It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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Astaria & Lawrence - Stuck with you

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MessageSujet: Astaria & Lawrence - Stuck with you Jeu 17 Juil - 3:26

Astaria + Lawrence
Stuck with you
“Your attention please, the store is going to close in a few minutes. We will ask our customers to please, return to the exit. Thank you.” scandait la voix doucereuse depuis de trop longues minutes, immédiatement précédée et suivie d'un petit tintement des plus agaçants. C'était leur concept de Luxe, Calme et Volupté ? Il allait falloir qu'ils revoient leurs classiques, et Baudelaire en particulier. Quoiqu'il en soit, mon shopping-bag sous le bras, je tentais de regagner la fameuse sortie vers laquelle on m'invitait à me rendre. Sauf que... Elle était où, cette sortie ? J'avais tourné tellement longtemps dans ces allées que mon sens de l'orientation en avait pris un coup, je ne savais plus très bien par où j'étais passée et surtout par où je me devais de repasser. Il faut dire que Saks, ce n'était pas vraiment le Carrefour Market du coin. J'avais beau détester la foule, les vendeuses guindées et les lieux un peu trop touristiques, je n'avais eu d'autre choix que de faire une entorse à mes convictions pour une seule et unique fois. C'était l'anniversaire de Liliane, aujourd'hui. Soixante-douze ans, mais elle n'en assumait que quarante-deux. Aussi peu crédible qu'elle soit, j'avais tout de même fait l'effort de n'acheter que quarante-deux bougies -ce qui serait déjà bien assez sur le gâteau- et, justement, un Rocky Mountain Mudslide Cake pour l'occasion. Vraisemblablement le truc le plus calorique et peu appétissant qui puisse exister sur le marché, mais c'était son anniversaire, après tout, elle décidait. Initiative personnelle, j'avais également fait le plein de cupcakes colorés -pour ne pas avoir à, moi-même, avaler son truc à étages-, et de Champagne -afin d'oublier le plus rapidement possible qu'à 25 ans, je m'apprêtais à faire la fête avec un troupeau de petits vieux libidineux-. Ruinart, trois bouteilles, on n'est jamais trop prudent. Les deux mains prises par les imposants sacs noirs et blancs estampillés Saks, contenant gâteau et cupcakes à l'horizontale pour ne rien abimer, et les bouteilles tintant les unes contre les autres dans mon sac à l'épaule, je finissais par me faire indiquer les ascenseurs par une femme de ménage -non, je n'étais absolument pas à la traine- tandis que la voix de téléphonie rose, entonnait son annonce pour la cent-douzième fois.

Avec le coude, j'appuyais sur les boutons des trois ascenseurs, multipliant mes chances d'en voir arriver un plus vite, et sautais dans celui de droite lorsque les portes s'ouvrirent dans un tintement, lui aussi. Je n'étais jamais très à l'aise dans ces boîtes de conserve hermétiquement closes et suspendues au-dessus du vide, mais je n'avais ni le temps, ni le courage d'emprunter les escaliers. Ce fut donc, sans même un regard pour l'intérieur de l'ascenseur, que je réappuyais sur le bouton indiquant la sortie, et dardais mon regard sur le panneau digital annonçant le défilement des étages. A l'annonce du 5ème étage, mon téléphone sonna, répandant du Stevie Wonder dans toute la cabine. Signed, Sealed, Delivered (I'm Yours), la sonnerie que mon frère s'était auto-attribuée. Merde, il fallait absolument que je réponde, mais, les mains prises, je luttais un moment avant de comprendre que non, avec mes dents, ça n'allait pas être possible de récupérer mon portable au fond de mon sac. Un peu agacée, je tournais sur moi-même et repérais pour la première fois mon passager clandestin. Techniquement, j'étais plutôt sa passagère clandestine puisque, de toute évidence, il était là avant moi, mais qu'importe, m'approchant, je lui déposais un de mes sacs Saks sur les cuisses en lui offrant un léger “Vous pouvez me garder ça, cinq secondes ?” bien que, clairement, je ne lui demandais pas son avis, et de ma main rendue libre grâce à son intervention forcée, j'extirpais mon téléphone de mon shopping-bag, et décrochais in-extremis. “Allô ? Allô ? Solal ?” je répétais à de nombreuses reprises, écartant ponctuellement l'Iphone de mon oreille pour vérifier les barres de réseau. “Solal...? Att... Attends ! Je n'entends que les voyelles, là ! Je capte très mal. Quitte pas.” je poursuivais en français, me déplaçant dans la cabine, levant le téléphone vers le plafonnier dans l'espoir de mieux capter le réseau -réflexe totalement stupide, on est d'accord- puis tentais en vain, de faire de même vers le sol, avant de m'énerver un peu plus. “Ecoute, je ne sais pas si tu m'entends, mais si c'est le cas rappelle-moi dans dix minutes, parce que là c'est l'enfer. Et si c'est pas une question de vie ou de mort, par pitié... arrête d'exploser ton forfait !!” Et sur ce dernier éclat de voix, je raccrochais et jetais un coup d'oeil à l'écran digital annonçant le troisième étage. Il me fallut encore quelques secondes, et le sentiment d'être bien légère d'un coup, pour me remémorer la présence de l'homme dans mon dos, et de mon gâteau sur ses cuisses. “Ah oui, pardon !” je me rattrapais en pivotant vers lui, approchant ma main pour récupérer mon bien. J'avais presque les doigts sur l'anse lorsque l'ascenseur accusa un léger sursaut et que brusquement, on passa de la lumière froide et artificielle aux ténèbres les plus complètes. Mon coeur manqua un battement, et l'écran digital clignota un deux, avant de rendre l'âme pour de bon. Non, pas ça. Pitié, pas ça ! Mon rythme cardiaque s'accéléra, très certainement pour rattraper le retard des battements perdus, et ma respiration se fit plus agitée. Pas ça ! Pas ça ! Pas ça ! Une lumière de secours s'alluma, fluette, hésitante, et verdâtre, me permettant de distinguer les contours de la cabine et de mon partenaire de mésaventure, mais ça ne suffirait pas à apaiser la crise grimpant de mes entrailles. Je devais sortir, il me fallait sortir. Je me sentais déjà suffoquer. “Combien de temps avant qu'on manque d'oxygène ?” j'interrogeais, très sérieusement, très paniquée aussi, comme si c'était la question la plus cohérente et rationnelle à poser dans ce genre de cas. Et nous n'étions coincés que depuis trois secondes...
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Jeu 17 Juil - 14:51

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Qu’est-ce qui avait bien pu me passer par la tête pour venir ici déjà ? Okay, Juliette avait terminée sa première année avec brio et j’avais voulu lui offrir quelque chose pour la féliciter, mais venir peu de temps avant la fermeture, ce n’était clairement pas une bonne idée ! Le magasin était véritablement bondé et je ne comptais plus les coups de sacs que j’avais pu me prendre en pleine face parce que les gens étaient trop égocentriques pour voir qu’il y avait quelqu’un à côté d’eux. Mais enfin, la journée commençait à toucher à sa fin, et bientôt je pourrais regagner mon chez-moi et être enfin tranquille. Je rentrais dans l’ascenseur en soupirant, heureux de voir que personne n’y était. Mais cette solitude ne dura que quelques instants, une jeune femme me rejoignant à l’étage inférieur. Je lâchais un énième soupir – cela faisait longtemps maintenant que je ne les comptais plus – espérant simplement que l’ascenseur ne s’arrêterait pas à tous les étages. Plus vite je quitterais ce magasin, plus vite je serais dans mon lit. Tiens, en parlant de lit … cela faisait combien de temps que je n’avais pas couché ? Je plissais les yeux quelques instants, incapable de m’en souvenir. Ce qui voulait dire que cela faisait bien trop longtemps. Et puis, j’étais de nouveau journaliste maintenant et mon patron avait augmenté mon salaire – se sentant sûrement toujours autant coupable de m’avoir envoyé en Egypte, enfin étant donné qu’il était en effet responsable, je n’allais pas refuser sa culpabilité – je pouvais donc enfin profiter de la vie de nouveau ! Oui, peut-être que je pourrais voir si Claudia était libre. Elle était plus chère que les autres mais bon, c’était pour une bonne raison. Je lâchais un autre soupir avant de rouler les yeux en me regardant dans le miroir de l’ascenseur. J’étais pathétique.

“Vous pouvez me garder ça, cinq secondes ?” entendais-je la jeune femme me dire tout en posant son sac sur mes genoux. Elle était sérieuse là ? Elle m’avait pris pour quoi, pour un porte bagage peut-être ? Je l’entendais répondre au téléphone en français avant de la voir bouger son téléphone dans tous les sens comme si elle pensait que cela l’aiderait à avoir un meilleur réseau. Enfin, le fait qu’elle parle parfaitement français et sans accent rendait presque normal le fait qu’elle m’ait pris pour une table. Après tout, le premier dossier que j’avais écrit pour le New York Times depuis mon accident avait été consacré au handicap et à comment celui-ci était vu dans les pays occidentaux – je n’allais pas me concentrer sur les pays sous-développé, ce n’était même pas la peine. Et la France était très mal classée … Cela n’était donc pas étonnant qu’elle réagisse ainsi en me voyant. “Ah oui, pardon !” finit-elle par s’excuser en se rapprochant pour prendre le sac. Et forcément, comme si me retrouver avec une française mal élevée – comme toutes les françaises en fait – dans un ascenseur n’était pas suffisant, le destin a eu envie de jouer un petit peu. Bah oui, Dieu aimait jouer aux Sims, c’était bien connu non ? Et donc, le malin devant son ordinateur décida de me coincer avec elle, bloquant l’ascenseur. Comme cela allait être amusant dis-donc ! Je jetais un coup d’œil là-haut en serrant des dents et en tournant ma tête en signe de négation. Rapidement, j’entendais la respiration de l’autre passagère s’accélérer. C’est bon, il ne fallait pas en faire toute une histoire non plus, ce n’était qu’une panne d’ascenseur ! Elle, elle ne survivrait pas une seconde en Egypte … “Combien de temps avant qu'on manque d'oxygène ?” l’entendais-je paniquer. Je lâchais, encore, un autre long soupir las, avant de me décider de lui répondre. En français, tant qu’à faire, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas parlé. « Ça dépend. La dernière fois, je suis resté bloqué 4h. Et j’avais toujours de l’oxygène. Donc, j’imagine que cela prend plus de temps. » lui répondais-je dans sa langue maternelle – ou paternelle, pour ce que j’en savais – dans un haussement d’épaules.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Jeu 17 Juil - 15:56

Astaria + Lawrence
Stuck with you
Il y a des choses qu'on ne peut contrôler. Je me rappelais m'être toujours moquée de mon frère et de sa peur du noir, lorsqu'il obligeait les parents à lui laisser une veilleuse allumée, ou bien lorsqu'il venait me rejoindre, à la nuit tombée, dans mon lit. Ca lui était passé, heureusement, mais il n'était toujours pas totalement à l'aise. Moi, c'était les lieux clos, et les foules denses. Claustrophobie et agoraphobie allaient souvent de paire, de toute manière. Je m'arrangeais pour ne jamais me mettre dans ce genre de situations, j'évitais les concerts en fosse, le métro à l'heure de pointe, et surtout, surtout, les ascenseurs. De temps en temps, je faisais une exception, évidemment, lorsque l'immeuble était trop haut, ou bien lorsque j'étais vraiment très pressée, mais -et je touchais du bois- je n'avais encore jamais eu le moindre problème. Enfin... Jusqu'à aujourd'hui, du moins. La cabine avait beau être spacieuse et moderne, ça restait un endroit clos duquel j'étais indiscutablement prisonnière. Je ne contrôlais rien, ma raison n'entrait absolument pas en jeu dans ce genre de circonstances, et tenter de discuter du bien fondé de mes crises ne serviraient à rien. Oui, je me trouvais et me savais ridicule et pathétique, oui, je me sentais vulnérable et honteuse, mais il n'existait pas de bouton off, rien pour me permettre de redevenir moi, et non cette boule de nerfs en puissance.

Je n'étais pas seule dans cette cabine, et c'est probablement la raison pour laquelle je ne m'étais pas encore mise à hurler en agitant des bras frénétiquement, ni à sortir mon briquet de mon sac pour tenter de découper une porte dans... dans la porte, justement. Une porte qui ne donnerait, de toute manière, accès qu'à un mur en béton armé puisque nous nous trouvions coincés entre deux étages, mais... hey ! Je n'étais ni cohérente, ni rationnelle, vous vous souvenez ? Si bien que ma première question fut de savoir si on aurait assez d'oxygène. La partie raisonnable de mon cerveau connaissait la réponse, évidemment, puisque cet espace était ventilé, mais, la partie folle paniquée en crise imminente, elle, commençait déjà à suffoquer. Il fallait absolument que je me calme, que je respire, que je me calme en respirant, quitte à bruler le peu d'oxygène qui nous restait, et... Haaa, bordel ! « Ça dépend. La dernière fois, je suis resté bloqué 4h. Et j’avais toujours de l’oxygène. Donc, j’imagine que cela prend plus de temps. » Quoi ? La tête entre mes mains appliquées à tirer mes cheveux en arrière, je lui jetais un regard, sans réellement être certaine qu'il puisse me distinguer réellement. Il avait été payé pour réduire à néant toutes mes tentatives d'apaisement. “Quatre heures ?!” je répétais, incrédule, sans même noté, dans un premier temps, que nous étions tout deux en train de nous entretenir en français. “C'est pas possible, je tiendrais jamais quatre heures !” gémissais-je mollement en suivant les parois de la cabine. “Il n'est pas censé exister un téléphone d'urgence ou un truc dans le genre ? Est-ce qu'au moins ils savent qu'on est là ? Si ça se trouve, ils ont juste pensé que le magasin était vide, et...” Oh, Seigneur ! Hors de question que je passe la nuit ici, je ne... je n'y survivrais pas ! Je crois que j'essaierais de mettre fin à cette torture en lui ordonnant de me rouler dessus jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je finissais par trouver ce fameux compartiment caché, que j'ouvrais pour découvrir un bouton d'appel d'urgence sur lequel j'appuyais sans que rien ne se passe. “Pourquoi ça ne marche pas, bon sang ? Y a quelqu'un ?” je tentais tout de même, bien que de toute évidence, ce truc soit mort lui aussi. “S'il vous plait ! On est deux là-dedans, une claustrophobe à deux doigts de la crise, et un type agaçant qui soupire comme un vieux pneu crevé.” j'articulais en vain, avant d'ajouter à l'attention du jeune homme : “Sans vouloir vous vexer.” J'étais maladroite et un peu trop franche, ce n'était pas du fait de ce contexte, je l'avais toujours été, mais la claustrophobie ne faisait qu'accentuer ces légers petits défauts. Et c'est parce que j'en avais parfaitement conscience, que j'achevais de me détacher de ce compartiment pour me laisser glisser contre la paroi jusqu'au sol, en m'excusant platement. C'était la moindre des choses.
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Jeu 17 Juil - 16:24

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De toute façon, ce genre de choses ne faisait que m’arriver. C’était ainsi. Le joueur de Sims là-haut avait décidé de faire de ma vie un enfer, et il n’y avait rien que je pourrais faire pour y changer quoique ce soit. Il n’y avait qu’à voir ma vie de toute façon, pour se rendre compte qu’il aimait s’acharner sur moi. Je me demandais encore comment est-ce que cela se faisait que je ne m’étais pas retrouvé dans une piscine sans moyen d’en sortir ou dans une pièce en feu qui n’avait aucune porte ni fenêtre pour en réchapper. J’étais né dans une famille sans un sou. Bon, j’exagérais un peu, nous n’avions jamais été la rue non plus, et toujours mangé lorsque nous avions faim. Mais, c’était un fait, mes parents étaient au service des autres. Ma mère s’occupait de leur coiffure et mon défunt père de leur livrer leur précieux courrier. Quant à mes frères, ils avaient décidé de continuer sur leur voie, n’ayant aucune ambition. Heureusement que j’avais sorti ma sœur de là. Ensuite, je m’étais retrouvé à l’université de Yale, boursier – ça, c’était positif. Et j’avais alors rencontré Sofia. Avant, je ne m’étais jamais vraiment intéressé plus que cela aux filles, préférant me concentrer sur mes études et avoir quelques coups par ci, par là. Sofia avait donc été la première véritable relation que j’avais eue. La première femme que j’avais aimée, en fait. Tout avait commencé par un stupide défi, lors d’une soirée bien arrosée. Oui, on pouvait être con avec un taux d’alcoolémie élevé, c’était ainsi. Et donc, pendant six mois, j’avais tenté de la draguer, de sortir avec elle. Et je ne m’étais pris que de vents, il fallait bien l’avouer. Mais à un moment, durant ces six mois, elle s’était transformée en autre chose qu’un défi, et ce dernier était devenu le cadet de mes soucis. Je voulais juste être avec elle. D’ailleurs, j’avais tout bonnement arrêté de coucher avec d’autres femmes, sans même m’en rendre compte. Et puis, enfin, elle avait dit oui. Bref, notre histoire dura quand même deux années, si je comptais le temps que j’avais passé à tenter de le séduire. Et forcément, elle me brisa le cœur. Sans même me donner de raison, elle me largua comme une merde. Et, mon égo étant un peu trop surdimensionné pour mon bien, je n’avais fait que hausser des épaules et étais parti dans la direction opposée de la sienne – en gros, j’étais rentré chez moi et avais pleuré comme un petit bébé, mais ça, même sous la torture, je ne le dirais jamais. Mais comme si ce n’était pas suffisant, je m’étais retrouvé au même journal qu’elle, et notre boss aimait beaucoup nous mettre ensemble pour travailler sur des dossiers tous plus stupides les uns que les autres. Jusqu’au jour où Sofia décida qu’elle voulait devenir reporter et aller en Egypte. Très bien, c’était son choix si elle voulait mourir après tout. Mais était-ce une raison pour que mon patron exige que j’aille avec elle le temps qu’elle s’y installe ? Sérieusement ?! Et bref, un attentat et un réflexe plus tard, je me retrouvais dans un fauteuil roulant pour lui avoir sauvé la vie. Je sauvais la vie de quelqu’un, et comment il me remerciait là-haut ? En me mettant dans un fauteuil. Nan mais sérieusement. Et puis, pour revenir sur ma famille, celle-ci n’avait même pas daigné prendre de mes nouvelles. Un petit coup de fil ou une carte, ça ne coûtait rien quand même ! Je ne leur demandais pas non plus de se ruiner en prenant le premier avion direction New York, mais un appel ne les aurait pas tué. Oui, famille de merde, relation de merde, vie de merde.

Et donc maintenant, le nouveau jeu de Monsieur Tout-Puissant, c’était de m’enfermer dans un ascenseur avec une femme. Pour certain, ce ne serait pas bien grave. Après tout, ce ne serait que quelques heures à passer. Mais moi, je ne pouvais que voir l’ironie et le foutage de gueule de la situation. Avant, j’aurais adoré me retrouver enfermé dans une ascenseur avec femme. Plus qu’adoré même. Et ça, là-haut, il le savait ! Et donc il l’avait fait exprès, je le savais. C’était sa façon de me dire « Ah ah ah, regarde cette jolie brune … Tu ne te la feras pas. Tente, et elle te rira au nez ! ». Je pouvais presque entendre son rire. Sérieusement. Parce que le fait qu’elle soit une française mal élevée – comme toutes les françaises, donc – qui me prenait pour une table, je m’en foutais. Normalement, qui disait enfermé dans un ascenseur disait sexe torride, un point c’est tout ! Et voilà, qu’elle nous faisait une crise de panique en plus et pensait que nous allions manquer d’oxygène. Elle exagérait un tout petit peu là quand même, non ? J’écoutais à peine ses jérémiades, plus concentré à ruminer sur ma vie pourrie et à lâcher un énième et énième soupir. “S'il vous plait ! On est deux là-dedans, une claustrophobe à deux doigts de la crise, et un type agaçant qui soupire comme un vieux pneu crevé.” finissais-je par écouter. Je lui jetais un regard noir, que j’espérais qu’elle verrait à travers le peu de lumière qui nous éclairait. “Sans vouloir vous vexer.” rajouta-t-elle ensuite, me faisant rouler des yeux. Je la regardais ensuite s’affaler contre la paroi de l’ascenseur, et roulant de nouveau des yeux, je décidais de dire quelque chose, histoire qu’elle se calme et arrête de me pomper l’air – au lieu de me pomper autre chose, chose qui aurait normalement dû se passer dans une telle situation, avant toute cette histoire.  « C’est pas la fin du monde non plus, ça va. Ils sont pas cons, ils vont revenir, faut pas s’inquiéter. » lançais-je maladroitement, avant de sortir une cigarette de mon paquet, de l’allumer et de lui en proposer une.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Jeu 17 Juil - 17:53

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Je n'aurais jamais du quitter Paris ! Même pour une semaine, même pour du boulot, même pour toutes les meilleures raisons du monde, je n'aurais jamais du faire preuve de tant d'égoïsme. Un séjour qui devait s'annoncer court et que je ne cessais de prolonger. Le vernissage avait été repoussé d'une semaine, certes, mais il avait eu lieu, dorénavant, je n'avais plus aucune raison d'être là, les chances que mes deux pauvres clichés se trouvent vendus étant infimes. Et pourtant je restais, je m'obstinais dans cette ville qui, clairement, m'en voulait personnellement. En toute une vie à Paris je n'avais eu à déplorer qu'un accident de vélo, une chute de cheval, et une décoloration ratée qui m'avait laissée blonde platine pendant deux semaines. Depuis que j'étais à New York ? J'avais été menacée d'une vingtaine de procès, j'avais presque laissé ma vie dans le naufrage du ferry sur lequel je me trouvais, j'avais été menacée par un chef de gang dans le Bronx et contrainte de voler ma propre voiture, et voilà qu'à présent, je me trouvais coincée dans un ascenseur suspendu au-dessus du vide. Si le destin essayait de me dire quelque chose, c'était clairement pas un message d'amour. Du coup, le dos contre la paroi, les fesses sur la moquette grand luxe, j'implorais mentalement un Dieu auquel je ne croyais pas, lui promettant de sauter dans le premier avion direction Paris s'il me sortait de là très rapidement. Et par 'rapidement' j'entendais 'immédiatement', 'instantanément', 'sur le champ'. Non ? La cabine restait désespérément vide et silencieuse. Un silence uniquement rompu par ma respiration moins discrète que d'ordinaire et les soupirs de monsieur grincheux. Ha, et les coups répétés donnés par l'arrière de mon crâne contre la paroi.

On allait mourir ici, pas vrai ? Enfin, surtout moi, avec ma chance, parce que lui, il lui suffirait de se nourrir sur mon corps sans vie jusqu'à sa libération, comme dans cet article que j'avais lu et qui évoquait ce groupe d'alpinistes coincés en pleine montagne. Certains avaient survécus en dévorant leurs morts... Répugnant. Mais, quitte à être morte, autant servir à quelque chose, n'est-ce pas ? « C’est pas la fin du monde non plus, ça va. Ils sont pas cons, ils vont revenir, faut pas s’inquiéter. » “Je vous fais don de mon corps.” je poursuivais à voix haute le fil de mes pensées, avant de réaliser qu'il avait parlé en même temps. “Pardon ? S'ils sont suffisamment cons pour nous enfermer en premier lieu, qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils ne sont pas suffisamment cons pour nous y laisser jusqu'à la réouverture demain matin ? Vous, vous vous en foutez, vous aurez survécu et vous m'aurez mangé, mais moi, hein ? Il me restera quoi ? Rien ! Parce que je serais morte ! Morteuh ! Du verbe... Oh, merci.” je retrouvais instantanément mon calme, ou un semblant de calme tandis que je m'étirais pour récupérer une de ses cigarettes qu'il me tendait. “Ce n'est pas risqué ?” demandais-je, tout de même, en glissant jusqu'à lui, tout en jetant un coup d'oeil au plafond, à la recherche d'un éventuel détecteur de fumée. Mais puisqu'il allumait la sienne, je décidais que non, ce n'était pas risqué, et entreprenais une fouille de mon sac à la recherche de mon propre briquet. Je sortais une première bouteille que je lui collais entre les mains, puis une deuxième, puis une troisième, avant de me rendre compte qu'il aurait été plus simple de lui demander le sien, de feu. Le seul avantage de mes fouilles archéologique fut que, brusquement, je me rappelais la présence du gâteau et des cupcakes qui, pour l'occasion, revêtaient des allures de denrées rares et précieuses. “Vous pensez vraiment qu'on va rester quatre heures dans ce truc ? Pour savoir si j'attaque le champagne et les cupcakes maintenant ou si j'attends encore un peu ?” Je lui demandais, en relevant un regard hésitant vers lui. “Et par pitié, vous voulez pas faire preuve d'un minimum de compréhension ? C'est pas de ma faute si les murs se rapprochent.” Oui, parce qu'ils se rapprochaient clairement, là, dans mon esprit, réduisant de moitié la superficie totale de la cabine. “Moi, c'est Astaria, au fait, souffrant de claustrophobie incontrôlable. Et toi ? Je peux te dire 'tu' ? Attends...” Et brusquement, mon cerveau se remit en marche, juste assez pour réaliser : “On parle en français depuis tout à l'heure ? Oh merde, j'vais vraiment devenir dingue dans ce truc...” Et dans trente secondes, j'allais lui demander de me chanter une chanson. Oui, oui.  
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Ven 18 Juil - 13:39

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J’étais certain que, là-haut, il s’amusait bien avec nous, tel que le faisait Juliette avec ses Sims. D’ailleurs, je l’avais toujours comparé à un joueur de Sims, pour la simple et bonne raison qu’il faisait la même chose, en plus « amélioré » - après tout, dans les Sims, on ne pouvait pas créer de guerre entre des peuples pour un bout de terre, ou alors je ne le savais pas. Et là, il en remettait clairement une couche. Après m’avoir gâché la vie, il décidait de s’amuser avec moi en m’enfermant avec une femme dans un ascenseur. Si, d’ordinaire, cela ne m’aurait franchement pas déplu, aujourd’hui ce n’était pas le cas, tout simplement parce que cela faisait des mois que ce n’était plus « d’ordinaire ». “Je vous fais don de mon corps.”lança-t-elle, me faisant rouler des yeux. Sérieusement, Il se foutait de moi, c’était pas possible. Je jetais un regard bien noir direction le plafond, avant de tenter de dire un truc rassurant, qu’elle arrête de me gaver avec ses craintes. On n’était que dans un ascenseur, il ne fallait pas exagérer non plus. “Pardon ? S'ils sont suffisamment cons pour nous enfermer en premier lieu, qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils ne sont pas suffisamment cons pour nous y laisser jusqu'à la réouverture demain matin ? Vous, vous vous en foutez, vous aurez survécu et vous m'aurez mangé, mais moi, hein ? Il me restera quoi ? Rien ! Parce que je serais morte ! Morteuh ! Du verbe... Oh, merci.” blablata-t-elle avant de me remercier pour la cigarette que je lui proposais. Oui, fumer me ferait du bien, c’était certain. « Parce que nous sommes des clients. Et qu’ils veulent qu’on revienne dépenser notre fric chez eux. Ils en ont rien à foutre qu’on crève dans un ascenseur, mais ce qu’ils veulent, c’est qu’on en sorte pour pouvoir faire chauffer notre carte bancaire. » lui répondais-je en claquant ma langue contre mon palais, agacé. “Ce n'est pas risqué ?” me demanda-t-elle pour la cigarette. « Absolument pas risqué. Il y a quelques années, on pouvait fumer dans cet ascenseur, avant qu’ils mettent cette loi anti-tabac en place. Et même légalement, je doute qu’on ait des problèmes, étant donné qu’on aurait franchement tout donné pour pouvoir fumer cette cigarette à l’extérieur du bâtiment si nous avions pu. » expliquais-je mon point de vu dans un haussement d’épaules.

En la voyant fouiller dans son cas, probablement à la recherche d’un brique, je faillis lui proposer le mien, histoire d’avoir un peu de calme. Mais apparemment, le calme, elle ne connaissait pas ça. Le cliché même de la femme bavarde, super. Qu’est-ce que j’aurais aimé pouvoir la faire se la fermer – j’avais d’ailleurs plein d’idées pour cela mais bon, grâce au Monsieur Tout-Puissant là-haut, cela risquait d’être compliqué. “Vous pensez vraiment qu'on va rester quatre heures dans ce truc ? Pour savoir si j'attaque le champagne et les cupcakes maintenant ou si j'attends encore un peu ?” reprit-elle, encore, la parole. Je lâchais un autre soupir. « Je ne sais pas combien de temps on va rester ici, je ne suis pas devin. Mais si vous avez faim et soif, vous gênez pas. » lui répondais-je, de plus en plus agacé. Elle pouvait pas juste la fermer cinq minutes ? “Et par pitié, vous voulez pas faire preuve d'un minimum de compréhension ? C'est pas de ma faute si les murs se rapprochent.” Oh putain, en plus elle avait des hallucinations maintenant. « Les murs ne se rapprochent pas. Ils sont parfaitement à leur place. » commençais-je, avant de reprendre dans un claquement de langue. « Finalement, ouvrir ce champagne serait peut-être une bonne idée. Il est impossible que j’écoute vos jérémiades encore et encore si mon taux d’alcoolémie est nul. » lançais-je en prenant une des bouteilles de champagne des mains avant de faire péter le bouchon. Je pris directement une longue gorgée au bulot, avant de lui passer la bouteille. “Moi, c'est Astaria, au fait, souffrant de claustrophobie incontrôlable. Et toi ? Je peux te dire 'tu' ? Attends...” commença-t-elle, avant de reprendre presqu’immédiatement. “On parle en français depuis tout à l'heure ? Oh merde, j'vais vraiment devenir dingue dans ce truc...” Okay, elle avait clairement un problème. Génial, j’étais enfermé avec une folle furieuse, de mieux en mieux. « Oui, je parle français. Je me suis dis que ce serait une bonne idée en t’entendant parler cette langue. Je t’ai tutoyée, donc ça veut dire que je suis d’accord pour le « tu ». Et … Moi c’est Lawrence. » répondais-je une à une à ses questions, avant de tirer sur ma cigarette.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Ven 18 Juil - 14:52

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Depuis combien de temps étions-nous coincé ? Ma raison avait beau savoir que cela ne faisait plus de quelques minutes, que mes tripes s'empressaient de beugler qu'il s'agissait d'un siècle, voir deux, peut-être trois. Il m'était plus que compliqué d'avoir une quelconque notion de temps, lorsque ma notion d'espace laissait autant à désirer. Ma raison déraisonnait, et mon contrôle s'effritait. Pourtant, je prenais sur moi. Seule ou même avec mon frère, j'aurais déjà explosé, fondu en larmes et roulé par terre, mais à cause -ou grâce- à cet inconnu, je tentais encore de prendre sur moi et de dompter tant bien que mal son cerveau. Cela se traduisait en une diarrhée verbale plus ou moins incohérente, mais modérée. C'était toujours plus de bavardages que d'ordinaire, mais bien moins qu'en période de crise normale. « Parce que nous sommes des clients. Et qu’ils veulent qu’on revienne dépenser notre fric chez eux. Ils en ont rien à foutre qu’on crève dans un ascenseur, mais ce qu’ils veulent, c’est qu’on en sorte pour pouvoir faire chauffer notre carte bancaire. » Répondit-il, justement, à l'un de mes innombrables questionnements, mais pas le plus incohérent, pour le coup. J'étais certaine qu'il avait tort, parce que si tel avait été le cas, si notre argent avait tant d'importance que ça, ils ne nous auraient pas enfermé... Non, parce que là... “Depuis 2000, la loi stipule que tous les ascenseurs en service doivent être équipés de moyens de communication bidirectionnelle permettant d’obtenir une liaison permanente avec un service d’intervention rapide...” je récitais, de tête, yeux fermés “... Je doute, donc, que la carte bancaire qui va chauffer après ça, soit la notre.” En gros, la loi affirmait que nous étions des victimes de la négligence de Saks. Et puisqu'il s'agissait de Saks et non du Prisunic du coup, et que la mauvaise publicité était à éviter en toutes circonstances, j'imaginais sans difficulté le chèque qu'ils allaient nous sortir pour effacer cette mésaventure de nos esprits... Enfin, si on survivait. En attendant, ce petit intermède m'avait permis de me calmer légèrement, tout comme cette cigarette qu'il m'avait offert. Preuve de plus, s'il n'en faut, qu'il me fallait à tout prix m'occuper l'esprit pour cesser de penser à ma condition de prisonnière. Je m'interrogeais tout de même sur le risque d'allumer une cigarette ici, dans ce lieu totalement clos. « Absolument pas risqué. Il y a quelques années, on pouvait fumer dans cet ascenseur, avant qu’ils mettent cette loi anti-tabac en place. Et même légalement, je doute qu’on ait des problèmes, étant donné qu’on aurait franchement tout donné pour pouvoir fumer cette cigarette à l’extérieur du bâtiment si nous avions pu. » Oui, non, ce n'était pas ce à quoi je pensais, et je m'empressais de le détromper. “Je ne m'inquiète pas pour le qu'en dira-t-on, mais je n'ai pas trop envie qu'une alarme incendie se déclenche et nous inonde, parce qu'alors, je connais mon esprit tordu, je ne m'inquièterais plus pour les risques d'asphyxie mais pour ceux de noyade.” Tout aussi irrationnels, evidemment, mais incontrôlable, malheureusement. Et, Dieu, que je détestais d'être dans cet état, de me montrer aussi incohérente, agitée et surtout vulnérable.

« Je ne sais pas combien de temps on va rester ici, je ne suis pas devin. Mais si vous avez faim et soif, vous gênez pas. » J'avais fini par m'allumer cette cigarette lorsqu'il fit preuve d'un nouvel élan d'agacement, et immédiatement, les yeux me piquèrent. J'avais besoin de soutient, de compréhension, d'un peu de sympathie, merde ! Pas d'un connard qui se trouvait exaspéré par ma crise. Alors quoi, il croisait un mec blessé par balle dans la rue et râlait parce qu'il lui bloquait le chemin ? « Les murs ne se rapprochent pas. Ils sont parfaitement à leur place. » Non, sans déconner ? “Je sais bien que les murs sont parfaitement à leur place, Einstein ! Merci pour le débrief', mais y a une différence entre ce que ma raison sait et la vision apocalyptique que ma phobie m'impose.” je m'emportais, finalement. « Finalement, ouvrir ce champagne serait peut-être une bonne idée. Il est impossible que j’écoute vos jérémiades encore et encore si mon taux d’alcoolémie est nul. » Mais oui, vas-y copain, fais comme chez toi, ouvre une bouteille à quelques centaines de dollars comme s'il s'agissait de la tienne, pas de problème. Sans déconner, il sortait d'où, ce mec ? Préférant garder mes envies de meurtre pour plus tard -pas la peine d'ajouter un problème supplémentaire, essentiellement parce que cette cabine offrait peu de place pour planquer un corps-, je ravalais ma colère, ma vexation et mon début de larmes, et optais pour des présentations cordiales et la prise de conscience de la langue dans laquelle on évoluait depuis un moment, maintenant. « Oui, je parle français. Je me suis dis que ce serait une bonne idée en t’entendant parler cette langue. Je t’ai tutoyée, donc ça veut dire que je suis d’accord pour le « tu ». Et … Moi c’est Lawrence. » Agaçant, tellement, mais tellement agaçant. “Dis, c'est ma tête qui te revient pas, ma crise que tu supportes pas, ou bien mon champagne qui n'est pas assez à ton goût ? C'est quoi ton excuse pour être si con ?” je lançais en tirant sur ma clope avant de m'enfiler une gorgée de Ruinart au goulot. Tellement chic, surtout dans un ascenseur de chez Saks. “Tu crois que ça m'amuse d'être comme ça ? Tu crois que je le fais exprès ou que j'ai envie que quiconque me voit dans cet état-là ? Est-ce qu'au moins t'as conscience d'à quel point je prends sur moi pour ne pas éclater en sanglots et me montrer d'un pathétisme affligeant ? Je sais que ça paraît ridicule d'un point de vue extérieur, mais... J'ai l'impression de crever de l'intérieur.” Voilà, c'était dit. J'étais tombée dans le mélo-drama, et j'avais horreur de ça, mais tant pis ! Si je devais passer les 4 prochaines heures avec lui, je ne pourrais pas le lui cacher bien longtemps, alors autant qu'il sache. Même si ma fierté, indubitablement, venait d'en prendre un sacré coup. Merde, j'avais besoin d'un câlin, maintenant. Il était où Solal lorsqu'on avait besoin de lui ?  
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Ven 25 Juil - 17:11

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Sérieusement, je me demandais ce que j’avais bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter la vie de merde que j’avais. Peut-être que ma vie antérieure était Hitler, qui sait ? Bon, si j’avais vraiment été lui dans une vie antérieure, j’imaginais que j’avais mérité tout ça. Quoique non, même pas d’ailleurs ! Je n’avais aucun souvenir de cette vie d’avant, je n’avais donc pas à payer pour quelque chose dont je n’avais aucun souvenirs. Je lâchais un long soupir en entendant la jeune femme qui semblait ne pas vouloir s’arrêter. Comme s’ils allaient nous laisser ici, enfermés toute la nuit, alors que nous étions des clients. N’importe quoi. Eux, ce qui les intéressait, c’était qu’on redevienne bien rapidement des con-sommateurs, et pour cela, ils avaient tout intérêt à nous faire sortir d’ici rapidement. “Depuis 2000, la loi stipule que tous les ascenseurs en service doivent être équipés de moyens de communication bidirectionnelle permettant d’obtenir une liaison permanente avec un service d’intervention rapide...” commença-t-elle les yeux fermés, comme si elle récitait un cours. “... Je doute, donc, que la carte bancaire qui va chauffer après ça, soit la notre.” reprit-elle. Je roulais des yeux, avant de la regarder d’un sourire en coin. « Donc raison de plus, non ? Plus rapidement ils nous feront sortir d’ici, moins ils auront à claquer. » lui répondais-je avant de reprendre. « Vous faites du droit, non ? Donc j’ai une question. Un mec commet des atrocités et ensuite devient amnésique et donc devient une personne totalement différente de ce qu’il était avant. Est-ce qu’il va en prison ? » demandais-je innocemment, pour essayer de voir si le Tout-Puissant là-haut n’exagérait pas un petit peu avec la vie antérieure dont je n’avais aucune idée. Puis je me décidais à sortir une cigarette de mon paquet avant de lui en proposer une. Elle me demanda alors si ce n’était pas dangereux de fumer ici, et je lâchais un autre soupir. “Je ne m'inquiète pas pour le qu'en dira-t-on, mais je n'ai pas trop envie qu'une alarme incendie se déclenche et nous inonde, parce qu'alors, je connais mon esprit tordu, je ne m'inquièterais plus pour les risques d'asphyxie mais pour ceux de noyade.” la sentais-je à deux doigts de paniquer rien qu’à cette idée. « C’est justement ce que je disais … On pouvait fumer ici il y a quelques années. Et il y a quelques années, lorsque l’on fumait, il n’y avait pas d’alarme incendie qui se déclenchait. » tentais-je de lui expliquer, même si j’avais l’impression que c’était peine perdue. Je lâchais un autre soupir, avant de reprendre. « Cet ascenseur, c’est de la merde. C’est pour ça que c’est le seul qui est toujours vide. Le truc, c’est que les gens pensent qu’à leur gueule et donc prennent les ascenseurs même s’ils peuvent prendre les escaliers. Résultat, étant donné que moi j’ai besoin de l’ascenseur parce que je ne peux pas utiliser mes petites jambes, je suis obligé de prendre cet ascenseur pourri et de laisser les autres à ces connards égocentriques. Tout ça pour dire, je me suis déjà retrouvé enfermé dedans, j’ai déjà fumé dedans, et j’ai jamais été inondé pour cela. C’est bon maintenant, rassurée ? » reprenais-je en faisant claquer ma langue contre mon palais d’agacement.

Et voilà qu’elle partait avec les murs qui se rapprochaient. Pourquoi est-ce que je devais me coltiner une claustrophobe ? Sérieusement quoi ? “Je sais bien que les murs sont parfaitement à leur place, Einstein ! Merci pour le débrief', mais y a une différence entre ce que ma raison sait et la vision apocalyptique que ma phobie m'impose.”expliqua-t-elle, comme si je n’avais pas compris. Bien sûr, prends-moi pour un con maintenant. En même temps, elle m’avait pris pour une table quelques minutes auparavant. Au moins, un con, c’était une personne, il y avait donc du progrès. Je l’aurais bien fait se la fermer à ma façon – et soyons clair, je ne parlais pas de scotch, même si cela pouvait être une bonne idée aussi – mais ce n’était plus vraiment comme avant, surtout lorsqu’il s’agissait des femmes. Les femmes étaient finalement tout aussi superficielles que les hommes. Bien sûr, quand on leur posait la question, c’était des « mais non voyons, on ne s’intéresse pas au physique mais à la personnalité » que l’on entendait à toutes les sauces, mais ce n’était que des foutaises. Elles pensaient tout autant au cul, et avaient exactement les mêmes critères. Sauf que nous, on l’assumait entièrement. Elles, elles n’étaient que des hypocrites. Bref, tout ça pour dire que je ne pourrais pas la faire se la fermer à ma façon. Et étant donné que je n’avais pas de scotch sur moi, je n’avais plus qu’à me la coltiner sans rien pouvoir y faire. Ah mais si, de l’alcool. Elle avait mentionné, et sorti devant moi, les bouteilles de champagne qu’elle avait acheté. Quelle bonne idée elle avait eu ! Je la débouchais donc, avant de me servir directement au goulot et de lui tendre la bouteille. “Dis, c'est ma tête qui te revient pas, ma crise que tu supportes pas, ou bien mon champagne qui n'est pas assez à ton goût ? C'est quoi ton excuse pour être si con ?” lâcha-t-elle, visiblement énervée. Je lâchais un rire franc, avant de porter ma cigarette en bouche. « Parce qu’il faut une excuse pour être con maintenant ? Depuis quand ? Qui a dit ça ? Et toi, c’est quoi ton excuse pour considérer un handicapé comme une table, un porte manteau, et maintenant un psy ? Tu crois que je suis quoi, ton assistant personnel peut-être ?  » commençant moi-même à m’énerver, son propre énervement … m’énervant. Elle était bien culotée celle-là. Elle se prenait pour qui, sérieusement ? “Tu crois que ça m'amuse d'être comme ça ? Tu crois que je le fais exprès ou que j'ai envie que quiconque me voit dans cet état-là ? Est-ce qu'au moins t'as conscience d'à quel point je prends sur moi pour ne pas éclater en sanglots et me montrer d'un pathétisme affligeant ? Je sais que ça paraît ridicule d'un point de vue extérieur, mais... J'ai l'impression de crever de l'intérieur.” commença-t-elle à se plaindre. Oh tout mais pas ça, sérieusement. « Tu m’expliques pour quoi tu te plains exactement ? T’as quelques mauvaises heures à passer, c’est pas la fin du monde non plus. T’es enfermée dans un ascenseur, ah bah oui, c’est con, c’est chiant, et en plus tu es claustro, c’est pas de chance. Mais dans quelques heures, tout sera fini et tu récupéreras ta vie. Moi dans quelques heures, je me prendrais les murs de mon appartement qui, eux, sont pas assez espacés pour faire correctement entrer un fauteuil. Et ensuite … Et bien je resterais dans un fauteuil. Puis j’appellerais une pute, probablement. Comme si j’avais que ça à faire, dépenser de l’argent pour des putes, avec tous les soins médicaux que je dois rembourser. Et pourtant, c’est comme ça, c’est ça ou je baise pas. Donc, est-ce que tu m’entends me plaindre de ma vie pourrie ou pas ? Non, parce que y’a un truc qui s’appelle de la décence. Tu devrais essayer un jour. » gromelais-je entre mes dents, avant de tirer de nouveau sur ma cigarette pour tenter de me calmer.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Ven 25 Juil - 23:07

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« Donc raison de plus, non ? Plus rapidement ils nous feront sortir d’ici, moins ils auront à claquer. » Ce mec n’avait donc aucune logique ? Si on suivait son raisonnement, le simple fait que nous soyons client nous empêchait de finir enfermé ici. Ce dernier point n’étant absolument pas respecté prouvait que personne ne nous savait là, et donc, par extension, qu’on allait finir par crever comme des cons dans cet exiguë cabine à la con. Il s’entendait déblatérer son discours dénué de la moindre logique ou pas ? « Vous faites du droit, non ? Donc j’ai une question. Un mec commet des atrocités et ensuite devient amnésique et donc devient une personne totalement différente de ce qu’il était avant. Est-ce qu’il va en prison ? » Hein ? Quoi ? Sérieusement ? J’étais coincée avec un psychopathe en puissance ? Il s’attendait à ce que je lui refourgue des conseils juridiques pour s’en tirer après qu’il m’eut découpé en morceaux ? Cela dit, sa question avait au moins le mérite de m’occuper l’esprit et de me forcer à réfléchir. “Ca dépend...” je m’entendis lui répondre. “Si on part du principe que le mec hypothétique est réellement amnésique et qu’il ne fait pas juste semblant pour échapper à la peine, alors... J’en sais rien, en fait. “Les causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité concernent, en général, l’état psychique de l’accusé pendant qu’il commet les faits, et non après coup. Donc, j’imagine qu’il serait confié à un service hospitalier afin de traiter son amnésie, et que la justice aviserait après coup. Parce qu’imagine le type est relâché, et quelques années plus tard retrouve la mémoire et recommence à tuer ? A mon sens, la nature profonde d’un individu ne peut pas changer, amnésie ou pas. Qui peut tuer un jour, tuera toujours.” C’était peut-être un peu simpliste, mais on parlait d’un mec ayant commit des atrocités, là, pas du type qui abattait quelqu’un en position de légitime défense, so... C’était son cas ? Il était capable de tuer ? Non parce que déjà que je m’inquiétais pour mes chances de mourir par noyade ou asphyxie, fallait-il en plus que je calcule le pourcentage de chances que j’avais de me retrouver éventrée via tesson de bouteille de champagne ? « C’est justement ce que je disais … On pouvait fumer ici il y a quelques années. Et il y a quelques années, lorsque l’on fumait, il n’y avait pas d’alarme incendie qui se déclenchait. » Ha bah, visiblement je pouvais rayer la mort par noyade de ma liste. Cool. « Cet ascenseur, c’est de la merde. C’est pour ça que c’est le seul qui est toujours vide. Le truc, c’est que les gens pensent qu’à leur gueule et donc prennent les ascenseurs même s’ils peuvent prendre les escaliers. Résultat, étant donné que moi j’ai besoin de l’ascenseur parce que je ne peux pas utiliser mes petites jambes, je suis obligé de prendre cet ascenseur pourri et de laisser les autres à ces connards égocentriques. Tout ça pour dire, je me suis déjà retrouvé enfermé dedans, j’ai déjà fumé dedans, et j’ai jamais été inondé pour cela. C’est bon maintenant, rassurée ? » “Pas vraiment, non.” Il était beau, mais qu’est-ce qu’il était con ! Sérieusement, il se rendait compte de l’idiotie que représentait le fait de révélée à une claustrophobe coincée dans un ascenseur que celui-ci était le plus vétuste de la création ? Et si les câbles lâchaient ? Et si...? Merde, y avait combien de mètres de vide en dessous de mes fesses, là ? Je me retrouvais à envisager le sol avec appréhension, limite panique. Alors, oui, désolée, mais ce n’était pas faire preuve de beaucoup d’intelligence que de m’offrir cette information plutôt qu’un quelconque soutient ou réconfort. Merde, il pouvait pas juste me chanter une chanson et me sourire ? « Parce qu’il faut une excuse pour être con maintenant ? Depuis quand ? Qui a dit ça ? Et toi, c’est quoi ton excuse pour considérer un handicapé comme une table, un porte manteau, et maintenant un psy ? Tu crois que je suis quoi, ton assistant personnel peut-être ?  » Il avait décidé d’ouvrir mon champagne et de le siroter, et parce que j’avais osé lui demander de se montrer un peu plus sympa, je me retrouvais dépeinte comme la pire des garces ? “Ha, parce que t’es en fauteuil ? Désolée, j’avais pas remarqué, j’ai cru que t’étais simplement une très petite personne.” Connard ! Bon, le connard n’avait pas été ajouté, mais puisqu’il était pensé très très très fort, j’imagine qu’il avait du le sentir résonner en lui, non ? « Tu m’expliques pour quoi tu te plains exactement ? T’as quelques mauvaises heures à passer, c’est pas la fin du monde non plus. T’es enfermée dans un ascenseur, ah bah oui, c’est con, c’est chiant, et en plus tu es claustro, c’est pas de chance. Mais dans quelques heures, tout sera fini et tu récupéreras ta vie. Moi dans quelques heures, je me prendrais les murs de mon appartement qui, eux, sont pas assez espacés pour faire correctement entrer un fauteuil. Et ensuite … Et bien je resterais dans un fauteuil. Puis j’appellerais une pute, probablement. Comme si j’avais que ça à faire, dépenser de l’argent pour des putes, avec tous les soins médicaux que je dois rembourser. Et pourtant, c’est comme ça, c’est ça ou je baise pas. Donc, est-ce que tu m’entends me plaindre de ma vie pourrie ou pas ? Non, parce que y’a un truc qui s’appelle de la décence. Tu devrais essayer un jour. » Pour le coup, j’en recrachais ma gorgée de champagne de surprise. Sérieusement ? Il me parlait de ses putes puis arguait que je manquais de décence ? Ca lui arrivait souvent d’évoquer sa sexualité à une inconnue ? “T’es sérieux, là ? Décence, tu dis ? J’évoque un trouble qui m’oppresse et me concerne dans un immédiat absolu, un truc sur lequel je n’ai aucun contrôle, et tu trouves que c’est manquer de décence ? Tu veux qu’on compare ça au fait que tu viens juste de me parler de tes «putes» que tu payes pour «baiser» ?” je répétais en insistant sur les termes qu’il venait justement d’utiliser. “Pauvre chaton, va... Tu t’es observé dans un miroir récemment, copain ? T’as perdu l’usage de tes jambes, absolument pas le reste. Alors, un conseil, arrête de payer pour te soulager, et engage plutôt un mec pour élargir tes portes. Problème réglé !” Non, mais sérieusement, il s’était regardé ? Il était le genre de type qu’il est douloureux d’observer. Non pas à cause du fauteuil, au contraire, mais à cause de tout le reste et des ravages qu’il provoquait dans un bas-ventre féminin normalement constitué. Et puis, il croyait quoi ? Que je ne lui aurais pas refourgué mon sac s’il avait été sur ses deux jambes ? J’étais nature avec tout le monde, pas seulement avec lui. Crétin. “Tiens, bois, ça t’évitera de dire des conneries.” j’ordonnais en lui tendant la bouteille. L’alcool avait ses bons côtés, comme celui d’atténuer légèrement mon malaise. Enfin un peu. Pour le reste, je comptais beaucoup sur lui, sur sa capacité à m’occuper l’esprit. “Et t’arrêtes pas de m’accaparer l’attention, ça marche pas trop mal.” j’avouais alors que le silence m’avait forcé à reporter mon regard sur ce sol et le vide en dessous, la panique reprenant le dessus sur ma respiration. 
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Dim 27 Juil - 17:33

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Clairement, elle faisait du droit. Je lui demandais donc si un mec amnésique était responsable de ses crimes passés. Juste histoire de savoir si le Mec là-haut avait réellement le droit de me foutre la misère simplement parce que j’aurais été, dans une vie antérieure, Hitler. Après tout, est-ce que j’étais responsable de qui j’avais été dans une vie antérieure ? Non, donc qu’il me fiche la paix. “Ca dépend... Si on part du principe que le mec hypothétique est réellement amnésique et qu’il ne fait pas juste semblant pour échapper à la peine, alors... J’en sais rien, en fait. Les causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité concernent, en général, l’état psychique de l’accusé pendant qu’il commet les faits, et non après coup. Donc, j’imagine qu’il serait confié à un service hospitalier afin de traiter son amnésie, et que la justice aviserait après coup. Parce qu’imagine le type est relâché, et quelques années plus tard retrouve la mémoire et recommence à tuer ? A mon sens, la nature profonde d’un individu ne peut pas changer, amnésie ou pas. Qui peut tuer un jour, tuera toujours.” Je la regardais avec des gros yeux. Je lui avais posé une simple question hypothétique et voilà qu’elle me sortait un monologue. Je roulais des yeux avant de reprendre. « Pas si on le sait pas, non. Je ne vois pas pourquoi je tuerais simplement parce que dans une vie antérieure j’étais un meurtrier. » répondais-je agacé. Puis, en voyant la tête qu’elle faisait, je me rendis compte qu’elle ne devait pas vraiment être rassurée là. Pas que ce soit mon problème mais bon, vu comment elle était chiante en tant que claustrophobe, je n’allais peut-être pas en rajouter une couche en lui faisant croire que j’étais un ancien psychopathe. « J’essayais simplement de savoir si le Mec Tout Puissant là-haut avait le droit de se venger de moi si j’avais été Hitler dans une vie antérieure. L’exemple de l’amnésie en droit était le truc qui me semblait le plus ressemblant. » reprenais-je en haussant des épaules.

Puis elle me rabâcha de nouveau les oreilles à propos de l’ascenseur et je tentais de lui faire comprendre que celui-ci était pourri et qu’ils avaient donc l’habitude. “Pas vraiment, non.” annonça-t-elle après que je lui ai demandé si elle était rassurée maintenant. A croire qu’elle n’avait pas compris un seul mot de ce que j’avais dit. Alors qu’elle me demandait si j’avais une raison d’être con, je lui rendais le compliment à propos de plus tôt, lorsqu’elle m’avait pris pour son assistant personnel. “Ha, parce que t’es en fauteuil ? Désolée, j’avais pas remarqué, j’ai cru que t’étais simplement une très petite personne.” Connasse. Mais vraiment une connasse. Même pas un « désolé » ou autre du style. « Bien une Française celle-là. » grommelais-je dans ma barbe en anglais cette fois. Et rien à foutre qu’elle puisse m’entendre ou comprendre l’anglais d’ailleurs. Je tentais ensuite de la remettre à sa place, en soulignant qu’une fois sortie de cet ascenseur, elle reprendrait sa petite vie tranquille tandis que moi je devrais payer des putes pour me soulager et qu’elle pourrait avoir au moins de la décence par rapport à la vie pourrie que j’avais et donc d’arrêter de se plaindre. “T’es sérieux, là ? Décence, tu dis ? J’évoque un trouble qui m’oppresse et me concerne dans un immédiat absolu, un truc sur lequel je n’ai aucun contrôle, et tu trouves que c’est manquer de décence ? Tu veux qu’on compare ça au fait que tu viens juste de me parler de tes «putes» que tu payes pour «baiser» ?” s’offusqua-t-elle. Je m’apprêtais à lui répondre mais elle m’en empêcha en reprenant avant que je n’en ai eu le temps. “Pauvre chaton, va... Tu t’es observé dans un miroir récemment, copain ? T’as perdu l’usage de tes jambes, absolument pas le reste. Alors, un conseil, arrête de payer pour te soulager, et engage plutôt un mec pour élargir tes portes. Problème réglé !” Je claquais ma langue contre mon palais d’agacement. « Donc oui, je parle de décence parce que dans quelques heures, tu récupéreras ta vie. Et que sérieusement, se plaindre d’être enfermé dans un ascenseur à un mec qui est en fauteuil, c’est vraiment manquer de décence, en effet. Toi ta vie, tu la récupères en sortant de cet ascenseur. Moi ma vie elle restera autant pourrie quand j’en sortirais. » m’énervais-je de nouveau, avant de reprendre. « Et deuxièmement, on va arrêter de vivre dans un monde bisounours et de croire que même si j’ai pas perdu le reste, ça change quelque chose à la situation hein ? Nan parce que faut pas se foutre de la gueule du monde non plus. Donc ouais, je paye pour me soulager, ça te pose un problème ? Ou alors peut-être que t’es d’accord pour que je te fasse crier pour une autre raison peut-être ? » répliquais-je sur le même ton. Elle allait vraiment me faire chier pendant longtemps celle-là ? Conasse, conasse, conasse. “Tiens, bois, ça t’évitera de dire des conneries.” dit-elle d’un ton que je prenais pour un ordre, tout en me tendant la bouteille de champagne. Je la pris sans hésitation et bu de nouveau au goulot, sans prendre la peine de la remercier. Après tout, c’était de sa faute si j’avais envie de boire. Sans elle, j’aurais patienté bien gentiment en fumant mes cigarettes, comme je le faisais à chaque fois que cet ascenseur se bloquait. “Et t’arrêtes pas de m’accaparer l’attention, ça marche pas trop mal.” dit-elle, me faisant froncer des sourcils. « Ça veut dire quoi ça ? » demandais-je avant d’éteindre ma cigarette sur la roue de mon fauteuil puis de m’en rallumer une.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Dim 27 Juil - 19:03

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« Pas si on le sait pas, non. Je ne vois pas pourquoi je tuerais simplement parce que dans une vie antérieure j’étais un meurtrier. » QUOI ?! Mais il sortait d’où ce mec ? Est-ce qu’au moins il était réellement handicapé ? Pour autant que je sache, c’était peut-être une couverture pour mettre sa proie en confiance et une fois qu’elle se trouvait totalement sans défense, baaaam, il bondissait sur ses deux pieds et la poignardait à coup de tournevis. Pourquoi tournevis ? J’en savais rien, mais c’était le premier truc qui m’était venu à l’esprit. Et si c’était lui qui avait bloqué l’ascenseur ? Et si c’était lui qui m’avait piégé ? Il allait s’enfiler toutes mes réserves de champagne et gâteau, puis abuserait de moi, et finalement me tuerait façon Jack l'éventreur des ascenseurs. Sinon pourquoi me parlerait-il de vies antérieures, de meurtriers, de tueries ? Il cherchait quoi, là ? À me faire paniquer un peu plus encore ? J’étais déjà au bord du malaise, Coco, pas besoin d’en ajouter une couche supplémentaire. Il avait du voir mon air effaré, puisqu’il se sentit obligé d’ajouter aussitôt : « J’essayais simplement de savoir si le Mec Tout Puissant là-haut avait le droit de se venger de moi si j’avais été Hitler dans une vie antérieure. L’exemple de l’amnésie en droit était le truc qui me semblait le plus ressemblant. » Ha bah oui, tout de suite, c’est plus rassurant, tiens. Ce type se prenait pour la réincarnation d’Hitler ? Et j’étais supposée en soupirer d’aise ? Hitler, carrément ? Y en avait d’autres, hein, des enculés dans l’histoire de l’humanité, mais non, lui il allait directement au sommet, optant pour le mec aux idées et idéaux les plus atroces que le monde n’ait jamais porté. Super ! Non mais suuuuuper ! Que quelqu’un me fasse sortir de là et vite ! Avant qu’il ne se découvre un lien de filiation avec Staline et Mussolini en prime.

Je n’étais pas rassurée, et ses explications concernant l’état de l’ascenseur n’allait pas dans le bon sens non plus. Plus il parlait, et plus je me sentais aspirée par le vide. Le vide sous mes pieds. J’avais beau essayer de lui faire comprendre qu’il fallait absolument qu’il change de tactique, mais rien n’y faisait, et désormais, j’avais même le droit à un sermon concernant ma façon d’agir envers lui, l’handicapé. Je ne me laissais pas faire, évidemment, puisque s’il avait décidé de se voir et se considérer en tant que tel, c’était loin d’être mon cas. À mes yeux, c’était juste un con. Un con flippant, qui plus est. « Bien une Française celle-là. » Génial ! Il était adepte des clichés, en plus. Non, mais ce mec était quoi ? Un genre de package complet du pire coincé dans une enveloppe promettant le meilleur ? “Oh, please... You hate me ? Guess what ? I don’t give a damn fuckin’ fuck ! Asshole !” je répondais à mon tour, dans sa langue, question de politesse, quoi. Comme si j’en avais quelque chose à faire de ces conneries à propos de ma nationalité. Je n’étais pas ainsi parce que j’étais française, j’étais ainsi parce qu’il me cassait les couilles que je n’avais pas. Sérieusement, c’était quoi son problème, au juste ? Je compris rapidement, à son monologue suivant, qu’il s’agissait de son fauteuil, le véritable problème. Aigri à souhait, je n’étais pas la cause, juste la destinataire de toute son amertume. J’essayais bien de lui ouvrir les yeux, de lui faire entendre raison, mais ma méthode n’était certainement pas la bonne, puisque je ne faisais que l’énerver davantage. Et lorsqu’il s’énervait, il m’énervait. Putain de cercle vicieux à la con. « Donc oui, je parle de décence parce que dans quelques heures, tu récupéreras ta vie. Et que sérieusement, se plaindre d’être enfermé dans un ascenseur à un mec qui est en fauteuil, c’est vraiment manquer de décence, en effet. Toi ta vie, tu la récupères en sortant de cet ascenseur. Moi ma vie elle restera autant pourrie quand j’en sortirais. »

Qu’est-ce qu’il en savait de ma vie, hein ? Qu’est-ce qui lui permettait de dire qu’elle était meilleure que la sienne ? Parce que je savais encore marcher, j’étais forcément bénie des dieux ? Mais quel pauvre con ! “C’est pas une compet’. T'es au courant ?” je crachais, malgré tout, avant qu’il ne reprenne la parole pour une deuxième tournée gratuite. « Et deuxièmement, on va arrêter de vivre dans un monde bisounours et de croire que même si j’ai pas perdu le reste, ça change quelque chose à la situation hein ? Nan parce que faut pas se foutre de la gueule du monde non plus. Donc ouais, je paye pour me soulager, ça te pose un problème ? Ou alors peut-être que t’es d’accord pour que je te fasse crier pour une autre raison peut-être ? » C’était plus fort que moi. Plus il me hurlait dessus, et plus mon sang bouillonnait dans mes veines. Dommage qu’il fasse si sombre, à mon regard il aurait été apte à comprendre que j’atteignais les derniers paliers de l’exaspération. “Putain, mais sérieusement, t’as perdu un bout de cerveau dans l’accident ou t’es né comme ça ? Tu m’as pris pour une gentille fille se prenant de pitié pour toi ? J’en ai rien à foutre que tu sois en fauteuil, et désolée de devoir te l’apprendre comme ça, mais y a quand même des choses plus graves que ça, dans la vie. Alors, oui, monsieur le connard, oui t’es canon, et oui je le pense, sinon je ne le dirais pas. Debout ou assis, j’vois pas vraiment ce que ça change à ta physionomie. Avant ça, tu restais debout en permanence pour draguer, peut-être ?” Est-ce qu’il se rendait compte du degré de connerie de ce qu’il sortait, de ce qu’il pensait ? “Et pour répondre à ta question, non. Non je ne te laisserais pas me faire crier pour une autre raison, parce que, comme tu l’as si bien dit, je ne suis pas un bisounours, j’ai pas l’habitude de coucher avec des connards.” C’était pas son fauteuil, le problème, c’était lui, sa personnalité, sa colère, sa façon de me parler, de s’exaspérer de mon mal-être, alors que... merde, quoi ! Ça ne me plaisait pas plus qu’à lui d’être comme ça ! Lui tendant la bouteille de champagne, je l’invitais à boire et à se taire un peu. Et contre toute attente, il s’exécuta. Ha bah, au moins, il était obéissant. C’était déjà ça. Sauf que le silence, bizarrement, ne m’aida pas vraiment à me calmer. Je crois que, finalement, je préférais être en colère après lui plutôt que d’avoir tout le loisir de penser à ce vide, sous moi, à ces murs, tout autour de moi. Lorsqu’il me parlait, lorsqu’il me hurlait dessus, j’oubliais tout ça, je ne pensais plus qu’à lui et sa connerie, et l’a violence de cette colère qu’il faisait naître en moi. Il fallait qu’il me parle encore, il fallait qu’il arrête de boire et qu’il me parle encore, qu’il m’énerve encore, qu’il fasse ce qu’il voulait mais qu’il m’oblige à focaliser mon esprit sur lui. « Ça veut dire quoi ça ? » Oh merde, mais il était vraiment en manque cruel de bonne volonté ou quoi ? “Ca veut dire que tant que je parle avec toi, je ne pense pas au reste, à tout ça...” j’expliquais en désignant la cabine hermétiquement close. “Je sais que ça te semble ridicule, mais je n’exagère rien, je te le promets. Je suis vraiment pas bien, et ça peut rapidement devenir invivable tant pour moi que pour toi. Alors, je t’en supplie, et je supplie jamais, fais quelque chose. Parle-moi, hurle-moi dessus, insulte-moi, même, si ça te fait plaisir, mais ne laisse pas mon cerveau au repos.” J’implorais alors, en lui récupérant la bouteille des mains pour m’en enfiler une large gorgée. Demain, je m’en voudrais d’avoir supplié, d’avoir fais preuve d’autant de faiblesse juste à cause d’un petit ascenseur de rien du tout. Mais demain me semblait encore si loin...
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Dim 27 Juil - 21:17

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Apparemment, je n’arrivais pas à la rassurer. Que ce soit en lui expliquant que je ne lui avais posé qu’une hypothétique question pour savoir si le Monsieur là-haut avait le droit de s’acharner sur moi et de me pourrir la vie simplement parce ma vie antérieure j’avais été Hitler ou un enfoiré du type. Ou bien alors j’étais peut-être Joseph et Marie était en fait sa femme et non une mère porteuse. Peut-être, après tout, les gens avaient souvent eu tendance à m’en vouloir lorsque je couchais avec leurs proches. Peut-être que l’histoire avait été mal racontée et qu’en fait, Marie était marié au Mec là-haut et que Joseph l’avait bien mise enceinte, piquant Marie à Dieu au passage. Quoique bon, cela changerait toute l’histoire en fait. Enfin bref, je Lui avais forcément fait un truc, ce n’était pas possible autrement. Puis elle ne fut pas rassurée non plus lorsque je l’informais que cet ascenseur était merdique et que les autres clients ne pensant qu’à leur gueule et n’utilisant pas les jambes qu’ils avaient pour prendre les escaliers, je m’étais retrouvé souvent enfermé dans celui que personne ne prenait. Les responsables du magasin étaient donc au courant et viendrait nous libérer de là. Mais bon, cela ne sembla pas la rassurer. Et la conversation dériva sur ce qui s’était passé quelques heures plus tôt, lorsqu’elle m’avait pris pour un assistant personnel. Enfin, c’était plutôt moi qui l’abordait. Et telle une française typique, elle ne pensa même pas à s’excuser. Connasse. “Oh, please... You hate me ? Guess what ? I don’t give a damn fuckin’ fuck ! Asshole !” répondit-elle, me faisant lâcher un rire ironique. « Oh, quelqu’un s’est amusée plus jeune à apprendre toutes les insultes possible dans une langue étrangère hein ? » lâchais-je dans un sourire en coin.

Et putain, qu’est-ce qu’elle pouvait se plaindre celle-là. Ce n’était que quelques heures à passer, ce n’était pas la fin du monde non plus ! Elle était vraiment casse burne, c’était pas possible. Je tentais de la remettre à sa place en lui disant d’avoir un peu de décence. Et l’autre qui m’annonça que je n’avais perdu que mes jambes, rien d’autres et que je n’avais pas à dépenser mon argent dans des putes puisque cela ne changeait rien. Nan mais sérieusement, elle venait d’où celle-là ? “C’est pas une compet’. T'es au courant ?” cracha-t-elle après que je lui ai dit ma première façon de penser. Même pas capable de me laisser vider mon sac entièrement sans m’interrompre en plus ! Quelle conne ! “Putain, mais sérieusement, t’as perdu un bout de cerveau dans l’accident ou t’es né comme ça ? Tu m’as pris pour une gentille fille se prenant de pitié pour toi ? J’en ai rien à foutre que tu sois en fauteuil, et désolée de devoir te l’apprendre comme ça, mais y a quand même des choses plus graves que ça, dans la vie. Alors, oui, monsieur le connard, oui t’es canon, et oui je le pense, sinon je ne le dirais pas. Debout ou assis, j’vois pas vraiment ce que ça change à ta physionomie. Avant ça, tu restais debout en permanence pour draguer, peut-être ?” Des choses plus graves ? Des choses plus graves ? Mais elle se foutait de moi ? C’était elle qui s’égosillait depuis tout à l’heure à propos d’un enfermement dans un ascenseur ! “Et pour répondre à ta question, non. Non je ne te laisserais pas me faire crier pour une autre raison, parce que, comme tu l’as si bien dit, je ne suis pas un bisounours, j’ai pas l’habitude de coucher avec des connards.” reprit-elle ensuite. Je croisais mes bras contre ma poitrine avant d’accepter sa bouteille sans rien dire. Car oui, je ne comptais rien répondre. Elle me faisait chier, et l’ignorer serait largement la meilleure solution. Elle m’avait énervé pour la semaine au moins.

Elle finit par rompre le silence au bout d’un petit moment, me demandant de ne pas m’arrêter de lui accaparer son attention. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Je fronçais des sourcils et lui demandais, d’une voix calme et posée – ce qui n’était en fait jamais vraiment un bon signe avec moi. “Ca veut dire que tant que je parle avec toi, je ne pense pas au reste, à tout ça...” dit-elle en désignant la cabine d’ascenseur. « Donc encore une fois, tu me prends pour ton assistant personnel ? » lui demandais-je de cette même voix calme avant de tirer sur la cigarette que je venais de rallumer. “Je sais que ça te semble ridicule, mais je n’exagère rien, je te le promets. Je suis vraiment pas bien, et ça peut rapidement devenir invivable tant pour moi que pour toi. Alors, je t’en supplie, et je supplie jamais, fais quelque chose. Parle-moi, hurle-moi dessus, insulte-moi, même, si ça te fait plaisir, mais ne laisse pas mon cerveau au repos.” me supplia-t-elle, me faisant lâcher un rire froid. Elle se prenait pour qui celle-là ? Elle m’insultait, et pire me faisait croire qu’elle pourrait être attirée par moi avant de m’envoyer bouler – sérieusement, le « c’est tout ce que tu as perdu » ça veut bien dire quelque chose non ? Okay je n’étais plus au top niveau drague mais quand même – et maintenant voulait que je la distraie ? Mais elle se prenait pour qui ? « J’ai proposé une façon de te distraire, une très agréable en plus. Tu as dit non. Je ne vois pas quoi proposer d’autre. Perso je ne suis pas vraiment bavard, donc j’ai dit tout ce que j’ai à dire. Je pense que j’ai atteint mon quota de paroles pour un bon mois là. » lâchais-je de cette même voix en regardant ma cigarette un instant avant de la reporter à ma bouche.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 28 Juil - 0:41

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« Oh, quelqu’un s’est amusée plus jeune à apprendre toutes les insultes possible dans une langue étrangère hein ? » C’était un trouble obsessionnel compulsif dont il souffrait, ou quoi ? Il se sentait obligé d’avoir le dernier mot ? De continuer à parler -ou à insulter la plus part du temps- jusqu’à ce que l’autre se taise ? Non, parce que là, franchement, ça frisait le ridicule tant j’accumulais les insultes en français depuis le début. C’était juste ma façon de parler, comme un garçon, comme mes garçons. Mais si ça lui plaisait de croire que je me pointais aux Etats-Unis avec comme seul bagage linguistique quelques grossièretés, grand bien lui fasse. À la place de lui hurler une nouvelle fois dessus pour lui expliquer ma manière de penser, je me contentais de fredonner la Marseillaise, histoire de lui rappeler une autre de nos particularités : la fierté. Il allait finir par le ravaler son putain de sourire en coin ? Non. À la place, il se décidait à m’expliquer à quel point mon comportement s’avérait inacceptable, à quel point j’étais indécente, et à quel point sa vie était bien plus misérable que la sienne. Je n’avais jamais cru qu’il s’agissait d’une compétition, mais visiblement c’en était une. Sauf que voilà, ma décence à moi, me poussait à ne pas lui déblatérer toute la tristesse de ma vie. Je la gardais pour moi. Je n’en parlais pas. Si, j’en avais parlé une fois, mais seulement parce que j’avais cru que le type ne parlait pas français et qu’il ne comprenait rien à ce que je lui contais. Je m’étais foirée, évidemment, puisque selon toute vraisemblance j’avais un don certain pour ne tomber que sur des mecs comprenant et parlant ma langue. Chouette !

Seulement lui, je ne lui disais rien. Parce que je me sentais déjà suffisamment vulnérable à cause de ma crise, je ne supporterais pas qu’il insulte et ridiculise ma peine, mon mal, ma faille à moi, celle qui, telle une plaie béante et purulente, ornait chaque centimètre de ma peau. Il pouvait le comprendre ça ? Non, bien sûr que non ! Il était trop obnubilé par le fait d’être en fauteuil et d’avoir perdu un peu de sex-appeal ! Mais qu’est-ce qu’on s’en foutait, sérieusement ? Je ne minimisais en rien le traumatisme de perdre l’usage de ses jambes, mais merde il avait pas d’autres problèmes dans sa vie que monsieur pénis endormi ? C’était ça, sa grave déchirure ? Ne plus pouvoir baiser autant qu’avant ? Visiblement oui, puisqu’il ne me parlait que de ça, comme s’il avait besoin de m’entendre lui dire que oui, il pouvait me plaire. Physiquement, c’était vrai. Mais psychologiquement ? Allez, j’étais pas connue pour ma libido aveugle. Comme pour le carré VIP, y avait une sélection à l’entrée, et les connards... J’en voulais pas. Il pouvait le comprendre, ça ? Ha bah non. Monsieur boudait. Sérieusement ? Non, mais sérieusement ? Le mec boudait ? Le mec pensait réellement que j’allais écarter les cuisses comme ça, sous prétexte que physiquement il envoyait du lourd ? Mais, oh, copain, faut que le reste suive derrière, parce que le physique ça suffit pas avec moi. Il allait falloir qu’il bosse son attitude, aussi. Et puisqu’il se murait dans le silence, puisque je me retrouvais sans exutoire à mon esprit sadomasochiste, mes pensées retournaient inexorablement vers cette frontière séparant la raison de la démence. J’essayais bien de lui demander son aide, mais visiblement je parlais chinois ou latin, puisqu’il me demanda de lui apporter des précisions. « Donc encore une fois, tu me prends pour ton assistant personnel ? » Mais quel rapport, bon sang ? “Parce que je te demande de l’aide ça fait de toi mon assistant personnel ?” Je l’interrogeais avant d’enchainer d’une voix malhabile, dans une supplique qui ne me ressemblait pas. Une supplique qui m’aurait fait saigner des oreilles si je n’avais pas été si mal en point, me sentant glisser vers cette folie qui me répugnait.

Sa réponse ? Un rire froid qui me fit monter les larmes aux yeux. Pourquoi, sur tous les individus que contenait cette ville, il avait fallu que je tombe sur le plus nombriliste, égoïste, égocentrique et mesquin du lot ? Il évoquait les vies antérieures, un peu plus tôt, il était évident que j’avais du faire quelque chose de passablement dégueulasse dans l’une des miennes pour que mon karma se retourne à ce point. « J’ai proposé une façon de te distraire, une très agréable en plus. Tu as dit non. Je ne vois pas quoi proposer d’autre. Perso je ne suis pas vraiment bavard, donc j’ai dit tout ce que j’ai à dire. Je pense que j’ai atteint mon quota de paroles pour un bon mois là. » Quoi ? Il remettait ça encore sur le tapis ? Il ne pouvait pas être froid à ce point ! Ça n’existait pas les gens comme ça ! Je refusais de croire que ça pouvait exister que j’en avais un, justement, en face de moi. “Je ne comprends pas...” je lâchais, finalement, après un moment de silence, me recroquevillant un peu plus sur moi-même. “Tu n’arrêtes pas de te plaindre que je ne te traite pas suffisamment comme un handicapé, que je devrais témoigner plus de décence parce que je parle à un être pseudo diminué... Mais pas ton pénis, surtout pas ton pénis, non, ton pénis il va très bien... Tu t’es pas dit que si j’avais aucun problème avec l’un c’est parce que je n’avais aucun problème avec l’autre ?  C’est pas de l’irrespect...” j’ajoutais en cherchant à contrôler ma voix que je rendais faible et basse pour éviter qu’elle soit chevrotante. Dieu que je me détestais en cet instant ! “C’est pas de l’irrespect que de te tendre mes paquets, je l’aurais fait avec n’importe qui. C’est pas de l’irrespect non plus que d’attendre de toi que tu sois un peu compréhensif. Pas plus que ce n’est de l’irrespect que de ne pas écarter les cuisses sous prétexte qu’il s’agit de la seule option que tu veuilles bien m’offrir. Arrête de ne penser qu’à ça, je refuse de croire que c’est absolument tout ce qui te définit.”  Il ne pouvait pas n’être que ça, ne se voir qu’au travers de ça, il ne pouvait pas n’être qu’un pénis sur roue, finalement. Alors quoi ? C’était quoi le but de tout ça ? De toutes ces complaintes ? De ces propositions plus qu’indécentes ? Existait-il une seule femme sur terre qui aurait ôté ses vêtements juste parce qu’il ne proposait rien de mieux ? Outre Lindsay Lohan et actrices pornos, évidemment... “Je m’excuse d’avoir crié, je m’excuse de t’avoir insulté si ça peut t’apaiser un peu, mais je ne m’excuserais pas de ne pas focaliser sur ton fauteuil et de ne pas vouloir coucher avec un inconnu qui n'arrête pas de me hurler dessus dans un ascenseur en panne.” Ca aurait été un peu trop cliché, non ? Probablement, mais je n’étais même plus en état d’y songer. Alors, à la place, j’enfouissais mon visage entre mes genoux, cherchant, tant bien que mal, à me représenter au centre d’une gigantesque prairie, le soleil partout sur mes joues, en lieu et place de ces larmes que je ne contrôlais plus du tout.
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 28 Juil - 17:47

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Clairement, elle n’aimait pas le silence, c’était un fait. Mais en même temps, j’y étais pour quoi moi ? J’avais dit tout ce que j’avais à dire. Je n’étais même pas bavard d’habitude, et là, j’avais vraiment atteint mon quota de paroles pour au moins un bon mois. Et puis, clairement, elle manquait de décence. Je ne changerais pas d’avis là-dessus. Se plaindre d’être enfermé dans un ascenseur, sérieusement ? Et puis, dire à un mec qu’il n’avait rien perdu d’autre que ses jambes et qu’il n’avait pas besoin de payer pour du sexe, laissant sous entendre qu’elle était attirée, puis ensuite le rembarrer immédiatement, c’était juste du foutage de gueule. Je ne lui avais rien demandé moi ! Est-ce que j’avais demandé à me retrouver dans cet ascenseur pourri ? Non, si j’avais eu le choix, j’aurais pris un des autres. Est-ce que j’avais demandé à me retrouver enfermé, entre deux étages ? Pire, avec une folle dingue doublée d’une connasse qui me prenait pour une table ? Non, je n’avais rien demandé de tout ça moi ! Je subissais, tout comme elle, et je ne me plaignais pas. Ce n’était qu’un mauvais moment à passer, voilà tout. Je décidais donc que l’ignorer serait la meilleure solution. Après tout, que dire de plus ? Je n’avais pas envie de me battre, j’avais simplement envie d’être dans le calme, en attendant que quelqu’un nous vienne en aide.

Mais apparemment, non, elle préférait même que je l’insulte et l’engueule plutôt que je me taise. Il fallait divertir la madame pour qu’elle ne pense pas au vide en dessous de nous. Et est-ce qu’elle me demandait mon avis ? Non, elle exigeait et s’attendait à ce que je fasse exactement ce qu’elle me demande de faire. Quel culot. “Parce que je te demande de l’aide ça fait de toi mon assistant personnel ?” me demanda-t-elle, me faisant lâcher un énième soupir. « Il y a demander de l’aide, et demander de l’aide. Un s’il te plaît ne ferait de mal à personne, par exemple. » répondais-je en roulant des yeux. Elle décida alors que, peut-être, j’avais raison, puisqu’elle en vint à presque me supplier. Mais même, je ne pus m’empêcher de lâcher un rire froid. Elle m’avait vraiment vexé, plus d’une fois, et être obligé de lui demander d’être polie, cela me faisait royalement chier. Je lui répondis donc que je lui avais déjà proposé une très agréable façon de la distraire et qu’elle avait dit non. J’avais donc fait tout ce qui était possible, non ? Je n’étais pas un grand bavard, j’avais dit toute l’amertume que j’avais sur le cœur, et je lui avais proposé de baiser comme des bêtes dans un ascenseur. Que proposer de plus ?

“Je ne comprends pas...” commença-t-elle, en se recroquevillant sur elle-même. Je m’apprêtais à lui expliquer ma pensée, mais elle reprit avant que je n’aie le temps de parler. “Tu n’arrêtes pas de te plaindre que je ne te traite pas suffisamment comme un handicapé, que je devrais témoigner plus de décence parce que je parle à un être pseudo diminué... Mais pas ton pénis, surtout pas ton pénis, non, ton pénis il va très bien... Tu t’es pas dit que si j’avais aucun problème avec l’un c’est parce que je n’avais aucun problème avec l’autre ? C’est pas de l’irrespect...” rajouta-t-elle d’une voix faible, m’indiquant qu’elle allait bientôt se mettre à pleurer. Merde. “C’est pas de l’irrespect que de te tendre mes paquets, je l’aurais fait avec n’importe qui. C’est pas de l’irrespect non plus que d’attendre de toi que tu sois un peu compréhensif. Pas plus que ce n’est de l’irrespect que de ne pas écarter les cuisses sous prétexte qu’il s’agit de la seule option que tu veuilles bien m’offrir. Arrête de ne penser qu’à ça, je refuse de croire que c’est absolument tout ce qui te définit.” reprenait-t-elle. Je restais silencieux, plus par gêne cette fois-ci que par une quelconque colère. “Je m’excuse d’avoir crié, je m’excuse de t’avoir insulté si ça peut t’apaiser un peu, mais je ne m’excuserais pas de ne pas focaliser sur ton fauteuil et de ne pas vouloir coucher avec un inconnu qui n'arrête pas de me hurler dessus dans un ascenseur en panne.” Et elle se mit à pleurer. J’entendais parfaitement ses sanglots. Merde. Merde. Merde. Je me grattais les cheveux. Que faire maintenant ? Est-ce que j’avais vraiment exagéré ? Peut-être. Mais elle avait commencé. Mais elle s’était excusée. Et maintenant elle pleurait. Merde. Connasse, connasse, connasse. De mes bras, je me soulevais du fauteuil avant de me laisser tomber à côté d’elle dans un bruit sourd. « J’ai peut-être un peu exagéré. » commençais-je en reprenant une voix normal. De ma main, je donnais une petite pression sur son avant bras. « Mais faut me comprendre aussi. Notre premier contact s’est très mal passé, tu m’as clairement pris pour une table en posant ton sac sur mes genoux. » reprenais-je dans un soupir. « Et je suis un peu … susceptible. » Okay, c’était un euphémisme, mais bon, il ne fallait pas m’en demander bien plus. « Donc voilà, forcément ça a mal commencé. » lâchais-je un semblant d’excuses. Elle n’aurait pas mieux de toute façon, il faudrait qu’elle se contente de ça. « Mais tu t’es excusée donc bon. On va reprendre les choses à zéro j’imagine. On en a pour plusieurs heures là. Donc qu’est-ce que tu voudrais faire ? » lui demandais-je en reportant la bouteille de champagne en bouche. « Et demande-le gentiment. Un s’il te plaît ne te tuera pas, comme je l’ai dit. » reprenais-je presqu’immédiatement en posant ma tête contre la paroi de l’ascenseur.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 28 Juil - 19:41

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Stuck with you
J’avais craqué. Ça m’arrivait rarement, pour ainsi dire jamais, mais cette fois, j’avais craqué. À la mort de ma mère, je n’avais pas pleuré, à son oraison funèbre non plus. Pas une larme n’avait été versée au cours des derniers mois me séparant de ce triste événement. Lorsque j’avais rompu avec mon fiancé, c’est lui qui avait pleuré. Moi je ne savais pas. Moi je ne voulais pas. Mon frère pensait que pouvais souffrir d’une forme d’atrophie du canal lacrymal, un truc dans le genre, mais moi je savais qu’il s’agissait juste de mon tempérament, de mon caractère. J’avais une sainte horreur de me montrer faible ou vulnérable, et les larmes, quelques soient les circonstances, en étaient toujours le synonyme. Alors je m’asséchais de l’intérieur. Je n’étais pas vide, non, au contraire, j’étais même pleine, trop pleine, mais j’étais vide de larme. Du moins, en public. Le reste du temps, seule dans ma chambre, je trempais mon oreiller, le mordais de rage en tentant d’y étouffer mes sanglots. Dans ces moments-là, je m’autorisais à être faible. Le reste du temps, j’étais forte, inébranlable. Sauf là, sauf maintenant, en pleine crise. J’essayais de la contrôler depuis le début, justement dans le but d’éviter ça, d’avoir à lui montrer ça, d’avoir à me montrer comme ça. Mais ses réactions, son comportement, ses insultes et ses moqueries avaient achevé d’abattre mes dernières résistances, et je fondais en larmes. Je me détestais pour ça. Je m’énervais pour ça. Mais plus je m’énervais et plus mes sanglots s’accentuaient. J’espérais réellement qu’il ne remarquerait rien, même si ça signifiait qu’il continuerait à me hurler dessus et ainsi de suite, au sein de ce cercle vicieux bien sadique. J’espérais qu’il ne noterait pas ma voix oscillante et ma quête absolue de position foetale. C’est la raison pour laquelle je taisais, préférant chercher par tous les moyens à planquer mon trouble plutôt que de chercher à l’atténuer. Je ne pouvais faire qu’une chose à la fois, et ma fierté était une forme de priorité.

Alors, je l’entendis plus que je ne le vis, ce mouvement qu’il fit dans ma direction. Ce cliquetis métallique qui augmenta ma pression sanguine et mon rythme cardiaque tandis que je sortais de mes genoux pour m’assurer qu’il n’était pas en train de faire une connerie. Et... Évidemment qu’il était en train de la faire sa connerie, puisque c’était le concept même de ce mec. J’avais peur qu’il tombe, que son fauteuil supporte mal le déséquilibre de tout son poids d’un seul côté, et... J’amorçais un mouvement pour maintenir le fauteuil en place mais trop tard, déjà, il retombait lourdement à mes côtés. C’était très con parce qu’il ne s’était pas fait mal et que, je suppose, il savait ce qu’il faisait, mais le simple fait d’avoir peur pour lui, me fit pleurer de plus belle. Et meeeerde ! Et puis pourquoi il s’approchait ? Pourquoi il venait me rejoindre sur le sol ? Il craignait que je ne l’entende pas suffisamment bien crier depuis son fauteuil ? « J’ai peut-être un peu exagéré. » Hein ? Il me faisait quoi, là ? Il s’excusait ? Et cette pression sur mon avant-bras ? C’était sa conception d’un geste de réconfort ? « Mais faut me comprendre aussi. Notre premier contact s’est très mal passé, tu m’as clairement pris pour une table en posant ton sac sur mes genoux. » Ha non, hein ! “Mais arrête avec ta foutue table !” je sanglotais un peu plus en lui administrant une tape de la force d’un puceron dans l’épaule. “J’ai pas vu une table, juste un homme, et un homme, chez moi, ça aide quand j’ai besoin d’une main libre.” J’aurais pu dire ‘gentleman’, mais ça, non, il ne l’était pas. D’un mouvement de bras, je m’essuyais le nez pour la touche glam de toute cette scène, et me taisais à nouveau pour le laisser parler, à condition qu’il ne soit plus question de table. « Et je suis un peu … susceptible. » Non, sans déconner ? « Donc voilà, forcément ça a mal commencé. » Parce qu’il avait décidé de tout mal prendre, c’était pas ma faute à moi, hein. « Mais tu t’es excusée donc bon. On va reprendre les choses à zéro j’imagine. On en a pour plusieurs heures là. Donc qu’est-ce que tu voudrais faire ? » Il était sérieux, là ? En fait, il était... Sympa ? Il s’était barré où le type affreux qui riait de mon malaise ? Peu importe, où qu’il soit, qu’il y reste à jamais, ça m’allait bien mieux comme ça.  “Je voudrais que tu arrêtes de répéter qu’on est coincé pour plusieurs heures, pour commencer. Mens-moi, dis-moi que tu les entends arriver, qu’ils sont déjà entrain de travailler pour nous sortir de là, et que d’ici une petite minute, je serais dehors.” je répondais en m’essuyant les yeux. « Et demande-le gentiment. Un s’il te plaît ne te tuera pas, comme je l’ai dit. » “S’il te plait ?” j’ajoutais alors, à contre-coeur, et de manière hésitante.

J’avais beau être assez limitée niveau réflexion lorsque j’étais dans cet état, j’avais quand même parfaitement conscience que rien ne viendrait spontanément de lui. Il avait déjà fait beaucoup, mais ce n’était pas suffisant. J’avais besoin qu’il me fasse la conversation, j’avais besoin qu’il m’accapare totalement la tête. Et il ne saurait pas faire ça de lui-même. Aussi, j’amorçais le tout, lui lançant un “Tu crois vraiment aux vies antérieures ?” tout en arrachant sa main de mon avant-bras pour soulever le sien et me glisser en-dessous. “Parce qu’il existe une théorie qui dit que nos phobies actuelles découlent de la manière dont on aurait trouvé la mort dans une vie passée.” je poursuivais, le plus normalement du monde, tout en me coulant contre lui, m’arrimant à son buste comme une gamine terrifiée par le noir. C’est ce que j’avais l’habitude de faire avec mon frère, ça avait tendance à fonctionner. Peut-être qu’ainsi, perdue dans une étreinte volontaire ou non, j’avais le sentiment d’être protégée du reste, de ces murs, de ce vide. Je n’étais pas seule. Ce n’était pas rationnel, pas plus que de se protéger d’un monstre terrifiant en se cachant sous les draps de son lit. “Parle-moi de tes phobies à toi... Comme ça, on pourra déterminer si t’étais plutôt Hitler ou Churchill.” j’insistais une dernière fois, sans même prendre la peine de lui demander l’autorisation pour cette promiscuité, et en ne me rappelant que trop tard sa seule et unique demande. “S’il te plait.” je soufflais alors, avant de fermer les yeux et m'exhorter à oublier le reste.
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 28 Juil - 21:44

astaria & lawrence

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On ne pouvait pas dire que cela avait bien commencé avec ma compagne d’ascenseur. J’avais mal pris qu’elle me prenne pour un repose-bagage et je l’avais rapidement fait savoir. Et puis, j’avais détesté qu’elle se plaigne alors que de mon côté, ma vie était pire – et je me moquais éperdument à quoi sa vie pouvait bien ressembler, j’étais cloué dans un fauteuil et devais payer des putes pour pouvoir avoir une chance de baiser, elle était donc forcément pire que la sienne, CQFD. Ensuite, elle osa dire que cela ne changeait rien et que je n’avais pas à payer pour du sexe. Mais bien sûr, quand je lui demandais si ça l’intéresserait, elle me rembarra. Bref, une vraie connasse en somme. Mais alors que je sentais qu’elle allait bientôt se mettre à pleurer, je ne pus contenir une boule qui vint se former au creux de ma gorge. Merde, c’était qu’elle s’excusait de son comportement en plus. Ça plus les pleurs, je n’étais vraiment pas à mon aise là. Dans un énième soupir, je décidais de m’installer à ses côtés tant bien que mal. Bon, maintenant j’en avais l’habitude. Finalement, c’était à peu près la même chose que d’aller au lit, la chute était juste un peu plus rude, car je tombais de plus haut. Je fis une légère pression sur son bras, dans un geste que je tentais réconfortant. Et d’une voix plus normale, lui expliquais qu’elle aussi, avait franchement exagéré aussi.

“Mais arrête avec ta foutue table !” pleurnicha-t-elle, me faisant lâcher un autre soupir. “J’ai pas vu une table, juste un homme, et un homme, chez moi, ça aide quand j’ai besoin d’une main libre.” reprit-elle presqu’aussitôt. Peut-être que ce n’était pas parce que j’étais en fauteuil, mais cela ne changeait rien au fait qu’elle pourrait demander avant de croire que les autres lui appartenaient. Et c’était ce que je décidais de lui répondre. « Très bien, tu ne m’as pas vu comme une table. Mais il n’empêche que demander avant de directement poser ton sac sur mes genoux, ça aurait été la moindre des choses non ? Et on n’en serait pas là. Enfin, ça n’aurait rien changé au fait d’être coincé ici, sauf si Là-Haut, il n’aime pas les personnes qui ne sont pas polies. Mais on n’en serait pas là à se gueuler dessus quoi. » lui répondais-je d’une voix que je tentais un poil plus douce, histoire de lui montrer que même si c’était en quelque sorte un reproche, je ne faisais qu’exposer un fait et rien d’autre. Mais comme elle s’était excusée, je décidais de passer outre la première mauvaise impression. Soyons franc, nous allions passer un bon moment coincer ici, autant ne pas se gueuler à la figure. Et comme le sexe n’était pas une option, il fallait bien tenter autre chose. Je décidais donc de prendre sur moi et lui demander ce qu’elle voudrait qu’on fasse exactement.“Je voudrais que tu arrêtes de répéter qu’on est coincé pour plusieurs heures, pour commencer. Mens-moi, dis-moi que tu les entends arriver, qu’ils sont déjà entrain de travailler pour nous sortir de là, et que d’ici une petite minute, je serais dehors.” demanda-t-elle. Enfin ordonna-t-elle plutôt, me faisant directement lui souligner de nouveau qu’un « s’il te plait » ne tuerait personne. “S’il te plait ?” demanda-t-elle d’une voix hésitante. Je lâchais un soupir, encore.  « Très bien. Ils sont en route et seront bientôt là.  » lui répondais-je en roulant des yeux. Si elle voulait être dans le déni, grand bien lui fasse.

Alors, ce qu’elle voulait exactement, ça je n’en savais pas grand chose. J’attendais donc qu’elle me demande, ou bien qu’elle trouve un sujet de conversation qui lui occuperait le cerveau. Il ne fallait pas vraiment compter sur moi là-dessus, j’avais déjà à peu près tout dit. “Tu crois vraiment aux vies antérieures ?” me demanda-t-elle en passant mon bras sur son épaule. Je fronçais des sourcils. Elle me prenait pour un ours en peluche géant maintenant ou bien ? Je claquais ma langue contre mon palais, mais décidais de ne rien dire, ni de bouger. Si cela voulait dire qu’elle arrêterait de me faire chier et de pleurer, alors qu’il en soit ainsi. “Parce qu’il existe une théorie qui dit que nos phobies actuelles découlent de la manière dont on aurait trouvé la mort dans une vie passée.” reprit-elle en se collant et s’agrippant carrément à moi. Sérieusement ? Elle était sérieuse ? Un soupir plus tard, je décidais quand même de lui répondre, sans bouger. « J’en sais rien. » lâchais-je en haussant des épaules. Bon, elle voudrait sûrement plus que ça j’imagine ? Autre soupir, et je mettais un peu du mien. « Je me dis que si j’avais été le pire des personnages dans une vie antérieure, Monsieur Tout Puissant là haut aurait une raison de se venger de moi ? » reprenais-je, pas certain qu’elle comprenne, mais bon, c’était tout ce que j’avais en stock. Et je faisais bien assez d’efforts comme ça. “Parle-moi de tes phobies à toi... Comme ça, on pourra déterminer si t’étais plutôt Hitler ou Churchill.” me demanda-t-elle, de nouveau sans la moindre once de politesse. “S’il te plait.” se reprit-elle, comme si elle avait lu dans mes pensées. Je lâchais un sourire amusé et roulais des yeux. « Apparemment, ma phobie serait de perdre une des rares personnes que j’aime ? De perdre quelqu’un qui compte pour moi. J’imagine que ma phobie, ce serait ça. » répondais-je, un peu hésitant. Mais vu le réflexe que j’avais eu en Egypte pour sauver Sofia, c’était l’explication la plus plausible. « Et toi ? » décidais-je de lui demander après un instant de silence. « A part les endroits clos, bien sûr. » reprenais-je d’une voix amusée, avant de frotter doucement son bras de ma main dans un geste que j’espérais rassurant.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 28 Juil - 23:27

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« Très bien, tu ne m’as pas vu comme une table. Mais il n’empêche que demander avant de directement poser ton sac sur mes genoux, ça aurait été la moindre des choses non ? Et on n’en serait pas là. Enfin, ça n’aurait rien changé au fait d’être coincé ici, sauf si Là-Haut, il n’aime pas les personnes qui ne sont pas polies. Mais on n’en serait pas là à se gueuler dessus quoi. » Alors c’était ça ? C’était vraiment ça qui l’avait mis hors de lui ? Que je ne lui demande pas avant de lui refiler mon sac ? Et... Heu... Est-ce que tout le monde était comme lui ou pas ? Non, pour savoir combien de milliers de personnes souhaitaient ma mort à l’extérieur. J’avais toujours fait ça, pas forcément consciemment en plus, alors si les gens réagissaient tous aussi mal que lui, y avait des chances pour que cet ascenseur ne soit pas tombé en panne par inadvertance. Y avait même des chances pour qu’une armée de mecs vexés nous attende en bas le couteau à la bouche. “Oui, papa.” je soufflais plus avec légèreté qu’avec provocation. Il fallait bien qu’il comprenne qu’il n’allait pas me changer, pas même un peu. Je voulais bien faire l’effort de ponctuer certaines de mes phrases d’un ‘s’il te plait’, mais il allait devoir faire celui de comprendre que je ne faisais rien de tout ça dans le but de l’irriter ou autre. J’étais juste ainsi. Pas sans gêne, non, juste nature. “Tu ne me changeras pas, c’est trop tard. Il suffit juste que tu apprennes à ne plus t’offusquer de tout ce que je fais ou dis, parce que c’est juste... moi.”

J’avais cessé de pleurer sitôt qu’il avait cessé d’être si... con. Il me parlait doucement, calmement, s’excusait à sa manière, s’essayait même à quelques gestes réconfortant, et tout ceci agissait sur moi comme un puissant calmant. Il était maladroit et malhabile, mais en avait conscience. Ce qui ne l’empêchait pas de vouloir bien faire et de m’interroger sur la marche à suivre. Commencer par arrêter de me répéter sans cesse que j’en avais pour des heures de torture aurait été pas mal, déjà. « Très bien. Ils sont en route et seront bientôt là.  » Je laissais échapper un léger rire. Il n’était vraiment pas doué, et son habitude de soupirer toutes les quinze secondes n’aidait en rien. D’ailleurs, était-ce une technique durement travaillée ? Est-ce qu’il faisait ça pour se donner un genre ? Pour paraître faussement détaché, faussement supérieur et éloigné de tout ça ? Il avait juste à sale caractère, finalement, mais ce n’était pas le connard que j’avais imaginé. Il était juste presque aussi nul que moi en relations humaines. Alors je répondais à sa demande par les gestes, m’incrustant entre ses bras tout en l’interrogeant sur son concept personnel de l’au-delà. Les vies antérieures dont il me parlait plus tôt, y croyait-il réellement ? Ou bien n’était-ce qu’une énième façon de se plaindre de ma présence à ses côtés ? Des côtés qui prenaient tout leur sens à présent, alors qu’il me laissait faire sans broncher, ou si, en émettant de temps en temps quelques uns de ses soupirs qui étaient sa marque de fabrique. « J’en sais rien. » me répondit-il. « Je me dis que si j’avais été le pire des personnages dans une vie antérieure, Monsieur Tout Puissant là haut aurait une raison de se venger de moi ? » Il allait vraiment falloir qu’il cesse de se plaindre. D’accord, il n’était pas le mec le plus chanceux du monde, mais il était loin d’être le plus malheureux aussi.

“Une autre théorie dit que c’est nous qui choisissons notre vie. Qu’il existe, avant la réincarnation, une période durant laquelle on décide des obstacles qui composeront notre vie. L’idée c’est que nous devons accumuler un certains nombres de points avant d’évoluer, et ces points on les gagne en faisant preuve de courage, en surmontant les épreuves. Alors, durant cette période, là-haut, tu décides si tu veux une vie cool type Brad Pitt, qui finalement, ne comptera pour rien dans ton évolution, ou une vie plus difficile, type enfant palestinien dans la bande de Gaza, pour laquelle tu récoltera plein de points...” je lui répondais, finalement, les yeux clos et la respiration nettement plus calme. “J’aime bien cette version, parce que dans cette version t’es un putain de badass débordant de courage qui a décidé que tu saurais surmonter tout ça, aller plus loin que tout ça... Alors que Brad Pitt, lui, c’est juste une grosse feignasse.” j’ajoutais en me lovant un peu plus, façon félin, avant de l’interroger, à nouveau, sur ses propres phobies. Je ne devais pas être la seule à en avoir, on a tous une peur irrationnelle, le genre de truc qui nous réveille en pleine nuit sans raison aucune. « Apparemment, ma phobie serait de perdre une des rares personnes que j’aime ? De perdre quelqu’un qui compte pour moi. J’imagine que ma phobie, ce serait ça. » Hum... C’était pas vraiment une phobie ça. Tout le monde avait peur de perdre un proche, une personne aimée, un être indispensable. Mon frère, par exemple. Je ne concevais pas ma vie sans mon frère, et j’ignorais bien ce que je serais capable de faire si jamais je me devais de le perdre. Quant à ma mère, j’avais toutes les peines du monde à poursuivre sans elle. « Et toi ? » me demanda-t-il, me tirant de mes pensées déprimantes. « A part les endroits clos, bien sûr. » précisa-t-il aussitôt, me tirant un sourire. “La foule...” je soufflais en guise de réponse, m’enfonçant un peu plus contre lui à mesure que sa paume allait et venait contre mon bras. “La foule m’oppresse, j’ai peur d’être comprimée, d’étouffer, j’ai peur d’un mouvement de panique et de finir piétinée. Ce n’est pas plus rationnel que la claustrophobie, mais ça va souvent ensemble. Et je sais ce que tu penses, niveau psychiatrique, je suis un véritable cas d’école, et tu n’as vraiment-vraiment pas de chance d’être coincé, justement avec ça, dans cet ascenseur... Mais pense à tous les points que ça va te rapporter. Tu me remercieras dans ta prochaine vie.” Le ton état léger, tout autant que l’était mon malaise, quelque peu apaisé par la cachette au sein de laquelle je m’étais précipitée. “J’suis pas si fragile, tu sais ? T’as le droit de serrer un peu plus.” j’osais, du fond de ma planque, récupérant l’un de ses bras pour m’auto-étreindre avec. On est jamais mieux servi que par soi-même, paraît-il. Ha bah, tiens, au bout de ce bras se trouvait le champagne que je récupérais, à mon tour, pour vider un peu plus la bouteille. Et dire que c’était pour ma Grand-Tante. Merde, je n’avais aucune notion de l’heure qu’il pouvait être, mais je savais que si elle ne remarquerait pas mon absence, elle remarquerait celle du champagne. Triste. “Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te sentir invisible ?” je demandais alors, suivant le fil rouge de mes pensées, en m’extrayant de ma cachette juste le temps de lui tendre le goulot. Parce que moi, ça m’arrivait tout le temps... Surtout en ce moment.  
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Mar 29 Juil - 13:24

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Je détestais les pleurs, c’était réellement quelque chose qui me mettait mal à l’aise. Pour cette raison, et parce qu’elle s’était excusée, je décidais de me sortir de mon fauteuil pour m’installer à ses côtés, avachi contre la paroi de l’ascenseur. Je fis même une légère pression sur son bras, histoire de la réconforter un peu. Je lui expliquais alors la raison de ma colère. Ce n’était pas bien compliqué de demander avant de poser directement ses achats sur mes genoux, non ? “Oui, papa.” souffla-t-elle, me faisant rouler des yeux. Elle ne croyait pas qu’elle exagérait un peu là ? Je ne lui faisais pas la morale, rien. Je lui disais simplement que la moindre des choses était de demander. Si elle l’avait fait, clairement, nous n’aurions pas été dans cette situation. Cela ne prenait que trois secondes, et je n’aurais pas eu l’impression qu’elle m’utilisait simplement parce que mes jambes faisaient une belle table. “Tu ne me changeras pas, c’est trop tard. Il suffit juste que tu apprennes à ne plus t’offusquer de tout ce que je fais ou dis, parce que c’est juste... moi.” réprit-elle. Je lui demandais alors ce qu’elle voulait que je fasse. Apparemment, elle voulait être dans le déni et que je lui mente en lui disant que les secours allaient arriver et que dans quelques minutes, nous serions libérés. Je ne voyais pas ce que ça changerait, surtout que c’était absolument faux et que nous allions bien être coincés ici pendant plusieurs heures, comme à chaque fois, mais si ça lui faisait plaisir. Apparemment, c’était le cas, puisque j’entendais un rire de son côté.

Au moins, elle ne pleurait plus, c’était déjà ça. D’ailleurs, elle avait arrêté de pleurer presqu’aussitôt que je m’étais retrouvé à installé à côté d’elle. Apparemment, cela semblait l’avoir calmée, et c’était tant mieux. Comme pour meubler la conversation et rompre le silence qui recommençait à prendre place, elle me demanda si je croyais réellement aux vies antérieures. Le fait était que je n’en avais strictement aucune idée. Mais je fis un effort en disant que cela expliquerait pourquoi Là-Haut, il aimait s’acharner sur ma petite personne. Après tout, si dans une vie antérieure, j’avais été une personne immonde, cela prendrait un peu plus de sens. Elle décida qu’être installée à mes côtés ne lui suffisait plus, et que m’utiliser comme nounours géant était une meilleure idée, puisqu’elle s’installa dans mes bras – toujours sans rien me demander, forcément. “Une autre théorie dit que c’est nous qui choisissons notre vie. Qu’il existe, avant la réincarnation, une période durant laquelle on décide des obstacles qui composeront notre vie. L’idée c’est que nous devons accumuler un certains nombres de points avant d’évoluer, et ces points on les gagne en faisant preuve de courage, en surmontant les épreuves. Alors, durant cette période, là-haut, tu décides si tu veux une vie cool type Brad Pitt, qui finalement, ne comptera pour rien dans ton évolution, ou une vie plus difficile, type enfant palestinien dans la bande de Gaza, pour laquelle tu récoltera plein de points...” monologua-t-elle, avant de reprendre sans me laisser le temps de lui répondre. “J’aime bien cette version, parce que dans cette version t’es un putain de badass débordant de courage qui a décidé que tu saurais surmonter tout ça, aller plus loin que tout ça... Alors que Brad Pitt, lui, c’est juste une grosse feignasse.” Je fronçais franchement des sourcils. Mouais, je n’y croyais pas vraiment. « Ça voudrait quand même dire qu’en choisissant cette vie-là, j’étais un poil con quand même, non ? Enfin sérieusement, je préfère marquer peu de point en était une feignasse comme Brad Pitt que d’avoir la vie que j’ai et remporter un tas de points. » lui répondais-je en haussant des épaules. C’était la vérité en même temps. Le paradis avait intérêt à être vraiment cool si cette histoire de points existait vraiment. Et j’avais intérêt à avoir cumulé tous les points sans avoir besoin de vivre autant de vies pourries comme celle-ci.

Elle fit alors un peu dériver la conversation, en parlant des phobies et en me demandant si j’en avais – enfin, d’abord sous forme d’un ordre, puis elle sembla se rappeler ma seule demande : de la politesse. Je lui avouais que ma seule phobie était de perdre une personne que j’aimais, qui comptait pour moi. Je ne voyais rien d’autre que cela en fait. Et vu ma réaction lorsque j’avais cru perdre Sofia, même des années après que la jeune femme ait mis un terme à notre histoire, cela me semblait logique. J’avais préféré prendre le risque de mourir simplement pour ne pas avoir à vivre dans un monde où elle n’existerait plus. Le fait était qu’il y avait peu de personnes qui comptait pour moi. D’ailleurs, à part ma sœur – et toujours Sofia apparemment – il n’y avait personne d’autre. Lorsque mon père était mort, cela ne m’avait rien fait. Enfin si, j’avais été un peu troublé, mais j’avais bien plus été touché par la détresse de Juliette que par la mort de notre paternel. Si ma mère mourrait, ou un de mes frères, cela serait exactement la même chose. Et c’était réciproque apparemment, vu qu’ils n’avaient même pas daigné me passer un coup de fil ou m’envoyer une carte après l’attentat. Mais Juliette … Non, je ne pourrais pas vivre sans elle. Elle était ma gnome et oui, elle était enquiquinante, et curieuse, et se mêlait de choses qui clairement ne la regardait pas. Mais rien que l’idée de la perdre me filait des sueurs froides.

Je lui retournais alors la question. Je connaissais sa phobie des espaces clos, mais je me doutais bien qu’elle devait en avoir d’autres. Elle semblait vraiment névrosée en même temps comme fille. “La foule...” me répondit-elle en m’étreignant un peu plus, comme si j’étais son ours en peluche géant. Son autre phobie ne m’étonna pas plus que cela, finalement elle paraissait même logique et en rapport avec sa claustrophobie. “La foule m’oppresse, j’ai peur d’être comprimée, d’étouffer, j’ai peur d’un mouvement de panique et de finir piétinée. Ce n’est pas plus rationnel que la claustrophobie, mais ça va souvent ensemble. Et je sais ce que tu penses, niveau psychiatrique, je suis un véritable cas d’école, et tu n’as vraiment-vraiment pas de chance d’être coincé, justement avec ça, dans cet ascenseur... Mais pense à tous les points que ça va te rapporter. Tu me remercieras dans ta prochaine vie.” reprit-elle, me faisant lâcher un petit rire. Oui, pour être un cas d’école en psy, elle en était un, c’était certain. « Dommage que je ne sois pas psy, alors. » lâchais-je dans un haussement d’épaules. « Mais une consultation ne pourrait pas te faire du mal, en effet. » reprenais-je dans un sourire tout en faisant une petite caresse sur son bras. “J’suis pas si fragile, tu sais ? T’as le droit de serrer un peu plus.” dit-elle, en récupérant un de mes bras. Peut-être qu’elle ne me prenait pas pour un nounours, mais pour un pantin, qui sait ? Je ne savais pas quelle hypothèse je préférais. Je lâchais un soupir, et augmentais un peu la pression de mon bras contre elle. “Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te sentir invisible ?” me demanda-t-elle, me faisant de nouveau froncer des sourcils. « Heu non … Pourquoi ? » lui renvoyais-je la question.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Mar 29 Juil - 15:22

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Il ne bougeait plus, comme bloqué et malhabile lorsqu’il s’agissait d’avoir un individu, quel qu’il soit, entre les bras. C’était plutôt ironique sachant que la première et seule chose qu’il m’avait proposé afin de me changer les idées, de m’accaparer la tête, incluait forcément une promiscuité dont il ne semblait pas vraiment raffoler. Est-ce qu’il ne s’agissait, alors, que d’une provocation de plus ? Cela dit, je devais bien admettre que malgré sa gêne apparente, il se montrait incroyablement docile. Je n’aurais pas supporté d’être repoussée, encore moins alors qu’il s’agissait, vraisemblablement, de mon seul et unique exutoire. J’aurais aimé pouvoir lire dans ses pensées, m’assurer qu’il ne prenait pas mal, encore une fois, une démarche qui n’était en rien insultante... C’était assez évident, non ? Mais avec lui, on ne savait jamais. Après tout, s’il avait mal prit le fait que je lui donne mon sac en partant du principe que si je le faisais c’était uniquement parce qu’il était handicapé, comment prendrait-il le fait que je m’installe de moi-même contre lui, lui imposant les mouvements à faire et les gestes à avoir ? Est-ce qu’il allait se dire, à nouveau, que c’était son handicap qui m’y invitait ? J’en avais marre. Marre de parler handicap, marre de penser handicap, parce que, je ne sais pas, peut-être étais-je anormale, mais je ne le voyais pas, moi, ou bien m’en foutais carrément. Et je n’aimais pas trop qu’il me prête toutes ces intentions qui n'effleuraient même pas mon esprit. J’avais tenté de le lui expliquer, mais... Allait-il finir par me croire ? Si lui, de son côté, n’avait aucun problème avec l’idée de me faire la leçon, du mien c’était quelque peu différent. J’aurais aimé lui dire que sa façon de penser, de voir les gens, et d’aborder la vie n’étaient pas les bonnes, mais... Qui étais-je pour me permettre ça ? Je n’avais jamais été en fauteuil, je ne m’étais même jamais cassé une jambe. Je n’étais rien que théorie et zéro pratique.

Aussi, je préférais emprunter des chemins de traverse, tenter de lui apporter un peu de lumière via mes histoires, mes théories mystiques, en espérant qu’elle fonctionneraient un peu sur lui. « Ça voudrait quand même dire qu’en choisissant cette vie-là, j’étais un poil con quand même, non ? Enfin sérieusement, je préfère marquer peu de point en était une feignasse comme Brad Pitt que d’avoir la vie que j’ai et remporter un tas de points. » Raté ! Merde alors, je venais pourtant de lui dire qu’il était mieux que Brad Pitt. Ça comptait pas à ses yeux ? “Maiiiiiis...” je gémissais comme une enfant contrariée. Sans déconner, il voulait pas, juste une fois, aller dans mon sens, faire en sorte que je me sente utile à quelque chose, utile à quelqu’un ? “C’est naze, si tu cumules que des vies sans point, tu n’évolueras jamais. Alors ouai, peut-être que de te taper Angelina Jolie toutes les nuits c’est l’eden à tes yeux, mais tu sais pas... Peut-être qu’au bout de ton évolution tu cesses d’être un homme ou une âme, ou peu importe ce qu’on est actuellement, pour devenir... J’sais pas... Zeus ?” Je n’étais pas vraiment en très bons termes avec la religion qui était censée être la mienne. L’Eglise Catholique, bien que je la respecte, ne m’avait jamais apporté la moindre réponse, et ce Dieu qui tuait des femmes aussi bonnes que ma mère, ne pouvait être qu’une fable. Les voies du seigneur sont impénétrables, mon cul, oui ! La seule chose impénétrable, ici, c’était mon cerveau, mon esprit tordu et en ébullition. “Si ça se trouve, l’existence est comme une entreprise, tu débutes tout en bas de l’échelle, en tant que pâquerette, et en fonction des points que tu gagnes, tu évolues, passant à l’insecte, au poisson, ainsi de suite jusqu’à l’Homme. Et là encore, tu dois gagner des points pour grimper, grimper, prouver ta valeur jusqu’à atteindre le statut de dieu et gérer les opérations à la place des anciens dieux qui, eux... J’sais pas, prennent leur retraite, ou évoluent sur un autre plan. Du coup, ça voudrait dire que t’es vachement plus haut placé que Brad Pitt dans l’entreprise de la vie, et que toi, la vie prochaine, tu seras peut-être Poseidon, pendant que Brad sera un unijambiste avec une seule dent.” Pas mal, hein ? Je décidais de bien aimer cette idée, essentiellement parce qu’elle me plaçait, également, au-dessus d’Angelina Jolie. Et quelle femme ne veut pas être mieux qu’Angelina Jolie ? Quoique... Elle avait perdu sa mère, elle aussi, et ses seins -bien que les miens n’avaient jamais poussé, mais, bref, le résultat était le même- donc peut-être qu’elle aurait droit à sa petite fournée de points. Mais pas Brad Pitt.

Rapidement, nous en revenions aux phobies. C’était un peu un sujet d’actualité dans ce contexte. Je l’interrogeais sur les siennes, il m’interrogeait sur les miennes. Sa phobie, ou ce qu’il appelait phobie, était plutôt rationnelle, tandis que la mienne, l’autre, ne l’était pas le moins du monde. Je me confiais tout de même, prenant soin de me moquer de moi-même avant qu’il ne le fasse. Ce qui ne l’empêcha pas d’en rajouter une couche, tout de même. « Dommage que je ne sois pas psy, alors. Mais une consultation ne pourrait pas te faire du mal, en effet. » Le léger rire accompagnant sa remarque avait légèrement atténué l’insulte, mais tout de même... Pourquoi fallait-il sans cesse qu’il me voit ainsi ? Est-ce qu’il n’arrivait vraiment pas à comprendre qu’une phobie ne faisait pas de quelqu’un un fou ou un dérangé ? “S’il te plait...” je commençais en me souvenant bien, cette fois, d’y mettre les manières. “Ne me dis plus des choses comme ça, j’ai l’impression d’être folle. Et je ne le suis pas.” j’achevais avant de lui demander de resserrer un peu plus son étreinte. Je n’étais pas folle, et un psy j’en avais déjà vu un. Ça n’avait servit à rien, il ne m’avait rien dit que je ne sache déjà. Nous n’avions même pas évoqué mes phobies puisqu’il n’y a jamais rien à faire contre elle. Nous avions juste parlé de ma peur de l’abandon, de mon refus d’avancer, ou ne serait-ce que de m’attacher. Evidemment, je savais déjà d’où me venaient ces travers, alors ça ne m’avait pas servit à grand chose. Le psy n’avait fait que confirmer ce que je pensais, et m’informer que je ferais, moi-même, un excellent psy. Super ! Pourquoi pas, après tout. Me rendre utile pourrait éventuellement, me rendre visible. « Heu non … Pourquoi ? » Ha, zut ! J’avais oublié avoir formulé cette question à voix haute. “Pour rien.” j’esquivais, m’échappais, récupérant cette bouteille dont il ne semblait pas vouloir pour m’en enfiler une nouvelle rasade. “Attends.” je réagissais, brusquement, sentant mon estomac se tordre et mon esprit s’embrumer. On avait déjà sifflé plus de la moitié d’une bouteille, alors, d’accord ce n’était pas très correct, mais les circonstances l’imposait. Je m’extrayais de cette étreinte pour me glisser jusqu’à mes sacs Saks, oubliés au milieu de l’ascenseur. J’ouvrais le premier, l’étudiais, le repoussais, et récupérais le deuxième que je ramenais avec moi jusqu’à ma place, ou plutôt la place que je me réattribuais, poussant ma chance un peu plus loin en m’installant mieux, plus confortablement, avec la même familiarité que s’il eut s’agit de mon frère. “Tu veux un cupcake ?” je proposais en ouvrant la boîte depuis ma cachette. “Par contre, il fait trop sombre pour que je discerne les différents goûts, donc... Tu veux un cupcake surprise ?” j’annonçais en lui en en brandissant un sous son nez. Il devait avoir faim, lui aussi, non ?  
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Sam 2 Aoû - 18:30

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Je n’avais pas l’habitude de prendre des personnes dans mes bras. Ou en tout cas lorsque rien de sexuel n’était en jeu. Parce que s’il m’était déjà arrivé de consoler des filles dans le simple but de me les taper, ce n’était pas cela ainsi en ce moment. Et sinon, la seule personne que je prenais dans mes bras sans aucune arrière pensée – même si en ce moment, j’avais comme arrière pensée qu’elle se calme et arrête de me faire chier – c’était ma petite sœur, Juliette. Mais Juliette faisait à peu près de moi et je ne supportais absolument pas de voir une seule larme couler sur sa joue. Et elle le savait et en profitait pleinement, bien sûr, mais ça c’était une autre histoire. Mais le fait était que là, il s’agissait d’une parfaite inconnue. Et le fait, qu’en plus, elle ne m’en laisse pas vraiment le choix, décidant de m’utiliser comme un pantin, n’aidait pas vraiment à me mettre à l’aise. Au contraire même, je devais même être plutôt gauche actuellement, figé comme je l’étais. Mais je ne bougeais pas et la laissais faire, non sans retenir quelques signes d’agacement. Je la laissais chercher un sujet de conversation, ayant personnellement dit tout ce que j’avais eu à dire. Il ne fallait pas trop m’en demander non plus.

Les vies antérieures lui semblèrent être une bonne idée. Pourquoi pas, après tout ? Mais j’avais vraiment beaucoup de mal à croire sa théorie. Sérieusement, je n’étais pas masochiste au point d’avoir décidé moi-même d’avoir cette vie complètement merdique, non ? “Maiiiiiis... C’est naze, si tu cumules que des vies sans point, tu n’évolueras jamais. Alors ouai, peut-être que de te taper Angelina Jolie toutes les nuits c’est l’eden à tes yeux, mais tu sais pas... Peut-être qu’au bout de ton évolution tu cesses d’être un homme ou une âme, ou peu importe ce qu’on est actuellement, pour devenir... J’sais pas... Zeus ?” commença-t-elle, avant de faire une petite pause, comme pour réfléchir. Bof, je n’étais toujours pas vraiment convaincu d’avoir pu être aussi con et d’avoir décidé cette vie plutôt que de choisir de baiser tous les soir avec Angelina Jolie. Même si elle n’était pas du tout à mon goût, c’était tout de même bien mieux que des prostituées, non ? “Si ça se trouve, l’existence est comme une entreprise, tu débutes tout en bas de l’échelle, en tant que pâquerette, et en fonction des points que tu gagnes, tu évolues, passant à l’insecte, au poisson, ainsi de suite jusqu’à l’Homme. Et là encore, tu dois gagner des points pour grimper, grimper, prouver ta valeur jusqu’à atteindre le statut de dieu et gérer les opérations à la place des anciens dieux qui, eux... J’sais pas, prennent leur retraite, ou évoluent sur un autre plan. Du coup, ça voudrait dire que t’es vachement plus haut placé que Brad Pitt dans l’entreprise de la vie, et que toi, la vie prochaine, tu seras peut-être Poseidon, pendant que Brad sera un unijambiste avec une seule dent.” reprit-elle, me faisant lâcher un rire. Je ne croyais pas un mot de ce qu’elle disait, mais au moins, c’était une vision marrante de la chose. Et puis, c’était toujours mieux que d’avoir Hitler comme vie antérieure, non ? « Vivement que je devienne Dieu alors, que je puisse m’amuser à mon tour.  » lâchais-je dans un sourire en coin, avant de reprendre. « Donc toi, future déesse ou future unijambiste avec une seule dent ?  » lui demandais-je en reprenant ses mots. Pas question que je sois le seul à m’être confié, c’était certain. Et même si je la voyais probablement dans un état qu’elle n’aimerait montrer à personne, ce n’était pas une raison.

Je ne pus m’empêcher de prendre la perche qu’elle m’avait tendue – qui y serait arrivé ? – en me disant qu’elle était un véritable cas d’école en psychiatrie. Ce n’était pas méchant, mais en effet, un psy ne pourrait pas lui faire du mal. “S’il te plait...” commença-t-elle, ayant retenue sa leçon. “Ne me dis plus des choses comme ça, j’ai l’impression d’être folle. Et je ne le suis pas.” me demanda-t-elle, me faisant rouler des yeux, avant de m’exécuter comme un automate lorsqu’elle me demanda de resserrer mon étreinte. « Voir un psy n’est pas synonyme de folie, tu sais ? Tu n’as pas envie de pouvoir prendre un ascenseur bondé sans avoir de sueurs froides, par exemple ?  » lui répondais-je dans un sourire en coin. Il faudrait m’expliquer en quoi cela pouvait être négatif. Semblant perdue dans ses pensées, elle me demanda si j’avais déjà eu l’impression d’être invisible. Non, pas vraiment. Enfin si, des fois, lorsque l’on ne me voyait pas et que je me prenais des sacs en pleine gueule. Mais c’était plus parce que les gens étaient égocentriques. Bref, le problème venait d’eux, pas de moi. “Pour rien.” me répondit-elle après que je lui ai demandé pourquoi cette question. Je haussais des épaules pour seule réponse. Elle reprit la bouteille de champagne, en bu quelques gorgées, avant de se figer.“Attends.” dit-elle. J’avais envie de lui répondre que ce n’était pas vraiment comme si je pouvais prendre mes jambes à mon cou. Déjà, parce que nous étions coincé dans un ascenseur. Et surtout parce que, de toute façon, ce n’était pas comme si je pouvais courir. Mais je n’en fis rien, me contentant de lâcher un autre soupir. “Tu veux un cupcake ?” me proposa-t-elle. Je n’avais pas eu l’impression d’avoir faim jusqu’à ce qu’elle me propose à manger. A ce moment-là, un gargouillement sonore se fit entendre. Depuis quand je n’avais pas mangé ? Surtout que mon déjeuner avait été léger. « Apparemment, oui.  » lâchais-je dans un sourire. “Par contre, il fait trop sombre pour que je discerne les différents goûts, donc... Tu veux un cupcake surprise ?” reprit-elle, me faisant tout de même acquiescer. C’était ça ou rien, apparemment. Et je piochais dans la boite, laissant faire le hasard. J’eu un souvenir d’un des films de Harry Potter que ma sœur m’avait forcé à voir, et espérais simplement que les goûts n’étaient pas les mêmes que ceux des dragées surprises.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Sam 2 Aoû - 22:15

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Il allait se détendre, un peu, bon sang ? C’était comme accepter l’étreinte d’un Mister Freeze, aussi froid et rigide que le bâton glacé, les soupirs en plus. Je n’étais pas vraiment en position de me plaindre, il était quand même descendu de son fauteuil juste pour s’approcher et me rassurer. C’était pas rien, surtout au vu du départ sur les chapeaux de roues que nous avions vécu. Il m’agaçait, je l'irritais, bref, le paradis sur Terre. Et désormais il était là, ne bronchant presque pas en m’offrant ses bras. Juste pour quelques larmes que je m’employais à lui faire oublier. Je ne supporterais pas de n’être que ça, à ses yeux, la folle qui chialais dans un ascenseur. D’accord, il n’était rien pour moi, on ne se reverrait pas après ça, mais... Je ne supportais pas de n’être que ça, tout de même. J’étais tellement plus. Pas forcément beaucoup mieux, mais toujours mieux que ça. Et puisqu’il s’était immédiatement imaginé dans l’uniforme d’Hitler, je décidais de lui prêter celui de Zeus, ou d’un futur Zeus, en tout cas, prétextant que Brad Pitt n’était qu’une ex-pâquerette désormais grosse feignasse. Dans une prochaine vie, si cette théorie d’ascension karmique s’avérait réelle, alors Brad serait unijambiste édenté, et lui, Lawrence, un dieu en puissance. « Vivement que je devienne Dieu alors, que je puisse m’amuser à mon tour.  » m’annonça-t-il après un rire qui me tira un petit sourire triomphant. J’allais y parvenir, à le dérider ! J’allais l’obliger à se détendre, à s’oublier un peu... Juste un peu... Juste assez pour que je puisse m’oublier à mon tour.  « Donc toi, future déesse ou future unijambiste avec une seule dent ? » Ah merde ! Evidemment, il n’allait pas me laisser m’en tirer comme ça. Sauf que c’était pas prévu, ça. Il m’avait déjà vu en piteux état, ça ne lui suffisait donc pas ? « Ni l’un, ni l’autre, je présume... » je répondais tout de même, me fondant un peu plus dans son étreinte, comme pour y disparaître totalement. « Pas une déesse, c’est évident, mais... Peut-être Brad Pitt, finalement. Je crois que j’aurais besoin de repos après cette vie-là. » Oui, je crois que si le choix se proposait à moi, juste là, maintenant, tout de suite, alors où, j’opterais pour le calme, le répit, l’apaisement... Une vie de repos.

Évidemment, c’était trop beau, trop bien partit pour que ça dure encore ainsi, et la provoc revint dans son timbre de voix. Un psy, hein ? Je n’étais pas folle. Du moins, je ne voulais pas l’être, je ne voulais pas qu’on le remarque, et me retrouvais à lui demander de ne plus me dire ça. Parce que ça réveillait des trucs en moi qu’il ne savait pas, qu’il ne pouvait pas savoir, et dont je ne parlerais, bien évidemment, pas. « Voir un psy n’est pas synonyme de folie, tu sais ? Tu n’as pas envie de pouvoir prendre un ascenseur bondé sans avoir de sueurs froides, par exemple ?  » « Tu ne comprends pas... » je rétorquais, malgré moi, avant de laisser échapper un soupir, et lui expliquer un peu plus, un peu mieux, sans jamais entrer dans les détails. « J’ai vu un psy... Dans mon cas, c’est un passage obligatoire... Enfin, quand je dis ‘dans mon cas’, je n’entends rien de très extraordinaire, juste un deuil. Très commun, quoi. On m’y a obligé, alors j’y suis allée, docilement. Sauf que je ne me laisse pas facilement décortiquer le cerveau, et qu’au bout d’une heure, c’était moi qui décortiquait celui du psy. Il l’a dit lui-même, il ne peut rien pour moi. C’est à moi de faire le travail. » C’était vrai. J’avais les cartes en mains, je savais exactement de quoi je souffrais et pourquoi je souffrais. Il me fallait simplement accepter de ne plus souffrir. Et c’était plus simple à dire qu’a faire. Bon, il était bien mignon, lui, avec ses questions, mais ça m’aidait pas vraiment à le détendre et à me détendre. Aussi, après une nouvelle gorgée de champagne, je lui demandais d’attendre pour m’en aller récupérer la boîte de six cupcakes. Je lui en proposais un, parce que malgré le fait que je sois française, je savais faire preuve de politesse, et son ventre me répondit à sa place, gémissant à la simple prononciation du mot cupcake. « Apparemment, oui.  » je laissais échapper un rire, moi aussi, avant de lui tendre la boîte, l’informant que niveau goût, ça allait un peu être au petit bonheur la chance. Cela dit, ils étaient forcément bon vu le prix qu’ils m’avaient coûté, non ? À la réaction sonore qu’il venait d’avoir, j’avais comme un doute. « C’est pas bon ? » je demandais, avant de croquer moi-même dans celui que je venais de piocher pour moi et que je recrachais aussitôt. Pas classe. Bordel, c’était quoi ça comme goût ? Morue/épinard ? « Beuuurk ! Dégueulasse ! Vas-y, crache. » je m’exclamais en reposant le cupcake piège dans le couvercle de l’emballage avant de le lui tendre pour qu’il fasse de même, vu que, clairement, le sien ne semblait pas meilleur que le mien, puis en piochait un nouveau que je lui tendais. Oui, c’était mon cobaye, clairement. « Alors ? »  Y avait moyen qu’il en existe quelques bons, ou bien ?   
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Dim 3 Aoû - 11:54

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A chaque fois qu’elle approfondissait l’étreinte, je me figeais un peu plus. Je n’aimais vraiment pas le contact avec une inconnue. Enfin, sauf si nous faisions quelque chose de bien plus intéressant que de parler, bien évidemment. Mais là, c’était juste … trop intime. Et même si j’essayais d’être moins connard avec elle après qu’elle se soit mis à pleurer et à s’excuser de son comportement, je n’étais clairement pas à l’aise. Je tentais donc de me concentrer sur notre conversation, et non pas sur le fait qu’elle m’utilise comme un pantin, sans me demander mon avis – c’était apparemment son comportement habituel, de ce que j’avais pu voir. Je n’étais pas d’accord avec sa théorie sur les vies antérieures et futures, ne pouvant pas imaginer une seconde que j’ai pu un jour être aussi con. Mais bon, c’était toujours mieux que d’avoir Hitler comme vie antérieure, et si je devenais Dieu, pourquoi pas ? Je lui demandais alors si dans sa vie future elle deviendrait une déesse ou si elle se transformerait en unijambiste avec une seule dent, utilisant ses propres mots. « Ni l’un, ni l’autre, je présume... » commença-t-elle, avant de reprendre. « Pas une déesse, c’est évident, mais... Peut-être Brad Pitt, finalement. Je crois que j’aurais besoin de repos après cette vie-là. » Est-ce qu’elle n’avait pas un peu dévié de la question, là ? Après tout, je lui demandais si sa vie était bien ou pourrie, et elle me sortait qu’elle voulait devenir un flemmard dans une prochaine vie. Voilà ce qui se passait quand j’essayais de faire des efforts pour apprendre à connaître quelqu’un. Je le dirais à Sofia, tiens, elle qui m’avait dit que je devais parler avec les femmes et non tenter de les mettre dans mon lit. « Donc tu es une flemmarde ? Tu récoltes peu de points ?  » retentais-je. Et si elle ne répondait pas, tant pis, je n’allais pas en faire un drame non plus.

Et dire que j’avais dit que j’étais susceptible. Ce n’était rien comparativement à elle. Et puis, c’était elle qui m’avait lancée une perche longue comme la cinquième avenue, et elle prenait mal ma pique maintenant. Et puis, pourquoi est-ce que les gens faisaient toujours un amalgame entre les psychologues et la folie ? Si tout ceux qui allaient voir un psy étaient fous, les hôpitaux psychiatriques seraient bien remplis ! « Tu ne comprends pas... » Non, en effet, apparemment, je ne comprenais rien. Je roulais des yeux avant de lâcher un soupir. Si elle voulait que je me taise et que je ne dise plus rien, qu’elle me le dise. « J’ai vu un psy... Dans mon cas, c’est un passage obligatoire... Enfin, quand je dis ‘dans mon cas’, je n’entends rien de très extraordinaire, juste un deuil. Très commun, quoi. On m’y a obligé, alors j’y suis allée, docilement. Sauf que je ne me laisse pas facilement décortiquer le cerveau, et qu’au bout d’une heure, c’était moi qui décortiquait celui du psy. Il l’a dit lui-même, il ne peut rien pour moi. C’est à moi de faire le travail. » expliqua-t-elle. Je haussais des épaules. Et alors ? « C’est sûr qu’un psy ne va pas faire le boulot à ta place. C’est à toi de travailler sur toi-même.  » lui répondais-je, avant de lâcher un autre soupir, plus long. Je passais ma main disponible dans mes cheveux, avant de reprendre. « Après l’accident, on m’a envoyé en thérapie. Ça ne m’a pas fait grand chose. Enfin, je pense toujours que le monde est injuste et que Là-Haut, c’est juste un connard. Mais ça m’a permis de relativiser certaines choses. D’être moins … en colère tout le temps.  » tentais-je de lui expliquer, pas vraiment sûr qu’elle comprenne. Surtout que je m’étais rapidement mis en colère, donc bon. Mais ça, c’était simplement mon comportement normal. Si cela s’était passé quelques mois auparavant, je lui aurais sûrement roulé dessus avec mon fauteuil.

Alors que nous parlions plus ou moins tranquillement, je ne m’étais pas rendu compte à quel point j’avais faim. C’était pourtant logique, vu le peu que j’avais avalé ce midi, et l’heure qu’il était maintenant. J’aurais presque pu l’embrasser lorsqu’elle m’ouvrit la boîte de cupcakes pour que je puisse enfin manger. Mais alors que je croquais dedans à pleine bouche, un goût épouvantable envahit celle-ci.  « C’est pas bon ? » me demanda-t-elle. « Ils sont périmés ou quoi ?  » demandais-je dans une grimace, retenant un haut le cœur.  Comme pour en avoir le cœur net, elle en prit un également. « Beuuurk ! Dégueulasse ! Vas-y, crache. » s’exclama-t-elle en le reposant dans le couvercle de l’emballage. Je ne me fis pas prier, clairement. « C’est une honte, au prix où ils sont !  » m’offusquais-je. Il fallait leur faire un procès ! Comment on pouvait vendre des trucs pareils ?! Elle me tendit de nouveau la boîte, s’attendant à ce que j’en prenne un autre. « Sérieusement, tu veux que je meure à ta place, c’est ça ?  » lui demandais-je dans une moue. J’allais mourir empoisonné, et tout le monde s’en fichait. N’écoutant que mon courage, je décidais de rentrer dans la fosse aux lions, et d’en prendre une minuscule bouchée. Humm, il était plutôt bon celui-là. Chocolat ? Oui, c’était apparemment ça. Il était bon en tout cas. J’en reprenais une plus grosse bouchée, satisfait. « Alors ? » me demanda-t-elle. Je lui lançais un sourire malicieux, avant de le terminer tout en la regardant dans les yeux, m’en mettant plein partout. « Il était très bon, merci.  » Ça lui apprendra à vouloir prendre le risque que je meure à sa place. « Mais j’en ai encore sur les doigts, si tu en veux un peu.  » reprenais-je en lui montrant mes doigts plein de chocolat. Je passais un petit coup de langue sur mes lèvres. « Et probablement sur le visage aussi, j’ai mangé comme un cochon je crois.  » terminais-je du même sourire. Je lâchais un rire franc en voyant sa tête, tout en passant mes doigts chocolatées devant son visage. Ça lui apprendra !

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Dim 3 Aoû - 17:47

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« Donc tu es une flemmarde ? Tu récoltes peu de points ?  » Quoi ? Non ! Qu’est-ce qu’il n’avait pas compris dans ‘j’aurais besoin de repos’ ? C’est dans ma prochaine vie que je serais une grosse feignasse, pas dans celle-là. Dans celle-là, à même pas 26 ans, j’avais déjà accumulé la puissance karmique d’un centenaire en fin de vie. Alors oui, je ne savais pas ce que l’avenir me réservais, et peut-être que le pire était passé, finalement, mais si ça continuait ainsi, sur cette même lancée, alors à cinquante ans j’en paraitrais soixante-dix. « Je te dis juste que j’estime qu’après cette vie-là, celle que je me paye en ce moment, j’aurais certainement besoin de repos. J’suis pas flemmarde, juste éreintée. » C’était plus clair ainsi ? Probablement qu’après lui avoir parlé de mon expérience chez le psy, il comprendrait à quel point je n’étais pas une flemmarde ? J’essayais. Disons que je n’entrais pas dans les détails parce que je n’aimais pas en parler, mais aussi parce que je n’avais pas spécialement envie qu’il me traite d’indécente encore, juste parce que j’osais évoquer des problèmes qu’il jugerait toujours moins grave que d’être coincé en fauteuil. « C’est sûr qu’un psy ne va pas faire le boulot à ta place. C’est à toi de travailler sur toi-même.  » Hum... Et quand le travail était trop dur à faire ? Lorsque le travail était en tout point contre-nature chez la personne en question ? Faire ce travail revenait à me couper la tête, à cesser de réfléchir, de tout décortiquer, de tout observer et analyser... Si j’avais été capable de le faire, je n’aurais pas attendu le feu vert d’un médecin. Avaient-ils la moindre idée d’à quel point il était épuisant d’être moi ? « Après l’accident, on m’a envoyé en thérapie. Ça ne m’a pas fait grand chose. Enfin, je pense toujours que le monde est injuste et que Là-Haut, c’est juste un connard. Mais ça m’a permis de relativiser certaines choses. D’être moins … en colère tout le temps.  » Et bien, qu’est-ce que ça devait être avant ? Enfin non, il fallait que j’arrête de penser comme ça ! Il était là, sur le sol, finalement rien que pour moi, donc je n’avais pas le droit de le critiquer, même si c’était dans ma tête. Surtout que je n’avais aucune idée de ce que pouvait être de perdre ses jambes. Du moins l’usage de ses jambes. Il s’agissait d’un accident, je l’avais compris depuis longtemps, mais il m’en fournissait la confirmation. Cela dit, je n’allais poser aucune question, ça ne me regardait pas, et je ne voulais pas le mettre en colère à nouveau. Aussi je me taisais, gardais le silence un moment, attendant qu’il me parle à nouveau, ou bien... Ou bien rien. C’est vrai. Il n’avait plus rien à me dire, il m’avait prévenu de longues minutes plus tôt. Une heure ? Un jour ? J’avais perdu la notion du temps, et malgré ses bras et sa présence, les murs oscillaient à nouveau. Alors je m’évadais, quittant son emprise pour m’occuper le cerveau. Je ne voulais plus aborder de sujet grave, aussi j’optais pour quelque chose de plus léger... Enfin, léger émotionnellement, pas caloriquement. Les cupcakes. J’avais faim, il avait faim, son ventre nous en informait, et puisqu’on ne sortirait probablement jamais d’ici, que Liliane avait déjà très certainement célébré plusieurs anniversaire entre le temps où j’étais entrée dans cet ascenseur et maintenant, j’ouvrais la boîte et lui en proposais un. Ouais, sauf que bon... J’avais payé le prix fort pour des trucs au goût de Canard WC. « Ils sont périmés ou quoi ?  » Non, pas périmés, mais goût bien chelou, on était d’accord. Je lui tendais le couvercle en guise de crachoir. « C’est une honte, au prix où ils sont !  » « On est d’accord. » Ils m’avaient coûté une blinde. « Pourtant, j’avais demandé les moins originaux. J’suis habituée, maintenant, je me suis faite piéger trop souvent avec les gâteaux multicolores et ultra chimiques... » je réfléchissais à voix haute, tout en lui en tendant un nouveau.  J’avais même opté pour les couleurs qui me semblaient les plus naturelles, en songeant à des goûts comme chocolat, fruits rouges, passion, ou autre... Pas épinards et brocolis. « Sérieusement, tu veux que je meure à ta place, c’est ça ?  » Alleeeeeez ! « T’es un homme ou pas ? » Tentative de persuasion qui fonctionnait toujours sur mon frère. Visiblement, ça marchait aussi pas mal sur Lawrence qui, n’écoutant que son courage, enfonça ses dents dans la petite pâtisserie surprise. Alors ? Il répondait pas. Pourquoi il répondait pas ? Et ça voulait dire quoi, ce sourire ? Ho merde ! Il me provoquait, là ? « Aloreuuuuuh ? » j’insistais encore, à deux doigts de la crise de nerfs, l’observant engloutir ce truc sans me lâcher du regard. Connard ! « Il était très bon, merci.  » Quoi ? Non ! Mais... J’attrapais la boîte afin de trouver son petit frère cupcake, soulevant les petites choses pour tenter de mieux les observer dans la lumière verdâtre. Mais rien à faire, on ne discernait pas les couleurs. Alors je croquais. Et crachait. Je croquais un autre. Et crachait. Lawrence était tombé sur le seul bon du lot ? « Y en a pluuuuus ! Et t’as tout mangé ! » je gémissais, l’accusant très clairement de ne pas avoir partagé. Putain, le concept de survie à deux le dépassait complètement ! « Mais j’en ai encore sur les doigts, si tu en veux un peu.  » Il était sérieux, là ? Il me provoquait en plus ? J’allais mourir de faim et... « Et probablement sur le visage aussi, j’ai mangé comme un cochon je crois.  » Oui, clairement, il me provoquait ! Et je détestais son sourire à la con, là ! J’avais le choix, donc... Soit je lui balançais un cupcake dégueulasse à la tronche, soit... Soit je faisais bien pire que ça, le forçant à ravaler son sourire pour de bon. À mon tour souriante, et confiante, je m’approchais à nouveau. Tu flippes, hein ? Tu flippes ? Et, délicatement, récupérant cette main qui me narguait, je la portais jusqu’à mes lèvres. Et oui, mon pote, faut pas provoquer une de Salignac. Certainement pas la seule de Salignac au monde, qui plus est. J’allais l’obliger à déglutir avec difficulté, qu’il sente son cupcake bien lui peser sur l’estomac. Aussi, après m’être contenté de l’observer, lèvre entre mes dents, tout en approchant et approchant encore sa main de moi, ce fut le bout de son index que je viens mordiller doucement, avant de promener le bout de ma langue, juste le bout, très très lentement sur tout la longueur de son doigt. Ça va, tu le vis bien, Monsieur Connard ? Et je m’y éternisais en plus, sans jamais rompre le contact visuel. Très honnêtement, je ne sentais pas le chocolat qu’il m’avait promis, mais qu’importe, ce n’était pas le but de l’opération. J'espérais juste lui faire regretter son geste et ses provocations. On ne joue pas avec moi. Jamais. Parce que je suis forcément meilleure joueuse que toi. C’est ce que je lui disais avec les yeux, tandis que ma bouche s’emparait de la totalité de son index, reproduisant sur son doigt ce qu’il aurait adoré me voir faire ailleurs, pas vrai ?    
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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 4 Aoû - 12:31

astaria & lawrence

❝ stuck with you ❞


J’essayais, en vain, de tenter de faire la conversation. D’apprendre un peu à la connaître en somme. Après tout, je l’avais probablement vue dans son pire état, alors tenter d’être gentil et de m’intéresser à sa personne, c’était un peu la moindre des choses, non ? Et puis, je repensais à ce que Sofia m’avait dit. Et étant donné qu’ici, dans cet ascenseur, il ne serait pas question de sexe, il fallait bien faire quelque chose non ? Donc si je la laissais choisir les sujets de conversation, n’étant vraiment pas doué pour cela, je l’interrogeais tout de même sur sa vie, histoire de savoir si elle avait aussi une vie de merde ou si elle deviendrait un unijambiste lors de sa prochaine vie. « Je te dis juste que j’estime qu’après cette vie-là, celle que je me paye en ce moment, j’aurais certainement besoin de repos. J’suis pas flemmarde, juste éreintée. » Ok. Fin de la discussion. Je roulais des yeux. Clairement, je ne voyais même pas pourquoi je tentais de faire des efforts. Ah si, pour pas qu’elle continue à me faire chier en pleurant et en se plaignant, c’est vrai. Je lâchais un long soupir de nouveau. Je tentais de lancer une pique en lui disant d’aller voir un psy, récupérant la perche qu’elle m’avait lancée, mais même l’humour ne marchait pas. Et dire que j’étais celui qui était susceptible … Je lui expliquais alors que psy ne voulait pas dire folie, et qu’il ne fallait pas faire d’amalgame. Et lui racontais mon expérience avec un psy, après l’accident. Voyant qu’elle ne répondit rien, je décidais d’abandonner. C’était elle qui avait dit qu’elle avait besoin de parler pour se concentrer sur autre chose que le vide qu’il y avait en dessous de nous. Donc si elle ne voulait plus parler, ce n’était pas mon problème. Personnellement, j’avais l’habitude de me retrouver enfermé dans cet ascenseur, et n’en avais strictement rien à faire. Au contraire, tout ce que j’avais voulu depuis que nous étions coincés ici, c’était qu’elle se la ferme.

Apparemment, elle n’aima pas le silence dans lequel nous nous étions engouffrés, puis qu’elle se détacha rapidement de moi, me lançant un « attend ». Elle était bonne pour vexer les gens, elle, c’était certain. Qui disait « attend » à une personne qui, de toute façon, ne pouvait pas se mettre d’un coup à courir pour prendre la fuite ? Sans parler du fait qu’en plus, nous étions tout deux coincés ici. Mais bon, elle me proposa un cupcake, me faisant me rendre compte à quel point j’avais faim. Alors je ne dis rien et me contentais d’en piocher un au hasard dans la boite. Et je le regrettais immédiatement. Comment on pouvait faire quelque chose d’aussi dégueulasse ?! A ce prix là en plus ! Ce n’était pas comme si elle les avait acheté à l’épicier du coin, merde ! « On est d’accord. » dit-elle après que je me sois offusqué. « Pourtant, j’avais demandé les moins originaux. J’suis habituée, maintenant, je me suis faite piéger trop souvent avec les gâteaux multicolores et ultra chimiques... » reprit-elle avant de m’en tendre un nouveau. Elle était sérieuse là, elle croyait vraiment que j’allais la laisser m’empoisonner ? Qui savait ce qu’ils avaient bien pu mettre là-dedans ! Elle voulait que je meure, c’était certain. Elle voulait que je sois son goûteur, comme à l’époque des rois. Elle se prenait pour qui, la Reine d’Angleterre ? « T’es un homme ou pas ? » me défia-t-elle, me faisant lui jeter un regard noir. Et pour lui prouver que j’en étais bien un, je pris une minuscule bouchée du cupcake. Qui n’était pas si mauvais que ça. Presque même bon en fait. Elle attendait ma réponse, mais hors de question que je lui dise ce que j’en pensais. Elle croyait quoi ? Qu’elle pouvait me prendre comme goûteur et qu’ensuite j’allais lui laisser le seul bon cupcake de la boite ? C’était mal me connaître. Et j’avais décidé de me venger, de m’amuser un petit peu avec elle. « Aloreuuuuuh ? » s’impatia-t-elle, me faisant lâcher un autre sourire. Je terminais le cupcake avant de lui donner mon verdict : il était très bon. Et je la remerciais, d’un grand sourire. Je la vis croquer, puis recracher, dans les cupcakes, un à un. Je ne pus retenir un petit rire. Oh oui, j’allais bien m’amuser, c’était certain !

« Y en a pluuuuus ! Et t’as tout mangé ! » geigna-t-elle. D’un sourire malicieux, je lui montrais mes doigts plein de chocolat, pour la bisquer un peu plus, en lui disant qu’il en restait, si elle en voulait. Et que, comme j’avais probablement mangé comme un petit cochon, je m’en étais probablement mis sur le visage aussi. Elle n’oserait pas. Mais alors que je la voyais s’approcher de moi dans un sourire peu rassurant, je doutais. Nan, elle n’allait quand même pas ? Elle approcha ma main de sa bouche, et se mordit les lèvres. Merde. Qu’est-ce que j’avais fait. Je déglutissais lentement et bloquais ma respiration alors qu’elle rapprochait encore plus ma main, avant de à mordiller le bout de mon index. Je ne pus détourner mon regard d’elle alors qu’elle commençait à promener sa langue tout du long. C’était qu’elle se délectait de mes réactions en plus. Et lorsqu’elle s’empara de l’intégralité de mon doigt, je pus me retenir de me mordre la lèvre. Et je me crispais en l’imaginant le faire ailleurs. Connasse. Salope. Je serrais de la mâchoire, tout en laissant faire. Je ne lui donnerais pas la satisfaction de me mettre dans tous mes états, c’était certain. Ni de détourner le regard non plus d’ailleurs. Je continuais donc de la regarder faire ses va et viens sur mon doigts, sans bouger. Salope. Salope. Salope. Je commençais à lever mon autre main pour la glisser entre ses cheveux mais la laissais tomber presqu’immédiatement. Elle avait clairement dit qu’elle n’était pas intéressée, et hors de question que je me fasse rire au nez en tentant le moindre geste. Le tout était maintenant de ne pas lui montrer à quel point je m’imaginais la plaquer contre la paroi de cet ascenseur et lui faire faire autre chose avec sa bouche. Ce qui serait probablement bien compliqué, vu comment je devais actuellement la regarder.

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MessageSujet: Re: Astaria & Lawrence - Stuck with you Lun 4 Aoû - 23:31

Astaria + Lawrence
Stuck with you
Il m’avait cherché, il m’avait provoqué, m’avait presque défié. Non, pas presque, il m’avait carrément défié. Chose qu’il ne fallait jamais faire. J’avais passé mon enfance entourée de garçons auprès desquels je devais, sans cesse, rasseoir mon autorité, prouver ma valeur. Alors il s’imaginaient quoi ? Que j’allais laisser passer ça comme ça ? Croiser les bras sur mon buste en boudant ? Voir même carrément faire un caprice ? Petit un, ça ne changerait rien, je n’obtiendrais pas plus de cupcake chocolat pour ça, puisqu’il n’y en avait plus, et, petit deux, je ne lui offrirais jamais le plaisir de la victoire. Et moi qui boude, c’est une victoire pour l’autre en face. Je n’avais, donc, pas beaucoup d’options envisageables. Soit je le frappais afin d’expulser ma frustration et mon agacement, soit je faisais pire que ça. Et bizarrement, j’optais pour l’option ‘pire que ça’. J’étais sadique ? Non, pas tant que ça, juste un peu vexée et donc, forcément, revancharde. Et sadique, oui, bon, d’accord. Je voulais bien admettre que jouer avec son index de la sorte avait un côté sadique au vu de ce qu’il m’avait révélé un peu plus tôt et que j’avais jugé, moi-même, indécent. À présent, c’est moi qui l’était. Mais de surprendre la contracture de sa mâchoire et son air, là, celui qu’il affichait lorsque j’attrapais son doigt pour l’attaquer plus franchement, était en tout point très plaisant. Totalement satisfaisant. Ça l’aurait été d’autant plus si j’avais su rester maîtresse de cette situation, me contenter de le mettre lui dans tous ses états et rester moi, de mon côté, parfaitement stoïque... C’était mon plus gros problème, je crois, et j’allais devoir travailler là-dessus : arrêter de me mettre dans des situations pas possible simplement en surestimant mon self-control absolument inexistant. Ce n’était pas la première fois, malheureusement, mais après trop d’années coincée dans un couple dont je ne voulais pas, avec le désir légèrement en berne puisque j’avais fini par ne plus vraiment apprécier ce que j’avais à portée de draps, j’avais presque oublié que je pouvais être comme tout le monde, parfaitement normale et... sexuée. Il ne me fallait pas grand chose, finalement, simplement être témoin de ces réactions, celles qu’il accusait à cause -ou grâce- à moi, suffisait à m’échauffer l’esprit et... autre chose. Et j’y allais plus franchement cette fois, toujours en quête de plus, et d’un éventuel craquage de sa part qui, malheureusement, se faisait désirer. Il ne bougeait pas... Enfin si, sa main qu’il éleva pour reposer directement, me frustrant moi bien plus que je ne devais le frustrer lui. Mais son regard était suffisamment criant pour que je persévère et me laisse avoir par le feu. Il en voulait plus, c’était très clair. Malheureusement pour moi, il n’était pas le seul, il n’était plus le seul, je me prenais dans mes propres filets. Relâchant son index, je promenais rapidement le bout de ma langue sur un autre de ses doigts, avant de m’approcher, me faisant glisser le long de ses jambes jusqu’à atteindre sa hauteur, un genou de chaque côté de son bassin. Sa main, que j’avais conservé captive de la mienne, je la déposais sur ma hanche. Puisqu’il fallait vraiment tout faire soi-même, ici... Puis, après l’avoir observé un instant, cherchant à entendre au travers de son regard quelque chose qu’il se refusait à me dire à voix haute, je dégageais quelques mèches de cheveux de son front, nettoyais quelques miettes de chocolat de son menton, et m’en allais là, juste là, déposer doucement mes lèvres contre sa bouche. Pas grand chose, trois fois rien, même, juste une demande d’autorisation, en quelques sortes, ou une tentative de réveil de l’homme en sommeil. Je voulais un bisou. Non, en fait, je ne voulais pas qu’un bisou, mais c’est tout ce que mon cerveau m’autorisait à réclamer, donc... Je voulais un bisou, était-ce trop demander ?     
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Astaria & Lawrence - Stuck with you

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