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bailey & juliette ~ quietude

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MessageSujet: bailey & juliette ~ quietude Dim 30 Nov - 22:08

quietude
bailey ∞ juliette

Juliette sortit de la bouche du métro, releva le col de son manteau, se plaça au bord d’un passage piéton et attendit patiemment que le feu passe au vert. De l’autre côté de la rue, se trouvait le but de son expédition dans le Queens. C’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans ce quartier depuis son arrivée à New York. Cela faisait pourtant un peu plus d’un an qu’elle était arrivée dans la Grosse Pomme, mais jusqu’à présent, Juliette était restée cantonnée à Manhattan, avec quelques incursions à Brooklyn. Mais les autres boroughs restaient un mystère pour elle. Cependant, la jeune femme avait décidé de sortir de sa zone de confort. Les voitures s’étaient arrêtées. Juliette traversa la rue, leva les yeux et lut « Calvary Cemetery ». Elle retint son souffle tout en passant la grande grille de l’une des entrées du cimetière.

Son père lui manquait atrocement, voilà la raison de sa présence en ces lieux, ce jour-là. Comme Juliette ne pouvait pas se rendre sur sa tombe, elle avait décidé de se recueillir quand même et elle s’était dit que rien de mieux qu’un cimetière pour ce faire. Elle avait ouvert un guide de New York et son choix était tombé sur celui-ci, l’un des plus anciens de New York et qui abritaient plus de trois millions de sépultures. Le chiffre donnait le tournis à Juliette – c’était plus de deux fois la population de l’Île Maurice d’où elle était originaire ! Elle s’avança respectueusement dans l’allée. Pendant plus d’une heure, la jeune femme parcourut les chemins soigneusement entretenus, s’arrêtant de temps en temps pour lire une stèle, souriant brièvement aux mots gravés dans le marbre, sentant son cœur se serrer à la vue des tombes blanches qui indiquaient la présence d’un enfant. Elle s’imprégna de la quiétude de l’endroit – quiétude toute relative, bien entendu, quand on se trouve dans un lieu coincé au milieu d’une ville comme New York. Mais il se dégageait du cimetière une sérénité qui n’était pas pour déplaire à Juliette.

Au milieu d’un des croisements des allées, se trouvait un chêne, dont Juliette devinait à sa taille et sa largeur qu’il avait certainement dépassé les 100 ans. Elle s’adossa contre lui et regarda au loin la skyline de Manhattan qu’on apercevait et le soleil qui descendait doucement sur l’horizon. La jeune femme savait qu’elle ne devrait pas tarder à quitter les lieux, la nuit tombant vite à New York, surtout à cette époque de l’année. Et elle avait promis à Lawrence d’éviter de se retrouver seule dans les rues de la ville quand il faisait sombre. Juliette sourit. Parfois, elle se demandait si son grand frère se rendait compte qu’elle avait 20 ans. Songer à Lawrence ramena inexorablement ses pensées à son père et elle sentit une boule se former dans sa gorge. Elle avala sa salive et d’un geste de la main, essuya les quelques larmes qui lui montaient aux yeux. Elle n’était pas venue là pour se morfondre, au contraire ; elle était venue pour communiquer d’une certaine façon avec son père. Si elle ne croyait pas aux histoires de revenants et de spiritisme – sa naïveté avait ses limites – parfois, elle voulait juste croire que son père veillait sur elle. Elle leva la tête vers le ciel qui avait pris une jolie teinte orangée et sourit. Un instant, elle ferma les yeux.

Au loin, les cloches d’une église sonnèrent cinq heures. Juliette soupira et rouvrit les yeux. Il était temps de rentrer, sinon, Lawrence allait se faire du souci. De toute façon, le cimetière fermait bientôt, elle le savait. Elle se détacha de l’arbre et remonta l’allée par laquelle elle était arrivée… du moins le croyait-elle. Car au bout d’un moment, elle se rendit compte qu’elle avait dévié de son chemin. Elle se retourna, regarda autour d’elle. Cette sculpture d’ange, elle était certaine de ne pas l’avoir croisée auparavant. Elle fit un tour sur elle-même, cherchant des yeux un panneau qui indiquait la sortie. Ok, Juliette, ne panique pas. Un cimetière de cette taille doit certainement avoir du personnel pour s’assurer que personne ne reste après les horaires d’ouverture… Non ? De nouveau, elle jeta un coup d’œil autour d’elle. Personne dans les allées. Juliette frissonna. Plus question de quiétude à cet instant. Elle accéléra le pas, tentant de faire abstraction des divers bruits inquiétants qui lui parvenaient. Soudain, quelque chose traversa le chemin devant elle – elle ne savait pas trop, un chat, peut-être. Elle poussa un petit cri, sursauta et bascula. Ses pieds rencontrèrent quelque chose de dur. La jeune femme tomba à genoux, se rattrapant avec les mains pour éviter de se retrouver le nez sur une tombe. Elle essaya de se relever, mais sa cheville droite lui faisait vraiment très mal. Et son genou gauche saignait. Forcément, ça ne pouvait arriver qu’à elle, pensa-t-elle. Juliette ravala les larmes qui lui montaient aux yeux et d’une voix qu’elle espérait assez forte, cria : « Quelqu’un peut m’aider ? » À la pensée des trois millions de morts qui l’entouraient et qui ne lui sauraient certainement pas d’un grand secours, elle éclata d’un rire nerveux sans pouvoir s’arrêter.
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