It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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E&N ~ I think, it's okai, you're my sister

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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Mer 1 Oct - 23:14

Ebba + Nastazià
I think, it's okai...
« C’est beau, mais… ça peut paraitre stupide, mais à mes yeux, c’est un manque de confiance que tu as en toi. Je suis sûre que si tu avais un peu plus confiance en toi, tu ne penserais pas ainsi. Même si vraiment, le fait de vouloir voler et tout ça est beau. » Un manque de confiance en moi ? À mon tour de froncer les sourcils. Non pas que j’eusse été vexée, non, je réfléchissais réellement à cette éventualité. Gardant le silence, concentrée, je remontais mes pieds sur l’assise du siège et encerclait mes chevilles de mes mains. Position dite du crapaud, comme l’avait renommé un de mes amis. Je ne tenais que rarement en place, et soit j’étais d’un immobilisme parfait, témoignant de mon peu d’aise avec la personne, soit je me contorsionnais à loisir, inconsciemment, preuve que j’étais en confiance, justement. Pour ne pas dire : à ma place. C’était probablement le cas, là, tant je changeais de position à chaque phrase, mais je n’y prêtais pas la moindre attention puisque je réfléchissais. Souffrais-je d’un manque de confiance en moi ? Probablement un peu, mais ce n’était pas là ce que je tendais à prouver. « Est-ce que le manque de confiance rend gauche ? » je demandais, finalement, après un moment de silence, m’accrochant au rebord du bureau pour faire tourner mon fauteuil sur lui-même, heurtant, au passage, le pot à crayons qui dégueula son contenu sur ledit bureau. « Пиздец ! » je jurais dans cette barbe que je n’avais pas, tout en m’empressant de ramasser les dizaines de stylos et crayons pour le remettre, à la hâte, dans le pot. « Dès lors que je ne suis pas sur scène, je suis une catastrophe. » Et ma récente action en était la parfaite illustration. « C’est comme si j’avais trop de bras, trop de jambes, trop de... tout. Tu penses qu’il peut s’agir d’un manque de confiance en moi, ou juste d’une profonde et incontrôlable maladresse empotée ? » J’achevais en rangeant les derniers stylos avant de ramener tous mes membres contre moi de peur de provoquer une nouvelle catastrophe. Elle avait l’air de savoir tellement de choses, ou du moins d’être tellement plus adaptée que moi au monde dans lequel nous vivions. J’avais le sentiment d’être un alien, parfois, et d’avoir absolument tout à apprendre. Comme ces us et coutumes des médias modernes, contre lesquels elle me mettait en garde sans que je n’y comprenne grand chose. Je ne comprenais pas en quoi le fait d’avoir une soeur pouvait être intéressant, et en quoi le fait que ce soit moi puisse l’être d’autant. Je n’étais pas totalement imbécile, j’étais au fait de ces stars poursuivies par les paparazzis, de celles qui se rasaient la tête, à celles qui s’encastraient dans un tunnel parisien, mais... En quoi Nastazià pouvait-elle être comparée à ce genre d’individus ? Elle n’était ni actrice, ni chanteuse, ni princesse... Elle était mannequin, et les mannequins, d’après mes faibles connaissances, ne suscitaient pas autant de frénésie que le reste du star-system. J’étais perplexe, perdue, inquiète. Inquiète des retombées que cela pourrait avoir sur nous, sur la mémoire de ma mère, sur l’image que mes collègues avaient de moi, sur le regard que les Alinovitch porteraient sur leur père, sur les souvenirs d’une enfance leur apparaissant sous un nouveau jour, totalement différent. « Tu sais… Rassure-toi d’avance, je ne vais pas faire de conférence de presse pour ça. Quand je dis que je l’annoncerai… C’est si jamais un jour un journaliste me pose la question. Ou alors je donnerai l’info à un journaliste et voilà. » En quoi cette info pourrait être intéressante pour un journaliste ? Étais-je réellement à des années lumières du monde dans lequel je vivais ? « Et puis… tu sais les gens sont curieux… le journaliste pourrait publier en gros titre ce qu’on mange dans une journée que les gens le liraient… Les gens aiment ce genre de potin, ils vont spéculer, se demander pourquoi elle a une demi-sœur, pourquoi le père a trompé la femme, j’en sais rien moi. Les gens suivent bien les potins sur le cul de Kardashian. Alors tu sais… Ils peuvent suivre n’importe quoi d’autre. » « Ca c’est parce qu’elle est rassurante. » j’affirmais dans un hochement de tête. Elle était ronde, pas très belle, et vraiment pas fut-fut. Elle était l’antithèse des mannequins, des actrices oscarisées, des princesses. Elle n’avait ni grâce, ni goût, et pourtant elle s’étalait dans leurs magazines. Une fille moins bien qu’elles, c’était rassurant, ça donnait le sourire et l’envie de reprendre une part de kouglof. « Je vois pas pourquoi tu compares notre situation avec Gisèle. D’ailleurs Ambroise n’a pratiquement rien dans sa page Wikipédia. Juste qu’il est mon frère et le jumeau de Solanà. Surement car il est très discret. Je ne dis pas non plus que tu auras des milliers de pages à ton effigie hein. Mais quand ça se saura le temps de quelques jours les paparazzis à scandales et tout ça, te suivront pour avoir des photos et tout ça. L’appel du fric. » C’était bien ça que je ne comprenais pas, et ça devait se voir sur mes traits. « Je parle de Gisèle parce qu’elle est mannequin, comme toi. » C’était logique, non ? Je comparais ce qui était comparable. « Et... J’ai une page wikipédia, je crois... » je fouillais ma mémoire, mais il me semblait bien en avoir une. Il n’y avait rien dedans, une date de naissance, un lieu de naissance, et mon court parcourt dans la danse, du Mariinsky à l’American Ballet Theatre. Pas de photo. Elle existait depuis quelques mois, et je soupçonnais mon gentil stalker d’en être l’auteur. « Ca ne me dérange pas qu’ils prennent une photo de moi, ils se lasseront vite, qui plus est, tant mon quotidien est inintéressant. Je ne veux juste pas qu’ils évoquent ma mère, qu’ils fouillent dans son histoire. Ça ne regarde personne, surtout pas eux. Et si c’est le prix a payer pour être votre soeur, alors... » C’était dur à dire, mais... « ...j’y renonce. » C’était pourtant ce que j’avais souhaité de tout mon coeur depuis des années, c’était la raison qui m’avait poussé à acheter tous ces magazines, à stocker les articles de presse, les coupures de journaux, à enregistrer les défilés et à me repasser ses passages, leurs passages en boucle. Je voulais faire partie de quelque chose, et si possible de cette famille qui était mienne. Mais pas au détriment de celle qui avait tout donné pour moi, qui s’était sacrifiée pour moi. Je ne voulais pas qu’on la salisse, qu’on dénigre ce qu’elle avait accompli. Je ne voulais pas qu’elle soit jugée par des gens qui ne savaient rien d’elle, qui ne savait rien de ce qu’est la vie au fin fond de la Sibérie. Je ne pourrais pas les laisser dire, les laisser faire, tout en sachant que je ne saurais même pas la défendre, incapable de parler ou ne serait-ce que m’extirper de mon silence, de ma discrétion.  
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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Mar 14 Oct - 11:49


EBBA & NASTAZIA
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« Est-ce que le manque de confiance rend gauche ? » Il me semblait que oui, enfin… Je n’étais pas experte non plus. « Пиздец ! » Surprise je souris faiblement. Elle savait jurer ! « Dès lors que je ne suis pas sur scène, je suis une catastrophe. C’est comme si j’avais trop de bras, trop de jambes, trop de... tout. Tu penses qu’il peut s’agir d’un manque de confiance en moi, ou juste d’une profonde et incontrôlable maladresse empotée ? » Riant faiblement, je posais ma main sur ma bouche avant de me stopper. Elle était mignonne. « Je ne suis pas experte dans le domaine, mais j’ai déjà vu plein de personnes peu confiant en eux-mêmes être maladroit. Dans ton cas, je ne saurais dire, je ne te connais pas trop encore. Mais c’est déjà un bon point que sur scène tu ne sois pas maladroite… ça serait très problématique sinon. Bon après, il y a les maladroits pur et dur… Mais si c’était ton cas, tu ne crois pas que tu le serais aussi sur scène ? Je ne sais pas, t’être que ça peut se soigner ? » Dis-je en réfléchissant. Il y avait forcément un moyen. C’était ce que je pensais en tout cas. Après peut-être que je me trompais. Parlant des journalistes et du fait qu’ils fouinaient un peu partout, je me mis à parler de Kardashian dont les gens étaient friands des potins sur elle. Pourtant, je ne la trouvais pas top du tout. Ni belle du tout. Elle avait de belles formes et encore, il y avait des femmes sur cette terre bien plus jolies que ça avec les mêmes formes. Mais ça ce n’était que mon avis. « Ca c’est parce qu’elle est rassurante. » « Rassurante en quoi ? Je la trouve surtout un peu débile moi. » dis-je en haussant les épaules. Bon ce n’était pas la seule à vouloir se faire connaitre. En France ils avaient bien eu Nabila il y a peu de temps. D’ailleurs, on en entendait plus parler d’elle. Ce n’était pas plus mal. Puis on se mit à parler de vie privé, et de tout ce qui allait surement se passer une fois que les gens sauront pour elle et moi. D’ailleurs elle se mit à parler de Gisèle. « Je parle de Gisèle parce qu’elle est mannequin, comme toi. » Bon pas faux, mais Gisèle n’avait pas beaucoup de scandales contrairement à moi. Tant mieux dans un sens. « Et... J’ai une page wikipédia, je crois... » Surpris je relevais la tête. « Ah oui ? Sérieux ? Ça prouve que tu attires l’attention. En même temps c’est normal, t’es toute mignonne. Et tu dois danser merveilleusement bien. » Un jour j’irais la voir danser. Après tout elle allait faire partie de ma vie à présent et je devais en savoir le plus possible d’elle. « Ça ne me dérange pas qu’ils prennent une photo de moi, ils se lasseront vite, qui plus est, tant mon quotidien est inintéressant. Je ne veux juste pas qu’ils évoquent ma mère, qu’ils fouillent dans son histoire. Ça ne regarde personne, surtout pas eux. Et si c’est le prix à payer pour être votre soeur, alors... » Alors quoi ? « ...j’y renonce. » Soupirant, je la fixais longuement assez triste. C’était bizarre d’être triste non ? J’étais au courant depuis peu, et je m’étais attachée à elle avant bien même qu’on ait les résultats. D’ailleurs, il était passé ou ce type-là ? Il se dépêchait j’espère. Bon ça ne faisait que quelques minutes qu’on attendait… « Je peux comprendre, on a tous envie d’avoir une vie privée surtout lorsque ça concerne un proche… Je ressens la même chose avec mon ami Esteban. Je n’ai pas envie que le monde sache… Ecoute, si tu veux, on ne dit rien. Lorsqu’on aura les résultats, on en parlera avec le reste de la famille, et puis comme tu l’as dit tout à l’heure pas besoin de le dire à un journaliste ou autre s’ils nous posent la question. Comment peux-tu renoncer à nous alors que tu as dû penser à nous pendant longtemps avant de pouvoir franchir le seuil de ma porte hum ? Non, non, je t’interdis de repartir. » Dis-je en fronçant les sourcils. Bon que je disais repartir, c’était dans le sens de faire demi-tour dans son choix. Me penchant vers elle, j’attrapais ses joues de mes mains comme s’il s’agissait d’un bébé avant de m’amuser avec. « J’ai envie d’en savoir plus sur toi et de passer du temps avec une petite sœur qui a l’air super gentille. Enfin une sœur normale. Tu comprendras quand tu rencontreras Solanà. » Dis-je en m’amusant toujours avec ses joues.


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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Jeu 16 Oct - 1:57

Ebba + Nastazià
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« Je ne suis pas experte dans le domaine, mais j’ai déjà vu plein de personnes peu confiant en eux-mêmes être maladroit. Dans ton cas, je ne saurais dire, je ne te connais pas trop encore. Mais c’est déjà un bon point que sur scène tu ne sois pas maladroite… ça serait très problématique sinon. Bon après, il y a les maladroits pur et dur… Mais si c’était ton cas, tu ne crois pas que tu le serais aussi sur scène ? Je ne sais pas, t’être que ça peut se soigner ? » Se soigner ? Genre avec prise de médicaments, suivi médical et pronostic vital engagé ?  Je voyais mal comment ce genre de chose pouvait être possible, mais puisqu’elle le disait, je ne voyais aucune raison d’en douter. Ce n’était pas de la naïveté de ma part, juste une profonde conscience de mon peu de connaissance dans ce domaine -dans tous les domaines hormis la danse, en fait- et donc l’assurance que l’Autre, quel qu’il soit, serait forcément plus et mieux informé que moi. « Ou peut-être que je suis un albatros, je sais voler mais pas marcher ? » je contre-proposais dans un haussement d’épaules, avant de donner un coup de talon dans le sol afin que ma chaise re-pivote, à nouveau, sur elle-même. Quoiqu’il en soit, je m’étais faite à l’idée d’être inadaptée au monde. Je n’étais pas... normale. Mais ce n’était pas grave, c’était même aussi bien ainsi. Mes rêves n’étaient pas les mêmes que ceux des autres, alors, puisque je n’attendais pas les mêmes choses qu’eux, je n’étais pas triste de ne pouvoir obtenir ce qu’ils avaient. Lorsque je disais vouloir une famille, je n’évoquais pas, comme eux, un mari et des enfants, je parlais de frère et de soeurs, mais surtout de quelques racines pour mon arbre généalogique. Les gens voulaient des branches, moi je souhaitais un tronc. Et ce tronc, il était en partie devant moi, si tant est que le monsieur revienne un jour pour nous en apporter la confirmation. Le problème, parce qu’il fallait qu’il y en ait un, c’était cette épée de Damoclès en la personne des paparazzi. Je n’avais jamais envisagé que Nastazià puisse intéresser à ce point, et par extension, que je prenais le risque d’intéresser aussi. Comme Kim Kardashian. « Rassurante en quoi ? Je la trouve surtout un peu débile moi. » J’hochais de la tête. Moi aussi, je la trouvais un peu limitée. « Elle a aussi un gros derrière. C’est ce qui est rassurant. Lorsque tu fais du 46 que tu peines à perdre tes kilos de grossesse tout en élevant tes trois enfants avec ton maigre salaire et ton niveau d’étude plutôt limité, c’est agaçant de voir en une des magazines des mannequins et actrices somptueuses dans leur petit 36, un bébé de deux mois dans les bras. Cette fille n’est ni très belle, ni très intelligente, et son corps est tout sauf parfait, et pourtant... Quelque part, elle a réussi. C’est rassurant parce que la lectrice est forcément mieux qu’elle. Tu comprends ? » Nastazià, elle, elle n’avait rien de rassurant, ou alors peut-être ses égarements passés. Quant à moi... Moi... Je ne sais pas. Il n’y avait rien d’intéressant à raconter sur moi, si ce n’est le métier de ma mère, la façon dont elle nourrissait sa famille, à savoir moi. Moi je n’étais qu’une petite danseuse, malgré ma page wikipédia. « Ah oui ? Sérieux ? Ça prouve que tu attires l’attention. En même temps c’est normal, t’es toute mignonne. Et tu dois danser merveilleusement bien. » Je soulevais les épaules à nouveau. Merveilleusement peut-être pas. « J’ai un gentil stalker, je crois que c’est son oeuvre, la page wikipédia. Souvent, il m’attend à l’entrée du studio pour m’offrir un café. Mais rassure-toi, je sais que je ne dois pas boire son café. » Non, ça, je l’avais bien compris. Je ne le faisais déjà pas avant, je le faisais encore moins maintenant. Il n’empêche que j’acceptais toujours le gobelet qu’il me tendait, c’était plus poli. Mais je n’y touchais pas. Il n’était pas méchant, juste un peu étrange. Étrange parce que dans la multitude de danseuses de renom qui officiait dans ce même studio, dans ce même ballet, c’était moi qu’il avait choisi d’admirer. Étrange, non ? Et si j’avais déjà du mal avec l’idée qu’un seul individu puisse s’intéresser à moi et me suivre, que dire de la forêt de paparazzi qu’elle me promettait ? Je ne voulais pas de ça. Pas pour moi, moi je savais que j’allais les lasser, mais pour ma mère, parce que je ne voulais pas qu’on puisse souiller sa mémoire, la juger sans même la connaître, ou même me plaindre moi, alors qu’elle avait été la meilleure mère du monde. Alors, si c’était le prix à payer pour avoir une famille, je préférais y renoncer dès à présent. Ma sentence la laissa silencieuse un moment, soupirante mais silencieuse, avant qu’elle ne reprenne, finalement, la parole. « Je peux comprendre, on a tous envie d’avoir une vie privée surtout lorsque ça concerne un proche… Je ressens la même chose avec mon ami Esteban. Je n’ai pas envie que le monde sache… Ecoute, si tu veux, on ne dit rien. Lorsqu’on aura les résultats, on en parlera avec le reste de la famille, et puis comme tu l’as dit tout à l’heure pas besoin de le dire à un journaliste ou autre s’ils nous posent la question. Comment peux-tu renoncer à nous alors que tu as dû penser à nous pendant longtemps avant de pouvoir franchir le seuil de ma porte hum ? Non, non, je t’interdis de repartir. » Est-ce que j’avais pensé à eux pendant longtemps ? Oui, c’était un fait, mais... « Au moins, désormais, vous savez que j’existe. » je tempérais, les joues malmenées par ses mains, ce qui devait offrir un spectacle plutôt étrange, tant je demeurais sérieuse malgré tout. « J’ai envie d’en savoir plus sur toi et de passer du temps avec une petite sœur qui a l’air super gentille. Enfin une sœur normale. Tu comprendras quand tu rencontreras Solanà. » Solanà. Ils n’avaient eu de cesse de me mettre en garde contre elle. « Elle va me tuer, tu as dit. » je lui rappelais, parce qu’il était hors de question de rencontrer quelqu’un qui voulait ma mort. Par contre... « Ambroise... » je reprenais, mes traits s’adoucissant brusquement. Non pas qu’ils eurent été durs ou froids, mon visage ne savait pas faire ce genre de choses, mais lorsqu’il s’adoucissait j’étais à la limite de la transformation en personnage de Disney. « ... Est-ce que... Est-ce qu’il a dit quelque chose après mon départ ? Est-ce qu’il me déteste aussi ? » Solanà me détestait, ou me détesterait, alors pourquoi pas Ambroise ? Il était son jumeau après tout. Et, je ne sais pas, la simple perspective qu’Ambroise puisse ne pas m’aimer avait quelque chose de très douloureux. Je voulais qu’il m’apprécie, au moins un peu, autant que je voulais que Nastazià m’apprécie. Peut-être plus, d’ailleurs, étrangement. « Est-ce que...? » je reprenais, mais me trouvais interrompu par les pas dans le couloir, et la porte s’ouvrant sur notre laborantin le nez dans des papiers. « Mesdemoiselles... » nous salua-t-il, à nouveau, avant de se réinstaller dans son fauteuil de bureau. « J’ai débuté avec un test de lien de parenté, afin de déterminer s’il était nécessaire de poursuivre plus avant les recherches ou non. Sachant que chaque test est payant, évidemment. » Oh ? Et c’était cher ? « Le test de lien de parenté détermine, en se basant sur un index, les probabilité d’une relation filiale entre deux individus. Si l’index est inférieur à 1.00, alors il est inutile de poursuivre, vous ne pouvez pas être de la même famille. Dans votre cas, l’index est de 8.00. Tenez... » Nous blablata-t-il en faisant glisser une feuille en deux exemplaires pour chacune de nous. Un charabia de chiffres et pourcentages auxquels je ne comprenais pas grand chose. Du coup, je jetais un coup d’oeil à Nastazià afin de m’assurer qu’elle comprenait pour nous deux. Visiblement pas. « Ca veut dire quoi ? C’est bon ou c’est pas bon ? » je demandais, alors. « Tout dépend du résultat que vous souhaitiez. Plus le chiffre est élevé, plus vous degré de parenté est envisageable. » Et 8.00 ça voulait dire qu’on était envisageable ? « Ce test n’est pas certain à 100%, mais 8.00 est tout de même une valeur sûre. Donc même sans le reste, je peux vous affirmer, sans trop de risque, que vous êtes de la même famille. Maintenant, à quel degré de parenté, j’attends la suite... Vous pouvez être cousines au quatrième degré, mais... J’en doute. De fait, j’ai procédé, ensuite, à un test Chromosome X avec vos échantillons. Les résultats ne devraient pas tarder à... Haaa ! » Interrompu par le bruit d’une imprimante, il fit rouler sa chaise jusqu’à la petite machine se trouvant sur la droite, crachotant son papier bruyamment. Récupérant le tout, il en procéda à la lecture avant même de revenir vers nous. « Alors, pour bien comprendre, vous devez savoir qu’en tant que femmes, vous êtes composées de deux chromosomes identiques, XX, là où un homme sera XY. Malheureusement, ce test n’est pas concluant en cas de filiation par la mère, puisqu’il nous faudrait un échantillon ADN de... Vous avez l’air perdu. » Moi, je l’étais oui. Et à dire vrai, le blabla scientifique ne m’intéressait que très peu. Je voulais juste la réponse, pour le reste, je lui faisais totalement confiance. « Dites-nous juste ce que ça donne, s’il vous plait. » C’était le plus important. « Oui, oui, pardon. Vous avez un X en commun. » annonça-t-il dans un sourire triomphant. Oui, et ? .... Quoi, c’était tout ? Je jetais un coup d’oeil à Nastazià, encore, voir sa réaction, mais... Rien non plus. Je n’étais pas la seule à ne pas comprendre, c’était rassurant. « Vous avez le même père. » conclut-il, désespéré devant notre absence de réaction. « Ca ne fait aucun doute. Et ça vous fera 870$, ça non plus ça ne fait aucun doute. » Ha ? D’accord... Plutôt que de réagir à cette confirmation dont, finalement, je n’avais jamais réellement eu besoin, j’attrapais mon sac et en entreprenais sa fouille à la recherche de mon portefeuille. Ça faisait quand même cher le truc dont je n’avais pas besoin, mais soit. Je devrais juste faire une croix sur l’iPhone 6. Pas grave. Au moins, maintenant, ils savaient...  
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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Dim 26 Oct - 12:33


EBBA & NASTAZIA
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« Ou peut-être que je suis un albatros, je sais voler mais pas marcher ? » Haussant un sourcil, je la regardais longuement. « Je ne suis pas si sûre… » Dis-je sans trop savoir si elle rigolait ou pas. On n’aurait pas dit ceci dit. Enfin… Ebba avait l’air… Un peu dans son monde quand même. Ou alors c’est moi qui étais bizarre ? Je ne saurais dire. M’enfin, pas grave, on se mit à parler de Kardashian. Pas une référence à mes yeux, mais soit. « Elle a aussi un gros derrière. C’est ce qui est rassurant. Lorsque tu fais du 46 que tu peines à perdre tes kilos de grossesse tout en élevant tes trois enfants avec ton maigre salaire et ton niveau d’étude plutôt limité, c’est agaçant de voir en une des magazines des mannequins et actrices somptueuses dans leur petit 36, un bébé de deux mois dans les bras. Cette fille n’est ni très belle, ni très intelligente, et son corps est tout sauf parfait, et pourtant... Quelque part, elle a réussi. C’est rassurant parce que la lectrice est forcément mieux qu’elle. Tu comprends ? » « Oui, oui, je vois, je peux comprendre aussi. Et c’est vrai que ça peut être rassurant. Les médias et tout ça contrôle de plus en plus le corps des femmes. Faut dire qu’à force de voir des squelettes comme nous mis en valeur, ça ne doit pas aider les filles normales. » M’enfin, c’est pas moi qui admirerait cette fille pour autant. Je la trouvais trop cruche. Mais ça ce n’était qu’un détail. J’appris par la suite, qu’Ebba avait une page wikipédia. Chose à laquelle je ne m’étais pas du tout attendu. Fallait dire aussi que Wikipédia n’était pas non plus une super référence. Mais c’était déjà pas mal d’avoir une page à soit sur ça. « J’ai un gentil stalker, je crois que c’est son oeuvre, la page wikipédia. Souvent, il m’attend à l’entrée du studio pour m’offrir un café. Mais rassure-toi, je sais que je ne dois pas boire son café. » Un gentil stalker ? Tant qu’il était et restait gentil… ça c’était l’inconvénient… Il pouvait être gentil, mais ne pas le rester pour autant. « Oui, ne bois pas son café. On n’est jamais sûr. » Parfois c’était même les plus gentils, les plus suspect… Dans la vie, les gens pouvaient être terrifiants. « T’es sûre qu’il est réellement gentil hein ? » ça m’inquiétait ça. Plus j’y pensais et plus je me disais qu’il n’y avait pas de gentil stalker. Déjà fallait être complètement givré pour passer son temps à stalker quelqu’un. Non ? Enfin bon. Là n’était pas le sujet, le plus important était qu’elle ne voulait pas que les journalistes fouillent dans sa vie, ce qui en soit, était compréhensible, faudrait être fou pour aimer cela. Je pouvais donc comprendre, vraiment. Et je ne voulais pas, bien au contraire, qu’elle nous abandonne, maintenant, qu’elle était venue à nous, il était même hors de question qu’elle fasse comme si rien ne s’était passé. Ça c’était impossible pour moi. Alors, on fera tout ce qui était en notre pouvoir pour limiter les dégâts. C’était la seule option, je pense. « Au moins, désormais, vous savez que j’existe. » Certes, c’était une vérité totalement imparable. On ne pouvait plus le nier. Enfin… On ne l’avait jamais nié, on n’était juste, pas au courant. C’était là toute la différence. Et c’est bien pour ça que maintenant qu’on savait qu’elle existait, il ne fallait pas qu’elle parte. Ça serait assez dur à vivre en fait. « Elle va me tuer, tu as dit. » « Oui, enfin, je l’empêcherai de faire ça. » Je n’allais pas la regarder faire non plus. « Ambroise... » Quoi Ambroise ? Il avait quoi ? J’attendais qu’elle me pose la question. C’était forcément une question qu’elle allait dire. « Est-ce que... Est-ce qu’il a dit quelque chose après mon départ ? Est-ce qu’il me déteste aussi ? » Hein ? Pourquoi il la détesterait ? Au contraire, il l’avait apprécié, et c’était même celui qui avait bien pris son arrivé contrairement à Solanà ou moi. Même si j’appréciais déjà Ebba, j’avais eu du mal, mais ça, ce n’était en rien la faute à Ebba, ça concernait mon père tout simplement. « Est-ce que...? » Est-ce que quoi ? « Mesdemoiselles... » Coupant court à notre discussion, le type était revenu vers nous, surement pour nous annoncer les résultats. Attentive avant toute chose, je l’écoutais parler, parler et encore parler. Son charabia de scientifique ne m’aidait pas trop. Enfin, j’avais l’impression de comprendre plus ou moins ce qu’il disait. Il aurait pu passer par la case simple. Et ne pas nous détailler tout ce que les chiffres voulaient dire. Enfin, on était tout de même cérébrés avec Ebba, mais voilà, cette branche n’était clairement pas notre domaine. C’est tout. Mais au moins je compris bien rapidement que nous étions donc sœurs. Pas besoin de polémiquer pendant cent ans, de savoir si nous avions la mère ou le père en commun. On le savait déjà ça. J’avais qu’une envie, c’était de lui dire de se la fermer et de nous laisser partir. Mais il avait l’air bien parti pour tout nous dire. Manquant de m’étrangler lorsqu’il annonça le prix de façon assez… audacieuse, je plissais le nez en me levant de ma chaise. Ouvrant mon sac à main, j’attrapais mon portefeuille avant d’en sortir ma carte de crédit. Posant ma main sur l’épaule d’Ebba je souris doucement. « Hey. C’est à la grande sœur de payer le test. C’est moi qui l’ai voulu. » Dis-je en donnant ma carte au type dans un sourire faussement gentil, avant de soupirer. Ils se faisaient tout de même pas chier. Payer autant pour un test. Je me demandais combien était la marge qu’ils se prenaient… La curiosité était un vilain défaut mais… C’était comme ça. Attendant qu’il me rende la carte, je pris la feuille qui s’était imprimé pour confirmer la chose la regardant longuement. « On peut avoir les résultats avec nous hum ? » demandais-je en lui agitant la feuille. Au prix qu’on payait j’espérais bien même qu’on puisse avoir un double, pour que chacune de nous l’ait. « Bien sûr. J’imprime ça ma petite dame. » « En double. » Ajoutai-je en me tournant vers Ebba. « Qu’est-ce que tu voulais me dire sur Ambroise ? Il t’apprécie tu sais. En tout cas il lui tarde que tu repasses à l’appart. C’est un pacifique lui. Il aime tout le monde, c’est un bisounours et tout ça. » Rare était les fois où il s’énervait. Enfin… Mieux ne valait pas être là le jour où il s’énervait.


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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Lun 27 Oct - 2:18

Ebba + Nastazià
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 « Oui, oui, je vois, je peux comprendre aussi. Et c’est vrai que ça peut être rassurant. Les médias et tout ça contrôle de plus en plus le corps des femmes. Faut dire qu’à force de voir des squelettes comme nous mis en valeur, ça ne doit pas aider les filles normales. » Si elle n’était pas d’accord avec moi quant au fait de mon lien de parenté avec un albatros, au moins elle suivait mon raisonnement concernant les soeurs Kardashian... J’espérais simplement que son ‘nous’ ne m’incluait pas, et qu’elle ne cherchait à évoquer que ses copines mannequins, ou même sa soeur... Enfin la mienne aussi, mais vu que... Enfin bref. Finalement, les filles comme Solanà et Nastazià fascinaient tout en agaçant, et les Kardashian ne faisait pas exception. Il n’y avait qu’à voir la dernière... C’était quoi son prénom, déjà ? Kylie ? Non, l’autre, Kelkechose... Kendall ! Oui, c’était ça, Kendall ! C’était la seule de la famille à ne pas avoir hérité d’un gros popotin et des cuisses allant avec. Du coup, elle était mannequin. C’était ça ou jet-setteuse créatrice de parfum, dans ce milieu, de toute manière. Et finalement, c’était la moins appréciée des soeurs dans l’opinion publique. Ce qui était ridicule en soi, puisqu’elle était critiquée pour sa maigreur là où ses soeurs l’étaient pour leurs formes. Mais soit, le point à retenir ici, c’est que Nastazià, pour la toute première fois, avait réussir à suivre l’un de mes raisonnements, ce qui expliquait mon enthousiasme, là, maintenant, tout de suite. Enfin, avant qu’on en vienne à évoquer les paparazzi et mon gentil stalker. Il était bizarre, mais cool, jamais intrusif. Jamais oppressant. « Oui, ne bois pas son café. On n’est jamais sûr. » J’hochais de la tête. C’était la deuxième personne à me le dire, la deuxième personne qui me pensait trop naïve pour ne pas accepter un café de la part d’un inconnu. Moi aussi je regardais ‘unité speciale’ et ‘esprits criminels’. « Je sais. » j’affirmais, tout de même, docilement, tout en l’observant douter de... De quoi, au juste ? « T’es sûre qu’il est réellement gentil hein ? » Oh, de mon stalker ? Pourquoi ne le serait-il pas, je veux dire réellement gentil ? Quel intérêt il pourra avoir à être faussement gentil ? « Ca fait plus d’un an qu’il est réellement gentil, alors je vois pas trop pourquoi il deviendrait brusquement moins réellement gentil ? » je répondais en m’interrogeant vraiment sur la question. Elle semblait savoir plus de choses que moi, comme la majorité des gens en réalité, du coup je ne doutais pas que, là encore, elle puisse m’apprendre quelque chose qui m’éviterait une mésaventure. Après tout, elle ne voulait  que ma protection. Tout comme avec Solanà qu’elle me promettait d’empêcher de me tuer. C’était un peu rassurant, déjà. Moins que l’idée de ne pas inspirer d’envie de meurtre chez ma propre soeur, mais hey, on ne peut pas tout avoir. Et voilà que je me mettais à siffloter la mélodie de ‘you can’t always get what you want’, en tapotant en rythme, de mes doigts sur le bureau. Enfin, juste un court instant, avant que mes doutes concernant Ambroise ne prenne toute la place sous mon crâne, et que je me retrouve à interroger Nastazià à son propos. Cela dit, elle n’eut pas le temps de répondre, puisque le laborantin nous revint avec les résultats. Des résultats qu’il entreprit de nous expliquer le mieux possible. Si j’appréciais sa pédagogie, j’avais du mal à me concentrer sur ses explications tant j’aurais voulu qu’il nous dise directement ce qu’il en était. Moi je le savais déjà, mais je voulais que Nastazià l’entende. Et lorsque ce fut le cas, je jetais un coup d’oeil discret de son côté, épiant une réaction qui... ne vint pas. Genre rien. Rien de rien. Nada. Niet. Pas même un tressautement de lèvres. Une réaction qu’elle eut, par contre, lorsque le monsieur annonça le prix de ces diverses analyses. Elle s’offusqua. Pas verbalement, mais visuellement. Son visage s’offusqua. Plus encore lorsqu’elle me vit chercher dans mon sac. « Hey. C’est à la grande sœur de payer le test. C’est moi qui l’ai voulu. » m’affirma-t-elle en interrompant mon geste de sa main sur mon épaule. Je me laissais faire, je la laissais faire, jugeant à son sourire qu’elle ne s’y forçait pas. Elle demanda, ensuite, à avoir les résultats en double exemplaire, et le laborantin s’exécuta. « Qu’est-ce que tu voulais me dire sur Ambroise ? Il t’apprécie tu sais. En tout cas il lui tarde que tu repasses à l’appart. C’est un pacifique lui. Il aime tout le monde, c’est un bisounours et tout ça. » annonça-t-elle après que l’homme se soit éloigné, me confirmant le sentiment que j’avais déjà eu, la première et seule fois où je l’avais vu. Mais comment lui dire, à elle, que je me sentais tellement éloignée d’elle que j’avais été rassurée de trouver, au sein de cette fratrie, quelqu’un comme moi. Parce que je ne ressemblais pas à ma mère non, du point de vue du caractère, pas plus qu’à ma grand-mère. Alors, j’avais toujours imaginé que ça venait du côté de mon géniteur. Peut-être pas de lui directement, mais de son père, de sa mère, du père de son père, ou que sais-je ? Nastazià était tellement exubérante, affirmée, sûre d’elle, qu’elle représentait, presque, mon parfait opposé. Elle était aussi peu discrète que j’étais effacée. Elle parlait fort là où, moi, je murmurais. Elle fixait les gens, j’évitais leur regard. J’avais beau savoir, dès notre première rencontre, qu’elle était ma soeur, j’avais beau avoir la ressemblance physique pour preuve directe, je m’étais rarement sentie plus éloignée de quelqu’un. Ambroise... Ambroise me rassurait. S’il n’était pas tout à fait comme moi, il me ressemblait suffisamment pour que je me sente en lien avec l’un d’eux, et par extension, eux tous. Enfin, peut-être pas Solanà, non. « D’accord. » j’hochais la tête à nouveau, acceptant de cesser de douter et tout remettre en question, mais... « Et toi ? » je demandais brusquement. « Est-ce que... Est-ce que tu es déçue des résultats ? Est-ce que tu aurais préféré que je me trompe ? » Elle n’avait pas eu de réaction, et j’avais besoin de savoir, afin que je puisse me situer et comprendre comment agir par la suite. La vie n’avait rien à voir avec un roman, les sentiments ne pouvaient pas être simplifiés, un résultat ADN ne faisait pas de moi une soeur. Une soeur, c’était quelqu’un avec qui on grandissait, quelqu’un qu’on aimait depuis toujours et avec qui on partageait tellement plus qu’un peu de sang. Je n’étais pas ça. Peut-être le deviendrais-je un jour, mais je savais que ça prendrait du temps. Beaucoup de temps. D’un côté, comme de l’autre.   
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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Dim 9 Nov - 12:33


EBBA & NASTAZIA
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« Ca fait plus d’un an qu’il est réellement gentil, alors je vois pas trop pourquoi il deviendrait brusquement moins réellement gentil. » Me rapprochant d’elle, je plissais les yeux, rendant alors mon regard un peu suspect. « Tu n’as jamais vu les genres de films ou le tueur guette sa proie pendant des mois, voire des années en restant tout sage et puis d’un coup. BOUM. Il passe à l’action ? » Dis-je en me redressant un peu. Okai, ce n’était clairement pas rassurant pour elle. « C’est pour ça que je reste toujours septique avec les fans. J’ai dû trop voir de film d’horreur. » ajoutai-je en penchant la tête sur le côté tout en me pinçant les lèvres. Après tout c’était bien connu non ? Peut-être que je me trompais, enfin, je ne disais pas que son gentil fan était comme dans les films d’horreur, mais le doute pouvait planer. Après tout il y avait plus de fous que l’on ne croyait sur cette terre. Par la suite, le type nous appris, ce qui ne fut pas non plus une grande surprise pour nous. Je ne doutais pas des paroles d’Ebba, et je savais qu’elle était ma sœur même sans ce test. Alors, autant dire que je ne fus pas surprise. Mais plutôt soulagé. Je commençais déjà à m’attacher à elle, et ça aurait été dommage que les résultats soient négatifs. « D’accord. » M’appuyant contre le mur, je regardais le type partir dans une autre pièce. « Et toi ? Est-ce que... Est-ce que tu es déçue des résultats ? Est-ce que tu aurais préféré que je me trompe ? » Surprise, je tournais le regard vers Ebba la regardant alors longuement. Elle devait se poser la question depuis un bon moment. Elle avait surement peur de nos réactions et c’était compréhensible. Baissant le regard, je croisais les bras sous ma poitrine tout en me pinçant les lèvres. Ce qui me passait en tête n’avait rien à voir avec elle, oh non, elle je ne lui reprochais rien. Comment reprocher quoi que ce soit à ce petit bout de femme si innocent si pur ? Ça serait une atrocité. « Tu sais. Ça peut paraitre stupide mais… Avant même d’aller faire ce test, plus je te regardais plus je me disais que tu étais obligatoirement notre sœur. Toi et moi si on se met à côté, on voit les ressemblances. Alors… C’est pour ça que je n’ai pas eu de surprise si je puis dire aux résultats de ce test. » ça ne répondait absolument pas à sa question. Mais je me devais d’expliquer le pourquoi du comment, je n’avais pas eu l’ombre d’une réaction à l’annonce. « J’ai pleuré. J’ai vraiment beaucoup pleuré quand j’ai su pour toi. Tu sais Ebba, dans mon cœur. » Je posais ma main sur mon cœur tout en la regardant. « Tu es déjà ma sœur et je t’aime déjà énormément. Je n’imagine même plus ma vie sans toi, car je suis ce genre de personne. Je m’attache très vite et je suis très famille. » marmonnai-je faiblement. « Mais tu dois savoir qu’avec ce que j’ai vécu, ce que mes parents m’ont fait, j’ai trouvé la situation ironique, pathétique, blessante, vexante, horrible. Mon propre père a eu une liaison lui qui prône la religion et qui m’a foutu dehors car j’étais enceinte à quinze ans. Et…Et… » Je me stoppais de parler les larmes aux yeux, ça me blessait toujours autant. « Je lui en veux juste. J’avais réussi à tourner la page depuis tout ce temps. Mais… Maintenant c’est différent. » Dis-je en reniflant faiblement. Passant brièvement mes mains sur mes yeux pour chasser les larmes je me redressais un peu plus me décollant du mur. Ah, je n’allais pas pleurer ici quand même. Encore moins que ce type revenait dans la pièce pour nous donner les papiers. « Et voilà les papiers. » Me dit-il en me les tendant. Les attrapant, je les pliais avant de les mettre dans mon sac. Marmonnant un vague merci, celui-ci nous fit signe de le suivre. Nous en avions fini là. Quittant son bureau, il nous salua avant de nous abandonner là. Me tournant vers Ebba je souris faiblement. Maintenant, je ne savais plus trop quoi dire. « Tu veux… Hum faire quelque chose en particulier ? » Super Nastazià. Quelle belle proposition.


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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Dim 9 Nov - 15:07

Ebba + Nastazià
I think, it's okai...
« Tu n’as jamais vu les genres de films ou le tueur guette sa proie pendant des mois, voire des années en restant tout sage et puis d’un coup. » J’avais fait comme elle, imitant sa position, me rapprochant pour entendre cette vérité absolue, ce secret qu’elle semblait sur le point de me confier. « BOUM. Il passe à l’action ? » Et je sursautais comme une gourde, écarquillant les yeux en me redressant sur mon siège, avant de froncer les sourcils. Je secouais la tête. Non, je n’avais jamais vu ce genre de films. Pourquoi aurais-je vu ce genre de films ? N’y avait-il pas assez du journal télé ? « C’est pour ça que je reste toujours septique avec les fans. J’ai dû trop voir de film d’horreur. » C’était une évidence, et pour l’occasion, j’hochais énergiquement de la tête. « Faut pas regarder ça, ça te met des idées fausses dans la tête, ça te fait voir le mal partout. » Je n’irais pas jusqu’à dire que le mal n’existait pas, mais il n’avait rien de systématique ou hollywoodien. Il était omniprésent de manière plutôt banale, en chacun de nous. Chez certaines personnes plus que chez d’autres, évidemment, mais... Non, je refusais de croire que les gens étranges étaient forcément dangereux. C’était trop simple comme raccourci. J’étais moi-même étrange, à en croire ce que les autres, les normaux, me disaient, et pourtant, je n’allais pas me mettre à suivre quelqu’un pendant des années pour... BOUM, passer à l’action. Quoique... N’était-ce pas un peu ce que j’avais fait ? Suivre ma fratrie de loin durant des années avant de BOUM, exploser ma coupe de champagne sur le sol ? Non, c’était différent, je n’avais pas de mauvaises intentions, et je n’avais, d’ailleurs, pas la moindre intention de ‘BOUM’ à la base. J’étais juste tombée sur elle... Sans le vouloir. Sans être prête. Ce n’était pas plus mal ainsi, puisque fondamentalement, je n’aurais jamais éprouvé la sensation d’être prête. Annoncer à quelqu’un qu’on est sa soeur et que notre père a trompé sa mère avec la mienne, c’est pas vraiment quelque chose de facile à dire. Pourtant, c’était exactement ce que venait de faire le laborantin, avec des termes plus scientifiques, évidemment. Un monologue très scientifique, d’ailleurs, auquel Nastazià mit fin en demandant à ce qu’il aille chercher des copies des documents. Ce qu’il s’empressa de faire tandis que je me renseignais sur elle, sur ce qu’elle pensait, ce qu’elle ressentait, ce que je devais faire maintenant, rester ou disparaitre à jamais. Je ne voulais pas être un rappel constant de cette chose qu’elle ne désirait pas, qui la répugnait. Elle ne me répondit pas tout de suite, m’obligeant à me demander si elle me répondrait un jour. J’attendais, je patientais, torturant mes doigts, puis la pointe des mes cheveux. Une pointe de mèche que j’avais entre les lèvres lorsqu’elle reprit la parole. « Tu sais. Ça peut paraitre stupide mais… Avant même d’aller faire ce test, plus je te regardais plus je me disais que tu étais obligatoirement notre sœur. Toi et moi si on se met à côté, on voit les ressemblances. Alors… C’est pour ça que je n’ai pas eu de surprise si je puis dire aux résultats de ce test. » Non, ce n’était pas stupide. Elle n’était, d’ailleurs, pas la première à me dire que l’on se ressemblait. On était loin d’être identique, mais nous étions le même style. Grandes, blondes, très minces et petits minois. Un style qui ne courait pas les rues. « J’ai pleuré. J’ai vraiment beaucoup pleuré quand j’ai su pour toi. Tu sais Ebba, dans mon cœur. » Je fronçais les sourcils en recrachant mes cheveux. « Tu es déjà ma sœur et je t’aime déjà énormément. Je n’imagine même plus ma vie sans toi, car je suis ce genre de personne. Je m’attache très vite et je suis très famille. » C’était... Inattendu. Je soupçonnais un rejet, une distance, ou tout du moins un temps d’adaptation. Je ne m’attendais pas à ce genre de déclaration qui, bien qu’elle me touche, ne me correspondait pas forcément. J’avais eu du temps pour me faire à cette idée, moi, pour m’habituer à eux, pour m’attacher à eux, même à distance. J’étais surprise de la facilité avec laquelle elle m’accueillait et me considérait déjà comme quelqu’un qui aurait toujours été là. « Mais tu dois savoir qu’avec ce que j’ai vécu, ce que mes parents m’ont fait, j’ai trouvé la situation ironique, pathétique, blessante, vexante, horrible. Mon propre père a eu une liaison lui qui prône la religion et qui m’a foutu dehors car j’étais enceinte à quinze ans. Et…Et… » C’était pour cette même raison que j’avais renoncé à la dernière volonté de ma mère, et que je m’étais attachée à cette fratrie plutôt qu’à mon géniteur. Ils étaient innocents, pas lui. Aussi, j’hochais la tête pour lui assurer que je comprenais, que mon empathie pouvait aller jusque là. Mais... « Je lui en veux juste. J’avais réussi à tourner la page depuis tout ce temps. Mais… Maintenant c’est différent. » Mais était-il réellement coupable ? N’était-il pas lui aussi une victime ? « Il savait pas. » je me permettais de commenté, discrètement, avant que le laborantin ne revienne nous interrompre pour lui rendre les copies demandées. Copies qu’elle s’empressait de ranger, alors que l’homme nous quittait sans omettre de me rappeler à quel point il aimerait venir me voir danser. Oui, et gratuitement, je suppose ? « Tu veux… Hum faire quelque chose en particulier ? » Pour toute réponse, j’haussais les épaules. Je n’avais rien de prévu, du moins rien d’autre que de retourner chez moi terminer le visionnage d’Anastasia, mais... « Je voulais juste te dire que... J’ai eu le temps de réfléchir à tout ça... Beaucoup de temps. Et justement... La religion. C’est peut-être la religion qui serait, en quelques sortes, le dénominateur commun de tout ça. Et ses responsabilités. Il ne savait pas pour moi. Il ne sait toujours pas. Si ma mère a tenu à me garder c’est parce qu’elle l’aimait, si elle a tenu tout ça secret, c’est parce qu’elle l’aimait très fort, et si elle m’a demandé de le retrouver, c’est parce qu’elle savait qu’il l’aimait aussi, et que malgré toutes ces années, il l’aimerait encore, au moins un peu. Elle ne m’a pas mentit sur le reste, pourquoi n’aurait-elle pas dit la vérité concernant leurs sentiments l’un pour l’autre ? Leur histoire n’a pas duré longtemps, mais elle a existé, et... Je ne sais pas, peut-être que c’est justement parce que c’est quelqu’un de bien, quelqu’un qui ne quitte pas femme et enfants sous prétexte qu’il est amoureux d’une autre, qu’il a mit un terme à cette relation et n’a plus jamais cherché à revoir ma mère. Je ne veux pas dire qu’il est tout blanc, loin de là, et aucun père ne devrait pouvoir mettre son enfant à la porte en toute impunité. Je dis juste que... C’est pas forcément le méchant de l’histoire. Y a peut-être pas de méchant dans cette histoire... Que des victimes. » j’expliquais doucement, de manière presque anodine, en récupérant mon sac et me relevant. Mais... « Je ne sais pas, je ne le connais pas. » je lui rappelais, tout de même. Je n’avais jamais eu que les coupures de presse pour apprendre à connaître mon père, moi.  
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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Dim 23 Nov - 12:06


EBBA & NASTAZIA
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« Faut pas regarder ça, ça te met des idées fausses dans la tête, ça te fait voir le mal partout. » Peut-être, mais les films d’horreur et tout ça, c’est cool aussi. J’étais surement un peu masochiste, comme pas mal de monde je présume. Se faire peur, les frissons et tout ça, ça donnait pas mal d’adrénaline. C’est cool de temps en temps. Bon la psychose qui venait souvent après, n’était pas non plus la meilleure des choses, mais c’était tout de même agréable. J’admirais tout de même les réalisateurs de ces films et les scénaristes. Ça ne devait pas être facile à écrire. Même si dans le fond, faire peur n’était pas non plus une chose compliquée, mais fallait bien que ça soit cohérent aussi. « Mais ça reste cool quand même. » Lui dis-je dans un clin d’œil. Parce que c’était vrai. Par la suite, on parla de choses bien plus sérieuses, trop sérieuse au point même que j’en avais les larmes aux yeux. Mais je voulais lui dire ce que je ressentais. Ce que j’avais sur le cœur et tout ça. Elle se devait de savoir. Même si peut-être elle ne comprendrait pas ou que sais-je. Mais au moins maintenant elle le savait et je préférais ça que de la savoir dans l’ignorance. Après tout j’étais comme ça. J’aimais les gens facilement, comme si tout le monde était tout beau et tout rose. Je n’y pouvais rien. « Il savait pas. » L’entendis-je me dire alors que le type revenait dans la pièce. Ne répondant rien, je me levais pour récupérer les papiers. Maintenant que j’avais payé et récupéré les papiers on pouvait partir d’ici. Je lui demandais alors ce qu’elle voudrait faire maintenant tout en quittant le bureau. Si elle voulait rentrer chez elle, alors je la déposerai enfin, le taxi. Mais si jamais elle voulait faire quoi que ce soit, j’étais libre pour ma part. « Je voulais juste te dire que... J’ai eu le temps de réfléchir à tout ça... Beaucoup de temps. Et justement... La religion. C’est peut-être la religion qui serait, en quelques sortes, le dénominateur commun de tout ça. Et ses responsabilités. Il ne savait pas pour moi. Il ne sait toujours pas. Si ma mère a tenu à me garder c’est parce qu’elle l’aimait, si elle a tenu tout ça secret, c’est parce qu’elle l’aimait très fort, et si elle m’a demandé de le retrouver, c’est parce qu’elle savait qu’il l’aimait aussi, et que malgré toutes ces années, il l’aimerait encore, au moins un peu. Elle ne m’a pas mentit sur le reste, pourquoi n’aurait-elle pas dit la vérité concernant leurs sentiments l’un pour l’autre ? Leur histoire n’a pas duré longtemps, mais elle a existé, et... Je ne sais pas, peut-être que c’est justement parce que c’est quelqu’un de bien, quelqu’un qui ne quitte pas femme et enfants sous prétexte qu’il est amoureux d’une autre, qu’il a mit un terme à cette relation et n’a plus jamais cherché à revoir ma mère. Je ne veux pas dire qu’il est tout blanc, loin de là, et aucun père ne devrait pouvoir mettre son enfant à la porte en toute impunité. Je dis juste que... C’est pas forcément le méchant de l’histoire. Y a peut-être pas de méchant dans cette histoire... Que des victimes. » Fronçant les sourcils, je restais sans rien dire, préférant penser à tout ce qu’elle venait de dire. Des victimes ? J’avais du mal à imaginer mon père en victime bizarrement. « Je ne sais pas, je ne le connais pas. » Tournant un vague regard vers elle, je fronçais un peu plus les sourcils avant de soupirer. C’est vrai, elle ne le connaissait pas. Et n’était pas prête de le connaitre. Je doutais qu’il vienne ici de toute façon. Et je n’étais pas prêt à lui parler pour avoir des explications. Dans le fond, je préférais rester dans l’ignorance. Son avis ne m’intéressait pas le moins du monde. Mieux valait que j’avance, pour mon bien être. « J’ai du mal à penser comme toi. Même s’il n’est pas au courant pour toi, il a tout de même trompé sa femme et même si dans le fond je m’en fous, je suis tout de même vexée par rapport à ce qu’ils m’ont fait. » Dis-je sans rien dire de plus. Je préférais clore le sujet en fait. Je n’aimais pas en parler, le passé restait le passé et mieux valait dans le fond le laisser là où il était. Continuant à marcher, je choisis les escaliers pour quitter l’étage, les descendants assez rapidement pour me retrouver au rez-de-chaussée, attendant alors qu’Ebba me rejoigne.


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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Dim 23 Nov - 13:34

Ebba + Nastazià
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Il fallait qu’elle comprenne que mon monde ne se scindait pas en deux groupes : ceux qui avaient raison, et ceux qui avaient tort. La pensée ne pouvait pas être objective, encore moins unique, et chaque individu sur Terre s’estimait dans son bon droit, agissant pour le mieux, ou du mieux qu’il pouvait. Évidemment, je n’étais pas là pour lui faire la leçon ou la morale, j’étais bien trop moi pour ça. J’aurais aimé qu’elle partage mon point de vue, mais je ne pouvais l’y forcer. Alors je me contentais de le lui exposer en tâchant de me faire comprendre, ce qui n’avait rien d’évident vu mon cerveau étrange. Je ne rejetais la faute sur personne, ni sur ce père que je ne connaissais pas, ni sur elle que j’apprenais à découvrir, pas plus que je n’imputais une quelconque responsabilité à ma propre mère. Chacun avait fait ses choix, des choix qui avaient rejaillis sur les autres, de manière plus ou moins évidente, mais je restais persuadée que chacun avait choisi au mieux en fonction de ce qu’il croyait juste ou bon. Ils étaient tous des victimes. Peu importe qu’ils vivent dans une grande et luxueuse propriété ou dans une petite masure du fin fond de la Sibérie, en vendant son corps pour acheter à manger. Une victime ne se mesurait pas ainsi. La souffrance évidente était toujours la partie émergée de l’iceberg, elle ne permettait pas de définir ce qui se cachait sous la surface de l’eau, et que la victime cachait aux yeux de tous. Beaucoup me prenaient en pitié du fait de mon enfance, de ma vie décousue, mais j’étais parfaitement heureuse. Beaucoup enviaient Nastazià du fait de son compte en banque et de sa couverture médiatique, mais elle était infiniment malheureuse. C’était une évidence et personne ne le remarquait. Ce que je venais de lui dire, d’ailleurs, n’aidait en rien à lui rendre le sourire. Au contraire, elle restait immobile, silencieuse, réfléchissant, probablement, à comment me contredire avec tact. « J’ai du mal à penser comme toi. Même s’il n’est pas au courant pour toi, il a tout de même trompé sa femme et même si dans le fond je m’en fous, je suis tout de même vexée par rapport à ce qu’ils m’ont fait. » Voilà, c’était fini, elle avait tourné les talons pour ne surtout pas m’offrir l’opportunité de répondre. Elle dénigra même l’ascenseur, comme si se retrouver coincée dans une cabine exigüe avec moi offrait de trop grands risques, et préféra les escaliers qu’elle dévala sans m’attendre. Heureusement, j’avais de l’entrainement et ne me laissais pas distancer, mais tout de même... Je n’aimais pas la tournure des évènements, je n’aimais pas qu’on m’oppose le silence, surtout après tant d’années passées à ne pas pouvoir parler de ça. Jamais. Avec qui pourrais-je bien l’évoquer si ce n’était elle ? Sur ses talons, j’atteignais le rez-de-chaussée où elle semblait m’attendre, et prenais la tête de la marche jusqu’à la sortie, saluant la réceptionniste d’un signe de main par politesse. Et une fois dans la rue, me revint sa proposition de ‘faire quelque chose’. Je supposais ensemble, pas vrai ? Et bien que j’en avais envie, évidemment, que j’aurais préféré passer la fin de journée avec cette famille que je devais apprendre à connaître plutôt qu’en tête à tête avec ma télé, je m’entendais lui dire : « Je vais rentrer chez moi. » C’est ce qu’il y avait de mieux à faire. « Tu devrais en faire autant, prendre le temps de réfléchir à tout ça, de l’accepter aussi. » J’avais eu des années pour le faire. Pas elle. Elle ne pouvait pas s’improviser ma soeur d’un seul coup, malgré ce qu’elle prétendait. Elle avait besoin de temps, et le temps on en avait tout plein, désormais. « Je... Je crois que j’ai besoin de le rencontrer, maintenant. » Notre père. Ça n’avait jamais été ma priorité, j’avais toujours refusé cette option, mais après cette confirmation de paternité, après la rencontre avec mes demi-frère et soeurs, je crois que ça devenait comme évident. J’avais besoin de le voir, de me confronter à lui. De tenir ma promesse envers ma mère. « Et j’aimerais que tu sois avec moi, ce jour-là. » je ne me voyais pas le faire seule. Cela dit, je ne le lui imposerais pas. C’était mon choix, pas le sien, et je l’assumerais toute seule s’il le fallait. Ou je demanderais à Ambroise ? En attendant, je m’approchais, hésitante, avant de déposer un baiser sur cette joue qui ne m’était pas encore totalement familière, et dans un sourire, je m’éloignais, reprenant la direction de mon quartier, tellement loin du sien. Elle avait mon adresse, mon numéro de téléphone, toutes les informations me concernant... Quand elle serait prête, elle reviendrait vers moi. Mais je voulais qu’elle le soit vraiment, prête.
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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister Ven 28 Nov - 12:44


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« Je vais rentrer chez moi. » Si elle voulait rentrer, c’était ce qu’elle devait faire donc. « Tu devrais en faire autant, prendre le temps de réfléchir à tout ça, de l’accepter aussi. » D’accepter ? Elle me demandait réellement d’accepter ? Avec le temps oui, je l’accepterai, même si dans le fond, je m’en fichais. Je ne parlais plus à mon père depuis dix ans alors, ce n’était pas comme si nous avions un contact qui me permettait de lui pardonner, encore une fois. Non. C’était de trop, la goutte qui avait fait déborder le vase. Non, réellement. J’étais assez gentille et clémente… Mais il ne fallait pas non plus m’en demander trop. Je n’étais pas non plus la bonne poire de service. Je ne l’avais jamais été et je ne comptais pas l’être. « Je crois que j’ai besoin de le rencontrer, maintenant. » Qui donc ? Lui ? Non. Elle n’était pas sérieuse ? Elle voulait. Elle voulait réellement le rencontrer ? Je ne savais pas si c’était réellement une bonne chose … Oh god. « Et j’aimerais que tu sois avec moi, ce jour-là. » Manquant de m’étouffer, je toussais sur le coup, un pic à la gorge me brulant. Non. Avec moi ? Pourquoi moi ? Je ne voulais pas le voir. Je ne comptais pas le revoir avant le jour de sa mort. Et encore je n’étais même pas sur de me déplacer pour l’enterrement. Je n’étais pas allée à celui de ma mère, pourquoi j’irai au sien hein ? Sentant un baiser sur ma joue je clignais des yeux avant de la voir s’enfuir. Etait-ce le bon mot ? « Oye. Yah ! » Dis-je en tendant le bras comme pour la retenir. Genre, mon bras il était comme celui de mister gadget là. Plissant le nez, je soupirais en laissant tomber mon bras le long de mon corps. Moi ? aller voir mon père avec elle ? Rien que d’y penser j’en avais des frissons partout le corps. Hors de question. Rah non. Me secouant la tête en fourrageant mes cheveux, je filais en direction de chez moi, préférant pour le moment marcher que de prendre un taxi.


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MessageSujet: Re: E&N ~ I think, it's okai, you're my sister

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E&N ~ I think, it's okai, you're my sister

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