It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina]

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MessageSujet: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mar 29 Juil - 15:35


It was dark

and

I was over

until you saved me
Cela faisait désormais sept mois que nous avions fui la Russie, mon fils et moi et je dois dire que je faisais preuve d'un légère paranoïa, qui rendait mon quotidien plutôt rude. Bien heureusement, Ivanov et mon travail m'aidait à surmonter cette épreuve. Je me donnais à corps perdu dans mon job, et dans l'éducation de mon petit homme que je désirais parfaite. Toute cette histoire ne devait aucunement le perturber, ou lui causer je ne sais quelle séquelle psychologique. Même si je prenais doucement mes marques dans celle que l'on surnomme la grosse pomme, mes peurs ne m'avaient toujours pas quitté, et je craignais toujours qu'Antoine nous retrouve, et me fasse payer. Je savais plus que quiconque de quoi il était capable lorsqu'il se mettait en colère. Il n'était plus cet homme doux et aimant qui n'était, au final, qu'une façade morbide. Mes nuits étaient emplies de cauchemars, qui me maintenaient dans une torpeur qui me tenaillait et me tenait éveillée jusqu'à ce que je tombe de sommeil. Cette nuit-là n'avait pas été différente des autres. Toutes ces horreurs me revenaient en mémoire et me faisaient l'effet d'une bombe. J'avais la désagréable sensation que j'implosais, et que rien ni personne ne pouvait m'extirper de ce mal-être. Cette nuit-là, ce fut les cauchemars de trop. Je ne pouvais pas rester dans cette maison une seconde de plus. J'appelais ma voisine, avec qui j'avais tout de suite sympathisé et qui appréciait s'occuper d'Ivanov lorsque j'étais dans l'incapacité de le faire. Je ne pouvais l'emmener avec moi, et le laisser seul était hors de question. Ainsi, après quelques minutes, Willa passait le pas de la porte et me serrait dans ses bras. Elle comprenait parfaitement mon besoin de prendre l'air... Ce ne fut pas chose facile, mais j'avais tout de même réussi à me livrer à elle, lui faisant alors part de tout ce que j'avais vécu jusque là. Le cœur sur la main, elle n'avait pu se résoudre à nous laisser ainsi, mon fils et moi. C'est pour cela qu'elle était si présente et si prévenante avec nous. Divorcée, et ses enfants désormais partis du domicile familial, elle se retrouvait bien seule, et de ce fait, nous étions devenu comme une seconde famille, pour elle.

Je pouvais alors maintenant partir sans craindre qu'il arrive quoi que ce soit à ma chair. Un dernier salut de la main, et je démarrais ma voiture pour rouler. Je n'avais pas de destination précise... Je désirais rouler, m'aérer l'esprit, prendre un peu de recul... Fenêtre grande ouverte, je prenais un bol d'air frais. La nuit était déjà avancée, je jetais un coup d’œil à l'heure : trois heures du matin. J'avais encore un peu de temps devant moi... Une fois hors de la ville, je pouvais enfin prendre de la vitesse. Les routes étaient désertes à cette heure, je ne me risquais donc à rien en roulant hors des limitations de vitesse. J'augmentais le volume de l'autoradio et je chantais à tue-tête. Cela avait pour vertu de me détendre, et de me faire oublier mes problèmes le temps d'un instant. Je me sentais libre. Je me sentais vivre. J'avais la sensation de retrouver la joie des moments passés en Russie avant que nous ne bascule.

Le paysage défilait à vive allure, et je chantais de plus en plus afin de me donner contenance. Ici, seule et là où personne ne me connaît, je pouvais lâcher prise et laisser cours à mes émotions. Mon fils dormait paisiblement à la maison en compagnie de la personne en qui javais désormais confiance. Je m'étais promise de ne pas me laisser aller à cette mélancolie qui me collait à la peau, mais ce soir, la pression était trop forte, le passé trop lourd sur mes épaules. Une vive chaleur envahit tout mon être, et de drôles de frissons me parcouraient l'échine, j'étais au bord des pleurs. Mon regard se troublait dangereusement, et rapidement, une larme roula sur la joue pour mourir à la commissure de mes lèvres. D'un geste négligé, je la retirais avant d'empoigner fermement mon volant. Je me devais de tenir la barre, de rester puissante et forte. Ma voiture engloutissait les kilomètres, la musique ne désemplissait pas, pourtant je perdais ma voix... Le courant d'air, et les cris – plutôt que mon chant, l'avaient gravement fatigué. Les pleurs n'arrangeaient rien à la situation.

J'étais pathétique. Profondément, et désespérément pathétique. Au volant de ma voiture, à plusieurs kilomètres de chez moi, pleurant à chaudes larmes, il n'y avait rien de plus idiot. Je me maudis d'être aussi faible, et de ne pas réussir à tenir le choc. Il était temps que je tourne la page, que je vive ma vie sans me retourner, sans m'imaginer qu'il arrivait quelques choses malheureuses. Je me devais me reconstruire et de construire une vie décente pour mon fils. Il avait droit au bonheur, et vivre comme tous garçons de son âge. Mon passé ne devait pas influencer son futur en quelques manières que ce soit. À neuf ans, la seule chose à laquelle il devait songer c'était jouer au ballon avec ses petits copains du quartier. Je réglerai seule mes problèmes le jour où j'aurai le courage de les affronter directement. Pour l'heure, je ne me sentais pas assez forte pour faire face à celui qui est encore mon mari...

Perdue dans mes pensées, je ne faisais hélas plus attention à ce qu'il se passait devant moi. Arguant intérieurement que je pouvais tout à fait me laisser aller à l'introspection au vu du peu de monde qui passait par là, je ne m'attendais pas à ce qu'une voiture arrive en face, prête à me foncer dessus. Fort chanceuse, je dois l'avouer, j'avais réussi à éviter la catastrophe de très près. Je ralentissais un instant, réalisant que je venais de frôler la mort. Essoufflée, et déboussolée, je passais une main dans mes cheveux et mon regard vagabonda un instant sur la gauche. L'instant de trop. Cette fois-ci, je ne pus éviter le choc avec une nouvelle voiture qui arrivait en face, à vive allure. J'eus le simple réflexe de tourner violemment le volant pour ne pas me la prendre de face...
Tout ceci se déroula en mois de temps qu'il ne faut pour le dire. La collision fut on ne peut plus rude. Je fus projetée de tous les côtés, retenue plus ou moins efficacement par les airbags qui étaient venus amortir le choc. Je voyais trouble, et du sang coulant de mon front se mêla aux larmes qui naviguaient encore sur mes joues. À demi-inconsciente, je me rendais compte de l'ampleur des dégâts. Comment allais-je rentrer chez moi ? Je n'étais absolument pas en état d'appeler Willa... D'ailleurs, mon portable devait sûrement être réduit en bouillie, je ne sais où dans ce qui était maintenant mon tas de ferraille. De nouvelles larmes tombèrent sur mon visage, et un cri de désespoir suivit le mouvement. Je devais me sortir de là, je devais retrouver mon fils, je devais être là demain, lorsqu'il se réveillerait.

Je tentais tant bien que mal de me sortir de ma voiture, mais rien y faisait. Mes forces me manquaient gravement, au point de ne pas réussir à ouvrir ma portière. Je ne voyais personne sortir de l'autre voiture accidentée... Le conducteur était-il mort, ou avait-il pris la fuite ? Franchement, je ne cherchais pas à savoir ce qu'il était advenu de lui, sur l'instant. Je forçais du mieux que je pouvais sur la poignée pour m'échapper de mon véhicule...

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Dernière édition par Polina Levachov le Jeu 7 Aoû - 18:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mar 29 Juil - 18:07


It was dark and I was over, until you saved me.
Samuel  06 Polina





Putain mais va te faire mettre, ducon ! Ouais c'est ça !

Ce type est un véritable enfoiré de première, ma parole !! Foutu client de mes deux ! Pour qui il se prend à traiter les gens comme des chiens ?? Rien à carrer, qu'il en parle à mon boss, je m'en balance royal ! Le patron de la boite connait mon caractère et sait que si j’en viens à envoyer bouler un client, c’est qu'il a vraiment abusé. Aussi, je me fous des menaces de ce type. Il peut appeler mon employeur s'il le veut, face à ses arguments, il risque d'être surpris et de se faire joliment recevoir par ce dernier. Dans cette firme, certes, on met un point d'honneur à faire du bon boulot et à satisfaire le client en faisant tout pour être dans les meilleures délais, mais quand un client nous manque vraiment de respect, le boss sait parfaitement faire la différence contrairement à d'autres sociétés de transport de marchandise où il faut s'abaisser à tout pour le client qu'on considère comme le Roi. Le client est Roi certes, mais il y a tout de même certaines limites. Et me prendre pour un con en m'insultant de façon quasi directe, ça ne le fait pas avec moi. Surtout lorsque je n'ai commis aucune faute grave. Ce foutu con a fondu un plomb pour trois minutes de retard. Trois putains de minutes, bordel !!! Cet enfoiré m'est tombé dessus et c'est parti en vrille au bout d'un moment, même si j'ai tout fais pour prendre sur moi au départ malgré son idiotie. Quoi qu'il en soit, la façon dont j’ai fini par le recaler et lui faire fermer sa putain de gueule, ne lui a pas plu, et c'est seulement au moment de remonter dans mon camion après cette dernière livraison que Monsieur a eu le "courage" de revenir me brailler ses conneries.
Pour un peu je redescendais et lui faisais bouffer mon poing ! Ma vitre baissée, c'est donc à ce fameux instant que je lui balance alors :

Putain mais va te faire mettre ducon ! Le tout accompagné d'un bras d'honneur comme il se doit avant de lui lancer : Ouais c'est ça ! alors qu'il menace d'appeler mon boss pour se plaindre.


~*~



Me voilà donc désormais en route pour rentrer à New York. Foutue journée de merde, j'ai vraiment hâte de me poser. Il doit être maintenant environ trois heures passées du matin. Ouais, c’est à peu près ça. Encore quelques dizaines de kilomètres et je serais enfin chez moi. J'aurais pu m'arrêter dans un motel vu la fatigue mais je ne risque pas de flancher, j'ai l'habitude et puis je suis parfaitement éveillé.

J'entame une portion de route sinuant à travers la campagne quasi déserte avant de voir une voiture se profiler à quelques centaines de mètres de moi. J'abaisse un instant la vitre pour profiter de l'air frais et m'y accouder tandis que j'allume une clope.
C’est là que l'incident se produit plus loin. Deux voitures rentrent en collision alors que l'une fait une méchante embardée. Tout se passe très vite et je réagis alors au quart de tour. Garant le camion sur le côté de la route, je descends précipitamment et me lance dans leur direction. Mais en arrivant à hauteur du véhicule de l'autre type en courant, celui-ci se précipite dans sa bagnole et prends illico la fuite alors que traine un morceau de son pare choc qui s'est à moitié arraché, sur le bitume avant de bientôt complètement se défaire du véhicule.

- Putain connard, c’est ça, casse-toi !! beuglais-je.

Bordel mais c’est ma soirée décidément ! Ni une ni deux, je me précipite vers l'autre véhicule en piteux état. La jeune femme à l'intérieur semble sonnée et a du mal à ouvrir cette dernière vu la tôle froissée. Je fais alors le tour du véhicule et l'incite à sortir côté passager en ouvrant la porte et en me penchant à l'intérieur de l'habitacle pour déjà savoir si elle n'a rien puis pour l'aider ensuite à s'extirper du véhicule.

- Ça va ? Rien de cassé ? lui dis-je avant de l'aider ainsi à s'extraire de son siège pour sortir de mon côté.

Elle semble accuser le choc mais certaines douleurs ne vont pas tarder à se manifester. Quant à sa tête, je crains le pire au vu de la trainée de sang qui lui barre le front.

- Où sont vos papiers ? Il faut vous emmener à l’hôpital.

Sa voiture est morte et je me penche alors vers la boite à gants pour récupérer les papiers du véhicule ainsi que son sac à main. Puis je passe un bras autour d'elle pour la soutenir et l'emmener jusqu'au camion. Mais elle s'y oppose soudain farouchement.

- Hep, y'a pas de non. Vous saignez de la caboche, c’est pas rien alors vous n'avez pas le choix. Ni votre mot à dire. Bordel mais arrêtez de vous débattre putain de merde !!



©️ EKKINOX
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mer 30 Juil - 0:40


It was dark

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Cette poignée, cette poignée, cette poignée. Cette poignée, et cette portière étaient les deux seules choses qui entravaient mon chemin. Il fallait que je sorte de cette voiture. Il le fallait et vite. À ma grande surprise, je fus prise d'une sorte de crise claustrophobie accentuée par mon angoisse naturelle.  Mes larmes redoublèrent alors que je n'arrivais toujours pas à décoincer cette porte de voiture qui me donner sacrément du fil à retordre. Tout était anormalement calme dehors, ce qui n'arrangeait rien à mon état. Était-il possible que mon véhicule explose à un moment donné ou à un autre ? Si cela était possible, je devais être efficace. Mais alors que je me concentrais sur cette chose, je sentis la voiture bouger... Le conducteur de l'autre voiture avait réussi à nous délier et avait    pris la fuite. Il n'avait même pas chercher à me sortir de là... Je désespérais encore plus de m'en sortir. Cependant, une minutes plus tard, j'entendais une voix masculine s'élever vulgairement. Une silhouette se précipite alors jusque la voiture, et je vois en elle une échappatoire. Je lâche un grand soupir de soulagement en voyant arriver cet homme. Il contourna rapidement le tas de ferraille pour me sortir.
Il semble de me parler, me poser des questions, mais je ne comprends rien à ce qu'il me dit. La tête me tournait bien trop fortement, aucun mot ne voulait s'échapper de ma gorge. La seule chose que je voulais plus que tout, c'était avoir de l'air frais et retrouver mon fils. Oui,   je désirais retrouver mon fils au plus vite. J'ignorais l'heure qu'il était, mais ce qui était certain c'est qu'il fallait que je rentre vite pour être là lorsqu'il ouvrirait les yeux.

Une fois dehors, contrairement à ce que je pensais, je n'arrivais pas à retrouver mes esprits et je remerciais ce bras qui me soutenait fermement, sinon je serai déjà écroulée au sol. L'espace d'un instant, il farfouille dans la boite à gants, et sort mon sac, qui est, comme par miracle, en plutôt bon état. La seule chose que je saisie lorsqu'il s'adresse de nouveau à moi, c'est qu'il a pour dessein de me mener à l'hôpital. Mais il en est, bien entendu, pas question.

- Niet, niet, niet ! Ya nie iotchu !*

Il me devient alors impossible de me débattre en anglais. Instinctivement, le russe sort alors d'entre mes lèvres, d'une voix étouffée et éraillée par les larmes qui n'ont de cesse de rouler sur mes joues. Je m'oppose farouchement à ce qu'il m'emmène jusque son camion pour m'amener à l'hôpital. Je n'ai pas de temps à perdre dans pareil lieu. D'ailleurs, je me sens tout à fait bien, si ce n'est que je suis sous le choc de l'accident que je viens de subir. Mais physiquement, je ne semble pas si affectée que cela. Pourquoi cet homme-là se bute à vouloir me transporter à tout prix ? Ce n'était finalement peut-être une bonne idée qu'il vienne me secourir. Après tout, je n'étais pas en si mauvais état que cela, et j'aurais très bien pu attendre les secours le lendemain matin, au pire des cas.
Je tentais de me détacher de sa poigne, mais il avait décidément beaucoup de force que moi, ce qui n'était pas si difficile que cela au vu de mon état et de sa forme physique. Je n'arrivais pas à desceller les traits de son visage, mais je pouvais déjà dire qu'il entretenait son corps par de multiples exercices. La fermeté de ses muscles en étaient une preuve certaine.

Hélas, nous arrivions bien rapidement à son camion, et malgré ma furie, je ne parviens pas à m'enfuir. Sous le coup de la colère, et du désespoir, de nombreuses insultes en russe viennent percuter ses tympans. Après tout, je ne risque rien. Il ne doit pas comprendre un traître mot de ce que je lui raconte. Cependant, il doit comprendre que ce ne sont pas des mots doux... Je lui donnais des coups désordonnés songeant que l'un d'entre eux finirait bien par lui faire mal. Il me restait encore assez de force pour le cogner. Je n'étais absolument pas adepte de la violence, mais là, je ne savais pas comment me défendre. Il ne désirait pas me lâcher alors que je lui faisais clairement comprendre qu'il le devait. Je ne lui avais rien de demander, et nous ne nous connaissions ni d'Adam ni d'Eve. Et même si nous nous connaissions, il n'avait pas à me tenir si fort, au point de me faire mal.

- Hep, y'a pas de non. Vous saignez de la caboche, c’est pas rien alors vous n'avez pas le choix. Ni votre mot à dire. Bordel mais arrêtez de vous débattre putain de merde !! 

Que je cesse de me débattre !? Et puis quoi encore !?
Mais que veut-il de moi, à la fin !? Alors qu'il m'attrape plus fermement pour me faire retrouver la raison, je distingue enfin les traits de son visage... Oh mon dieu, c'est affreux... Il a le même regard que... le même regard que... Non, non. Ce n'était pas possible. C'est tout simplement impossible. Ce ne peut pas être vrai. Rien de tout cela est vrai, je dois être en train de rêver.

- Nooooon ! hurlais-je alors, sans retenue.

Je n'en revenais toujours pas. Il avait cette même lueur dans la pupille, cette même expression. Ce pouvait-il que ce soit lui ? Qu'il ait pris une fausse identité pour me retrouver ? Je divaguais complètement, je m'en rendais compte. L'accident avait été trop violent, et je commençais en ressentir les symptômes. De vives vertiges me prirent le haut du crâne, et je ne sentais plus mes jambes une seconde. Je m'effondrais dans ses bras, alors que je désirais m'en faire. J'essayais toujours de me débattre, mais mon corps ne suivait mon cerveau. Mes yeux se fermaient doucement, mais je résistais à cette force qui – je le sentais, me forcer à partir je ne sais où. Mais ce fut plus fort que moi. Tout devint noir. Je venais de sombrer dans le coma...

~*~

Je repris connaissance lentement. Un affreux mal de crâne me maintenait dans un état grogui. Je n'arrivais à faire aucun mouvement, ne serait-ce qu'un battement de cil – sans que celui ne soit un effort considérable. Je trouvais dans un lit, dans une salle toute exsangue. J'étais à l'hôpital. Cet inconnu au regard d'Antoine m'avait sauvé la vie et pourtant, ce n'avait pas été tâche aisée face à ma réticence. Mais elle était légitime selon moi.
Je tournais lentement le visage vers la fenêtre, il faisait jour. Dans un élan d'angoisse, je réussis à me redresser d'un coup.

- Ivanov ! m'exclamais-je, en panique.

Il s'était réveillé sans moi ce matin, ne sachant pas où j'étais passée. C'était une catastrophe. Je me devais d'appeler Willa et de tout lui raconter.


*Non, non, non ! Je ne veux pas ! (Russe phonétique)


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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mer 30 Juil - 15:04


It was dark and I was over, until you saved me.
Samuel  06 Polina





Putain ce qu'elle m'agace ! Et en quelle langue elle me parle au juste ?! Avec ça, elle ne semble pas disposée à arrête de remuer dans tous les sens et je commence non seulement à fatiguer mais également à perdre patience. J'hésite un instant à la laisser là puisqu'elle semble tant y tenir mais finalement, son hystérie se manifeste bientôt par un cri qui me perce les oreilles. Je plaque alors ma main sur sa bouche et lui beugle de la fermer une bonne fois pour toute. Pourquoi semble-t-elle soudain me craindre moi ? On dirait qu'elle me regarde comme si j'étais à la fois un fantôme et son pire ennemi. Et c'est là sa dernière réaction puisqu'une seconde plus tard, elle s'évanouit alors entre mes bras.

Bon, au moins elle ne m'opposera plus de résistance pour ce qui est de l'emmener à l'hôpital, mais je m'inquiète que ce choc à la tête ne soit pas trop grave. Je ne perds donc pas de temps et l'installe sur la couchette à l'arrière de la cabine, la couvrant avec la couverture pour qu'elle reste au chaud, puis m'installe derrière le volant. Direction les urgences.

Roulant à vive allure, je arrive enfin un moment plus tard. Elle est tout de suite prise en charge tandis que je me charge de pouvoir répondre aux quelques questions qu'on me pose à propos de l'incident et des papiers nécessaires que je présente en fouillant dans son sac à main, lequel je suis allé chercher dans le camion. Après ça, j'attends longuement en arpentant inlassablement les couloirs de l'hôpital.

Pourquoi suis-je encore là deux heures plus tard alors qu'ils l'ont transférer après soins dans une chambre de l'hôpital ? Allez savoir. Après tout, on s'occupe d'elle désormais et je ne devrais pas avoir à rester ici pour la veiller. Pourtant, c'est ce que je fais. Installé sur un fauteuil tout près de son lit, j'attends qu’elle se réveille. Juste pour qu'elle ait quelqu'un à ses côtés lorsqu’elle rouvrira les yeux et qu'elle se sente sans doute moins perdue vu qu'ils n'ont su qui prévenir à l’accueil. A-t-elle de la famille ? Sans doute j'imagine.
Je suis là, épuisé, à cran, désirant juste pouvoir enfin dormir. Mais je reste là comme si j'étais incapable de la laisser tomber dans cette vilaine situation. Comme si je sentais qu’elle allait avoir besoin de moi à son réveil.
Quoi qu'il en soit, la fatigue finit par avoir raison de moi et je m'endors finalement sans même m'en rendre compte.


~*~


Le réveil du lendemain est brutal puisque c'est un cri paniqué qui me tire du sommeil. Iva quoi ??! Je me redresse doucement du fauteuil où j'étais installé, non sans accuser quelques courbatures douloureuses. Au moins, la jeune femme est réveillée mais lorsqu'elle se rend compte de ma présence en tournant la tête de mon côté, je n'ai pas vraiment le temps de me préoccuper de quoi que ce soit ou de prononcer un mot que déjà deux infirmières déboulent dans la chambre.
J'en profite pour sortir un instant de la pièce et aller me chercher un café. Puis je reviens un instant plus tard tandis que les infirmières me parlent un peu de son état, me signifiant qu'elles lui ont signalé qui j'étais et que j'avais tenu à la veiller ainsi toute la nuit pour qu'elle puisse compter sur une personne à son réveil.

Je ne connais pas la réaction de la concernée mais quoi qu'il en soit, je rejoins alors sa chambre, frappant à la porte pour m'annoncer avant d'entrer. Une fois près d'elle, je me présente et lui demande si elle se rappelle d'hier soir. Ainsi que si elle a quelqu'un à prévenir.




©️ EKKINOX
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Jeu 31 Juil - 0:43


It was dark

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Sous la panique, j'avais réussi à me lever, mais très vite s'en suivit des maux de tête qui me forcèrent à me rallonger. En effet, l'accident avait du être vraiment violent pour me mettre dans un tel état. D'ailleurs, je ne remercierai jamais assez cet homme qui – malgré mon refus assez farouche, avait réussi à m'emmener à l'hôpital. Qui sait ce que je serais devenu s'il n'avait pas été là ? En songeant à lui justement, je le vis se redresser avec mal du fauteuil dans lequel il s'était assoupi. J'ouvrai alors de grands yeux de surprise – il était resté là, à veille sur moi depuis ma venue aux urgences, et je n'en revenais. Ce qui me laissait également plus qu'interdite était ce regard que j'avais pu entrevoir hier soir. C'en était plus que troublant, la similitude me faisait froid dans le dos. Mais je me devais d'arrêter d'y penser. Il semblait être à l'antipode d'Antoine... Je n'eus pas le temps de l'observer davantage que deux infirmières s'engoufrèrent dans ma chambre pour vérifier mes constantes. Je ne sais pas trop ce qu'il se passe, ni ce qu'il m'arrive – et je ne comprends pas un traître mot de leurs paroles, de surcroît. Mon anglais était plutôt impeccable, et pourtant le vocabulaire médicinal me manquait cruellement. Je savais donc ce qu'il me restait à faire en rentrant chez moi.

J'appris l'identité de mon sauveur par l'intermédiaire des deux infirmières, et je me réjouis de connaître celui qui m'avait sauvé la vie. Je l'aurais volontiers invité à dîner en guise de remerciement, mais cela attendrait sûrement mon rétablissement. Samuel avait profité de la venue des deux pour sortir de la chambre, et sûrement aller chercher un petit remontant. Il était resté dans un fauteuil au confort douteux pendant plusieurs heures, il avait bien le droit de se dégourdir les jambes...

De mon côté, je m'impatiente un peu de savoir ce qu'il en est, de surtout de savoir quand est-ce que je pouvais sortir. Mon séjour ici était déjà bien trop long. Je tentais de me redresser pour regarder l'heure : sept heures du matin. Ivanov ne me verra donc pas ce matin avant d'aller à l'école. Ça n'allait pas. Ça n'allait décidément pas bien du tout. Mais alors que je maugréais toute seule, et contre le monde entier, l'on toqua à ma porte. J'invitais alors la personne à entrer. Bien entendu, cette personne ne pouvait être que Samuel. Café bouillant à la main, il s'installa de nouveau dans le fauteuil dans lequel il somnolait précédemment, et se présenta poliment. Son timbre de voix différait complètement de celui d'Antoine, ce qui était rassurant. Mais je ne pouvais détacher mon regard du sien, et ainsi plantais-je mes perles azures au fond de ses pupilles. Elles dégageaient le même magnétisme, et le trouble devenait de plus en plus grand. Après quelques secondes de silence, je détournais vivement les yeux, me rendant compte que ce n'était pas un comportement acceptable de la part d'une inconnue.
J'étais sur le point de me présenter lorsqu'un médecin entra dans la chambre sans se manifester. Je n'étais déjà pas de très bonne humeur, et le comportement de ce professionnel ne faisait qu'accentuer mon mécontentement. Qu'avait-il à me dire ?

- Eh bien, ma chère Polina Levachov. On peut dire que vous avez été chanceuse ! Néanmoins, vous avez quelques contusions et des ecchymoses, ce qui fera l'objet d'un suivi... Avez-vous de la famille que nous pourrions prévenir de votre présence ici ?

Je ne pus m'empêcher de rire à son interrogation. Mais que croyait-il ? N'avait-il pas lu mon nom de famille ? Il neigera en Août, le jour où une grande famille de Russie - telle les Levachov, viendra s'installer aux États-Unis. Certes, la Guerre Froide avait cessé depuis bien longtemps, mais il fallait arrêter de se leurrer. Les russes et les américains ne garderont qu'une entende cordiale. Aucun amitié ne sera jamais possible entre les deux blocs.

- Monsieur... Pensez-vous réellement que je puisse avoir de la famille sur ce territoire avec un pareil nom ? … En un murmure qu'il ne pourrait entendre : Niviechrda* ...
- Bien... Alors un proche ? Un voisin ?
- Oui. Willa. Willa Chace. Brooklyn heights n°20bis.


Je lui spécifiais ensuite son numéro de téléphone. Je soupirais d'une telle procédure. Je n'avais pas le temps d'attendre qu'elle vienne... Je devais rentrer au plus vite. Je pensais à Ivanov qui ne devait pas comprendre où se trouvait sa mère. Ce n'est pas rassurant pour un fils d'être dans l'ignorance la plus totale.

- Parfait. Sachez que vous allez devoir rester quelques jours ici, le temps des examens que nous prévoyons de vous faire...

Là, c'en était trop.

- Non, non, non. Je ne peux pas rester là, Monsieur. J'ai un fils. Un fils de neuf ans qui m'attend... Le pauvre ne doit pas savoir où est sa mère, et il a besoin de sa mère.
- N'a-t-il pas de père qui puisse s'en occuper, Madame ? Nous ne pouvons pas vous laisser sortir.
- Non, il n'en a pas.
Je me redressais derechef et me tournais vers Samuel, en espérant qu'il soutienne ma cause, et m'aide à quitter l'hôpital dans l'heure. Dîtes quelque chose, je vous en prie. Je faisais de nouveau face au médecin. Monsieur, comprenez-moi, je ne peux pas rester ici...!

La situation était devenue ingérable, et je commençais sérieusement à perdre patience. La maîtrise de soi était peut-être une vertu chez les russes, et les occidentaux n'avaient sûrement pas souvent affaire à des communistes se débattant tel que je pouvais le faire, mais de toute façon, je ne me considérais pas comme faisant parti de ces conservateurs... Et je ne me laisserai pas faire...


* Ignare


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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Jeu 31 Juil - 21:56


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Samuel  06 Polina




De retour dans la chambre après qu'elle m’ait invité à rentrer, je m'installe de nouveau sur le fauteuil à côté d'elle avec le café que j'ai également ramené à son attention, et que je lui tends après m'être présenté, lui adressant un petit sourire. Je suis soulagé qu'elle aille mieux et qu'elle n'ait rien de grave. Elle semble un peu plus rassurée que la veille et son regard fixe longuement le mien comme si elle cherchait à lire en moi. Je dois dire que c’est troublant. Et je me surprends à l'observer tout aussi fixement. Là, en pleine lumière du jour, je peux détailler les traits de son visage. Elle est belle. Vraiment très belle. Et c'est visiblement tous deux qui sommes aussi perdus dans le regard l'un de l'autre à en croire le léger sursaut que nous marquons lorsqu'arrive sans prévenir le médecin dans la pièce. Enfin sans prévenir, pas si sûr. Je crois qu'on étaient à ce point absorbés elle et moi qu'on a simplement pas du entendre cogner à la porte.

- Eh bien, ma chère Polina Levachov. On peut dire que vous avez été chanceuse ! Néanmoins, vous avez quelques contusions et des ecchymoses, ce qui fera l'objet d'un suivi... Avez-vous de la famille que nous pourrions prévenir de votre présence ici ?

Alors c'est comme ça qu’elle s'appelle. Polina ... . D'origine Russe, à n’en pas douter. Je reste songeur un instant avec un petit sourire sur les lèvres tandis que j'écoute la suite. Le médecin annonce ainsi qu'elle n'a que quelques contusions et des ecchymoses qui feront l'objet d'un suivi. Puis il lui demande alors si elle a de la famille à prévenir. Je suis franchement amusé lorsqu'elle adopte un air carrément dubitatif lorsqu'il lui pose cette question et qu'elle se met alors à rire en lui rétorquant de but en blanc ce qu'elle en dit. Un rire qui fait naitre un large sourire sur mes lèvres tandis que j'essaie de rester le plus discret possible en dissimulant ma bouche du dos de la main. Je croise d'ailleurs un instant son regard et elle peut remarquer la lueur amusée dans mes yeux, ce qui semble élargir son sourire un instant. Un sourire qu'elle m'adresse avant qu'il ne disparaisse un instant plus tard alors que le médecin lui apprend qu’elle va devoir rester ici encore quelques jours.

- Non, non, non. Je ne peux pas rester là, Monsieur. J'ai un fils. Un fils de neuf ans qui m'attend... Le pauvre ne doit pas savoir où est sa mère, et il a besoin de sa mère.
- N'a-t-il pas de père qui puisse s'en occuper, Madame ? Nous ne pouvons pas vous laisser sortir.
- Non, il n'en a pas.


Elle se redresse alors sans plus la moindre trace d'un quelconque sourire sur ses jolies ourlées. Ses traits marquent l’inquiétude et le désappointement. Et c'est un regard désespéré qu’elle me lance alors qu'elle se tourne vers moi comme pour supplier mon aide.

Dites quelque chose, je vous en prie.

- On va arranger ça. Pas de panique, lui dis-je avant qu'elle ne fasse de nouveau face au médecin. Monsieur, comprenez-moi, je ne peux pas rester ici...!

Je me rapproche alors d'elle et pose une main sur son épaule.

- Du calme. Je vais m'occuper de prévenir la personne en question et vous pourrez voir votre fils.

Elle a limite l'air remontée après le médecin à qui je fais signe de sortir histoire que la dénommée Polina se calme un instant.

- Bien. Déjà calmez-vous. Ensuite, dites-moi si vous préférez que je me charge moi-même de les prévenir.

Mais elle argue paniquée que la dame qui garde son fils doit partir ce soir en vacances et qu'il n'y aura personne pour garder son môme. Bon, là c’est déjà plus embêtant. Et elle n'a personne d'autre visiblement.

- Vous habitez New York si j’en crois l'adresse que vous avez donné au doc. Je peux vous proposer d'y aller moi-même , c'est là-bas que j'habite aussi. Je peux aisément me charger de votre fils ou le confier à qui vous voudrez.

Seulement, à part cette Willa, elle n'a vraiment personne à qui elle songerait confier la garde de son enfant. Je lui signifie alors qu'elle peut compter sur moi et que je peux faire l'aller retour dans la matinée et lui ramener ici. Au moins aura-t-elle l'occasion de pouvoir le voir comme elle l'espère tant. Elle m'informe alors après un temps de réflexion que son fils fréquente une école de musique durant le mois de Juillet pour des cours d'été et elle me communique alors l'adresse après s'être chargée de passer un coup de fil à la dite école pour informer le directeur que je passerais chercher son fils.
Une fois tout ceci réglé, elle prévient également cette fameuse Willa afin qu’elle puisse préparer quelques affaires pour le gosse. Je la rassure ainsi avant de partir et prends la route un instant plus tard.

Je ne suis de retour que vers midi passé et c'est alors en direction du réfectoire que je me dirige avec le fils de Polina après qu'une infirmière nous ait averti qu'elle a tenue à nous attendre là-bas afin de pouvoir déjeuner tous les trois ensemble. Je ne peux pas voir la bouffe des hôpitaux, qui le pourrait ?! Mais je pense que c'est sans doute mieux comme ça plutôt que de devoir les éloigner à nouveau le temps de midi. Quoi qu'il en soit, alors que nous rejoignons la jeune femme, le gosse s'élance dans sa direction aussitôt qu'il la voit. La scène est touchante et me tire un sourire alors que je les rejoint.

- Le môme a été adorable. Le trajet s'est très bien passé, dis-je à Polina alors que Ivanof lui conte combien c'était génial de grimper dans mon camion !

Je prends place en face d'eux deux tandis que le gosse nous en raconte. Il est vraiment gentil et il semble s'être limite déjà pris d'affection pour moi à sa façon de dépeindre notre aventure sur la route, car pour lui c’est une grande aventure d'avoir ainsi pu monter à bord du camion, s'amusant d'ailleurs comme un fou à imiter chacun de mes gestes alors que je conduisais.

- Ça se passe bien de votre côté ? lui demandais-je en lui demandant si elle ne souffre pas trop.



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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Sam 2 Aoû - 21:14


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Le médecin ne semblait pas vouloir comprendre que je ne pouvais pas rester dans cet hôpital. En effet, Willa partait en vacances ce soir, et il était hors de question de laisser seul Ivanov. Il avait certes neuf ans, il n'était plus un petit garçon, mais je ne me sentais pas la force de le laisser se débrouiller seul. Même je ne lui avais pas expliqué la situation en détails, il savait parfaitement que ce n'était pas normale. La fuite n'est pas chose rassurante pour un enfant, mais je m'étais jurée de ne jamais lui cacher la vérité. Il avait le droit de savoir.

En panique, je m'étais retournée vers mon sauveur afin qu'il m'aide à appuyer mes propos. Mais alors que je me retourne vers le docteur, Samuel s'approche doucement et dépose une tendre main sur mon épaule. Sans que je ne comprenne pourquoi, je ne le rejetais pas. Pourtant, je n'étais pas friande du contact physique avec les inconnus. Mais quelque chose se passait entre nous. Aucune attirance ou autre chose de ce genre, non. Je sentais qu'une chose nous liait. Il m'avait sauvé la vie, et de manière naturelle, cela rapproche. En outre, il avait ce regard que je connaissais et qui, en un sens, m'apaisait. J'avais l'impression de retrouver un élément qui me parlait étrangement bien, qui ne m'était pas tout à fait étranger. Cet homme était encore un mystère mais ses yeux me donnait envie d'en apprendre plus. De nouveau, je croise justement ce regard et le stress laisse place à un apaisement que je n'ai même pas voulu.

- Vous habitez New York si j’en crois l'adresse que vous avez donné au doc. Je peux vous proposer d'y aller moi-même , c'est là-bas que j'habite aussi. Je peux aisément me charger de votre fils ou le confier à qui vous voudrez.
- Je n'ai personne d'autre...


Je l'avisais avec une petite moue. Je ne pouvais compter que sur moi-même, et cela paraissait être impensable pour ces américains. Avaient-ils toujours besoin des autres et de leurs services ? Nous, les russes, étions tellement différents. Je me demandais si la décision avait été bonne que de s'exiler ici... Je me sentais loin de chez moi, loin de tout. Je désespérais de voir mon fils lorsqu'il me proposa aimablement de me ramener Ivanov ici. Je lui spécifiais qu'il était inscrit dans une école de musique, et qu'il y suivait des cours durant le mois de juillet. Cela ne semblait pas le gêner. Je me précipitais sur mon téléphone qui avait survécu, pour appeler le directeur, avant de lui donner l'adresse pour qu'il aille le chercher. Un nouveau sourire fleurit sur mes lèvres. Il était un homme bien, et fort gentil. Après cela, je téléphonais également à Willa, la sommant de préparer quelques affaires pour Ivanov. Je lui fis part de mon accident, et elle voulut reporter son départ pour venir me rendre visite, mais je la convins de ne pas s'inquiéter pour moi, qu'elle pouvait profiter de ses petits-enfants sans se préoccuper de ma santé. Je n'aimais pas causer du souci aux autres, et encore moins à ceux que j'apprécie...

Je profite de l'absence de Samuel pour me dégourdir un peu les jambes même si le personnel soignant me regarde d'un mauvais œil. Le temps est long... Je ne sais quand Samuel et Ivanov devraient arriver, et je dois dire que j'ai hâte on ne peut plus hâte de les voir venir et revenir. Je réfléchissais au moyen de me remercier cet homme... De l'argent ? Cela semblait assez déplacé, et au vu de l'homme qu'il était, je n'étais pas sûre qu'il apprécie la démarche. Non, ma première pensée était la bonne. Je devais l'inviter à déjeuner ou dîner. J'espérais qu'il allait accepté ma proposition.

Midi passé, je me dirige vers le réfectoire non sans enthousiasme. Je n'ai pas souvent été dans les hôpitaux, mais le peu que j'ai connu me laisser un mauvais souvenir de la nourriture que l'on y servait. Je regardais rapidement le menu, mais celui-ci ne donnait pas vraiment envie. Des légumes (sûrement fades), et de la viande (sans doute, trop cuite). Je prenais un plat en silence, et m'installais dans un coin pour... manger ce... repas.

- Mama !

Ce ne pouvait qu'être mon petit bout de chou. Hurler « maman » en russe était l'un de ses passe-temps favoris pour se faire remarquer de tous. Un large sourire s'afficha sur mon visage, et je l'enlaçais avec force alors qu'il s'élançait vers moi. J'effleurais ses lèvres des miennes, comme à l'accoutumée dans la culture. Cela pouvait en choquer certains, mais cela n'a rien de malsain. Cela fait partie de la culture.
L'on s'installa tous les trois à table, et Ivanov me raconta son périple en camion. Au vu des étoiles qui étincelaient ses pupilles, je compris rapidement que cette aventure lui avait fortement plu. Il ajouta un commentaire sur Samuel en russe, mais je le repris sur-le-champ.

- Ivanov. Qu'est-ce que je t'ai dit ? C'est malpoli de parler en russe alors d'autres sont là. Ils ne comprennent pas et se sentent alors exclus. C'est une sensation très désagréable... Excuse-toi. Vite. lui ordonnais-je, plutôt durement.

Il s'excusa auprès de Samuel avant d'adopter une petite tête désappointée. Je lui pinçais gentiment la joue pour lui dire de bien se tenir. Il manquait parfois de savoir-vivre, et cela m'agaçait cruellement.

- Ça se passe bien de votre côté ?
- Oui, ne vous en faites pas. Je me sens bien.


Je ne lui disais pas la stricte vérité. Certes je n'étais pas mal en point, mais certains maux de tête étaient difficilement supportables par moment, sûrement dus au choc que j'avais reçu sur la tête. Mais je me gardais de le lui dire, il n'avait rien à savoir de tout ça.

- Je voulais d'ailleurs vous remercier de m'avoir sauvé la vie. Sans vous, je ne sais pas dans quel état je serai en ce moment. Alors, je vous invite à dîner ou à déjeuner dans la semaine afin de vous prouver ma gratitude.

Mon ton avait été on ne peut plus cordial afin qu'il ne s'imagine rien de trop. Je ne cherchais aucunement à l'attirer avec un numéro de charme qui n'avait pas du tout lieu d'être. Ce n'était qu'une question de politesse, et de droiture. Je ne savais comment il allait accueillir ce rendez-vous, et j'espérais qu'il en saisisse la vraie raison. Trop de femmes se cachaient derrière une invitation à dîner pour tenter plus... Je n'étais pas du tout dans cet optique-là.
Je plantais de nouveau mes azures au fond de ses yeux, essayant de sonder son esprit, tout en sachant que tant qu'il n'ouvrira pas la bouche, je ne serai sûre de rien.



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Dernière édition par Polina Levachov le Mar 12 Aoû - 22:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Sam 2 Aoû - 23:26



It was dark and I was over, until you saved me.
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Polina est ravie de voir son fils et je suis heureux de voir ce sourire sur ses lèvres. Alors que je lui demande comment elle se sent, elle me rassure en disant qu’elle se sent bien. Ça en a l'air pour le moment. Au moins ne reste-t-elle pas confinée dans sa chambre. Elle ne tarde d'ailleurs pas à me témoigner sa gratitude en me signifiant qu'elle désire ainsi me remercier pour lui avoir sauvé la vie. Mais ce n'est pas un truc avec lequel je suis à l'aise et je lui fais un signe de la main pour lui montrer qu'il n'y a pas de quoi.

- Sans vous, je ne sais pas dans quel état je serai en ce moment. Alors, je vous invite à dîner ou à déjeuner dans la semaine afin de vous prouver ma gratitude.

Ne sachant comment réagir sur l'instant, et ne lui demandant rien en retour de mon geste qui me parait on ne peut plus normal, je lui balance un : "Si vous voulez". un brin désintéressé. Mes attitudes de rustre reprennent visiblement un peu le dessus. Mais quoi qu'il en soit, je ne peux lui refuser. Ce serait mal venu de lui faire part de mon désaccord. Et puis, elle n'est pas d'une compagnie désagréable. Je passerais sans doute un très bon moment.
Quoi qu'il en soit, il est temps pour moi et le jeune garçon d'aller récupérer des plateaux pour nous joindre à elle et manger. Nous nous levons donc et nous éloignons le temps de faire le tour de la salle. Après ça, nous avons tôt fait de manger. C'est si peu appétissant que tous les trois ne faisons pas grand chose à part tourner et retourner nos fourchettes dans nos assiettes l'air de ne pas arriver à franchir le cap de glisser ça dans nos bouches. "Ça", c'est exactement le mot qui qualifie ce qui s'y trouve. Et encore, je suis gentil. Ce n'est ni plus ni moins que de la tambouille. C’est donc l'estomac quasiment vide que nous rejoignons la chambre de Polina, et une fois tous les trois seuls, je murmure quelque chose à l'oreille du petit qui saute alors littéralement de joie en lançant un "ouais!!!!". Polina nous regarde avec un regard interloqué et le môme s'empresse de filer en dehors de la chambre, déjà prêt à partir.

- Je lui ai proposé de nous ramener des burgers-frites en douce qu'on mangera dans le parc. Ça vaut pour vous aussi. On y va et une fois de retour je passe vous chercher dans la chambre pour aller nous poser dans un coin discret du parc, ok ? J'suis sûr que vous crevez autant la dalle que nous deux.

C'est alors une petite demi heure plus tard que nous voilà enfin à savourer des burgers dans le parc. J’ai ramené une couverture à étaler sur le sol alors que nous avons trouvé l'ombre d'un Saule Pleureur dont les branches viennent effleurer le sol et nous offrent un abris.

- On est sur de ne pas se faire repérer ici.

Le gosse est fin heureux d'avoir trouvé cette cabane naturelle qui nous dissimule de la vue des autres.

- Alors dites-moi, lui dis-je après avoir fais la distribution. Vous êtes d'origine Russe ? Vous vivez depuis longtemps ici ?





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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Lun 4 Aoû - 13:38


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- Si vous voulez.

Soit. Il semble bien peu intéressé ni reconnaissant de ma proposition, et je dois avouer que cela me vexe quelque peu. Je n'étais pas obligée de l'inviter après tout, c'était une marque de respect et de politesse de ma part. Mais monsieur semblait au dessus de tout cela. Enfin bref, nous verrons bien comment celui-ci se déroulera, nous n'y sommes point encore. Nous ne touchons que peu à nos assiettes bien trop occupés à discuter, et à ne pas vouloir croquer ne serait-ce qu'un morceau de ce repas qui n'était pas appétissant du tout. C'est donc quelque peu affamé que nous rejoignons ma chambre, et le temps d'un instant, je m'imagine déguster un bon bortsch aux petits légumes. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas cuisiné russe comme il se doit. Tant de choses me manquaient... C'est on ne peut plus songeuse que nous arrivons dans ma chambre. Sur le point de me recoucher comme la bonne malade qu'ils désirent que je sois, mon fils se mit à sauter comme un cabri, et à courir dans le couloir sans que je ne comprenne pourquoi. Je lançais alors un regard des plus interrogateur à Samuel, qui semblait être à l'origine de cette grande réjouissance. Mais avant cela, je ne pus retenir un léger rire à l'ouïr d'un « chut » à l'unisson contre le grabuge de Ivanov. Je le sommais alors de revenir, et de se tenir tranquille s'il désirait que ce que Samuel lui avait dit se réalise. Je me tournais de nouveau vers lui l'écoutant enfin m'expliquer l'excitation de mon petit bonhomme. Un burger-frite. En effet, rien ne pouvait faire plus plaisir à Ivanov, qui n'avait pas encore eu l'occasion d'en manger beaucoup depuis que nous étions arrivés aux States. Je n'étais adepte de ce genre de nourriture, mais cela ne pouvait pas faire de mal, si ce n'était que occasionnel. L'équilibre alimentaire de mon fils était assez strict, et il est vrai qu'il n'avait pas trop le droit à tout ce qui contenait trop de sucre et de gras. Tout ceci devait paraître ahurissant dans un pays tel que les États-Unis.

Les deux hommes partirent donc acheter nos repas, alors que pendant ce temps, Willa passa en quatrième vitesse pour m'apporter des affaires propres. Je n'en revenais pas. Elle avait fait ce chemin pour me voir, et se rassurer avant de partir en vacances. Ce n'est qu'après quelques mots échangés qu'elle dut se dépêcher de partir pour ne pas louper son avion. Je souris en la voyant se précipiter dans les couloirs puis dans la cour, avant de sauter dans sa voiture. Elle était pleine d'énergie pour son âge, et elle était pour une fois une vraie bouffée d'air frais. J'enfilais alors la chemise beige, et le short en jean qu'elle m'avait emmené... Mmh, je n'étais pas certaine que la longueur de ce short soit approprié pour un burger-frite dans un parc, il était relativement court... Je ne savais même plus à quel moment je m'étais décidée à sortir de mon style de « femme lisse », pour ainsi adopter un look plus... moderne disons. Sûrement à partir du moment où tout a tant dérapé dans ma vie... Mais je chassais ses pensées avant qu'elle ne gâche la journée qui venait de plutôt bien commencer.

Une petite demi-heure après cela, nous étions tous posés dans un coin isolé du parc où personne ne pouvait nous voir, à manger à l'ombre d'un saule pleureur.

- Alors dîtes-moi, me dit-il en nous donnant nos repas respectifs, Vous êtes d'origine russe ? Vos vivez ici depuis longtemps ?
- Oui, nous venons de Saint-Pétersbourg. Ça fait maintenant sept mois que nous vivons à NYC. Il y fait vraiment bon vivre...
- Oui, on est venu ici, parce que papa, il...


Je coupais mon fils à cet instant. Samuel n'avait pas à savoir les vraies raisons de notre venue ici. Je ne le connaissais pas, et je ne désirais pas qu'il en sache davantage pour le moment. Cette histoire était bien trop épineuse pour l'exposer à tout le monde.

- Ivi' ! On ne parle pas la bouche pleine.

Je croquais dans mon hamburger, peu sûre de moi ; j'étais gauche, et très maladroite. Je n'étais pas du tout habituée à manger ainsi, toute la garniture de mon burger se faisait gentiment la malle. Bien heureusement, j'arrivais à rattraper mes catastrophes juste à temps, mais à quel prix. Mon fils ne pouvait s'empêcher de rire, et de se moquer de moi en me voyant faire. Il est vrai que de l'extérieur, cela devait fortement prêter à rire.

- Mais non, regarde m'man, je te montre comment tu dois...

Encore une fois, je le coupais en lui étalant un peu de ketchup sur le sommet du nez en riant.

- Tss ! Occupe toi de toi, mon bonhomme, mange !

Je laissais Ivanov se débarbouiller comme il le pouvait, avec un petit sourire moqueur en coin de bouche. Je tentais de reprendre une bouchée de ce repas qui me faisait de l'oeil, mais une tranche de tomate vient à la rencontre de ma cuisse... Bien, ceci était fort élégant. Je maugréais un instant puis abandonnais l'idée de manger cette chose qui m'était bien trop inconnue. C'est donc entre deux frites, que je capturais de nouveau le regard de Samuel, et entamais la discussion.

- Et vous, américain pure souche, j'imagine ?


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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mar 5 Aoû - 17:33




It was dark and I was over, until you saved me.
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Installés sous le Saule Pleureur du parc qui nous offre un coin d'ombre à l’abri des regards, j'observe la jeune femme tandis que nous discutons gentiment. Elle doit sans doute avoir mon âge et s'il y a une chose de certaine, c'est qu'elle n'a vraiment pas l'habitude des burgers. Son môme tente d'ailleurs de lui montrer comment le tenir pour que tout ne se fasse pas la malle et elle le rabroue alors gentiment. J’apprends de mon côté qu’elle est originaire de Saint-Pétersbourg et que cela fait maintenant sept mois qu'elle est venue vivre ici aux États-Unis avec son fils. Ivanov manque d'ailleurs de faire référence à son père qui semble être en cause avec tout ceci et elle a alors tôt fait de le faire taire.
Je souris légèrement à cette réflexion mais aussi à la voir aussi gauche avec ce pauvre hamburger. Elle finit d'ailleurs après une ou deux petites catastrophes par lâcher l'affaire et je la taquine alors.

- J'aurais peut-être du vous prévoir ... hum ... des couverts ?! me moquais-je gentiment.

A croire qu’elle est née avec les couverts en argent et tout le tralala. Elle m'apparait du genre distinguée, ce que je trouve dommage. Je n’ai jamais pu m'encadrer ce genre de femme pseudo bourgeoise voir carrément. Je crois que les pires sont celles qui se donnent des faux airs. Bref je déteste ce monde là et quand bien même je dégueulerais du fric par tous les trous, jamais je ne renoncerais à mon mode de vie et à la simplicité et la franchise des gens que je côtoie. Tout ce cirque dans le monde des bourges me fait littéralement gerber. Et si j'avais à faire comme il m'est déjà arrivé par le passé, à une poulette pincée et débordant d'arrogance via un pseudo statut qui la place haut dans la société, j'aurais vite fait de l'envoyer bouler. Qu'elle soit la plus divine créature que j’ai eu sous les yeux ou non. Ne me demandez pas ce que j'ai après les bourges, je ne peux juste pas les encadrer car ce sont pour la majorité des gens très cons et putain de superficiels. Mais surtout agaçants. Putain d’agaçants.

Dispersé dans ce genre de pensées, c'est le regard insistant de Polina qui me tire de mes songes alors qu'elle me demande si je suis bien américain pure souche comme elle le suppose.

- Yep. Je suis originaire du Colorado à la base et je suis venu m'installer tout récemment à New York. J'avais tout simplement besoin de changement.

En réalité, mon Colorado natale me manque mais y rester était au-dessus de mes forces depuis la disparition de ma femme. Je ne supportais plus ces regards accusateurs en ville qui me désignaient comme le fautif, comme l'assassin. J'avais besoin de m'éloigner et de goûter à la frénésie d'une ville où tout le monde parait anonyme et où il règne cette sorte d'euphorie chaque jour qui prend alors possession de vous. Malgré ça en réalité, rien n'est parvenu à retenir assez mon attention pour que j'y reste véritablement. Disons que j'y ai une maison, plus précisément à Brooklyn, mais qu'une fois la fin de semaine arrivée, lorsque le boulot est fini, je ne parviens toujours pas à rester tranquillement installé à la maison. Aussi bien que je m'y sente, je me mets alors à tourner en rond tel un lion en cage. Voilà pourquoi j'ai pour ainsi dire replongé dans certaines activités propres à me détourner de ce à quoi j'évite à tout prix de songer. Enfin pas de songer mais disons plutôt que c’est là un sujet vis-à-vis duquel j'évite de me morfondre. Quelles activités me direz-vous ? Tout ce qui est porteur d'adrénaline, mais pas dans le genre sport extrême, non. Plutôt dans la recherche de l'interdit.

La conversation continue vaguement alors que je ne suis pas décidé à en dire beaucoup plus sur moi. Pas plus que les jours suivants alors que je me charge de son fils que j'amène à l’hôpital pour la voire chaque jour jusqu'à sa sortie.
Je dois dire que Polina a ce quelque chose qui me trouble et face auquel je me suis rapidement braqué. Depuis le second jour de visite, je me montre un peu plus distant par rapport à elle, me contentant de lui rendre service en m'occupant de son fils. Je ne sais pas au juste pourquoi je me montre ainsi distant. Sans doute est-elle tout-à-fait le genre de femmes à problèmes que je n'aime pas fréquenter au vu de ce que le môme a bien voulu me dire de cette histoire avec son père lorsqu'il était chez moi, présageant de ainsi de futures ennuis. Ou bien est-elle de ce milieu et de ce style que je n'apprécie pas non plus et qui malgré cela provoque une certaine attraction chez moi. Je n'ai pas envie de m'attacher à une femme comme elle, ni envie de m'attacher à ce gosse somme toute adorable qui me rappelle combien j'aurais voulu avoir un fils avec ma femme. Mon mode de vie n'est pas fait pour m'attacher à qui que ce soit et je ne ferais qu'invariablement lui attirer des emmerdes.

Putain, vous trouvez vous aussi que mon raisonnement n'a aucun sens ?! Elle met un tel boxon dans ma tête que je me demande si elle ne m'attire pas plus que ce que je n'ose le dire en réalité. Mais regardez-moi, ai-je la gueule d'un mec de qui pareille femme pourrait être attirée ? Putain, elle est tout ce que je n'aime pas. Son milieu, ses origines, sa façon d'être. Seul son physique et sans doute cette façon qu’elle a de me regarder sont cause de ma faiblesse ... . Et merde ! C’est donc bien de cela qu'il s'agit. Cette foutue bourgeoise m'attire ! Non là il est vraiment temps que j'arrête les frais. Alors son invitation à dîner un soir, je vais devoir finalement la refuser. Même si ça vient un peu tard, même si ça vient tout simplement au dernier moment alors que c'est aujourd'hui qu'est prévue sa sortie et que me voilà seul dans sa chambre, attendant qu'elle rassemble ses affaires pour la remmener chez elle auprès de son fils.

- Écoute à propos de ton invitation de l'autre jour, oublie. Tu ne me dois rien.

Je lui balance ça un peu abruptement alors que nous voilà une dizaine de minutes plus tard dans la voiture avec laquelle je suis venu la chercher. C'est marrant comme je regrette presque mes propos rien qu'à voir l'expression de son visage. Désolé, je n’ai vraiment pas de manières. Je suis trop directe, trop bourru. Mais putain, par certains côtés, Polina me rappelle ma femme. Cette façon qu'elle a de toujours me regarder en rivant avec intérêt son regard dans le mien et ça sans jamais ciller.

Là si je m’écoute, je suis tiraillé entre différents sentiments. J'ai tout autant envie de l'éjecter de la brève intrusion qu'elle a fait dans ma vie malgré elle et avec mon consentement puisque c’est moi qui ai ensuite décidé de l'aider ... autant tiraillé que j’ai en même temps envie de l'embrasser là tout de suite, juste pour savoir si ce baiser me fera autant d'effet que ça l'ai dans mon idée. J’ai l'impression d'être une tornade impétueuse et bouillonnante, dangereuse même. Elle me donne envie de dépasser les bornes dans tous les sens du terme. Elle me met à vif sans pourtant rien avoir à faire. Juste par sa présence. Et ça s'en ressent d'ailleurs par ma conduite brutale tandis que je pousse la Mustang plein pot sur ces routes peu fréquentées et longilignes.


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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mer 6 Aoû - 21:22


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Je voyais le léger sourire de Samuel à la vue de ma maladresse. Il est vrai que ceci devait tant ridicule, que drôle. Bien heureusement, ce premier ne tue pas ! Mais il amène quelques petites taquineries. Mon fils se retenait déjà de rire face à moi. J'avisais parfaitement ce regard pétillant d’espièglerie. Je laissais tomber alors que le jeune homme se moque gentiment...

- J'aurais peut-être du vous prévoir ... hum ... des couverts ?! Me dit-il.

Cette réflexion était prévisible, et je ne pus que rire légèrement, même si j'eus l'impression que se dissimuler une étrange pensée derrière cette moquerie anodine. Et je ne savais pas vraiment comment le prendre. Bien entendu, ma première réaction fut d'entrer dans le jeu, et de ne pas me braquer pour si peu. Enfin « si peu »... Mon attitude et ma façon de me tenir devaient renseigner sur l'éducation que j'avais du avoir. Peut-être avait-il quelques soucis avec les « bourgeois », comme cela se dit en occident ? Nous n'étions pas des plus appréciés, je le savais parfaitement. Les gens ont une vision assez cliché de la classe aisée. Malheureusement, ils n'avaient pas tout à fait tort, mais les choses ne sont pas aussi marquées. En outre, il pouvait exister de très bonnes personnes ayant de l'argent. Ces deux données n'étaient absolument pas incompatibles... Nous nous savons privilégiés, mais nous ne le montrons pas de manière ostentatoire.
J'observais Samuel avec une certaine insistance, je devais l'avouer, et après un instant perdu dans ses pensées, son regard rencontra le mien.

- Yep. Je suis originaire du Colorado à la base et je suis venu m'installer tout récemment à New York. J'avais tout simplement besoin de changement. M'informa-t-il.

Le Colorado, bien. Je n'en connaissais que ce que l'on en voulait nous apprendre en cours... Ce qui signifie que je ne connaissais pas grand chose de cette partie des États-Unis. Il était peu fréquent que l'on s'épanche sur l'histoire et la géographie du bloc opposé. J'avais toujours trouvé cette démarche des plus idiotes. Certes, nous n'étions pas de bons amis, mais nous avions tout de même le droit de les connaître. Surtout si cela peut enrichir notre culture générale. Je devais l'avouer, les USA restaient encore un certain mystère à mes yeux, et j'aspirais à voyager sur ce continent aussi vaste que le mien. Aussi notre conversation se concentra sur ce sujet. J'étais avide d'en apprendre plus sur ce pays que je découvrais doucement. Par cet intérêt, j'espérais que Samuel se rende compte que je n'étais pas de ces petits bourgeois hautains, et pédants.
Après cette pause à l'extérieur, il était temps pour moi de rejoindre ma chambre, et de me reposer comme le voulaient les médecins. Je devais rester tranquille... Les résultats de mes examens ne se feront connaître que demain... Cette première journée n'avait pas été si mauvaise, finalement.

Les jours qui suivirent me laissèrent pourtant dubitative. Samuel qui s'était montré protecteur et attentif envers Ivanov et moi, semblait s'éloigner et prendre ses distances. Je ne comprenais pas ce revirement. J'essayais de comprendre ce que j'avais pu faire ou dire qui aurait pu le vexer, ou l'énerver de n'importe quelle manière qu'il soit, mais je ne trouvais rien. Je me surprenais d'ailleurs, à penser souvent à lui. Je repensais à son comportement, aux peu de mots qu'il pouvait prononcer... Et je me remémorais sans cesse ses yeux, ce regard que je n'arrivais pas à oublier. Il était la première chose que j'avais remarqué chez lui, il était la chose qui m'intriguait le plus et qui, de façon paradoxale, me révulsait et m'attirait. Tout ceci n'était pas sans me torturer quelque peu l'esprit. Je ne faisais pas grand chose de mes journées, et il m'arrivait bien trop souvent d'y penser... Je devais me ressaisir. Il m'avait sauvé la vie, la chose s'arrêtait là. Le jour de ma sortie avait été on ne peut plus tendue. Je n'appréciais pas vraiment la distance qu'il pouvait instaurer entre nous alors que nous avions bien sympathisé le premier jour. Je ne savais sur quel pied danser, avec une attitude si peu stable.

Mais alors que nous étions tous deux en voiture, dans un silence des plus pesants, il m'interpella pour refuser mon invitation, prétextant que je ne lui devais rien. Alors là, je ne m'attendais absolument pas à ce qu'il m'expédie de la sorte. Mais que croyait-il ? Que je l'invitais pour tenter quoi que ce soit !? Mais pour qui me prenait-il, bon sang !? Je n'avais rien dit sur son comportement durant la semaine, mais cette fois-ci, c'en était trop. Je voulais bien être tolérante, mais il y a des limites. En plus de cela, sa conduite était on ne peut plus nerveuse, et brute. Non, non, je ne pouvais plus rester muette face à tout cela. Je m'insurgeais alors :

- Je te demande pardon ? Tu oses refuser mon invitation !? Et maintenant, en plus !? Pourquoi, mmh ? Plus j'enchaînais les questions, et plus je m'énervais. J'avais pourtant commencé plutôt calmement. La sale petite bourgeoise que je suis, comme vous le dîtes dans votre... pays ! - ne peut pas faire partie de ton monde !?

Je regrettais mes dernières paroles... J'avais été insultante. Mes traits prirent les traits de la pédanterie alors que je désirais m'en éloigner le plus possible... Dans tous les cas, j'avais la quasi certitude qu'il ne s'attendait pas du tout à ce que je m'emporte de cette manière. Il est vrai que ceci m'arrivait très rarement voire jamais, mais il avait le don de me mettre hors de moi. Ses moindres faits et gestes me mettaient dans tous mes états. C'était soit je succombais à l'envie de rencontrer sa joue de ma main, soit ses lèvres et des miennes... Mes pulsions étaient totalement impossible, bien entendu, par leur caractère déplacé, mais bon dieu, ce que j'en avais envie... ! La colère montait tellement en moi que je n'avais qu'un seul objectif sur l'instant, sortir de cette maudite voiture, et de sa vie, puisque je n'étais apparemment pas la bienvenue. Je revoyais de nouveau tout ce qu'il avait fait, ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait – depuis le deuxième jour et durant tout mon temps passé à l'hôpital, et cela me mettait en furie. Je tentais de reprendre mon calme mais ceci semblait inconcevable. Je ne voulais pas rester une seconde de plus dans cette voiture avec lui.
Et c'est d'ailleurs pourquoi je lui sommais la chose suivante :

- Dépose-moi ici. Je vais finir à pied.

Mon ton était dur, et froid. Il n'avait pas intérêt à me présenter un nouveau refus. Il y avait encore quelques kilomètres avant d'arriver à Brooklyn, mais je ne voulais en faire autrement...


© Narja - S. Amakusa pour Never Utopia
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Mer 6 Aoû - 22:37


It was dark and I was over, until you saved me.
Samuel 06 Polina




- Écoute à propos de ton invitation de l'autre jour, oublie. Tu ne me dois rien.

- Je te demande pardon ? Tu oses refuser mon invitation !? Et maintenant, en plus !? Pourquoi, mmh ? s'offusque-t-elle visiblement énervée tandis que je me dis que je me montre on ne peut plus déplacer.

Non Polina, c'est juste que c'est mieux comme ça. Mieux pour m'éviter de m'imaginer qu'il puisse y avoir quoi que ce soit entre nous, mieux que de me trouver face à ton regard qui me rappelle la façon dont me regardait ma femme et ce bien avant même que nous nous fréquentions elle et moi. Mieux que de devoir supporter ou plutôt devoir me contenir à chaque instant où cette attraction improbable que tu as sur moi ne se manifeste.

Alors quitte à te décevoir et à opérer un complet revirement par rapport à mes premières attitudes envers toi, ouais tu vois, je préfères choisir cette option aussi désagréable qu'elle soit. Il me suffit d'un seul regard de ta part pour y lire la déception et le désarroi et je me surprends à regretter aussitôt. Alors je détourne définitivement le regard pour me concentrer sur la route. Et jusqu'à ce qu'on arrive, je ferais en sorte de ne plus poser le regard sur toi. J'ignore ainsi ta question mais lorsque tu me balances ces propos plein de véhémence et de rancœur, je ne peux m'empêcher d'user d'ironie.

MON pays, kkssss ... sifflais-je en secouant la tête légèrement de gauche à droite. T'en pinces pour moi pour te braquer de la sorte et me sortir des âneries pareilles ?!

Malgré moi, mon regard croise alors le sien et je crispe un instant la mâchoire en percevant cette lueur qui semble traduire que je l'ai blessé, pas par mes mots mais par mon attitude de ces derniers jours. Et alors qu'elle me signifie qu'elle désire que je la stoppe là tout de suite sur le bord de la route, je m'arrête brutalement sur le côté de la route en donnant un coup de volant avant de frapper ce dernier de mes deux mains qui se crispent alors autour.

- T'es bien sûre de toi là ? Tu veux te coltiner ce qui te reste de route dans ce coin paumé ?!

Polina semble en effet décidée alors que je lui adresse un regard sévère. Et moi comme un putain d'enfoiré de première, je la laisse descendre et reprends la route en dérapant à moitié sur le gravier.

- Putain de bon sang !!! gueulais-je à travers l'habitacle alors que je l'aperçois dans le rétroviseur central. Putain, je ne peux décidément pas faire ça. Je freine brusquement et fais alors marche arrière, chose que je peux me permettre vu que l'endroit est désert. Arrivé à sa hauteur, j'abaisse la vitre côté passager et lui lance :

- Allez grimpe !

Mais mon ton ne lui plait pas et même sans ça, je crois qu’elle est bien décidée à continuer de marcher. Chose qui ne fait que me frustrer plus encore. Je roule alors à sa hauteur et insiste plus gentiment mais elle ne lâche que dalle. Bien ! Tu l'auras voulu ! Je m'arrête quelques mètres plus loin devant elle et vient à sa rencontre à pattes. Choppant aussitôt son sac et la soulevant soudain entre mes bras.

- Pas le choix, et si tu t'y refuses, j'te garantis que tu vas finir ta course dans le coffre !

Bordel, je devrais vraiment songer à adopter un ton un peu moins menaçant parfois. Quoi qu'il en soit, une fois de nouveau à mes côtés, je reprends la route. Pas encore totalement décidé à lui présenter des excuses.

- Tires pas cette tête, t'as échappé au coffre, mais si je ne vois pas un semblant de sourire sur ton joli minois d'ici une minute, tu peux encore très bien y terminer.

Après ça, les kilomètres défilent en silence alors qu'elle a tout de même concédé à esquisser un maigre sourire. Enfin ça y ressemblait.

- Écoute, j'aurais sans doute pas du réagir comme ça avec toi mais j'ai mes raisons.

Ça ressemble à des excuses mais jamais je ne le dirais franchement. Je suis désespérément trop fier pour ça.
Polina ne semble pas décidée à parler et ça finit par m’agacer, je vois bien qu'elle l'a encore de travers et salement, visiblement. Quoi de plus normal en même temps ... . J'agis comme un putain de rustre. Des fois je devrais songer à me couper de toute civilisation, ça ferait sans doute moins de dégâts.

- Allez, parle-moi.

Silence radio. Elle ne daigne même plus me regarder.

- Hey ... dis quelque chose.

Polina me balance alors un truc qui ne me plais pas trop, l'air de dire qu’elle n’en a plus rien à foutre de ce que je peux dire ou faire. Je m'arrête alors une nouvelle fois sur le côté de la route, prêt à mettre les points sur les I alors qu'en réalité, elle a toutes les raisons de réagir ainsi. Je choppe alors son menton pour la forcer à tourner son visage vers moi tandis qu'elle s’évertue à m'ignorer et regarder ailleurs. Et quand nos regards se croisent enfin, plutôt que de lui vociférer ce qui me passe par la tête sur l'instant, je scelle mes lèvres contre les siennes avec une certaine rudesse.
Hum ... c'était pas vraiment là que je voulais en venir. Mais mes mains glissent bientôt de chaque côté de son visage pour appuyer ce baiser. Depuis le temps que ça me démange ... . Prête à m'en coller une la bourgeoise ?!




©️ EKKINOX


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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Jeu 7 Aoû - 11:21


It was dark

and

I was over

until you saved me

- MON pays, kkssss ... sifflais-je en secouant la tête légèrement de gauche à droite. T'en pinces pour moi pour te braquer de la sorte et me sortir des âneries pareilles ?!

J'avais certes été insultante, mais il venait d'être blessant, et ce, depuis un moment déjà. Il avait usé d'une ironie qui ne prête pas à rire. Je découvrais alors le vrai visage de cet homme que je pensais assez doux lors du premier jour à l'hôtipal. Je préférais ne rien répondre, cela ne servait strictement à rien de renchérir sur ce genre de réflexion. Je lui demande donc de me laisser là... J'avais besoin de sortir de cet espace, qui devenait bien trop exigus à mon goût. Il s'arrête brusquement sur le côté de la chaussée en donnant un coup de volant...

- T'es bien sûre de toi là ? Tu veux te coltiner ce qui te reste de route dans ce coin paumé ?!

Je ne lui répondis rien, et plonge mon regard dans le sien, tout en prenant mes affaires. La chose était on ne peut plus claire. Je descends alors, claquant la porte avec force afin de faire passer mon mécontentement comme il faut. Il redémarre en faisant criscer ses pneus sur la route... Il ne fallait pas qu'il rêve. Je pouvais parfaitement me débrouiller sans lui. Il ne fallait qu'il se croit indispensable. Je gérais très bien ma vie avant qu'il ne débarque... Je commençais la route à pied, yeux droit vers l'horizon. Je sentais son regard insistant dans le rétroviseur, et je comptais pas lui faire la joie de le considérer dans l'instant. Brutalement, il fit marche arrière pour se retrouver à ma hauteur. Non, je ne remonterai pas dans sa voiture. C'est hors de question.

- Allez grimpe !

Décidément, ce ton lui colle à la peau, et il va bien falloir qu'il change sa façon de s'adresser à moi, sinon aucune entente ne va être possible. Nous ne nous connaissions depuis qu'une semaine, et il était malvenu de se parler ainsi alors que nous nous connaissons tout juste... Je faisais fi de sa présence, et je continuais la route sans lui adresser un seule regard. Il devait comprendre que je ne laisserai pas faire. Mon ignorance semblait fortement l'agacer. Il sort alors de sa voiture pour rencontrer mon chemin, et une fois face à moi, il ne prend même pas la peine de me dire quoi que ce soit, et attrape mon sac. Mais alors que je m'offusque de nouveau, et tente de récupérer ce qui me revient de droit, il me choppe également, et me soulève en me menaçant de me mettre dans le coffre pour le reste du trajet. Non mais c'est pas vrai ! Mais pour quoi se prend-il, à la fin ?
Une fois de retour à l'intérieur, je décidais, encore une fois, de ne pas piper mot. Non, c'était décidé, j'étais courroucée. J'attendais avec une certaine impatience qu'il me présente ses excuses. Je ne lui adresserai pas la parole avant de cela. Et d'ailleurs, cela n'avait pas l'air de lui plaire. Je n'étais pas prête à lui faire plaisir, mais lorsqu'il me parlait de nouveau de me faire basculer dans le coffre, je soupirais profondément, et lui donnas ce qu'il voulait : un petit sourire. Des plus faux, bien entendu. Je n'en ferai pas plus pour plaire à Monsieur. Les kilomètres défilaient et un lourd silence planait entre nous. Non, je ne ferai pas la conversation. La route était un vrai cauchemar... J'avais sérieusement hâte d'arriver à bon port. Bras croisés, boudeuse, je n'étais pas de la meilleure compagnie qu'il soit, mais ceci n'était pas si déplacé que cela à côté de son comportement des plus rustres. Un vrai ours.


- Écoute, j'aurais sans doute pas du réagir comme ça avec toi mais j'ai mes raisons. Des excuses ? Ce n'était pas assez claires. Je ne répondis rien. Allez, parle-moi. Non, non et non. Hey ... dis quelque chose.
- Te dire quoi ? Ramène-moi chez moi, qu'on en finisse. C'est mieux ainsi.


Mes dires ne lui plaisent pas du tout. Il s'arrête de nouveau sur le bas côté, et semble bien remonté. Je l'avoue, à cet instant, j'avais l'impression de me retrouver face à Antoine. Mon corps tout entier se crispa lorsque son regard se posa sur moi. Je devais rester calme, et ne pas paniquer... Rapidement, il m'attrapa par le menton, exigeant de le regarder. Je n'osais pas tourner les yeux vers lui, je craignais de voir cette même lueur de rage que je connaissais si bien. La situation me faisait peur. Mais alors que je croisais enfin son regard, il combla la distance entre nous deux, planquant ainsi ses lèvres contre les miennes. Sans comprendre vraiment pourquoi ni comment, je répondis à ce fougueux baiser. Il posa ses mains sur mes joues, appuyant de ce fait, cet échange inopiné. Une fois déliés, je tentais de réaliser ce qu'il venait de se passer, et en un sens, cela ne me déplaisait pas... Un grand nombre de sentiments contradictoires se battaient en moi, et je pus lire dans son regard une sorte de défi. Et contre toute attente, je ramenais son visage contre le mien, et lui offrais un nouveau baiser tout aussi passionné. Je glissais mes mains dans sa nuque, que je tenais fermement. Je passais la barrière de ses lèvres de ma langue, afin de glisser contre la sienne... Je ne me reconnaissais pas. Je m'éloignais brusquement de lui pour m'installer correctement sur mon siège.

- ... Ramène-moi.

J'étais on ne peut plus gênée de ce qu'il venait de se produire. Et surtout de mon attitude.
Le silence redevint roi entre nous, et le reste du trajet se fit sans un mot. Je ne savais ce que représentait ce baiser... Arrivés devant chez moi, je ne savais plus où me mettre, j'étais affreusement mal à l'aise. Je me tournais vivement vers lui avant de lui lâcher :

- Merci pour.. tout.

J'attrapais mes affaires et m'apprêtais à m'enfuir à grandes jambes. Je ne supportais plus son regard qui se posait sur moi. Je sentais mes joues brûler, et rougir comme jamais.


© Narja - S. Amakusa pour Never Utopia
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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina] Jeu 7 Aoû - 15:04

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MessageSujet: Re: It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina]

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It was dark and I was over, until you saved me [Samuel & Polina]

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