. C’était le risque, avec l’improvisation. Parce que je n’étais pas certaine qu’il aimait le sous-entendu que j’étais en train de faire : à savoir que les mannequins n’étaient qu’un physique, et n’avaient rien dans le cerveau. Bon, pour la plupart de ceux que j’avais rencontré … c’était une demie vérité. Mais à la base, je cherchais à lui faire un compliment, en disant qu’il n’avait pas l’air stupide. Mais étant donné que la majorité de sa famille faisait le même métier que lui … Les insulter ne me mettrait probablement pas dans ses bonnes relations. « Un compliment ... Venant de vous je suis flatté. Ma mère était mannequin en se mariant elle a dû mettre un terme à sa carrière. Nous tenons tous de ses traits, mes sœurs surtout, j’ai hérité du nez « aristocratique » de mon père parait-il. Nous avons commencés tôt, à trois ans. Et puis les contrats se sont enchaînés et je n’ai jamais vraiment eut d’autres voie s’ouvrir à moi. » « Un compliment, un compliment … n’allez pas trop vite en besogne non plus, je viens simplement de dire que vous ne sembliez pas être un parfait abruti. Il y a mieux, comme compliment, non ? » répondais-je en haussant des épaules, avant d’analyser rapidement ce qu’il venait de me dire. Cela pourrait m’être très utile de savoir tout ça. Même si bon … finalement, ce n’était rien de plus que ce qui se disait déjà dans le monde de la mode. Bref, cela ne m’apportait pas grand chose de plus. « Et il ne vous ai jamais venu à l’esprit de faire autre chose ? » lui demandais-je ensuite, toujours intéressée. Je comprenais pourquoi il avait fait ça mais … c’était un peu une solution de facilité, non ? « Si on met de côté votre talent indéniable pour l’instabilité sur talons aiguilles, que faites-vous dans la vie ? Vous savez que c’est le travail qui m’a conduit dans ce gala, en est-il de même pour vous ? » me demanda-t-il. Et voilà … Il fallait maintenant que je sois sûre d’avoir bien répété ma couverture, et que je ne m’emmêle pas les pinceaux. Heureusement, le serveur nous interrompit une nouvelle fois, nous apportant nos commande. Je ne pus m’empêcher de lâcher un petit rire en voyant son café … qui n’était clairement pas un café. Je portais ensuite mon verre à mes lèvres, avant d’humidifier celles-ci de ma langue. « Non. J’ai simplement eu un ami qui m’a invitée, et je me suis dit « Pourquoi pas ? » Après tout, depuis que j’ai hérité, j’aime donner de l’argent à des associations … Tout le monde n’a pas eu la chance que j’ai eue, donc j’essaye d’en faire profiter les autres. D’où ma réaction, en voyant se bal d’hypocrites, qui n’étaient là que pour se faire remarquer … » reprenais-je en roulant des yeux. Le point positif à ne faire qu’améliorer la vérité, c’était que je n’avais aucun risque de me planter. J’étais honnête, je disais ce que je pensais, et cela devait se voir. « Quant à mon métier … Je ne sais pas vraiment ce que j’ai envie de faire. J’aime écrire. Enormément. Pas que j’ai un talent particulier dans l’écriture, mais j’aime ça. Donc pourquoi pas écrire un roman, un jour ? Mais pour le moment, je n’ai pas vraiment à m’en inquiéter. » reprenais-je, en haussant des épaules. Puis je jetais un coup d’œil dans sa direction, avant de sourire en voyant une trace de chocolat autour de ses rêves. Un vrai film romantique, ma parole ! Je roulais des yeux, franchement amusée. Et finalement, je réalisais pourquoi il m’avait invitée ici, malgré le fait qu’il ne comptait pas me demander d’argent. Et je n’en fis que plus amusée.  « Vous savez, Monsieur Alinovitch … » commençais-je dans un sourire amusé. « Si vous vouliez me voir, vous auriez tout simplement pu me demander, sans chercher d’excuse.  » Je prenais mon visage en coupe entre mes mains, de plus en plus amusée. « Je ne suis pas certaine de la réponse que je vous aurais donnée. Cela aurait fortement dépendu de vos arguments, je dois bien l’avouer … » Bon, clairement, la réponse aurait été oui. Pas pour les raisons qu’il croyait, mais elle aurait quand même été positive. Je me mordis la lèvre inférieure, toujours autant amusée. « Parce que bon … Un rendez-vous dans un café, juste nous deux … Et maintenant, vous dîtes que je n’ai pas à vous rembourser ? Et en plus vous me proposez de me payer mon verre ? Je pensais qu’un homme comme vous, de votre envergure, n’avait pas besoin de se trouver une excuse pour inviter une femme. Mais je me suis trompée, apparemment. » Okay, je m’amusais, et pas qu’un peu. Peut-être qu’au moins, je passerais un bon moment aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 24 Jan - 11:07


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Il ne savait pas pourquoi il avait tenue à revoir cette femme. Il aurait suffi d'un simple appel téléphonique pour en terminer avec cette affaire, pour reléguer cette femme arrogante et sûre d'elle-même et de ses charmes, dans les limbes de son esprit. Là où se trouvaient d'ordinaire les femmes qui tentaient d'attirer peu subtilement son attention. Elle était très éloignée des critères d'Ambroise en matière de femmes, non pas qu'il eut suivi un quelconque schéma en la matière mais, il préférait d'ordinaire des femmes moins "mordantes" ou très sûre d'elle. Il vivait dans un milieu d'arrogance et où seul l’apparence ou l’ego comptait. S'il appréciait les femmes à la beauté classique et appréciait, comme beaucoup d'hommes il ne fallait pas se leurrer, les femmes à la plastique harmonieuse, ce n'était pas ce qui lui avait fait accepter ce rendez-vous. Loin sans faut. Il vivait entouré de belles femmes, il cohabitait avec les deux plus belles top-modèles de Russie, voir du monde, avec un mini clone de son aînée qui devenait plus belle chaque année et il avait découvert récemment que les gênes Alinovitch avaient donnés naissance à une troisième femme digne de réveiller les fantasmes de tout mâle. L'apparence était son lot quotidien, la beauté, l'élégance, la finesse de la taille et les jambes interminables également. Les belles femmes il en côtoyait à foison et même s'il avait louché sur ses jambes et appréciait sa beauté, là non plus ce n'était pas ce qui avait motivé cette rencontre. Ce n'était si son arrogance, ni sa plastique, son caractère aurait pu même le freiner. Vivant avec des femmes de tête, de très belles femmes, fortes, brillantes, l'arrogance était un vrai problème, car ses femmes, les femmes de sa vie, ses sœurs, sa nièce étaient des modèles à ses yeux. Quatre joyaux, des merveilles, il n'avait pas trouvé de femme à leur hauteur. Ce n'était pas sa beauté ou son arrogance qui lui plaisait chez elle. Non, ce qui avait motivé cette rencontre allait au-delà de ce qu'elle voulait paraître ou paraissait. Il avait entrevu sous la carapace la femme, la vraie, dans ses moments où elle perdait son arrogance, elle n'avait plus une trop forte conscience de son apparence, dans ses moments où il pouvait percevoir la vérité, sa vérité, où l'on découvrait celle qu'elle devait être profondément. Celle qu'elle protégeait du regard des autres. Loin de la mondaine arrogante et belle. Sa révolte lorsqu'elle avait appris le prix de la veste qu'il portait à un gala de charité, ce cynisme dont elle avait fait preuve, là était ce qui lui avait plu. Peut-être avait-elle volontairement renversé son amuse-bouche sur lui, peut-être avait-elle provoqué cette rencontre pour X ou Y raison, ce n'était pas l'ingénue sexy qui avait piqué sa curiosité mais la femme qui avait percé à jour hypocrisie de ce milieu et avait semblé écœuré. C'était cette femme qui lui avait permis de mettre un point final à sa décision, une décision qu'il avait commencé à prendre en parlant avec sa demi-sœur : arrêter un métier qui ne lui apportait aucun plaisir, un métier qui ne correspondait pas à qui il était réellement. En le mettant une nouvelle fois face à la vacuité, le paradoxe constant entre ses valeurs et ce qu'il exerçait comme profession, elle lui avait permis d'achever un processus de remise en question amorcé lorsqu'il avait rencontré Ebba et qu'il avait compris qu'a contrario de lui, elle était épanouie et investie dans son métier. Plus encore, il avait reconnue en Linöa quelque chose qu'il avait mis du temps à saisir, à analyser : comme lui, elle abordait un masque. Elle jouait un rôle, un rôle qu'il brûlait de la voir tomber pour la comprendre. Car, il avait perçu en elle quelque chose qui l'intriguait, il avait aussi vu qu'elle le percevait au-delà de la façade glaciale qu'il adressait au monde : une image lisse, sans aspérités, neutre, passive, glacée. A l'image des photographies de lui que l'on trouvait dans la presse : sans âme. Lors de leur première rencontre elle l'avait abordé sans le percevoir, jusqu'à ce qu'il éclate de rire face à son évidente mauvaise foi, là elle avait vu plus loin en lui, attitude qu'elle maintenait aujourd'hui. « Vous voulez qu’on aille voir un film de Colin Firth, un pot glace à la main, après avoir bu votre petit café tout mimi ? » Elle se moquait de lui, n'hésitait pas aussi à exprimer son opinion sans craindre d'être jugée. Il avait l'impression qu'elle avait compris que quelque chose l'avait emmené ici aujourd'hui. Mais il se demandait si sa façade ne referait pas bientôt surface lorsqu'elle le comprendrait. Et il ne s'était pas trompé. « Vous savez, Monsieur Alinovitch … Si vous vouliez me voir, vous auriez tout simplement pu me demander, sans chercher d’excuse. Je ne suis pas certaine de la réponse que je vous aurais donnée. Cela aurait fortement dépendu de vos arguments, je dois bien l’avouer … Parce que bon … Un rendez-vous dans un café, juste nous deux … Et maintenant, vous dîtes que je n’ai pas à vous rembourser ? Et en plus vous me proposez de me payer mon verre ? Je pensais qu’un homme comme vous, de votre envergure, n’avait pas besoin de se trouver une excuse pour inviter une femme. Mais je me suis trompée, apparemment. » A nouveau, la femme qu'il avait manqué repoussé était de retour. Se limitant à l'apparence de son interlocuteur, remettant son nom illustre sur le tapis. Il était de nouveau ce mannequin qui faisait rêver tant de femmes. Elle était si sûre que c'était elle, son corps, son attitude qui l'avait amené ici. Il recula sur son siège pour que son dos épouse le dossier de la chaise. Grand, droit, rigide. L’homme glacial était réapparut en une seconde. Il y avait dans cette posture toute l’arrogance d’un nom, d’un grand nom, la froideur d’un homme habitué à être l’objet de convoitise, habituer à offrir une image fausse de lui-même. « Le jour où je déciderai de vous inviter pour aller boire un verre, ou diner, vous en serez informée Mademoiselle Heland. » Il posa sur la table entre eux un billet de 50 dollars, suffisant pour payer largement leurs boissons et assurer un confortablement pourboire au serveur. Peut-être s’était-il trompé sur elle. Peut-être n’était ce que son nom qui la fascinait. Pourtant il avait cru ... Elle semblait différente. En se levant il enfilait prestement sa veste. « Manifestement je me suis trompé sur votre compte. »
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 25 Jan - 14:01

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


J’étais de plus en plus … perturbée par le mannequin. Tout simplement parce qu’il envoyait des signaux contradictoires. Si j’avais retenu quelque chose de ma vie dans la rue, c’était bien d’apprendre à lire entre les lignes. Simplement en regardant une personne et en l’écoutant parler, j’étais capable de savoir où cette personne voulait en venir, et si elle avait quelque chose derrière la tête ou non. J’avais très rapidement dû m’adapter à l’univers hostile dans lequel je vivais et cela en faisait partie intégrante. Cela m’avait d’ailleurs évité bien des emmerdes à l’époque, et encore aujourd’hui. Je savais lorsque l’on tentait de me manipuler, lorsque l’on me mentait, et c’était réellement utile, surtout dans mon métier. Je savais, par exemple, que tous mes collègues marquaient le sol de leurs dents tant elles étaient longues, et que m’attacher ne me serait jamais bénéfique. Heureusement que c’était pleinement réciproque, et que je comptais bien les utiliser lorsque j’en aurais besoin. C’était d’ailleurs ce que j’avais fait, lorsque j’avais eu besoin de m’infiltrer à ce gala pour rencontre Ambroise Alinovitch. J’avais su à qui m’adresser et je n’avais eu qu’à user un peu de mes charmes pour obtenir une entrée. Cela m’était également utile avec mes amis. Oui, en me regardant, on pouvait douter que j’avais des proches que j’aimais réellement. Mais c’était pourtant le cas. Et eux, je savais que je pourrais toujours compter sur eux, qu’ils seraient toujours là pour moi. Et donc j’essayais d’en faire de même pour eux. C’était difficile, bien sûr, puisque je n’en avais pas vraiment l’habitude. Mais j’essayais de faire du mieux que je pouvais, et pour le moment, cela semblait suffire. Mais avec Ambroise, c’était bien plus difficile que cela n’en avait l’air au premier abord. Ses signaux étaient complètement contradictoires. Tout d’abord, il me lançait une énorme perche en commandant une boisson très … enfin, une boisson convenant bien plus à une midinette qu’à un homme. Ensuite, il m’apprenait que je n’avais plus à le payer, alors que c’était pourtant la raison de notre rendez-vous. Et sortait une excuse complètement ridicule, à laquelle je ne croyais absolument pas. Mais bon, je tâchais d’y mettre du mien, et finalement, garder ces huit milles dollars pour moi ne me ferait aucun mal, au contraire même. Je changeais donc de sujet, le questionnant sur ce qui l’avait poussé à faire ce métier. Et cela m’intéressait réellement. Tout d’abord pour mon futur dossier à son sujet, et ensuite parce que cela m’intriguait. Après tout, j’en avais rencontré des mannequins, et généralement, ils étaient assez … stupides, disons-le franchement. Cela ne semblait pas être son cas. Au contraire, il semblait être plus qu’un simple corps. Ce qui était une bonne chose, au moins, lorsque je serais sa petite amie, je ne m’ennuierais pas et nous pourrions avoir des conversations sensées. La conversation s’allégeait donc, devenant presque plus… intime. Après tout, parler de soi et de notre histoire, il n’y avait pas plus intime que ça, me concernant, et ça même si j’embellissais la réalité. Et là, voilà qu’il ignorait tout ce que je venais de dire et se refermait comme une huitre. Sérieusement ? Okay, peut-être que j’avais exagéré en insinuant qu’il s’agissait en fait d’un rencard et que le paiement n’avait été qu’une excuse pour me revoir, mais quand même. Il se foutait juste de moi, là non ? Voilà qu’il reprenait cet air arrogant au possible et tentait de montrer son taux de testostérone. Ce qui était assez difficile d’ailleurs, voire même carrément ridicule, à la vue de la moustache de chocolat qu’il avait au-dessus de ses lèvres et qui me donnait envie de lui rire au nez. « Le jour où je déciderai de vous inviter pour aller boire un verre, ou diner, vous en serez informée Mademoiselle Heland.» dit-il froidement, en lâchant un billet de cinquante dollars sur la table. Il avait un sérieux problème ce mec, c’était certain. Eh, et si au moins tu pouvais répondre à ce que je venais de dire juste avant. Je venais de parler de moi, merde à la fin. Est-ce qu’il savait le nombre de fois où ça arrivait ? JAMAIS, ou presque. Donc un peu de respect, merde. « Manifestement je me suis trompé sur votre compte. » reprit-il en se levant et en enfilant sa veste. Il se foutait de moi ? Il s’était trompé sur mon compte ? Quoi, parce que j’avais décidé de faire de l’humour ? Ça s’appelle un trait de l’esprit, monsieur. Désolée de ne pas être une pauvre godiche complètement conne, qui acquiesce à tout ce que tu dis. Si je ne me retenais pas, je l’aurais giflé instantanément.

Je lâchais un long soupir agacé, tout en portant mon verre de vin en bouche. « C’est quoi votre problème, au juste ? » finissais-je par répondre, froidement. « Vous vous rendez compte que vous venez de totalement me faire perdre du temps, là ? Ou vous croyez que le monde tourne autour de votre petite personne ? » reprenais-je calmement. Car non, je ne m’énervais pas. Et cela était probablement le plus effrayant, lorsque l’on me connaissait bien. « Je sais pas pour qui vous vous prenez, mais il faudrait peut-être que vous redescendiez sur terre là. » En fait, peut-être aurait-il mieux fallu que je m’énerve, que je le gifle, que je lui hurle dessus en lui disant que j’avais besoin de lui, qu’il m’empêchait de réussir à bien ma mission. Mais c’était tout bonnement impossible. Ce mec était juste le pire insolent que j’avais pu rencontrer. Comment pouvait-il me prendre de haut, me dire « je me suis trompé sur votre compte ». Mais il se prenait pour qui, au juste ? « Vous savez, je ne suis pas venue ici par simple plaisir de vous revoir. Je suis venue ici car je pensais que je vous devais quelque chose, et que cela me semblait naturel de vous rembourser. J’aurais pu faire un milliard de choses bien plus intéressantes. Et tout d’abord, vous me dites qu’en fait, je ne vous dois rien ? Que je suis venue ici pour rien ? » Ma voix était toujours aussi calme, toujours aussi posée, mais l’intonation était froide. « Et là, vous me sortez un « je me suis trompé sur votre compte » ? Mais je ne vous ai rien demandé, monsieur Alinovitch. C’est vous qui m’avez demandé de venir ici, dans ce café, pour une fausse raison. Vous qui avez joué de ma culpabilité pour que je vienne ici. Je ne vous ai rien demandé, rien. Donc votre « je me suis trompé sur votre compte », vous pouvez vous le garder. Car je n’accepterais pas un jugement de valeur, et encore moins venant de votre part. » continuais-je, avant de reprendre une gorgée de mon vin. « Vous vous prenez pour qui, exactement ? Vous n’êtes qu’un mannequin. Vous n’êtes rien. Votre vie se résume à de l’hypocrisie pure et dure. Bon sang, vous allez à des galas de charité habillé de vêtements qui, à eux seuls, pourraient nourrir des quartiers défavorisés. Et ensuite vous osez me juger, moi, sans me connaître ? » Je lâchais un petit rire froid, avant de rouler des yeux. « Dans quoi, un an, deux ans tout au plus, vous êtes fini. Votre nom ira dans les oubliettes, et personne ne se souviendra de vous. Vous serez remplacé par un autre, plus jeune et tout aussi insolent que vous. » Okay, peut-être que j’étais trop franche, mais il fallait réellement que quelqu’un le remette à sa place, une bonne fois pour toute. Je le détestais. Je ne pouvais déjà pas le supporter au moment où je l’avais rencontré, mais savoir qu’en plus de m’avoir fait perdre mon temps, il venait de faire voler en éclat toute ma mission, me faisait réellement le détester. Je le fusillais du regard, avant de reprendre. « Donc maintenant, vous vous rasseyez. Vous m’avez fait perdre mon temps pour je ne sais pas quelle raison, vous m’avez fait venir ici. La moindre des choses, c’est au moins de me traiter avec respect, et de partir qu’une fois notre consommation finie. Et si au moins ce rendez-vous pouvait servir à vous remettre à votre place et vous faire comprendre que la terre ne tourne pas autour de votre petite personne, alors au moins, je n’aurais pas perdu tant de temps que ça. »

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 31 Jan - 15:07


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
J’étais fatigué de jouer à des petits jeux. Toute ma vie n’avait été qu’une succession de parties de jeux jouées avec des partenaires différents. Ma mère dans un premier temps qui m’avait utilisé pour sa propre gloire, mon père qui avait voulu faire de moi l’homme qui hériterait de son empire, ma jumelle qui se servait de notre lien pour me faire régulièrement pliée. Les femmes, en général, avec qui je jouais à des jeux d’adulte, des jeux consentants. Les professionnels de la haute couture, les photographes, tous attendaient quelque chose de moi, tous pariaient et misaient sur mon corps et sur mes exploits. Je jouais à des jeux depuis ma naissance, parfois avec mon consentement, souvent sans que celui-ci n’ait été demandé. Et certains étaient agréables, j’adorais ma sœur l’affronter était un petit plaisir de ma vie, d’autres étaient franchement détestables, comme toutes ses femmes qui tentaient de me séduire, pariaient pouvoir être celles qui percevrait le mur qui m’entourait pour vendre au plus offrant les secrets de mon intimité. J’étais sincèrement épuisé par tous ses jeux. Epuisé de ne pas pouvoir faire confiance à d’autres que ma famille. Même les femmes triées sur le volet qui avaient partagés des fragments de ma vie avaient toutes attendues quelque chose de moi : plus. Elles en voulaient plus. Toujours. Et je n’étais pas prêt car je ne pouvais pas faire confiance à qui que ce soit. Parce que j’étais un Alinovitch et que ce nom suscitait l’attention de bon nombre de personnes, on me guettait, m’évaluait, on pariait sur moi. Les petits jeux n’étaient jamais terminés. Jamais. Et j’avais cru qu’elle était différent, qu’elle ne jouait pas et pourtant ... Tout avait commencé par un jeu. N’était-ce pas volontairement qu’elle avait taché mon costume ? N’avait-elle pas cherché à attirer mon attention ? mais c’était l’après qui m’avait fait croire le contraire, qui m’avait laissé penser qu’elle était différente des autres, le masque s’était fissuré une seconde et j’avais vu autre chose en elle loin de cette arrogance, de sa fierté. Pourquoi avait-elle remit ce masque dès lors qu’elle avait perçu mon intérêt, qu’elle avait cru lire en moi aisément, qu’elle avait pensé que son charme, son corps étaient suffisants pour me séduire, pourquoi s’était-elle repliée alors qu’elle avait semblé abandonner sa façade ? Pensait-elle qu’il n’y avait que cela en elle qui avait éveillé mon intérêt ? Comme les autres elle pensait avoir gagné mais elle venait de perdre. Ce n’était pas cette femme froide et agressive qui m’avait intrigué, non c’était l’être blessé que j’avais perçu derrière, celle qui s’était révoltée face à l’hypocrisie de ce monde. Celle qui pensait que cette apparence ne regroupait pas tout ce qu’il y avait à savoir de moi. Elle avait voulu chercher plus loin puis elle avait cru comprendre et devoir rejouer un rôle. Encore. Et ce n’était pas l’arrogance ou le passif-agressif que je recherchais. Non. Elle n’aurait pas sa place dans ma vie, mes sœurs ne la tolérait même pas, elle était de notre monde mais pas du mien, tout simplement. Je m’étais leurré, peut être la première impression était-elle la bonne dans son cas. « Vous vous prenez pour qui, exactement ? Vous n’êtes qu’un mannequin. Vous n’êtes rien. Votre vie se résume à de l’hypocrisie pure et dure. Bon sang, vous allez à des galas de charité habillé de vêtements qui, à eux seuls, pourraient nourrir des quartiers défavorisés. Et ensuite vous osez me juger, moi, sans me connaître ? Dans quoi, un an, deux ans tout au plus, vous êtes fini. Votre nom ira dans les oubliettes, et personne ne se souviendra de vous. Vous serez remplacé par un autre, plus jeune et tout aussi insolent que vous. » Je souris, de ce sourire froid et désabusé qui a fait ma renommée dans le monde entier. Ce sourire de podium cynique et lucide. Je m’appuyais de mes avants bras sur la table devant elle, mon visage à seulement quelques centimètres du sien. Murmurant. « Je sais tout cela, j’attends ce jour avec plaisir, celui où le masque tombera et où les gens cesserons de n’être que de veine caricature d’eux-mêmes avec moi. J’attends avec impatience ce jour où les premières rides commenceront à faire de moi un mannequin moins séduisant, une image moins parfaite. Personne n’a plus conscience que moi de la vacuité de l’existence que je mène. Personne. » Je lançais sans me départir de mon sourire. « J’aspire à être enfin moi-même, à ne plus être scruté, détaillé, évalué et rangé dans une case comme vous venez ci bien de le faire... J’aspire à la vérité, à des saines relations et non pas à des rencontres éphémères avec des gens qui attendent de moi une attitude, un rôle. Je suis fatigué des petits jeux. De vos petits jeux. Vous voulez croire que seule votre apparence a joué pour vous, parce que c’est ce que vous attendez d’un homme comme moi, peut-être même des hommes en général. De n’être séduit que par l’emballage. Jouer les hautaines, les garces, les froides. Je ne veux pas tout de ça. Je suis fatigué de jouer le même petit jeu encore et encore. Je veux la vérité. Je voulais votre vérité. Et je n’ai eu que cela. » Je lançais un mouvement dédaigneux de la main, l’englobant sommairement elle et son attitude. « Je ne suis pas un pion, je n’entre pas dans une case. Le respect se gagne, il n’est pas dû. Vous pensez que je dois être celui que vous voulez. Erreur. Je suis bien plus, bien moins aussi. La terre ne tourne pas autour de moi mais de toute évidence vous attendiez quelque chose de moi, quelque chose que je ne vous donnerais pas. Comme je l’ai dit, je suis lasse des petits jeux mademoiselle Heland. » Je me redressais, lui tournait le dos pour me diriger vers la porte du café. Et je ne lui laisserai pas voir ma déception à l’idée de m’être trompé sur elle, sur sa véritable personnalité. Sur ce qu’elle était au fond. Blessée, seule, désabusée, capable d’être autre chose qu’une plastique. Tout comme moi.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 31 Jan - 21:11

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Je l’avouais, je ne comprenais rien, mais réellement rien à ce qui se passait. Je ne comprenais même pas ce que j’avais pu faire de mal. J’avais fait de l’humour, oui, et alors ? Il le prenait réellement comme ça ? Simplement parce que j’avais émis l’hypothèse qu’il m’avait invitée ici pour une autre raison ? Parce qu’après tout, c’était bien pour une raison en particulier qu’il m’avait invitée dans ce café, non ? Et étant donné que ce n’était pas pour que je le rembourse, je ne voyais rien d’autre que le fait qu’il ait eu envie de me revoir, tout simplement. Donc s’il se ferme comme une huitre simplement parce que j’émettais cette hypothèse, cela me dépassait, et pas qu’un peu. Et je détestais être dépassée. Je détestais ne pas avoir le contrôle. Je détestais qu’il soit ma mission. Je détestais d’avoir besoin de lui. Moi, qui m’étais toujours débrouillée par moi-même, sans l’aide de personne. Moi, qui était si peu sociable qu’il m’arrivait d’apparaître comme une conasse à la limite sociopathe. Mais je ressentais, et pas qu’un peu. Je ressentais tout, puissamment. Trop, même. Et pourtant, même si je bouillonnais de l’intérieur, je ne perdais pas mon calme. Cette fois-ci, c’était moi qui remettais mon masque froid et insensible. C’était moi qui crachais mes mots, cherchant à le blesser. Cet homme était tout simplement égocentrique et narcissique. Il croyait pouvoir disposer des personnes qui l’entouraient, comme si nous n’étions que des pantins sans importance, disposés à exaucer ses quatre volontés. Il avait voulu me revoir alors il l’avait fait. Il m’avait sorti le prétexte du remboursement avant de me dire que c’était une fausse raison. Comme si j’étais à son entière disponibilité. Alors que soyons honnêtes, même nourrir un rat mort me semblait être une activité plus intéressante que de me retrouver en sa compagnie. Pourtant, pendant quelques courts instants, je m’étais amusée. Réellement. Et j’avais cru que, finalement, ma mission ne serait pas aussi horrible que je ne l’avais pas pensé. Mais je m’étais trompée, et pas qu’un peu. Il était à baffer. Et je n’avais qu’une envie, c’était de lui faire bouffer son insolence. Gardant toujours une voix calme et posée, je lui exposais ses quatre vérités. Il n’avait pas à me juger. Il ne me connaissait pas. Il était d’une hypocrisie à couper le souffle, et ensuite il venait me juger, moi ? Mais il se prenait pour qui ? Ce n’était qu’un mannequin. Il n’était rien. Strictement rien. Bientôt, et le plus vite serait le mieux, sa carrière serait finie. Enterrée à jamais. Et plus personne ne se souviendrait jusqu’à son nom. Je lui ordonnais de se rassoir et de me traiter avec respect. Il m’avait fait me déplacer, et la moindre des choses c’était de ne pas partir comme un voleur, et me traitant presque de putain alors qu’il réglait nos boissons.

Mais apparemment, rien de ce que je venais de dire n’eut un quelconque effet. A croire que cela rentrait par une oreille et ressortait directement par l’autre. Je secouais la tête et serrais la mâchoire alors qu’il se rapprochait, son visage à quelques centimètres du mien. «Je sais tout cela, j’attends ce jour avec plaisir, celui où le masque tombera et où les gens cesserons de n’être que de veine caricature d’eux-mêmes avec moi. J’attends avec impatience ce jour où les premières rides commenceront à faire de moi un mannequin moins séduisant, une image moins parfaite. Personne n’a plus conscience que moi de la vacuité de l’existence que je mène. Personne. » commença-t-il dans un murmure, d’un sourire que je jugeais immédiatement de faux. Ah oui, il savait tout ça ? Réellement ? Alors pourquoi est-ce qu’il se permettait de jouer à la diva et de traiter les autres comme de la merde ? Je serrais ma mâchoire plus fortement, plantant mon regard dans le sien, sans détourner ma tête. Manquerait plus que ça, tiens. «J’aspire à être enfin moi-même, à ne plus être scruté, détaillé, évalué et rangé dans une case comme vous venez ci bien de le faire... J’aspire à la vérité, à des saines relations et non pas à des rencontres éphémères avec des gens qui attendent de moi une attitude, un rôle. Je suis fatigué des petits jeux. De vos petits jeux. Vous voulez croire que seule votre apparence a joué pour vous, parce que c’est ce que vous attendez d’un homme comme moi, peut-être même des hommes en général. De n’être séduit que par l’emballage. Jouer les hautaines, les garces, les froides. Je ne veux pas tout de ça. Je suis fatigué de jouer le même petit jeu encore et encore. Je veux la vérité. Je voulais votre vérité. Et je n’ai eu que cela. » dit-il en accompagnant ses paroles d’un geste de sa main, me désignant d’un air condescendant. Je croisais mes bras contre ma poitrine, et commençais à taper du pied, telle une gamine qui se faisait gronder et qui n’avait qu’une envie, s’enfermer dans sa chambre et ne plus en sortir. « Je ne suis pas un pion, je n’entre pas dans une case. Le respect se gagne, il n’est pas dû. Vous pensez que je dois être celui que vous voulez. Erreur. Je suis bien plus, bien moins aussi. La terre ne tourne pas autour de moi mais de toute évidence vous attendiez quelque chose de moi, quelque chose que je ne vous donnerais pas. Comme je l’ai dit, je suis lasse des petits jeux mademoiselle Heland. » Bon, cette fois-ci, au moins, il avait raison. Pour la première fois, il avait dit une vérité sur moi. Oui, j’attendais quelque chose de lui. Oui, je n’étais qu’une actrice, et apparemment même pas digne des Gérard. Et alors qu’il prenait la direction de la sortie, j’apercevais le clap de fin. J’avais raté. Pour la première fois de ma vie, j’avais raté. Tout ce mal, pour rien. Je lâchais un long soupir, avant d’essuyer une larme qui coulait sur ma joue. Connard. Oh non, je te laisserais pas avoir ce plaisir-là.

D’un mouvement vif, je récupérais mon manteau et accourais vers la sortie, à sa suite. Je pris son bras pour le forcer à se tourner et à me regarder. « Vous dites que je joue les hautaines, les garces, les froides. Mais vous pensez être mieux, peut-être ? Vous êtes exactement pareil. Vous me jugez mais vous ne valez pas mieux que moi.  » lâchais-je en secouant la tête. « Vous dîtes connaître ce que j’attends de vous et des hommes en général. Mais la vérité, c’est que c’est moi qui me suis trompée. Car vous êtes exactement comme les hommes en général. Aucun différence. Vous vous servez, vous prenez. Vous n’en avez rien à faire de ce que vos pantins peuvent ressentir, tant qu’ils font ce que vous demandez. Et dès que ce n’est plus le cas … Dès que ce n’est plus le cas, vous tournez le dos et vous partez. » je reprenais, les lèvres tremblantes. On aurait pu me donner un oscar pour cette prestation, si et seulement si il en s’agissait d’une. Mais alors que je parlais, alors que je disais ce que j’avais sur le cœur, je revoyais l’image de mon ex petit ami partant en ricanant alors que je lui annonçais ma grossesse. Puis celle de mon père, jetant mes bagages sur le porche avant de me claquer la porte au nez. Et il ne s’agissait plus de comédie. « Vous êtes juste tous pareil. Tous, sans exception. » reprenais-je en sentant une larme couler, puis une autre. Qu’importe, de toute façon. Ma mission était finie. J’allais redevenir une simple pigiste, et je serais moquée. Ce n’était pas comme si je n’avais pas connu ça, de toute façon. « Vous parlez d’un masque, mais est-ce que ça ne vous a pas traversé l’esprit que c’était nécessaire, parfois ? » Mes larmes coulaient, sans réussir à s’arrêter. Tant pis. « Vous voulez la vérité ? Vous voulez MA vérité ? » continuais-je, avant de reprendre sans même attendre sa réponse. « La vérité, c’est que j’ai fait confiance à la mauvaise personne. La vérité, c’est que j’étais naïve, et rêveuse. Je lui donnais le bon Dieu sans confession. Et je suis tombée enceinte et ma vie a basculé. Il m’a rejeté. Bien sûr, forcément. Il s’était servi, avait eu ma virginité, s’était bien moqué de moi. Il a ri et est parti. Puis j’ai dû annoncer ça à mes parents …» Je secouais la tête, avant de lâcher un rire triste. « Ils m’ont mise à la rue. J’ai vécu le reste de mon adolescence à la rue, seule, humiliée. » Je levais les mains en l’air, dans un signe de paix. « La voilà, votre vérité. » crachais-je presque, plantant mon regard embrumé de larme dans le sien. « La vérité, c’est que pendant que vous vous pavanez dans un magnifique costume en prétendant vous intéresser aux jeunes de la rue, j’en ai fait partie. La vérité c’est que oui, j’ai un masque. Et bravo, vous m’avez démasquée. Tout est faux chez moi. Mon sourire est faux. Mes paroles sont fausses. Même mes intentions le sont, parfois. Mais il y a des moments, où c’est juste nécessaire. Des moments où c’est ça, ou on crève, tout simplement. Parce que si on ne se protège pas, qui le fera ? » Je ne cherchais même plus à retenir mes larmes, ni même à les essuyer. A quoi bon ? J’étais déjà laide, hideuse et ridicule. Cela ne changerait rien. « Sûrement pas vous, c’est certain. Parce que vous êtes tous pareil, sans exception. » Je baissais la tête, avant de la secouer. Puis j’essuyais enfin mes larmes. « Satisfait ? » lançais-je dans un sourire triste.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 31 Jan - 22:48


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Est-ce que j’avais compris instinctivement ce qu’elle cachait, ce qu’elle avait été, qui elle avait été ? Est-ce que je savais ? Est-ce que j’avais perçu en elle cette douleur, un écho à la mienne ? Le poids des regrets ? Le poids du masque ? Le sentiment pesant de devoir faire semblant car ce que l’on cachait était trop moche pour le reste du monde ? J’avais eu besoin d’entendre sa vérité, je l’avais heurté au point de la forcer à se confier, à faire preuve d’honnêteté, à me montrer qu’elle n’était pas comme les autres. Je l’avais forcée à choisir entre me voir partir et devoir quitter son masque. Si elle n’avait pas été sincèrement intéressée par moi, par qui j’étais, ce que j’étais, elle ne m’aurait pas rattrapé, elle n’aurait pas vidé son sac. Elle n’aurait pas pleuré pour moi. Elle m’aurait laissé m’éloigner en me maudissant de l’avoir percé à jour, d’avoir senti qu’elle se jouait de moi. J’avais déjà vécu ce scénario plusieurs fois. Elle m’avait douloureusement fait penser à ma mère. Depuis que j’avais fait la connaissance d’Ebba, une question me hantait, une question à laquelle seul mon père pouvait répondre. Ma mère avait-elle su pour ses aventures ? Etait-ce la douleur d’avoir été trahit par son mari qui avait fait d’elle cette femme si froide, si calculatrice mais qui pourtant aimait ses enfants à sa façon étrange ? J’avais toujours eut douloureusement conscience qu’en tant qu’unique garçon de notre famille, seul héritier, j’étais un pion de choix dans le combat que se livrait mes parents. Un otage à la hauteur de leurs ambitions. Ma mère s’était servi de moi puis mon père. Je n’avais jamais eu mon mot à dire. J’avais ensuite usé de ce pouvoir pour leur faire payer ce qu’ils avaient fait à Nastazia. J’avais appris à porter un masque depuis lors, pour cacher la culpabilité que j’éprouvais de ne pas avoir pu protéger ma sœur du haut de mes treize ans, de ne pas avoir été là pour elle, d’avoir été en train d’éprouver des regrets à quitter le pensionnat pour les vacances et de les retrouver elles et le mannequinat alors qu’elle se faisait violer par cet enfoiré de photographe. J’avais vécu avec tant de haine, de souffrance, de culpabilité. Haine envers cet homme, envers mes parents pour ce qu’ils avaient fait, contre moi-même pour n’avoir été qu’un gosse égoïste. Le masque était venu naturellement, ne jamais montrer ses émotions, ne jamais laisser voir la faiblesse. Cacher qui j’étais réellement, satisfaire les autres. Se nier pour prendre soin de ma famille était devenu une seconde nature. Prétendre être un autre. Elle avait raison lorsqu’elle m’accusait d’être comme elle, hautain, froid, arrogant, je l’étais, le masque l’était. Moi non. Mais il était difficile de trouver avec qui abaisser le loup, être soit même. Difficile aussi d’abandonner un personnage qui vous protégeait si efficacement des arrivistes, des blessures. Elle était vulnérable. Là devant moi. Son manteau à la main, ses lèvres tremblantes, ses yeux bordés de larmes et elle était vraie. Avec ses failles et ses blessures, sa peur de me voir partir aussi. Elle était elle-même. Elle n’avait pas besoin de me retenir, si elle ne l’avait pas désiré. Elle aurait pu me laisser partir. Mais elle se livrait là, dans ce café, entre deux portes, à un inconnu, à un homme qu’elle avait l’air de mépriser. A moi qu’elle connaissait à peine. Et je pouvais enfin comprendre la profondeur de son malaise, la raison pour laquelle elle se comportait comme une garce car une femme qui allumait un homme et ne s’intéressait qu’à son physique ou à son argent, sa célébrité était cataloguée ainsi « salope ». Un homme avec le même comportement restait un « homme ». Il n’y avait pas la même justice dans notre société pour un homme et une femme. Et je comprenais l’ampleur de sa rage, de sa colère. J’avais été le pantin de mes parents, de certaines femmes aussi lorsque je n’étais qu’un adolescent inexpérimenté. J’avais appris de mes erreurs, j’avais composé un rôle, une carapace qui repoussait ce type de personne. Elle m’avouait sa vérité, la triste vérité, les raisons qui avaient fait naître cette carapace autour d’elle, le personnage qu’elle avait créé pour se protéger. Et je comprenais qu’à ses yeux j’étais aussi responsable que son petit ami manipulateur, que je n’étais qu’un ennieme homme qui pourrait la blesser cruellement. Et je détestais cet homme pour avoir profité de la jeune fille qu’elle avait été, pour avoir abusé de sa naïveté et de son cœur amoureux pour ensuite l’abandonner. Et son histoire me troublait car elle ressemblait tant à celle de Nastasia. Ma sœur avait été violée, elle n’avait pas choisi d’offrir son innocence à ce monstre mais comme Linoä elle avait été rejetée par sa famille. Ma sœur avait vendu son image pour survivre, elle avait développé sa carrière pour offrir à sa fille une existence heureuse et de l’amour. Linoä n’avait pas eu la « chance » d’avoir déjà une carrière ou une fidèle gouvernante pour la soutenir et l’aimer. Elle avait été livrée au monde. Seule. C’était là sa vérité. Et tout prenait enfin un sens. « La vérité c’est que oui, j’ai un masque. Et bravo, vous m’avez démasquée. Tout est faux chez moi. Mon sourire est faux. Mes paroles sont fausses. Même mes intentions le sont, parfois. Mais il y a des moments, où c’est juste nécessaire. Des moments où c’est ça, ou on crève, tout simplement. Parce que si on ne se protège pas, qui le fera ? » Je repense à ce que m’a dit Ebba, qu’à force de m’oublier dans la vie de mes sœurs, d’être ce que je devais paraitre, j’avais finis par oublier qui j’étais réellement, n’être plus que le masque. Elle pleurait doucement, avec la fierté d’une femme forte, sans bruit, ses grands yeux ravagés par la colère et aussi la douleur. Et brusquement j’avais envie d’être celui qui la réconcilierait avec son passé, avec elle-même, qui ferait tomber son masque, durablement. Et ce n’était pas un transfert de « mon complexe du sauveur » cette fois. C’était autre chose. « Sûrement pas vous, c’est certain. Parce que vous êtes tous pareil, sans exception. Satisfait ? » Tout avait pris un sens. Enfin. Son attitude, son manque de confiance, l’arrogance tout cela. Elle avait besoin de sentir en sécurité, elle se protégeait en étant ce qu’on attendait d’une femme comme elle. Alors doucement je l’attirais contre moi, la main sur sa nuque, pour la préserver du regard des autres clients, du reste du monde et de ma main libre j’effaçais les larmes qui baignaient encore ses joues. Plus de jeux désormais. Elle ne jouait pas. Moi non plus. « Merci. » Je soufflais doucement en terminant d’effacer ses larmes. « Je sais ce que c’est que de n’avoir confiance en personne Linoä. Merci. Merci de m’avoir prouvé que parfois, il m’arrive d’avoir tort.» et doucement, en lui laissant le temps de se reculer si elle en ressentait le besoin, je déposais un baiser léger sur chacune de ses paupières, comme pour effacer la souffrance que j’avais fait naître. « C’est pour cette femme, sans le masque, que je vous ai donné rendez-vous sous un prétexte fallacieux. C’est elle que je veux connaître. Plus de jeux entre nous ? » Je lui proposais un pacte, une alliance. Pas de promesse ni de paris sur l’avenir. Pas de pression. Juste elle. Moi. Et qui sait où cela nous entraînerait ? Cette femme, mes soeurs pourraient l'apprécier, mais pas Mademoiselle Heland. Linoä.
electric bird.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 1 Fév - 15:39

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Si on me le demandait, je serais incapable d’expliquer ce qui se passait. Mais ses paroles, ses mots … ils m’avaient touchés plus que je ne l’aurais cru. J’étais restée assise, sans rien dire, sans bouger, l’écoutant simplement parler, la mâchoire serrée. Il ne me connaissait pas. Comment pouvait-il me juger ainsi, sans me connaître ? Surtout qu’il n’était clairement pas mieux que moi, au contraire même. Il avait raison sur un point, et sur un seul. J’attendais bien quelque chose de lui. J’attendais tout de lui, en fait. J’attendais qu’il me dise tout, qu’il se confie, qu’il me fasse confiance. J’attendais qu’il me parle, qu’il me dise qui était réellement Ambroise Alinovitch. Et j’avais cru qu’en le titillant, qu’en le taquinant, j’obtiendrais ce que je voulais. Après tout, cela avait bien commencé. Nous avions même eu une conversation civilisée, à un moment. Une conversation où nous parlions normalement, et où il me disait ce qui l’avait poussé à suivre cette voie. J’avais donc cru être bien partie et que, rapidement, il craquerait. Que notre rendez-vous se finirait dans des rires, et qu’au suivant, je le laisserais me courtiser. Mais alors que je le voyais partir, je ressentis une colère intense me parcourir l’échine. J’avais besoin de lui, et il réduisait tout à néant. Sans lui, ma carrière ne commencerait jamais, et je serais moquée de mes collègues, perdant toute l’estime qu’ils commençaient à avoir pour moi. Mais j’en avais l’habitude, finalement. Après tout, toute ma scolarité au lycée avait été comme ça. Les personnes se décalaient sur mon passage, et ce n’était certainement pas en signe de respect. Oh que non. J’étais devenue la risée, la paria, la fille en cloque, la pute. Et les messes-basses continuaient, encore et encore. En voyant que tous mes efforts se réduisaient à néant, à cause de lui, une larme coula sur ma joue. Mais non, hors de question que je lui fasse ce plaisir-là. Hors de question que je le laisse avoir le dernier mot. Hors de question qu’il m’humilie de la sorte. Il disait que je jouais les froides, hautaines, les garces ? Mais il était exactement pareil que moi. Et ce qu’il venait de me dire, son attitude, tout cela le prouvait amplement. Mais rapidement, je perdais le contrôle. Ce que je disais, ce que je lui disais, était bien trop douloureux. Il était exactement comme les autres. Il se servait, et une fois qu’il avait fini, ou que l’on faisait quelque chose qui n’allait pas dans son sens, il se montrait odieux, tournait le dos et partait. Il était la raison de mon masque, justement. Il en était le fautif. Lui, et tous ces autres qui lui ressemblaient tant. Et là, le masque tombait. Il n’avait pas à me juger, pas sans me connaître. Ensuite, il le pourrait autant qu’il le voulait, mais seulement après. Et donc je crachais tout. Je disais tout. Je lui donnais ma vérité. Mon histoire. De mon ex petit ami qui m’avait ri au nez et humiliée lorsque je lui avais appris ma grossesse, à mon père qui m’avait claqué la porte au nez. Ces années dans la rue, alors que lui se soulageait la conscience en allant dans des galas qui, à leur coût, sauveraient la misère qu’il y avait dans les rues. Donc oui, tout était faux chez moi. Tout. Mes sourires, mes paroles, mon attitude. Mais je n’avais pas le choix. C’était la seule façon de me protéger de personnes comme lui. Je craquais, je pleurais. J’étais moche, j’étais laide. Mais je m’en moquais. De toute façon, ma mission était finie. Donc ce qu’il pouvait penser de mon apparence, c’était le dernier de mes soucis. C’est dommage, j’aimais bien ce café, mais je n’y remettrais plus les pieds, tout simplement. Bref, j’étais humiliée, mais ce n’était pas l’important. L’important, c’était que maintenant, il savait. Il connaissait ma vérité, et arrêterait de me juger.

Je pensais qu’il me rirait au nez, et qu’il partirait. Bref, qu’il me laisserait, séchant difficilement mes larmes qui étaient vite remplacées par de nouvelles. C’est pour cela que je me figeais alors que je sentais sa main venir prendre place sur ma nuque, pour me rapprocher de lui. C’était moi où il me prenait dans ses bras ? Wow, minute. Pause. Il se passait quoi, exactement ? Mes lèvres tremblaient encore alors qu’il séchait mes larmes de ses doigts. Je plissais des yeux, complètement perdue. Qu’est-ce qui était en train de se passer ? Oh non, voilà qu’il avait pitié maintenant. Génial, il ne manquait plus que ça. Je lui faisais pitié. Il n’y avait probablement pas pire honte que ça. Même pleurer devant tout ces inconnus ne m’embarrassais plus maintenant. Seule cette honte, liée à sa pitié. Pourtant, je me laissais faire, complètement en état de choc. En même temps, les moments où je craquais ainsi étaient si rares qu’ils pouvaient se compter sur les doigts d’une main. Qui aurait l’audace de prétendre m’avoir déjà vu pleurer depuis que j’avais déménagé à New York et m’étais protégée ? Renji, peut-être. Et encore … Donc forcément, après ce moment d’honnêteté total, de masque retiré, j’étais complètement perdue et dans l’impossibilité de bouger. «Merci. » dit-il, alors que je fronçais des sourcils, bien qu’il ne le voyait pas. Merci pour quoi ? Je n’avais rien fait, à part me ridiculiser. Ou alors, peut-être que c’était ce qu’il aimait. Peut-être qu’il prenait son pied en voyant la souffrance qu’il pouvait causer. «Je sais ce que c’est que de n’avoir confiance en personne Linoä. Merci. Merci de m’avoir prouvé que parfois, il m’arrive d’avoir tort. » reprit-il d’une voix douce, me prouvant qu’il ne se délectait pas de la situation. Il se recula un peu, et vint déposer ses lèvres sur mes paupières. Tandis que moi, j’étais toujours figée, toujours incapable de bouger, de parler. J’ouvrais la bouche, avant de la refermer. Il pourrait se pavaner plus tard d’avoir réussi à me priver de la parole, il en aurait bien le droit. Je déglutissais, avant de baisser les yeux. « Parfois ? » répétais-je en essayant de prendre un ton moqueur, mais le cœur n’était clairement pas de la partie et cela s’entendait. Je me reculais un peu plus, tachant de mettre quelques centimètres entre nous. Puis je séchais mes dernières larmes, me rendant compte que je m’étais calmée depuis et, en partie, grâce à lui. «C’est pour cette femme, sans le masque, que je vous ai donné rendez-vous sous un prétexte fallacieux. C’est elle que je veux connaître. Plus de jeux entre nous ? » dit-il. Une hésitation traversa mon regard. C’était un jeu, justement. Tout ceci n’était qu’un jeu. Pour moi, en tout cas. Et je ne savais plus si j’avais envie d’y jouer. Peut-être que je devrais lui dire que je n’étais qu’une journaliste qui essayait d’en apprendre plus sur lui. En finir avec tout ça. Puis tourner le dos, et partir à mon tour. Après tout, vingt minutes en sa compagnie, et il avait déjà réussi à me faire passer par tous les états. Moi, qui était pourtant la reine dans l’art de ne rien ressentir. Mais tout ça, il ne le savait pas. Il ne savait pas ce qui m’avait amenée vers lui. Il ne savait pas que tout était calculé. Et lorsqu’il disait « plus de jeux », ce n’était pas de ça dont il parlait. Il parlait de moi, de ma personnalité, de mon masque. Et je savais comment l’atteindre, à présent. Je baissais la tête, avant de murmurer  « Plus de jeux … » Pourtant, cela ne m’empêcha pas de regarder ce qui se passait autour de nous, et de voir tous ces gens qui admiraient le spectacle. J’essayais de reprendre contenance, en vain. Je lâchais un soupir, avant de reposer mon regard sur lui. « Cela vous gêne si on va ailleurs ? Je n’ai pas spécialement envie de rester ici. » lui demandais-je d’une petite voix, que je n’arrivais pas à maitriser. Et puis, s’il voulait réellement que je sois sans aucun masque, il valait mieux que je ne sois pas en terre inconnue.

Je l’emmenais donc dans mon appartement, mon nouvel appartement. Celui qui allait tellement bien avec ma couverture. Celui qui m’avait rendue si enthousiaste lorsque j’avais inséré la clé dans la serrure pour la première fois. Celui qui me semblait si faux, encore plus que d’habitude, à présent. Le laissant rentrer sans l’inviter, après tout il était assez grand pour le faire tout seul, j’enlevais mon manteau puis mes chaussures, avant de me servir un autre verre de vin et de m’installer dans le canapé, lasse. Même le chien - surnom affectueux que je donnais au chiot dalmatien qui s'était installé chez moi sans mon consentement - qui m'accueilli en me sautant dessus, n'eut pas le mérite de me remonter le moral. Je lâchais un long soupir, avant de tenter de recoiffer un peu mes cheveux à l’aide de mes doigts, sans grand enthousiasme. De toute façon, mon maquillage avait probablement coulé, mes yeux étaient probablement rouges, aussi. Donc que mes cheveux soient en place ou non, cela n’avait pas grande importance, finalement. « Donc … » commençais-je, pour rompre le silence qui s’installait. « Qu’est-ce que vous voulez savoir ? » lui demandais-je. « Vous avez avoué que vous m’aviez invitée sous un faux prétexte pour apprendre à me connaître … » reprenais-je, en le regardant. J’aurais pu lui faire reconnaître qu’il m’avait en fait manipulée pour que je vienne à ce rendez-vous, mais étant donné que mes intentions n’étaient pas vraiment pure, ce serait hypocrite de ma part. « Ensuite ce sera votre tour. Histoire qu’on soit quittes. » reprenais-je dans un sourire triste, avant de porter mon verre en bouche.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 1 Fév - 22:22


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Sa souffrance me heurtait avec violence. On ne pouvait pas simuler une telle émotion et je n’avais pas besoin de la scruter pour savoir qu’elle confessait une vérité qui lui faisait horreur, celle de sa naïveté, celle de sa faiblesse. Et je voulais la protéger de toute cette merde, de l’horreur de son passé, du regard des clients qui nous dévisageaient avec avidité. Je l’avais pris contre moi pour la protéger de ce monde, de l’avidité des chasseurs de ragots, dans une monde où la télévision et les tabloïds vous permettent d’espionner l’intimité de n’importe quelle personnalité, ils n’en avaient jamais assez. Avide. Leurs regards étaient avides et je ne voulais pas qu’elle leur expose sa douleur, sa tristesse, ses failles. Je voulais la protéger et je n’avais encore jamais ressentit ça pour quelqu’un d’autre que mes sœurs ou ma nièce. Ce besoin ardant de protéger, de me sacrifier pour que leur bonheur soit entier. Elle est vulnérable et je peine à le supporter pourtant c’est moi qui ait voulu cela, lui faire baisser son masque, qu’elle soit vraie. Mais ses larmes, venant de cette femme qui une seconde plutôt me rabrouait comme si je n’étais rien qu’une tâche sur son tailleur, n’étaient que trop douloureuses à supporter. Sa vulnérabilité m’émouvait et je peinais à garder le contrôle. Je ne connaissais qu’une arme face au chagrin, la douceur, l’amour mais elle était trop vulnérable, à vif. Je me contentais d’effleurer ses paupières de mes lèvres, effaçant ses sanglots, luttant face à sa colère, son impuissance par l’arme la plus efficace qui soit, la compassion. La douceur. Pour la première fois j’avais la sensation que je pouvais lui faire du mal, la briser d’une parole. La sensation qu’elle était sincère et franche. Qu’elle était .... Elle. Plus de jeux, me confirma-t-elle dans un murmure. Et j’avais confiance en elle en cet instant. Elle ne jouait plus. Elle n’était plus une autre. « Cela vous gêne si on va ailleurs ? Je n’ai pas spécialement envie de rester ici. » Je hoche doucement la tête. Je ne veux pas non plus resté dans ce café alors qu’elle est aussi vulnérable. C’est plus fort que moi, je comprends qu’elle a besoin de se trouver quelque part où elle se sent en confiance, en sécurité. Je connais ce sentiment, ce besoin de retrouver une bulle protectrice loin du monde. Je ne l’aurai pas suivi jusque chez elle autrement, je n’aurai pas eu confiance en elle pour rejoindre son appartement. Je connaissais bien trop le type de femme pour laquelle je l’avais prise à notre rencontrer, elle aurait tout donné pour avoir une histoire croustillante sur un Alinovitch a raconté dans un tabloïd. Surtout me concernant, les journalistes spéculaient sur ma vie amoureuse et ce qui m’avait conduit à délaisser un héritage « brillant » pour la chaleur des projecteurs si ce n’était pour profiter de la célébrité, de l’argent facile et des femmes.

Son appartement est tel que j’aurai pu l’imaginer. Il ressemble à la façade qu’elle arbore, témoignant d’un bon goût en matière d’art mais froid, vide, solitaire. Il manque d’une âme. Il contraste terriblement dans mon esprit avec l’appartement que je partage avec mes sœurs, coloré, vivant, remplis de notre énergie à tous. Il est impossible de venir chez nous sans trébucher sur les jouets de ma nièce, sur les murs figurent des portraits de famille où nous sommes loin de l’image glacée que nous donnons d’ordinaire aux photographes. La décoration est éclectique. Issue de notre multi culturalité, de nos voyages, de nos goûts. Mes sœurs aiment la couleur, j’apprécie les ambiances chaleureuses, cosy. Notre appartement dégage de la vie. Ici tout est froid. Et je comprends qu’elle ne se reconnait pas totalement dans cette décoration presque impersonnelle. C’est le lieu en lui-même qui l’a amené à m’entraîner ici. Elle connait ce décor, d’ordinaire elle s’y sent peut être en sécurité car cet appartement lui appartient. Une maison pour une gamine qui a été jeté à la rue. Je peux comprendre ça. Après tout avant de retrouver Nastasia je ne me suis pas senti chez moi dans le manoir où nous avions grandis en Russie, ma maison est là où se trouvent les miens. C’est aussi simple que cela. Elle n’a pas dit un mot dans le taxi, moi non plus. Je respecte son silence. La première chose qui me frappe après la décoration ce chiot qui déborde d’affection pour elle. Elle ne me semble pas être le type de femme à avoir un animal de compagnie, ça ne cadre pas avec le personnage qu’elle affiche tout du moins. Je voulais offrir à ma nièce un chien pour son anniversaire mais je devais avouer que c’était avant tout pour moi que j’avais envie de lui faire ce présent. J’allais désormais passer beaucoup de temps seul dans notre appartement, un chiot serait une compagnie agréable et attentive durant mes heures d’écriture. Elle s’était installée sur le canapé avec un verre de vin. Les jambes repliée sous elle-même, elle semblait plus humaine ainsi, plus accessible. Je bois rarement pourtant je me serre à mon tour un verre de vin avant de m’assoir non pas sur le canapé mais au pied de celui-ci sur le tapis, offrant au chiot un nouvel humain à explorer et à taquiner. Il joue à me lécher le visage et je le laisse faire, lui laissant le temps de reprendre contenance, de retrouver une certaine assurance. J’ai le sentiment qu’elle ne s’attendait pas à s’effondrer ainsi au café, à se livrer à moi. Je crois qu’elle ne s’attendait pas à me voir réagir ainsi, ça ne cadrait pas avec l’image qu’elle avait de moi. Pour cela nous étions sur la même longueur d’ondes. Mes longs doigts erraient dans la fourrure douce du chien. Flattant son ventre rose, caressant ses oreilles fièrement dressés. Je ne la fixais pas, lui offrant ainsi une intimité plus propice à l’introspection. Elle n’était pas une bête curieuse. Simplement une femme que j’avais soudainement envie de connaître, de protéger, d’aide. « Donc … Qu’est-ce que vous voulez savoir ? Vous avez avoué que vous m’aviez invitée sous un faux prétexte pour apprendre à me connaître … Ensuite ce sera votre tour. Histoire qu’on soit quittes. » Je souris doucement. « Rien de plus que ce vous êtes disposés à me dire de vous ... » Mes doigts rencontrent les siens sur le dos du chiot, je retire doucement ma main, après une seconde figée, je ne veux pas qu’elle s’imagine que comme les autres hommes je cherche chez elle ... Quoi ? Une relation éphémère ? A abuser d’elle, de sa confiance, de sa vulnérabilité soudaine ? En réalité je ne sais pas ce que je cherche avec elle. Et cela m’intrigue. « Quelle âge aviez-vous lorsque vos parents vous on repoussés ? » Je demande doucement. Il y a un éclat meurtrier dans mes yeux à l’évocation de ce fait, comment des parents peuvent-ils faire cela à un enfant ? Cette question me hante depuis mes treize ans. Je détourne les yeux pour qu’elle ne lise pas facilement en moi. Notre vie a fait la une de nombreux tabloïds depuis notre accession à la célébrité mais personne ne connait l’histoire qui se cache sous notre célébrité. La douleur. L’abandon. La naissance d’une enfant à la suite d’un viol. L’amour que nous avons tous porté à cette petite, sans la stigmatisé des crimes de son père. Et la douleur de sa disparition. Personne ne sait ce que cachent nos sourires. Tous ignorent les crimes de ma mère, les silences de mon père. Personne ne le saura jamais. Pourtant j’éprouve de la compassion pour l’adolescente qu’elle a été, de la fureur contre ses parents, je pouvais imaginer précisément ce qu’elle avait vécu. C’était ce qui serait arrivée à Nasty si elle n’avait pas eu sa carrière, Lucy. Et cela me rendait furieux pour elle.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Mar 3 Fév - 16:52

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Comment avait-il réussi à me mettre dans cet état-là ? Il ne lui avait suffit que de quelques paroles bien sentie pour que je baisse toutes mes armures et craque. J’étais incapable d’expliquer pourquoi. Il m’avait jugée, et j’avais détesté ça. Il ne me connaissait pas. Comment pouvait-il se permettre de juger le fait que je portais un masque, alors qu’il n’en connaissait même pas la raison ? Surtout qu’il n’était pas mieux que moi à ce jeu-là. Il était passé en un millième de seconde à un homme souriant, se confiant presque, à un homme froid et cynique. Et lorsque je sentais une larme couler sur ma joue, je réalisais qu’il n’avait pas le droit. Il n’avait pas le droit de partir, pas maintenant. Alors j’allais à sa suite, sans hésiter. Et je lui expliquais. Je lui disais tout ce que j’avais sur le cœur. De toute façon, ma mission était finie, j’avais perdue. Alors bon, autant qu’il sache qui j’étais réellement. Au moins, la prochaine fois qu’il rencontrerait quelqu’un, il ne se permettrait plus de la juger au premier regard, sans la connaître. Il était l’hypocrisie même et je ne supportais pas l’idée qu’il se permette de juger les autres de haut de cette façon. Mais alors que je croyais que nous en avions enfin fini et qu’il allait partir, il eut une autre réaction, bien différente que celle à laquelle je m’attendais. Une réaction … protectrice ? Il me cacha des autres, tandis que j’étais incapable de bouger, encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Lorsqu’il me demanda d’arrêter les jeux, j’hésitais. Après tout, notre rencontre même était un jeu. Il n’était qu’un jeu. Qu’un moyen pour moi d’accéder à mon rêve et de gravir les échelons au sein de Vogue Magazine. Mais lorsqu’il parlait de jeux, il ne parlait pas de ça, du moins pas vraiment. Il ne parlait que de moi, de mon masque qui me protégeait. Dans un murmure, j’acceptais, non sans peur. Après tout, il avait réussi, en quelques minutes à peine, à me faire flancher. A briser mon armure que j’avais pourtant mis tant de temps à construire. Est-ce que je ne jouais pas à un jeu dangereux ?

Remarquant ensuite que nous étions le centre d’attention des spectateurs du café, je lui demandais si nous pouvions changer d’endroit. Je m’étais assez ridiculisée comme ça, et ne voulais pas rajouter un deuxième acte en supplément. Je l’invitais donc dans mon appartement. Le trajet en taxi se fit dans un silence. Je n’avais pas envie de parler. Et je cherchais même à savoir comment le reste de l’après-midi allait bien pouvoir se passer. Qu’est-ce que j’allais lui dire ? Comment est-ce que j’allais lui dire. J’étais obligée de me protéger. Est-ce que j’allais réellement lui raconter ma vie, en détail ? Est-ce que j’allais lui parler de mes parents, de Sören, et de ce que j’avais dû faire pour le protéger ? Une larme coula sur ma joue à cette simple pensée. Larme que j’essuyais presqu’aussitôt. Non, c’était trop douloureux. Même avec Renji et Ezio, je n’étais pas rentrée dans les détails. Et ils l’avaient compris. Peut-être que ce serait son cas, à lui aussi ? Peut-être qu’il ne m’obligerait pas à tout raconter, à me confier ? Mais de ce que j’avais pu entrevoir de sa personnalité – et je parlais de la vraie, non de celle que j’avais imaginé en le rencontrant – je me doutais qu’être vague serait suffisant. Il voulait de l’honnêteté, du réel. Et je le voulais lui. Je n’avais donc pas vraiment le choix, si ?

Après un moment qui me parut être une éternité, nous arrivions enfin à mon appartement. Appartement qui était aussi faux que moi, uniquement utile à ma couverture. Quelques semaines auparavant, j’en avais été amoureuse, de cet appartement. Et pourtant, maintenant que j’y remettais les pieds, je n’étais que glacée par ce à quoi il ressemblait. Il était beau, bien sûr. Et épuré. Et design. Mais faux. Je préférais presque mon ancien studio à Brooklyn. Surtout que je n’avais eu que moi pour créer ce cocon et que, finalement, il était ma première réussite newyorkaise. Mais bon, j’étais supposée être une riche héritière, qu’il en soit ainsi. Lorsque le chien me sauta dessus, à peine la porte ouverte et que j’eus franchi le seuil, cela ne me fit aucun effet. En même temps, même si je m’étais habituée à sa présence … Disons que je n’avais pas vraiment choisi de l’avoir. Il s’était plutôt imposé à moi. Il m’avait sauté dessus dans la rue et, en attendant que ses propriétaires ne le recherche, je l’hébergeais. L’ignorant, j’enlevais mes chaussures et mon manteau, avant de me servir un verre de vin de m’installer sur le canapé, ou de m’avachir sur celui-ci, plutôt. Je restais silencieuse pendant un moment, ne sachant pas vraiment par où commencer. Je ne pus retenir un petit sourire alors que le chien faisait la fête au mannequin, lui léchant le visage. Puis, d’un air lasse, je lui demandais ce qu’il voulait savoir de moi. J’aurais pu lui demander ce qu’il attendait de moi, aussi, mais je n’en avais même pas la force. «Rien de plus que ce vous êtes disposés à me dire de vous ...» me dit-il. Je me mordis la lèvre inférieure. Si je m’écoutais, je ne dirais strictement rien. J’irais me prendre un bon bain, puis me mettrais en pyjama avant de me mettre en boule sur mon lit. Mais ce n’était probablement pas ce qu’il voulait. Quoique, si je le lui proposais, j’étais sûre que l’idée de moi dans mon bain ne le dérangerait pas tant que ça. Par réflexe, je caressais le chien, et serrais la mâchoire lorsque mes doigts rencontrèrent les siens. Puis lâchais un petit soupir – de soulagement ? las ? je n’en savais rien – lorsqu’il retira les siens. « Quelle âge aviez-vous lorsque vos parents vous on repoussés ? » me demanda-t-il. Je sens ma jambe trembler, alors que je sais qu’il attend une réponse. « Quatorze ans … » commençais-je, d’une petite voix. « Enfin, ce ne sont pas des mauvais parents pour autant … Il ne faut pas croire qu’ils ne m’aimaient pas … J’ai eu une enfance heureuse, vous savez ? C’est juste que … Je n’ai pas été éduquée pour tomber enceinte à quatorze ans. » ne pus-je m’empêcher de prendre leur défense. Si j’avais beau les haïr pour m’avoir laissé à moi-même pendant toutes ces années, je n’arrivais toujours pas à les condamner pour cela. Ce qui était étrange, vu ce que je ressentais envers eux.

Est-ce que cela lui suffisait ? Ou est-ce que je devais continuer ? J’imaginais que la deuxième solution était la bonne, même si je n’avais pas spécialement envie de me confier à un parfait inconnu. A lui, plus précisément, encore moins. Je lâchais un soupir, avant de serrer la mâchoire en voyant une de mes mains trembler. Je me relevais doucement du canapé et restais debout, sans bouger, un moment. « Je reviens. » commençais-je. « Je vais juste me changer et me passer de l’eau sur le visage. » reprenais-je avant de prendre la direction de la salle de bain. Ma main sur la poignée de porte, je me retournais vers. « Je vous fais confiance pour ne rien mettre dans mon verre … » dis-je, avant de me mordiller la lèvre inférieure. Ça aussi, on me l’avait fait. Et Renji n’était pas là pour venir me sauver si j’en avais besoin. J’espérais donc ne pas en avoir besoin, tout simplement. J’entrais dans la salle de bain et verrouillais la porte sur mon passage. Puis entreprenais de me démaquiller et de me recoiffer un peu, me faisant une simple queue de cheval, avant de me changer. Mon pyjama d’intérieur serait bien plus confortable que cette robe gainante qui m’aplatissait tant l’estomac que j’en avais du mal à respirer. Déjà que je n’étais pas certaine que j’aurais une respiration calme et posée durant la suite de notre conversation, il valait donc mieux que je sois à mon aise. Une fois fait, je le rejoignais dans le salon et reprenais ma place, m’asseyant en tailleur. Cette pause m’avait fait du bien, et m’avait permis de récupérer un peu. « Donc … Comme je l’ai dit tout à l’heure, lorsque j’étais au collège, j’ai rencontré un garçon … Et à cette époque … J’étais bien différente de maintenant. Bien plus naïve, romantique, fleur bleue. Je passais mon temps à lire des romans d’amour, c’est dire. » reprenais-je en roulant des yeux pour moi-même, tant je n’aimais pas celle que j’avais été par le passé. « Je ne savais même pas ce qu’était un préservatif, pour tout dire. Et puis, je lui faisais confiance. Lorsque je suis tombée enceinte de lui … C’est là que mon enfer a commencé. Ou peut-être qu’il avait commencé lorsque je l’ai rencontré. En plus de me tourner le dos et de me rire au nez, il m’a donné la réputation de trainée, à l’école. Mes amis se sont tous écartés de moi. Je suis devenue une paria. Et plus mon ventre grossissait, plus les autres s’écartaient de moi, comme si ce qui grandissait à l’intérieur de moi n’était pas un enfant, mais la peste. » Même si je ne pleurais plus, ma voix était cassée, et j’étais entièrement à découvert. « Mais j’ai quand même fini mes études. J’ai travaillé, je me suis concentrée sur mes cours, et j’ai fini major de ma promotion. Puis j’ai eu une bourse, pour Columbia. » continuais-je, sans once de la fierté que j’avais habituellement de m’en être sortie par moi-même. Je passais volontairement l’épisode où j’avais dû abandonner mon fils pour espérer lui donner un meilleur futur. Peut-être qu’il me poserait la question, peut-être pas. Et je verrais par la suite ce que je ferais en fonction.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Ven 6 Fév - 18:13


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Je pensais à ce que m’aurait dit Solana d’elle. Ma sœur était très douée pour tirer le portrait de quelqu’un grâce à son intérieur mais surtout en analysant sa façon d’être. Les gens avaient tendances à prendre Solana pour une blondinette à la plastique attrayante mais au QI inexistant et si ma jumelle se complaisait dans ce rôle, elle était loin, très loin d’être stupide ou son intelligence ectoplasmique. Elle était très douée pour cerner les gens. D’ailleurs cela lui avait permis de durer dans ce métier car les colères homériques de ma jumelle ne se manifestaient que face au bon interlocuteur. Elle savait qui faire tourner en bourrique et comment, sinon elle se serait grillée depuis bien longtemps dans la profession. Elle était un bon juge des caractères même si elle admettait elle-même que son opinion était biaisée du moment qu’il s’agissait de partager sa famille avec qui que ce soit. Solana aurait vu clair dans le petit subterfuge de Linoä, elle aurait surement dit quelque chose sur la différence existant entre être paraître. Elle m’aurait aussi dit que son apparence se reflétait dans cet appartement mais que j’en aurais surement plus apprit sur elle en voyant le tout premier logement qu’elle avait pu s’offrir. Mais je n’étais pas certaine que Solana apprécie la jeune femme ... sa réaction au gala après que je les eu éloigné l’une de l’autre me revenait alors que je l’observais à travers mes paupières mi-closes. « Cette femme attends quelque chose de toi... ». J’étais persuadé que ma jumelle n’avait pas tort, elle se trompait rarement d’ailleurs, Linoä m’avait approché avec une envie, une idée derrière la tête mais, nous n’en étions plus là désormais. Plus maintenant. J’avais la certitude qu’en me dévoilant sa vérité elle avait fait tomber une barrière. Elle avait gagné ma confiance même si j’ignorais tout de ce qu’elle avait attendu de moi avant cela. Elle avait manifesté une émotion sincère en cela elle avait gagné mon attention, ma confiance, mon respect. Quatorze ans presque l’âge de Nastasia. Elle défendait ses parents après ce qu’ils lui avaient fait. « Quel âge avait ce type ? » Posée sur le ton doux la question contenait toutefois les accents métalliques signe de ma colère. « Vous n’étiez qu’une gosse, ils auraient dû être là pour vous, qu’importe si l’amour vous avait poussé à faire quelque chose que leur foi ou leur éducation réprouvait. » J’avais reçu une éducation religieuse assez stricte, de mon père puis au pensionnat, on m’avait appris à respecter les femmes, à prendre mes responsabilités, à aimer et à veiller sur ma famille, sur les femmes de ma famille. Les enfants sont notre bien le plus précieux et jamais je ne comprendrais des parents capable de repousser leur propre enfant. Je prenais conscience de sa vulnérabilité et opinais lorsqu’elle voulut aller se rafraichir, sa dernières phrase me glaça. Qu’avait donc subit cette femme ? N’était-elle tombée que sur des salops ? Des prédateurs ? « Vous pouvez avoir confiance, je n’ai jamais pris une femme de force, ni par la ruse. » Soufflais-je lorsqu’elle disparut dans une autre partie de l’appartement. Je ne bougeais pas durant sa courte absence, j’avais le sentiment que sa confiance nouvellement acquise reposait sur des fondations fragiles, je ne voulais pas violer sa sphère intime, explorer son univers sans son consentement. Elle me confierait ce qu’elle désirait. Cependant la femme qui revint dans le salon était bien différente de celle qui l’avait quitté. Elle était plus proche de l’image mentale que j’avais d’elle : loin de la froide et sophistiquée jeune femme, plus simple, plus naturelle, loin du paraître et de ses obligations. Plus femme, moins « fantasmée ». Elle avait quelque chose de plus pure, de plus humain. De plus émouvant. D’authentique. Elle me semblait aussi plus vulnérable, plus fragile comme si en changeant de vêtements elle avait fait écroulé ses barrières. Je jouais avec mon verre de vin, réchauffant le liquide au creux de mes mains tandis qu’elle me racontait l’histoire de sa grossesse et de ses conséquences. Je gardais le silence mais une boule de colère, pour l’injustice dont avait été victime l’adolescente qu’elle avait été, me serait l’estomac. Il n’y avait dans cet appartement aucune trace de la présence d’un enfant ou d’un jeune adolescent. Aucune photographie sur les murs ou la table basse. Il n’y avait aucune vie, aucune trace d’une jeune adolescent ici. Aucune trace de vie. A part ce chiot. Et elle. Elle vivait seule dans cet appartement. Ce qu’elle taisait était peut-être la décision la plus dure qu’elle avait dû prendre de sa vie car, elle n’avait pas employé le pluriel pour parler de sa vie après « sa grossesse ». Elle avait dû donner l’enfant à l’adoption car il se doutait qu’elle n’aurait pas avorté. Pas elle qui défendait ses parents. Elle était seule. Je pensais à Camilya, à ce qu’aurait été notre vie, la vie de Nastasia sans elle. Et à la douleur d’abandonner un enfant. Certains parents faisaient ça si facilement, les miens, ceux de Linoä. « J’ai obtenu une licence de lettre et civilisation anglaise à Columbia. » Je ne voulais pas revenir sur ce qu’elle avait tu, sur ce qu’elle n’avait pas souhaité m’avouer. Je ne voulais pas forcer sa parole. Mais je ne pouvais pas la laisser croire que cela ne me touchait pas. J’effleurai sa main, pour lui confier que je n’irais pas creuser là où elle s’était tue. Qu’elle pouvait souffler, que je ne chercherais à forcer sa confession ou à me parler de ce qui avait dû être si douloureux pour elle. Je comprenais et je respectais son choix. Je bu néanmoins une gorgée de vin avant de poser ma tête contre l’accoudoir du canapé, m’installant plus confortablement pour lui demander. « Vous écrivez ... Sur quoi portes votre manuscrit ? Qu’écrivez-vous ? » Cela m’intriguait depuis qu’elle avait parlé de sa profession tout à l’heure. Son héritage je n’en avais cure, j’avais assez d’argent pour vivre confortablement le reste de ma vie, l’argent quand on en avait n’avait aucune sorte d’importance.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Ven 6 Fév - 19:41

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


J’aurais dû partir. J’aurais dû lui tourner le dos, et rentrer chez moi, seule. Lorsqu’il m’avait demandé que l’on arrête les jeux, j’aurais dû rire, lui dire que tout ceci avait été un jeu, que tout n’était que mensonges et comédie. Mais je ne pouvais pas. Pas si je voulais faire mon dossier sur lui. Pas si je voulais devenir sa petite amie. Pas si je ne voulais pas récupérer mon ancienne place de risée et de paria. Alors j’acceptais, dans un murmure. Mais pas ici. Non. Pas devant tous ces autres qui se délectaient de ce si charmant spectacle. Je ne pouvais pas leur offrir cela. Et puis, parler de tout ça, parler de mon passé … Ce n’était pas quelque chose qui se faisait à la porte d’un café, devant un public si réceptif. Non. Chez moi, c’était mieux. Et il accepta. En même temps, il n’avait pas vraiment le choix. C’était ça ou je m’arrêtais là. Et tant pis pour mon article. Une fois arrivés, je me servais un verre de vin et m’installais confortablement sur mon canapé. Enfin, aussi confortablement que possible, avec une robe gainante qui me gênait pour respirer. Cela commença par une question. Une simple question. L’âge que j’avais eu lorsque tout avait commencé. Je pris quand même rapidement la défense de mes parents. Malgré la haine que j’éprouvais à leur égard, je ne pouvais m’empêcher de les aimer. Oui, très contradictoire, j’en étais consciente. Mais j’étais ainsi. « Quel âge avait ce type ? » me demanda-t-il, d’une voix qui se voulait douce. Ou peut-être qu’elle l’était. Peut-être que ça l’intéressait réellement. Je n’en savais rien. Et je m’en moquais. Si pour devenir sa petite amie il fallait que je me confie à lui, qu’il en soit ainsi. De toute façon, toutes mes barrières étaient brisées, et j’aurais bien du mal à les remettre en place rapidement. Il pourrait se vanter d’avoir réussi ça. D’être parvenu à briser mon masque en quelques minutes, alors que même ceux que je considérais comme mes meilleurs amis n’y étaient jamais vraiment parvenus. Bien sûr, ils connaissaient ma vie, mon passé, mon histoire. Et ils étaient au courant pour Sören, aussi. Mais ce n’était pas vraiment la même chose. Je n’en avais parlé que très rapidement, vaguement, au détour de conversations bien plus légères. Contrairement à aujourd’hui, en somme. Aujourd’hui, je n’étais pas moi, tout simplement. Peut-être qu’il y avait une explication rationnelle qui l’expliquerait, peut-être qu’il se passait quelque chose avec la lune. Je n’en savais rien. Mais j’étais bien partie pour me confier, entièrement, sans mensonge ni tromperie. Sans faux-semblants non plus, ni manipulation de la vérité. Sans jeu, comme il me l’avait demandé. « 17 ans. » lui répondais-je sans le regarder. Je n’en avais tout simplement pas la force, en même temps. Il devait probablement me juger, à présent. Pauvre petite Linoä, elle s’était faite avoir en beauté. Un homme avait voulu la mettre dans son lit, et il y était parvenu. Il ne lui avait suffi que de lui accorder un peu de son attention pour y parvenir. Qu’est-ce qu’Ambroise devait penser de moi, à présent ? « Vous n’étiez qu’une gosse, ils auraient dû être là pour vous, qu’importe si l’amour vous avait poussé à faire quelque chose que leur foi ou leur éducation réprouvait. » reprit-il à propos de mes parents. Je baissais la tête, honteuse. « Et apporter la honte sur notre famille ? » répliquais-je dans un rire triste et froid. « Non, ce n’est clairement pas comme ça que j’ai été éduquée. » Je comprenais ce qu’il disait. J’entendais que, justement, malgré l’éducation que j’avais eue, ce n’était pas une excuse. Mais je n’y pouvais rien. J’avais honte et je comprenais donc celle qu’avait dû ressentir mon père en apprenant ma grossesse.

Il me fallait une pause. J’en avais véritablement besoin. Clairement, je ne pouvais pas rester ainsi à parler, à me confier, dans l’état où j’étais. J’avais besoin de récupérer. Parce que ce qui viendrait ensuite … Je savais que ce serait le pire. Tout lui raconter, tout lui dire. Je lui demandais simplement de ne rien mettre dans mon verre. Il n’y avait personne pour me sauver, aujourd’hui, et je n’avais clairement pas envie d’être droguée pour qu’un enfoiré puisse profiter de moi. J’étais déjà bien assez faible comme ça pour en rajouter. «Vous pouvez avoir confiance, je n’ai jamais pris une femme de force, ni par la ruse. » souffla-t-il. Je plantais mon regard dans le sien, bien qu’éloignée, avant de murmurer « Tant mieux. » J’aurais pu être gênée en revenant. Après tout, je n’étais plus maquillée, coiffée d’une simple queue de cheval et simplement habillée d’un pyjama d’intérieur. Mais bon, il m’avait vu le maquillage dégoulinant, donc j’imagine que j’étais même mieux ainsi que quelques minutes plus tôt. Et je reprenais la parole. Je lui racontais ce qui s’était passé, une fois que j’avais été mise à la porte. La réaction qu’avait eue mon petit ami, la paria que j’étais devenue à l’école. Devoir continuer mes études dans ces conditions. Attendre d’être enfin diplômée pour quitter la Suède pour les Etats-Unis et pour Columbia. Si d’ordinaire j’étais fière de raconter la fin de mon histoire, ce n’était pas le cas maintenant. Probablement parce que j’étais bien trop épuisée pour cela. Mais je ne parlais pas de l’abandon de Sören. Même si j’avais fait la meilleure chose pour lui, pour lui offrir le futur qu’il méritait. Même si j’avais pris la meilleure décision. Même si j’avais agi comme une mère, pensant à son bonheur avant le mien. Parler de lui était bien trop difficile, surtout dans l’état où je me trouvais. J’en étais tout bonnement incapable. Bien sûr, s’il me posait la question, je lui répondrais. « J’ai obtenu une licence de lettre et civilisation anglaise à Columbia. » fut sa seule réponse. Réellement ? Je venais de me confier, d’ouvrir mon cœur à l’inconnu qu’il était, et c’était tout ? Je sursautais presque en sentant sa main venir rencontrer la mienne, et lui lançais un regard interrogateur. Mais n’enlevais pas la mienne pour autant. De toute façon, n’était-ce pas ce que je voulais ? Qu’il se rapproche de moi, qu’il me fasse confiance, qu’il m’apprécie. Qu’il m’aime. Au point où je serais son soutien, sa confidente. Où je connaîtrais tout de lui, dans les moindres détails. Assez pour écrire sur lui, pour révéler qui il était vraiment. « Vous écrivez ... Sur quoi portes votre manuscrit ? Qu’écrivez-vous ? » me demanda-t-il ensuite. Je détournais les yeux un instant. Ce moment d’honnêteté m’avait trop chamboulée pour me remettre dans la peau de mon personnage. La riche romancière. « Sur rien d’intéressant. Vraiment. » répondais-je quand même en reportant mon regard honnête sur lui, avant de faire un petit sourire gêné. C’était la vérité, finalement. Après tout, j’allais écrire sur lui, sur sa vie, ses amours. Ces choses qui intéressaient pourtant tellement de personnes, mais qui ne m’intéressaient pas vraiment en cet instant.

Je soupirais, m’autorisant une caresse sur le dos de sa main, avant de lâcher un long soupir. Puis je me mordis la lèvre inférieure, de gêne, d’embarras. Je n’arrivais pas vraiment à réaliser ce qui s’était passé. Comment avais-je pu me laisser aller à ce point-là ? « Je suis désolée … » commençais-je en laissant ma phrase en suspens. « Vous ne vous attendiez probablement pas à ça en voulant me revoir … » reprenais-je, en lâchant un autre soupir. Oui, il avait dit qu’il avait voulu connaître la vraie Linoä, que c’était pour ça qu’il avait cherché à me revoir, sous un faux prétexte. Mais il ne s’attendait probablement pas à ça non plus. Je continuais de le regarder, le détaillant un peu. Me surprenant même à le trouver beau, finalement, étrangement. Je fronçais des sourcils à cette pensée et reportais la faute sur ma vision floue à cause de mes larmes, ainsi que sur la fatigue. « C’est votre tour, je pense. » Je fis un autre sourire gêné en baissant la tête, cherchant à reprendre contenance. J’avalais une gorgée de mon vin, avant de l’inviter d’un signe de la main à commencer.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Sam 7 Fév - 22:08


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Je n’avais jamais dû abandonner qui que ce soit. Bien que nous ayons été séparés de notre aînée, Nastazià n’avait jamais douté de l’amour que nous lui portions. Elle était notre sœur et les convictions de nos parents au sujet de son état, du viol et de la grossesse qui en avait résulté, n’avaient pas changé l’amour que nous avions pour elle. Elle n’avait jamais quitté mon esprit durant les années où nous avions été séparées. J’aimais ma sœur et je n’avais jamais pardonné à nos parents ce qu’ils avaient fait : la renier, la faire passer pour une trainée, salir son honneur et faire comme si son enfant n’était jamais venu au monde. Durant des années ma mère et mon père avaient prétendus n’avoir plus que deux enfants, les photographies de Nastazià avaient été ôtées des murs et son prénom n’avait plus été prononcé devant eux. Jusqu’à ce qu’elle ne meure et qu’on laisse cette maison froide derrière nous pour rejoindre Nastazià et Lucy à Paris. Je n’avais jamais abandonné quelqu’un que j’aimais derrière moi, jamais dû sacrifier un membre de ma famille. Bien que nous ayons laissé derrière nous notre père ... Mais il ne comptait pas, il ne comptait plus depuis qu’il s’était tu lorsque ma mère avait renvoyé Nastazià. Tout du moins c’était ce que je prétendais mais tout ce que j’avais fait depuis notre départ n’était-il pas une tentative pour lui prouver que je n’avais pas besoin de son nom, de sa fortune, de son héritage, que j’étais capable de m’en sortir seul ? « 17 ans. » Je fermais les yeux une seconde pour contenir la colère qui m’habitait. Elle n’était qu’une gamine alors, je ne pouvais m’empêcher de revoir Nastazià a cette âge. Leur histoire ne pouvait être comparée, Nastazià avait été violée par un homme bien plus âgé, un pervers. Mais n’était-ce pas au fond la même histoire ? A 17 ans, prendre la virginité d’une adolescente encore naïve de 14 ans. Quand bien même il avait s’agit d’amour pour elle, c’était à lui de prendre les conséquences en considérations. Mais il s’en moquait, comme bon nombre d’adolescent il avait pensé à son propre plaisir. Et elle avait dû gérer les conséquences. « Et apporter la honte sur notre famille ? Non, ce n’est clairement pas comme ça que j’ai été éduquée. » Je serais les poings face à la culpabilité qu’elle semblait porter. Comme si ses parents avaient eu raison de faire ce qu’ils avaient fait. Abandonner leur fille, la couvrir de honte pour éviter que sa grossesse leur face endurer les ragots. Elle avait dû supporter cela seule. Neuf mois de grossesse, seule. Terrifiée. Humiliée par tous. Sans soutient. Nastazià avait eu Lucie, qui avait veillé sur elle, qui l’avait aidé à accepter sa grossesse, à apprendre à être mère. Elle avait été seule pour encaisser tout cela. Pour subir les humiliations et les murmures. La paria. L’exemple à ne pas suivre. Je visualisais clairement dans mon esprit ce qu’elle avait eu à subir. Ce que j’avais craint pour ma sœur durant notre séparation. Puis pour ma nièce. Mais, personne n’avait jamais su ce qu’il en était de la naissance de la petite, un secret bien gardé. Les suppositions sur le père avaient parfois fait la une de la presse mais ... Personne ne saurait jamais. L’humiliation de voir son histoire et les circonstances de la naissance de sa fille étalées dans la presse avait été épargnée à ma sœur. Nous avions aimé cette petite fille, malgré son père, nous n’avions jamais vu de lui en elle, elle n’avait jamais eu à payer les actes de son père, elle n’était que bonté, douceur, elle était une Alinovitch, la fille de Nastazià. Aucun de nous n’avait pensé à la rejeté. Elle avait apporté de la joie dans nos vies. Je ne voulais pas la forcer à me parler de cet enfant, de l’enfant qu’elle avait dû abandonner puisqu’il n’y avait aucune trace de lui ici. Etait-ce une fille ? Un garçon ? Je ne pouvais envisager qu’elle ne l’eut pas aimé, que l’abandonner n’avait pas été déchirant car je voyais enfin les causes de l’armure dont elle s’entourait. Pour ne jamais être humilié et blessé, pour ne jamais perdre quelqu’un en qui elle avait eu confiance, qu’elle avait aimée. Et nous nous ressemblions beaucoup sur ce point. J’avais construit une façade, une armure par culpabilité, pour être fort pour mes sœurs, d’abord pour protéger Solanà j’avais abandonné le pensionnat, ensuite j’avais conservé cette carapace car elle repoussait les prédateurs, les sangsues. Ensuite nous avions perdu Camilya et il m’avait fallu rester fort, dur. J’avais soutenu mes sœurs, éloignés les paparazzis, aider Nastazià à s’occuper de Marilys, tout fait pour qu’elle ne sombre pas totalement dans la drogue. Et le masque était resté en place durant tout ce temps, me protégeant de mon propre chagrin, me protégeant aussi de mes regrets concernant ma vie, ma carrière. Une façade qui me permettait de ne pas me désintégrer dans ce deuil. De continuer. J’avais perdu le fil de la conversation, je m’étais égaré dans mes pensées une seconde. La caresse de ses doigts sur le dos de ma main me ramena à la réalité. « Je suis désolée … Vous ne vous attendiez probablement pas à ça en voulant me revoir … » La gêne, je le comprenais, elle remettait petit à petit en place ses défenses. Elle en avait besoin. Je le comprenais. « Au moins cette fois, vous n’avez pas ruiné ma veste... soyons positif. » Je murmurais, tentative pour lui tirer un sourire. « C’est votre tour, je pense. » Nous avions un accord, d’abord elle puis moi. « Que voulez-vous savoir ? » Demandais-je d’une voix basse, feutrée, en caressant le chien entre les oreilles. Je voulais me montrer honnête, elle n’avait qu’à demander. Je tâcherai de répondre. Je me demandais cependant jusqu’où irait mon honnêteté, je ne pouvais dévoiler les secrets de mes sœurs, la naissance de Camilya, la drogue ... Tout cela ne m’appartenait pas, ce n’était pas mon histoire. Alors ... Que voulait-elle savoir ?
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 8 Fév - 15:12

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


Je n’arrivais pas à croire qu’Ambroise ait réussi cet exploit-là. Personne n’y était jamais arrivé. Si j’étais parvenue à parler et à raconter des bribes de mon histoire à Renji et à Ezio, cela n’avait été que brièvement, sans trop m’attarder dessus. Simplement des réponses à des questions, avant que je ne change rapidement de sujet. Et pourtant, ces deux hommes me connaissaient parfaitement. Ils connaissaient tout de moi. Différemment, mais tout. Ezio me connaissait même physiquement et intimement, ce qui était assez rare pour être soulevé. Parce que je pouvais compter les amants que j’avais eu sur les doigts d’une main. Oh, je n’étais pas frigide, loin de là même, mais je n’arrivais pas à accorder ma confiance assez pour passer à l’acte. Je ne voulais pas m’attacher de nouveau, je ne voulais pas prendre ce risque. Et Ezio était parfait pour ça, parce qu’il voulait la même chose que moi. C’était probablement pour cela que c’était si simple entre nous. Et pourtant, malgré la confiance que j’avais en eux, ils ne m’avaient jamais vue ainsi. Eux aussi, croyaient en mon masque. Pensaient que j’étais forte, confiante, et parfaitement à l’aise avec moi-même. Qu’avait donc ce mannequin pour me faire baisser mes gardes de cette manière ? Comment était-ce possible ? Ambroise avait lu en moi dès le premier instant. Il avait su qu’il y avait plus que cette armure que je m’étais construite. Et il avait voulu me connaître pour cela. Il avait donc prétexté que je devais le rembourser, que je devais réparer les dégâts que j’avais commis sur sa stupide veste. Et il m’avait invitée dans ce café. Il était entré dans mon jeu, il avait fait ce que j’avais voulu qu’il fasse. Et puis tout avait dérapé. Il m’avait jugée, sans me connaître. Alors qu’il n’était pas mieux que moi, sérieusement. Lui aussi avait un masque. J’avais pu l’apercevoir lors de notre conversation. Il s’était tout d’abord montré jovial, presqu’enthousiaste même, alors que nous parlions. Et en un claquement de doigts, il s’était montré froid comme la glace, me méprisant et me prenant de haut. En le voyant s’éloigner, j’avais cru tout perdre. Il était ma mission, il était la clé de mon rêve, et il m’abandonnait alors que j’avais pourtant tant besoin de lui. J’étais alors allée à sa suite, et j’avais craché tout ce que j’avais sur le cœur. Il était comme les autres. Il se croyait supérieur, il se croyait au-dessus de tout le monde, mais ce n’était pas le cas. Je pensais qu’il partirait alors, qu’il me laisserait, comme il l’avait si bien commencé. Comme les hommes de ma vie l’avaient fait, avant lui. Mais cela n’avait pas eu le cas. Il avait avoué que c’était pour cela qu’il avait eu envie de me revoir, pour rencontrer cette Linoä là. J’aurais pu l’envoyer balader. Après tout, malgré tout, il m’avait manipulé pour que je vienne le retrouver ici. Mais cela aurait été fort hypocrite de ma part. Puisque n’était-ce pas moi, qui le manipulais depuis le début ? Qui attendais quelque chose de lui ? Alors je l’avais emmené dans mon appartement, qui était aussi faux que moi. Et j’avais commencé à parler, ou plutôt à répondre aux questions qu’il me posait. Et après une pause que j’avais bien mérité, je lui racontais tout, depuis le moment où j’avais appris que j’étais enceinte, jusqu’à l’obtention de mon diplôme et de ma bourse pour Columbia.

Mais j’en avais bien assez dit, je m’étais assez confiée. C’était son tour, maintenant. Il me devait bien ça, non ? Mais avant, je m’excusais pour ma réaction. Même si c’était ce qu’il avait voulu, même si, justement, il avait voulu me connaître, sans jeu, sans mensonge, sans faux semblants. Il ne s’attendait probablement pas à ça, je m’en doutais. Je caressais donc lentement le dos de sa main de mon pouce, sans vraiment m’en apercevoir. « Au moins cette fois, vous n’avez pas ruiné ma veste... soyons positif. » murmura-t-il. Je baissais les yeux, avant de murmurer à mon tour. « Et moi qui croyais avoir bien fait d’avoir trébuché et de m’être rattrapée à vous. » Je fis un petit sourire triste, en replantant mon regard dans le sien. Je ne savais même plus de quoi je parlais. Avoir bien fait pour lui, parce que son couturier l’adorait à présent et que, grâce à moi, une nouvelle tendance avait été lancée ? Avoir bien fait parce qu’il avait eu envie de me revoir, d’apprendre à me connaître ? Avoir bien fait pour mon plan, tout simplement ? Je n’en savais rien. Vu l’état dans lequel je me trouvais, je me doutais d’avoir bien fait, finalement. J’étais faible, j’étais monstrueuse, je ne ressemblais plus à rien. Comment pourrait-il tomber amoureux de moi, à présent ? Comment pourrait-il m’accorder sa confiance absolue, faire de mon sa confidente, son amie, son amante ? Je faisais moins la fière, à présent, c’était certain. Je tâchais de reprendre un peu contenance en buvant une gorgée de vin. Moi qui n’avais jamais eu l’alcool triste, pourtant. Puis j’indiquais que c’était son tour. A lui de me parler, maintenant. A lui de se confier à moi. « Que voulez-vous savoir ? » me demanda-t-il alors. Pour dire vrai, jen’en savais rien. Je soupirais lentement, pas certaine de vouloir continuer ce jeu, pas certaine que cela en valait le coup. Il semblait différent de ce que j’avais cru. Peut-être qu’il ne méritait pas ça, finalement. Comme un automatisme, je recaressais sa main de mon pouce, plus tendrement que je ne l’aurais cru. Puis me reconcentrais sur l’essentiel. Je ne le connaissais pas, il n’était rien pour moi. Enfin si, il était quelque chose. Quelque chose de très important, même, trop important. Il était la clé de ma réussite, la clé de mon succès à Vogue Magazine. Et tout ceci n’était qu’un jeu, après tout. « Votre masque. » commençais-je doucement. « Qu’est-ce qui vous a poussé à devoir en porter un ? Qu’est-ce qui fait que vous devez vous protéger des autres, vous aussi ? » finissais-je par lui demander. Peut-être aurais-je dû planquer des micros dans mon appartement, histoire de tout enregistrer. Je fronçais des yeux à cette pensée en réalisant que, peut-être, cela attendrait une prochaine fois. Aujourd’hui, il était question d’honnêteté, après tout. Et vue comment je m’étais confiée à lui, vu tout ce que je venais de dire, vu l’état dans lequel je me trouvais … je doutais qu’enregistrer notre conversation aurait été une si bonne idée que ça. Je me demandais ce qui allait se passer, à présent.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 8 Fév - 18:45


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Elle s’était confiée et j’en étais le premier surpris, je ne pensais pas qu’elle pourrait autant en dire d’elle-même à un inconnu. J’avais le sentiment de l’avoir mal jugé pourtant, je savais qu’elle me cachait quelque chose. Mais cela avait-il de l’importance désormais ? Chacun de nous gardait des secrets et j’avais l’impression qu’un mur s’était effondré, qu’elle ne me cachait rien de primordial, qu’elle s’intéressait à moi, assez en tout cas pour accepter d’être franche, de baisser ses défenses. Cela avait plus d’importance que ce qu’elle cachait, tout du moins je ne me sentais pas alarmé par cette part de secret qu’elle gardait à mon égard. Je ne pourrais pas tout lui dire, certains secrets dans ma vie ne m’appartenaient pas. Les circonstances de la naissance d’Ebba, celle de la venue au monde de Camilya. Certains secrets n’étaient pas les miens, ne le seraient jamais. Je ne pouvais me confier sur ces points-là mais je tacherai d’être le plus honnête possible dans le reste de mon histoire. Elle avait fait preuve d’une franchise et d’une vulnérabilité qui me faisait espérer autre chose d’elle... Elle avait su gagner mon respect et ma confiance. Bien que je l’eu mal jugé au départ. J’avais le sentiment qu’elle aussi révisait son jugement à mon égard. Qu’elle était désormais consciente que j’étais loin, très loin du cliché du mannequin. Je n’étais pas qu’un cintre, je portais un regard très critique sur mon métier et pourtant, il était rare que je ne joue pas le rôle qu’on attendait de moi. C’était plus facile ainsi. Tellement plus simple et cela permettait de faire facilement le tri. Les inconvénients de porter un nom tel que le nôtre. « Et moi qui croyais avoir bien fait d’avoir trébuché et de m’être rattrapée à vous. » Il y avait chez elle une vulnérabilité qui me troublait, loin de l’image de la femme forte qu’elle projetait, j’appréciais qu’elle tombe ainsi ses défenses face à moi. J’appréciais son indépendance, sa force de caractère mais aussi cette part d’incertitude, de timidité presque. « Je suppose que l’on pourrait y voir une bonne initiative aujourd’hui. » J’ajoutais, l’ombre d’un sourire jouant sur mes lèvres. Même si elle avait eu une attente ce soir-là, comme la plus part des gens qui m’abordaient. Nous en étions loin désormais. En me parlant d’elle, de ses secrets, de son passé, elle avait fait basculer notre relation vers un autre chapitre. Cette rencontre avait été une bonne surprise finalement. Même si je n’étais pas certaine qu’elle aboutisse sur quelque chose. Je ne me posais pas la question. A dire vrai, pour la première fois depuis longtemps j’avais lâché prise sur le court des évènements, je me laissais porter par le moment. J’avais rarement des moments de faiblesses en dehors du cercle familial, là encore je n’étais pas certain de m’être un jour laissé totalement aller avec mes sœurs. Pour elles j’avais des secrets, personne ne connaissait réellement Ambroise Alinovitch, pas même moi. Ebba m’avait dit que je devais apprendre à me connaître et elle avait raison. J’avais promis de répondre à ses questions mais je me demandais si je détenais toutes les réponses sur moi-même, si je n’étais pas en train de découvrir ma vérité, chaque jour un peu plus. Sa main effleurait toujours la mienne, son pouce remontant le dos de ma main. Geste machinal, dont elle avait à peine conscience mais qui signifiais quelque chose pour moi. Elle ne me semblait pas de celle qui touche sans conséquence, elle ne semblait pas être tactile et je le comprenais mieux depuis qu’elle avait parlé de ce qu’elle avait vécu. Alors cela avait de l’importance, cette caresse machinale, preuve qu’elle était en confiance. Avec moi. « Votre masque. Qu’est-ce qui vous a poussé à devoir en porter un ? Qu’est-ce qui fait que vous devez vous protéger des autres, vous aussi ? » Une question intéressante. Je pris le temps d’y réfléchir, comment expliquer ce qui était devenu un réflexe instinctif, une manière d’être et de survivre dans ce milieu. « J’ai commencé ma carrière à l’âge de trois ans. Ma mère était mannequin, ses grossesses et mon père l’ont forcé à mettre un terme à sa carrière. Mais en nous voyant ... Elle a compris que nous avions un plus grand potentiel que le sien. D’abord ma sœur aîné, puis Solanà et moi, des jumeaux ... Une vraie manne pour des publicistes. J’ai très vite compris que ces gens attendaient quelque chose de moi mais aussi que j’avais une autre responsabilité que mes sœurs ... mon père attendait un héritier, ma mère lui avait donné deux filles mais il désirait un fils... Pour reprendre son entreprise. » Je lui expliquais, passant une main nerveuse dans mes cheveux. « Il me laissait à ma mère, il lui laissait nous entrainer, nous trouver des contrats, tant que cela n’empiétait pas sur notre éducation ...Je n’aime pas ce que je fais ... Ce métier. » Puisqu’il fallait être honnête, autant aller jusqu’au bout. « Vous avez dû le comprendre ce soir-là... Quand j’ai parlé de n’être qu’un cintre... C’est à treize ans que j’ai commencé à m’entourer de cette façade de froideur, d’arrogance, c’était ce qu’on attendait de moi, une image parfaite, lisse, une moue boudeuse, un regard arrogant. » Je soupirais. « Si vous ne vous protégez pas, ils prendront tout, la moindre parcelle de votre être, la moindre étincelle, la moindre passion... Je voulais garder pour moi celui que j’étais. Je ne voulais pas être comme ces mannequins vieillissant que nous croisions au gré des shooting. Ils avaient tout donnés et ensuite, ils n’étaient plus rien, que des images froides sur le papier des magazines. » Je jouais machinalement avec les doigts de la jeune femme, plutôt que de martyriser mes cheveux. Je n’étais pas à l’aise, je n’avais pas l’habitude de parler de moi. « Je vous ai dit que j’étais diplômé de Columbia... Il y a aussi Yale, NYU et Cornell ... A chaque instant de libre, j’étudie... Entre les shooting, durant les voyages en avion, lors des défilés. Je ne veux pas être que cela, un mannequin, une image froide. Mais je ne pouvais pas être un autre jusqu’à présent... Je le devais. » Ma voix n’était plus qu’un murmure alors que remontait les souvenirs de ce qui était arrivé à ma sœur, ce qui aurait pu arriver à Solana, ce qu’avait fait mes parents à notre famille.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 8 Fév - 19:44

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


On dit que lorsque les choses que l’on sur le cœur finissent par sortir, on se sent beaucoup mieux. On dit qu’une fois les paroles prononcées, les pleurs coulés au même rythme que les mots, on se sent détendu, apaisé. Ce n’était pas mon cas. Je venais de me confier auprès d’un parfait inconnu. Auprès d’un homme que, quelques heures plus tôt, je méprisais de tout mon être. Un homme qui m’avait donné des pulsions violentes, presque meurtrières. Que j’avais eu envie de claquer, de frapper, et cela bien plus d’une fois depuis que nous nous étions rencontrés. Et pourtant, je n’avais pas pu le laisser partir. Pas comme ça, pas si vite. Pas alors que j’étais si proche de réussir. Pas alors que j’avais ce besoin viscéral de lui. Sans lui, je redeviendrais celle que j’avais toujours été. Une paria, une ratée, une misérable. Misérable. J’avais l’impression de l’être à présent, mais pour d’autres raisons. Parce qu’il avait eu ce pouvoir sur moi, parce que je l’avais laissé m’atteindre. Parce qu’il avait réussi à me faire parler, à me faire rompre mon masque, mon armure. Eux qui m’avaient pourtant si bien protégée, toutes ces années. Eux qui m’allaient si bien, pourtant. J’avais envie de redevenir moi-même. De ne plus me sentir si faible, si pathétique. Mais malgré toute ma bonne volonté, ma plus grande blessure venait de s’ouvrir, et je ne savais combien de temps je mettrais pour me sentir moi-même de nouveau. Et dire que tout cela avait commencé par une simple bousculade. Si l’on m’avait dit que cela se finirait ainsi … Que je finirais ainsi, dans cet état … Il était fort probable que j’aurais reculé. Que j’aurais attendu qu’une autre opportunité de faire mes preuves ne se présente à moi. Au lieu de foncer tête baissée, si sûre de moi. Mais personne ne m’avait prévenue. Et comme toujours, je devais assumer mes erreurs, à présent. « Je suppose que l’on pourrait y voir une bonne initiative aujourd’hui. » répondit-il, me faisant lâcher un petit sourire. Pas un sourire faux, ni même calculé. Un vrai. Ce qui était étrange, d’ailleurs. Il était rare que je souris réellement. Même en présence de mes amis, j’avais toujours tendance à me retenir, à tenter d’en laisser le moins paraître possible. Même s’ils étaient les seuls à pouvoir se vanter de m’arracher des rires francs, de me changer les idées. Je me mordis la lèvre inférieure, continuant de le détailler. « Dois-je encore m’en excuser ou suis-je pardonnée, Monsieur Alinovitch ? » tentais-je dans un sourire en coin, même si le cœur n’y était pas vraiment. Je doutais qu’il apprécie, de toute façon, même si j’imaginais qu’il pourrait comprendre que j’en avais besoin. Après tout ce que je venais de lui dire, tout ce que je lui avais confié, il était normal que je veuille récupérer un peu le contrôle de moi-même, non ? Même si j’en étais encore réellement loin, au vu de comment mes doigts caressaient sa main. Ce simple geste ne me ressemblait pas. Je n’étais pas du style tactile, du moins pas avec des gestes si … intimes. Si peu moi. Et pourtant, en cet instant, cette proximité me faisait du bien, sans que je n’arrive à l’expliquer. La fatigue, probablement.

C’était son tour de parler à présent. Cela me laisserait un moment de répit. Un moment où je pourrais l’observer, l’épier presque. Apprendre à le connaître, à tout connaître de lui. Parce que, n’était-ce pas là mon plan ? N’était-ce pas ma mission ? Le charmer, le faire se confier à moi. Je commençais par lui demander les raisons de son masque à lui. Ce qui l’avait poussé à devenir ainsi, à devoir se protéger des autres. Est-ce qu’il y avait une raison précise ? Une semblable à la mienne ? Il commença par me parler de sa mère, du début de sa carrière. De son père, aussi. De ses sœurs. De comment il en était devenu à être mannequin. Une profession qui, j’en étais maintenant sûre, ne lui allait pas vraiment. J’aurais réellement dû penser à poser des micros dans mon appartement. Tout ce qu’il disait était ce que j’avais attendu. Il me parlait de sa carrière, de pourquoi il était mannequin, pourquoi il faisait ce métier. N’était-ce pas sur ça que mon article devait avoir lieu ? Mais je n’étais même pas en état de retenir tout ce qu’il me disait. J’aurais beau, plus tard dans la soirée, tenter de mettre par écrit ce qu’il me confiait, je n’y arriverais pas. Tout simplement parce qu’en ce moment, cet instant précis, je m’en moquais. Ce qu’il me disait, ce n’était pas ce que j’attendais. Je me moquais de ce qui l’avait poussé à devenir mannequin. Je me moquais de l’âge où il avait commencé à porter un masque. Je voulais connaître les raisons de ce masque. Pas à quel moment c’était arrivé. Je baissais la tête, presque déçue. Je le laissais jouer avec mes doigts, pourtant, l’y encourageant même sans réellement m’en rendre compte. Mais j’étais déjà perdue, déjà ailleurs. J’avais tout simplement du mal à me détacher de mes propres souvenirs. A ne plus penser à ma vie d’avant, à Sören ou à mes parents. Ils me manquaient. Tous. Sören en particulier. Je n’aurais pas dû me laisser aller à ce point-là aujourd’hui. Le retour à la réalité n’en serait que plus douloureux. Le point positif d’avoir un masque, de porter une carapace, c’était que je pouvais ignorer ces sentiments douloureux qui me prenaient lorsque j’y pensais. Mais à présent, la plaie était béante, et je ne pouvais m’empêcher de laisser mes pensées naviguer vers des pensées qui étaient si peu plaisantes pour moi. Qu’est-ce qu’il devenait ? Est-ce qu’il avait eu la vie qu’il méritait ? Est-ce qu’il était heureux, sans moi ? Une larme coula sur ma joue, à cette pensée. Si le mannequin me regardait, il n’y comprendrait probablement rien. Parce que ce n’était clairement pas ce qu’il avait pu me dire qui me mettait dans cet état. Après tout, il n’avait rien dit. Il ne s’était pas confié. Il ne m’avait pas parlé de lui. Ou du moins, pas assez en profondeur. Pas comme moi je l’avais fait. « Je vous ai dit que j’étais diplômé de Columbia... Il y a aussi Yale, NYU et Cornell ... A chaque instant de libre, j’étudie... Entre les shooting, durant les voyages en avion, lors des défilés. Je ne veux pas être que cela, un mannequin, une image froide. Mais je ne pouvais pas être un autre jusqu’à présent... Je le devais. » reprit-il dans un murmure. Je lâchais un long soupir, lasse. Et je donnais une autre caresse sur la paume de sa main, encore, avant de croiser mes doigts avec les siens. « Vous n’avez pas répondu à ma question. » annonçais-je d’une petite voix, laissant mes doigts reprendre le fil de leur jeu qu’ils aimaient tant à présent. « Qu’est-ce qui s’est passé ? Ce que vous dîtes … J’aurais pu le trouver dans un journal. Peut-être pas à propos de vous … mais il doit en regorger pleins à ce sujet, sur votre sœur par exemple. » reprenais-je en reportant mon regard sur lui. En détaillant les traits de son visage, avant que mes yeux reprennent contact avec les siens. « Dimitri … C’est votre prénom non ? Votre vrai prénom ? » lui demandais-je en me mordillant la lèvre de gêne. « Après l’incident de la soirée, je me suis renseignée sur vous … » lui expliquais-je dans un petit sourire, sincère. Ce n’était que la vérité, après tout. « Pourquoi avez-vous voulu changer ? Pourquoi avez-vous voulu vous protéger ? Et cela ne peut pas être à cause d’une mère qui vous pousse dans le métier et un père qui aimerait vous contrôler … » Je marquais une pause, pas vraiment certaine de devoir continuer. Peut-être que c’était trop tôt pour ça. Peut-être qu’il n’était pas prêt, tout simplement. Mais il me l’avait promis. Il m’avait promis que si je me confiais à lui, que si je m’ouvrais, il le ferait aussi. Et je voulais connaître la vérité. Il me la devait bien, non ? « J’ai dû apprendre à me protéger parce que j’étais seule, que toutes les personnes que j’aimais me tournaient le dos. » reprenais-je, avant de sentir une larme couler sur ma joue. « Qu’est-ce qui a fait que vous avez dû vous protéger ? » réitérais-je ma question.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Dim 8 Fév - 21:27


Le Diable s'habille en Prada
Linoä & Ambroise
Je découvrais qu’il était bien moins aisé de parler de soi que d’écouter. Il était difficile de mettre des mots sur ce qui avait fait de moi celui que j’étais. Difficile car je peinais moi-même à comprendre les choix que j’avais pu faire durant mon adolescence. Ebba m’avait dit quelque chose de juste à ce sujet, que je m’étais attribué un rôle qui n’était pas le mien, un rôle dans lequel je m’étais réfugié pour éviter d’avoir à découvrir qui j’étais. Enfin, elle avait dit quelque chose dans ce goût-là. J’avais très mal vécu ce qui était arrivé à mon aînée, j’avais souffert de son départ, de l’absence de Lucie, de l’attitude de nos parents. Et pour punir mon père de sa lâcheté je m’étais pénalisé en arrêtant mes études, j’avais renoncé à quelque chose qui m’épanouissait vraiment. Pas seulement pour le punir mais aussi pour veiller sur Solanà, pour ne plus jamais qu’elle dépende uniquement de notre mère. Ma mère n’avait pas su protéger Nastazià... c’était mon rôle en tant que frère de veiller sur elle. J’avais appris à brider mes propres désirs pour la rendre heureuse, mes sœurs étaient ce que j’avais de plus précieux. Etre séparé d’elle était ce qui me faisait le plus de mal. J’existais pour cette famille, par cette famille, elle était le centre de mon univers, ce qui me permettait de rester « équilibré ». J’avais été profondément affecté par ce qui était arrivé à ma sœur, par la culpabilité de ne pas avoir été là, de ne pas l’avoir protégé, de ne pas avoir pu empêcher qu’elle souffre. Toute ma vie je n’avais eu que Nastazià et Solanà, la seule famille qui comptait, celles qui ne me demandaient rien pour m’aimer. Mes sœurs. J’avais pris sur moi la disgrâce de ma sœur, j’avais éprouvé des remords pour ne pas avoir été là, pour ne pas avoir compris que ma mère ne la protégerait pas efficacement. Je m’en étais voulu de ne pas avoir été là mais plus encore ... D’avoir été heureux d’être séparé de mes sœurs, de la mode, de ma mère pour être placé en pension, pour recevoir une éducation plus poussée, d’être arraché à ce milieu superficiel où je ne me sentais pas à ma place. Tout avait changé lorsqu’elle avait été mis au ban de notre existence. J’avais culpabilisé de ne pas avoir été là, d’avoir souhaité resté au pensionnat plutôt que de rentrer chez moi ce jour-là... Je ne m’étais jamais pardonné de ne pas avoir prévu ce qui s’était produit. Pourtant je n’avais jamais regretté la venue au monde de Camilya. Jamais. « Vous n’avez pas répondu à ma question. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ce que vous dîtes … J’aurais pu le trouver dans un journal. Peut-être pas à propos de vous … mais il doit en regorger pleins à ce sujet, sur votre sœur par exemple. » Elle avait raison je n’avais pas répondu à sa question. Mais le pouvais-je ? Le pouvais-je sans lui révéler une vérité qui ne m’appartenait pas ? Ma vie était intimement liée à celle de ma famille, elle l’avait toujours été, sauf ses quatre années où j’étais en pension. Loin d’elles. Ses quatre années durant lesquels Nastazià avait été instrumentalisée, où on l’avait fait paraitre plus vieille, plus sexuelle, jusqu’à ce qu’un homme abuse d’elle. J’eu un petit rire amer. « Il ne faut pas croire tout ce que l’on lit sur nous dans les magazines. » Après la mort de Camilya les journaux avaient regorgés de saloperies sur ma famille. Marilys nous avait été enlevée. Certes elle avait été confiée à Lucie mais ... Là encore j’avais échoué à protéger mes sœurs, ma sœur d’elle-même, de la drogue. De ses parasites qui profitaient de son chagrin. Je jouais avec ses doigts comme pour exorciser mon angoisse, les regrets qui remontaient à la surface. « Dimitri … C’est votre prénom non ? Votre vrai prénom ? Après l’incident de la soirée, je me suis renseignée sur vous … » Dimitri, cela faisait longtemps que personne ne m’avait appelé comme cela. Mon père avait choisi ce prénom pour moi. Ma mère avait choisi Ambroise. Lorsque j’avais décidé de ne plus être l’héritier de mon père ... Je n’avais plus été Dimitri. « Dimitri Ambroise Alinovitch. » Murmurais-je.  « Pourquoi avez-vous voulu changer ? Pourquoi avez-vous voulu vous protéger ? Et cela ne peut pas être à cause d’une mère qui vous pousse dans le métier et un père qui aimerait vous contrôler … J’ai dû apprendre à me protéger parce que j’étais seule, que toutes les personnes que j’aimais me tournaient le dos. Qu’est-ce qui a fait que vous avez dû vous protéger ? » Je soupirais et passait une nouvelle main nerveuse dans mes cheveux. Il était difficile de parler de tout cela. D’accepter ce que j’étais devenu, pourquoi j’étais devenu cet homme. Pourquoi. « Parce qu’il n’y avait personne pour les protéger. Personne pour s’assurer que nous étions en sécurité, que nous ne risquions rien. Personne pour s’assurer qu’aucun photographe ou styliste ne profiterait de moi, d’elles. Nous devions toujours paraitre plus vieux, plus sexy, plus débridés ce que nous étions et nous y parvenions. Personne pour nous protéger de l’alcool, de la drogue, des mauvaises fréquentations. Vous avez vu les journaux... vous avez lu ce que l’on dit de mes sœurs. De Nastazià et de la drogue, de Solanà et de ses crises de rage.... Il n’y avait personne pour prendre soin de nous. Nastazià s’est retrouvé enceinte à quinze ans, mes parents ... Ils l’ont mis à la porte. Il fallait que l’un de nous... Je devais les protéger. Il fallait que je sois quelqu’un d’autre, que je paraisse être quelqu’un d’autre... Pour éloigner les parasites, pour prendre soin d’elles. C’était mon rôle. C’est mon rôle.... Tout le monde attend quelque chose de nous. Un autographe, une partie de jambe en l’air à vendre au média, une confession qu’ils pourront exploiter. Nous gravitons entourés de parasites... C’est le seul moyen de me protéger de cela, de leur besoins, pour être celui que je dois être. Pour veiller sur ma famille. »

electric bird.
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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞ Mar 10 Fév - 18:06

ambroise & linoä

❝ act 1. the meeting ❞


J’avais eu énormément de mal à parler de moi, à raconter mon histoire. Cela avait toujours été le cas, d’ailleurs. Et me confier de cette façon, à cœur ouvert, n’aidait pas. Même à mes meilleurs amis, je ne leur avais jamais parlé ainsi. Je devais bien avouer que cela me faisait peur. Comment avait-il réussi cela ? Comment avait-il réussi à lire si bien à travers moi, et à me mettre autant à découvert ? Est-ce que je ne jouais pas à un jeu dangereux, avec lui ? C’était fort probable. Mais je n’avais jamais abandonné. J’avais toujours fait ce qu’il y avait de mieux pour moi, pour réussir. Et cela ne changerait pas aujourd’hui. Même si je pourrais me brûler les ailes dans cette histoire, même s’il était fort probable qu’il s’agisse d’une pente très glissante. Ce n’était pas l’important. L’important, c’était mon futur au sein du magazine. Et je voulais donc qu’il me parle. Pas forcément pour ce futur article, justement. Après tout, je n’étais pas vraiment en état de retenir tout ce qu’il me dira, et j’avais eu la mauvaise idée de ne pas penser à mettre des micros dans mon appartement. Ce sera pour la prochaine fois. Non, il avait promis qu’une fois que je me serais confiée à lui, qu’une fois que je lui aurais tout dit, il le ferait aussi. Et ce qu’il venait de me dire … Non, cela ne justifiait pas le masque qu’il possédait. Cela n’expliquait pas pourquoi il avait besoin de se protéger. Et ce n’était clairement pas aussi intime que ce que j’avais pu lui dire. Après tout, j’aurais pu trouver tout ça dans mon propre magazine. « Il ne faut pas croire tout ce que l’on lit sur nous dans les magazines. » me répondit-il. « Je sais … » acquiesçais-je de la tête. Oh oui, je le savais bien. Que trop bien, même. Après tout, j’étais moi-même à Vogue Magazine et même si je n’avais pas encore gravi les sommets, je savais comment cela se passait. Les journalistes tentaient toujours de trouver les informations les plus graveleuses possibles, quitte à ruiner la vie des célébrités. Ils manipulaient la vérité à leur guise, sans se préoccuper du reste. Et je n’étais pas bien différente d’eux. Quoique moi, au moins, il ne s’agirait que de la vérité et de rien d’autre. Jamais je ne manipulerais la vérité dans mon futur article. Ce n’était pas mon but, pas mon rôle, et je ne voulais pas que cela le soit. Et si j’étais prête à le manipuler pour cela, ce n’était pas pour autant que je déformerais ce qu’il me dirait sur lui. Mais là, maintenant, ce n’était pas le plus important. Etrangement, d’ailleurs. Non, je voulais simplement qu’il tienne la promesse qu’il m’avait faite. Il avait changé de nom. Pourquoi ? « Dimitri Ambroise Alinovitch. » affirma-t-il dans un murmure. Après que je lui eus demandé. Mais il n’ajouta rien de plus, laissant son murmure s’installer dans mon appartement pourtant déjà si silencieux. Je réitérais donc mes questions, espérant en même temps que je ne le brusquerais pas. Mais ma voix était douce, et cela se voyait que je ne lui passais pas un interrogatoire. S’il avait su quelle était ma mission, il aurait également vu qu’il ne s’agissait pas de ça en ce moment. Je voulais simplement qu’il se confit à moi, comme je l’avais fait avec lui. Et c’était dur, très dur. Je le savais, je venais de le vivre. Parler de soi, qui plus est à un parfait inconnu … Briser son armure, s’ouvrir à l’autre. Il n’y avait rien de plus difficile que cela.

Et pourtant, je voyais qu’il allait le faire. Qu’il allait enfin me parler, et réellement, cette fois. Je le voyais à son tic, à sa main qu’il passait nerveusement dans ses cheveux. Alors je renforçais la prise de ma main sur la sienne, espérant l’encourager. Cela dût marcher, vu qu’il commença. « Parce qu’il n’y avait personne pour les protéger. Personne pour s’assurer que nous étions en sécurité, que nous ne risquions rien. Personne pour s’assurer qu’aucun photographe ou styliste ne profiterait de moi, d’elles. Nous devions toujours paraitre plus vieux, plus sexy, plus débridés ce que nous étions et nous y parvenions. Personne pour nous protéger de l’alcool, de la drogue, des mauvaises fréquentations. Vous avez vu les journaux... vous avez lu ce que l’on dit de mes sœurs. De Nastazià et de la drogue, de Solanà et de ses crises de rage.... Il n’y avait personne pour prendre soin de nous. Nastazià s’est retrouvé enceinte à quinze ans, mes parents ... Ils l’ont mis à la porte. Il fallait que l’un de nous... Je devais les protéger. Il fallait que je sois quelqu’un d’autre, que je paraisse être quelqu’un d’autre... Pour éloigner les parasites, pour prendre soin d’elles. C’était mon rôle. C’est mon rôle.... Tout le monde attend quelque chose de nous. Un autographe, une partie de jambe en l’air à vendre au média, une confession qu’ils pourront exploiter. Nous gravitons entourés de parasites... C’est le seul moyen de me protéger de cela, de leur besoins, pour être celui que je dois être. Pour veiller sur ma famille. » Mon cœur battait à tout rompre et j’avais l’impression qu’il allait s’échapper de ma poitrine. Je caressais, par réflexe, sa main, de nouveau, comme si cela pouvait me retirer cette affreuse boule qui venait de prendre place au creux de mon estomac. Je sentis une larme couler sur ma joue, et l’essuyais rapidement. Pourquoi je me sentais ainsi ? Qu’est-ce qui se passait ? « Je suis désolée … » m’entendais-je lui dire. « Je … » Je tentais de reprendre, mais les mots ne parvenaient pas à sortir. Si lui était peut-être comme les autres hommes dont j’avais eu besoin, il était certain que j’étais exactement comme les personnes qu’il venait de décrire. Je baissais la tête, ne comprenant pas ce qui m’arrivait. Qu’est-ce que j’en avais à faire, d’être comme toutes les autres ? Je m’en moquais, il n’était rien pour moi. Mais je le regardais, je voyais sa détresse. Puis je revoyais mes parents me claquer la porte au nez. Mon ex petit ami me rire au nez. Et lui, me suivant jusqu’à chez moi, sans me laisser. Je déglutis lentement puis je baissais la tête, et lâchais sa main. « J’ai renversé l’amuse-bouche exprès … Je … Je voulais qu’on se revoit. » Je détournais le regard avant de me passer une main sur le visage, puis secouais lentement la tête. « Je suis désolée … C’est stupide. Je suis vraiment désolée … » m’excusais-je, en pensant étrangement chacun des mots que je disais. Est-ce que j’allais lui dire la vérité ? Non, je ne le pouvais pas. « J’avais besoin d’inspiration et … Je sais pas, lorsqu’on m’a invitée à ce gala, j’ai pensé que ça pourrait me la donner. Et … Je vous ai vu, j’ai été intriguée … Puis voilà … » Je soupirais lentement. Ce n’était pas la vérité, mais c’était ce qui s’en rapprochait le plus. Je lui fis un sourire triste, sincère, avant de le regarder rapidement, essayant de déchiffrer les traits de son visage. « J’imagine que je suis comme les parasites dont vous parlez. C’est à cause de personne comme moi que vous portez votre masque, que vous vous protégez … » Je baissais de nouveau la tête, coupant tout contact visuel avec lui, avant de lâcher un autre soupir. « Je suis désolée … Je comprendrais si vous voulez partir … Même si je ne l’espère pas …  » tentais-je, espérant finalement qu’il reste et ne me laisse pas ainsi.

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MessageSujet: Re: ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞

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ambroise & linoä ❝ act 1. the meeting ❞

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