It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Astaria & Joey - A part of the main

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MessageSujet: Astaria & Joey - A part of the main Lun 25 Aoû - 2:02

Joey + Astaria
A part of the main
J’avais besoin d’être seule. Enfin, autant que je puisse l’être dans ces circonstances. J’avais besoin de quitter cet appartement, fuir cet homme qui, pour l’instant, concrètement, n’était autre que la cristallisation de tous mes problèmes. Je ne le blâmais pas pour une connerie qu’on avait faite à deux, mais... si, si, objectivement, je rejetais toute la faute sur lui. C’était plus simple ainsi, plus supportable aussi. Ce n’était ni juste, ni très mature, mais c’était mon droit ! C’était pas lui qui se retrouvait avec un truc dans le bide et une vie ruinée ! C’était pas lui qui allait subir ce parasitage, ce squattage du corps qui allait m’obliger à me transformer physiquement et mentalement. Ma vie était déjà en bordel mais c’était mon bordel à moi, pas celui de quelqu’un d’autre. J’avais un deuil à gérer, une expatriation à poursuivre, une carrière à déterminer, j’avais déjà des dizaines de lourdes tâches à accomplir. Mettre un enfant au monde n’avait jamais été au programme. Je ne gagnais même pas assez pour subvenir à mes propres besoins, pas assez pour payer un appartement, clairement pas assez pour manger, je n’étais pas mariée, même plus fiancée, et certainement pas avec le géniteur de ce pois chiche. Ça ne ressemblait en rien à tout ce que je n’avais jamais prévu. Parce que même si on prévoit pas, on se prend à imaginer, parfois, on se dit qu’un jour lointain, très lointain, oui, éventuellement, on aura des enfants, mais qu’ils seront désirés, mûrement réfléchi au sein d’un couple solide, enfin autant qu’un couple puisse potentiellement l’être. À quel moment une nana sans argent, sans appartement, sans mec, se retrouve enceinte d’un presque inconnu et décide que oui, tiens, et si on le gardait ? Parce que c’est qu’on avait décidé, ou plutôt ce que j’avais décidé. Mon corps, mon choix. Et mon choix s’avérait particulièrement débile avec du recul. J’étais pas pro-life ou autre connerie du genre, mais je ne me voyais pas simplement m’en débarrasser. J’avais déjà trop perdu. Bien trop. Sauf que, ma décision prise, elle devenait brusquement douloureuse, lourde à porter, et dans les rues humides de ces averses régulières, marchant au hasard, je remettais en question tout ce qu’on venait de se dire. J’avais pas craqué devant lui, j’avais hurlé, j’avais menacé, j’avais insulté aussi, pas mal d’ailleurs, mais je n’avais pas versé la moindre larme. J’avais été énervée, pas désespérée. Désormais seule, je l’étais. Totalement. Irrémédiablement. Intensément. J’avais besoin de quelqu’un. Pas n’importe qui sinon je serais simplement retourné voir Lawrence, mais quelqu’un face à qui je n’aurais pas à faire bonne figure. Pas Liliane non plus. Personne de ma famille, en fait, c’était trop tôt, et ils ne seraient jamais totalement objectif. Mon frère sauterait dans le premier avion pour NYC, et mon père...mon père enverrait des ninjas kamikazes pour arracher les couilles de Devaux, à la cuillère en plastique histoire de s’assurer que le message passerait bien. Non, j’avais besoin de quelqu’un de suffisamment extérieur pour ne pas me soumettre à une leçon de morale, mais pas trop extérieur non plus. J’avais besoin d’une épaule, d’un soutient. J’avais besoin d’être protégée de ces regards que je sentais ou imaginais peser sur moi. Le regard d’inconnus, de passants qui me dévisageant comme si, brusquement, quelque chose avait changé en moi. Comme si je n’étais plus tout à fait moi, plus complètement ordinaire. Pas extraordinaire pour autant, juste lamentable. Une épave déambulant sans but dans les rues d’un Manhattan où chacun se devait d’en avoir un, de but. J’avais besoin de quelqu’un, d’un proche, d’un très proche, de quelqu’un qui saurait qui je suis, de quelqu’un auprès de qui j’aurais pas besoin de me justifier, qui comprendrait sans que je n’ai a parler. Un quelqu’un qui n’existait pas forcément pour mon esprit, mais qui s’y matérialisa lorsque je relevais le nez pour constater que mes jambes m’avaient conduit jusqu’à lui. Pas exactement jusqu’à lui, mais plutôt jusqu’à ce quartier que je reconnaissais par bribes, comme dans un souvenir un peu embué. Je reconnaissais tout, et pourtant, ce même tout me semblait différent, comme pris d’un autre angle, d’une perspective étrange. Tout était froid, inodore, agressif... Il fallu encore que je me fasse bousculer plusieurs fois avant que je ne sorte de mon immobilisme et accélère le pas en tirant mon portable de mon sac. Il s'était remis à pleuvoir, je ne l'avais pas remarqué, je ne le sentais même pas. À la hâte, pour ne pas me laisser le temps de réfléchir et changer d’avis, je composais le numéro et plaquais la tonalité contre mon oreille, la nervosité à son paroxysme. C’était impulsif, c’était stupide, c’était... « Joey ?! » Il avait décroché, et aussi idiot que ça puisse paraître, je ne m’y attendais pas. Alors je restais silencieuse un instant, ou presque, ânonnant des onomatopées ridicules sans être capable de former la moindre phrase. « T’es chez toi ? » j’articulais finalement, levant les yeux et le cheveux ruisselant de flotte, vers le bâtiment devant lequel je venais de m’immobiliser. « Je peux passer ? Je comprendrais que tu dises non, que tu... » Mais il n’avait pas dit non, au contraire, et alors qu’il me demandait où je me trouvais et dans combien de temps je serais là, je répondais « Je suis déjà là... » dans un murmure, la gorge serrée, détachant mon portable de mon oreille tout en croisant son regard au-delà de la fenêtre, tout là-haut. Oui, j’ai besoin de toi, là, et je crois que ça se voit.

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