It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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bailey&alexander ~ hello, how are you ?

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MessageSujet: bailey&alexander ~ hello, how are you ? Sam 6 Sep - 14:33


Hello, how are you ?
AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

5 septembre, 23h34. Étalé sur le trottoir d'une rue de Queens, à presque minuit, voilà à quoi j'en étais réduit. Pathétique. Qu'est-ce qu'il m'était arrivé ? Oh, rien. J'avais passé la soirée à la recherche d'une dose, en vain. Ça faisait six jours que je n'avais rien pris. J'avais voulu voir combien de temps je pourrais tenir. Ce n'était pas la première fois que je tentais l'expérience. J'avais tenu deux jours de plus que la dernière fois, j'étais assez fier de moi. Mais faut pas exagérer non plus. Ce petit jeu sadique devait prendre fin. Je voulais une dose. J'étais près à faire n'importe quoi pour ça, y compris aller jusqu'à la prostitution. Qu'est-ce que je disais. Pathétique. Tout ça pour un malheureux gramme de coke. Une dose, voir même la moitié, n'importe quoi, mais de la coke ! Je ne savais même plus comment j'en étais arrivé à m'étaler par terre. La flemme de continuer à marcher, sans doutes. Je savais bien que cette rue était peu fréquentée, surtout à une heure si tardive. Donc je ne risquais de gêner personne. Et même si, par hasard, quelqu'un venait me déranger, ben tant pis pour lui. J'avais envie de boire. Ces derniers jours, j'avais remplacé la drogue par l'alcool. J'avais bien conscience d'être alcoolique... et aussi du fait que tout ça me tuait lentement... mais sérieusement, quand, une fois sobre, j'y avais réfléchi, j'avais trouvé que s'inquiéter pour de telles futilités était ridicule. Après tout, si la drogue, l'alcool, voir le tabac finissaient par me tuer un jour ou l'autre, j'aurais réussi à atteindre mon but. Me tuer. C'était une forme de suicide après tout, de continuer comme ça sans la moindre envie d'arrêter. J'avais le mérite d'être honnête : quand je ne me droguais pas tous les jours voir tous les deux jours, c'était soit parce que Billy était là trop souvent, soit parce que je voulais jouer à voir combien de temps je pourrais tenir. Parfois je faisais ça avec la coke, d'autres fois avec la cigarette ou l'alcool. Si, quelques jours auparavant – une semaine peut-être, je n'étais pas en état de réfléchir là... – l'alcool n'avait à nouveau pas eu l'effet attendu sur moi, je pouvais m'estimer heureux : j'avais retrouvé ce si merveilleux état de joie. Ah, qu'est-ce que je me sentais bien, si on omettait bien évidemment ce tel désespoir qui m'envahissait quand je pensais que je n'allais pas pouvoir avoir ma coke. Les symptômes de manque, j'avais beau connaître et avoir plus ou moins l'habitude, ce n'était pas pour autant agréable... C'était pas juste, aussi : on ne m'avait pas laissé boire assez. Oh, suffisament pour être saoul, mais pas assez pour ne plus réussir à parler facilement anglais. J'avais réussi sans trop de mal à faire du charme à la serveuse pour tenter de la convaincre de me resservir. Je n'aurais jamais dragué une quarantenaire en temps normal. Jamais, absolument jamais, en aucun cas. C'était comme la filleule de Dawson. Jamais, jamais, jamais je n'aurai laissé ce genre de choses se passer. Rien que d'y penser... Tiens, quel était ce bruit ? On dirait des bruits de pas. Quelqu'un se rapprochait ? Surprenant. Viens-là mon coco. Tu vas te démerder pour me ramener tout de suite de la coke. Et que ça saute. Toujours en comatant sur le trottoir, je tendis l'oreille. C'était un peu ma seule chance de ne pas mourir de manque, ce passant. Quoi ? Comment ça j'exagérais ? Du tout. Maintenant, restait à trouver comment faire pour qu'il remarque. En même temps que, grâce aux bruit des pas se rapprochant, j'appris qu'il s'apprêtait à passer devant – enfin, plutôt au dessus – de mes jambes, j'eus l'idée du siècle. Je levais l'une de mes jambes – faut pas me demander si c'était droite ou gauche, qu'en savais-je ? – de façon à le faire tomber. Un bruit résonna, je sus alors que mon plan diabolique avait fonctionné. La première étape en tous cas. Je ricanai d'un rire totalement débile, avant d'ouvrir les yeux afin de voir quelle tête avait ma victime. Dites-donc, il semblait plutôt riche ce type. Bien habillé en tous cas. « Et bien qu'est-ce qu'il t'arrive ? Ça s'habille bien mais ça boit tellement que c'est pas capable de marcher sans tomber. », dit alors la pure merveille qu'était Bailey Hollande, tout en étant allongé par terre sans doutes parce qu'à l'inverse de ce type qui avait trébuché contre quelque chose, il n'arrivait réellement plus à marcher. Ouais, c'est bien ce que je disais : pathétique.

© EKKINOX
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MessageSujet: Re: bailey&alexander ~ hello, how are you ? Jeu 11 Sep - 20:13

Hello, how are you ?
Bailey T. Hollande
feat.
Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Par où dois-je aller pour me rendre à l'appartement ? Je ne reconnais rien, je ne dois pourtant en être bien loin ! En cette sombre nuit de cinq septembre, voilà à peu de choses près les pensées qui trottaient dans l'esprit d'Alexander. Il marchait depuis une bonne demi-heure, mais aucune trace du bâtiment où il habitait. Il était aux alentours de vingt-trois heures vingt et il avait relativement hâte de rentrer chez lui. Oswald devait s'impatienter ou se demander où il était passé. Mais, après tout, il se moquait bien de ce que pensait ce stupide esclave, non ? Cependant, ce dont il ne se moquait pas, c'était de savoir où il était. Il avait toujours eu un bon sens de l'orientation, et se perdre n'était pas dans ses habitudes. Quoique, pouvait-on réellement dire qu'il était perdu ? Assurément que non. Comment aurait-il pu se perdre dans l'un des quartiers de New York City qu'il connaissait le mieux ? Il ne pouvait pas, voilà tout. Par conséquent, il n'était pas perdu ou égaré, ou quoique ce soit étant en rapport avec le fait d'avoir perdu sa localisation. Non. Il ne voyait tout simplement pas où il allait. Et c'était là le centre du problème. Déjà, en temps normal, cet endroit n'était pas formidablement éclairé. Mais, en plus, il fallait que la grande majorité du peu de lampadaires présents aient été endommagés par un orage récent ! Pour peu, il se serait cru malchanceux. Mais, il n'était pas de nature à croire à la chance ou à la bonne fortune. Alors il se dit juste que cette journée était particulièrement mauvaise et puis point barre. Ça avait commencé dans la matinée, quand il s'était rendu compte qu'il n'y avait plus de chocolat noir. Depuis le jour où il avait lu le journal intime d'Oswald ( cet affreux carnet ! ) et qu'il avait goûté au délicieux chocolat acheté par son petit valet, il avait commencé à en consommer souvent et plus que de raison. Qui aurait cru qu'il aimerait ça ? Mais, ce matin, plus aucun carré à se mettre sous la dent. Il avait dû se contenter de sa tasse de thé. Oh, bien sûr, il n'avait pas manqué de faire remarqué à Oswald qu'il aurait tout de même aller en racheter au supermarché ! Après tout, cela faisait parti de ses attributions. Pour l'instant, il considérait cet événement comme le plus tragique et contrariant de la journée. Mais il y en avait eu d'autres. Comme, par exemple, quand il s'était rendu compte dans l'après-midi qu'il était en train de regarder Oswald depuis une demi-heure sans discontinuer. Et il n'avait même pas eu la moindre idée sadique dans ce laps de temps ! Il avait juste été là, à le regarder, à apprécier le mouvement de ses cheveux lorsqu'il bougeait légèrement la tête ou à fixer ses lèvres, dont il pouvait presque sentir encore le goût sur les siennes. Franchement, après une demi-heure à contempler – car, présentement, c'était bien le terme approprié – cet idiot, ça lui avait fait un choc. Contrarié, il s'était levé et s'était dirigé machinalement vers les placards de la cuisine avant de se souvenir qu'il n'y avait plus de chocolat noir. Il s'était alors de nouveau emporté contre Oswald. Ça l'avait momentanément calmé. Et puis, il y avait repensé, et, dans les faits, ça le dérangeait. Car ce n'était pas la première fois qu'il sortait d'une léthargie contemplative de son petit valet. Ce garçon... C'était de sa faute. Stupide esclave ! Il avait décidé de penser à ça plus tard et était sorti.  À quoi bon se prendre la tête pour un sous-fifre ? Il n'allait pas en plus occuper ses pensées ! La sortie s'était plutôt bien passée, il n'avait tué personne. Mais, la soirée n'était pas finie... Et, apparemment, elle n'en avait pas l'intention pour encore un petit moment. Normalement, la nuit n'aurait pas dû être si sombre. La pleine lune était pour le mardi neuf et elle devenait de plus en plus visible à mesure que ce jour approchait. Mais de gros nuages menaçants la masquait, plongeant le quartier dans l'obscurité presque totale – exception faite de quelques endroits où les lampadaires avaient été miraculeusement épargnés. Par conséquent, lorsqu'une jambe sortie de nulle part se mit en travers de la sienne et que – ne l'ayant pas vue à temps – il perdit l'équilibre et tomba sur le sol, il tint l'obscurité pour responsable du fait qu'il n'ait pas vu l'obstacle. Il lui fallut moins d'une seconde pour que le fait que ce soit une jambe qui ait entravée sa course percute dans son esprit. Quelqu'un l'avait fait tomber. Un sombre et misérable idiot avait osé le faire tomber intentionnellement. Pire, la chose difforme étalée sur le sol se mit à ricaner. « Et bien qu'est-ce qu'il t'arrive ? Ça s'habille bien mais ça boit tellement que c'est pas capable de marcher sans tomber. » Il inspira une fois, à plein poumon. Puis, doucement, il expira tout aussi profondément. Il réitéra l'opération, mais ce fut pire encore. La colère s'emparait de lui, petit à petit, et quelques respirations contrôlées n'allaient pas l'empêcher de gagner tout son être. Il se releva, tout aussi lentement qu'il avait tenté de respirer, et s'interposa entre le seul lampadaire encore allumé dans la rue ( à quelques mètres de là ) et le misérable insecte devant lui, faisant planer son ombre menaçante sur le cadavre en devenir affalé sur le sol. Il le détailla une ou deux secondes, cette fois nullement gêné de ne pas être plus éclairé que ça. « Qui de nous deux est celui qui a tellement bu qu'il en est incapable de marcher ? Il s'agit de toute évidence de toi, misérable cloporte. Comment oses-tu te mettre ainsi en travers de ma route ? Es-tu saoul à ce point que la raison t'ait quitté ?! Non. Je pense plutôt que tu es profondément idiot. » Il se pencha en avant, saisissant la larve par le col. Un autre jour, peut-être l'aurait-il laissé allé. Mais après cette journée, il n'était pas particulièrement d'humeur magnanime. « Tu es répugnant ! Je devrais te faire regretter ton geste et te laisser là, comateux. Donne-moi une seule raison de ne pas le faire », siffla-t-il, le visage à cinquante centimètres de l'homme face à lui. Non, il n'était pas de nature à croire à la chance ou à la bonne fortune. Mais il se dit tout de même que cette journée aurait franchement pu être plus agréable.
© Gasmask


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