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Ebba & Winthrop ☬ Misery

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MessageSujet: Ebba & Winthrop ☬ Misery Lun 7 Juil - 23:09

Win n'avait jamais été le père le plus... présent au monde. Il adorait sa progéniture, il était prêt à être là pour eux au bon moment... mais de préférence pas tout le temps. De façon aléatoire pour être honnête. Ouais, c'était l'idéal pour lui, être un bon père, mais le genre de père a regardé de loin, qui ne s'investissait que quand c'était inévitable et qui pouvait donc continuer à faire sa vie comme il l'entendait. Oh, jusqu'à présent ça avait été facile, joeur de football pro, sa passion lui prenait beaucoup de temps et avait été sa couverture auprès de ses enfants qui "comprenaient" sans réellement le faire car bien trop jeune pour tout saisir.

Sauf que Sansa n'était plus si petite et elle lui sonnait tous les jours pour avoir de ses nouvelles. Et Ruben du haut de ses 5 ans vivait désormais avec lui car sa mère l'avait abandonné... du coup, sa vie si instable, si parfaite car pas trop compromettante était devenue... plus compliqué, il devait jongler entre les activités de Ruben et son sport sans oublier les visites avec Sansa... Pippa, son ex-femme gérait Sansa en grande partie... mais Ruben c'était pour sa poire et il tentait de trouver au gamin une nounou... mais celles-ci avaient tendance à s'enfuir devant l'énergie et le boulot que demandait le gamin.

Crevé de sa semaine, il devait conduire son fils a un cours de judo et Sansa débutait à un cours de danse, sérieusement, il avait juste envie de se débarasser des deux gamins pour aller s'effondrer au premier bar pour boire juste un verre. L'alcool, la fête, la drogue, les femmes... gosh, il ne savait pas dire ce qui lui manquait le plus, mais il avait l'impression qu'on lui volait sa vie et qu'il ne pouvait rien faire pour empêcher tout ça d'arriver. Il détestait cette sensation. En déposant Ruben à son sport, il lui ébourriffa les cheveux avant de lâcher son Monster. Sansa profita de l'absence de son frère pour accaparer son attention et Winthrop l'écoutait d'une oreille distraite tout en hochant la tête de temps en temps. Finalement arrivé à son cours de danse, il sortit de sa voiture de sport décapotable et comme il avait promis à Pippa d'au moins s'assurer que c'était un "bon" cours, il alla jusqu'au petit studio. Sansa était... impatiente de commencer, elle faisait toujours sa GRS, mais visiblement, elle avait besoin de "plus de grâce", du coup, elle avait réclamé des cours de danse... il repéra rapidement la prof et s'approcha d'elle pour lui offrir son sourire le plus charmeur. « Hey, je suis Winthrop Deconinck, le père de Sansa, le petite rousse là » se présenta-t-il avant de décrire sa fille rapidement. « Dites, ça dure longtemps ce machin bidule ? Est-ce qu'il y a moyen que ça dure plus longtemps pour ma fille si je vous donne un petit billet en plus ? Histoire que je puisse... pas me débarrasser de ma fille mais... ouais, j'ai juste besoin de boire tranquillement... » avoua-t-il tout en grimaçant. « Enfin, c'pas ce genre de cours où on est obligé de rester pour faire semblant de regarder ses enfants hein ? » demanda-t-il légèrement paniqué. Oh non, il n'en avait clairement pas envie.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 9 Juil - 0:14

Ebba + Winthrop
Misery...
Enseigner ne faisait pas partie de mes obligations. Ca représentait, évidemment, un point positif non négligeable dans mon CV, mais personne n'y était forcé, et très peu de danseurs se donnaient cette peine. Je ne le faisais pas pour l'argent non plus, ma titularisation au sein du Corps de Ballet me rapportant suffisamment pour vivre plus que correctement, du moins, tellement mieux que dans ma précédente vie, de l'autre côté de la mappe-monde. Je le faisais pour les enfants, mais aussi pour moi. J'avais croisé tellement de bons professeurs durant toute ma vie, et encore maintenant, que je me sentais une forme de responsabilité envers eux. Je devais, moi aussi, transmettre cet enseignement, cette passion qui m'avait permis de m'échapper d'une vie bien moins jolie. J'avais pris ce poste malgré mes obligations, malgré la certitude que je ne pourrais pas assurer chaque cours, chaque semaine, l'American Ballet Theatre m'envoyant souvent ailleurs, dans d'autres villes, dans d'autres pays, pour des représentations aussi diverses que variées. C'est pourquoi je n'étais pas seule. Accompagnée de Juliet, une jeune danseuse du conservatoire, j'entrais dans le studio qu'on m'avait attribué pour l'occasion. C'était tellement loin de ce que j'avais connu dans mon petit coin de Sibérie. Des grands miroirs propres recouvraient tout un pan de mur, et les barres parallèles fleuraient bon le neuf et la cire, tout comme le parquet au sol. La salle était si grande que trois rangées de gradins avaient pu être installées dans le fond. Rien à voir avec le gymnase à peine chauffé qui nous servait de salle de répétition, dans mon village. Même à l'Académie, lorsque j'arrivais à l'âge de 12 ans à St Pétersbourg, les conditions n'avaient jamais été aussi bonnes. Comment était-il possible de faire oeuvre d'autant de luxe pour des enfants qui, probablement, ne feront jamais de la danse leur métier ? Je tentais de cacher ma surprise et ma perplexité, tout en ôtant le gros gilet qui recouvrait ma tenue de 'prof'. Rien de très extravagant, rien de très cliché non plus. Je n'allais pas me glisser dans des collants et un justaucorps juste parce qu'il s'agissait de l'image que l'on se faisait de la danseuse. Un pantalon fluide dont j'avais rouler le bas afin de pouvoir montrer le mouvement du mollet lors des pointés, et un débardeur court faisaient amplement l'affaire. Et puis, il ne s'agissait que du premier cours, j'allais les familiariser avec la danse, leur montrer ce qu'ils seraient capables de faire s'ils se montraient attentifs et réguliers, je n'allais pas leur faire faire la scène finale de la Bayadère tout de suite.

Un, deux, trois enfants entrèrent dans la salle, certains visiblement intimidés, d'autres bien plus enjoués. Quatre, cinq, six... et des parents aussi. Certains se contentant de les déposer en me saluant d'un signe de tête, d'autres venant me faire l'article de leur fille si talentueuse, si douée, si merveilleuse. Je souriais poliment, et hochais de la tête. Quelques uns avaient choisi de rester, d'assister au cours, d'admirer leurs enfants dans ce qui ne serait qu'une mise-en-bouche, aujourd'hui. N'avaient-ils donc rien d'autre à faire ? J'étais entrain d'interroger Juliet sur la possibilité de fermer le cours aux parents, lorsqu'un autre parent s'approcha et me surprit de son sourire. J'accusais un mouvement de recul involontaire, tant sa façon d'approcher, sa façon de parler semblait rapide et brutale. Du moins, à mes yeux. « Hey, je suis Winthrop Deconinck, le père de Sansa, le petite rousse là » Je souriais poliment, c'était là ma marque de fabrique, et suivais son regard jusqu'à la petite rousse en question et absolument pas en tenue. Il comptait la faire danser en jean/baskets ? « Dites, ça dure longtemps ce machin bidule ? Est-ce qu'il y a moyen que ça dure plus longtemps pour ma fille si je vous donne un petit billet en plus ? Histoire que je puisse... pas me débarrasser de ma fille mais... ouais, j'ai juste besoin de boire tranquillement... » Autant mon sourire s'était épanoui à l'expression 'machin bidule' qui avait quelque chose d'amusant dans la bouche d'un père clairement pas familier avec ce genre d'activité, autant je le perdis rapidement à l'évocation du billet supplémentaire et de sa volonté de boire tranquille. Quel genre de père était-ce là ? Je n'avais jamais connu le mien, donc mes références en matière d'instinct paternel était assez réduite, mais j'étais pratiquement sûre que de soudoyer la prof de danse pour pouvoir aller s'enivrer dans un bar n'en faisait pas partie. Muette, incapable de savoir quoi répondre ou même de pouvoir lui répondre, je l'observais bêtement. J'aurais été n'importe qui d'autre, peut-être lui aurais-je hurlé dessus ou tenu des propos moralisateurs. Mais voilà, j'étais Ebba, et j'avais cette éternelle et ridicule peur de déranger. Même lui. J'étais prête à accepter de garder l'enfant une heure de plus, et gratuitement, de manière à ce qu'elle ne se retrouve pas seule pendant que son père serait au bar, lorsque ce dernier m'offrit une porte de sortie formidable. « Enfin, c'pas ce genre de cours où on est obligé de rester pour faire semblant de regarder ses enfants hein ? » La panique dans son regard m'offrit une décharge de satisfaction que je regrettais aussitôt. Je n'aimais pas mentir, mais... “Non, il ne s'agit pas de ce genre de cours, en effet.” je répondais avec un large sourire et toute mon innocence. “Par contre, vous m'avez bien dit que vous étiez monsieur Deconinck ?” je poursuivais en faisant mine de chercher dans la liste que j'avais en main. Il s'agissait de la liste des enfants inscrits, mais qu'importe, il n'était pas obligé de le savoir. “Votre épouse ne vous a pas prévenu ?” A côté du prénom de Sansa, j'avais le nom de la personne qui l'avait inscrite, une femme, sa femme probablement. Je tentais le bluff. “Elle vous a désigné comme parent accompagnateur pour le cours d'aujourd'hui. Je suis désolée, mais vous comprenez bien que, pour des raisons de sécurité, nous nous trouvons dans l'obligation de maintenir la présence d'au moins un parent responsable durant chaque cours. Pour le prochain, vous serez dispensé, mais je crains que pour aujourd'hui, vous n'ayez d'autre choix que de vous joindre à nous.” Je forçais un sourire contrit, et m'étonnais de mon habilité au mensonge. Venais-je de découvrir un nouveau don. “Ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long, il s'agit seulement d'une courte initiation à la danse pour ce premier jour. Si vous voulez bien aller rejoindre les autres parents qui...” zut ! trouve quelque chose Ebba, et vite ! “... qui ne sont malheureusement pas parent-tuteur du jour... Je vais aller chercher une tenue pour Sansa.” Parent-tuteur... Pathétique ! Je tournais les talons avant qu'il ne surprenne le rougissement de mes joues et m'empressais d'aller retrouver sa fille sous le regard surprit d'une Juliet qui ne semblait s'étonner de ne pas avoir été prévenue des nouvelles consignes de sécurité. Un justaucorps et des chaussons distribués et enfilés plus tard, et je me retrouvais au centre d'un hémicycle uniquement composé de petites têtes à chignon. “Et bien, bonjour, je suis Ebba Alinovitch, mais vous pourrez m'appeler Ebba. Pas de madame, pas de mademoiselle, juste Ebba. Je suis danseuse au sein de l'American Ballet Theatre, ce qui fait que, parfois, lorsque je serais sur scène, je ne pourrais pas vous faire cours. C'est pourquoi, Juliet est présente, elle me remplacera durant mes absences. Aujourd'hui, nous allons commencer doucement, et voir, ensemble, ce qu'est la danse classique. Mais avant ça, je voudrais que tous ensemble, on remercie le papa de Sansa d'avoir accepté de passer les deux prochaines heures avec nous.” Oui, deux heures. D'un sourire plus que rayonnant, je le remerciais à ma façon, tandis qu'une horde de petites filles l'assourdissait d'un “merci papa de Sansaaaaaa !” Il était ravi d'être venu, pas vrai ? D'accord, je le punissais, mais la punition était si douce au vu de l'enchantement sur les traits de sa fille.   
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Jeu 17 Juil - 14:29

« Non, il ne s'agit pas de ce genre de cours, en effet. Par contre, vous m'avez bien dit que vous étiez monsieur Deconinck ? » Oh oh, Winthrop sentait le mauvais coup à plein nez, honnêtement... il n'était vraiment pas rassuré pour la peine. Elle cherchait un truc dans sa liste et il espérait vraiment qu'elle se trompait de personne, ou de nom de famille. « Votre épouse ne vous a pas prévenu ? » oh, il eut un petit sourire en coin, ceci expliquait cela... qu'est-ce que son ex-femme lui avait encore fait comme coup foireux ? « Qu'est-ce que Pippa m'a prévu cette fois-ci ? » demanda le jeune homme, clairement désabusé par la situation. « Elle vous a désigné comme parent accompagnateur pour le cours d'aujourd'hui. Je suis désolée, mais vous comprenez bien que, pour des raisons de sécurité, nous nous trouvons dans l'obligation de maintenir la présence d'au moins un parent responsable durant chaque cours. Pour le prochain, vous serez dispensé, mais je crains que pour aujourd'hui, vous n'ayez d'autre choix que de vous joindre à nous. » il cligna plusieurs des yeux avant de secouer la tête, un petit sourire amer prit possession de son visage et il leva les yeux au ciel avant de soupirer longuement, évidemment. « Mon ex-femme a fait ça alors... typique » lâcha-t-il avec colère dans la voix, le seul jour où il pouvait juste... respirer un peu durant quelques heures... tout était gâché parce qu'il allait devoir regarder des gamines danser, merveilleux, splendide. « Ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long, il s'agit seulement d'une courte initiation à la danse pour ce premier jour. Si vous voulez bien aller rejoindre les autres parents qui... qui ne sont malheureusement pas parent-tuteur du jour... Je vais aller chercher une tenue pour Sansa. » une tenue ? Il fronça les sourcils et observa sa fille puis les autres gamines... ah oui, elle portait pas tout à fait la même tenue. S'il avait su, il lui aurait pris son machin tout serrant de sa gym ! Lorsqu'il vit sa fille disparaitre avec ses nouveaux biens en main puis revenir dans une tenue appropriée, elle lui fit un signe de main et il leva le pouce. Duh, heureusement qu'il l'aimait sa gamine. « Et bien, bonjour, je suis Ebba Alinovitch, mais vous pourrez m'appeler Ebba. Pas de madame, pas de mademoiselle, juste Ebba. Je suis danseuse au sein de l'American Ballet Theatre, ce qui fait que, parfois, lorsque je serais sur scène, je ne pourrais pas vous faire cours. C'est pourquoi, Juliet est présente, elle me remplacera durant mes absences. Aujourd'hui, nous allons commencer doucement, et voir, ensemble, ce qu'est la danse classique. Mais avant ça, je voudrais que tous ensemble, on remercie le papa de Sansa d'avoir accepté de passer les deux prochaines heures avec nous. » deux heures... son visage dut se décomposer à cet instant. Deux heures ? Mais il devait aller prendre Ruben en plus. Il soupira avant d'attraper son téléphone et envoyer un message à Gemma pour qu'elle gère tout ça. S'il était coincé, c'était la faute d'une Clarke, il était donc logique dans son esprit qu'une autre Clarke lui sauve la mise. « merci papa de Sansaaaaaa ! » pffff, en plus, Win détestait les gamins qui n'étaient pas à lui. Il leur fit un vague signe de main en guise de "whatever". Sansa appuya son regard sur son père et il se redressa un peu mieux et offrit un sourire plus sincère, satisfaite sa fille se concentra sur sa prof, Ebba. Il s'installa sur un banc, sortit son téléphone et commença à jouer une partie avant de commencer à sentir un regard sur sa personne, il releva la tête et observa les parents qui commençaient à murmurer entre eux tout en l'observant. Oh oui, super. Magnifique, on le reconnaissait, depuis la coupe du monde, on le reconnaissait de plus en plus, et si de façon général ça ne l'ennuyait pas, il n'aimait pas spécialement exposer ses enfants. Il se ratatina sur place tout en se fixant sur sa fille, faisant abstraction du reste.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Jeu 17 Juil - 16:40

Ebba + Winthrop
Misery...
Je me sentais coupable. J'avais horreur de mentir même pour la bonne cause, je pensais même n'être absolument pas douée pour ça. Le père de Sansa venait de me prouver de contraire en buvant chacune de mes bêtises pour finir par aller rejoindre et s'asseoir avec les autres parents. Ce qui me culpabilisait le plus ? D'avoir mêlé sa femme -ou ex-femme d'après ce qu'il m'avait précisé- à tout ça. N'allais-je pas déclencher une guerre d'envergure mondiale entre ces deux-là ? Si, sans aucun doute, et cela me ressemblait tellement peu que je me promettais de rétablir la vérité, d'avouer mes fautes, dès que je le pourrais. A savoir, dans deux heures, lorsque le cours serait terminé, ce qui m'arrangeait assez, pour être honnête. Allait-il me crier dessus ? Se plaindre de mon comportement à mes supérieurs ? Ou pire, porter plainte pour... Est-ce qu'on pouvait porter plainte pour mensonge ? Probablement pas, mais qu'importe, j'avais très mal agit, et le sourire fier de Sansa ne suffisait plus à apaiser mes remords. Toutefois, je débutais mon cours, me présentant, présentant Juliet, expliquant comment le reste du cours allait se dérouler. Hors de question de les monter sur pointes dès le premier jour, il leur fallait une petite introduction, une courte initiation. Voilà pourquoi je les interrogeais sur la danse, sur ce qu'était la danse pour eux. “En un mot, dites-moi ce qu'est la danse pour vous. Attention, un seul mot.” avais-je demandé, tout en prenant appui sur un banc pour chausser mes pointes. Et j'avais bien fait puisque, comme je m'y attendais, le premier mot fut 'pointe'. J'avais dans l'intention d'illustrer chacun de leurs mots, non pas pour leur en mettre plein la vue, mais simplement pour leur montrer ce qu'ils seraient bientôt capable de faire. Aussi, je me hissais doucement, lentement, jusqu'à finir en équilibre parfait sur la pointe de mes pointes, le sourire toujours accroché aux lèvres. Autre chose ? Oui. Arabesque, rond-de-jambe, grand battement, entrechat... J'illustrais chacun de leurs termes sans me laisser démonter, jusqu'à ce que les quelques parents s'y mettent, et compliquent les choses avec des pirouettes fouettées, grand jeté et fendus. Là encore, je m'exécutais, mais m'arrêtais de moi-même, jugeant que je n'étais pas un animal de foire payé pour satisfaire la curiosité d'adultes qui, d'ailleurs, s'intéressaient un peu trop au fameux papa de Sansa. “Il y a un problème ?” je demandais après une petite vingtaine de minute d'effort de ma part, les poings sur les hanches et le regard pseudo-sévère que je réservais aux mauvais élèves, normalement. “Et si vous alliez prendre une petite pause pendant que les enfants s'échauffent ? Il y a du café dans la salle de réfectoire, et un coin fumeur dans la cour.” j'ordonnais sous forme de proposition, sans que mon regard ne leur laisse penser qu'ils avaient le choix, cependant. Je laissais la charge de l'échauffement à Juliet, et profitais du mouvement général vers la sortie pour rejoindre celui dont je n'arrivais pas à retenir le prénom... Win quelque chose. Curieuse, j'aurais aimé savoir pourquoi il suscitait autant l'intérêt alors que c'était moi, à la base, qui enchainais les sauts et autres grands écarts improbables, mais n'osant lui poser ouvertement la question, jugeant que ça ne me regardait pas le moins du monde, j'optais pour une approche moins directe. Pourquoi ne pas lui avouer mon mensonge, pour commencer ? N'osant pas, non plus, le déranger, je me contentais de toussoter légèrement pour attirer son attention, et dans l'attente qu'il tourne la tête et pose son regard sur moi, je fixais mes pointes. “Je peux m'occuper de Sansa...” Dis-je, alors. “Je veux dire que, si vous souhaitez y aller et ne pas assister à la fin du cours, je peux m'occuper de Sansa... gratuitement ! Il n'est pas question d'argent, je... je vois bien que vous êtes mal à l'aise, ici.” Ou comment ne pas avouer que j'avais tout inventé, de l'ex-femme fourbe à la nécessité d'une présence parentale. Ca viendrait plus tard, mais... il n'allait pas me crier dessus, pas vrai ?   
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 20 Juil - 11:34

Winthrop était perdu dans un univers inconnu et alternatif, il ne comprenait juste aucun nom des trucs machin bidule de danse, et pourtant, les gamins et les autres semblaient en connaitre des tonnes et la femme blonde qui l'avait coincée ici faisait une démonstration de chaque nom des figures, c'était impressionnant, elle avait une telle souplesse et grâce, Win pencha la tête sur le côté, si toutes les danseuses savaient faire ça, il allait sérieusement pensé à coucher avec une au moins une fois, histoire de vérifier leur souplesse en profondeur. Quoiqu'il en soit, il écoutait le cours avec un peu d'attention, la danse en un mot ? Il n'arrivait à rien penser, pour lui, c'était juste... artistique, c'était de l'art, c'était assez abstrait et compliqué, Winthrop n'était doué et agile qu'avec les ballons, Gemma, son ex-belle-soeur, s'amusait toujours à dire que ça expliquait son amour des seins, et elle n'avait pas totalement tord en fait.

Cependant, il commença à remarquer qu'on lui prêtait un peu plus attention qu'avant... duh, il aurait dû prendre sa casquette. En même temps, il aurait dû s'y attendre, le football n'avait jamais été la passion des américains, mais la coupe du monde avait suscité un semblant d'intérêt même ici, et les Pays-Bas avait terminé 3ème et il avait représenté son pays lors de tous les match, lui qui avait toujours été utilisé pour son image dans son club à New York avait aussi été utilisé lors de cette Coupe du Monde, il n'était pas le meilleur joueur mais il était le plus photographié car le plus photogénique. D'habitude, être reconnu ne le dérangeait pas, mais pas lorsqu'il était avec Sansa, pas dans ses conditions. La prof de danse dut remarquer l'agitation car elle demanda à ce qu'ils sortent tous... Winthrop se leva aussi mais plus lentement que les autres, il n'avait pas trop envie d'être entouré de parents un peu trop curieux le concernant, oh, ils l'avaient sans doute vu sur des affiches de la ville... ou dans leur télé, mais pour l'instant, personne ne semblait le replacer et c'était tant mieux. « Je peux m'occuper de Sansa... » fit soudain la prof dans son dos, il se tourna vers elle et fronça les sourcils sans comprendre. « Je veux dire que, si vous souhaitez y aller et ne pas assister à la fin du cours, je peux m'occuper de Sansa... gratuitement ! Il n'est pas question d'argent, je... je vois bien que vous êtes mal à l'aise, ici. » oh... Winthrop était hésitant pour la peine. « Je ne suis pas supposé surveiller le machin ? » ouais, il devait arrêter de tout appelé machin, mais bon, c'était tellement abstrait pour lui tout ça. Puis le regard de Win se porta sur sa fille qui dut le sentir car elle se tourna vers lui et lui fit un signe de main, elle semblait si contente et fière... il ne pouvait pas voir la déception une nouvelle fois inscrite sur son visage par sa faute... non ? Il se mordit la lèvre inférieure avant de hausser les épaules. « Je vais rester, c'est ma fille, elle est... contente et fière de moi alors... » puis Pippa ne pourrait pas le lui repprocher ainsi... surtout qu'avec la Coupe du Monde il avait presque été aux abonnés absents et elle lui avait tiré la gueule à son retour... elle avait facile elle, son métier ne lui disait pas de partir à l'autre bout du monde, c'était facile dans son cas de veiller sur leur fille ! « Désolé au fait... de l'attention que j'attire, ça partira » soupira-t-il, d'ici peu même, une fois qu'on serait un peu plus loin des derniers événements.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 20 Juil - 15:14

Ebba + Winthrop
Misery...
Parfois, je me surprenais de ma propre audace, me découvrant des options encore insoupçonnées. J'étais censée être la gentille fille sage, pas la manipulatrice tortionnaire de papas pas trop moche. Il faut dire qu'il détonnait clairement dans le décor, renforçant mon sentiment de malaise face à mon propre comportement. Les parents qui restaient pour observer leurs enfants enchainer les entrechats n'avaient rien de mieux à faire, et cela se voyait à leurs vêtements trop chers et leurs coiffures bien trop réfléchies. Des femmes, dans une grande majorité, des anciennes petites danseuses frustrées qui reportaient leurs rêves de gloire sur leur progéniture, et des hommes tantôt gay, tantôt très intéressés par Juliet. Il ne m'effleurait pas, une seule seconde, l'esprit, que quelques uns d'entre eux puissent avoir fait le déplacement pour moi. Non, cette idée aurait été déplacée et saugrenue. Je n'étais qu'Ebba. Je n'avais rien de spectaculaire, si ce n'est mon grand écart et ma capacité à sauter. Autant de facultés que je n'envisageais jamais autrement que dans le stricte contexte de la danse. Légèrement agacée par le comportement de certains de ces parents qui semblaient plus s'intéresser au papa de Sansa qu'à toutes les petites Sansa de la salle, j'envoyais tout le groupe se prendre une pause, et retenais le dernier papa pour m'excuser, sans en avoir l'air. Enfin si, j'avais l'air de m'excuser, j'avais continuellement l'air de m'excuser, essentiellement d'exister, en fait, mais à aucun moment je ne lui expliquais les réelles raisons de ce dévouement soudain. A la place, je proposais de m'occuper de Sansa, de la garder auprès de moi pour la fin d'après-midi, projetant même de l'emmener à l'ABT, après le cours, puisque c'était là que je devrais me rendre. « Je ne suis pas supposé surveiller le machin ? » Mes mains se tordirent, ma lèvre inférieure se coinça entre mes dents, et je baissais la tête. Je n'aurais pas tenu une seconde face à un jury. J'imaginais même, sans mal, le néon “Guilty” clignotant au-dessus de ma tête. « Je vais rester, c'est ma fille, elle est... contente et fière de moi alors... » Je ne relevais les yeux que pour les tourner vers l'enfant les observant. Oui, elle semblait fière, elle l'était forcément, et elle l'aurait été pour une excellente raison si je ne lui avais pas fourni les mauvaises raisons pour rester. J'hésitais un instant, torturant ma lèvre, mes doigts, et la pointe d'une de mes pointes tapotant le sol, puis me lançais, façon Jean-Marc Barr dans le Grand Bleu : en apnée. “D'accord, j'ai menti, votre femme, ex-femme, ne vous a jamais inscrit en tant que parent-responsable, ça n'existe même pas un parent-responsable, j'ai toute habilité pour m'occuper des enfants sans surveillance extérieure, j'ai inventé tout ça pour vous forcer à rester et à ne pas agir comme un gros naze vis-à-vis de votre fille qui, comme toutes les petites filles, ne demande qu'un peu de votre attention, et je le regrette amèrement parce que vous n'êtes pas un gros naze et que je ne suis pas une manipulatrice...” et... Respiration, me permettant de réoxygéner mes poumons et mon cerveau, et de réaliser qu'il avait cherché à me dire quelque chose avant que je ne me lance  dans ma repentance. Qu'avait-il dit ? « Désolé au fait... de l'attention que j'attire, ça partira » “Ha oui, d'ailleurs, expliquez-moi ça.” je sautais sur l'occasion pour changer de sujet et éviter, je l'espérais, qu'il me crie dessus et ne m'offre un regard noir. “Vous êtes un genre d'acteur, quelque chose comme ça ? Est-ce que je devrais en profiter pour vous demander un autographe ?” je poursuivais en m'installant sur les gradins, l'air de rien, ou plutôt si, l'air de clairement chercher à combler le silence et à faire oublier mes fautes. J'étais très nerveuse aussi, ça se sentait ? Probablement un peu à mon sourire crispé et l'agitation de mes doigts. Respire, Ebba, tu ne vas pas te virer pour ça. Et le regard de l'autre, est-il si important que ça ? Qu'importe ce qu'il pensait de moi, pas vrai ? Je pourrais bien survivre au fait qu'une personne ne me porte pas dans son coeur. Une seule, ça devrait pouvoir être supportable.    
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 30 Juil - 11:22

Honnêtement, Winthrop se sentait... comme un animal prit au piège ici, pas qu'il n'aimait pas, du moins, pas totalement vu qu'il pouvait observer sa fille, mais la pression des regards des autres sur lui ça le stressait, ses épaules étaient tendues, sa mâchoire plus proéminente qu'ordinaire et ses jointures étaient serrés... mais il tentait de faire abstraction de tout ça juste pour regarder Sansa, dès qu'elle finissait de répondre à une question ou d'exécuter avec brio ce qu'on lui avait demandé, elle tournait tout son corps vers lui et il levait la main pour la saluer, pour lui montrer qu'il avait bien vu et il levait son pouce en guise de fierté. Alors là, elle se reconcentrait pour réussir le prochain exercice... d'habitude, il était du genre à être le dernier à déposer sa fille quelque part et le premier à partir sans se retourner... mais soudain, il comprit les propos tenus par son ex... ce n'était pas suffisant pour sa fille, elle voulait plus qu'un père à peine présent... elle voulait un père acteur de sa vie et cette constatation le rendit nerveux, parce qu'il ne savait clairement pas comment faire. Il n'y avait pas de livres pour expliquer tout ça... et duh... comment pouvait-il être père de deux enfants déjà si... vieux sans être capable de connaître le rôle du père ?

Finalement, la prof finit par... congédier les parents un instant et elle profita qu'ils soient tous à l'extérieur pour lui parler, pour qu'il... parte ? C'était confus, il était supposé tout surveiller, non ? A cause de son ex, c'était ce que la blonde, Ebba, avait dit du moins. « D'accord, j'ai menti, votre femme, ex-femme, ne vous a jamais inscrit en tant que parent-responsable, ça n'existe même pas un parent-responsable, j'ai toute habilité pour m'occuper des enfants sans surveillance extérieure, j'ai inventé tout ça pour vous forcer à rester et à ne pas agir comme un gros naze vis-à-vis de votre fille qui, comme toutes les petites filles, ne demande qu'un peu de votre attention, et je le regrette amèrement parce que vous n'êtes pas un gros naze et que je ne suis pas une manipulatrice... » en l'entendant, en voyant sa mine dépité, il se contenta de soulever un sourcil, légèrement amusé par ses propos, c'était... plus fort que lui, elle semblait tellement coupable. Duh, ce n'était pas si grave, si Pippa avait eu vent de toute cette histoire, elle aurait été tout à fait capable de lui faire ce coup-là de toute façon, ça ne l'aurait même pas étonné. Winthrop ne prit pas le temps de répondre à ça, voulant plus s'excuser de l'attention qu'il attirait. « Ha oui, d'ailleurs, expliquez-moi ça. Vous êtes un genre d'acteur, quelque chose comme ça ? Est-ce que je devrais en profiter pour vous demander un autographe ? » il éclata de rire avant de secouer vivement la tête de droite à gauche, il se passa la main dans les cheveux avant d'observer quelques secondes sa fille avec une immense fierté, elle venait de faire un truc, il n'avait absolument pas compris, mais il l'applaudit avec un enthousiasme à toute épreuve. « Pardon » fit le jeune homme en réalisant qu'il venait de laisser un vent à la prof de sa fille. « Non, pas célèbre, je joue au football... j'ai joué à la coupe du monde là, mais les gens vont bientôt oublié... » juste pas son compte en banque, pas tout de suite. « Je suis parfois mannequin aussi... les marques trouvent que j'ai... la tête qu'il faut » ajouta-t-il d'une voix encore plus profonde que d'ordinaire, il souriait légèrement, amusé par tout ça, honnêtement, son physique l'importait très peu, c'était sa condition et sa forme qui avait son attention. Évidemment, il fumait depuis longtemps... mais il avait diminué ses doses à l'approche du mondial, il avait même fait attention à tout ce qu'il mangeait, c'était une trop bonne rentrée d'argent pour tout foutre en l'air. Tout ça, ce serait pour ses enfants et lui alors il ne pouvait plus vraiment merder. Il haussa les épaules avant d'observer Ebba la tête penchée sur le côté. « Et vous, vous êtes connues dans votre domaine ? Parce que si ça se met, c'est moi qui devrait demander l'autographe... » fit le jeune sud africain de naissance avec un ton plus qu'amusé, il n'aimait pas trop parler de sa notoriété en présence de ses enfants, il en profitait pleinement seulement en boîte mais ce n'était le lieu ou l'endroit là tout de suite.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 30 Juil - 16:10

Ebba + Winthrop
Misery...
Il ne criait pas ? Il ne râlait pas ? Il ne claquait pas la porte en exigeant de voir le directeur sur le champ ? C’était quoi, un genre de Bisounours ? Ou alors il n’avait rien compris de ce que je venais de lui avouer ? Il était limité ? J’étais prête à répéter plus doucement, plus lentement, peut-être même en respirant tous les deux-trois mots, sauf qu’en relevant le nez vers lui je réalisais qu’il avait l’air... amusé ? C’était quoi, ma piètre tentative pour l’obliger à rester ou bien le drame que je vivais en avouant qui l’amusait autant ? Probablement un peu des deux. Si j’étais nulle dans le mensonge, je n’étais pas mauvaise dans la présentation d’excuses. J’avais de l’expérience. Sauf qu’ils ne s’agissaient pas vraiment d’excuses, juste d’un aveu, finalement. Alors, toujours aussi perplexe face à sa réaction, mais ne boudant pas ma chance, je lâchais un “Donc, pardon.” pour la forme car plus vraiment d’actualité, avant de m’installer dans les gradins à mon tour et l’interroger sur sa bizarre notoriété. Je n’y connaissais absolument rien, alors j’aurais très bien pu avoir le tout dernière petit chéri de l’Amérique à mes côtés sans même le savoir. Pas que ça m’impressionne vraiment, mais les regards continuellement posés sur lui m’intriguait. Sauf, qu’au lieu de me répondre il se mit à applaudir et acclamer sa fille qui venait tout juste de... réattacher la lanière glissante de sa ballerine. Pour un peu, il était en train de rouler du poing façon stade de foot un soir de finale... « Pardon » s’excusa-t-il en reportant son attention sur moi tandis que je l’observais avec de plus en plus de fascination perplexe. “Bah non, y a pas de mal.” je répondais à mon tour, sourcils froissés et mine intriguée. « Non, pas célèbre, je joue au football... j'ai joué à la coupe du monde là, mais les gens vont bientôt oublier... » Ha mais voilà qui expliquait absolument tout ! Soulagée, j’esquissais un sourire ravi. Ravi qu’il soit normal et non limité. Juste un peu à côté de la plaque, mais dans le sens charmant du terme. Du coup, je n’écoutais la suite que d’une oreille distraite. « Je suis parfois mannequin aussi... les marques trouvent que j'ai... la tête qu'il faut » Je tournais un oeil critique vers lui, étudiant cette tête dont il me parlait. Depuis que je m’étais découvert deux soeurs et un frère mannequin, j’imagine que j’étais devenue une sorte de sommité dans ce domaine. “Oui, sûrement.” Ou pas. Je n’étais pas booker, ni même publicitaire, j’étais juste soeur de... Mais oui, en toute objectivité, il était le genre de tête qui pourrait très certainement faire acheter du sucre à des obèses, des Rayban à des aveugles. “Et du coup, vous avez fait des pubs genre Gillette pour une peau plus douce après le rasage ? Ou Mennen 72h pour sentir bon dans les vestiaires ? Comme celles qu’on voit toujours avant, pendant et après un match ?” je demandais très sérieusement, me rappelant alors que ce n’était probablement la tête des joueurs qui intéressaient les publicitaires dans ces instants-là. “J’ai été engagée pour une pub, une fois... Mais on ne voyait que mes jambes donc ça ne compte pas vraiment.” j’ajoutais, machinalement, sans trop prêter attention à ce que je disais, avant de brusquement, déposer une main sur son poignet à l’amorce d’un nouvel applaudissement de sa part. “Nop... Pas maintenant.” je l’informais dans un sourire bienveillant. “Elle ne faisait que remonter son collant. Laissez-moi vous prévenir lorsqu’il faudra applaudir. D’accord ?” Sinon, au prochain curage de nez, il se lancerait dans une hola ? Je n’étais pas contre, hein, au contraire, ça avait quelque chose d’extrêmement rafraîchissant, mais pas sûr que sa fille continue d’apprécier ses emportements pour absolument rien. Bien que, de mon point de vue, c’était assez touchant. Je n’ôtais ma main qu’avec la certitude qu’il attendrait mon signal, désormais, et laissais échapper un rire lorsqu’il me demandait : « Et vous, vous êtes connue dans votre domaine ? Parce que si ça se met, c'est moi qui devrait demander l'autographe... » Parce que, signer des autographes, je l’avais déjà fait, mais... “Non, pas vraiment, non. Je ne suis qu’un tutu de plus au sein d’une nuée de tutus.” Cela dit, lorsque j’étais au Mariinsky, je l’étais, connue. Mais je n’étais à l’American Ballet que depuis un an, pas assez pour se faire un nom dépassant les frontières des simples aficionados. “J’ai déjà signé des autographes, mais je crois que c’est parce qu’ils me prenaient pour quelqu’un d’autre... Ma soeur, peut-être ? En général, je suis simplement la grande blonde.” Bon, c’était peut-être un peu réducteur, mais j’étais un peu plus grande que les autres, et surtout beaucoup plus blonde. Je tranchais tant dans le décorum que j’avais même songé à me teindre en brune ou en blonde moins blonde que... très blonde, quoi. “Il y a bien cet homme qui tient un blog sur moi, mais ça c’est juste un peu inquiétant.” J’ajoutais en y réfléchissant, sourcils froncés, tandis que je surveillais mes petites apprenties danseuses passant à tour de rôle à la barre fixe. J’haussais les épaules comme pour dire que, finalement, c’était sans importance, avant de repérer un très bel enchainement de grands jetés avant, côté et arrière en provenance de la petite rousse seule à la barre. “Maintenant.” J’indiquais à son père en l’invitant, d’un mouvement ample du bras, à applaudir sa talentueuse progéniture, la gratifiant, moi-même, d’un sourire fier. Je ne pouvais décemment pas faire preuve de favoritisme et en applaudir une et pas les autres, mais... “Et allez-y franchement, donnez tout, c’était vraiment très bien.” j’ajoutais dans un chuchotement. Il n’aurait qu’à applaudir pour deux.    
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 3 Aoû - 15:50

« Donc pardon » Winthrop fronça légèrement les sourcils, il était rarement au bout d'un pardon, en général, c'était lui qui le disait, parce qu'il faisait une connerie, avait une parole déplacée, avait un comportement inadéquat et j'en passe, il n'était pas méchant, il ne l'avait jamais été, mais il n'était pas le plus clément du monde, et il était parfois maladroit, et c'était tout ça qui faisait que well... c'était plus souvent à lui de s'excuser que le contraire. D'ailleurs il s'excusa une nouvelle fois, par habitude, c'était juste plus logique quand c'était lui dans son esprit. « Bah non, y a pas de mal. » il haussa les épaules tout en lui offrant un sourire en coin. Il l'aimait bien, elle était... vraiment... gentille ? Douce ? Enfin, ça se sentait, lui était plus habitué aux femmes avec des forts caractères, le genre de femmes à exploser, mais ils pouvaient au moins leur admettre que c'était mérité à chaque fois. Il avoua alors à la blonde qu'il était footballeur et aussi mannequin à ses heures perdues. ça n'avait pas tellement d'importance ce dernier point, c'était le foot sa vie, depuis qu'il était en âge de jouer avec un ballon, depuis toujours, c'était ce qui l'avait fait sortir de sa déprime à son retour des Pays-Bas, de sa séparation douloureuse avec sa Nana, Tanya, l'Afrique du Sud était son pays de naissance, les Pays-Bas là où il avait grandi et rencontrer Pippa, où étaient nés ses enfants. « Oui, sûrement. Et du coup, vous avez fait des pubs genre Gillette pour une peau plus douce après le rasage ? Ou Mennen 72h pour sentir bon dans les vestiaires ? Comme celles qu’on voit toujours avant, pendant et après un match ? » il eut un petit sourire en coin avant de rigoler légèrement, il se frotta l'arrête du nez, d'un air un peu gêné. « Il se peut que j'ai fait ce genre de pub en effet » finit-il par avouer à demi-mot. C'était pour Pippa, pour Eeffe, pour ces putains de pensions qu'il avait eu longtemps tendance à oublier de payer, il avait été très flambeur, vraiment très très très flambeur, la gestion de son argent était chaotique, il avait un salaire relativement élevé et il avait cette tendance à ne rien gérer, les mères de ses enfants avaient alors été derrière son dos et il s'était senti obligé à faire des extra, juste pour Sansa et Ruben. Son "joli visage" avait finalement été utilisé, lui qui avait toujours voulu être en dehors de tout ça. « J’ai été engagée pour une pub, une fois... Mais on ne voyait que mes jambes donc ça ne compte pas vraiment. » Winthrop laissa inconsciemment son regard se baisser jusqu'au jambe d'Ebba qu'il observa avec un semblant d'attention. « Ce sont des jolies jambes » lâcha-t-il tout en relevant les yeux vers le visage de la blonde et un petit sourire sincère. Puis réalisant qu'il avait un tantinet oublié sa fille pour l'occasion, il reporta son attention sur la gamine et se prépara à applaudir, mais Ebba déposa sa main sur son poignet, arrêtant tout mouvement de sa part. « Nop... Pas maintenant. Elle ne faisait que remonter son collant. Laissez-moi vous prévenir lorsqu’il faudra applaudir. D’accord ? » il hocha juste la tête pour montrer qu'il avait saisi, ce sport... trop abstrait pour lui, il était plus à l'aise avec un ballon aux pieds, il aurait voulu que ses enfants aient la même passion que lui, mais Sansa était surtout dans la GRS, et Ruben dans les sports de combat... c'était... étrange. Enfin, il reporta son attention sur la blonde, il voulait savoir si elle, elle était connue dans son domaine, c'était possible, il n'était pas vraiment un expert en la chose. « Non, pas vraiment, non. Je ne suis qu’un tutu de plus au sein d’une nuée de tutus. J’ai déjà signé des autographes, mais je crois que c’est parce qu’ils me prenaient pour quelqu’un d’autre... Ma soeur, peut-être ? En général, je suis simplement la grande blonde. » Winthrop l'observa tout en penchant la tête sur le côté. « Ou c'est juste que vous n'évaluez pas assez bien vos capacités. Dans tous les cas, vous êtes un très joli tutu » lâcha-t-il avec son sourire de gamin bien heureux. « Il y a bien cet homme qui tient un blog sur moi, mais ça c’est juste un peu inquiétant. » là, il se sentit légèrement mal à l'aise et il grimaça sans pouvoir s'en empêcher. « Les stalkers... je déteste, surtout quand je suis avec mes enfants... » avoua-t-il avec un regard plus froid et distant, qu'on lui vole son image, qu'on en fasse ce qu'ils voulaient, mais qu'on ne s'occupe pas de son Monkey et son Monster, c'était les siens. « Maintenant. Et allez-y franchement, donnez tout, c’était vraiment très bien. » ah oui, sa fille, son premier cours de danse. Winthrop applaudit avec vigueur et il sortit son téléphone pour prendre une photo qu'il envoya aussi tôt à son ex et à sa belle-soeur, juste pour partager ce moment avec les deux rousses. « Vous dansez depuis longtemps ? » la questionna soudain l'homme tout en la regardant avec une certaine curiosité.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 3 Aoû - 20:31

Ebba + Winthrop
Misery...
« Il se peut que j'ai fait ce genre de pub en effet » Il avait l’air gêné, et moi je souriais franchement. Non pas du fait qu’il soit gêné, non, mais de celui d’avoir su bien deviner. Ces pubs avaient une certaine célébrité. Elles n’étaient pas mauvaises, et généralement bien filmées, mais les ficelles étaient tellement énormes qu’elles en devenaient véritablement clichés. Il n’était souvent question que de torse et de passage de main dans les cheveux avec air grave. Très glamour à la différence de l’ambiance qu’on trouvait réellement dans les vestiaires. J’en savais quelque chose. Et là, d’avoir quelqu’un de réel sous le nez qui avait vraiment été cet homme vantant les mérites, en noir et blanc, d’un produit qui ne fonctionnait pas, tout en laissant entendre que ses performances sur le terrain dépendaient de ce gel douche en particulier... C’était comme un rêve devenu réalité. Oui, il ne me fallait pas grand chose. Dès que je serais chez moi, je m’empresserais de taper son nom dans la barre de recherche Youtube. Mais ça, je ne le lui disais pas, évidemment. « Et du coup, est-ce que vous avez essayé de ne pas vous laver pendant 4 jours afin d’éprouver la garantie 72h sur le déo ? » je demandais à la place, un petit sourire en coin prouvant que je n’étais qu’à moitié sérieuse, voir pas du tout. C’était idiot cette mode de surenchère de durée de vie. Ça voulait dire quoi ? Qu’il existait vraiment des gens qui se faisaient des journées de 72h sans jamais passer par la case douche ? Ridicule. Je prenais, moi-même, minimum trois douches par jour. Tout le monde ne faisait pas comme moi, mais j’avais besoin de ça après chaque entrainement, chaque répétition, avant et après chaque représentation. Peut-être était-ce trop, finalement ? Peu importe, j’étais déjà passée à autre chose, lui avouant que j’avais, moi aussi, participé à une publicité. Sauf que je n’y étais pas seule et que la seule chose que l’on pouvait voir de moi était mes jambes. Pour me reconnaître, il fallait vraiment le vouloir... Ou être ma mère. « Ce sont des jolies jambes » Pardon ? Oh, mon Dieu, il était en train de regarder mes jambes ? Reportant mon attention sur lui, j’accrochais son regard au moment où il remontait le sien vers moi. Effet immédiat, mini-Fukushima dans chaque joue. « Heu... Merci... » je baragouinais, tant bien que mal. Je n’étais pas habituée aux compliments. Ou du moins, je ne m’y habituais pas. Concernant la danse, je savais gérer, mais au sujet de mon physique... J’avais trop été habituée aux ‘trop grande’, ‘trop grosse’, ‘trop blonde’, ‘trop gracieuse’, ‘trop souple’, ‘pas assez souple’, ‘trop maigre’, ‘trop de hanches’, ‘pas assez de hanches’, et autres ‘où sont passé tes seins ?’ pour avoir ne serait-ce qu’un début de confiance en ma plastique. Nastazià m’aidait dans ce sens, mais... Repérant un mouvement dans mon champ de vision, j’arrêtais son geste avant qu’il n’applaudisse sa fille remontant son collant, avant de répondre à sa question suivante, celle concernant mon hypothétique célébrité. Non, je n’étais pas grand chose... Un tutu parmi tant d’autres. Je n’étais pas prête d’apparaître dans une pub Rexona 86h. « Ou c'est juste que vous n'évaluez pas assez bien vos capacités. Dans tous les cas, vous êtes un très joli tutu » Bonjour à vous Hiroshima et Nagasaki ! Il faisait chaud, non ? Et pourquoi me complimentait-il sans cesse ? Est-ce qu’il... Non. Absolument pas. À moins que...? Je n’y connaissais rien, mais...? Non, il se montrait juste gentil et courtois, pas vrai ? « Les stalkers... je déteste, surtout quand je suis avec mes enfants... » Quoi ? Le petit monsieur tenant un blog ? Oh non, j'espérais bien qu’il ne s’agisse pas d’un stalker. Cela dit, je comprenais parfaitement son exaspération, surtout vis-à-vis de ses enfants... « Le mien est plutôt gentil... Et puis, je n’ai pas d’enfant, juste un chien. Des fois, il m’apporte le café... Le blogeur, pas mon chien. Je l’accepte pour ne pas lui faire de peine, mais je ne le bois jamais. » En Russie, c’est comme ça qu’on se retrouvait menottée dans une cave en Thaïlande après avoir simplement accepté un verre en terrasse de restaurant, la veille au soir, à Moscou. « Vous dansez depuis longtemps ? » me demanda-t-il, finalement, après avoir applaudit et filmé sa fille avec ma bénédiction. C’était une question de politesse ou bien ça l’intéressait vraiment ? Devais-je lui faire la version longue ou la version courte ? Je doutais qu’il puisse s’agir d’autre chose que de la simple courtoisie, mais j’optais tout de même, dans le doute, pour la version moyenne. « Depuis presque toujours. » je m’entendis lui répondre reportant mon attention sur son regard... Sincèrement curieux ? « J’ai commencé par la gymnastique synchronisée. Vous savez, c’est le truc avec les ballons et les rubans durant lequel les filles enchainent des mouvements étranges qui n’ont pas vraiment de sens. Mais je n’étais pas assez bonne. Trop gracieuse. J’étais censée ne pas sourire et ne pas perfectionner autant mes mouvements. J’ai tout de même persévéré jusqu’à mes 10 ans, jusqu’à ce qu’une professeur de danse ne me repère et ne m’intègre dans son académie. Je n’ai jamais cessé de danser depuis. » Jamais. Pas une seule journée de ma vie. Par professionnalisme, évidemment, puisque je voulais réellement mériter le poste auquel j’aspirais, mais également parce que danser c’était comme respirer. Si je m’arrêtais, j’en mourrais. Je ne savais faire que ça, finalement. Je n’étais douée que pour ça. Alors, je tournais un petit sourire vers lui, notant son intérêt pour ce que je venais de dire. Il ne faisait pas semblant, et ça en devenait très... surprenant. « Excusez-moi, mais... » je commençais, alors, sourcils légèrement froissés et hésitante. « ...est-ce que vous êtes en train me draguer ? » j’achevais, dans un souffle, sur le ton du secret, me rapprochant de lui pour être bien certaine que personne d’autre ne m’entendrait. C’était gênant comme question. Surtout d’avouer que je n’y connaissais tellement rien que j’étais obligée de poser la question pour m’en assurer.    
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Lun 4 Aoû - 23:04

« Et du coup, est-ce que vous avez essayé de ne pas vous laver pendant 4 jours afin d’éprouver la garantie 72h sur le déo ? » Winthrop fronça les sourcils et plissa le nez de dégoût avant de secouer vivement la tête de droite à gauche. « Ew, je suis un sportif, je me dépense plus que la moyenne, je dois me laver tous les jours ! » avoua-t-il tout en se passant la main dans les cheveux. « C'est bizarre l'idée de pas se laver pendant 4 jours... » lâcha-t-il clairement dégoûté par cette simple pensée. Après, la blonde lui avoua qu'elle avait fait une publicité aussi mais qu'on n'y avait vu que ses jambes, mais comme c'était de très jolies jambes. « Heu... Merci... » répondit-elle légèrement rouge, elle semblait si timide... et si... perturbée de recevoir un simple compliment, Winthrop l'observa avec attention, trouvant du coup l'effet plutôt cute, parce qu'elle ne jouait pas à l'ingénue, on voyait bien juste à son visage qu'elle ne s'y attendait pas du tout... ok, Win devait avouer qu'il aimait assez son rouge au visage... et il se demandait jusqu'au pouvait s'étendre sa rougeur... il avait toujours été un gamin curieux après tout et il n'avait pas tellement changé depuis.

Ebba lui avoua ensuite ne pas être super connue dans le monde des "tutus" résuma-t-elle, well, elle ajouta ensuite avoir un stalker donc ça ne devait pas être si vrai, elle devait tout de même être assez douée pour recevoir l'intérêt d'un type super creepy. Ou alors c'était juste son physique qui donnait envie de la suivre ? Parce que Win avait des yeux, et il voyait bien qu'elle était vraiment jolie, mais le jolie intimidante qui faisait toujours hésiter les mecs avant de se lancer à draguer ou non. Quoiqu'il en soit, le footballeur ne portait pas vraiment les stalkers dans son coeur, surtout lorsqu'il était avec ses enfants... il trouvait ça juste quelque peu répugnant de suivre ses gamins, alors ils obligeaient ses enfants à toujours sortir avec une casquette et des lunettes de soleil, pour les protéger ne serait-ce qu'un peu. « Le mien est plutôt gentil... Et puis, je n’ai pas d’enfant, juste un chien. Des fois, il m’apporte le café... Le blogeur, pas mon chien. Je l’accepte pour ne pas lui faire de peine, mais je ne le bois jamais. » Winthrop imaginait un chier majordome, et l'idée eut le mérite de le faire rire légèrement, il secoua légèrement la tête avant de se frotter les yeux. « L'image d'un chien qui apporte du café est plutôt hilarante... mais ouais non, ne buvez pas le café d'un type bizarre, c'est toujours déconseillé » ajouta plus sérieusement le néerlandais avant de lui demander depuis quand elle dansait, honnêtement, de tous les profs de ses enfants, c'était la mieux, enfin, au moins, elle tentait de lui faire un peu comprendre ce qu'il se passait, pour tout le reste, il était toujours là dans son coin, perdu et perplexe, ne comprenant pas ce qu'il se passait... alors ouais il se faisait chier, et ouais, sans doute que ses enfants le remarquaient, mais bon, si c'était important, il était là, de là à dire qu'il aimait, nope. « Depuis presque toujours. J’ai commencé par la gymnastique synchronisée. Vous savez, c’est le truc avec les ballons et les rubans durant lequel les filles enchainent des mouvements étranges qui n’ont pas vraiment de sens. Mais je n’étais pas assez bonne. Trop gracieuse. J’étais censée ne pas sourire et ne pas perfectionner autant mes mouvements. J’ai tout de même persévéré jusqu’à mes 10 ans, jusqu’à ce qu’une professeur de danse ne me repère et ne m’intègre dans son académie. Je n’ai jamais cessé de danser depuis. » Winthrop écarquilla légèrement les yeux avant de sourire. « Ha mais je connais, c'est le sport que fait Sansa. Trop compliqué et abstrait pour moi. Je comprends pas comment elle fait pour gagner des points ? C'est comme de l'art et je n'arrive juste pas à déchiffrer la chose... » grimaça-t-il sur un ton de la confession, il ébouriffa les cheveux avec ennui, il n'aimait pas être aussi perdu. « Une académie alors... vous devez être bonne pour avoir été "repéré" et ne dites pas non, j'ai aussi été repéré au même âge, on sort du lot mais on ne sait clairement pas dans quoi on se lance... » fit-il avec un peu de nostalgie dans la voix, il était tellement déprimé à son retour aux Pays-Bas qu'on l'avait inscrit au foot. Et il avait tout de suite été très bon, comme il refusait de parler à ses parents car il leur boudait dessus, il passait juste ses journées à jouer au foot, à respirer foot, à ne vivre qu'à travers lui... et à 10 ans, on l'avait repéré, on l'avait mis dans une école spéciale pour des jeunes comme lui et le foot était devenu le centre de son univers, il avait juste vécu pour son papier comme quoi il pouvait passer pro... enfin, il avait vécu pour ça jusqu'à sa rencontre avec Pippa qui avait un peu chamboulé l'ordre de ses priorités. « Excusez-moi, mais... » Win reporta son attention sur la blonde, elle semblait si hésitante et inoffensive. « ...est-ce que vous êtes en train me draguer ? » elle semblait prise au dépourvue et elle se rapprochait légèrement de lui, il sourit sans pouvoir s'en empêcher avant de se rapprocher d'elle. « Non... » répondit-il aussi tôt avant de sourire légèrement. « Du moins, pas jusqu'à présent... » ajouta-t-il dans un souffle avant de lui faire un clin d'oeil amusé. « Parce que vous êtes vraiment jolie, et que c'est difficile de se concentrer sur le reste » fit-il avant de hausser les épaules en toute indifférence. Si sa fille n'aurait pas été là, il aurait même tenté d'être tactile, mais elle était dans un coin de la pièce donc il devait se retenir.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mar 5 Aoû - 4:05

Ebba + Winthrop
Misery...
« Ew, je suis un sportif, je me dépense plus que la moyenne, je dois me laver tous les jours ! » Je préférais cette réaction à n’importe quelle autre. Bien que ça ne me regarde pas, évidemment, c’était quelque part assez rassurant de se savoir installée à côté de quelqu’un de propre. Je n’avais pas posé cette question de cet objectif précisément, c’était plutôt pour faire une plaisanterie -chose que je maîtrisais encore moins que l’art subtil de desceller une drague potentielle- mais l’information me convenait assez, et j’hochais la tête comme pour lui signifier que j’avais, moi aussi, un avis sur la question et qu’il s’agissait du même que le sien. Peut-être, qu’à son tour, il serait rassuré de se savoir installé à côté de quelqu’un de propre ? Ou peut-être, aussi, qu’il n’en avait absolument rien à faire, et que j’hochais la tête dans le vide depuis trente bonnes secondes. « C'est bizarre l'idée de pas se laver pendant 4 jours... » Là encore, j’étais d’accord avec lui, et c’est très sérieusement, ramenant un genou contre moi sur lequel je posais mon menton que j’annonçais : « C’est pourtant ce que sous-entendent ce genre de pub. Sinon à quoi peut bien servir l’efficacité 72h ? Est-ce qu’ils espèrent que les consommateurs se diront que sur 24h, du coup, l’efficacité sera triplée ? » Après mon menton, ce fut ma joue qui trouva appui sur mon genou tandis que je tournais l’ensemble de mon visage vers lui, partiellement inconsciente du fait que cette conversation était étrange pour le lieu. Ou étrange tout court. Quoique, évoquer mes jambes ou encore les stalkers n’avaient rien de plus approprié, finalement. Je n’avais jamais eu de réelle conversation avec les parents de mes petites élèves, essentiellement parce qu’il s’agissait de l’un de mes premiers cours, mais lorsque l’un d’eux venait me parler, il s’agissait toujours de danse, de fourniture de danse, de cours particulier, parfois même de demandes d’invitations pour un ballet. Jamais encore je n’avais évoqué autant de choses totalement hors contexte sans même en éprouver la moindre gêne ou avoir la conscience professionnelle de retourner m’occuper de mes apprenties-danseuses. Non, là, je me contentais de les observer de loin, et de moins en moins souvent d’ailleurs, et de laisser Juliet gérer le reste. Après tout, elle devrait le faire lorsque je serais en tournée, nous n’avions qu’à partir du principe qu’il s’agissait-là d’une excellente formation. Les stalkers, donc, disions-nous. Le mien était gentil, un peu étrange, forcément, mais gentils, il m’apportait même le café. C’est ce que je voulais lui dire mais, m’emmêlant les pinceaux, je provoquais son rire plutôt qu’autre chose, et rougissais à nouveau. « L'image d'un chien qui apporte du café est plutôt hilarante... mais ouais non, ne buvez pas le café d'un type bizarre, c'est toujours déconseillé » Décidément, la phobie du café était assez répandue. D’abord Yoshi qui prétendait que les serveurs de chez Starbucks crachaient dedans, et maintenant le papa de Sansa qui me confirmait que ce type de gentillesse... J’allais vraiment finir par croire que le monde était peuplé de gens particulièrement étranges. Cela dit, je lui offrais un petit « D’accord. » à défaut de pouvoir à nouveau hocher de la tête, maintenant qu’elle reposait contre mon genou. Cela dit, je me redressais immédiatement dès lors qu’il me parla de danse. Comme un électrochoc, mon corps réagissais avant moi, et, le dos bien droit, je lui expliquais rapidement mon parcours de la gymnastique jusqu’à maintenant. « Ha mais je connais, c'est le sport que fait Sansa. Trop compliqué et abstrait pour moi. Je comprends pas comment elle fait pour gagner des points ? C'est comme de l'art et je n'arrive juste pas à déchiffrer la chose... » Je relevais le nez jusqu’à l’enfant, observant plus attentivement ses mouvements. Ça expliquait beaucoup de choses. « Justement ! » je répondais un peu brusquement, du moins bien plus brusquement que d’ordinaire, me tournant à nouveau vers lui. « L’art... L’art c’est pas quantifiable, c’est pas quelque chose qu’on note. Ça se ressent, il ne peut pas en aller autrement. Parce que ça réveille des souvenirs, des événements, des émotions, un vécu qui ne peut pas être le même d’un individu à l’autre. Un tableau, une chorégraphie, un morceau de musique pourra parlé à quelqu’un et en laisser un autre totalement indifférent. Comment pourrait-on noter une petite fille qui danse, alors ? La gymnastique, c’est de l’art qui se prend pour un sport... Et ça n’a aucun sens. » J’achevais en me pinçant les lèvres, consciente de m’être un peu emportée. Sans pour autant hurler ou gesticulé, j’avais monopolisé la conversation et imposé mes idées. Je n’étais pas très à l’aise avec ça. « Pardon. » je murmurais alors, l’autorisant, l’invitant, le priant même de reprendre la parole et les rênes de la conversation. Ce qu’il s’empressait de faire. « Une académie alors... vous devez être bonne pour avoir été "repéré" et ne dites pas non, j'ai aussi été repéré au même âge, on sort du lot mais on ne sait clairement pas dans quoi on se lance... » Bonne question. Je n’y avais jamais songé ainsi, finalement. Mais avant de lui répondre, une autre question, toute aussi bonne, je l’espérais, m’occupais l’esprit. Est-ce qu’il me draguait ? Et si oui, pourquoi diable ? Sans savoir s’il s’agissait d’une bonne ou d’une mauvaise idée, sans réellement m’interroger s’il s’agissait de quelque chose qui se faisait, je décidais de lui poser la question directement, timidement, et presque clandestinement en me rapprochant un peu. Espérant ne pas l’avoir vexée, je fus rassurée par le sourire qu’il afficha en réponse. Non, il ne prenait pas mal ma question. Puis il s’approcha à son tour et je le laissais faire, plus préoccupée par la réponse qu’il allait me fournir que par le reste. « Non... » Ha ? « Du moins, pas jusqu'à présent... » Comment ça ? Sa précision et son clin d’oeil me laissèrent perplexe, mais je l’étais souvent, donc rien de bien étonnant. « Parce que vous êtes vraiment jolie, et que c'est difficile de se concentrer sur le reste » Jolie ? Instantanément je baissais les yeux, soutenant mal le regard de l’autre. Je n’étais pas experte, mais... Les compliments, l’intérêt sincère pour mon histoire, les questions, le clin d’oeil... Ce n’était vraiment pas de la drague ? Vraiment ? Je relevais le nez après un instant, l’observant scrupuleusement comme si j’avais pu trouver une réponse quelconque dans son visage, dans son air, dans ses expressions, et, finalement, infructueuse, je décidais de répondre à sa première question. « Je vivais en Sibérie, cette femme faisait le tour des villages et des classes de danse pour les prochaines inscriptions. Chez nous, il n’y avait pas de classe de danse c’est pourquoi je faisais de la gymnastique. Je sais qu’elle n’a prit que moi, mais en ce qui concerne les autres villages, je ne sais pas combien d’enfants ont été repérés cette année là. Beaucoup, sûrement, puisqu’il ne s’agissait que de les amenés à participer au concours d’entrée, pas de leur promettre une inscription. » Le fait d’avoir été repéré, finalement, n’engageait à rien, ça ne signifiait pas autant que pour les sportifs comme lui, mais... « Mais j’étais trop vieille pour l’académie. Les enfants commençaient bien plus jeunes, j’avais deux ans de trop, et surtout, je n’avais jamais dansé de ma vie. J’ai passé le concours d’entrée parce que ma famille le voulait. J’ai été prise... En troisième année directement. Donc, je suppose que oui, quelque part, je devais bien avoir quelque chose, mais... J’ai du travailler très dur pour rattraper mon travail. Je n’avais même pas les bases. » j’avouais, les yeux dans le vague, par-dessus lui, revivant intensément ces années de danse durant lesquelles, après les dix heures à l’académie, j’enchainais avec quatre heures de cours particulier pour me mettre à niveau. J’avais abimé mes pieds, mes articulations, mon corps entier n’avait plus été qu’un outil au service du mouvement toujours plus compliqué, toujours contre-nature. Mais jamais, jamais j’en avais voulu à cette femme, celle qui m’avait tiré de ma Sibérie natale, qui avait forcé mon corps à abdiqué, qui m’avait octroyé une enfance qui n’en était pas une, parce qu’aujourd’hui, si j’étais ici, à New York, libre de mes choix, libre de ma vie, c’était grâce à elle. Elle connaissait mon avenir, déjà, à cette époque-là, et moi j’avais toujours su qu’elle ne me torturait que dans ce but-là. « Et vous, alors ? » je reprenais dans une inspiration, mon regard faisant un focus sur le présent, et son visage. « Repéré à dix ans, donc, et après ? C’est quoi votre parcours ? » je l’interrogeais, pas simplement par politesse, même s’il y avait un peu de ça, mais essentiellement réellement intriguée. Comment on devenait joueur de la coupe du Monde ? Comment on vivait cette notoriété soudaine lorsque le jeu, le sport avait toujours été la priorité ? Était-ce galvanisant ou, au contraire, un peu irritant ? Et... Il était vraiment sûr de pas me draguer, là ?    
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Sam 9 Aoû - 10:39

« C’est pourtant ce que sous-entendent ce genre de pub. Sinon à quoi peut bien servir l’efficacité 72h ? Est-ce qu’ils espèrent que les consommateurs se diront que sur 24h, du coup, l’efficacité sera triplée ? » Winthrop eut une petite moue, pour être honnête, il ne s'était posé aucune question lorsqu'il avait fait la pub, parce que ça ne l'intéressait pas, c'était juste... un plus niveau rentré d'argent, ça n'avait aucune valeur, il connaissait à peine les produits, il disait quelques mots, mais clairement, il était juste là pour... être beau et se taire. « C’est juste de l'argent en plus pour moi, je n'y accorde pas vraiment... de secondes pensées ? » avoua-t-il tout en se frottant l'arrière du crâne. Pour être franc, il ne réfléchissait jamais à rien, il n'évaluait que très rarement les conséquences de ses actions et se contentait de vivre à l'instant présent. Enfin, plus Winthrop parlait avec la jeune femme, plus il réalisait qu'il émanait d'elle... une certaine douceur et innocence qu'il n'avait pas souvent le plaisir de croiser chez des gens, c'était... différent mais loin d'être désagréable, ça donnait juste cette envie bizarre de protéger cette autre personne, c'était sans doute pour ça qu'il lui dit de se méfier de son stalker, aussi gentil soit-il, il valait mieux éviter de boire le café qu'il lui apportait, trop de risque... « D’accord. » Winthrop eut un petit sourire, au moins, elle était conciliante, ça le changeait ça. Lorsque la blonde parla d'avoir été repéré, cela fit écho aux souvenirs de Winthrop, sur son passé, sur son début de "carrière", oh, évidemment, à l'époque c'était juste abstrait, une possibilité, il avait dû travailler comme un malade pour devenir le meilleur, il avait besoin de l'être, qu'on ne doute jamais de son talent, oui, il avait un visage adorable, tout le monde le lui disait depuis qu'il était gamin, mais il voulait être plus à l'époque qu'une "pretty face". Cependant, Ebba les détourna de ce sujet pour lui demander s'il la draguait, prit au dépourvu, il dit que non... mais sans doute un peu ? Il flirtait tellement par habitude qu'il ne faisait plus attention. Le flirt était une seconde nature chez lui, il n'avait jamais su entretenir la moindre amitié avec une femme sans la draguer. Ce qui était étrange mais vrai, même sa belle-soeur Gemma avait droit à ce traitement. Après, le flirt ne conduisait pas toujours à quelque chose, il savait qu'il ne toucherait jamais à Gemma ou Azula, elles étaient... ses meilleures amies et il les aimait trop pour risquer de tout gâcher pour quelque chose qui ne les mèneraient nul part. Il ne se faisait aucune illusion, depuis Pippa, ses relations avaient toutes été chaotiques, il n'aimait aucune de ces filles, finissait par les tromper ou juste... les oublier ? Il n'était pas sérieux et ne cherchait pas tellement à l'être non plus, croire en l'amour et tout ça, c'était un peu révolu dans son esprit, puis même s'il arrivait une nouvelle fois à tomber amoureux, il y avait de grande chance qu'il fasse tout capoter, il était plutôt doué sur ce dernier point. C'est pour tout ça qu'il... préférait dire que ce n'était pas du flirt, il ne l'avait pas réalisé avant qu'elle le souligne, on ne pouvait pas draguer tant qu'on n'en était pas conscient, non ? Après, elle était jolie, il aurait pu tenté sa chance... si elle n'était pas la nouvelle prof de sa fille, puis elle allait sans doute croiser Pippa un jour à cause des cours justement et non, ce serait trop bizarre, même pour lui ! « Je vivais en Sibérie, cette femme faisait le tour des villages et des classes de danse pour les prochaines inscriptions. Chez nous, il n’y avait pas de classe de danse c’est pourquoi je faisais de la gymnastique. Je sais qu’elle n’a prit que moi, mais en ce qui concerne les autres villages, je ne sais pas combien d’enfants ont été repérés cette année là. Beaucoup, sûrement, puisqu’il ne s’agissait que de les amenés à participer au concours d’entrée, pas de leur promettre une inscription. » Winthrop fut quelque part heureux qu'elle se mette à reparler de ça, il écouta attentivement ses propos. « Mais j’étais trop vieille pour l’académie. Les enfants commençaient bien plus jeunes, j’avais deux ans de trop, et surtout, je n’avais jamais dansé de ma vie. J’ai passé le concours d’entrée parce que ma famille le voulait. J’ai été prise... En troisième année directement. Donc, je suppose que oui, quelque part, je devais bien avoir quelque chose, mais... J’ai du travailler très dur pour rattraper mon travail. Je n’avais même pas les bases. » « Well, c'est pas comme si... enfin, pour des tonnes de carrières il faut juste être "bon"... mais pour la danse ou le foot, ceux qui savent en vivre convenablement doivent être les meilleurs... » et c'était vrai, c'était les plus talentueux qui étaient repérés, ceux qui se débrouillaient le mieux, ceux qui étaient prêt à tout sacrifier aussi, le sacrifice de son corps, d'une partie de sa vie, c'était ça aussi embrasser une carrière de la sorte. « Et vous, alors ? Repéré à dix ans, donc, et après ? C’est quoi votre parcours ? » il eut un léger éclat de rire tout en secouant la tête. « Ecole de foot, beaucoup d'entrainements, beaucoup de douleurs dans le corps, peu d'amusement, beaucoup de règles... je n'ai pas fini l'école cela dit, je suis devenu pro à mes 17 ans... j'ai sans doute voulu aller trop vite pour plein de choses dans ma vie à cette époque là... j'ai épousé ma femme, ex-femme, à 17 ans et à 18 ans on avait Sansa, mais je ne regrette pas, Sansa est extraordinaire, elle ressemble beaucoup à sa mère. » avoua soudain Winthrop alors que son regard glissait une nouvelle fois vers sa fille, ouep, à Pippa... mais il voyait aussi le caractère volcanique et téméraire de Gemma pour certain trait, elle avait son nom, mais tout dans son apparence et sa façon d'être criait juste "Clarke". « Puis j'ai eu une blessure au genou, elle n'est pas vraiment guérie, ne le sera jamais totalement, je sais marcher, courir, mais la sensation... c'est plus la même chose, du coup, me voilà en Amérique pour jouer au football, c'est moins... difficile ici qu'en Europe ? Mais clairement, j'espère avoir su montrer lors de la Coupe du Monde que j'étais tout de même encore bon, j'ai tellement persévéré, c'est la seule chose que je sache faire » finit-il par dire l'oeil vif, on pouvait le traiter de crétin tout ce qu'on voulait, il n'était sans doute pas le plus malin des types, mais il évaluait assez bien ses capacités et était le plus au courant du fait que si on lui retirait le foot, il ne ferait vraiment rien de sa vie, il n'avait aucune qualification, aucun don pour rien d'autres. Il observa Ebba en lui offrant un petit sourire, c'était facile de parler avec elle, vraiment... « Mais... enfin, on peut continuer cette discussion devant un café quelque part... si vous voulez ? » proposa soudain Win en plein improvisation, il n'avait même pas réfléchi à la question, juste agi par instinct, ce qu'il faisait au final de mieux.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 10 Aoû - 3:11

Ebba + Winthrop
Misery...
« C’est juste de l'argent en plus pour moi, je n'y accorde pas vraiment... de secondes pensées ? » Est-ce que je parvenais à comprendre ? Hum... Dans un sens oui, bien que je n’ai jamais rien fait pour l’argent, du moins rien pour simplement l’argent. Mais ce n’était pas pour autant que je jugeais les autres. Quelques heures de poses pour un salaire conséquent, il aurait été dommage de refuser. Encore fallait-il pouvoir supporter de se voir partout, par la suite, de croiser son regard au détour d’un rayon sur un flacon, ou dans la rue, sur une affiche... C’était flatteur pour lui, cela dit, d’autres auraient certainement apprécié de susciter autant d’intérêt, d’être sollicité pour son image. Ça n’était pas que pour son physique, il fallait bien plus que ça pour correspondre à la bonne ‘image’. Il fallait être sain pour véhiculer le bon message. Du moins, en apparence. Cela dit, ça ne devait pas être évident de rompre avec lui. Comment pouvait-on se remettre de quelqu’un et oublier quand ce quelqu’un s’étalait un peu partout, du centre commercial à la salle de bain ? Qu’importe, ce n’était pas mon problème. D’ailleurs, il ne me draguait même pas, il me l’avait confirmé. Non pas que j’aurais souhaité qu’il le fasse. Ou bien si ? Je ne sais pas, j’avais juste voulu savoir si c’était le cas. Et puisque j’étais assez nulle à ce niveau-là, j’avais simplement posé la question. Réponse négative qui ne m’avait pas vraiment chamboulée, j’y étais habituée. L’inverse m’aurait plutôt surpris, finalement. Je n’étais pas vilaine, enfin je ne pense pas, mais... Je n’étais pas mieux qu’une autre, pas plus intéressante, pas vraiment époustouflante non plus. Je n’étais pas ma soeur. Et ça ne me dérangeait pas plus que ça. On me disait souvent que j’étais aveugle, que je traversais le monde ornée d’oeillères, mais je crois qu’il s’agissait seulement de flatterie, de politesse, un peu comme le fameux ‘vous allez bien ?’ dont tout le monde s’encombre et dont tout le monde se fout du contenu de la réponse. Ce qui n’était pas son cas, d’ailleurs. Étrangement, lorsqu’il me posait une question, il se montrait intéressé par la réponse et surtout patient durant mes explications-fleuves. Je parlais trop, je digressais trop, me perdant, bien souvent, dans mes souvenirs et mes pensées. Souvent ça amusait mes interlocuteurs, parfois ça les agaçait. Lui ne semblait pas l’être, ni amusé, ni agacé, juste attentif et curieux. « Well, c'est pas comme si... enfin, pour des tonnes de carrières il faut juste être "bon"... mais pour la danse ou le foot, ceux qui savent en vivre convenablement doivent être les meilleurs... » Je ne m’y connaissais pas suffisamment en foot mais d’après ce que j’avais pu lire ou voir, en effet, il valait mieux exceller dans sa discipline pour espérer se faire un nom. Mais surtout, comme pour la danse... « Et les carrières sont courtes. » Passé trente-cinq ans, dans un cas comme dans l’autre, il fallait savoir se recycler. Et lui, d’ailleurs, quel avait été son parcours ? Il avait évoqué son repérage à dix ans, mais pour le reste, j’ignorais encore tout. Aussi je l’interrogeais à mon tour, et l’écoutais en silence. « Ecole de foot, beaucoup d'entrainements, beaucoup de douleurs dans le corps, peu d'amusement, beaucoup de règles... je n'ai pas fini l'école cela dit, je suis devenu pro à mes 17 ans... j'ai sans doute voulu aller trop vite pour plein de choses dans ma vie à cette époque là... j'ai épousé ma femme, ex-femme, à 17 ans et à 18 ans on avait Sansa, mais je ne regrette pas, Sansa est extraordinaire, elle ressemble beaucoup à sa mère. » Dix-huit ans ? Je reportais mon attention sur Sansa, justement. C’était une belle petite fille, je n’aurais su dire si elle était merveilleuse, mais elle était ravissante et gracieuse. Est-ce qu’elle ressemblait à sa mère ? Aucune idée, je ne l’avais jamais vu, mais elle lui ressemblait à lui, avant tout. Mais je n’étais forcément pas objective. Dix-huit ans, tout de même. Et marié à dix-sept ans... J’étais où, moi, à dix-sept ans ? Je faisais quoi ? J’enterrais ma mère. Oui, c’est sûr, pas vraiment le même délire. « Puis j'ai eu une blessure au genou, elle n'est pas vraiment guérie, ne le sera jamais totalement, je sais marcher, courir, mais la sensation... c'est plus la même chose, du coup, me voilà en Amérique pour jouer au football, c'est moins... difficile ici qu'en Europe ? Mais clairement, j'espère avoir su montrer lors de la Coupe du Monde que j'étais tout de même encore bon, j'ai tellement persévéré, c'est la seule chose que je sache faire » « Oh, vous êtes européen ? » je réagissais enfin, bizarrement un peu trop ravie. Ce n’est pas que je n’appréciais pas les américains, j’appréciais tout le monde, c’est juste qu’il s’agissait d’un monde à part, de mentalités tellement différente que j’avais le sentiment d’être perdue la plupart du temps. Mais évidemment qu’il était européen, le foot n’étant pas vraiment ce que les petits américains apprenaient à l’école. « Vous n’êtes pas allemand, au moins ? » j’interrogeais, immédiatement, en fronçant les sourcils. Je n’avais pas trop suivi la coupe du monde, mais le nom des vainqueurs, ça je le savais. Lorsqu’on vivait en quasi communauté, il y avait des informations auxquelles on ne pouvait pas vraiment échapper, et puisque la moitié des danseurs de la troupe étaient européens ou russes, la coupe du monde avait été au centre de nombreuses conversations. D’ailleurs, les russes n’avaient pas vraiment brillé, et beaucoup de mes collègues s’étaient rapidement tournés vers d’autres équipes à supporter. Moi j’aurais été pour la Suède si elle avait été sélectionnée, alors, à défaut, j’avais été pour l’équipe la plus proche géographiquement parlant. Les pays-bas, je crois. « Je ne m’y connais pas trop, désolée, je n’ai fait que suivre de loin, d’abord la Russie puis les Pays-bas. » je m’excusais dans une légère moue et un haussement d’épaules, sincèrement désolée de ne pas m’y connaître mieux dans sa passion. J’avais réellement essayé de me mettre dans l’ambiance pour ne pas trop détoner au milieu de mes collègues, mais... Je n’y comprenais rien, et n’osais, bien souvent, pas les déranger avec mes questions stupides. Qu’est-ce qu’un corner ? Et pourquoi lorsqu’un joueur était blessé on ne pouvait pas le remplacer après les trois remplacements déjà effectués ? C’était particulièrement injuste, ça ! « Mais... enfin, on peut continuer cette discussion devant un café quelque part... si vous voulez ? » me proposa-t-il dans un sourire. Ho oui, le café ! C’était pour ça, à l’origine, cette pause, mais... Aucun de nous n’en avait profité. « Je croyais que je n’avais pas le droit de boire le café des inconnus ? » je rétorquais en lui rendant son sourire, le mien plus amusé que le sien, probablement. Bon, il avait dit ‘type bizarre’ mais il n’avait pas l’air bizarre, si ? Je l’observais alors, lui jetant le regard le plus critique que j’avais en stock, mais non, je ne trouvais rien de bizarre chez lui. Par contre, ce que je repérais c’était les autres parents repassant la porte pour rejoindre la salle, café à la main pour certains. Ho zut ! Quelle heure était-il ? Ils avaient pris une pause express ou bien c’était la mienne qui était à rallonge ? Légèrement agitée, je regardais autour de moi à la recherche d’une horloge, avant de m’emparer, à défaut, du poignet de mon voisin. « Zut ! Zut ! Zut ! Vous m’avez fait perdre la notion du temps. » J’étais vraiment nulle comme prof. Il fallait absolument que j’y retourne, que je fasse ce pourquoi ces gens-là payaient une fortune, et me redressant d’un bond je quittais les gradins, avançais de quelques pas, et m’immobilisais, me rappelant que je ne lui avais pas répondu. « Et oui, avec plaisir pour le café. Vous m’accordez une petite vingtaine de minutes ? » qu’on en rediscute ou ce qu’il voulait... De toute manière, il n’avait pas vraiment le choix, vingt minutes c’était le temps qu’il lui faudrait avant de récupérer sa fille. À moins que. Je m’immobilisais à nouveau, me retournais à nouveau. « A moins que vous souhaitiez me la laisser ? Ma proposition est toujours valable. Je dois repasser par le Lincoln Center après, mais ce serait l’occasion de lui faire visiter. » Côté coulisses, tout du moins. Probablement avait-elle déjà eu l’occasion de s’y rendre en t’en que spectatrice. Sans réellement attendre sa réponse, je retournais auprès de mes petites danseuses pour ne plus m’occuper que d’elle. Après tout, je saurais bien assez tôt ce qu’il avait décidé de faire, rester ou partir. Et je m’isolais dans ma bulle, ma bulle de danse et d’apprentissage, ne me souciant plus du reste, n’étant plus réellement Ebba, juste un corps, un corps en démonstration, un corps répétant et reprenant les mouvements des petites danseuses. Un corps qui ne souffrait pas, qui ne souffrait plus désormais, à la fin du cours. Un corps parfaitement habitué a être sollicité, et tellement plus que ça. J’annonçais le prochain cours, dans trois jours pour certains, la semaine prochaine pour d’autres, puis saluais les parents, répétant à plusieurs reprises que non, je ne pouvais pas avoir d’invitation pour Giselle, et que oui, oui, complet voulait vraiment dire complet. La moitié d’entre eux avait déjà déserté la salle lorsque la petite rousse s’approcha pour me rendre les affaires que je lui avais prêté. Des affaires que je lui offrais bien volontiers. C’est ce que j’étais en train de lui dire, d’ailleurs, mon regard la quittant pour s’en aller couvrir la pièce du regard à la recherche de son père, étrangement anxieuse, bizarrement... nerveuse ?   
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mar 12 Aoû - 21:29

« Et les carrières sont courtes. » la grimace de Winthrop fut réelle... oh il avait vraiment peur, vraiment très peur, il n'avait... rien d'autre que le foot, vraiment rien. Qu'est-ce qu'il ferait pour ses enfants hein une fois passé l'âge ? Oh, il profitait de sa tête encore pour faire des pubs, mais il ne serait pas éternellement jeune, et il n'allait pas être un sportif de haut niveau encore très longtemps, il y avait à chaque fois des types plus jeunes, avec plus d'énergie dans les pieds et un dynamisme certain... c'était stressant mais il trouverait et aviserait. Il comptait sur ses "femmes" pour réussir à trouver quelque chose pour lui. Gemma et Azula s'occuperaient de son cas, il en était sûr, il leur faisait entièrement confiance, elles avaient toujours été là pour lui. Enfin, Gemma depuis encore plus longtemps... et oui, parfois elle lui faisait la gueule quand elle se rappelait ce qu'il avait fait à sa jumelle... mais même, ils restaient meilleurs amis malgré tout. Et Azula était son plus grand soutient, prenant soin de lui avec douceur, sans jamais se fâcher ou s'énerver contrairement à la rousse qui avait un tempérament moins patient. Mais il se concentra sur son parcours, se concentra pour tout raconter sans trop rentrer dans les détails, exposant juste les faits, il parla également de la compétition entre ici et l'Europe qui n'avait rien à voir. « Oh, vous êtes européen ? » il eut aussi tôt un sourire rempli de fierté. Il hocha simplement de la tête une fois. « Vous n’êtes pas allemand, au moins ? Je ne m’y connais pas trop, désolée, je n’ai fait que suivre de loin, d’abord la Russie puis les Pays-bas. » Surpris, Winthrop fronça légèrement les sourcils avant de se mettre à sourire légèrement moqueur. Vraiment ? Il prit soudain l'air plus grave et fronça les sourcils. « Nope, pas allemand » confessa-t-il dans un premier temps avant de reprendre la parole. « Cela dit, je suis triste qu'une de nos supporters ne m'ait pas reconnu du coup. Je suis dans l'équipe des Pays-Bas » ajouta-t-il en prenant un air blessé tout en se touchant le coeur. Oh, c'était vil, surtout qu'elle allait à tous les coups s'en vouloir, il ne la connaissait pas depuis longtemps mais ça se voyait à sa tête qu'elle était de ce genre-là : trop gentille pour son propre bien. Il finit par sourire légèrement avant de hausser les épaules avec plus d'indifférence. « Je vous taquinais, merci du soutient » ajouta-t-il alors d'un air plus sincère, puis il hésita environ 30 secondes avant de l'inviter à prendre un café. « Je croyais que je n’avais pas le droit de boire le café des inconnus ? » oh, elle marquait un point, il sourit légèrement avant de sembler réfléchir à la question. « Et bien, vous connaissez mon prénom et mon nom, je ne suis plus vraiment un inconnu » lança-t-il débonnaire. Cela dit, les autres parents se mirent à revenir et la blonde paniqua un peu jusqu'au moment où elle s'empara de son poignet pour regarder sa montre. « Zut ! Zut ! Zut ! Vous m’avez fait perdre la notion du temps. » il sourit légèrement. « ça m'arrive souvent, je fascine tellement les gens vous comprenez... » lança-t-il avant de hausser les épaules. « Et oui, avec plaisir pour le café. Vous m’accordez une petite vingtaine de minutes ? » son sourire s'élargit aussi tôt, ravi d'avoir réussi et il opina vivement de la tête, heureux d'avoir eu... ce rendez-vous improvisé ? « A moins que vous souhaitiez me la laisser ? Ma proposition est toujours valable. Je dois repasser par le Lincoln Center après, mais ce serait l’occasion de lui faire visiter. » oh... il cligna des yeux, c'est vrai qu'il n'avait pas fait la meilleure impression du monde au début, il grimaça légèrement. « Non, c'est okay » répondit-il, Gemma allait lui apporter Ruben donc tout était okay, du moins, c'était ce qui était convenu, il attrapa aussi tôt son portable pour vérifier avec la rousse qui lui avait envoyé un mms avec une image de Ruben qui posait fièrement dans sa tenue de judoka tout en levant le pouce. Il répondit aux messages de sa belle-soeur en commentant rapidement le cours de danse en avouant à demi-mot que la prof était sexy à mort... la rousse réclama des photo, pour juger ! Peste, il l'ignora là-dessus et demanda juste à ce qu'elle ramène son fils auprès de lui le plus rapidement possible... ce qu'elle fit avant la fin du cours de danse, Ruben était là, plus fatigué qu'au début de la journée -ça c'était bien- il était entrain de raconter à son père l'entièreté de son cours dans les moindres détails, le père avait juste déposé son bras autour des épaules de Gemma tout en écoutant avec attention son Monster, la rousse avait déposé sa tête au creux de son cou et rajoutait par moment des petits détails supplémentaires, à la fin du cours l'attention de Winthrop se porta sur la blonde et Gemma suivit rapidement son regard avant de sourire avec amusement. « Tu te rappelles que t'as une copine hein Winnie... » pouffa de rire la rousse le faisant grimacer... c'était... vrai, il avait juste parfois tendance à l'oublier... « Et que c'est la nouvelle prof de ta fille... et que donc Pippa va forcément la croiser hein... » il ne dit rien, se contentant d'aborder une petite moue. « Pippa va tellement te détester » « Elle me déteste déjà » lui rappela alors Winthrop d'une voix plus sèche qu'il ne l'avait voulu. Gemma soupira avant de se relever sur ses deux pieds, elle se tourna vers Winthrop avant de lui pincer le visage et l'embrasser sur la joue tout en lui passant les mains dans les cheveux avant d'aller rejoindre Ruben. Le regard de Winthrop était soit sur la blonde, soit sur la rousse, ce n'était pas son idée la plus brillante, mais il ne se vantait pas d'être malin... et elle lui plaisait bien alors... Sansa revint vers eux et quand elle remarqua sa tante elle cria avant de lui foncer dessus pour la serrer dans ses bras. Il sourit aussi tôt devant l'image qu'offrait sa famille, et il se leva pour rejoindre plus rapidement la blonde. « Mon fils, Ruben » expliqua-t-il soudain en indiquant le gamin. « Oh, et leur tante » ajouta-t-il alors que Gemma relevait la tête vers eux, elle fit un simple signe de main en guise de salut, elle se redressa alors et déposa aussi tôt sa main sur le torse de Winthrop. « Je vais y aller, sois sage toi ! » fit-elle avant de lui tapoter le torse et lancer un dernier sourire à Ebba avant de partir. « Donc, ce café ? Une préférence ? » « Papa ? » demandèrent curieusement ses enfants avant de se rapprocher d'eux. Ah oui, il avait oublié de les prévenir. « Ruben, Sansa, voici Ebba, on va boire un café avec elle, d'accord ? Je l'ai tellement accaparé pendant la pause qu'on n'a pas eu l'occasion d'en avoir nous, ça ne vous dérange pas ? » demanda Winthrop en souriant à ses enfants qui haussèrent les épaules en ayant exactement le même genre. Parfait en somme.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 13 Aoû - 2:18

Ebba + Winthrop
Misery...
« Nope, pas allemand. Cela dit, je suis triste qu'une de nos supporters ne m'ait pas reconnu du coup. Je suis dans l'équipe des Pays-Bas » Oh mon Dieu, quoi ? J’avais fait ça ? Cela dit, pour ma défense, il aurait pu être attaquant russe, je ne l’aurais pas plus reconnu. J’avais suivi de tellement loin, mais... Quelle gourde ! La moitié des parents l’avait reconnu, j’en avais été témoins, et pourtant ils étaient américains, eux, donc par définition pas vraiment très pro du ballon rond. Alors que moi... Oh zut ! Je plaquais une main sur mes lèvres, sincèrement désolée, sincèrement gênée de ne pas être apte à réaliser qu’il était un de ceux que j’avais encouragé d’abord très mollement, avant de me prendre, finalement, au jeu. Sauf que... Je ne connaissais pas les noms, encore moins les prénoms, alors je leur avais donné des surnoms, aidée par mes collègues. Il y avait eu les sept nains, Prof, Atchoum, Grincheux, Simplet, Timide, Joyeux et Dormeur toujours sur le banc de touche. Il y avait le Turc, aussi, lorsque Daniil m’avait expliqué que le brun à cheveux longs était turc. Il y avait eu Ninjinski pour celui qui sautait si haut, et Marion Cotillard pour celui qui finissait toujours à terre à gémir en se maintenant au choix, le genou, la tête ou le dos, et puis Katy Perry, Playmobil, Tchernobyl et grand-mère Yeta, mais ça, c’était juste à cause des coupes de cheveux. Et lui ? Lui... Oh mince, je ne voyais vraiment pas qui il pouvait bien être. « Je suis désolée... » je murmurais, alors, contre ma main, mes grands yeux probablement trop ouverts. « Je vous taquinais, merci du soutient » Quand bien même... J’étais toujours autant désolée. C’était comme déjeuner avec Pietragalla et lui avouer son admiration pour Pietragalla. Ridicule. Cela dit, je n’eus guère le temps de m'appesantir en auto-flagellation, puisqu’il déconnecta immédiatement mes synapses en me proposant un café. C’était toujours pas de la drague, ça ? Il allait vraiment falloir que je prenne des cours du soir avec Nasta... Si j’acceptais sa proposition, ce ne fut qu’en m’éloignant, réalisant un peu trop tard que je venais d’ignorer la moitié de mon propre cours afin de discuter avec un homme que je ne connaissais, ni ne reconnaissais d’ailleurs, même pas. J’aurais probablement le temps de me pencher sur la question plus tard, afin de comprendre le pourquoi du comment, mais dans l’immédiat je préférais achever ma mauvaise conscience, la faire taire en me consacrant corps et âme à mes petites danseuses, redoublant même d’effort par excès de culpabilité. Ce n’est qu’une bonne vingtaine de minutes plus tard, le cours achevé, lorsque Sansa s’approcha pour me rendre les vêtements de danse, que je me rappelais être dans l’attente, dans l’expectative... De quoi ? De savoir s’il était resté, je crois. Il avait beau m’avoir confirmé qu’il préférait attendre la fin du cours, je doutais encore. J’aurais du m’inquiéter pour Sansa, mais étrangement, si je le faisais, c’était pour moi. La voyant foncer sur quelqu’un, je relevais le nez, découvrant une grande rousse qui devait être... Sa mère ? Oh mince ! C’était un peu gênant, non ? Non, ça ne devait pas l’être. Je n’avais rien fait de mal, si ? Non, absolument pas, et je... Pourquoi j’étais gênée, alors ? Ce n’est qu’en découvrant le papa de Sansa -mince, il fallait que je retienne son prénom- dans mon champ de vision que je prenais conscience d’être en train de fixer depuis trop longtemps la jeune femme, et reportais mon attention sur lui, en un sourire que j’espérais pas trop bancal. « Mon fils, Ruben » Oh, il y en avait un deuxième ? Plus jeune. Plus blond. Vraiment craquant. « Oh, et leur tante » Leur tante ?! Pas leur mère, donc. Ça ne changeait rien, finalement, pourtant ça changeait tout, et je respirais plus facilement. Je répondais même au signe de main de la jeune femme, avant de me dire que le mien était idiot, et de le ranger rapidement. Les interactions sociales, c’était vraiment pas mon truc. « Je vais y aller, sois sage toi ! » D’accord, je n’y connaissais rien, mais la main sur le torse ? C’était pas un peu trop intime entre une femme et son ex-beau-frère ? Je n’osais même pas le faire avec mon propre frère moi. Certes, il ne s’agissait que de mon demi-frère que je ne connaissais que depuis un peu plus d’un mois, mais... C’était pas la question. Malgré ma gêne, je lui offrais tout de même le plus beau sourire que j’avais en stock, non pas pour saluer son départ, juste pour tenter d’avoir l’air normale et absolument détendue. Tout ce que je n’étais pas, en sommes. « Donc, ce café ? Une préférence ? » Ha oui, pardon. Le café. Je reportais mon sourire sur lui, prête à répondre, mais les enfants m’en empêchèrent, forçant leur père à se lancer dans des explications. « Ruben, Sansa, voici Ebba, on va boire un café avec elle, d'accord ? Je l'ai tellement accaparé pendant la pause qu'on n'a pas eu l'occasion d'en avoir nous, ça ne vous dérange pas ? » Pas du tout gênant, ça non plus, tiens. Aussi dérangeant que lorsque, enfant, Babouchka m’autorisait à regarder un film avec elle, très agréable jusqu’à l’instant où les deux héros se mettaient à s’embrasser, et que mes joues s’échauffaient sans que je n’ose détourner le regard. Ces enfants-là, eux, semblaient moins dérangés que moi, en un haussement d’épaules validèrent la proposition de leur père, et les regards convergèrent vers moi. Hein ? Ha oui, le café, la préférence, tout ça... Hum... Il fallait que je réfléchisse en fonction de mon emploi du temps. J’avais la fâcheuse manie d’y entasser tout un tas de trucs et passais le reste de ma journée à courir d’un point A vers un point B. « Vous êtes à moi pour combien de temps ? » j’interrogeais, songeuse et sérieuse, avant de... Oh mince ! « Non... Non ! Ce que je voulais dire, c’est vous tous... Pas juste vous-vous, bien que... Zut ! » je tentais de me rattraper en les englobant tous les trois dans un large mouvement de bras. « Je peux abuser de vous longtemps ? Et... Oh, Seigneur ! C’est pire ! Je m’enfonce, c’est ça ? Je devrais cesser de parler ? » Si je m’en référais à ses réactions, baromètre de mon humiliation : oui. Un oeil clos, une légère grimace aux lèvres, je rendais les armes en me cachant derrière une main. « Aaaaaah ! Je vais me changer. » Et gémissante de frustration, je tournais les talons. « Profitez-en pour réfléchir à la question. » La question étant : combien de temps avant son prochain impératif. C’était pourtant pas compliqué. Alors pourquoi fallait-il que j’attende d’être seule dans le vestiaire pour trouver la parfaite formulation ? Une fois débarrassée de mes affaires de danse et déguisée en femme normale et passe-partout, enfin hormis ma taille, ma silhouette, mon visage et mes cheveux, je réintégrais la salle de danse, sac sur l’épaule et portable à la main. Il fallait vraiment et impérativement que je repasse par le Lincoln Center. Il n’était qu’à deux pas, mais j’avais peur qu’en lui avouant mes impératifs professionnels il décide de me laisser, de remettre ça à plus tard en pensant que c’était ce dont j’avais besoin. « Je sais exactement où ils font le meilleur café de la ville. » Ce n’était pas vraiment un mensonge puisque j’étais dingue de leur café, mais... C’était surtout un prétexte pour les emmener là où je devais aller sans qu’il ne s’imagine que je m’y sentais forcée ou obligée. Rangeant le portable dans mon sac, je leur souriais, les invitant à me suivre jusqu’à la sortie du Conservatoire. Au premier passage piéton, une petite main se glissa dans la mienne, et surprise, j’observais Ruben m’offrit un regard plein de doute. Sans un mot, je refermais mes doigts sur les siens, et ne les lâchais plus du trajet. « Je sais ! » je percutais, finalement, à quelques centaines de mètres de notre destination. « Vous êtes Nijinski ! » Evidemment ! Comment avais-je pu ne pas le reconnaître plus tôt. C’était lui, le joueur qui sautait le plus haut. « Enfin, pas le vrai Ninjiski puisqu’il est mort, mais... C’est comme ça que j’avais surnommé le petit point orange qui volait au lieu de courir... Enfin, orange ou bleu. Vous êtes Ninjiski. » je répétais avec fierté, satisfaite d’avoir enfin trouvé. Je me souvenais même m’être insurgée devant un carton jaune qu’il avait reçu sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Peut-être était-ce mérité, je connaissais tellement mal les règles, mais de mon point de vue, c’était toujours injuste lorsqu’il était question de mes petits pois oranges. Sauf Marion Cotillard, lui il méritait toujours ses cartons. « Voilà, c’est là. » Arrivés sur la grande place du Lincoln Center, je pointais du doigt un charriot installé en face de la fontaine. Certes, il ne s’agissait pas d’un établissement à proprement parlé, mais Ahmed faisait les meilleurs cafés du monde. Et ses pâtisseries, parait-il, étaient divines aussi. « Et bien, il était grand temps que tu me ramènes ton homme ! » Tonna le vieil iranien en sortant de derrière son charriot pour venir m'étouffer dans une de ces étreintes dont il avait le secret. « Heu... Non. » je rectifiais immédiatement en me redressant. « Ce n’est pas mon... Enfin ce n’est pas, quoi. Ahmed, je te présente... » qui, déjà ? « Wi...in...th... ? » j’ânonnais, observant d’un oeil le wi...in...th en question pour voir si j’étais sur la bonne voie, avant de renoncer. « Voici Ruben et Sansa. Tu peux nous servir deux cafés et pour les enfants, absolument tout ce qu’ils voudront ? » je lui faisais confiance pour qu’il ne leur serve pas TOUT ce qu’ils voudront, justement, ayant l’intuition que Ruben ne manquerait pas de réclamer l’intégralité du charriot. « Ca marche, gamine. » me lança-t-il dans un clin d’oeil, avant de se pencher vers les deux humains miniatures pour débuter les négociations. « J’espère que vous ne m’en voulez pas trop. » j’hésitais en revenant vers l’homme. « Je sais qu’il ne s’agit pas vraiment du café que vous aviez du imaginer, mais je craignais qu’en vous expliquant où je devais me rendre, vous décidez de ne pas m’y accompagner... Alors que... Je n’ai rien qu’un tout petit quelque chose à aller chercher dans ma loge. Ça ne prendra que quelques secondes, après quoi, le bâtiment entier sera rien que pour nous. » Jetant un coup d’oeil par-dessus mon épaule, j’observais le David Koch Theater, scène officielle de NYCity Ballet et de l’American Ballet Theater. En cette période estivale, les représentations se faisaient si rares que cette institution new-yorkaise ressemblait plus à un gigantesque vaisseau fantôme qu’à autre chose. Pas un spectateur, pas un employé, pas un musicien, pas un gardien à part celui de l’entrée. Des kilomètres carrés de luxe et d’élitisme entre salle et coulisse, promenade et hall de réception, dans lesquels les enfants seraient autorisés, pour la seule et unique fois de leur vie, à courir et rire. Et... « Vous voulez aller le boire sur scène, ce café ? » je proposais dans un haussement d’épaules. Ça valait bien le Starbucks, non ?  
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Ven 15 Aoû - 16:43

« Je suis désolée... » awwww, okay, elle était vraiment cute elle avec son air si... innocent, sincère et coupable. Ses grands yeux dirigés vers lui étaient grands ouverts et lui donnaient uniquement envie de la prendre dans ses bras pour lui dire que ce n'était pas grave, que c'était juste pour plaisanter et qu'il ne lui en voulait juste vraiment pas. Il finit juste par concéder qu'il plaisantait, il n'aimait pas la voir... se sentir si coupable. Puis elle dut quand même retourner donner cours, oh, il ne se serait pas plaint de la compagnie, loin de là, mais il s'assura qu'ils pourraient tout de même aller boire un café une fois qu'elle aurait terminée son cours. Il attendit patiemment et peu avant la fin, Gemma arriva avec Ruben, son ex-belle-soeur étant elle... s'occupa évidemment de commenter sa vie, c'était Gemma après tout, mais il l'écoutait malgré tout, et il savait qu'il devait faire attention et être prudent, et qu'il était encore dans une relation, mais c'était un café, ça n'engageait à rien du tout... puis autant s'entendre avec elle ? Surtout s'il était amené à la revoir à cause des cours de sa fille... lorsque qu'Ebba revint finalement vers lui, il fit rapidement les présentations et il la présenta à son fils qu'elle n'avait pas encore su rencontré. Ses enfants l'observaient avec attention, il le voyait bien, il sentait leur regard curieux sur lui mais il se contenta de sourire à Ebba, et les deux enfants tournèrent la tête vers elle, parce que c'était à elle de choisir l'endroit, il pouvait au moins lui laisser ça histoire qu'elle ait ses marques. « Vous êtes à moi pour combien de temps ? Non... Non ! Ce que je voulais dire, c’est vous tous... Pas juste vous-vous, bien que... Zut ! Je peux abuser de vous longtemps ? Et... Oh, Seigneur ! C’est pire ! Je m’enfonce, c’est ça ? Je devrais cesser de parler ? » okay... Winthrop éclata de rire sans pouvoir se contrôler, Sansa rigola légèrement tout en s'emparant du bras de son père alors que Ruben était complètement confus, il se contenta de sourire en voyant que les autres le faisait. « Vous êtes cute » décréta alors Win en le pensant sincèrement, il passa sa main dans la chevelure rousse de sa fille qui sourit légèrement. « Et gentille » confirma alors Sansa en indiquant la tenue qu'Ebba lui avait donnée. Cela dit, la prof de danse semblait clairement gênée et intimidée. « Aaaaaah ! Je vais me changer. Profitez-en pour réfléchir à la question. » Winthrop attendit avec ses enfants, Sansa et Ruben parlaient tranquillement, le petit garçon expliquant à sa soeur les prises qu'il avait appris à son cours tandis que la rousse l'écoutait avec attention, corrigeant son anglais lorsqu'il butait sur les temps, il avait toujours plus facile en néerlandais mais commençait de plus en plus à maîtriser la langue. Lorsque la blonde revint vers eux, Winthrop se tourna aussi tôt dans sa direction, elle semblait plus décontractée de cette façon. « On a du temps, donc... vous pouvez nous avoir pour un bon bout de temps » finit par dire l'homme tout en faisant un clin d'oeil à la blonde. « Je sais exactement où ils font le meilleur café de la ville. » Ruben fronça soudain les sourcils. « Je suis pas trop café moi... » expliqua le petit garçon de sa voix fluette. Duh, et heureusement, il avait déjà tant d'énergie à revendre celui-là ! « On peut avoir du chocolat chaud ? Avec des marshmallow ? » quémanda Sansa en suppliant son père du regard, comment lui résister, honnêtement ? « Si on trouve, mais s'il y a pas de marshmallow, on peut toujours en faire une fois qu'on sera à notre appartement ? » proposa aussi tôt le père à sa fille qui semblait se satisfaire de la réponse de son père. Ils arrivèrent rapidement dehors et comme à son habitude, Sansa réclama l'attention de son père qui était toujours ravi de lui donner, lorsqu'ils arrivèrent au passage pour piéton, il chercha du regard Ruben qui apparemment, s'était pris d'affection pour Ebba, du moins, assez pour lui faire confiance et traverser avec elle... l'image qu'ils offraient étaient... adorable. Tous les deux incroyablement blonds, ils auraient pu être parent... Winthrop secoua vivement la tête avant d'embrasser le haut du crâne de Sansa. « Je sais ! Vous êtes Nijinski ! Enfin, pas le vrai Ninjiski puisqu’il est mort, mais... C’est comme ça que j’avais surnommé le petit point orange qui volait au lieu de courir... Enfin, orange ou bleu. Vous êtes Ninjiski. » les trois Deconinck froncèrent en même temps les sourcils. « Qui est Ninjiski ? » demandèrent-ils en parfaite synchronisation. Parce qu'il ne connaissait pas de Nnjiski... et il ne voyait pas du tout de quoi elle parlait ! Elle restait adorable, mais parfois, il se demandait comment elle faisait les liens entre tout ce qu'elle disait, ça semblait juste être sorti de nul part ça. « Voilà, c’est là. » finit-elle par indiquer après une petite marche à pied revigorante, Winthrop observa l'échoppe avec curiosité, c'était... original, il pouvait au moins le lui reconnaitre. Rustique aussi... mais il pouvait s'en contenter, même s'il était clairement habitué à tout ce qui était luxueux, et aux regards étranges que lui lança ses enfants... eux aussi. Cependant, ils n'eurent pas le temps de commenter qu'on vint les aborder. « Et bien, il était grand temps que tu me ramènes ton homme ! » fit l'homme en parlant à Ebba. Oh... intéressant, Winthrop croisa les bras tout en souriant, se demandant ce que la blonde allait sortir pour... s'enfoncer encore un peu plus, elle semblait aimer ça, et même si ce n'était pas gentil... il aimait bien la voir faire. « Heu... Non. Ce n’est pas mon... Enfin ce n’est pas, quoi. Ahmed, je te présente... Wi...in...th... ? » il pouffa de rire, elle avait oublié son prénom, vraiment trop drôle. « Winnie » fit simplement sa fille « The Pooh » ajouta fièrement Ruben tout en bombant le torse. Le sourire de Winthrop disparu aussi tôt et il mit une de ses mains sur les faces de ses deux incroyables progénitures... monstres. « Winthrop » corrigea-t-il aussi tôt tout en tendant la main au vieil homme pour faire des salutations... plus approprié, c'était totalement la faute de Gemma et Azula ça ! Ses enfants passaient trop de temps avec leur tante ! « Voici Ruben et Sansa. Tu peux nous servir deux cafés et pour les enfants, absolument tout ce qu’ils voudront ? » « Du chocolat chaud ! » réclama Ruben avec enthousiasme tout en poussant la main de son père. « Avec des marshmallow ? » demanda Sansa le regard brillant. « Ca marche, gamine. » lança l'homme alors que les enfants s'enthousiasmaient. « Vader, on peut faire un tour ? » demanda Sansa en lançant un regard de chien battu à son père. « Okay, évitez de partir avec des inconnus seulement, ta mère me tuerait » répondit Winthrop de son ton le plus neutre, il était vrai qu'il avait toujours eu du mal à instaurer des règles ou quoi... « J’espère que vous ne m’en voulez pas trop. Je sais qu’il ne s’agit pas vraiment du café que vous aviez du imaginer, mais je craignais qu’en vous expliquant où je devais me rendre, vous décidez de ne pas m’y accompagner... Alors que... Je n’ai rien qu’un tout petit quelque chose à aller chercher dans ma loge. Ça ne prendra que quelques secondes, après quoi, le bâtiment entier sera rien que pour nous. » Winthrop observa la blonde quelques secondes avant de lui offrir son sourire le plus charmant, okay, elle était vraiment trop adorable pour son propre bien. « Je ne vous en veux pas, je sais ce que c'est que d'avoir un boulot demandant... puis si ça ne prend qu'un peu de temps, je peux attendre, je suis patient quand ça en vaut la peine » finit par dire le jeune homme tout en se passant la main dans les cheveux. Elle tourna la tête vers un bâtiment et il suivit le mouvement du regard, il n'y connaissait vraiment rien dès qu'on sortait de son domaine de prédilection... mais c'était soit un conservatoire, soit un très beau bâtiment, non ? « Vous voulez aller le boire sur scène, ce café ? » il se rapprocha légèrement d'elle et lui attrapa la main tout en l'observant dans les yeux quelques secondes. « Où vous voulez... » se contenta-t-il de répondre sans arriver à la lâcher du regard. Elle lui plaisait plus que bien, et même si elle avait du mal à se souvenir de son prénom... il pouvait admettre qu'elle dégageait quelque chose de si charmant qu'il était prêt à la suivre là où elle voudrait, si ça pouvait lui faire plaisir, s'il pouvait continuer encore un temps à la voir sourire, à être gênée ou à s'emmêler les pinceaux. Il prenait tout sans exception.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Sam 16 Aoû - 1:46

Ebba + Winthrop
Misery...
« Qui est Ninjiski ? » Question légitime, question si bien synchronisée, et pourtant question qui me tira un regard étonné que je promenais d’une tête à l’autre, un visage après l’autre. Evidemment, j’appartenais à un monde à part, un monde avec un mode de vie, des expériences, un historique, mais également une culture totalement différents. J’aurais du y songer avant même d’évoquer ce nom. C’était stupide de ma part, je ne voulais pas qu’ils se sentent ou s’imaginent idiots juste parce qu’ils n’avaient pas saisi une de mes références bizarres. Alors, après avoir murmuré un énième « Désolée. » qui, finalement, avait été le premier mot que j’avais appris dans de nombreuses langues, je m’employais à trouver les bons mots pour décrire Ninjiski. « C’est un ange. » Oui, non, ça n’allait pas les aider beaucoup, en effet. « C’était un grand danseur, un très très grand danseur. Il était considéré comme le plus grand danseur de son époque. Il a réinventé la danse, il a... » fait tellement de choses pour mon art. Nijinski était mon absolu, la personne que je voulais devenir si on m’en laissait l’occasion. J’aurais pu en parler pendant des heures, mais dans un éclair de conscience, je me rappelais à l’ordre, et m’efforçait à plus de concision. « Un jour, il a scandalisé la cour des Tsars. Il devait donner une représentation de Giselle, et au lieu d’enfiler les hauts-de-chausses obligatoires à l’époque, il s’est présenté en simple justaucorps et collants. Les Romanov l’ont trouvé si indécent qu’il a été immédiatement licencié du Mariinsky. » je poursuivais alors, contant l’histoire comme s’il s’agissait de la dernière rumeur en date concernant une Kardashian. Enfin, si j’avais su ce qu’était une Kardashian, évidemment. « Il a quitté la Russie, fondé sa propre compagnie, fait le tour du monde, et rencontré un succès planétaire notamment grâce à la hauteur et la virtuosité de ses sauts. Personne ne sautait mieux que lui. » Enfin, haut. Personne ne sautait aussi haut que lui. C'est ce que je voulais dire. « D’où le surnom. » j’achevais en relevant mon regard, passant des enfants au père. C’était plus clair désormais ? « C’est mon modèle. Enfin, à part pour la schizophrénie, les troubles hallucinatoires, la mégalomanie et le trip mystique sur la fin... » Mais, hey, le génie créatif n’arrive pas sans quelques dommages collatéraux. De toute manière, il n’était plus temps d’évoquer l’immense virtuosité de Vaslav, puisque nous étions arrivés sur la place du Lincoln Center et que, déjà, mon index pointait le chariot d’Ahmed tout proche de la fontaine centrale. Un Ahmed qui ne manqua pas d’informer tout le monde du vide affectif régissant ma vie et de me faire rougir un peu plus. Non, ce monsieur n’était pas mon homme puisque je n’avais pas d’homme et que cette simple idée créait une forme d’agitation dans mes intestins. J’essayais de les présenter l’un à l’autre mais buter sur son prénom. Dans ma tête il n’avait été que le papa de Sansa, et depuis très récemment, Nijinski. « Winnie » m’informa Sansa. « The Pooh » ajouta Ruben tandis que leur père tentait de les faire taire d’un « Winthrop » et d’une main sur chaque petit visage. Une scène qui me tira un éclat de rire avant que je ne présente les deux enfants au vieil iranien. Je n’avais aucun problème avec ces prénoms-là. Les cafés commandés, les enfants perdus à jamais, je m’en retournais vers le sportif pour m’excuser, encore une fois, de mes manoeuvres. Ou du moins, pour m’assurer qu’il ne m’en voulait pas trop. Je n’étais vraiment pas adepte de ce genre de comportement, et d’ordinaire je me contentais d’hocher la tête et simplement subir, mais pas là. Là j’avais vraiment eu envie de... je ne sais pas. Poursuivre ? Ne pas prendre le risque de se quitter sur un ‘on remet ça’ qu’on ne remettait jamais ? Probablement. « Je ne vous en veux pas, je sais ce que c'est que d'avoir un boulot demandant... puis si ça ne prend qu'un peu de temps, je peux attendre, je suis patient quand ça en vaut la peine » finit-il par me répondre après un instant de silence que je jugeais bien trop interminable. Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Je n’étais pas très objective, ce bâtiment ayant été mon rêve absolu. Il l’était toujours d’ailleurs, mais... Il parlait bien du bâtiment, n’est-ce pas ? Le supposant, je lui proposais d’aller prendre notre café sur scène et, se rapprochant pour se saisir de ma main, il accepta. Enfin, je crois. « Où vous voulez... » ça voulait bien dire qu’il acceptait, n’est-ce pas ? Je ne savais plus trop, j’étais trop occupée à fixer ma main dans la sienne en me demandant comment on appelait ça. C’était pas de la drague, il me l’avait dit. Mais alors c’était quoi ? De l’affection ? De la gentillesse ? Peu importe, j’aimais bien. J’aimais vraiment très bien. « Chouette. » Chouette ? Oh seigneur ! Et pourquoi pas youpi, aussi ? « Je veux dire, je suis contente. » je me rattrapais tant bien que mal, plus mal que bien d’ailleurs, à l’instant où Ahmed nous rappelait son existence. « Deux cafés, deux chocolats avec supplément marshmallow, deux donuts, un nature, un chocolat-très-très-beaucoup-chocolat. » annonça-t-il en tapotant sur le zinc de son charriot. « Tout ça ? » Tirant sur le bras de cette main que je ne lâchais pas pour autant, je rapatriais le sportif jusqu’aux victuailles. « Et j’ai ajouté quelques kolompeh pour vous, les jeunes. Surtout toi, gamine, faut que tu fasses du gras. » ajouta-t-il dans un regard critique tout en rapprochant un sachet du reste de notre commande. « Non. » j’affirmais après une rapide inspection de moi-même. « Si. » Sachant que ça pourrait durer longtemps comme ça, l’iranien s’avérant presque aussi déterminé que moi, pour ne pas dire borné, je lui lançais mon regard le plus noir -donc blanc cassé, en gros- et récupérais café, chocolat, et pâtisseries pour caler le tout dans les mains du papa. « Ca ira ? » je lui demandais tout de même, observant ma pyramide en équilibre instable, prête à intervenir si un élément menaçait de suicide. Non, ça n’allait pas aller, il ne ferait pas cent mètres dans ces conditions, donc, après réflexion je récupérais les donuts que je fourrais dans mon sac, et le soulageais d’un café, avant de jeter un regard à la ronde pour repérer les enfants. Des enfants bien trop loin, pas à portée de voix, du moins pas à portée de voix d’une fille n’haussant que très rarement la voix, m’obligeant à glisser deux doigts entre mes lèvres et siffler un coup bref. Suffisamment pour immobiliser les deux petites têtes et les voir tourner leurs interrogations dans notre direction. « Par là. » je leur indiquais d’un sourire et d’un index pointé en direction du Théâtre dans leur dos, avant de me mettre brusquement à douter. « Pardon, c’est un peu grossier comme façon de faire, mais c’est la plus efficace que je connaisse. » Ma grand-mère me ramenait à la maison de cette façon étant enfant. Un sifflement et de n’importe quel endroit du village, je savais qu’elle m’attendait et que j’avais plutôt intérêt à ne pas tarder. Les enfants furent à l’intérieur du bâtiment avant nous, et j’ouvrais la porte sur un Ruben expliquant au gardien qu’il connaissait personnellement Nizizi, que c’était son père. « Il veut dire Nijinski. » je rectifiais en m’approchant de l’homme derrière le comptoir. « Flavio. » C’est ainsi que je le présentais aux trois autres. « Sansa, future étoile, Ruben, futur... Maître du monde ? » d’après le sourire qu'il m'offrit, oui, c'était une bonne réponse. « Et leur père, Nizizi, donc. » j’ajoutais dans un sourire en coin, un sourire qui s’élargit à mesure que Ruben gagnait en fierté. « Je dois aller chercher des tenues dans ma loge, et j’aimerais montrer la salle aux enfants... » « Et au papa. » me reprit le gardien sans me voir, trop occupé à darder son regard sur le papa en question. « Oui. C’est possible ? » Moi, j’avais mon badge, mais pour passer le portique de sécurité il nous fallait nous plier au bon vouloir de Flavio. Il sembla hésiter un moment, comme pour estimer et profiter du pouvoir qu’il avait entre les mains, avant de conclure d’un « T’es chez toi, ici. » dans un soupir. Bien que je n’estime aucunement avoir un droit de propriété sur les lieux, je décidais de ne pas le contredire, puisqu’il nous laissait le champ libre, et badgeait sans tarder, maintenant la porte ouverte pour que Ruben passe sous le tourniquet, Sansa saute par-dessus, et Nizizi... « Flavio... » je grondais en voyant le portique résister au footballeur. Dans un mouvement de main résigné, ce dernier ouvrit finalement, et je le récompensais d’un sourire. « Il est très bizarre aujourd’hui. » je commentais, perplexe, tandis que nous nous éloignions de lui, avant d’indiquer la direction à suivre jusqu’aux loges.

« C’est qui ? » Debout sur la chaise face à mon miroir, après qu’il eut farfouillé un peu partout depuis notre arrivée, Ruben pointait son doigt sur l’une des photos coincées dans le cadre. « Ma Baboucka. » je lui répondais en relevant le nez vers lui. « Ca veut dire grand-mère. » « Et ça, c’est qui ? » Délaissant les tutus qu’était en train d’essayer Sansa, je me rapprochais de l’enfant. « C’est Nijinski, justement. » « Et là ? » enchainait-il sans me laisser le temps de développer quoique ce soit. « Là, c’est ma maman. » « Et elle est où ta maman, aujourd’hui ? » Bonne question. « Probablement en train de danser avec Nijinski. » je répondais tout de même, dans un sourire. Parce que oui, la vision de ma mère dansant, là-haut, avec Nijinski avait quelque chose d’incroyablement apaisant. « Et....? » Encore une question ? « T’as faim ? » je le coupais précipitamment avant qu’il n’ait eu le temps d’achever son interrogation. « Le premier arrivé à la scène a le droit de manger le donuts au chocolat pendant que tous les autres regardent. » En un rien de temps, il avait disparu par la porte ouverte, ses pas précipités résonnant dans le long couloir menant au plateau. Sansa, le tutu que je venais de lui céder autour des hanches, emboita le pas de son frère, moins précipitamment, plus élégamment. Elle aurait fait une parfaite danseuse si c’était là ce qu’elle souhaitait. « Vous avez beaucoup de chances, vous savez ? » je laissais échapper dans l’embrasure de la porte, suivant du regard la petite silhouette s’échapper, avant de me reprendre, et me redresser. « Venez, le café sur scène ça a moins de charme si c’est froid. » L’attrapant par le poignet, je l’entrainais à la suite des enfants, ces derniers nous ayant devancé depuis bien longtemps. Si bien qu’en arrivant sur la scène, ils l’avaient déjà quitté, préférant descendre dans la salle pour tester un à un les cinq-cent fauteuils carmin de l’orchestre. Moi, je me contentais de me positionner au centre de la scène et lever le nez vers la corbeille, les balcons, puis le plafonnier, toujours aussi émerveillée, toujours autant étourdie malgré l’année que je venais de passer ici. « C’est beau, non ? » je murmurais dans un souffle incapable de simplement me blaser d’une telle vision... Jamais. « Ca valait la peine de patienter ? »  
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 20 Aoû - 2:28

Honnêtement, Winthrop ne savait pas trop à quoi s'attendre en demandant qui était... Nijinski ? Ninjiski ? Niji...ji ? Gosh, le répéter directement après qu'Ebba ait dit le nom, ça avait été, mais là déjà, il n'était plus si sûr de lui. « Désolée. C’est un ange. » Winthrop continuait de froncer les sourcils, il ne s'y connaissait clairement pas en ange et il n'était pas tellement éclairé sur la question du coup. « C’était un grand danseur, un très très grand danseur. Il était considéré comme le plus grand danseur de son époque. Il a réinventé la danse, il a... Un jour, il a scandalisé la cour des Tsars. Il devait donner une représentation de Giselle, et au lieu d’enfiler les hauts-de-chausses obligatoires à l’époque, il s’est présenté en simple justaucorps et collants. Les Romanov l’ont trouvé si indécent qu’il a été immédiatement licencié du Mariinsky. Il a quitté la Russie, fondé sa propre compagnie, fait le tour du monde, et rencontré un succès planétaire notamment grâce à la hauteur et la virtuosité de ses sauts. Personne ne sautait mieux que lui. » Winthrop ne put s'empêcher de pouffer de rire alors que ses enfants lui lançaient un regard troublé, ils ne trouvaient rien de marrant dans les propos de la blonde, en soit, c'était juste... l'autre interprétation des propos de la blonde qui était marrant, Winthrop voyait souvent des doubles sens dans ses phrases, il ne savait pas dire si c'était parce qu'il était sportif (et qu'il connaissait les blagues les plus salaces du coup) ou si le fait de trainer de plus en plus avec Noam avait simplement augmenté sa perception de voir des choses perverses à la moindre occasion... « D’où le surnom. C’est mon modèle. Enfin, à part pour la schizophrénie, les troubles hallucinatoires, la mégalomanie et le trip mystique sur la fin... » okay, Winthrop n'était pas sûr que les enfants aient tout compris sur le fin, mais il voyait déjà l'ensemble : Ninjiski était un grand danseur qui avait tout déchiré. En gros. Et apparemment, il lui avait fait penser à ce grand danseur. Est-ce qu'il sautait aussi haut que ça ? Enfin, le temps que l'histoire finisse, ils étaient arrivés au parc où ils allaient prendre leur café, la danseuse semblait connaître l'homme qui servait, et c'était familier, c'était amical aussi. Et il pensait que Winthrop était plus qu'une simple rencontre... Win aimait bien ce type, même s'il se trompait clairement, parce que visiblement Ebba n'avait même pas retenue son prénom. Ses enfants le présentèrent comme Winnie the Pooh, évidemment, ils trainaient trop avec Gemma pour que ce stupide surnom lui soit épargné ! Il tenta de se donner un semblant de crédibilité en les corrigeant. Les enfants s'éloignèrent, l'homme s'occupa de leur commande et Winthrop resta avec Ebba, se permettant de lui prendre la main pour lui dire que toute la situation ne le dérangeait pas le moins du monde. C'était vrai, il pouvait se montrer patient, surtout quand il avait le sentiment que... enfin, elle avait l'air bien, et il était curieux et il voulait découvrir de nouvelles choses... « Chouette. Je veux dire, je suis contente. » Winthrop se retrouva à sourire légèrement sans pouvoir s'en empêcher, elle avait cette facilité assez déconcertante à le faire sourire dès qu'elle se mettait à parler, elle était... adorable. « Deux cafés, deux chocolats avec supplément marshmallow, deux donuts, un nature, un chocolat-très-très-beaucoup-chocolat. » Tournant la tête vers l'homme, Winthrop fut surpris, ça avait été très vite ou bien il ne voyait vraiment pas le temps passer en la compagnie d'Ebba... « Tout ça ? » « Et j’ai ajouté quelques kolompeh pour vous, les jeunes. Surtout toi, gamine, faut que tu fasses du gras. » « Non. » « Si. » Winthrop déposa simplement un billet sur le comptoir avant d'offrir un sourire sincère à l'homme, il laissait un bon pourboire mais honnêtement, pour le service offert, c'était mérité, puis Ebba lui refila les affaires qu'il tenta de garder en équilibre dans ses bras. « Ca ira ? » demanda alors la blonde... il lui lança un regard hésitant, oh, il pouvait dire oui... mais c'était sans doute faire son malin sur la question parce qu'il n'était pas trop sûr de lui pour le coup. Clairement pas. Finalement, la jeune femme reprit les donuts et un café, mieux, beaucoup mieux, il soupira de soulagement. Maintenant, il fallait retrouver ses gamins, et ils étaient déjà loin les deux monstres, Winthrop aurait bien sonné à sa fille, c'était en général ce qu'il faisait déjà en ce moment... mais Ebba le devança en sifflant après eux, surpris, ils relevèrent la tête vers leur direction et la blonde pointa du doigt le bâtiment où ils devaient se rendre. « Par là. Pardon, c’est un peu grossier comme façon de faire, mais c’est la plus efficace que je connaisse. » il haussa les épaules. « Tant que ça marche, c'est le résultat qui compte ! » Du moins, c'était toujours comme ça pour Winthrop. Ils arrivèrent rapidement au bâtiment mais pas avant les enfants, et Ruben expliquait déjà que son père était Nizizi... duh, ce surnom était horrible déjà de base, mais ses enfants le rendait encore plus ridicule ! « Il veut dire Nijinski. Flavio. » leur présenta la blonde en parlant de l'homme à l'accueil. « Sansa, future étoile, Ruben, futur... Maître du monde ? » Ruben semblait très fier tout d'un coup et il hocha vivement de la tête avec un enthousiasme certain. Okay, juste à son regard, Win devinait que son fils aimait déjà bien Ebba. « Et leur père, Nizizi, donc. » il fronça les sourcils avant de rouler des yeux. « Winthrop, ça me va aussi » répondit-il avec humour, mais l'autre ne semblait clairement pas trop l'aimer au vu de son regard peu sympathique. « Je dois aller chercher des tenues dans ma loge, et j’aimerais montrer la salle aux enfants... » « Et au papa. » « Oui. C’est possible ? » oh, il était clairement hésitant, et soudain, l'hollandais se demanda si l'homme n'avait pas un faible pour la blonde, c'était possible après tout... « T’es chez toi, ici. » finit-il par dire pas des plus ravi. Winthrop lui offrit un sourire en coin légèrement moqueur, ses enfants passèrent et quand ce fut son tour, le portique résista. Evidemment, il avait été un peu trop fier trop vite. « Flavio... » la blonde ne semblait pas des plus ravies, et lorsqu'ils s'éloignèrent de l'homme, Ebba reprit calmement la parole. « Il est très bizarre aujourd’hui. » « Je me demande pourquoi... » fit alors le footballeur en ayant une idée assez nette sur la question mais décidait de ne pas en faire part à la blonde, il n'allait certainement pas l'aider à ouvrir les yeux sur ce fameux Flavio, pas une chance, nope.

Ils arrivèrent alors dans la loge d'Ebba et Winthrop resta dans un coin près du mur alors que ses enfants, surtout Ruben en fait, fouillait allégrement les lieux, Sansa elle semblait plus impressionnée par le maquillage. Ils agissaient avec une certaine décontraction surtout pour une première rencontre, enfin, surtout Ruben qui avait à peu près... 1 million de question à poser... mais la seule qui le fit réellement réagir c'est quand il évoqua la "mère"... Winthrop se tendit aussi tôt et observa sa petite tête blonde, il posait de plus en plus la question "elle est où ta maman ?" à n'importe qui, à toutes les personnes qu'il rencontrait, comme si... il finirait un jour par trouver sa propre réponse à lui... sur où était Eefje. Et c'était bien là tout le problème, personne ne le savait et il voyait bien que ça bouffait son gamin de plus en plus. Sansa le sentit aussi tôt et elle arriva pour poser son bras autour des épaules de son cadet et déposa son front sur celui de son frère avant de poser un doigt sur le nez de son cadet. Ruben devant l'affection de Sansa se fit tout câlin, ils se protégeaient et c'était tout ce qui comptait réellement aux yeux de Winthrop, ils n'étaient pas une famille des plus conventionnelles mais ils s'aimaient tous énormément. « T’as faim ? Le premier arrivé à la scène a le droit de manger le donuts au chocolat pendant que tous les autres regardent. » oh, là, plus aucun signe d'affection entre le frère et la soeur, ils voulaient gagner l'un comme l'autre évidemment. Ruben démarra en premier, Sansa ensuite mais clairement, la soeur allait profiter d'être plus grande et de faire des plus grands pas pour écraser son cadet. « Vous avez beaucoup de chances, vous savez ? » finit par dire Ebba et Winthrop tourna la tête vers elle, perplexe. « Pourquoi ? » demanda-t-il légèrement confus tout en fronçant légèrement les sourcils. « Venez, le café sur scène ça a moins de charme si c’est froid. » Winthrop la suivit sans protester, elle l'entrainait pas le poignet, visiblement, elle était du genre tactile et ça lui allait parfaitement. Finalement sur scène, la blonde se mit au centre alors que son visage se soulevait pour observer le plafond, Winthrop lui ne lâchait pas le visage de la blonde des yeux, fasciné par tout ce qu'elle dégageait, par sa simplicité et son authenticité qui lui faisait chaud au coeur, c'était quand la dernière fois qu'il avait eu la sensation de rencontrer quelqu'un de sincère dans sa vie ? C'était si rare... « C’est beau, non ? » « Oui, vraiment beau... » sauf que lui ne parlait pas tellement des lieux, plus d'elle, de son visage si expressif. « Ca valait la peine de patienter ? » il pouffa légèrement de rire avant de lancer un regard circulaire à l'endroit « Clairement. Et donc ces cafés... » dit-il avant de sortir les diverses boissons et de s'emparer de son café. Il leva sa tasse afin de faire santé au moins « Merci d'avoir accepté mon invitation » finit-il par dire simplement, le regard sincère. « Vous savez y faire avec les enfants, je crois que mon fils est sous votre charme » avoua-t-il en rigolant simplement.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 20 Aoû - 7:41

Ebba + Winthrop
Misery...
Winthrop. Winthrop. Winthrop. Winthrop. Winthrop. C’est ce que je me répétais en boucle depuis qu’il nous avait rectifié, à nouveau, auprès de Flavio cette fois. Je ne voulais pas qu’il s’imagine que j’y mettais de la mauvaise volonté ou que son prénom ne m’intéressait en rien, alors je m’efforçais de le retenir le plus rapidement possible afin de lui faire la surprise. Non, pas surprise, c’était idiot comme terme. Comme si retenir un prénom était un cadeau extraordinaire. Les gens normaux y parvenait parfaitement, et moi aussi d’ordinaire, bien que je ne sois pas totalement normale. La preuve, je n’avais eu aucun problème ni pour Sansa, ni pour Ruben, pas plus que pour Ahmed ou Flavio... Simplement... Il était dur son prénom, c’était difficile pour moi, la prononciation s’avérant compliquée. Winthrop. C’était même assez contre-nature pour une russe. Aucune des syllabes n’était aisée, surtout pas le «thr». Et c’était bien ça, le problème, je tentais de retenir phonétiquement un prénom que je ne savais pas écrire. Peut-être que si j’avais su qu’il y avait un T, un H et un R, j’aurais été plus apte à former les sons correctement. Et si je lui demandais de me l’écrire, son prénom, est-ce que j’aurais l’air bizarre ? Probablement. Cela dit, je n’étais pas la seule à l’être, puisque Flavio me faisait le même effet. Il était de mauvaise humeur ? Pourquoi ? En temps normal je me serais arrêtée pour lui poser la question, pour me renseigner sur ce qui n’allait pas dans sa vie, l’obliger à se confier et tenter de trouver des solutions avec lui, mais pas là. Là j’avais d’autres priorités, et puis il m’avait un peu agacé. Un peu. Qu’il n’aille pas bien c’était une chose, mais pourquoi retourner ça contre nous ? Enfin plutôt envers Wi... Zut ! Zut ! Zut ! J’avais encore oublié la suite de son prénom. « Je me demande pourquoi... » Winpropre ? Winrop ? Winicrop ? Aaaaaah ! J’étais une désolation pour le genre humain. Bref, Win semblait d’accord avec moi sans, lui non plus, savoir pourquoi. « Moi aussi... » je soufflais, sincèrement intriguée, en jetant un dernier regard à l’agent d’accueil dans notre dos, avant de l’entrainer lui et sa descendance jusqu’à ma loge. Enfin ‘ma’ loge, c’est un bien grand mot puisque je partageais cette dernière avec trois autres danseuses. Après tout, je n’étais qu’un tutu du corps de Ballet. Bientôt, peut-être, j’aurais une nouvelle loge, où ne nous serions que deux. Ou peut-être serais-je seule ? Parfois, certains solistes obtenaient des loges individuelles... Cela dit, je n’en étais pas encore là, il me fallait déjà réussir l’audition. Les autres avaient l’air de penser qu’il ne s’agissait que d’une formalité, mais je n’étais pas cet avis. Certaines danseuses se trouvaient dans le Corps de Ballet depuis bien plus longtemps que moi, et je n’estimais pas mériter cette place plus qu’une autre. Je rêvais de passer soliste, évidemment, et entre mes deux années au Mariinsky et mon année ici, je culminais à trois années complètes de Corps de Ballet, mais... Ne pas partir vainqueur était le meilleur antidote à la déception de l’échec. C’était d’ailleurs pour cette audition que j’avais besoin de mes tenues, celles que je gardais dans le casier portant mon prénom et les magnets ridicules que je ramenais de chaque pays visités. Sansa les observa un instant avant de rejoindre les coiffeuses croulant sous le maquillage en sticks, en poudres, en gel, tandis que Ruben, lui, accaparait mon attention, n’offrant la sienne qu’aux clichés que j’avais coincés tout autour de mon miroir. C’était mon monde à moi, exposé là. C’était la dernière chose que je voyais avant d’entrer sur scène, un petit bout de mon histoire que j’emportais avec moi. Ça ne me dérangeait pas le moins du monde de répondre à chacune de ses questions, au contraire. J’avais le sentiment de faire revivre tous ces gens dans le regard de l’enfant. Mais ce qui me troubla, c’est ce que j’y lu lorsqu’il évoqua ma mère. Je ne voulais pas poser de questions dérangeantes, mais il était évident que les deux enfants n’avaient pas la même mère. Peut-être que je me faisais des idées, c’est pourquoi je ne l’interrogeais pas. En plus d’être déplacé, j’aurais eu l’air bête si ma théorie n’était que ça, une théorie, mais... Dans ce cas, comment expliquer le comportement de Sansa, se précipitant vers l’enfant sitôt que sa question emplie la petite loge ? Je gardais mes interrogations pour moi, mais n’hésitais pas à couper court à l’interrogatoire du petit blond lorsque celui-ci enchaina sur une nouvelle question. Partant du principe que le ventre avait la priorité sur tout, je reportais son attention sur les donuts et la compétition que je venais tout juste d’inventer pour lui. Et en le voyant détaler rapidement suivi par sa soeur, j’imaginais avoir plutôt bien réussi mon coup. Les enfants, finalement, c’est simple, surtout lorsqu’on en est une soi-même. Pourtant, ça n’avait pas toujours été le cas. Avant d’enseigner au conservatoire de Juillard, j’avais donné des cours à l’Académie à Saint Pétersbourg. C’était l’usage, les dernières années enseignant aux premières années afin de transmettre le savoir, je crois, quelque chose comme ça. J’avais 18 ans à l’époque, et mes ‘élèves’ entre dix et onze ans. J’aimais beaucoup les enfants, mais certains s’étaient juste montré odieux. Parce qu’un enfant, ce n’est pas forcément respectueux, ni même vif ou affectueux. Un enfant peut vite devenir un véritable cauchemar lorsque son éducation a fait de lui un petit prince. Mais pas Sansa, pas Ruben. Sansa était calme et mûre pour son âge. Ruben était un peu hyperactif, mais très éveillé et... touchant. Il avait beaucoup de chance d’avoir ces enfants-là, et qui plus est des enfants qui s’aiment autant. Oui, il avait beaucoup de chance. « Pourquoi ? » J’avais pensé à voix haute, et malheureusement pour moi, il n’avait pas eu accès au fil rouge de mes songes... Alors, pourquoi ? « Parce que... » Comment expliquer ça ? Mes pensées confuses avaient bien du mal à coller à de simples mots, comme si la langue était trop réductrice, mon esprit trop large. « Parce qu’ils ne sont pas seulement beaux du dehors, ils sont beaux du dedans aussi. » je tentais, dans un haussement d’épaules. Je n’étais pas certaine qu’il ait compris ce que j’essayais de dire, mais je n’avais pas de meilleure explication en stock. C’était l’accès le plus direct vers mon esprit légèrement différent. Naïf, auraient dit certain, mais non. Mon univers n’avait rien de naïf, il était beau parce que je l’avais décidé. Je ne me voilais pas la face, j’avais ma part de vécu difficile et douloureux, mais tout repeindre en noir n’effacerait rien. Et puis je préférais les couleurs pastels. Aussi, sans attendre d’avoir son avis sur la question, je l’attrapais par le poignet sans réfléchir, et l’entrainais à la suite des enfants, vers la scène. Les minimoys, eux, avaient déjà fait le tour du plateau, visiblement, puisqu’ils étaient descendu dans la salle, étrenner les sièges. Moi, j’avais lâché l’homme et contemplais les lieux comme la toute première fois. Parce que c’était magique, parce que c’était féerique, et je voulais lui faire partager ça. Est-ce qu’il voyait la même chose que moi ? « Oui, vraiment beau... » J’esquissais un vrai sourire à sa réponse, parce que, quelque part, c’était important qu’il comprenne ce que je ressentais là. Est-ce qu’il éprouvait la même chose en entrant dans un stade ? Est-ce que j’éprouverais la même chose en entrant dans un stade ? J’avais envie de lui poser la question, mais il me rappela les cafés. Ah oui, les cafés ! On allait véritablement finir par les boire froids. Fort heureusement, lorsqu’il me tendit le mien, le gobelet s'avéra toujours aussi chaud contre ma paume. « Merci d'avoir accepté mon invitation » dit-il en trinquant. 1, je ne savais pas qu’on devait trinquer aussi avec le café. Pour le vin et le champagne, j’avais été prévenue, mais le café ? Et 2, je ne savais pas qu’on remerciait les gens d’avoir accepté une invitation. Une invitation étant en soi une gentillesse, je pensais que c’était à l’invitée de remercier son hôte et non l’inverse. Dans ce cas, puisqu’il m’avait invité et qu’il me remerciait d’avoir accepter, il avait une politesse d’avance sur moi. Du coup, fallait-il que je le remercie de me remercier pour rattraper mon retard ? « Merci de m’avoir suivi jusqu’ici. » je tentais, dans le doute, de lui rendre la politesse, avant de... « Oh, attendez ! Vous pouvez me tenir ça ? » simple formalité, puisque je lui tendais déjà mon café sans avoir eu, encore, l’occasion d’y goûter. Et les mains libres, je me précipitais vers le côté cour du plateau, en direction de ce panneau électronique peuplé de manivelles et autres boutons scintillant de rouge et de vert. On aurait dit le décor d’un film de SF des années 70. Parfaitement à l’aise, je pressais deux boutons, puis levais une manivelle vers le haut, faisant passer la salle et la scène du quasi-obscurité à une lumière tamisée. La veilleuse, comme on l’appelait dans le jargon, cet éclairage léger qui précédait la représentation et invitait l’assistance à faire silence et se préparer pour ce qui allait suivre. En l'occurrence, rien aujourd’hui, si ce n’est un café et des jeux d’enfants. Revenant sur mes pas, je récupérais mon café et m’informais « C’est mieux, non ? » dans un sourire satisfait. M’autorisant une première gorgée de café, je l’écoutais m’avouer que « Vous savez y faire avec les enfants, je crois que mon fils est sous votre charme », et jetais un regard amusé en direction de la petite tête blonde passant d’un siège à l’autre avec pour mission de ne jamais toucher le sol, reportant son attention, parfois, dans notre direction pour s’assurer qu’il avait la notre d’attention, ou simplement qu’on était toujours là. « On se comprend lui et moi. » je répondais, légèrement dans mes pensées, comprenant alors ce qui me touchait tant chez cet enfant. Quelque part, il était l’enfant que j’avais été, l’enfant que j’étais encore. Et tout naturellement, instinctivement, inconsciemment, sans même y réfléchir une seule fois, j’avais ressentis le besoin de le rassurer, de le sécuriser. Enfin, je crois. C’était pas vraiment mon rôle, mais je ne réfléchissais pas souvent avant d’agir. Parfois ça me jouait des tours, j'espérais simplement que ce n’était pas le cas, ici. « Venez... » j’ajoutais en reportant mon attention sur lui, emprisonnant une énième fois son poignet pour le tirer vers le bas tandis que je m’installais en tailleur sur le parquet si particulier de la scène. On allait pas rester debout, tout de même. Y voyant, probablement, un rappel pour son prix, la tête blonde décolla de ses sièges pour tracer dans l’une des allées latérales et se ruer sur le plateau. J’avais à peine eu le temps de prendre une gorgée de café qu’il était déjà là, nous expliquant que c’était lui qui avait gagné le donuts au chocolat parce qu’il était arrivé suuuuuuuuuuper longtemps avant Sansa. « Au moins trois jours avant. » j’affirmais, très sérieusement en hochant la tête, tandis que seule Sansa percevait l’ironie, je crois. Cette dernière, mâture mais pas trop, fit remarquer qu’elle l’avait laissé gagner, tandis que je fouillais mon sac à la recherche des donuts. Le nature pour Sansa, donc, et le chocolat pour son frère. Sans oublier les chocolats chauds avec supplément marshmallow. Cela dit, avant que l’enfant ne s’éclipse pour retourner dans la salle savourer son festin, je le rattrapais par la ceinture du pantalon, et d’une main, fouillait à nouveau mon sac, en tirant un paquet de mouchoirs. J’en dépliais plusieurs, hésitais à lui en fourrer un dans le col du tee-shirt, mais décidais qu’il était trop grand pour ça, et me contentais de les lui tendre en lui demandant de faire bien attention à ne pas mettre de chocolat sur les fauteuils et de partager les mouchoirs avec sa soeur. Il était grand, il allait être attentif, pas vrai ? « J’ai totalement confiance. » j’affirmais plus pour moi-même qu’autre chose, en me tournant vers le papa dont... Zut ! J’avais encore oublié son prénom. Enfin pas le début, juste la fin. Ce qui était déjà trop à mes yeux. Beaucoup trop. « Est-ce que je peux vous demander quelque chose de bizarre ? » je demandais alors, une moue désolée aux lèvres. Surtout que par ‘bizarre’ j’entendais encore plus bizarre que d’ordinaire, puisqu’il parait que c’est ce que j’étais. Bizarre. Un peu gênée, voir même beaucoup, je détournais le regard du sien, ravie d’avoir une excuse véritable pour retourner fouiller mon sac à la recherche d’un stylo et d’un papier. D’un stylo et de n’importe quel support, finalement, puisque si j’avais le stylo feutre en main, le papier se faisait désirer. Y avait bien mon passeport mais... Non, mauvaise idée. Tant pis. À défaut de mieux, je lui tendais la paume de ma main en plus du stylo. « Vous pouvez écrire votre prénom, là. » j’achevais rapidement, trop rapidement pour qu’il ne ressente pas ma gêne face au ridicule de ma requête. « Je veux vraiment le retenir. Et en entier. » j’insistais, je me justifiais en lui brandissant ma paume en guise de papier. « Mais... faut que je le vois écrit pour en comprendre la prononciation. » J’étais russe, après tout. À moitié suédoise, mais puisque je ne l’avais appris qu’il y a six ans, c’était pas comme si je maîtrisais la langue ou autre. « Je suis désolée. » j’ajoutais encore. Tiens, ça faisait longtemps. Au moins trois jours, comme pour Ruben.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 24 Aoû - 0:35

« Moi aussi... » oh, clairement, Win pour sa part avait été plus... ironique, il savait ce que ce Flavio avait, un petit penchant au cœur pour la blonde, et la voir avec un autre type (lui en l’occurrence) ça irritait le bonhomme, mais clairement, entre Win & Flavio, il n'y avait aucune hésitation à avoir, Win était clairement plus beau, et il avait agi, parce qu'à la confusion visible d'Ebba, il était assez clair que l'homme de l'accueil n'avait jamais rien tenté... encore du moins. La blonde les entraina ensuite dans sa loge, ses enfants faisaient preuves d'une grande... curiosité, surtout Ruben qui semblait avoir un penchant certain pour Ebba, enfin, il l'aimait bien, Win pouvait le voir, c'était surprenant de voir son fils s'ouvrir aussi vite à une femme, mais c'était aussi... quelque chose de bien, parce que Winthrop savait qu'il cherchait quelque part une sorte de... protection maternelle, une touche de douceur dans sa vie que sa mère lui avait prodigué les premières années de sa vie avant de l'abandonner... le petit ne s'en remettait pas tellement, mais il n'en parlait pas vraiment avec Win, parce que concrètement, le jeune homme ne savait absolument pas comment s'y prendre ou lui parler... cependant, à la vision d'une Sansa protectrice envers son bébé frère... il comprit que ses enfants devaient en parler entre eux, avec leur mot, mais c'était suffisant pour réchauffer le cœur de Winthrop déjà. Mais ceux-ci arrêtèrent de... se comporter de façon fraternel à l'instant où il fut décidé que le premier arriver dans la salle aurait le donuts au chocolat, les deux gamins filèrent aussi vite que possible, évidemment, ils pensaient avec leur estomac en premier, surtout Ruben, parfois Winthrop se demandait comment il faisait pour ingurgiter autant de choses avec un si petit corps. Avait-il seulement la place dans son petit ventre ? Enfin, perdu dans ses pensées, il réalisa soudain que Ebba lui avait dit qu'il avait de la chance, mais il ne savait pas trop par rapport à quoi... ses enfants ? Autre chose ? Il n'avait pas trop suivi et il n'avait pas trop saisi d'où venait la remarque de la blonde du coup. « Parce que... Parce qu’ils ne sont pas seulement beaux du dehors, ils sont beaux du dedans aussi. » ses enfants. Le sourire de Winthrop s'attendrit aussi tôt alors que son regard se remplissait de gratitude, pour être franc, il n'y était pas pour grand chose... c'était Pippa qui gérait Sansa depuis toujours, et elle le faisait bien mieux que lui. Et Ruben... Eefje s'occupait très bien de lui... avant de l'abandonner du moins... lui avait toujours eu le rôle le plus facile : le papa cool là pour offrir les cadeaux. Que se soit pour Sansa ou Ruben, son rôle avait été limité... mais plus maintenant, plus que Ruben était dans chaque moment de sa vie. « J'ai su m'entourer des bonnes personnes » avoua-t-il soudain, parce que c'était vrai, entre son incapacité à agir comme un père et le boulot éreintant qu'il avait, il avait dû s'armer d'une équipe de soutient pour ses enfants, pour s'en occuper lorsqu'il devait partir faire ses compétitions à travers le pays. Ou quand il avait des entrainements trop tôt... ou diverses promo. Il n'avait pas vraiment le choix, avec sa carrière, il ne pouvait rien refuser, il ne ferait pas long feu et ils devaient emmagasiner un maximum d'argent tant que c'était encore possible. « Je ne suis pas le meilleur père, mais je les aime clairement tous les deux » ils étaient sa plus grande fierté, sa plus grande réussite, plus que sa carrière, peu importe ce qu'en disait Pippa. Cela dit, ils devaient avancer pour retrouver les enfants avant qu'ils ne mettent le chaos dans la salle... curieux comme ils étaient, il était probable qu'ils finissent par atterrir à l'endroit qu'il fallait à tout prix éviter, ce serait bien leur genre en plus. Ils se mettaient toujours dans les pires de pétrins, ils étaient deux machines à ennuis ambulant. Ebba s'émerveillait de l'endroit, lui était plus touché par les émotions qui passaient sur le visage de la blonde, elle était si... sincère que sa beauté naturelle ressortait. Et elle était vraiment belle à voir... et il était difficile pour Win de juste... détacher son regard d'elle. Il était réellement content qu'elle ait accepté son invitation, il était flatté et il appréciait le moment qu'il était entrain de vivre. « Merci de m’avoir suivi jusqu’ici. Oh, attendez ! Vous pouvez me tenir ça ? » finit-elle par dire tout en lui tendant son café, il le prit sans réellement avoir le choix mais se contenta de sourire légèrement tout en arquant un sourcil interrogateur, se demandant ce qu'elle allait faire. Et il remarqua vite le changement avec la lumière, il prit alors le temps de vraiment observer où il était... c'était... grand, étrange... si vide aussi... mais on sentait le caractère de l'endroit. C'était étrange, il n'avait jamais eu cette sensation dans un stade, il y avait toujours des gens, que se soit aux entrainements où à un match ou... il y avait toujours des supporters, le vide c'était... plus serein quelque part... mais perturbant pour Winthrop. « C’est mieux, non ? » il tourna la tête vers Ebba avant de sourire. « Oui vraiment. Et c'est ici que vous dansez principalement alors ? » demanda curieusement Win en fronçant légèrement les sourcils. « Est-ce qu'on peut voir les visages des gens depuis la scène ? » parce que ça le déconcentrerait lui. Le bruit, il y était habitué, les cris, les chants, tout ce qui faisait un stade de foot en somme... mais il ne voyait pas les supporters, il sentait juste leur présence. Winthrop observa alors ses enfants, avouant à demi-mot qu'il était quelque peu étonné par le lien qui s'était formé entre Ruben et Ebba, ce n'était pas ses exactes mots, mais ça restait le fond de sa pensée. « On se comprend lui et moi. » oh, il eut une petite moue. « Comment ça ? » finit-il par demander, parce qu'il avait vraiment du mal à saisir, comment deux personnes pouvaient se comprendre comme ça ? Aussi vite ? La blonde l'invita ensuite à s'asseoir à même les planches, pourquoi pas après tout, Winthrop se laissa tirer sans protester et les enfants revinrent pour réclamer leurs "prix". Ruben se vanta un peu d'avoir le donuts au chocolat, sa soeur roula des yeux et Winthrop lui attrapa la main pour ensuite lui embrasser la paume de la main avec douceur et tendresse, il avait toujours été le fan numéro un de sa fille et avait toujours pour elle les gestes les plus doux et tendre. La petite rousse tourna la tête vers lui avant de s'approcher pour passer sa main dans les cheveux de son père avec sa douceur bien à elle. On confia à Ruben les mouchoirs et on lui indiqua qu'ils ne devaient faire aucune taches l'un comme l'autre. « J’ai totalement confiance. » une lueur décidée passa dans les yeux de son fils et Winthrop eut un petit sourire, il était vraiment impressionné par la façon d'Ebba à se débrouiller avec son fils. Ses enfants les abandonnèrent de nouveaux et ils se retrouvèrent seuls pour déguster leur café. Winthrop apporta le breuvage à sa bouche et se mit à boire doucement le contenu avant de relever les manches de son pull, il avait toujours fait ça, il était incapable de manger ou boire si ses manches n'étaient pas relevés, un toc étrange dans le fond. « Est-ce que je peux vous demander quelque chose de bizarre ? Vous pouvez écrire votre prénom, là. » finit par demander la blonde en lui tendant la paume de sa main ainsi qu'un feutre. Il fronça les sourcils, un peu pris au dépourvu. « Heu, oui d'accord » répondit-il avant de déposer son café et déposer la main d'Ebba sur la sienne en guise de support. « Je veux vraiment le retenir. Et en entier. Mais... faut que je le vois écrit pour en comprendre la prononciation. » Winthrop se mit à épeler son prénom rapidement, il avait fait un effort niveau écriture, ce n'était clairement pas son fort tout ça « Je suis désolée. » « Pourquoi ? Mon prénom est horrible, apprendre à l'écrire a été une torture pour moi gamin » répondit Winthrop avec honnêteté sans pour autant lâcher la main de la blonde. Puis hésitant, il reprit la main de la blonde pour y inscrire son numéro de téléphone cette fois-ci. « Juste au cas où... vous auriez envie de reprendre un café ou... autre chose... » ajouta-t-il avec un petit sourire en coin qui se voulait charmeur, le flirt lui était toujours venu naturellement.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Dim 24 Aoû - 7:14

Ebba + Winthrop
Misery...
« J'ai su m'entourer des bonnes personnes » Est-ce que ça voulait dire qu’il estimait n’avoir joué aucun rôle dans leur éducation ? S’entourer des bonnes personnes ne faisait pas tout. Certes, la première impression qu’il m’avait fait n’était pas la meilleure, soudoyer une prof pour qu’elle s’éternise avec sa fille afin qu’il puisse aller boire tranquillement n’était pas la réaction type d’un bon père de famille, mais... Depuis, je ne sais pas, j’avais l’impression d’avoir quelqu’un de complètement différent en face de moi. Il était doux avec eux, un peu maladroit dans ses termes, mais affectueux et présent. N’était-ce pas le plus important ? Pour la Ebba de huit ans tapie au fond de mes entrailles, si. « Je ne suis pas le meilleur père, mais je les aime clairement tous les deux » Il n’était pas un mauvais père non plus si c’était l’image qu’il avait de lui-même, elle était erronée. « Vous êtes là. C’est déjà beaucoup. » j’affirmais dans un sourire qui se voulait sincère. J’étais naïve sur beaucoup de choses, mais la paternité, la parentalité, j’avais fait le deuil de ce mythe il y a bien longtemps. J’étais mieux placée que quiconque pour savoir qu’il ne s’agissait pas d’une fibre qui jaillissait spontanément et miraculeusement au moment de la naissance de l’enfant pour ne plus jamais nous quitter. Être parent ce n’était ni simple, ni évident, c’était même parfois douloureux, insurmontable, très effrayant. Beaucoup préféraient prendre la fuite, rares étaient les courageux qui restaient et assumaient pleinement leur rôle. Surtout à dix-huit ans ? Était-ce bien ce qu’il m’avait confié plus tôt ? Il était si jeune et déjà père de deux enfants. En avait-il seulement conscience ? Une question que je ne poserais pas, simplement parce qu’elle ne me regardait pas. Ça aurait été indiscret. À la place, je l’entrainais vers la scène, découvrant le lieu en l’éclairant brusquement. Pas agressivement, cela dit, simplement la veilleuse baignant la salle d’une douce et chaleureuse luminosité. Était-ce mieux ainsi ? « Oui vraiment. Et c'est ici que vous dansez principalement alors ? » me demanda-t-il alors que je le rejoignais et récupérais ce café que je lui avais, finalement, imposé entre les mains. « Quand je suis à New York, oui. Il n’existe pas de meilleure scène ici. En Europe c’est différent, dans chaque capitale on trouve plusieurs salles, plusieurs scènes prestigieuses, mais pas ici. Les américains sont tellement plus... Catégoriques ? Une scène pour la danse, une autre pour les concerts, et... qui aurait besoin de plus, finalement ? » Droit au but, jamais de débordement. C’était triste quelque part, puisque ça annihilait toute forme de diversité, toute forme de compétition entre les salles ou même entre les compagnies rêvant d’une salle en particulier et devant faire leurs armes sur d’autres. En ça, l’Europe me manquait. « Est-ce qu'on peut voir les visages des gens depuis la scène ? » Je laissais échapper un léger rire, simplement parce que cette question revenait souvent, mais uniquement posée par des enfants. Ce qu’il était, finalement, par bien des aspects, sans que ce ne soit pour me déplaire. « Non, on ne voit rien. La salle est plongée dans le noir durant la représentation, et avec les lumières braquées sur la scène, on ne voit même pas la fosse d’orchestre. Au moment des saluts, le régisseur rallume la veilleuse, et alors on prend conscience de l’immensité du lieu et de l’audience, mais... Quand on danse, on ne voit rien, on n’entend rien, on n’est plus qu’un corps en mouvement, sans pensée, sans ressenti. Je ne sais pas pour les autres danseurs mais moi, je ne danse plus pour personne, seulement pour moi. » je confiais sans trop y prendre garde. Peut-être aurais-je du faire plus attention à ce que j’avouais mais la méfiance n’était pas vraiment instinctive pour moi. On me posait une question, j’y répondais sans détour parce que...parce que, n’était-ce pas le concept même d’une conversation ? À quoi bon se dissimuler derrière des silences ou des omissions ? Autrefois, j’avais dansé pour ma mère, pour ma grand-mère, pour ces personnes que j’espérais rendre fières. Maintenant qu’elles n’étaient plus, pour qui aurais-je bien pu danser ? Il me tira de mes pensées en évoquant son fils. Visiblement, d’après ce que je comprenais, il se montrait plus sauvage en temps normal, tandis qu’auprès de moi il n’était qu’affection. Je pensais qu’il avait seulement besoin d’attention, mais peut-être finalement, s’était-il reconnu un peu en moi ? On se comprenait, je crois. « Comment ça ? » Oh, j’avais encore pensé à voix haute ? Et maintenant je me devais d’expliquer ça... Avec des mots... J’aurais aisément pu lui répondre en dansant, mais la conversation, les phrases, les mots... « Disons que... J’ai longtemps cherché ma place, moi aussi. Et je la cherche encore. » Est-ce qu’il comprenait ? Je ne connaissais pas réellement l’histoire de cet enfant, mais dans ses gestes et dans ses yeux, je reconnaissais cette appréhension que nous avions en commun. Était-ce assez clair ce que je disais ? Je ne voulais pas me montrer indiscrète, tout comme je n’avais pas la moindre intention de me faire mystérieuse. Je cherchais le juste milieu. L’entrainant par le bras, je l’attirais au sol, avant d’ajouter rapidement « Je n’ai jamais connu mon père et ma mère n’était pas vraiment là. » dans un haussement d’épaules et un sourire qui traduisaient mon absence totale d’apitoiement, avant que nous ne soyons interrompu par le retour des deux monstres réclamant leur festin. Je n’avais pas à me plaindre, et je ne voulais pas qu’on le fasse. Si je confiais cette partie de ma vie, c’est justement parce que son souvenir ne m’occasionnait aucune peine. J’avais été chanceuse, et mon enfance avait été aussi merveilleuse qu’on pouvait l’espérer dans ce coin reculé de Sibérie. Si j’en étais là aujourd’hui, c’était grâce à ça, grâce à mon besoin d’exister. Cela dit, c’était différent de le vivre et de le voir, ensuite, dans le regard d’un enfant. J’avais l’impression de savoir ce dont il avait besoin, sans même réellement y réfléchir ou m’attarder dessus, et je le lui offrais naturellement sans arrière-pensée. Sansa était différente, plus distante tout en restant très avenante, mais pas en demande. Du moins, pas vis-à-vis de moi. J’observais la tendresse prodiguée entre père et fille avec ce sourire satisfait que je ne m’expliquais pas réellement. Après avoir confié la mission très spéciale à Ruben de ne pas tâcher les sièges, ils décampèrent, l’un et l’autre, tandis que je m’interrogeais sur la possible nécessité détendre cette consigne à ses vêtements, également. Trop tard. Je les observais un instant avant de réaliser que j’avais à nouveau oublié la fin du prénom du papa. J’en avais marre de l’appeler ‘le papa’ dans ma tête, ou de m’essayer à diverses tentatives pas vraiment heureuses, aussi je lui tendais ma main et un stylo pour qu’il écrive son prénom dans ma paume. Il accepta, d’abord un peu perplexe, puis s’appliquant sur ma peau. Bonne élève et curieuse, je me rapprochais afin de découvrir, sans attendre qu’il eut terminé, les lettres qu’il dessinait, tout en m’excusant d’être aussi désespérante. « Pourquoi ? Mon prénom est horrible, apprendre à l'écrire a été une torture pour moi gamin » J’en laissais échapper un nouveau rire. « Je vous défie d’essayer avec Vassilissa en cyrillique. » petit joueur ! Winthrop, finalement, ce n’était pas si compliqué. « Winthrop... » je lisais, d’ailleurs, par-dessus son épaule, m’essayant à la prononciation. « Winthrop. » je répétais encore bien plus aisément maintenant que j’en visualisais la formation du prénom. Ce ne fut que lorsqu’il tourna un regard vers moi que je prenais conscience de cette promiscuité physique involontaire. Impatiente, j’avais voulu lire par-dessus son épaule, lui imposant cette absence quasi totale de distance que je m’efforçais, à présent, de restaurer, le feu aux joues. Toute la difficulté résidant dans le fait de m’éloigner légèrement sans avoir l’air d’être incommodée par sa proximité. Je ne voulais pas du tout qu’il pense ça, ça aurait été blessant, vexant, et surtout faux. Cela dit, je ne voulais pas qu’il soit lui-même gêné par mon audace irréfléchie et inconsciente. C’était vraiment compliqué d’être normale, ou du moins de prétendre à l’être. Les yeux fixant le bout de mes pieds le temps que ma température corporelle se régule d’elle-même, je ne relevais le nez qu’en sentant le feutre s’activer, à nouveau, contre ma paume. Il avait d’autres prénoms compliqués ? J’aurais voulu lire, encore, mais m’exhortais à rester là, sagement en place, patientant jusqu’à ce qu’il me rende ma main et que je puisse découvrir le reste. Ce fut durant ce court laps de temps que mes yeux s’attardèrent sur la pointe du feutre, suivirent l’axe d’un poignet, la chute d’un avant-bras, et rencontrèrent le tracé presque bleu d’un tatouage que je remarquais pour la première fois. « Juste au cas où... vous auriez envie de reprendre un café ou... autre chose... » J’en sursautais, comme prise en flagrant délit de...je ne sais quoi. Récupérant ma paume, je fixais les chiffres alignés d’un oeil perplexe. C’était son numéro de téléphone ? Soit ça, soit les numéros gagnant du loto, mais ça n’aurait pas eu beaucoup de sens. J’étais censée dire merci, ou l’interroger sur ce qu’il entendait par ‘autre chose’ ? J’étais tellement nulle à ça. Et d’ailleurs, c’était quoi la définition de ‘ça’ ? Je ne comprenais pas grand chose, je ne m’expliquais pas grand chose non plus, ni de cette nouvelle habitude à rougir aussi souvent, à cette incapacité à soutenir son regard lorsque le sien était si...je ne sais pas. Aussi, je décidais, à défaut de mieux, de copier sur lui, et récupérais feutre et bras, étendant ce dernier sur mes genoux replié, avant de m’appliquer à y inscrire mon numéro. Pas sur la paume, non, pas la place, sur l’intérieur de l’avant-bras, hésitant, parfois, sur la suite, devant me répéter mon numéro à voix haute avant d’achever de le noter. « Voilà. » j’annonçais, satisfaite, en faisant cliquer le bouchon sur le feutre, puis me penchant en avant pour souffler sur l’encre pas tout à fait sèche. Il aurait aussi pu secouer l’avant-bras, mais c’était moins pratique. Ne m’arrêtant qu’en rencontrant, à nouveau, le liseré bleuté, je relevais le nez pour en suivre le contour des yeux. J’avais déjà eu l’occasion de croiser des tatouages, mais jamais d’aussi près, les danseurs n’ayant pas vraiment le droit, du moins pas dans des zones aussi visibles. « Est-ce que ça fait mal ? » je demandais, alors, parcourant les contours du bout des doigts comme s’il eut s’agit d'illustrations dans un livre. Des fleurs, des vagues, des écailles, un ensemble très japonisant sur l’extérieur mais également sur l’intérieur du bras, partie que j’étudiais actuellement. Est-ce que ça remontait haut ? Est-ce qu’il en avait d’autres ? Autant de questions que je ne posais pas, réalisant, à nouveau, un peu trop tard mon inconvenance, et récupérant mes mains pour les ranger sagement entre mes cuisses, et formuler un énième ‘pardon’ des plus discrets, lèvres pincées.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Mer 3 Déc - 1:35

« Vous êtes là. C’est déjà beaucoup. » Winthrop se mit à ricaner en entendant ça. Il pencha la tête en avant tout en prenant un air confident. « Pas d'après les mères de Sansa et Ruben. » avoua-t-il tout en soulevant les épaules en toute indifférence, oh, il avait encore dans les oreilles le discours de ses ex, "pas assez là, pas assez présent, trop de cadeaux, pas assez de moments privilégiés", et évidemment, le discours pour rappeler à quel point il était instable, irrégulier dans les payements, dans plein de choses. Mais bon, il faisait au mieux... à ses yeux du moins, il espérait sincèrement que ce serait suffisant pour ses enfants qu'ils ne lui en voudraient pas trop plus tard.

Mais il n'était pas là pour... juste parler de lui, puis il était dans un endroit si peu ordinaire qu'il devait apprécier cet instant simple avec Ebba, puis il voyait bien que ses enfants s'amusaient, profitant de la compagnie l'un de l'autre, c'était toujours ainsi, comme s'ils vivaient chaque moment de façon intense parce qu'ils savaient qu'ils seraient séparer à la fin. C'était pire encore quand Ruben était bébé, Sansa avait rencontré son bébé frère lorsqu'il avait eu deux ans, son ex refusait que la petite voit son frère autrement qu'en photo et Sansa s'était promené avec la photo de Ruben pendant un moment, ayant du mal à réaliser que le petit blond sur la photo était son petit frère... il soupira, maintenant, on voyait parfaitement qu'ils étaient en parfaite harmonie, ils s'aimaient tellement et ça réchauffait toujours le coeur de Winthrop, Gemma avait énormément aidé à cette harmonie, acceptant Ruben comme son neveu sans la moindre hésitation. Il tourna la tête vers Ebba avant de lui sourire légèrement pour lui poser une question sur son boulot aka passion. « Quand je suis à New York, oui. Il n’existe pas de meilleure scène ici. En Europe c’est différent, dans chaque capitale on trouve plusieurs salles, plusieurs scènes prestigieuses, mais pas ici. Les américains sont tellement plus... Catégoriques ? Une scène pour la danse, une autre pour les concerts, et... qui aurait besoin de plus, finalement ? » il rigola légèrement approuvant complètement les propos de la jeune femme, il était à 100% d'accord avec ça, c'était tellement différent de l'Europe. « Les américains quoi... tu as été dans combien de pays pour des représentations alors ? Et la meilleure scène selon toi ? » demanda Winthrop tout en arquant un sourcil le regard interrogatif, il était curieux maintenant, elle avait réussi à l'entrainer dans son univers et il avait des questions à poser. Il n'y avait jamais pensé, la danse était juste une lubie de sa fille en ce moment, et il s'en fichait royalement, il n'avait jamais aimé tout ça, mais il voulait tout de même savoir si on pouvait voir quelque chose depuis la scène. « Non, on ne voit rien. La salle est plongée dans le noir durant la représentation, et avec les lumières braquées sur la scène, on ne voit même pas la fosse d’orchestre. Au moment des saluts, le régisseur rallume la veilleuse, et alors on prend conscience de l’immensité du lieu et de l’audience, mais... Quand on danse, on ne voit rien, on n’entend rien, on n’est plus qu’un corps en mouvement, sans pensée, sans ressenti. Je ne sais pas pour les autres danseurs mais moi, je ne danse plus pour personne, seulement pour moi. » elle était si passionnée qu'elle rendait chacun de ses récits vivant, il la voyait, l'imaginait dans sa tête. « ça donne envie de te voir en représentation ta façon d'expliquer. Je ne suis pas un spécialiste, clairement, mais ça m'intrigue, et... ça peut faire plaisir à Sansa » avoua le jeune homme en cherchant sa fille du regard par automatisme, dès qu'il l'évoquait, il la cherchait des yeux, il la couvait sans doute trop, mais elle était son bébé fille, elle était l'enfant qu'il avait toujours voulu, elle était le parfait mariage entre lui et celle qu'il avait pensé être l'amour de sa vie. Elle était née dans l'amour, et ça se sentait dans sa façon d'être, comme on sentait que Ruben tentait toujours de plaire justement parce qu'il avait toujours eu plus difficile à se faire une place dans la vie chaotique de ses deux parents. Ruben était un petit garçon qui craignait à tout moment d'être laissé derrière, il comprenait la crainte mais faisait de son mieux pour lui, il devait le faire, il n'avait plus que Win comme parent. Du coup, Winthrop devait avouer être impressionné par ce qu'il se passait sous son nez, cette connexion entre l'enfant et la blonde, c'était... il fallait le voir pour le réaliser, comme si un lien s'était tissé de façon naturelle entre l'enfant et Ebba. « Disons que... J’ai longtemps cherché ma place, moi aussi. Et je la cherche encore. » Winthrop hocha la tête, sans trop oser poser trop de questions, trop intime quelque part, il était curieux, mais préférait se mordre la langue, du moins, pour l'instant. « Je n’ai jamais connu mon père et ma mère n’était pas vraiment là. » Winthrop tourna la tête vers Ebba pour l'observer longuement avant de se mettre à parler. « C'est eux qui ont perdu dans l'histoire, tu as l'air d'être une fille bien, vraiment. Moi je ne veux pas rater ces moments, pour aucun de mes bébés » fit Winthrop d'un air sérieux avant de hausser les épaules. Il avait perdu la femme qu'il aimait pour Ruben, alors oui, il était prêt à tous les sacrifices pour ses enfants. Il l'avait déjà prouvé. Puis elle oublia de nouveau son prénom et Winthrop se mit à sourire légèrement, il n'était pas vexé, la plupart des gens trouvaient son prénom... assez ennuyant à dire, ils le changeaient souvent en Win ou Winnie pour ceux qui tenaient particulièrement à l'ennuyer, il eut une pensée soudaine pour sa belle-soeur qui n'avait jamais manqué une occasion de l'appeler Winnie l'ourson. Il nota alors son prénom sur la main de la blonde notant sans trop y prendre garde à leur rapprochement corporel, il en était conscient, mais préférait ne trop rien dire là-dessus, elle était si... innocente ? En tout cas, c'était ce qu'elle dégageait alors Win n'arrivait pas à être son charmeur habituel, il ne voulait pas vraiment la rouler dans la farine, surtout que Pippa ne lui pardonnerait pas de faire ça ne serait-ce que pour leur fille, c'était une prof. « Je vous défie d’essayer avec Vassilissa en cyrillique. » Winthrop fronça les sourcils avant de pencher la tête sur le côté d'un air curieux. « Vassilissa ? » ce n'était pas ce qu'il avait retenu, il était un peu perplexe du coup, avait-il mal enregistré l'information, il se gratta la tempe de façon penaude avec une moue boudeuse sur le visage, il n'aimait pas avoir tord ! « Winthrop... » finit par dire la blonde tout en lisant par dessus son épaule. « Winthrop. » répéta-t-elle, il l'écoutait attentivement, aimant le sonorité de son prénom sur la langue d'Ebba. C'était sans doute pour ça qu'il s'activa à s'inscrire son numéro en dessous de son prénom, il envie de la revoir, mais il lui laissait l'occasion... de décider si elle avait envie ou non de repasser du temps en sa compagnie. Elle se rapprocha alors de lui et se mit à écrire sur son avant bras afin de noter à son tour son numéro, il la laissa faire tout en l'observant avec attention, elle dégageait quelque chose de si innocent qu'il ne pouvait s'empêcher de sourire légèrement, il était à l'aise, il était serein, et ça faisait longtemps que ce n'était plus arrivé, pour une fois, il avait l'impression de rencontrer quelqu'un dans un contexte plus saint que ses soirées habituelles, avec des gens qui le poussaient toujours soit à boire, à fumer ou simplement à vivre sans responsabilité. « Voilà. » finit-elle par dire une fois qu'elle eut finit d'écrire son numéro, il observa son avant bras avant de sourire. « Donc, ça veut dire que je peux sonner quand je veux pour te revoir quand je veux ça ? » demanda-t-il avec une lueur amusée dans le regard, elle était tellement adorable dans ses gaucheries qu'il se laissait... attendrir. « Est-ce que ça fait mal ? » demanda-t-elle en observant ses tatouages, au moment où il se décidait à répondre, il sentit les doigts de la blonde parcourir le contour de ses tatouages et un instant, son regard se fit plus intense, il se racla la gorge en même temps qu'elle se rendait compte de son geste et s'éloignait tout en s'excusant. « ça ne fait pas mal, ou si, au début, mais j'en ai fait tellement sur tout le corps. C'est comme... une sorte de carte de mon histoire... et dès qu'il y a de nouveaux événements, ils finissent par être représenté sur mon corps, c'est ma façon particulière de ne rien oublier. » rigola alors Win en touchant du bout des doigts sa fleur. Des gens voyaient des formes, des dessins, des dates, des prénoms sur son corps, lui voyait tout le fil de sa vie. « Tu en as aussi ? Ou ce n'est pas permis ? » demanda-t-il curieusement tout en fronçant les sourcils. Si elle en avait un, il serait bien surpris en tout cas.
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MessageSujet: Re: Ebba & Winthrop ☬ Misery Jeu 4 Déc - 1:25

Ebba + Winthrop
Misery...
« Pas d'après les mères de Sansa et Ruben. » Je ne répondais rien, me contentant de plisser le nez. Une manière de signifier que j’étais peu convaincue par ces accusations. Cela dit, j’étais mal placée pour donner mon avis, je ne les connaissais que depuis trois minutes, mais... Je préférais me fier à mes yeux, mon ressentis, plutôt qu’à l’avis de deux femmes que je ne connaissais. Je voyais Ruben, je voyais Sansa, je voyais la myriades d’interactions, de regards, de gestes entre père et enfants, et c’était suffisamment parlant à mon sens. L’avis des adultes ne comptait pas, parce qu’ils ne savaient pas. Il n’y avait que les enfants. Et les enfants savaient faire comprendre ce qu’ils avaient sur le coeur. « Ils n’ont pas l’air de vous reprocher quoique ce soit... » je soufflais, malgré tout, sur le ton de la confidence. Ils avaient plutôt l’air d’être ravi, au contraire.

Depuis la scène, je lui expliquais que c’était mon lieu de travail lorsque j’étais à NY, sans omettre de monologuer sur les cases américaines que je déplorais. J’aimais être à NY, les opportunités y étaient bien plus intéressantes que dans ma Russie natale, mais je regrettais les grandes salles européennes, tellement plus versées dans les Arts. NY était culturelle, mais ne souffrait la comparaison avec Paris, Londres, Vienne ou Rome. « Les américains quoi... tu as été dans combien de pays pour des représentations alors ? Et la meilleure scène selon toi ? » Je souriais de contentement face à ce flot de questions. Je me savais un peu trop enthousiaste vis-à-vis de mon métier, et je regrettais souvent, après coup, de m’être laisser emporter dans mes discours, les rendant trop longs, trop inintéressants à quiconque ne se passionnant pas pour ça. C’était le risque de ne fréquenter que des danseurs, le risque de ne vivre que pour ça, qu’à travers ça. Mais puisqu’il posait des questions, cela signifiait que ça l’intéressait, n’est-ce pas ? Ce n’était pas juste par souci de politesse, si ? « J’ai commencé au Mariinsky, à St Pétersbourg, un grand théâtre datant de 1860. C’était mon théâtre de résidence, un peu comme ici, aujourd’hui. Mais je dansais dans toute l’Europe. Au Palais Garnier, à Paris, au Royal Opera House de Londres, la Fenice de Venise, la Scala de Milan, il Teatro San Carlo à Naples, der Wiener Staatsoper. C’est à Paris que j’ai été repérée par le directeur de l’American Ballet. Et depuis que je suis ici, je n’ai fais que tourner en Amérique. Chicago, San Francisco, Washington, au Canada aussi, à Toronto, et un peu en Amérique du Sud. Mais pas beaucoup. Je ne sais pas pourquoi, ils n’aiment pas trop nous envoyer là-bas. » Moi, j’aimais bien, pourtant. J’y avais même rencontré un lama. Et... Qu’est-ce que je disais ? Ha oui. « La meilleure scène ? C’est difficile à dire. Elle n’est pas américaine, c’est certain. Ils ont des salles immenses et improbables, mais... Je ne sais pas, ça manque... Ça manque d’âme, je crois. Par exemple, j’adore la Scala. La salle est assez petite, mais... Elle est incroyable ! Elle date de 1770, je crois. Tu te rends compte ? Tous ces fantômes qui dansent avec toi, qui accompagnent chacun de tes pas ? Je me souviens d’être restée une heure dans ma loge, rien qu’à essayer d’imaginer le nombre de danseurs prestigieux qui avait été assit là, avant moi, à observer cette même tapisserie vieillotte. » Je fixais le vide, un brin songeuse, revivant ces grandes salles où je ne mettais plus les pieds désormais, avant de réaliser que... « Désolée, je parle trop. » Dans un mordillement de lèvres je m’excusais, consciente de l’avoir probablement soulé de paroles. « ça donne envie de te voir en représentation ta façon d'expliquer. Je ne suis pas un spécialiste, clairement, mais ça m'intrigue, et... ça peut faire plaisir à Sansa » Oh ? Je ne l’avais pas ennuyé, alors ? « Je ne suis qu’une danseuse parmi tant d’autres dans le corps de ballet, tu ne saurais même pas laquelle je suis. » j’affirmais sans gêne, ni même un soupçon d’amertume. J’aimais faire partie du Corps. Un jour je passerais soliste, peut-être bientôt d’ailleurs, mais en attendant, je me satisfaisais parfaitement de ma place. Cela dit, en effet, ça n’aidait pas lorsqu’on souhaitait me repérer lors d’un ballet. « Les ballets reprennent en septembre, mais ce qui plaira à Sansa risque de t’ennuyer. Les petites filles rêvent de long tutus, de diadème, de musique tendre et de contes de fée comme Paquita, Romeo et Juliette, ou Casse-noisette. Les papas, eux... Et bien... Le Sacre du Printemps. Oui, le Sacre ne t’endormira pas. Mais la version Béjart, pas celle de Nijinsky. Le sacrifice d’une vierge... Ça plait toujours aux hommes. Enfin, je crois. » L’avantage, c’est que ça plairait aussi à Sansa, qui se contenterait de la beauté des mouvements des corps sans chercher à comprendre le discours sous-jacent. Une Sansa qui récupéra l’attention de son père, tandis que je suivais son regard. J’appréciais la fillette, mais c’était son frère qui me touchait le plus. On se comprenait, probablement du fait de notre cellule familiale un peu étrange. « C'est eux qui ont perdu dans l'histoire, tu as l'air d'être une fille bien, vraiment. Moi je ne veux pas rater ces moments, pour aucun de mes bébés » m’affirma-t-il après que je lui eus expliqué que je ne connaissais pas mon père et que ma mère avait été très peu présente. Comment lui dire que, s’ils l’avaient pu, mes parents n’auraient rien raté non plus ? Pour mon père, je ne sais pas, mais pour ma mère... Si elle avait pu être plus présente, elle l’aurait été. « Ma mère travaillait beaucoup pour m’assurer une vie la plus confortable possible. C’est pour ça qu’elle n’était pas beaucoup là. J’ai eu conscience de ça très tôt, et je n’ai fait que l’en aimer plus encore. Les enfants savent, ils voient. » dis-je en observant les-dit enfants, avant de me tourner vers lui pour apporter une précision : « Ruben et Sansa savent. » Parce que c’était de ça dont il était question, n’est-ce pas ? Je n’étais sûre de rien, mais à sa façon de les couver du regard chaque fois qu’il évoquait l’absence... Je les observais encore tandis que nous entrions dans une compétition en matière de prénom le plus compliqué. J’étais sûre de gagner, mais... « Vassilissa ? » Ha oui, zut, j’avais oublié ce détail. « Ebba Alinovitch c’est mon nom de scène. En réalité je m’appelle Vassilissa Bassyrov. Ma mère m’appelait toujours par mon deuxième prénom, Ebba, et Alinovitch c’est le nom de famille de mon... » Géniteur ? Non, je ne me ferais jamais à cette appellation péjorative. Ce n’était pas de sa faute s’il n’avait pas été là, il ne savait pas que j’existais. « ...de mes demie-soeurs et de mon demi-frère. » que je venais de, tout récemment, rencontrer pour la première fois. « Tout le monde m’appelle Ebba. » j’ajoutais précipitamment, afin de mettre un point final à mes confessions intimes. Qu’est-ce qui me prenait à me raconter autant ? Je n’avais jamais rien dit à personne concernant ma situation familiale, pas même à ceux qui posaient la question ouvertement, faisant le rapprochement entre mon nom de famille et celui de la très médiatisée mannequin. J’en profitais même pour répéter plusieurs fois son prénom à lui, avant qu’il ne récupère mon bras pour y inscrire les numéros gagnants du loto. Ou, plus vraisemblablement, son numéro de téléphone. Pour l’occasion, je l’imitais, ne souhaitant pas commettre un impair dans une tradition quelconque dont j’ignorais l’existence. « Donc, ça veut dire que je peux sonner quand je veux pour te revoir quand je veux ça ? » Est-ce que c’était ce que ça voulait dire ? J’en savais rien, moi. Je n’y connaissais dire. « Je suppose. » j’avançais, alors, pas très sûre de moi, simplement, parce que... « Tu veux me revoir ? » C’était idiot, il pouvait me revoir quand il voulait au cours de danse de Sansa. À moins que... « Tu veux me revoir moi toute seule ? » Voilà qui était surprenant. Enfin, je crois. « T’es sûr ? » j’insistais en fronçant des sourcils, comme pour mieux percevoir si j’étais l’objet de moquerie ou s’il était réellement sérieux. Comme si froncer des sourcils pouvait me permettre de sonder son âme... C’est bien connu, oui. Mais là, pour l’instant, je n’avais pas trop le temps de m’y attarder, trop accaparée par les lignes et courbes que je suivais du doigt, le long de son bras. Est-ce que ça faisait mal ? « ça ne fait pas mal, ou si, au début, mais j'en ai fait tellement sur tout le corps. C'est comme... une sorte de carte de mon histoire... et dès qu'il y a de nouveaux événements, ils finissent par être représenté sur mon corps, c'est ma façon particulière de ne rien oublier. » Sur tout le corps ? Heu... Était-ce moi qui venait de déglutir de la sorte ? Charmant... Néanmoins, perdue dans mes pensées, je me décalais, glissais sur le plateau afin de lui faire face, et observer fixement ce que je ne voyais pas. « Comme un livre ? » je demandais, tâchant de deviner jusqu’où ça remontait. Ou jusqu’où ça descendait. « Et tu te laisses lire ? » je poursuivais, mon regard se faisant de plus en plus intrigué, enthousiaste, curieux, de plus en plus pesant sur toutes ces surfaces m’échappant. « Enfin... Ce n’était pas une invitation à...  Je veux dire que je... Que tu... » je bégayais en réalisant la portée de ma question. « Est-ce que je peux laisser cette phrase en suspens ? Je ne sais pas comment l’achever. » je me faisais suppliante et résignée. J’enchainais les bourdes, les doubles-sens involontaires. Cette fois, je ne savais pas comment me rattraper. « Tu en as aussi ? Ou ce n'est pas permis ? » vint-il à mon secours, changeant de sujet sous l’un de mes soupirs soulagé. « Seulement sur les zones invisibles en tenue de scène. Et comme il n’y a pas beaucoup de zones invisibles, beaucoup s’abstiennent de tout tatouage. » Y compris moi. Pourtant, ce n’était pas l’envie qu’y m’avait manqué. Au contraire, j’en avais même ressentis le besoin, plus d’une fois, comme pour marquer ma peau de manière visible là, où, le marquage de mon âme ne l’était pas. « Je ne saurais pas trop où le faire... Peut-être là ? » dis-je en caressant mon flanc, mes doigts glissant contre mes côtes. « Ouuuuu... Un tout petit, là. » je désignais l’arrière de mon oreille, avant d’observer mes avant-bras, puis mes doigts, et me mettre à rire légèrement. « C’est compliqué. Je me rends compte qu’on n’est pas très couverte, en fait. » C’était chic, d’être danseuse classique, mais dans les faits, on était presque autant dévêtue que celle du Crazy Horse.  

On discuta encore, ainsi, pendant un long moment, pendant que la nuit tombait dehors. Si bien que lorsque les pompiers passèrent pour leur ronde, ce furent eux qui nous apprirent l’heure avancée. Récupérant enfants et déchets -dans cet ordre-là-, nous regagnèrent la sortie sous mes plus plates excuses. Oui, parce que dans mon esprit, c’était ma faute. Je ne relevais pas le fait que je lui avais fait perdre toute notion du temps, non, c’était de l’ordre du détail, je ne faisais que bloquer sur le fait que je lui avais fait perdre son temps, tandis qu’il devait, à l’évidence, avoir mieux à faire. Je le remerciais à nouveau pour les cafés et friandises, et promettais de m’en charger, la prochaine fois, avant de me raviser et nuancer le tout d’un «... Enfin, ça ne veut pas dire qu’il y a obligation de quoique ce soit, je... Seulement si, un jour, éventuellement... Peut-être, quoi. » J’étais navrante de maladresse, handicapée des relations humaines. Les joues rouges, je me contentais de leur offrir un pathétique salut de la main, avant de prendre la fuite. Comme une idiote. Bien joué, Ebba.  
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Ebba & Winthrop ☬ Misery

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