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oswald&alexander ~ servant of evil

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MessageSujet: oswald&alexander ~ servant of evil Ven 1 Aoû - 10:47


Servant of Evil
AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

8 août, 01h20. Ça faisait mal. Je n'aurais jamais pensé que cette douleur était si atroce. Pourquoi étais-je si malchanceux ? Franchement, des fois je me demandais ce que j'avais pu faire pour mériter ça. Alexander ne va pas être content... j'avais laissé sa cible s'échapper. Ce n'était pas volontaire, mais je doutais que ma justification l'intéresse. Ce qu'il s'est passé est très simple... si simple. J'étais sur le point d'appuyer sur la gâchette afin qu'une balle tue en plein cœur l'abruti qu'il m'a demandé de buter, rien de bien extraordinaire, sauf qu'à ce moment même j'ai commencé à refaire une crise de Ménière. Je me le dis souvent mais c'est censé toucher surtout les vieux, cette maladie... Toujours est-il qu'un beau jour elle a décidé de me toucher moi aussi, à dix-sept ans, et que depuis ce jour elle a décidé de rester. Je crois que je peux m'estimer heureux, puisque la dernière fois que ça m'a prit remontait à un an et demi. Et pendant que ça recommençait, cet abruti m'a tiré dans l'épaule. S'en prendre ainsi aux plus faibles, il n'y avait rien de très glorieux là-dedans, rien du tout ! Depuis bien une demie-heure, je me retrouvais assis sur le trottoir, adossé au mur, la main sur mon épaule droite, en train de pleurer comme un débile. Trop d'émotions. Je me sentais mal, j'avais mal, j'étais furieux de ne pas avoir réussi à faire mon travail et surtout je redoutais la réaction d'Alexander. C'était l'amour que j'avais pour lui qui me faisait pleurer, oui ! Le reste n'était presque rien. Ça tourne... oh... Bon c'est pas tout mais faudrait que je me lève. Je devrais être rentré depuis longtemps, même en prenant en compte les minutes de retard que je ne pouvais jamais m'empêcher d'avoir. Rah... Ras-le-bol de tout ça, sérieusement. Ras le bol de mon hyperémotivité et de ces crises, ras-le-bol de cette vie et de devoir tuer, ras-le-bol de continuer à espérer qu'un jour, mon amour sera réciproque. Oui, il faudrait peut-être que je me lève, ou bien j'allais finir par me vider de mon sang assit par terre, en larmes, dans une rue déserte. Ça n'est pas très glorieux comme mort... Et puis pendant que j'étais en train de crever là, Alexander était sûrement en train de réfléchir à la meilleure façon de me faire regretter un si grand retard. Comment ai-je pu tomber amoureux d'une telle personne ? À part lui, personne ne daigne susciter son intérêt. Je souris en coin, difficilement. J'avais l'impression que le moindre mouvement me faisait un mal de chien. La main sur mon épaule droite, je me levai tant bien que mal. Peut-être qu'en me voyant dans cet état il renoncerait à ses projets. Comme si que mon retard était volontaire ! J'ai toujours eu du mal à arriver à l'heure, ce qui aggravait mon cas. Si j'avais su... j'aurai fait des efforts pour être ponctuel. La faute de ma mère ça, elle n'a jamais été capable d'arriver à l'heure. Une fois debout, je fis un pas, qui m'arracha encore plus de larmes que celles qui coulaient déjà. J'étais pas arrivé... Je sortis mon portable de ma poche et appela Alexander, mais ce con ne répondit pas. C'est ça, c'est ça, laisse-moi dans cet état de toutes façons tu t'en fous, tu trouveras bien quelqu'un pour me remplacer ! C'est comme ça que ça marche dans ce milieu de toutes façons, non ? Tant bien que mal, mes pieds continuèrent d'avancer. J'avais vraiment la poisse. Il fallait que je refasse une crise le jour où je me prenais une balle. Enfin d'un côté j'avais eu de la chance : la balle ne m'avait pas tué. Enfin pas encore. L'épaule, aux dernières nouvelles, n'était pas un point vital mais il y avait toujours le risque d'infection par contre. Après une heure de marche laborieuse, j'arrivai deux rues plus loin, devant la porte de l'appartement d'Alexander. Monter les marches fut difficile. Mes oreilles sifflaient... je voulus les couvrir avec mes mains, osant espérer que ça changerait quelque chose mais n'y arrivai pas. Mon épaule me faisait trop mal pour ça. Comment avais-je réussi à sortir mon portable ? C'était une bonne question. « Alexander ! », hurlai-je, réveillant sûrement quelques voisins au passage, ce dont je me foutais totalement, même si dans ma situation j'aurai mieux fait d'être discret. Dans ce cas, j'aurai mieux fait d'appuyer sur la sonnette, bien évidemment. Sauf que j'avais préféré ne pas essayer. Déjà que sans bouger je souffrais bien assez comme ça, alors faire acte de gentillesse envers le sommeil des autres en souffrant davantage... ils pouvaient toujours aller se faire voir pour rester poli. D'ailleurs pourquoi voulais-je rester poli ? Qu'importe, je n'avais pas envie de réfléchir, c'est horrible de réfléchir, ça peut donner mal à la tête. On m'a toujours dit que ça n'avait jamais tué quelqu'un mais pourquoi prendre le risque ? Je travaille assez pour ne pas devoir réfléchir toute la journée. Il était long à venir. Bon, c'est sûr que c'était pas son rôle de venir m'ouvrir la porte, mais bon... Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir à faire ? Tss, il avait intérêt à pas s'être siphonné ma bouteille de tequila pendant mon absence ! J'allai hurler à nouveau son nom lorsque cette foutue porte finit par s'ouvrir. Je rentrai et manquai de tomber à cause d'un vertige plus fort que les autres. Un vertige pendant un autre. C'était merveilleux. J'étais en larmes. Ce n'était pas la première fois que je l'étais devant lui, à cause de mon hyperémotivité, mais je n'aimais pas l'être. Ça me donnait l'impression d'être faible et inférieur à lui. C'était vrai, que j'étais inférieur à lui, mais... « Je suis désolé, il... il s'est échappé... c'est de ma faute, je n'ai pas réussi à tirer... » Voilà qui me faisait vraiment passer pour un bon à rien. Mes jambes tremblaient et je savais que ce n'était pas qu'à cause du fait que je m'en voulais de ne pas avoir réussi à tuer cet abruti qui m'a tiré dessus. « Ça bouge... et ça tourne... oh... », me dis-je à voix haute. Je m'écroulai dans ses bras, involontairement. Mes jambes lâchaient. « Excuse-moi... il a tiré avant moi, je n'ai pas pu tirer... » J'avais l'impression de l'avoir déjà dit, ça... Je manquai à nouveau de tomber et crispai ma main tenant mon épaule, en grimaçant et continuant de pleurer. J'esquissai un petit sourire. Même si je me doutai qu'il n'allait pas tarder à me repousser, j'étais si bien, si près de lui...

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Dernière édition par E. Oswald Twain le Ven 8 Aoû - 12:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Ven 8 Aoû - 1:22

Servant of evil
E. Oswald Twain
feat.
Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Une heure et demi. Cela faisait une heure et demie qu'il l'attendait. Quatre-vingt dix minutes. Cinq mille quatre-cent secondes. Oswald était en retard. Pourquoi, au juste, cela ne le surprenait-il pas ? Parce que cet idiot l'était constamment. Il était incapable d'être ponctuel. Ou, plutôt, il était incapable tout court. Il était faible, pleurnichard et stupide. Un jeune garçon qui ne savait presque rien de la vie, qui se mettait à pleurer à la moindre émotion trop violente, comme s'il avait reçu un choc émotionnel titanesque. Il avait tout de même deux qualités qu'Alexander devait bien lui reconnaître. Il était fidèle et dévoué, exécutant les ordres du mieux qu'il pouvait. Ça n'était pas excellent, mais ça faisait l'affaire. Après tout, il était sa seule aide. Une aide qui laissait véritablement à désirer, mais étant donné que c'était la seule, il s'en contentait. Oswald pouvait être utile, cependant, et Alexander aurait pu se retrouver avec bien pire. Avec le bon enseignement et les armes adéquates à sa disposition, il finirait par faire de lui un bon homme-de-main capable d'infliger des dégâts relativement considérables. Alors, il n'avait aucune raison de se débarrasser de lui pour le moment. Enfin... il pouvait avoir quelques raisons – comme son incapacité à arriver à l'heure, son incapacité tout court, et les sentiments trop humains dont il faisait preuve – mais puisque ses défauts n'avait pas encore nuis à Alexander, il estimait qu'il pouvait fermer les yeux, en quelque sorte. Évidement, quelqu'un de plus expérimenté et mature aurait été préférable. Un tueur d'élite aurait sans doute été approprié, mais il aurait été également plus à même de le trahir ou de lui trancher la gorge. Il ne s'était pas attendu à ce que Oswald tienne bon aussi longtemps, cependant. C'était surprenant de continuer à voir le feu brûlant dans ses yeux bruns. Alexander aurait parié qu'il aurait craqué bien plus tôt. Habituellement, il n'appréciait pas avoir tort. Mais dans ce cas précis, l'endurance d'Oswald – ou entêtement – était à son avantage. Il était assez simple de le déchiffrer, après tout ce temps. Il y avait un peu de méfiance dans ses yeux, mais il obéissait sans discuter et était toujours là pour donner un coup de main à chaque fois que le besoin s'en faisait sentir. D'inutiles sentiments. C'était énervant. Tout comme sa peur envers lui qui s'amenuisait au fil du temps. De la méfiance, oui, certainement, mais plus énormément de peur. Le temps où il était tétanisé en le voyant entrer dans une pièce était révolu. Il avait de la chance qu'Alexander ait toujours besoin de lui. Stupide esclave. Il tira sa montre de son veston et soupira une énième fois. Mais qu'est-ce qu'il faisait encore, cet idiot ? Alexander l'avait envoyé supprimer un témoin gênant deux heures et quarante-cinq minutes plus tôt, et, depuis, plus de nouvelles. Le plan ne comportait aucun danger, la cible était simple à abattre, alors où était-il passé ? La victime empruntait toujours le même chemin pour rentrer du travail – qu'elle quittait à minuit. Il fallait à Oswald vingt minutes pour se rendre sur le lieu prévu pour le meurte, environ dix autres pour avoir le témoin à porter de tir et le tuer, un quart d'heure pour se débarrasser du corps sur le chantier abandonné quelques rues plus loin, et une demie-heure pour rentrer. Trois quarts d'heure, donc. Une heure, si on comptait large. Sachant qu'Oswald avait quitté l'appartement à vingt-trois heures trente et qu'il était deux heures quinze, cela faisait une heure et quarante-cinq minutes qu'il aurait dû rentrer. Cent-cinq minutes. Six mille trois-cent secondes. Il pouvait tolérer les petits retards habituels, mais ça commençait à faire beaucoup. Sa patience avait des limites. D'ailleurs, après une heure quarante-cinq d'attente, on pouvait estimer qu'il était en droit de s'impatienter. Ce qui l'énervait le plus était le fait qu'il en soit réduit à attendre cet imbécile d'Oswald, comme un vulgaire toutou s'assied devant la porte en attendant la venue de son maître bien-aimé. Il était le maître ici, et pas l'inverse. Si quelqu'un devait se faire attendre, c'était lui. Et pourtant, le voilà qui tournait en rond devant la porte de l'appartement, faisant les cent pas de manière frénétique et compulsive. Il allait vers la porte d'entrée, puis revenait vers le canapé en passant devant la table de cuisine. Il faisait demi-tour, longeait le mur où se trouvait la bibliothèque, passait devant la télévision allumée sur un quelconque programme, atteignait la porte et recommençait ainsi son va-et-vient. S'il n'était pas aussi agacé par le retard du sombre idiot, il aurait peut-être pu, éventuellement, s'inquiéter – mais juste un peu – sur le pourquoi du comment. Pourquoi cet imbécile était-il en retard ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Stupide comme il l'était, il s'était peut-être fait écrasé sur la route. Dans ce cas, il était plus que temps de commencer à chercher un nouvel esclave. Un qui soit intelligent, de préférence, et qui ne se jetterait pas sous les roues d'une voiture. Ou peut-être qu'il traînait quelque part dans un bar, un petit sourire en coin imprimé sur son visage d'innocent, satisfait de se faire ainsi attendre et de hanter les pensées de son maître. Peu importait, dans le cas présent. Quelque soit l'excuse pour laquelle il avait autant de retard, il devrait être sévèrement puni. Alexander lui avait bien ordonné de rentrer aussitôt après avoir tué la victime. Il n'était pas là. De fait, il avait désobéi et devait donc recevoir une sanction. Irrité de remuer autant à cause de son homme-de-main, il se dirigea vers le canapé. Un magnifique meuble en cuir qui faisait l'angle. Il s'installa tranquillement, un bras sur le dossier, et entreprit la lecture de Faust. Il connaissait déjà parfaitement ce livre, mais figurant parmi ses préférés, il n'hésitait pas à le relire. Cependant, il avait beau se concentrer sur sa lecture, tourner les pages encore et encore, l'absence d'Oswald ne cessait de lui revenir en tête. Il se promit qu'il recevrait la punition qu'il méritait. À cette joyeuse idée annonçant la perspective de réjouissances prochaines, il se mit à réfléchir à ce qu'il pourrait bien faire subir à son petit valet. Un quart-d'heure passa ainsi, avant qu'Alexander ne soit sorti de plaisantes réflexions et schémas imagés par un hurlement bovin criant son nom. À la fois frustré qu'on interrompt ainsi le fil de pensées divertissantes et agacé du temps qu'avait mis Oswald à revenir, Alexander décida d'attendre un peu avant de daigner se lever de son canapé – où il était d'ailleurs confortablement installé. Il finit tout de même par se diriger vers la porte nonchalamment, prêt à réprimander l'imbécile qui se tenait derrière. Lorsqu'il ouvrit la porte, ses mots moururent dans sa bouche. Oswald se tenait là, en larmes, l'épaule en sang et visiblement sur le point de s'écrouler. Il entra péniblement et en trébuchant. La première pensée d'Alexander fut : Eh bien, je suppose que la cible n'a pas été abattue... La seconde fut que, en retard ou pas, il devait avant toute chose soigner la blessure de l'idiot pleurnichard face à lui. « Je suis désolé, il... il s'est échappé... c'est de ma faute, je n'ai pas réussi à tirer... » En effet, c'était de sa faute. Il avait été faible et cette faiblesse avait mis sa vie en danger. En étant incapable de tirer le premier sur l'homme face à lui, il avait d'avance perdu la partie. Mais, étonnamment, Alexander ne se sentait pas particulièrement en colère contre lui. Il avait laissé s'échapper une cible importante, s'était pris une balle dans l'épaule de par son manque d'efficacité et arrivait avec un retard de plus de deux heures, mais il ne lui en voulait pas énormément. Oh, bien sûr, Oswald serait puni pour tout ça, c'était dans l'ordre des choses. Mais, pour le moment, il pensait surtout qu'il fallait soigner cette blessure à l'épaule. Les reproches attendraient. « Ça bouge... et ça tourne... oh... » Oswald céda soudain sous son propre poids, tombant dans les bras d'Alexander. Le jeune homme pleurait et tremblait, plus vulnérable que jamais. Alexander eut un moment de flou, hésitant sur la démarche à suivre avec ce poids mort contre lui. Sa première réaction aurait été de repousser Oswald en lui sermonnant de se tenir ou de s'asseoir quelque part. Mais il ne doutait pas un instant que cela ne ferait qu'intensifier ses pleurs et qu'il serait incapable de rester debout sans une assistance. Bredouillant, Oswald s'excusa encore une fois d'avoir laissé s'échapper la cible. Eh bien, il avait sans doute fait de son mieux, et puis, ce n'était pas le moment de le blâmer. Il manqua à nouveau de tomber, sans doute à cause de vertiges. Décidant qu'ils ne pouvaient définitivement pas rester ainsi toute la nuit, Alexander se saisi plus fermement d'Oswald – passant un bras sous son épaule valide et l'autre autour de sa hanche – pour le hisser sur la table de la cuisine et l'y allonger. « Ne dis rien, reste calme. Cela ne sert à rien de t'excuser encore et encore. Arrête de parler et laisse-moi faire. » dit-il d'un ton ferme mais néanmoins plus doux qu'il n'avait l'habitude d'utiliser. Il attrapa le matériel médicale dans un placard de la cuisine et entreprit de préparer tout ce dont il aurait besoin pour panser cette blessure. « Cela peut être long et douloureux, ne perds pas connaissance. Fixe ton regard sur mon visage et écoute-moi lorsque je parle, concentre-toi sur moi et sur ma voix. » Il passa une main dans le dos d'Oswald pour le soulever légèrement et fit passer ses bras dans les manches de son haut afin de l'en débarrasser. La blessure était ainsi à découvert et plus facile d'accès. Étudiant l'angle dans lequel elle était positionnée, il se dit qu'il ne pourrait pas s'en occuper convenablement en se tenant à côté de la table. Il monta alors dessus pour se retrouver à califourchon sur le bas-ventre d'Oswald. La position aurait pu être cocasse dans une toute autre situation... Mais à quoi est-ce que je pense ? « Es-tu prêt ? Je peux commencer ? » La nuit promettait d'être longue.
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Dernière édition par Alexander B. Pendelbury le Ven 8 Aoû - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Ven 8 Aoû - 12:44


Servant of Evil
AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

Pourquoi fallait-il que ça soit tombé sur moi ? J'avais beau savoir que j'étais bel et bien immobile, j'avais l'impression que tout tournait autour de moi. Mes jambes tremblaient, je sentais des gouttes de sueur perler dans mon dos et sur mon visage, où elles se mêlaient à mes larmes abondantes. Même avec toute la volonté du monde, j'aurais été incapable de m'arrêter de pleurer. C'était peine perdue. J'avais horriblement mal à l'épaule, j'avais pas la moindre idée de combien de temps cette crise allait durer et en plus je redoutais la réaction d'Alexander. Je n'avais pas été capable de faire correctement mon travail, qui était pourtant tellement simple. Sans vouloir me vanter, j'excellais au tir. C'était Ottawa qui m'avait dit ça, alors qu'elle pratiquait le tir en loisir. Pourtant, j'avais été incapable. Alexander avait sûrement raison. J'étais incapable. Faire correctement quoi que ce soit était bien trop me demander. J'avais beau toujours tenter de faire de mon mieux, c'était encore loin d'être acceptable. Voilà pourquoi je me retrouvais à m'excuser encore et toujours. Il méritait tellement mieux qu'avoir un poids tel que moi. Tout ce que je souhaitais, c'était qu'Alexander n'ait pas de problèmes malgré ma stupidité, cependant, je lui en causais. Mes jambes finirent par lâcher, je me retrouvai dans ses bras et m'excusai encore une fois de mon incapacité. Je sentis ses bras me serrer et me porter jusqu'à ce que je me retrouve allongé sur la table de la cuisine. Je n'eus pas vraiment le temps d'être surpris qu'il ne m'ait pas repoussé. À vrai dire, j'étais trop mal pour. Je sentais que j'allais de plus en plus mal. Mes oreilles sifflaient de plus en plus et ma tête tournait toujours davantage, m'arrachant plus de larmes. « Ne dis rien, reste calme. Cela ne sert à rien de t'excuser encore et encore. Arrête de parler et laisse-moi faire. » Rester calme ? Comment pourrais-je faire une telle chose ? Je sentais mon ryhtme cardiaque s'accélerer toujours davantage, je n'arriverais pas à me calmer. Cependant, je n'oserais pas parler de ma maladie à Alexander, je ne voulais pas l'ennuyer avec une telle futilité. Je ne voulais pas qu'il me voit encore plus faible, incapable et inutile qu'il ne me voyait déjà. Alors, je me contentais d'hocher lentement et difficilement la tête. Malgré mon état, j'avais pu noter qu'il avait employé un ton plus doux que d'habitude. Oh, légèrement plus. Mais c'était déjà beaucoup selon moi. Il s'éloigna et revint rapidement. Enfin, selon moi, il revint longtemps après mais j'imaginais que c'était la panique qui troublait ma vision du temps. « Cela peut être long et douloureux, ne perds pas connaissance. Fixe ton regard sur mon visage et écoute-moi lorsque je parle, concentre-toi sur moi et sur ma voix. » Voilà qui me rassurait grandement. Ne perds pas connaissance. C'était facile à dire. Si seulement il n'y avait eu que l'incident de la balle... j'étais aussi en pleine crise de Ménière. J'avais mal au cœur, à la tête, à l'épaule. Je voulais que tout ça ne soit qu'un mauvais rêve, que tout se termine aussi vite que ça avait commencé. Malheureusement, la vie était telle un roman écrit par un auteur invisible, qui, comme tout le monde, trouvait ça amusant d'être sadique avec ses personnages fictifs. Je savais ce que c'était, c'était tellement drôle. Les personnages d'histoires ne pouvaient pas se rebeller, ils étaient condamnés à obéir à leur créateur qui se plaisait à les voir souffrir, qui aimait les enfoncer encore plus bas que terre. Malgré tout, j'allais essayer de faire ce qu'Alexander me demandait. Soudain, je sentis un poids sur mon bas-ventre. Je rouvris les yeux et... oh mon Dieu. Alexander. Je ne pus m'empêcher d'écarquiller les yeux et je me sentis rougir jusqu'au oreilles. [color=#006600]« Es-tu prêt ? Je peux commencer ? » La douleur me fit bien vite revenir à la raison et je commençai à inspirer et exprimer lentement et profondément. Ça ne changeait pas grand chose mais au moins, je réussis à oublier ma gêne. Pour mieux me concentrer sur ma douleur. « J'imagine que tu le sais, mais si les Hommes étaient capables d'utiliser à vingt pour cent les capacités de leur cerveau, ils ne ressenteraient plus la douleur. J'aurais aimé avoir cette chance. À vingt pour cent toujours, notre mémoire serait telle que l'on se souviendrait même de notre vie avant notre naissance. », réussis-je à bredouiller avec un petit sourire au milieu de mes larmes. J'aurais aimé avoir cette capacité, comme Lucy. Elle téléphonait à sa mère tandis que le chirurgien lui retirait le sac de drogue de l'intérieur de son ventre. J'avais un doute. Était-ce vingt ou trente pour cent ? Je ne m'en souvenais plus... pourtant ça j'avais vu le film la veille seulement. Je n'avais pas la mémoire de Lucy... « Je ne sais pas pourquoi je dis ça maintenant... Vas-y. Je vais essayer de faire de mon mieux pour suivre tes ordres... », murmurai-je en pleurant davantage. Je n'allais pas réussir à rester calme longtemps, je le savais. J'étais bien trop mal pour ça.

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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Sam 30 Aoû - 20:54

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Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Oswald se calma légèrement, commençant par se concentrer sur sa respiration, qu'il fit plus régulière et profonde. Sans nul doute, il devait souffrir. Alexander faillit faire une remarque sur la façon qu'il avait eu de rougir lorsqu'ils s'étaient retrouvés à califourchon. Mais, après une brève réflexion, il se dit que ce ne serait peut-être pas le meilleure moyen de le faire se calmer. D'un autre côté, ça aurait pu avoir le mérite de lui faire oublier un peu la douleur. Et puis, embêter le jeune homme se révélait particulièrement amusant, notamment lorsqu'il se mettait à rougir ou à bafouiller. Évidemment, la chose devenait bien moins intéressante lorsqu'il se mettait à pleurer. Ce qui lui arrivait souvent, tout bien considéré. Une sorte d'hyperémotivité, avait conclu Alexander. Là encore, il y avait matière à taquiner Oswald. En fait, presque tout ce qui concernait Oswald pouvait être retourné contre lui. Et ce fait plaisait particulièrement à Alexander, qui en profitait pleinement lorsque son humeur était relativement bonne. Somme tout considérée, il en profitait également en étant de mauvaise humeur. La seule différence était qu'il se montrait certainement plus tranchant lorsqu'il était mécontent. « J'imagine que tu le sais, mais si les Hommes étaient capables d'utiliser à vingt pour cent les capacités de leur cerveau, ils ne ressenteraient plus la douleur. J'aurais aimé avoir cette chance. À vingt pour cent toujours, notre mémoire serait telle que l'on se souviendrait même de notre vie avant notre naissance. » Alexander soupira. Cet idiot n'avait pas écouté un mot de ce qu'il avait dit ou faisait-il seulement fi de ses ordres ? Il lui semblait pourtant bien lui avoir dit de se taire. Il devait économiser ses forces et, lui, tout ce qu'il trouvait à faire était de lui parler des capacités du cerveau humain. Son histoire de mémoire était bien belle, mais lui ne semblait pas en avoir tellement. Et ça ne remontait à aujourd'hui. Combien de fois Alexander avait-il dû lui répéter une simple tâche à effectuer, et qui n'impliquait même pas de tuer quelqu'un ? Ce garçon était une énigme vivante. Il pouvait se montrer intelligent comme complètement stupide. Restait à savoir si l'un des deux était une feinte. L'expérience d'Alexander lui avait appris qu'une personne intelligente pouvait feindre la stupidité, tandis que l'inverse était bien moins aisée. Et, pourtant, c'était souvent les idiots qui tentaient de se faire passer pour des savants. La vraie intelligence était de cacher ses cartes, de ne pas dévoiler immédiatement son jeu. Il est facile de se croire intelligent, mais le vrai talent n'est-il pas de savoir dissimuler son intellect ? L'un des exemples les plus connus étant le Brutus de l'antiquité romaine, qui se fit passer pour un véritable idiot afin de ne pas être vu comme une menace par son oncle, qui l'aurait fait tuer si c’eût été le cas. Mais Oswald était bien loin d'être un héros de l'antiquité, et la question n'avait même pas lieu d'être. Il était stupide, point. Certes, il pouvait se montrer plus intelligent que certains de ses congénères, mais il demeurait ridiculement arriéré par rapport à Alexander. « Je ne sais pas pourquoi je dis ça maintenant... Vas-y. Je vais essayer de faire de mon mieux pour suivre tes ordres... » Eh bien, commence par te taire pour respecter mes ordres, pensa-t-il. Il soupira plus fortement, se faisant entendre et son mécontentement avec. Oswald avait l'air de souffrir. De souffrir énormément. Alexander connaissait la douleur ressentie lorsque l'on se prenait une balle. La sensation de perforation qui apparaît immédiatement après la déflagration, l'impression d'avoir une partie de chair à vif et l'étourdissement, les vertiges qui surviennent dès le premier mouvement... Il savait également que ce n'était pas fini, loin de là. Il allait falloir l'extraire, désinfecter et recoudre la plaie. Et d'après ce qu'il avait aperçu du matériel médical, il n'y aurait pas suffisamment d'antalgiques et d'analgésiques pour contrôler la douleur. Il ne pouvait rien faire d'autre que faire de son mieux pour l'aider à supporter. « Oswald, écoute-moi. Arrête de parler, tais-toi une bonne fois pour toute. Si tu dis encore un seul mot, je te laisse croupir sur cette table. Et ouvre les yeux, regarde-moi. Fixe ton regard sur moi, je veux être en mesure de voir la couleur de tes iris à tout moment. Je sais que c'est difficile, mais tu dois t'accrocher à quelque chose. Tu peux me tenir si tu veux, griffer, mordre... Profites-en, je ne te laisserais pas me faire saigner souvent. Ça va être douloureux, on n'a pas assez d'anti-douleurs. L'idéal serait l'hôpital, mais dans ma situation... » Il s'interrompit. Oui, l'hôpital est ce qu'il aurait fallut à Oswald. Bien sûr, il était capable de soigner ça par ses propres moyens, mais ce serait beaucoup mieux en clinique. Oswald serait endormi, il ne souffrirait pas. Les soins seraient prodigués par des professionnels et il y aurait beaucoup moins de risques que sur la table de l'appartement. Mais, Alexander ne pouvait pas se rendre dans un lieu public aussi surveillé et contrôlé. Il ne pouvait pas prendre ce risque, pas même pour Oswald. « Je... suis désolé. » Un murmure léger et doux, tellement différent de la façon dont il avait l'habitude de parler. Se vidant la tête, il se mit à fouiller dans la boîte métallique contenant les différents produits. Il devait se concentrer sur sa tâche. Se sentir coupable ne mènerait à rien. Et puis, il n'était pas le fautif, de toutes façons, n'est-ce pas ? Il n'y était pour rien si Oswald était incapable de se protéger d'une balle. Il faillit balancer la boîte lorsqu'il remarqua qu'il n'y avait même plus d'analgésiques. Seulement des antalgiques. Mais qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire avec ça ?! Il avait besoin de plus, Oswald pouvait perdre connaissance sous l'effet d'une douleur trop prononcée. L'idée de l'assommer lui vint. Il serait tranquille avec ça. Et puis, il se dit que ça n'était pas responsable et peu recommandé. Dommage. Tandis que les cachets d'antalgiques fondaient dans l'eau, il scrutait le jeune homme sous lui. Comment le rassurer ? Il n'était définitivement pas fait pour ça. Il passa doucement une main dans les cheveux emmêlés du garçon. N'arriverait-il donc jamais à discipliner sa coiffure un tant soit peu ? Le crépitement des médicaments cessa, indiquant qu'il pouvait les faire boire à Oswald. Mais comment faire cela ? Le jeune homme avait déjà dû mal à simplement respirer, comment lui faire avaler le liquide ? Et puis, avec son épaule, comment le faire se redresser ? Son regard se posa sur ses lèvres rebondies et légèrement entrouvertes, tâchées de sang. Peut-être l'avait-il craché ou il s'agissait d'une éclaboussure. Il se saisit du verre et le porta à ses propres lèvres. Puis, il se pencha sur le visage d'Oswald et, avant que le garçon n'ait eu le temps de faire un quelconque mouvement de recul, posa ses lèvres sur les siennes. Il sentit le liquide couler de sa bouche pour rejoindre celle de son petit valet. Il goûta la saveur glacée et amère du sang mêlée à celle chaude et sucrée de ses lèvres. Puis, il releva la tête. « Il reste encore la moitié du verre. Avale, que je puisse recommencer. »
© Gasmask


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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Lun 1 Sep - 11:00


Servant of Evil
AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

J'avais peur. Terriblement peur. Je n'avais pas l'impression d'avoir déjà ressentie une telle panique auparavant. Depuis que je m'étais rendue compte que je l'aimais, j'avais toujours dit que je préférerais qu'Alexander me tue plutôt que je ne lui cause des problèmes ou que quelqu'un d'autre me tue. Cependant, je n'avais jamais sérieusement pensé que l'hypothèse que je sois un jour au bord de la mort tout en étant jeune pourrait s'avérer être la réalité. Je pensais que c'était parce que je lisais trop, que j'écrivais trop, que j'avais trop d'imagination que ce genre de choses m'était venu en tête. Peut-être parce que je regardais trop de films et de séries télévisées. Ça me rappelait ma mère, un jour où elle avait dit que Lost était une série partant dans bien trop de sens différents. C'était vrai que c'était une série peu ordinaire. À l'époque où ça passait, je m'étais lancé dans un projet de roman fantastique. Ça partait aussi un peu dans tous les sens. Cette soirée – ou plutôt nuit – commençait elle aussi à être étrange, d'ailleurs ! Qu'est-ce qu'Alexander faisait assis là, sur mon bas-ventre, comme s'il s'agissait de la chose la plus normale du monde ? … forcément, pour lui, ça n'avait rien de gênant. J'étais sûr qu'il ne connaissait même pas ce sentiment, d'être gêné, cet idiot ! « Oswald, écoute-moi. Arrête de parler, tais-toi une bonne fois pour toute. Si tu dis encore un seul mot, je te laisse croupir sur cette table. Et ouvre les yeux, regarde-moi. Fixe ton regard sur moi, je veux être en mesure de voir la couleur de tes iris à tout moment. Je sais que c'est difficile, mais tu dois t'accrocher à quelque chose. Tu peux me tenir si tu veux, griffer, mordre... Profites-en, je ne te laisserais pas me faire saigner souvent. Ça va être douloureux, on n'a pas assez d'anti-douleurs. L'idéal serait l'hôpital, mais dans ma situation... » Le fait qu'il laissa sa phrase en suspens me donna encore plus envie de pleurer, sans que je ne sache pourquoi. J'allais mal, très mal. Cependant, je continuai de faire de mon mieux pour faire ce qu'il m'ordonnait. J'aurais bien envie de mordre quelque chose, oui. Mais je ne voulais pas que ce soit Alexander. Je ne voulais pas lui faire mal. Je m'en voudrais de le voir saigner par ma faute. Il paraît que ça faisait mal en plus quand je mordais les autres. Apparemment, j'ai des canines pointues. Aucun dentiste n'a eu l'occasion de le vérifier, cependant. Plus jamais je ne laisserais l'un de ces démons m'approcher. Plus jamais. Cette peur était phobique, j'en avais parfaitement conscience, mais je refusais d'entamer un travail psychologique pour m'en débarrasser. Ça ne changerait strictement rien au fait que j'étais persuadé que les dentistes étaient... Une soudaine douleur plus violente que les autres me sortit de mes pensées. Je sentis mon visage se crisper sous la douleur. Que tout s'arrête au plus vite, pitié... « Je... suis désolé. » Désolé ? Mais, de quoi ? Ça serait plutôt à moi de m'excuser. Mais surtout, qu'est-ce qu'il lui prenait ? Alexander, s'excuser ? On aura tout vu. Ça me faisait malgré tout plaisir d'entendre de telles paroles sortir de sa bouche, surtout vu le ton doux sur lequel il avait prononcé ces quelques mois. Le tintement des boîtes de médicaments contre la paroi de la boîte en métal me faisait mal à la tête. À chaque fois que je clignai des yeux, j'avais envie de les garder fermés et de me laisser sombrer dans un état d'inconscience, dans lequel je ne sentirai plus aucune douleur. Cependant, je faisais tout mon possible pour les garder ouverts, pour laisser mon regard fixer Alexander. J'entendais le bruit lointain de médicaments fondant dans l'eau. Comment allais-je réussir à me redresser pour boire ? J'allais mal, très mal. La douleur de la balle s'ajoutait aux vertiges causés par ce foutu syndrome de Ménière. Il fallait que je le dise à Alexander, mais je n'osais pas. Pourtant, vu son intelligence, il saurait peut-être comment m'aider ? Je ne voulais pas lui avouer, mais j'avais besoin de lui dire. En plus, qui sait, peut-être que ce genre de chose avait une importance dans l'extraction d'une balle ? Je n'en savais rien, ce n'était pas moins la personne la plus intelligente de la pièce... [color=#ff420e]« Alexander, il faut que je te dise quelque chose d'important... », murmurai-je assez fort pour qu'il m'entende. « Je suis en train de faire une crise du syndrome de Ménière... Tu... tu ne connaîtrais pas un moyen de la faire s'arrêter ? » Pitié, faites qu'il réponde par la positive. J'avais à nouveau désobéi en parlant, mais cette fois, ce n'était pas pour ne rien dire... J'avais une raison de parler. Enfin, selon moi en tous cas... Tandis que je surprenais mes paupières à se fermer sans qu'elles n'y soient autorisées, je sentis une main se poser dans mes cheveux. C'était celle d'Alexander. Elle me semblait à la fois chaude et froide, et réconfortante. Ce genre de gestes me surprenait vraiment venant de lui. Je n'étais que son stupide esclave, pourquoi faisait-il tout ça pour moi ? Ça ne rimait à rien... Me tuer serait tellement plus simple, il n'aurait pas de mal à cacher mon corps, vu sa grande intelligence. Mes pensées sombres furent soudains interrompues lorsque je vis le visage d'Alexander se rapprocher de moi, jusqu'à ce que ses lèvres se posent sur les miennes. Je sentis alors l'eau aromatisé à ce goût de médicament peu agréable rejoindre ma bouche tandis que j'avais l'impression d'être encore et toujours plus rouge. « Il reste encore la moitié du verre. Avale, que je puisse recommencer. » Il... il... il... Non. Qu'est-ce que je racontais. Il ne m'avait pas embrassé. Jamais une telle chose n'arriverait. C'était tout simplement la façon la plus simple de me faire boire le médicament qui, de ce que j'avais compris, n'allaient pas m'être utiles bien longtemps. S'il était plus sympa avec moi que d'habitude, ce con, c'était uniquement parce que j'étais dans un état pitoyable et que, dans un etraordinaire élan de gentillesse, il voulait que je n'ai pas à supporter son sale caractère en plus de la douleur. J'avalai, avec grande difficulté, avant de me mettre à pleurer davantage. J'en arrivais à me dire que je préférerais mourir plutôt que de devoir à nouveau vivre avec cette terrible douleur qui me faisait tant pleurer. Ces insupportables maux au cœur qui me faisaient tellement souffrir, tous les jours, sans que je ne puisse rien y faire. « Achève-moi. Rien ne va dans ma vie. Je n'ai aucun futur et surtout, la personne dont j'aime à en crever n'a rien à faire de moi. S'il te plaît. », suppliai-je en hoquetant tandis que, à nouveau, mes pleurs ridicules redoublaient d'intensité. Je me doutais déjà de sa réponse... il allait sans le moindre doute m'ordonner de me taire, surtout vu la stupidité de mes propos. J'étais pourtant loin de trouver ça stupide. J'avais peur, je souffrais, je voulais simplement en finir. Il m'arrivait parfois de vouloir en finir simplement à cause de ces sentiments tellements agréables et douloureux à la fois, cependant, j'étais loin d'avoir le cran nécessaire pour me tuer...

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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Sam 6 Sep - 1:08

Servant of evil
E. Oswald Twain
feat.
Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Il luttait. Oswald luttait vraiment, et l'issu du combat qui se déroulait sous les yeux d'Alexander était encore incertaine. Il fermait les yeux, mais les rouvrait aussitôt – bien que ses paupières semblaient rester closes un peu plus longtemps à chaque battement de cils. Une grimace déformait à un intervalles plus ou moins réguliers son visage, pourtant si doux d'ordinaire. Il aurait voulu l'aider, faire disparaître la douleur, la balle  et la blessure. Il aurait voulu que tout ça n'ait pas eu lieu. Il éprouvait rarement des remords pour quelque chose qu'il avait fait. Il n'était tout simplement pas dans ses habitudes de s'apitoyer sur le passé. À quoi cela sert-il ? On se dit qu'avant, c'était mieux, qu'on n'avait pas de problèmes, que la vie était plus simple. Mais la vie est toujours la même, elle continue. Elle n'est pas plus simple ou plus difficile, elle est comme nous la façonnons. Nous sommes seuls maîtres de notre destin. Les erreurs commises sont de notre fait et se dire que si on avait su, on n'aurait fait les choses autrement ne fait pas avancer le présent. Certes, on peut le penser, mais ce n'est d'aucune utilité. Voilà comment raisonnait Alexander, et comment il avait toujours raisonné. Et, pourtant, en voyant ce jeune homme si dévoué sous lui se tordre de douleur et respirer avec autant de difficultés, il se dit qu'il n'aurait pas dû l'envoyer là-bas. Oswald avait finalement avalé le liquide, mais il pleurait de plus belle. Seulement, ses sanglots n'étaient pas de simples larmes de douleur. Ils semblaient animés par autre chose, quelque chose de plus abstrait mais néanmoins bien réel. Quelque chose comme une profonde souffrance, mais touchant le cœur plutôt que le corps. Alexander n'avait pas l'habitude qu'on pleure devant lui – du moins, pas de tristesse. De peur, de douleur, oui. De désemparement, de malheur, non. Il y avait quelque chose de profondément déplaisant et troublant à voir Oswald pleurer ainsi. Il pleurait souvent, pourtant, avec cette affaire d'hyperémotivité. Mais là, c'était différent. Et Alexander n'aimait pas ça du tout. Il n'était pas en colère ou agacé, pourtant, ce qui le surpris et le dérangea, dans une certaine mesure. Somme tout considérée, il aurait dû être irrité de voir son stupide esclave se montrer aussi faible. Qui plus est, devant lui ( après tout, il n'était jamais bon de dévoiler ses faiblesses à Alexander ). Mais, il ne ressentait rien de tout cela. Il était simplement troublé et inquiet, deux sentiments qu'il expérimentait rarement. Qui plus est, il ne savait pas quoi faire pour apaiser Oswald ni pourquoi il était dans un tel état. Il l'avait informé quelques instants auparavant être en pleine crise du syndrome de Ménière, mais ce n'était certainement pas pour pour ça qu'il pleurait ainsi. À dire vrai, Oswald ne l'avait jamais réellement informé qu'il souffrait de cette pathologie. Alexander l'avait découvert dans son dossier médical. Mais, ils n'en avaient jamais parlé ensemble. Il s'occuperait de régler cela plus tard, pour l'instant il devait faire quelque chose. Non seulement il devait trouver un moyen de calmer Oswald, mais il fallait également s'occuper de cette balle. Mais par où commencer ? S'il voulait le soigner convenablement – et lui faire avaler le reste des médicaments – il fallait tout d'abord qu'Oswald cesse de pleurer autant. Mais, comment pouvait-il bien s'y prendre ? Une fois de plus, l'idée de l'assommer lui vint à l'esprit. Ce serait vraiment plus facile, pensa-t-il. Mais on n'assommait pas un blessé, n'est-ce pas ? Ça n'était clairement pas recommandé. D'un autre côté, si je ne fais rien, ça pourrait être pire, argumenta-t-il dans l'étrange plaidoirie qui prenait place dans sa tête. Finalement, pesant le pour et le contre, il prit sa décision. Et il allait s'y tenir. Il était sur le point d'assommer d'Oswald, vraiment, et l'idée lui plaisait, pour tout dire. Mais c'est à ce moment qu'Oswald choisit d'ouvir la bouche et, vraiment, si Alexander n'était pas autant Alexander, il se serait dit que s'il avait su il l'aurait assommé bien plus tôt. « Achève-moi. Rien ne va dans ma vie. Je n'ai aucun futur et surtout, la personne dont j'aime à en crever n'a rien à faire de moi. S'il te plaît. » Il resta un instant sans bouger, sans montrer la moindre réaction. Il fixait Oswald sans le voir, son regard simplement posé là, parce qu'il devait bien regarder quelque part. Les paroles du jeune homme résonnaient dans sa tête, comme attendant de prendre sens. Cependant, il avait très bien compris. Il avait vécu quelques années en compagnie d'April et de son rythme de parole absolument infernal, ça n'était pas une petite vingtaine de mots à tout casser qui allait lui poser problème. Pourtant, il avait rarement été aussi long à réagir à une phrase. Lentement, il commença par cligner des yeux. Puis, son expression figée retrouva un état plus naturel, bien que complètement neutre. Il n'avait pas pour habitude de laisser voir ce qu'il pensait, encore moins quand il devait réfléchir à ce qu'on venait de lui dire. De toute façon, il n'y avait pas à réfléchir. « Je t'ai demandé de te taire. Ce n'est pas la peine d'ouvrir la bouche, qui plus est pour dire de telles inepties. Il est hors de question que tu meurs, tu m'entends ? J'ai encore besoin de toi. Qu'est-ce que je vais faire si tu n'es pas là, mmh ? Penses-tu que je ne déplorerais pas ta perte ? Que tu ne m'es d'aucune utilité ? Tu m'appartiens, comme un chien appartient à son maître, ne l'oublie pas. Les gens sont tristes quand leur chien meurt. Et je ne t'ai pas demandé de mourir, à ce que je sache. Ouvre la bouche, il reste des antalgiques. » Avant qu'Oswald n'ait l'occasion de répliquer, Alexander se saisit du contenu du verre et plaqua à nouveau ses lèvres contre celles du jeune homme. Il délivra le liquide par petite dose, prolongeant le contact qui avait tant fait rougir son petit valet quelques instants auparavant. Se séparant finalement d'à peine quelques centimètres du visage de ce dernier, il ajouta, en le fixant droit dans les yeux : « Si tu ne peux vivre pour toi, vis pour moi, Oswald. »
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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Dim 7 Sep - 12:32


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AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

Je voulais mourir. Je pensais rarement ce genre de choses. Mais la situation n'était pas si habituelle que ça. Je ne m'étais jamais pris de balle auparavant. La seule chose qui ne changeait guère par rapport à d'habitude, c'était cette douleur en moi, cette douleur psychologique. C'était ridicule d'en arriver à un tel point simplement par amour. « Je t'ai demandé de te taire. Ce n'est pas la peine d'ouvrir la bouche, qui plus est pour dire de telles inepties. Il est hors de question que tu meurs, tu m'entends ? J'ai encore besoin de toi. Qu'est-ce que je vais faire si tu n'es pas là, mmh ? Penses-tu que je ne déplorerais pas ta perte ? Que tu ne m'es d'aucune utilité ? Tu m'appartiens, comme un chien appartient à son maître, ne l'oublie pas. Les gens sont tristes quand leur chien meurt. Et je ne t'ai pas demandé de mourir, à ce que je sache. Ouvre la bouche, il reste des antalgiques. » Qu'est-ce que je disais ? Il avait agit exactement comme ce que j'avais dit. Il avait beau dire ça, j'étais malgré tout persuadé qu'il ne tenait pas à moi. J'étais influençable, c'était vrai. Sauf que je ne manquais pas de lucidité à ce point, non plus. Après tout, cette comparaison avec le chien et son maître montrait bien qu'il se foutait de moi, me comparant à un simple animal. Même s'il avait abordé le fait que les gens sont tristes quand leur chien meurt. Ce qui l'ennuyerait, si je mourrais, c'était qu'il faudrait qu'il se trouve un autre larbin pour faire le sale boulot à sa place. Réfléchir commençait à me donner mal à la tête... je n'eus d'ailleurs pas le temps de réfléchir davantage qu'il me fit boire le reste du verre, de la même façon que la première fois. Sauf que cette fois, il prit plus de temps pour le faire. Je me sentais rougir tandis que l'envie de profiter de cette occasion pour l'embrasser monter. Non. Je n'y arriverais pas. Je n'oserais pas. L'occasion ne se représentera pas, mais je n'avais pas le courage de faire ça. Tout ça était condamné à rester dans mes rêves. Et à nouveau, le matin, je réaliserai que j'étais seul dans mon lit, qu'il y faisait froid et qu'un autre jour difficile allait commencer. Rah... j'avais bien envie d'un petit verre de tequila... ça me remonterait le moral, et puis mon dernier verre commençait à dater. C'était avant-hier soir... longtemps, donc. Ce désir de sauter sur l'occasion pour embrasser Alexander était toujours présent et grandissant. Il m'arrachait aussi de nombreuses larmes supplémentaires. Si je ne faisais rien, je le regretterais. Si je faisais quelque chose, je le regretterais. Je n'avais pas l'envie, l'envie m'avait. Pendant une petite seconde, je commençai à l'embrasser, enfin, à exercer une légère pression sur sa lèvre supérieure, finissant par céder à la tentation. De toutes façons, j'étais mourant, j'avais l'excuse de ne pas savoir ce que je faisais. Et vu le peu de force physique qu'il me restait, je n'arriverais à rien. J''avais essayé, mais n'avait pas la force de bouger plus que ça. Je ne sus pas si oui ou non cet idiot avait réalisé ce qu'il se passait qu'il se recula de quelques centimètres et commença à me fixer droit dans les yeux, yeux que je m'efforçais d'essayer de garder ouverts. Je me sentais partir quelques fractions de secondes de plus en plus souvent. « Si tu ne peux vivre pour toi, vis pour moi, Oswald. » Je hoquetai, mon émotion étant a priori trop importante pour s'exprimer uniquement avec des larmes. Je continuai ainsi plusieurs secondes, à pleurer toujours davantage. Voir peut-être même plusieurs dizaines de secondes, qui mises à bout faisaient peut-être une minute entière. Vivre pour lui... qu'est-ce qu'il racontait ? J'avais envie de crier. De lui hurler ma colère d'en être réduit à ce que j'étais désormais. Il allait me dire de me taire encore une fois, mais je n'en n'avais plus rien à foutre. Sa phrase, qui aurait pourtant dû me faire tellement plaisir, me révoltait. Je voulais lui hurler ma rage. L'émotion était trop forte. « Tais-toi. Ne me dis pas de me taire encore une fois. J'ai le droit d'exprimer mes pensées, moi aussi. Vivre pour toi ? Je ne t'aurais pas rencontré, tu aurais passé ton chemin sans prendre le temps de m'aider à Londres, j'aurais un futur. J'ai toujours bossé pour faire partie des meilleurs. J'aurais pû devenir quelqu'un. J'ai des valeurs, donc quand tu es parti après m'avoir dit que je t'étais redevable, j'ai essayé de te rattrapé pour savoir comment je pourrais t'être utile. Ce fameux soir, alors que j'avais un avion à prendre, je n'ai pas hésité à t'aider parce que tu avais dit que j'avais une dette envers toi. Même si tu ne te laissais pas faire, j'ai persévéré. Comment ai-je été remercié de t'avoir sauvé la vie ? Je n'attendais même pas un simple merci. Tout ce que je voulais, c'était que cet inconnu ait survécu et puisse encore vivre. En guise de remerciement, tu m'as obligé à travailler pour toi. Tu as ruiné mon futur. J'avais une vie à Londres. Et encore plus en Nouvelle-Zélande. Mais non. Je suis obligé de rester à New York parce que monsieur l'a décidé ainsi. Depuis que je travaille pour toi, rien de bon ne m'est arrivé. J'ai été obligé de tuer, mais qu'en as-tu à faire de ce que j'ai bien pu ressentir la première fois ? Merde ! Tu es capable de penser à quelqu'un d'autre qu'à ta petite personne ? Je dois vivre avec ce poids sur la conscience. Et ce n'est pas tout. Le pire, c'est qu'à force de vivre à New York et de croiser une certaine personne, j'ai fini par tomber amoureux. D'une personne qui se fout complètement de moi, alors que je l'aime à en crever ! Ça me fait tellement mal. Ça a beau être la pire personne qui soit, je l'aime plus que tout quand même. Et ça, c'est de ta faute !! Tu m'as obligé à rester, tu as ruiné mon futur, tu me fais mentir à mes parents, et tu me demandes de vivre pour toi puisque je n'arrive pas à vivre pour moi ? Putain, tu te rends compte de l'absurdité de ce que tu me demandes ? C'est déjà pour toi que je vis, malgré tout, bordel ! Je t'appartiens, c'est bien ce que tu rabâches à longueur de journée, je me trompe ? J'en ai marre, de tout ça, mais qu'est-ce que tu en as à foutre de mes sentiments ? Qu'est-ce que tu en as à foutre de la raison pour laquelle je pleure tant quand je suis seul ? Rien ! Bordel, comment une personne aussi haïssable que toi peut-elle exister ?! » J'eus du mal à finir ma tirade. Mon épaule me faisait horriblement mal. J'avais essayé de parler le plus calmement possible, mais sur la fin, je m'étais énervé et avais crié. D'où, je supposais, le fait que j'avais encore plus mal. En plus, ma tête tournait. La faute des vertiges causées par ma maladie, sans doutes. Et j'étais fatigué, par dessus le marché. Je sentais mes yeux se fermer, lentement. Puis je me sentis commencer à perdre conscience. J'avais du mal à respirer. Je sentais mon cœur battre à une folle allure. Je n'aurais pas dû m'énerver à ce point, vu l'état dans lequel j'étais. Je me reconcentrai sur ma respiration tandis que j'attrapai l'avant-bras d'Alexander de ma main gauche, le serrant le plus fort possible. J'espérais que mes ongles ne s'enfonçaient pas trop dans sa peau, je ne voulais pas lui faire mal... « Alexander... s'il te plaît... ne m'abandonne pas... », suppliai-je en tentant de ne pas le quitter du regard comme il me l'avait demandé. J'espérais qu'il n'allait pas m'en vouloir à cause de tout ça. Malgré ce que je venais de dire, tout ce dont je venais de l'accuser, je ne pouvais pas lui en vouloir au point que je le devrais. Je l'aimais... bien trop... J'en avais marre, oui. Tout allait mal dans ma vie. Et la seule personne en qui j'avais réellement confiance dans cette ville refusait de l'entendre.

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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Jeu 25 Sep - 18:19

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Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Cette soirée se passait vraiment mal. Rien n'aurait dû être ainsi. Oswald devait simplement aller dans la rue et assassiner un homme. Ensuite, il rentrait et tout allait pour le mieux. Alors pourquoi Alexander était-il assis à califourchon sur lui en ce moment ? Pourquoi le jeune homme sous lui souffrait-il tant que son visage d'ordinaire si angélique s'en trouvait déformé en un rictus de pure douleur ? Pourquoi lui avait-il demandé avec un air si misérable de bien vouloir mettre un terme à sa vie, qu'il semblait juger insignifiante ? Il n'avait peut-être pas tort sur ce point précis, après réflexion, mais là n'était pas la question. Ce devait être la faute d'Oswald. Si il avait réussi à tirer, après tout, ils n'en seraient pas là... Mais d'une certaine façon, Alexander sentait qu'il avait peut-être une petite part de responsabilité là-dedans. Oh, si infime ! De quelle manière pouvait-il bien être responsable de ce carnage ? C'était bien simple : en aucune façon. Il avait beau tourner la chose sous tous les angles et y réfléchir – avec la plus grande des mauvaises foi, certes - il n'y était pour rien si son incapable de stupide esclave n'avait pas le courage nécessaire pour abattre un homme et s'il était en plus atteint d'une stupide maladie qui ne touchait que les personnes suffisamment stupides pour se laisser stupidement submerger par de stupides vertiges. Que de stupidité en ce monde, voilà qui était affligeant. On en revenait toujours au même point : il était entouré d'incapables. Et Oswald était un incapable particulièrement stupide. « Tais-toi. Ne me dis pas de me taire encore une fois. J'ai le droit d'exprimer mes pensées, moi aussi. Vivre pour toi ? Je ne t'aurais pas rencontré, tu aurais passé ton chemin sans prendre le temps de m'aider à Londres, j'aurais un futur. J'ai toujours bossé pour faire partie des meilleurs. J'aurais pû devenir quelqu'un. J'ai des valeurs, donc quand tu es parti après m'avoir dit que je t'étais redevable, j'ai essayé de te rattrapé pour savoir comment je pourrais t'être utile. Ce fameux soir, alors que j'avais un avion à prendre, je n'ai pas hésité à t'aider parce que tu avais dit que j'avais une dette envers toi. Même si tu ne te laissais pas faire, j'ai persévéré. Comment ai-je été remercié de t'avoir sauvé la vie ? Je n'attendais même pas un simple merci. Tout ce que je voulais, c'était que cet inconnu ait survécu et puisse encore vivre. En guise de remerciement, tu m'as obligé à travailler pour toi. Tu as ruiné mon futur. J'avais une vie à Londres. Et encore plus en Nouvelle-Zélande. Mais non. Je suis obligé de rester à New York parce que monsieur l'a décidé ainsi. Depuis que je travaille pour toi, rien de bon ne m'est arrivé. J'ai été obligé de tuer, mais qu'en as-tu à faire de ce que j'ai bien pu ressentir la première fois ? Merde ! Tu es capable de penser à quelqu'un d'autre qu'à ta petite personne ? Je dois vivre avec ce poids sur la conscience. Et ce n'est pas tout. Le pire, c'est qu'à force de vivre à New York et de croiser une certaine personne, j'ai fini par tomber amoureux. D'une personne qui se fout complètement de moi, alors que je l'aime à en crever ! Ça me fait tellement mal. Ça a beau être la pire personne qui soit, je l'aime plus que tout quand même. Et ça, c'est de ta faute !! Tu m'as obligé à rester, tu as ruiné mon futur, tu me fais mentir à mes parents, et tu me demandes de vivre pour toi puisque je n'arrive pas à vivre pour moi ? Putain, tu te rends compte de l'absurdité de ce que tu me demandes ? C'est déjà pour toi que je vis, malgré tout, bordel ! Je t'appartiens, c'est bien ce que tu rabâches à longueur de journée, je me trompe ? J'en ai marre, de tout ça, mais qu'est-ce que tu en as à foutre de mes sentiments ? Qu'est-ce que tu en as à foutre de la raison pour laquelle je pleure tant quand je suis seul ? Rien ! Bordel, comment une personne aussi haïssable que toi peut-elle exister ?! » Alexander se surprit à ne pas être en colère. Son ego et sa position de mâle alpha avaient pourtant été touchés, non ? Pas tant que ça. Il savait tout ce que Oswald venait de lui dire. Il en avait conscience, il y réfléchissait aussi, parfois. Oswlad était un élément important de sa vie, désormais. Il était tout naturel qu'il y songe de temps en temps. Il était insensible, haïssable, égocentrique, mégalomane, narcissique... oui, et après ? Mais se l'entendre dire par quelqu'un avait quelque chose de... d'inconfortable. Non. Pas par quelqu'un. Les autres, ces insignifiants moucherons, il n'en avait que faire. Si c'était inconfortable, c'est parce que ces mots sortaient de la bouche d'Oswald. Les mots n'avaient pas la même résonance lorsqu'il les prononçait. Pourquoi ? Parce que. C'est comme ça, voilà. « Si je t'ai demandé de te taire, c'était pour que tu économises tes forces. Mais libre à toi de mourir comme un idiot sur cette table parce que tu n'auras pas tenu compte de mes conseils. Et quitte à dire ce que tu as sur le cœur... » Il soupira, ne sachant si c'était de fatigue ou parce qu'il s'apprêtait à révéler qu'il avait parfaitement conscience d'être un monstre sans cœur. Il baissa légèrement la tête en un geste de pitié. Il ne s'en rendit même pas compte, absorbé par les paroles qui quittèrent sa bouche. « … Autant me faire part de quelque chose dont je n'ai pas déjà conscience... » Il détourna le regard, presque honteux. Comment un simple misérable idiot à son service avait bien pu lui faire faire quelque chose comme ça ? Comment cet imbécile pouvait juste le regarder et le faire se sentir aussi sale ? Il sentait le jeune homme sous lui, vulnérable et frêle. Mais rien ne lui semblait plus coriace et fort, en cet instant. Bien qu'en y regardant de plus près, Oswald semblait sur le point de craquer. « Alexander... s'il te plaît... ne m'abandonne pas... » Son bras s'accrocha au sien, ses ongles se plantant légèrement dans sa chaire. Il avait parlé en le regardant directement dans les yeux et tout ce qu'Alexander pouvait y lire en ce moment n'était que la peur, la sincérité, un profond désespoir et - malgré tout, malgré tout ce qu'il lui avait fait, malgré tout ce qu'il lui avait dit ! – une lueur de confiance. Pas ce genre de sentiment qu'on ressent brièvement pour une personne qui vous rend votre porte-monnaie tombé au sol dans la rue. Non. Cette confiance inébranlable, presque niaise et aveugle, mais pure et inextinguible. Ce genre de confiance qu'on réserve à peu de personnes – celles qui ont montré qu'elles en sont dignes. Ce genre de confiance qui s'accompagne d'une loyauté infaillible. La loyauté infaillible d'un être misérable et insignifiant... mais qui cachait une pureté et un courage insoupçonné. Et, lui, avec ses grands airs et ses caprices, avait commencé à le corrompre et à le ternir. Il posa une main sur sa joue, soulevant et soupesant légèrement sa tête. Un regard incertain et confus se peignit sur son visage. Comment Oswald pouvait-il lui faire confiance ? D'où venait cette loyauté et cette confiance aveugle en lui dont il regorgeait ? « Ne me regarde pas avec ces yeux-là, Oswald. Comment peux-tu me faire confiance ? Comment est-ce possible que je lise autant de loyauté en toi ? Je n'ai rien fait pour mériter tout cela... Je t'ai souillé. J'ai fais de toi un tueur. Comment peux-tu me faire confiance ? » Il ne s'en sentait pas digne. Il ne le méritait pas. Les sourcils froncés de confusion et d'incompréhension, il passa son pouce sur la peau lisse de la joue d'Oswald. C'était doux. On n'avait peine à voir que l'intérieur était autant brisé.
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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Ven 26 Sep - 18:54


Servant of Evil
AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

« Si je t'ai demandé de te taire, c'était pour que tu économises tes forces. Mais libre à toi de mourir comme un idiot sur cette table parce que tu n'auras pas tenu compte de mes conseils. Et quitte à dire ce que tu as sur le cœur... » Mes larmes redoublèrent d'intensité. Enfin, redoublèrent... ça faisait longtemps que j'avais passé ce stade ! Triplèrent, quadruplèrent... et après je ne connais plus le mot. Enfin, si, j'étais sûr de le connaître mais je n'arrivais pas à le retrouver. « … Autant me faire part de quelque chose dont je n'ai pas déjà conscience... » Il détourna le regard tandis que je le fixais à travers mes larmes, assez incrédule pour le coup. Il savait tout ça ? Il avait réellement conscience de tout ce que je venais de lui dire ? Le plus surprenant était qu'il ne s'énervait même pas un peu. Ça ne lui ressemblait pas, mais ça prouvait également à quel point j'étais loin de le connaître ? Je ne savais presque rien de lui. Non, qu'est-ce que je disais. Je ne connaissais rien à son sujet. Pourtant il y avait des dizaines, des centaines, des miliers de questions que j'aimerais lui poser. Et, en l'occurence, en particulier une. Une question qui me brûlait les lèvres, désormais. « Alors pourquoi n'essaies-tu pas de changer ? Pourquoi... » Je m'arrêtai le temps que ce foutu vertige trop violent pour moi passe. J'avais beau fermer fort les yeux en espérant qu'il parte, ça n'accélerait malheureusement pas les choses. C'était sincèrement dommage. J'avais mal à la tête, de plus en plus. Et j'étais fatigué. Le sommeil m'appelait à lui. Enfin, le sommeil... je n'étais pas sûre que si je fermais les yeux, ça serait dans les bras de Morphée que je tomberais. Ça serait plus dans les pommes. Une fois ce vertige passé, je me souvins quelques instants après que je n'avais pas terminée ma phrase. Je n'avais pas la moindre assurance qu'il allait bien vouloir me répondre, mais qui ne tente rien n'a rien après tout. « Pourquoi tu as si mal tourné ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé pour que tu en veuilles tant à la Terre entière ? » Quand je me mettais à me poser ces deux questions, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer, parce que j'étais triste pour lui. En général, ce ne sont pas les gens heureux qui décident de devenir hors-la-loi. Qu'est-ce qu'il s'était passé de si horrible dans sa vie pour qu'il en soit arrivé là où il était désormais ? J'aimerais pouvoir lui être d'une quelconque aide... mais en ce moment, tout ce dont j'étais capable, c'était de parler de mon envie de mourir et de pleurer comme un abruti à cause de mes stupides sentiments loin d'être stupides pour moi et à cause de ces foutus douleurs et vertiges. Toutes ces douleurs insupportables me poussaient à faire ce que je ne voulais faire en aucun cas, à savoir planter mes ongles dans l'avant-bras d'Alexander. En le suppliant de ne pas m'abandonner. J'étais vraiment ridicule. L'amour rendait les gens totalement aveugles. Il me sembla sentir une main se poser sur ma joue. Je sentis ma respiration s'arrêter un bref instant sous l'effet de la surprise. Qu'est-ce qu'il lui prenait depuis que j'étais rentré presque mort ? Il aurait dû me hurler dessus parce que j'avais été incapable de remplir correctement ma tâche pourtant si simple. J'étais totalement inutile. J'étais sûrement un poids, même pour mes parents. Après tout, à cause de moi et de ma stupidité, ils avaient eue la peur de leur vie, quand... quand cet idiot de dentiste s'est servi de moi pour arriver à ses fins. Anna m'attendait en Nouvelle-Zélande et serait sûrement venue me rejoindre à New York si je le lui avais demandé alors, pourquoi, pourquoi étais-je tombé amoureux d'Alexander ? J'aurais pu être heureux. Mais non. « Ne me regarde pas avec ces yeux-là, Oswald. Comment peux-tu me faire confiance ? Comment est-ce possible que je lise autant de loyauté en toi ? Je n'ai rien fait pour mériter tout cela... Je t'ai souillé. J'ai fais de toi un tueur. Comment peux-tu me faire confiance ? » Mes pleurs s'intensifièrent à nouveau. Je hoquetai. La sensation de son pouce carressant ma joue me donnait des frissons. J'aimerais tellement lui dire que je ne lui en voulais pas. Que je l'aimais plus que n'importe qui. Cependant je ne pouvais pas dire de telles choses. Je ne pouvais même pas laisser sous-entendre quelque chose de ce genre. J'avais en même temps tellement envie de lui dire qu'il avait des qualités, que je ne voulais pas qu'il dise ce qu'il venait de dire... mais je ne le pouvais pas. « De un, contrairement à ce que tu t'entêtes à croire, mon nom n'est pas Oswald. De deux... te faire confiance ? Mais tu as vu la Vierge ou quoi ? Mets des lunettes ou change la correction de tes lentilles. Je te dét.. dét... déteste. Je... je te... te... tu es la personne que je hais le p... plus. Je ne te fais pas confiance, pas du tout. Je suis juste trop obéissant pour me rebeller. De trois, ma loyauté comme tu dis, c'est simplement mon éducation. » Lui dire que je le détestais et que je le haïssais avait été loin d'être facile. Et maintenant que j'avais dit ce si gros mensonge, je me mettais à pleurer et à hoqueter encore plus. J'aimerais tant que rien de tout ça ne soit arrivé. Au bout de très longues minutes, je finis par réussir à me calmer, un peu tout du moins. Assez pour réussir à parler à nouveau. « Les médocs risquent de ne plus faire effet si tu attends encore... », réalisai-je soudainement. Je réalisai en même temps que je me sentais drôlement faible. Encore plus qu'auparavant. Alexander avait sûrement raison, je n'aurais pas dû tant parler... Je n'allais pas finir la soirée, c'était totalement impossible. Je me sentais partir de plus en plus. C'était sûrement en partie dû à ma douleur à l'épaule. Enfin, je n'en savais rien en fait.

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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Sam 11 Oct - 12:33

Servant of evil
E. Oswald Twain
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Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Alexander avait parfaitement conscience du mal qu'il avait fait à Oswald. Il avait gâcher sa vie, lui qui avait un futur sûrement prometteur. Une existence paisible et normale s'offrait à lui. Il aurait vécu loin de tout ces meurtres et de cette noirceur qui semblaient entourer – ou tout du moins suivre - Alexander. Et puis, il avait fallu que ce dernier l'entraîne avec lui. Il l'avait tiré vers le bas, plus bas que terre, avait fait de lui un assassin obéissant à ses moindres désirs. Alors oui, il avait parfaitement conscience du mal qu'il avait fait à Oswald. Et le fait de le savoir mais de ne rien changer ne le rendait-il pas pire encore ? « Alors pourquoi n'essaies-tu pas de changer ? Pourquoi... » Il ne put finir sa phrase. Il ferma les yeux, terrassé par un nouveau vertige. La désorientation momentanée sembla occuper entièrement ses esprits, aussi n'acheva-t-il de poser sa question que quelques instants plus tard, lorsqu'il fut passé. « Pourquoi tu as si mal tourné ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé pour que tu en veuilles tant à la Terre entière ? » Ces interrogations avaient l'air d'être là depuis un petit moment déjà. Il n'avait pas hésité dans la formulation, dans l'ordre dans lequel les poser. Sûrement qu'il se les était déjà posées. D'ailleurs, ç'aurait été mentir que de dire qu'elles n'avaient pas effleurées l'esprit d'Alexander, également. Mais, sur le coup, y répondre n'avait pas paru très important. Après tout, cela n'allait pas faire avancer davantage les choses et il était inutile de s'encombrer de stupides sentiments ou questionnements. « Pourquoi changerais-je ? Ce n'est pas parce que je sais quelque chose que je dois le modifier. Je crains bien qu'il ne soit trop tard pour moi. Après tout, je suis mort, non ? Il m'est impossible de revenir à une vie normale. Quant au pourquoi du comment je suis devenu comme je suis... je ne pense pas être en mesure de donner une explication claire. C'est une succession d’événements, je présume. Contrairement à ce que tu sembles penser, je n'en veux pas à la Terre entière. Mais il est vrai que j'en hais une grande partie. Ce genre de choses, tu ne peux les comprendre qu'en les ayant vu. Peut-être que je te raconterais, un jour, qui sait ? Tu n'es peut-être pas encore tout à fait prêt à entendre les horreurs que j'ai à raconter. » Pourquoi le briser davantage que ce qu'il ne l'était déjà ? Pour le plaisir de le voir se défaire ? Il y avait bien longtemps qu'Alexander avait perdu tout plaisir à souiller cette âme si pure. Peut-être même n'en était-il pas vraiment fier. Il ne le regrettait pas, tout de même. Les regrets étaient d'inutiles sentiments, n'est-ce pas ? Il n'avait pas besoin de cela. Les regrets ne mènent à rien. Dans la vie, des choix sont nécessaires. Alors on les fait, point. Il n'y a pas à avoir de remords pour cela. Non. Ce qu'Alexander jugeait regrettable, c'est que ce soit Oswald précisément qui ait eu à subir tout cela. Mais, si ça n'avait pas été lui, ç'aurait été quelqu'un d'autre, inévitablement. Alexander aimait autant que cette personne soit Oswald. Le jeune garçon était serviable et obéissant. Alors... il était tout de même satisfait. « Ne me regarde pas avec ces yeux-là, Oswald. Comment peux-tu me faire confiance ? Comment est-ce possible que je lise autant de loyauté en toi ? Je n'ai rien fait pour mériter tout cela... Je t'ai souillé. J'ai fais de toi un tueur. Comment peux-tu me faire confiance ? » Les pleurs d'Oswald redoublèrent à ces mots. Il était évident qu'ils l'avaient atteint. Lorsque Alexander passa son pouce sur sa joue, la peau sous ses doigts frissonna légèrement. Intéressant, pensa-t-il. Il n'eut pas le temps de s'interroger davantage, bien qu'il y avait certainement de quoi faire. Oswald prit la parole, tremblant. « De un, contrairement à ce que tu t'entêtes à croire, mon nom n'est pas Oswald. De deux... te faire confiance ? Mais tu as vu la Vierge ou quoi ? Mets des lunettes ou change la correction de tes lentilles. Je te dét.. dét... déteste. Je... je te... te... tu es la personne que je hais le p... plus. Je ne te fais pas confiance, pas du tout. Je suis juste trop obéissant pour me rebeller. De trois, ma loyauté comme tu dis, c'est simplement mon éducation. » Il se mit à pleurer plus encore. Sincèrement, Alexander n'aurait jamais cru qu'une si petite chose puisse produire autant de larmes. Il regarda  Oswald, sous lui, et un sourire en coin étira ses lèvres. Le jeune garçon ne savait pas contrôler à la fois son corps et son esprit. Il avait déjà tellement de mal pour l'un ou l'autre... Alors les deux en même temps, cela relevait du miracle ! Il se pencha à l'oreille du jeune homme et chuchota. « Tu n'es pas crédible une seule seconde, mon cher. N'oublie pas que tu ne peux tromper un trompeur. Tout en toi indique que tu penses exactement le contraire de ce que tu viens de dire. Mais ne t'inquiète pas, je peux t'apprendre à mentir convenablement... Eliott. » Il insista bien sur le prénom à la fin de la phrase. Il ne voyait pas spécialement en quoi l'appeler Oswald le dérangeait. D'ailleurs, sans doute cela ne le dérangeait-il pas réellement mais était simplement une forme de protestation quelconque contre l'autorité. Les adolescents avaient cette tendance à se rebeller juste pour le plaisir de le faire. À voir toutes les larmes qui coulaient des yeux d'Oswald, la rébellion ne devait pas être si réussit. Il parvint néanmoins à se calmer. Quel miracle était à l’œuvre ? Le mystère resterait complet. « Les médocs risquent de ne plus faire effet si tu attends encore... » Déjà qu'ils ne font pas effet tout court..., pensa Alexander. Cela allait être douloureux. Comment le jeune homme parviendrait-il à supporter la douleur ? Un nouveau miracle serait le bienvenu... « Sers les dents, c'est vraiment tout ce que je peux te conseiller. Tu peux me griffer, si tu en as besoin, vas-y. Il fit rouler ses hanches pour dégourdir un peu ses jambes ankylosées. Mauvaise idée. Dans cette position, une certaine partie de leur anatomie se retrouvait particulièrement sujette aux frottements... Si en plus il devait éviter de bouger les hanches, ils n'auraient pas fini demain matin. Tant pis, il allait bouger comme il l'entendait et ne se soucierait pas de cela pour le moment. Il se saisit d'une petite pince et d'une compresse enduite d'alcool. Il posa tout d'abord doucement cette dernière sur et autour de la plaie. Sans aucun doute, cela devait piquer. Il inséra ensuite la pince à la recherche de la balle qui, heureusement, n'était pas enfoncée à plus de cinq centimètres. Au delà de dix, la blessure aurait été létale. Lentement, minute après minute il déplaçait son ustensile de façon à faire le moins mal possible et à ne rien endommager dans les tissus. L'épaule était un endroit délicat parcouru de nombreux nerfs et vaisseaux sanguins. Sans compter les tendons et autres éléments anatomiques. Il finit par extraire la balle avec toute la délicatesse possible. Il avait la chance d'avoir de longs doigts fins qui ne tremblaient jamais. Ses gestes sûrs et précis étaient les bienvenus dans un moment comme celui-ci. Il déposa la balle dans une petite soucoupe et lança un regard à Oswald. La douleur se peignait clairement sur son visage. Il prit un chiffon qu'il humidifia dans la bassine d'eau à côté de lui et l'appliqua en tamponnant sur le front du jeune homme où perlaient de grosses gouttes de sueurs. Le travail était loin d'être finit... « Est-ce que ça va pour l'instant ? On va faire une petite pause le temps que la douleur se calme un peu, je ne veux pas que tu tombes les pommes. Tu veux boire ou manger quelque chose ? » Il passa une nouvelle fois le chiffon sur son front et le laissa là le temps que l'eau rafraîchisse la peau brûlante.
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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Dim 2 Nov - 0:31


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AVEC ALEXANDER B. PENDELBURY

« Pourquoi changerais-je ? Ce n'est pas parce que je sais quelque chose que je dois le modifier. Je crains bien qu'il ne soit trop tard pour moi. Après tout, je suis mort, non ? Il m'est impossible de revenir à une vie normale. Quant au pourquoi du comment je suis devenu comme je suis... je ne pense pas être en mesure de donner une explication claire. C'est une succession d’événements, je présume. Contrairement à ce que tu sembles penser, je n'en veux pas à la Terre entière. Mais il est vrai que j'en hais une grande partie. Ce genre de choses, tu ne peux les comprendre qu'en les ayant vu. Peut-être que je te raconterais, un jour, qui sait ? Tu n'es peut-être pas encore tout à fait prêt à entendre les horreurs que j'ai à raconter. » Ces paroles me poussaient à croire que j'avais raison, que dans le fond, Alexander n'était pas si horrible qu'il ne le paraissait... De ce que j'arrivais à comprendre, il y avait une possibilité pour qu'il regrette, en quelque sorte, ce qu'il était devenu. De ce que je comprenais, c'était à cause des autres qu'il était devenu ainsi. Ça ne semblait pas vraiment le toucher, mais moi, penser ce genre de choses, ça me faisait pleurer encore plus. Il n'avait pas l'air sensible du tout. Moi, on m'avait souvent dit que je l'étais trop. Il l'avait bien évidemment remarqué, vu sa dernière phrase. D'ailleurs, après coup, ça me surprenait qu'il se soucie de moi, de mes émotions, de ma faiblesse. Dès qu'une histoire était un peu triste, je pleurais. Alors, si son passé était rempli d'horreur comme il le disait, je n'étais forcément pas prêt à entendre tout ce qu'il avait à dire. Pourtant... « Je... » Je m'arrêtai de parler en constatant que je n'entendais pas le son de ma voix. À nouveau, mes vertiges s'intensifièrent, m'arrachant toujours plus de larmes. Par chance retrouvai très rapidement mon audition, enfin, celle que j'avais quelques minutes auparavant, une audition très mauvaise. Depuis tout à l'heure, j'arrivais à entendre Alexander, sûrement parce qu'étant un homme, sa voix était grave... mais les autres bruits, je ne les entendais pas ou presque. Et mon épaule rendait la situation encore plus insupportable, je grimaçai de douleur en quasi-permanence et j'avais du mal à garder les yeux ouverts. De plus, je les sentais bouger contre mon gré. Je n'avais même pas le courage de tourner ça en dérision, de me dire que ça ira mieux une fois tout fini. J'allais trop mal pour ça. J'avais l'impression d'être en train de dire quelque chose avant cette perte brutale d'audition... mais qu'était-ce ? Je me forçais à réfléchir et finis par trouver. « J'aimerais quand même savoir, un jour, même si je ne suis en effet sûrement pas prêt. Parfois, parler peut faire aller mieux, même si l'on pense aller bien. », articulai-je difficilement. Lorsque Alexander parla de mon regard plein de confiance en lui, je mentis, sans savoir où j'avais trouvé la force de dire tout ça. Je me doutais cependant que mes larmes me rendait moins crédible... mais évidemment, j'espérais qu'il allait me croire. Il fallait à tout prix qu'il ne sache pas ce que je ressentais réellement pour lui... je ne voulais pas qu'il me déteste à cause de ça. « Tu n'es pas crédible une seule seconde, mon cher. N'oublie pas que tu ne peux tromper un trompeur. Tout en toi indique que tu penses exactement le contraire de ce que tu viens de dire. Mais ne t'inquiète pas, je peux t'apprendre à mentir convenablement... Eliott. » Entendre mon prénom sortir de ses lèvres provoqua une sensation inconnue chez moi. Mon prénom semblait avoir une toute autre sonorité lorsque c’était lui qui le prononçait. Jamais il ne m'avait appelé Eliott, monsieur préférant Oswald. Je n'avais strictement rien à faire de la façon dont il m'appelait, en fait. Ça n'était pas un problème pour moi. Ce qui me causait plus de soucis, c'était qu'il avait vu juste. Tout ça n'était qu'un mensonge. « Sans façon. Mon père, avocat, m'a appris l'importance d'être honnête. » Je n'étais pas fait pour mentir. Pourtant, je venais de le faire lorsque j'avais dit détester Alexander. J'aurais dû me douter qu'il le devinerait... Soudain, je me souvins qu'il m'avait donné un médicament dans le but de retirer la balle. Et que ce médicament n'allait pas faire effet pendant plusieurs dizaines de minutes encore. Après le lui avoir fait remarquer, je me sentis soudainement encore plus mal qu'auparavant. La douleur me fatiguait énormément, je n'avais pas beaucoup mangé ce midi en plus. Mes batteries allaient bientôt être à plat si ça continuait ainsi. Je n'avais plus qu'à prier pour que cette crise de Ménière s'arrête rapidement, malheureusement, je savais d'expérience que les miennes duraient au minimum trois heures. La durée de la première. Les autres avaient été progressivement plus longues, la dernière avait duré six heures. Ce genre de crises pouvait durer de vingt minutes à vingt-quatre heures… je ne savais pas comment je pourrais supporter ça une journée entière… J'avais réussi à calmer un peu, mais je sentis des larmes recommencer à couler, sans réellement savoir pourquoi. J'en pouvais plus... « Sers les dents, c'est vraiment tout ce que je peux te conseiller. Tu peux me griffer, si tu en as besoin, vas-y. » Ses conseils m'inquiétèrent encore plus. Je ne voulais pas le griffer à nouveau, même s'il me le proposait et que oui, j'en aurais besoin. Je ne voulais pas lui faire mal... Je préférais endurer la douleur plutôt que lui faire mal. J'étais un peu bizarre quand même. Dès qu'il posa la compresse sur mon épaule, je recommençai à pleurer sans pouvoir m'arrêter. Ça piquait horriblement... en plus je commençais à avoir vraiment mal à la tête. Et au ventre aussi. Mes oreilles sifflaient encore plus que d'habitude. J'avais chaud. Et froid. Mon dos était trempé, mon front aussi d'ailleurs. Lorsque je sentis la pince rentrer dans mon épaule, je me sentis brutalement partir vers l'inconscience. La douleur était trop insupportable. J'inspirais et expirais aussi profondément et doucement que possible, ma respiration tremblait. J'en arrivai à ne plus savoir ce qu'il m'arrivait. J'essayai de m'accrocher à un état de conscience, mais le sommeil m'appelait, irrésistiblement, tandis que je sentais mon visage se déformer sous la douleur. J'étais essoufflé, je n'arrivais même plus à reprendre mon souffle. Je sentis soudain quelque chose tamponner mon front. C'était humide, frais. Ça faisait du bien, j'avais tellement chaud. J'avais chaud et froid en même temps... avais-je de la fièvre ? « Est-ce que ça va pour l'instant ? On va faire une petite pause le temps que la douleur se calme un peu, je ne veux pas que tu tombes les pommes. Tu veux boire ou manger quelque chose ? » Je fis l'effort d'entrouvrir les yeux. La douleur n'était pas prête de se calmer, j'en étais sûr. « Je ne dirais pas non à un verre de tequila et à de la pavlova... », murmurai-je avec difficulté. « Mais je sais que ce n'est pas indiqué, surtout pendant une crise. Et j'ai trop mal au cœur pour avaler quoi que ce soit, même si je n'ai presque rien mangé à midi... Au fait... tu penses que la douleur se calmera au bout de combien de temps ? Car en fait, ma dernière crise a duré six heures... ajouté à la douleur à mon épaule c'est insupportable. » Insupportable, c'était le mot. « Je... je suis désolé... ça n'a pas suffit que je me prenne une balle il a aussi fallu qu'à ce moment je refasse une crise de Ménière. Je suis désolé de dire ça, je sais que ce n’est pas la réponse que tu aimerais entendre... mais ça ne va vraiment pas là tout de suite... », avouai-je en sanglotant. J'étais un poids pour lui, voilà tout. J'étais un poids pour tout le monde...

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MessageSujet: Re: oswald&alexander ~ servant of evil Mar 11 Nov - 18:18

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Alexander B. Pendelbury


 

 



 

 

Nos jours sont trop courts pour que nous endossions les chagrins des autres. Chaque homme vit sa propre vie et en paye lui-même le prix. Il est cependant dommage qu'il faille payer si souvent pour chaque faute. En fait, on ne cesse de payer et de payer de nouveau. Dans son commerce avec les humains, le destin ne clôt jamais ses comptes.  Δ Oscar Wilde

Le regard d'Alexander parcourut le corps du jeune homme sous lui, examinant ses données vitales. Sa respiration erratique, ses sueurs abondantes et ses tremblements ainsi que ses yeux quasiment révulsés en arrière n'étaient pas franchement encourageants. Une petite partie de lui avait simplement envie de tout laisser tomber et de l'emmener à l'hôpital. Mais son côté raisonnable l'en empêchait. Il ne pouvait pas se rendre aux urgences. C'était bien trop risqué. D'un autre côté, Oswald ne méritait certainement pas de souffrir autant. Quoique, si il avait été plus doué en tir... Non, il n'y était pour rien. Peu importe. Pour l'instant, tout ce qu'Alexander pouvait faire était aller au plus vite afin d'abréger ses souffrances mais également délicatement s'il ne voulait pas que le jeune homme finisse par totalement faire un malaise. Il n'était déjà plus beaucoup conscient, il suffirait de peu pour qu'il ne sombre complètement. Et la dernière chose dont il avait besoin était d'un état comateux venant empirer les choses. Oswald entrouvrit des yeux embués et ternes sous le contact du chiffon humide. « Je ne dirais pas non à un verre de tequila et à de la pavlova... », souffla-t-il entre ses lèvres. La demande eut le mérite de provoquer une esquisse de sourire en coin sur le visage d'Alexander. « Mais je sais que ce n'est pas indiqué, surtout pendant une crise. Et j'ai trop mal au cœur pour avaler quoi que ce soit, même si je n'ai presque rien mangé à midi... Au fait... tu penses que la douleur se calmera au bout de combien de temps ? Car en fait, ma dernière crise a duré six heures... ajouté à la douleur à mon épaule c'est insupportable. » Il se serait tu, peut-être Alexander lui aurait-il vraiment ramené son verre de tequila adorée. Mais le pauvre se contredisait tout seul et plaidait en défaveur de sa requête. Peut-être devrait-il mettre ça sur le fait de son état actuel. Mais il était tout de même persuadé qu'il aurait été capable de dire quelque chose du même goût tout en étant en pleine forme. « Je... je suis désolé... ça n'a pas suffit que je me prenne une balle il a aussi fallu qu'à ce moment je refasse une crise de Ménière. Je suis désolé de dire ça, je sais que ce n’est pas la réponse que tu aimerais entendre... mais ça ne va vraiment pas là tout de suite... » Il se remit à sangloter et Alexander pensa qu'il allait finir par réellement se déshydraté à verser autant de larmes inutiles. Quel gâchis des ressources en eau de la planète... Il retira le chiffon du front d'Oswald et le remit à tremper dans une bassine d'eau propre, le laissant se débarrasser de la chaleur et de la sueur accumulées. Il finissait par ne plus savoir comment réagir face aux pleurs du jeune homme – qui battaient probablement un record numérique ce soir. Il retira une mèche qui tombait dans les yeux d'Oswald et, ne sachant que faire de ses mains, les laissa glisser dans les cheveux du garçon tandis qu'il réfléchissait à une réponse qui se voudrait apaisante. Soupirant, il dû rapidement se rendre à l'évidence : il ne trouvait rien. Lui qui était habituellement si doué pour choisir ses mots se retrouvait sans voix. « Il est inutile de t'excuser. Aussi difficile à croire que ça puisse être, je ne t'en veux pas. Peut-être aurais-je le temps de te culpabiliser plus tard, mais ce n'est pas ma priorité actuelle. Je sais que c'est difficile, je sais que c'est douloureux. Respire calmement. Détends tes muscles. » Il essora le chiffon et le replaça sur le front du jeune homme, essuyant et tamponnant le plus doucement possible. « Tu es brûlant. Est-ce que le froid te fait du bien ? Je vais devoir désinfecter et recoudre la plaie, est-ce que je peux commencer ? » Plus vite c'était fait, mieux ce serait.
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